Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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17 janvier, 2019

Atelier d’écriture du 14 janvier 2019

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:47

GaletteSuper bonne, la galette !!! et c’est Mathias notre roi !

DEVOIR : un toast et 4 mots
La jeune femme avec une robe jaune et des fleurs rouges semblait porter un sac poubelle très lourd.
4 mots : aile, exprimer, mule et scoop

Garbage Bag - hand made clipping path included

Sac lourd !

La jeune femme avec une robe jaune et des fleurs rouges semblait porter un sac poubelle très lourd.
A la relecture cette phrase me débecte. Je me suis mal exprimé. Dire que Fabienne m’avait enjoint de, le plus souvent, commencer mes délires par une « accroche » et de les terminer par un « haut le cœur ».
Pratiquons un virage sur l’aile.
Cette femme portait-elle vraiment quelque chose dans sa main gauche (droite) ? Elle semblait ! Si elle faisait semblant, la lourdeur de l’objet, et du texte, serait virtuelle. Elle serait bonne comédienne. C’est là que cela commencerait à intéresser Frédéric Dard.
Ensuite, quid de la couleur mal définie de cette robe ? Fleurs rouges sur fond jaune, en toute  vraisemblance. Mais un découpage bas jaune et haut à fleurs rouges est concevable, ou bien une répartition sagittale, un coté fleuri et l’autre canari. Quoi qu’il en soit, un vilain oripeau type rideau de cuisine. C’est là que cela commencerait à fleurer son Emile Zola.
Donc, c’est une femme ni adolescente ni adulte, probablement célibataire, mais qui « semble » jeune, pas très riche vu son accoutrement : la Redoute à rabais.
Il m’étonnerait fort que ce sac contienne de vieux vêtements destinés à un vide galetas ou à une œuvre brocantique (troc chez les chanteuses de blanco-spirituel). Quelques robes trouées (les pantalons troués sont trop précieux), des chapeaux déplumés,  un porte-jarretelle pouvant servir de fixe-chaussettes, des bonnets de nuit trop lessivés par de mauvaises pensées, une vieille paire de mules harassées. Tout ceci est bien léger comme explications.
Mais alors que contient ce sac anonyme si modeste mais réputé pesant ? De vieux livres, les programmes de TVNC, l’argenterie de feue la grand-mère, les lingots du tonton flingué, une tête de veau mal ravigotée, des pots de confiture oubliés depuis vilaine lurette ?
Non ! Tout bonnement cette catherinette s’applique à ne pas faire de bruit pour ne pas attirer l’attention (exactement comme mes écrits : re-chleuasme). Elle remue très peu ce sac poubelle qui ainsi nous paraît accablant. Accablant, il l’est ! La donzelle se dirige vers les conteneurs de tri. Ce gros pochon renferme une double douzaine de cadavres de bouteilles carrées, ce qui est la consommation hebdomadaire de son julot. Il a une descente que l’on n’aimerait pas remonter à vélo. Et çà, ce n’est pas un scoop !
Bertrand

 

