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13 février, 2019

Atelier d’écriture du 11 février 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:41

DEVOIR : 5 mots extraordinaires :

Ysopet – Nolis – Amiteux – Meldois – Hiraeth 

Atelier d'écriture du 11 février 2018

D’après une histoire vraie :

Journal local du 30 janvier 2019

Il était environ 19 heures hier soir quand Nolis, une jeune femme de vingt-six ans s’est attablée à la terrasse d’un restaurant amiteux du centre-ville.
Devant le regard sidéré des clients, elle a commencé à se masturber pendant le longues minutes.
A la demande d’une famille également attablée, le serveur lui a demandé d’arrêter. Nolis l’a rabroué sans ménagement :
-       Je meldois où j’veux ! lui a-t-elle rétorqué avant que ce dernier ne la jette manu militari dans la rue.
La jeune femme s’est ensuite assise sur un banc public et a continué à s’adonner au plaisir solitaire.
La police, appelé d’urgence, a remarqué qu’elle était en jupe et ne portait pas de sous-vêtements. L’agent de police Ysopet a déclaré :
-       C’est quand nous lui avons mis les menottes qu’elle a, apparemment, atteint l’orgasme, sûrement une SM ! Elle s’est mise à crier : Hiraeth !!! et c’est pour cela que nous l’avons amenée au poste car elle représentait une dangereuse menace d’attentat (à la pudeur !).
Fabienne

Hiraeth !

Hiraeth, s’écria l’enfant dépenaillé. Il venait de se réveiller de sa sieste. L’air un peu égaré, il se tenait sur le seuil de la cuisine salle à becqueter, un pouce dans la bouche, l’autre trainant le drap de sa couche. A sept ans, la famille Amiteux s’accordait pour ne pas lui accorder l’âge de raison. Nolis soit qui mal y pense ! C’était atavique leur répétait la tante Meldois dont l’esprit était embouteillé.
Le père, Ysopet Amiteux, était affalé dans fauteuil comme lui à l’âge avancé, empire. Il attendait sans impatience le moment béni de sa prochaine flatulence. La mère raccommodait  des chaussettes de marque Emmental. Elle préférait les repriser avant de les laver, question d’ambiance.
Maintenant, tous les trois étaient quasi immobiles à l’heure du quatre-heures. Ils attendaient que le lait chauffe sur la gazinière, ou bouille, ou reste froid. Rien ne gazait vraiment bien chez les Amiteux.
Soudain, un éclair de lucidité dans un ciel canari (serein, si vous préférez). La mère articula :
- T’as compris c’qu’il a dit ?
- Non ! Pt’être bien qu’il est autriste répondit le père, un œil sur sa femme l’autre sur son fils.
Ce strabisme divergent était un des rares bienfaits de son dernier AVC.
- En tous cas, on a eu raison de ne pas en faire d’autres, de môme, rétorqua la cousette. On aurait pu avoir pire, un homo ! Tante Meldois dit qu’on est tous des homo sapin.
D’autorité, le père Amiteux voulut avoir le dernier bon mot :
- On finira tous comme ça, dans le malaise, quoi n’y faire.
L’enfant, lâchant brusquement toute sa fureur mais pas son pouce, hurla derechef : Hiraeth !
Grâce à sa vision latérale, le père comprit enfin. Le perfide chat siamois, Pirate, avait sifflé tout le lait.
Bertrand

 

Jovial et amiteux, Gaël, le bout-en-train de la petite bande, était le préféré de Lina. Les petites attentions dont il la couvrait sous couvert d’une affectueuse camaraderie la touchait  sans doute beaucoup plus qu’elle ne se l’avouait. C’est ainsi que, pas plus tard qu’hier, il lui  avait rapporté, de sa balade au bord de l’Hiraeth, un petit bouquet d’ysopets et de nolis, les premières fleurs du printemps meldois. Lina, en bon  petit soldat, l’avait remercié un peu comme elle aurait remercié  son cousin  Vic, le sourire aux lèvres mais avec une certaine retenue.  Vic aurait bientôt 18 ans, presque un homme en somme. Mais… quant  à ce simple petit bouquet de fleurs des champs… Hum ! Un observateur plus attentif aurait remarqué le rose qui gagnait les joues de Lina et la petite toux sèche pour cacher l’émotion. Le temps des amours n’était plus très loin…
Patricia

Le vrai sens de ces mots :
Ysopet : recueil de fables au Moyen-Âge
Nolis : fret ou louage d’un navire
Amiteux : affectueux, aimable
Meldois : habitant de Meaux
Hiraeth : Mot gallois qui signifie la nostalgie d’un lieu qui n’a jamais existé.


Exercice
: une photo d’Édouard Boubat

image

Le choc avait été brutal et le bruit assourdissant. Certains habitants du vieil immeuble s’étaient précipités à leur fenêtre pour voir de quoi il retournait. D’autres, effrayés, s’étaient réfugiés derrière leurs volets clos, tentant vainement d’évaluer l’importance des dégâts en jetant un regard curieux entre les fentes serrées qui leur masquaient une partie de la scène.
-     C’est la voiture de Bernard, j’te dis, s’écria Violaine tout excitée. Il conduit trop vite et je suis sûre qu’il était encore en train de  téléphoner.
-       Tu crois ?
-       Ah ben oui ! Tiens ! le voilà qui sort de sa Twingo. Il a l’air un peu sonné mais il est entier et il tient sur ses jambes. Il a eu du bol cette fois ! Pas comme l’année dernière quand il a écrasé le chien d’la concierge ; pauv’bête … Tu t’rappelles ? Quelle histoire !
-       Ah ! mais tais-toi donc ; j’entends pas c’qui dit… Ah ! Vla les flics, ça va barder…
A l’étage au dessous, Hortense, bouleversée se serre contre Gontran :
-       Quelle horreur ! Un accident ! Et juste devant chez nous… c’est pas d’chance ! Je vais encore faire des cauchemars…. Oh ! Voilà l’ambulance ; il doit y avoir des blessés ! Notre voisin n’a pas l’air trop mal, c’est déjà ça ! Tu comprends , pour les autres bien sûr, c’est triste mais nous, on les connaît pas ; alors qu’est-ce que tu veux, ça fait pas la même chose… Ils amènent un brancard… Regarde ! c’est une femme qu’ils sortent de la voiture… Ben, elle a pas l’air toute jeune ! pourvu qu’il n’y ait pas un gosse derrière !
-       Oh ! Toi… toujours à imaginer le pire… pour une fois dis-toi que peut-être il n’y a rien de grave. Tu vois, elle vient de s’asseoir sur le brancard et parle à quelqu’un ; le médecin du SAMU sans doute … pour une fois, ils ont fait vite. Je sais pas qui les a appelés mais c’est du rapide !
-       Hé ! T’as vu Monsieur Martin, notre voisin du dessous ? Il en perd pas une celui-là. Je suis certaine qu’il a déjà téléphoné à sa mère pour tout lui raconter. Ça va la distraire la vieille. À cet âge-là, des distractions, on en a pas d’trop… Il paraît  qu’elle demande tous les jours à son fils de lui apporter le journal et crois-moi c’est pas pour la politique ou les faits divers. Non ! Son péché mignon c’est la rubrique nécrologique. On m’a dit qu’elle a fait la liste de ses copines et qu’elle coche au fur et à mesure. Quant à l’autre voisin du dessous, celui-là, ah ! Il fait pas d’bruit mais jamais un bonjour, même pas un signe de tête. Comme il cause pas, on sait jamais c’qu’il pense et les taiseux, moi j’aime pas trop ça ! Surtout dans un petit immeuble comme le nôtre, ya pas d’raison ! Heureusement qu’il y a Carmen  car sans la concierge on saurait rien de rien.
Patricia