La jeune femme avec une robe jaune…

La jeune femme avec une robe jaune et des fleurs rouges semblait porter un sac poubelle très lourd. Je la regardais ahaner sous mes fenêtres, trébuchant parfois sur ses petites mules à pompons roses tout à fait inadaptées aux pavés rendus glissants par la fine pluie de la nuit précédente, les deux mains encombrées, l’une par le bouquet, de grosses marguerites un peu fanées, je crois qu’on les appelle gerbéras, l’autre par ce sac noir opaque, qui m’intriguait. Je me demandais quand elle allait chuter et si je devais descendre, l’aider, peut-être ?
Mon imagination s’enflammait : et si elle avait commis un crime ? Découpé son amant en morceaux qu’elle tentait d’évacuer ainsi de bon matin ? Il faudrait peut-être que je prévienne la police, ou mieux, les journalistes, je tenais sans doute un scoop
Elle s’appuya contre l’aile de ma voiture pour reprendre son souffle et je pensai qu’elle y laissait ainsi  une trace, son ADN, une aubaine si je prévenais la police ! Elle déposa le bouquet sur le capot, s’essuya le front avec un pan de sa robe, dévoilant des cuisses appétissantes, puis changea le sac de main et se remit en marche. Jusqu’où irait-elle ? Pourquoi n’avait-elle pas déposé ce sac dans la poubelle de son immeuble ? Certainement pour qu’en le découvrant plein des morceaux sanguinolents de son amant (ou de son mari) on ne puisse remonter jusqu’à elle ! Mais je l’avais vue !  J’étais témoin ! Je pourrai la décrire parfaitement : cette robe jaune d’un goût abominable, ces cheveux jaunes aussi, qui pendaient sans grâce le long de son visage et le cachaient en partie, ces mules roses, c’étaient des détails qui permettraient à la police de l’arrêter si…
Ma tasse de café à la main, je me penchai par-dessus la balustrade de mon petit balcon en fer forgé pour pouvoir suivre sa trajectoire mais elle perçut sans doute le mouvement que je fis et leva la tête vers moi. Comment exprimer l’effroi qui, me sembla-t-il,  marqua ses traits ? Je ne puis que dire qu’il était égal au mien. Son joli visage (je le découvris avec plaisir) se crispa, je voulus me retirer vivement, échappai ma tasse qui se fracassa sur le trottoir, tout près d’elle.
Elle éclata de rire et m’interpella :
-       Venez donc m’aider au lieu de mater mes fesses, voyeur !
Allons bon ! Voilà qu’elle me faisait complice de son crime ! Que faire ?
Ma curiosité l’emporta et je dévalai mes deux étages. En m’attendant elle avait remonté ses cheveux en un chignon de danseuse d’où s’échappaient quelques mèches folles. Elle me tendit des clés de voiture :
-       Ouvrez cette Clio, là !
Un peu éberlué par son sans-gêne mais vaincu par son ton autoritaire, je le fis. Elle y jeta les fleurs fanées, puis vida sur le siège avant le contenu du sac : des lettres, quelques vêtements, des affaires de toilette, une tenue de sport, et mille petits objets, stylos, briquet, un paquet de cigarettes, des bibelots  et pour finir une grosse peluche rose sans doute gagnée dans une foire. Elle claqua la portière à toute volée et me dit :
-       Voilà une bonne chose de faite ! Viré, le salopard ! Maintenant, si vous m’offrez un café, je ne dirai pas non.
Son culot me plut, et puis elle était ravissante, finalement, malgré la robe jaune…
C’est ainsi que j’ai rencontré la femme de ma vie.
Huguette

 

La jeune femme avec une robe jaune et des fleurs rouges semblait porter un sac poubelle très lourd.  Si lourd que tantôt elle le tirait, tantôt elle le poussait. Un moment, à bout de forces, elle s’arrêta et d’un geste plein de grâce s’essuya le front du revers de sa main longue et racée. Ce geste exprimait sa fatigue mais aussi sa détermination. Elle fixa pendant un moment ses petites mules à talons et pompons rouges, semblant réfléchir intensément. Il était tard déjà, il fallait qu’elle se dépêche ; bientôt allait apparaître les premières lueurs de l’aube. Heureusement, la rue était vide. Pas même le bruissement d’aile d’un oiseau matinal. « Je n’aurais jamais pensé que ce soit aussi lourd », se dit-elle dans un rire nerveux. Si les gens savaient ! ».
Elle arriva enfin devant la grande poubelle au coin de la rue. Bien sûr, elle ne voulait pas jeter le sac dans la poubelle de son immeuble, pour ne pas laisser de traces. Elle réunit toutes ses forces pour le hisser, mais sans succès. Elle essaya encore, mais tous ses efforts furent vains. Alors qu’elle allait abandonner, elle sentit une main se poser sur son épaule et sursauta, livide, autant de surprise que de frayeur.
-       Hé bien, ma p’tite dame, on a besoin de gros bras, on dirait.
Elle regarda l’intrus. Il avait l’air d’un gros nounours, avec son ventre rebondi et son air pataud. Ses grosses moustaches, en guidon de vélo frémirent quand il la regarda d’un œil de connaisseur sous la faible lueur du réverbère. Elle se reprit, calculant rapidement tout ce qu’elle pourrait retirer de cette rencontre.
-       Avec… plaisir, répondit-elle d’une voix tremblante, mais qui déjà, s’affirmait.
Alors il prit le sac, comme si c’était un paquet de plumes et le fit basculer dans la grande poubelle. Puis il se retourna et lui sourit.
Demain, il y en a un qui serait surpris de ne plus trouver ses affaires, y compris sa chère PS4, et d’avoir enfin un adversaire à sa taille. Quel scoop ce sera pour lui !!!
Fabienne

Exercice : A chaque anniversaire, on lui offrait du passé et ça commençait à l’énerver sérieusement

anniversaire

A chaque anniversaire, on lui offrait du passé et ça commençait à l’énerver sérieusement, ce qu’elle voulait, elle, c’était du futur, des projets, des opportunités à venir. Bref, elle voulait être surprise par la vie et ne plus ressasser ses erreurs et ses errements d’autrefois.
Immanquablement, quand arrivait la date de son anniversaire, le 20 octobre, elle commençait à stresser, à paniquer, à étouffer… Oui, elle étouffait dans cette vie si vide. Elle avait l’impression de revivre le même jour. Le matin, tous ses amis lui feraient un petit coucou : par mail, par sms, sur Facebook, ou encore en l’appelant. Personne ne mentionnerait l’événement. Tout le monde ferait comme si c’était un jour ordinaire. Et puis, en fin d’après-midi, une bonne copine l’amènerait boire un verre ou faire du shopping, pour que Charlotte, sa colocataire ait le temps de tout préparer. Elle arriverait assez tard dans leur petit appartement cosy avec la bonne copine, évidemment, qui prétexterait l’envie de revoir Charlotte qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps. Lorsqu’elles entreraient, il ferait tout noir. Puis les lumières s’allumeraient et un énorme « surprise !!!» ne la surprendrait plus. Et là, chaque phrase commencerait par : « tu te souviens ? ». A croire qu’elle avait déjà tout vu, tout vécu. Certes, elle aimait beaucoup ses amis, elle était touchée même qu’ils pensent aussi régulièrement à cette date, à elle. Mais elle en avait plus qu’assez que tout se passe d’une façon aussi identique. A croire qu’ils n’avaient pas de mémoire…
Or, ce soir-là, la bonne copine reçut un appel et la planta là, disant qu’elle devait absolument s’en aller. Elle rentra donc chez elle. Ouvrit la porte, toucha l’interrupteur qui aussitôt donna une douce lumière tamisée. Elle n’en revenait pas… Elle était seule, le soir de son anniversaire ! Même Charlotte n’était pas là. Tout le monde l’avait donc oubliée. Pourquoi s’était-elle plainte ? Doit-on toujours se rendre compte du bonheur quand il a disparu. Malgré elle, des larmes coulèrent à cette pensée. Elle s’en voulut. Puis, en prenant son parti, elle passa dans la salle de bain pour se changer pour la nuit. La sonnette retentit. Qui pouvait bien venir à cette heure ? L’espace d’un instant, elle eut peur. Et si c’était un bandit, un voleur, pire, un violeur. Mais tout valait mieux que cette solitude. Elle ouvrit et, les yeux écarquillés, découvrit un homme bien habillé, distingué, beau même se dit-elle. Il tenait dans ses mains une bouteille de Champagne. « Bonjour, SOS anniversaire, je suis votre cadeau ! ».
Fabienne

 

Anniversaire « passé »

A chaque anniversaire, on lui offrait du passé. Cela commençait à l’énerver sérieusement.
A chaque anniversaire elle enviait Alice. Vertudieu mon lapin, voilà ce qu’elle souhaitait : un non-anniversaire., avec un gâteau bien présent.
Tous ses amis la savaient poétesse, la voulaient pythie. Elle avait certes des poussées délirantes mais de là à les mettre en ordre, sonnets, triolets, feux follets… Sa timidité était vénéneuse lors de leurs soirées opales. Dès qu’elle buvait un peu de vin blanc moelleux, qu’elle fumait un joint sur la terrasse, son cerveau explosait tel un volcan vanuatais. Elle en ressentait les vibrations créatrices et déclamait à tue-tête. L’assemblée, quoique habituée, en était d’abord muette d’extase apocalyptique dalienne. Mais très vite, les gais lurons enchainaient dans un transport collectif. Comme ils n’avaient pas beaucoup d’imagination (qui en a vraiment ?) ils ressortaient de  vieux textes appris sur les bancs de l’école, des classiques assommants. Et il leur fallait du temps, le temps qu’il fallait.
De l’imparfait bien sûr. De cela elle convenait facilement.
Du passé simple. Mais quel grand auteur peut rester simple ?
Du passé composé. Et il est vrai que Adèle, sa meilleure amie prenait à ce moment là, un air composé, enfin surtout… compassé.
Alors, elle se fermait comme une huitre.  La rage au cœur, elle pensait : un jour, un beau jour, je produirais un chef d’œuvre, plus que parfait !
Bertrand

 

Exercice : Aujourd’hui, j’ai fait ma BA, comme tous les lundis…
consigne : interdit de parler de « Bonne action »

ba

Aujourd’hui, j’ai fait ma BA, comme tous les lundis…
Oui, oui, ma « beuverie accidentelle ». Vous allez me dire, mais pourquoi est-elle accidentelle si c’est tous les lundis ?
Hé bien parce qu’on ne sait jamais quel vin on va boire ni combien de verres… C’est l’occasion qui fait le larron ! mais ce n’est jamais volontaire, toujours accidentel !
Fabienne

BA

Ce soir, pourquoi ferais-je, comme tous les lundis, une B.A. ? Eh bien, non ! Cette fois ce sera une Belle Absence, un vide, un trou noir…
Mes che(è)r.e.s collègues, à vous revoir, lundi prochain et… Bonne Année !
Bertrand

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