 Prendre l’air

 Derrière mes volets je prends l’air, que je veux, quand je veux, mais caché. Mes voisins sont plus ouverts. Debout, accoudés, assis, agenouillés, ils ont l’air d’avoir l’air. A y réfléchir, prendre l’air c’est décoller, s’envoler, fuir l’endroit et le moment. Evidemment dans l’ombre, personne, volets clos. Vous ne le savez pas mais moi, j’habite en face. Derrière les jalousies j’attends. Un jour cet immeuble prendra feu !
Bertrand

Isidore Turpin se disait supérieur à tous les gens de l’immeuble. Il habitait effectivement au troisième et dernier étage de cet immeuble sis au 24 rue des Martyrs. De par sa position privilégiée, il avait une vue d’ensemble sur tous les locataires et connaissait tout de leur vie.
Ainsi, il était le seul à savoir que Monsieur Jean, son voisin du dessous, était l’amant de Madame Maréchal. Les Maréchal étaient mitoyens de Monsieur Jean, ce qui était très pratique les soirs où Hubert Maréchal travaillait de nuit. Quand il était de quart, Monsieur Jean se glissait subrepticement dans l’appartement des Maréchal dont Odile laissait la porte entrouverte. Et là, c’était un vrai festival !!! La douce et timide Odile se transformait en tigresse. Isidore était aux premières loges et prenait des notes…
C’était beaucoup plus joyeux que chez sa voisine de droite, qui apparemment, ne vivait que dans le noir puisqu’elle n’ouvrait jamais ses volets. Était-elle toujours en vie ? Nul ne le savait… Sauf Isidore… Mais il n’était pas du genre à cancaner.
L’appartement à sa gauche était loué par Simon Cohen. Tiens ! Tiens ! Un nom bien de chez nous, se disait Isidore… Simon était souvent absent, ses affaires, disait-il… Mais quelles affaires ? Un mystère… En tout cas, ça devait bien rapporter. Il suffisait de voir son coupé sport…
Au premier, il y avait les Dupont. Et pour Isidore, Dupont rimait avec « con ». Faut dire qu’ils n’avaient pas inventé les boutons à quatre trous ni le fil à couper le beurre… Ils étaient moches, racistes, intolérants et très catho… ce qui va souvent ensemble. Isidore les détestait, mais bien sûr, quand ils les rencontrait dans l’escalier, il les saluait toujours, question d’éducation ! Et cependant, ils étaient tellement insupportables que personne n’arrivait à vivre à côté d’eux et c’est ainsi que les appartements du premier n’étaient plus occupés depuis bien longtemps.
Isidore, finalement, se sentait bien dans cet immeuble dont il était en quelque sorte le roi…
Fabienne

Exercice : je ne m’en séparerai pour rien au monde !

J’ai un vieux pull tout râpé aux coudes et son encolure baille sans aucune élégance. Les couleurs, très vives, quand ma mère l’avait tricoté, ont perdu de leur éclat mais il est chaud et si doux que le porter me fait l’effet d’un merveilleux câlin.  Oui, je sais, mon armoire déborde de vêtements mais, seul, ce vieux machin tout abimé, fripé, usé jusqu’à la corde, sait me réconforter. Je ne m’en passerais pour rien au monde !
Patricia

Zaza, c’est mon chien… Enfin, ma chienne, mais pas que…
Zaza, c’est ma sœur, ma fille, ma mère, ma confidente…
C’est la seule qui est toujours là, quand les autres s’en foutent de moi…
Elle me connait comme je la connais…
Et quand je suis triste, elle vient m’embrasser et me câliner…
Elle est là aussi dans tous mes moments de joie
C’est ma compagne et je ne m’en séparerai pour rien au monde !
Fabienne

5 février, 2019

Atelier d’écriture du 4 février 2019

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:25

DEVOIR : Drôle de métier : Faiseur de ronds de jambes

age 

Ferdinand Rougemont venait de terminer ses études secondaires et devait, maintenant, se trouver une occupation. Unique rejeton d’une famille de banquiers, il avait décidé qu’il serait artiste, au grand dam de son père qui aurait bien aimé que Ferdinand reprenne l’affaire familiale.
Artiste, c’était vaste et Ferdinand n’avait aucune idée dans quel art il pourrait s’exprimer le mieux.
Il s’essaya à la peinture. Malheureusement, il était daltonien. La musique ? il chantait comme une casserole et quand il tenta de jouer du violon, tous les voisins du quartier firent une pétition afin que le massacre cessât.
La poésie n’était pas non plus son fort.
Alors, Ferdinand décida qu’il serait sculpteur. Son père, qui l’aimait quand même beaucoup et voulait son bonheur avant tout, l’inscrivit à grands frais dans le meilleur atelier de Paris, chez un maître de grand talent : Auguste Rodin.
Dès que Ferdinand toucha la glaise, il sentit que cette matière serait son moyen d’expression. Pétrir de ses mains la terre pour en faire une future statue le remplissait de bonheur. Il faudrait ensuite transformer la glaise en moule en plâtre avant de couler l’œuvre dans le bronze. Mais, hélas ! Il n’était pas plus doué en sculpture qu’en autre chose.
Une fois par semaine, le maître faisait le tour de son atelier pour savoir lesquels de ses élèves pourraient devenir des assistants, ceux qui l’aideraient à créer ses plus grandes œuvres. Quand il s’arrêta devant le travail de Ferdinand ce matin-là, il fit une grimace ; tout était d’une laideur affligeante ! il se dit qu’il était temps de se séparer de cet élève qui pourtant, s’appliquait et suait chaque jour sang et eau pour tenter de s’améliorer. Rodin fit le tour de la statue, une femme, apparemment. Puis, il se baissa et resta un bon moment ainsi. Quand il se releva, ses yeux brillaient.
-       Il y a une chose que tu fais bien, dit-il en montrant les mollets
-       Ah, les ronds de jambes !
-       Les ronds de jambes ?
Ferdinand expliqua qu’il adorait les mollets des femmes qu’il avait baptisés « ronds de jambes ». C’était une passion. Il les faisait bien galbés les chevilles très fines, le genou rond. Passé ce genou, les cuisses étaient toujours trop grosses ou trop maigres, trop plates ou même trop fripées… il n’y arrivait jamais ! Ne parlons même pas des torses, des bras, des mains ou pire, des visages !!!
-       Si tu deviens mon « faiseur de ronds de jambes » officiel, il va falloir que tu travailles aussi sur les mollets des hommes.
Et finalement, Rodin décida de le garder comme assistant, en espérant qu’il ne le regretterait pas. Et en effet, il ne le regretta pas puisque c’est Ferdinand qui a sculpté les mollets du Penseur, du Baiser, de l’âge d’airain, des Trois Ombres et de bien d’autres statues.
Fabienne

jambe-de-bois

Faiseur de…

Dès la fin présumée de mon adolescence, à 14 ans, mon père m’a dit : mon gars, à partir de maintenant, faut faire des ronds ! Le commandeur avait parlé. Faut faire des ronds, point (nde : sans gilet jaune à l’époque). J’ai essayé de comprendre. A c’t âge, le cerveau fonctionne magnifiquement. Pas le mien. Ces ronds pluriels n’avaient pas d’explications carrées.
Si, en y pensant très fort, j’ai trouvé un moment où j’ai fait des ronds. A la pêche, pendant les vacances d’été. En jetant le bouchon à l’eau, pas trop loin, faut pas pousser, ça fait des ronds dans l’eau. Là je suis compétent. Je peux vous le faire debout, assis et surtout couché, ma position favorite. L’important c’est le choix des cailloux. Bien calibrés, de manière à faire le même type de ronds. Pas le gros rond qui éclabousse ni le petit qui frétille. Quand je suis en forme et c’est un effort que je peux faire rien que pour vous : je fais des ricochets. Mais pour vous montrer que j’ peux m’appliquer je m’en vais vous dire ma manière secrète. J’ me couche dans l’herbe, dos à la rivière, ou au lac, c’est plus calme. Je jette les graviers avec la même force de façon à reproduire le même son. Champion, non ? Deux fois le même « plouc » ! Dès fois, on est vraiment heureux.  Là, c’est de la musique. Y m’étonnerait que le paternel approuve ce genre de truc, cette sorte de ronds.
Trois mois plus tard, mon père ne m’avait rien dit de plus, à part : Bertrand, va te faire couper les cheveux (nde : c’est sa mère qui aurait dû lui dire). A c’te moment, il est parti à la guerre, mon daron, fin août 14. Pendant toute la durée du conflit avec les boches je m’ suis demandé ce que cela pouvait bien vouloir dire, faire des ronds. Notez, qu’étant l’seul mec à la maison, le jour, j’avais pas trop le temps… de penser. Mais quand même, certaines nuits, ça tournait pas rond dans ma tête.
A la fin de la guerre, la der des ders, maman a pété un câble, parce qu’elle en avait reçu un, de câble. Y disait que quelque chose avait trop gazé ou pas gazé pour papa et qu’y reviendrait pas. Mon oncle est venu avec le curé, pour les condoléances. Y m’a pris à part que j’avais rien d’mandé. T’as 18 ans maintenant. J’ai compté. Y s’trompait pas. Qu’est-ce que tu sais faire ? J’ai pas parlé des ronds, vu que j’avais pas encore pigé ce que c’était. J’ai été honnête : RIEN, j’ai dit ! Y m’a pris comme apprenti dans sa fabrique de meubles. C’est comme ça que j’suis devenu spécialiste des pieds en quelques semaines. Tous les pieds, de lit, de table, de chaise, de tabouret, de fauteuil estylés. Chuis rendu comme qui dirait piedologique. C’est tonton qui m’a dit ça.
Le soir, quand j’rentre à la maison, fier comme un mec qu’a pris son pied des tas de fois, je vois bien le défilé des éclopés dans la rue Gambetta. Les types qui sont revenus des tranchées, y en pas un sur deux  de partis et dans un drôle d’état. Pour sûr y a les gueules cassées. C’est la loterie, quoi. Moi, c’est les boiteux qui me désolent, les amputés. Putain de pieds de mine, comme dit le docteur Tampi, qu’est pas le dernier à picoler avec eux chez la mère Picon.
J’ai eu une idée. C’est pas plus compliqué que de faire des pieds de meubles, un pilon. C’est rien qu’un bout de bois. Suffit de lui donner la bonne longueur, une belle forme et un crochet pour suspendre à la table de nuit, le soir. On n’est pas de bois.
Ma spécialité, pour les pilons, ma façon pour dire savant, c’est le bout, le dessous, le pied, l’appui quoi ! J’le fais large et rond. Pour qu’y soye stable ; ça a marché du feu de dieu, scusez le jurement. C’est comme si que j’avais fait que ça de toute ma vie, faire des ronds. Et là, j’me suis dit rien qu’à moi-même: visionnaire le vieux.
Pour que le travail y soit fignolé et perso, j’fais des incrustations dans le cercle, comme pour un tampon de la poste faisant foi. Toutes sortes de gravures. Des lettres : des initiales avec un cœur et une flèche, des prénoms, des noms de marques comme Banania. Y m’a fallu plusieurs fois pour entraver qu’y fallait l’ faire à l’envers.  Y a pas bon pour moi, Banania.
J’fait aussi des dessins sur la plante de mes pieds en bois. A un mec pas chanceux, j’ai fait une danseuse d’un côté et un violon de l’autre. Faut le voir sauter d’un pilon sur l’autre et marquer le sol en terre battue de ses empreintes. C’est l’attraction du bal. Une bonne réclame pour moi !
Un copain intelligent (si, si, j’en ais un, un danseur en plus !) y m’a dit : t’es un faiseur de ronds de jambes, toi ; ça paye pas de mine, j’ai répondu.
Tout le monde a rigolé, j’sais pas pourquoi !
Bertrand

danseur

Le danseur

 - Paul, ça va être ton tour ! crie Sandrine.
Paul réajuste son collant et fixe sa perruque. Il s’avance ensuite vers le côté jardin de la scène.
- Tout va bien ? lui demande Sandrine.
- Oui, oui, répond Paul sans réfléchir.
Pourtant, ce soir, ça ne va pas. Il avait senti sa cheville faiblir lors des répétitions de l’après-midi. Il entre donc sur scène inquiet. Les premières notes du cinquième mouvement s’élèvent dans le palais Gallieni, et Paul s’élance sur scène. Il enchaine en solo les pas de deux et les ronds de jambes. Les ronds de jambes sont sa spécialité. Grâce à eux, il a intégré le ballet de Belgique à dix-huit ans et le ballet de l’opéra Garnier à vingt-deux. Mais aujourd’hui, les pas ne sont pas aussi gracieux que d’habitude. Et après, seulement une minute trente, Paul s’effondre. Il se relève et termine les deux minutes qui lui restent sur scène. Lorsqu’enfin il rejoint les coulisses, Paul se laisse tomber. Sandrine accourt :
-       Que s’est-il passé ? Tu n’es jamais tombé depuis que je t’ai vu danser !
-       Ma cheville m’a lâché. J’ai vraiment très mal. Peux-tu trouver un médecin ?
Sandrine repart, le téléphone à la main. Paul se dirige vers sa loge et se change. Le médecin arrive quelques minutes plus tard et ausculte la cheville douloureuse. Le diagnostic est posé, c’est une rupture de ligament. Paul sait bien que les blessures sont les risques du métier, et pourtant, il se met à pleurer comme un enfant. Il appelle sa mère et lui explique son inquiétude. Et si sa blessure ne guérissait jamais complètement ? Et si l’opéra le congédiait ? Sa mère l’écoute et le rassure. Avant de raccrocher, elle lui dit : – Tu sais, mon chéri, tu seras toujours mon petit faiseur de ronds de jambes. Paul sourit. C’est vrai, quoi qu’il arrive, il sera toujours un faiseur de ronds de jambes car finalement, il ne sait rien faire d’autre.
Claire

maitre

Fille cadette de nobliaux de province, Léopoldine avait, dès sa naissance, été mise en nourrice dans une ferme du voisinage. Ses parents, le Comte et la Comtesse de Monfort, très occupés par la gestion de leur domaine, avaient négligé cette enfant, née sur le tard, dont il ne recevait que très rarement la visite. Les années passèrent ;  mais un jour, un événement extraordinaire vint bouleverser cette confortable organisation : Le Comte et la Comtesse de Monfort ainsi que leur fille Léopoldine étaient  invités à la cour pour les festivités données en l’honneur du baptême du dauphin.
Catastrophe ! Léopoldine âgée de seize ans était certes blonde, svelte et avenante mais n’avait aucune éducation. De toute urgence, le Comte et la Comtesse durent faire appel aux services d’un faiseur de ronds de jambes. Le maître de l’art n’eut que six petits mois pour tout apprendre à la jeune-fille : maintien, diction, comment se tenir à table, quels sujets aborder dans une conversation… L’apprentissage de la danse s’imposa également, les bals étant nombreux en ces périodes de fête. La tâche était immense mais Léopoldine obéissante et  déterminée fit de rapides progrès. Il faut dire qu’enjouée et pleine de fraicheur, un charme délicieux émanait naturellement de toute sa personne. Quand le moment venu, elle fut présentée à la cour, ses parents n’eurent pas à en rougir, bien au contraire ! Le faiseur de ronds de jambes, en si peu de temps, avait, d’une petite chenille des près fait naître un merveilleux papillon prêt à s’envoler. La chose ne tarda guère à se savoir d’ailleurs car nombreux furent les prétendants à solliciter la main  de cette délicieuse jeune fille.
Plus que satisfaits des résultats inespérés de cette éducation accélérée, le Comte et la Comtesse ventèrent les mérites du maître auprès de leurs relations. La renommée du faiseur fut définitivement assurée et s’étendit bien au-delà de la contrée. Depuis lors, les listes d’attentes se font longues et on se bouscule pour tenter d’obtenir les services de Maître Dutel, célébrissime faiseur de ronds de jambes.
Patricia

 

Exercice : C’est ce qu’elle fait de mieux

Je vous le dis, en vérité, c’est la cuisine, la cuisine, la cuisine.
Tout de suite, vous le voyez au piano, devant son four, touyant la casserole, émolliant la marmite, huilant  la poêle, cisaillant le serpolet, moulant la cardamome, filtrant le bouillon, laquant le canard, beurrant le baron, fourrant le cannelloni, recousant la dinde.
Vous avez l’air de tout savoir de lui. Vous pensez qu’il peut réussir tout cela, dans la puissance de son art.
Non, moi je le connais bien. En cuisine, il cochonne tout. C’est un verrat.
En vérité, ce qu’il fait de mieux, mon cher Raymond, c’est la cuisine des mots.
Bertrand

Mentir, c’est ce qu’elle fait de mieux.
Pour elle, c’est marrant comme un jeu.
Elle ment tout le temps, du soir au matin.
C’est sa nature, elle n’y peut rien.

Elle raconte n’importe quoi,
Tout l’inspire
Mais ce qu’il y a de pire,
C’est que tout le monde la croit.

Alors, elle fait marcher André,
Qui lui a avoué qu’il l’aimait
Derrière son dos, elle a bien rigolé
Et l’a traité d’idiot, de benêt.

Le jour où elle a rencontré Armand,
Tout lui est paru évident,
C’était lui, l’homme de sa vie.
Elle ne mentirait plus, promis.

Mais Armand connaissait sa réputation
Et n’a jamais cru un mot
De ses fervents propos.
Alors, elle s’est pendue, pour de bon.
Fabienne

C’est la tempête dans mon crâne
Où tourbillonnent angoisse et peurs.
Lui, écoute pleurer mon âme
Et laisse frissonner mon cœur.
Ce qui au fond de moi se trame
A le goût âcre du malheur.
Mais il sait inverser les drames
Et faire émerger la douceur.
D’une lueur, il fait des flammes
Pour amorcer joie et bonheur.

C’est vrai, c’est ce qu’il fait de mieux.
Mon psy est pour moi comme un dieu.
Patricia

Exercice : Je crois / je ne crois pas…

J’ai cru…

J’ai cru au Père-Noël, puis j’ai eu un aspirateur sous le sapin.
J’ai cru aux miracles, puis j’ai appris que Dieu n’existait pas.
J’ai cru en ma chance, puis je me suis pris un ballon en pleine figure.
J’ai cru en ma marraine la fée, puis elle a tout fait capoter avec le Prince.
J’ai cru que j’étais belle, puis j’ai croisé un miroir.
J’ai cru aux licornes, puis je suis sortie du cirque.
J’ai cru en moi, puis j’ai rencontré mon mari.
Alors, aujourd’hui je ne crois plus en rien.
Claire

Je crois en l’humanité
Mais il faudra la faire changer
Et je ne crois pas qu’elle puisse y arriver…

Je crois en la bonté,
Mais il y en a peu ,croyez-moi.
Et je ne crois pas qu’elle gagnera
Contre la cruauté.

Je crois que la terre en a assez
D’être maltraitée, souillée, vandalisée
Je ne crois pas qu’elle se remettra
De notre passage ici-bas.

Je crois en toi, mon amour,
Mais je ne t’ai pas encore croisé
Et je ne crois pas que je te rencontrerai.
Fabienne

Je crois à la valse des petits bonheurs ;
Je ne crois plus au grand amour.
Je crois aux rires des enfants.
Je ne crois pas les propos édifiants.
Je crois à la légèreté du verbe
quand la poésie mène la danse.
Je ne crois pas aux discours politiques,
les intentions se perdant dans l’action.
Je crois à la chaleur réconfortante du soleil sur ma peau
Et à la caresse douce des vagues sur mon corps.
Je ne crois pas aux propos de salon, qu’ils soient aigres ou paraissent agréables.
Je crois au bonheur du jour naissant et à la plénitude des crépuscules.
Je ne crois pas à la sagesse des hommes ni à leurs bonnes intentions.
Patricia

 

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