Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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9 janvier, 2019

Atelier d’écriture du 7 janvier 2019

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:06


Année

Je vous souhaite à tous plein de bonheurs partagés, de joie, de bons moments, de bonne santé et une imagination débordante !!!

DEVOIR : drôle de métier - Tireur de plans sur la comète

femme

Tireuse de plan sur la moquette

Je suis congénitalement paresseuse, tout de même pas telle un bradype pilosa. Je n’en ai ni le sourire idiot, ni la lenteur désespérante. Et, je ne mets pas trente jours à digérer une feuille. Mieux, je suis flemmarde, cossarde, fainéante. Maman m’a très vite surnommée Lazy Di. Oui, j’ai été affublée du divin prénom de Diana. Mon père était, comme tous les cornichons, amoureux de la blonde piéta des années 80. Je me demande si elle était hyperactive, la princesse des cœurs.
Je ne sais de qui je tiens cette tendance lourde à la nonchalance. Que l’on se rassure ce n’est ni de l’aboulie, ni de l’avolition. Je sais ce que je veux : être bienheureuse, sans l’aide du pape. Mes parents sont hyper méga-actifs et comme de droit, harassés. Mon unique frère est marathonien et a l’intention affirmée de le rester toute sa vie. Il a nommé son fils Mimoun, c’est dire ! Tous ces OTNI, objets travaillant non indispensables courent à leur perte. Moi, je me contente d’obéir à la plus obligée des lois : la gravitation universelle qui m’impose la pesanteur. Je suis une masse avec formes qui n’a pas peur de son poids. Mon paradigme est explicite : je crois à l’horizontalité.
De ce qui précède, j’encours les plus belles condamnations. De ma famille, de mes amis, de mon séducteur de médecin et j’en passe. Que ne me dit-on à chaque entrevue. « L’oisiveté est la grand-mère de tous les vices ». Oui, les aïeux sont beaucoup plus tolérants. Par expérience je sais qu’au moins une de mes deux grands-mères dira souvent le contraire de ce qu’affirme ma mère. Un psy évangéliste ou plutôt un évangéliste psychotique m’a promis : « tu finiras alcoolique sous les tropiques ». Lui-même ne croyait plus à ma seconde naissance, celle qui vous permet de dénoncer vos voisins mécréants et vous demande gracieusement d’adresser un chèque mensuel  la communauté. Cependant je dois dire que c’était un bon prophète. Je vis à Nouméa et je ne déteste pas une coupe de champagne et plus si millésimé. Et aussi le rhum arrangé ne me dérange pas. Mon métier vous plairait. Je suis avocate spécialisée en écologie. Beaucoup de travail mais pas d’urgences car en la matière, l’écologie, l’urgence est dépassée !Draravant était carrelé. Les fibres de vingt millimètres de long sont d’une grande douceur. Je l’ai choisie noire. Je sais, c’est salissant. Mais mon assistant a dans son contrat une clause aspirateur. En fait, il me sert aussi de secrétaire mais ne vient au cabinet que le matin. Donc tous les après-midi, pour traiter mes dossiers, je m’allonge. Je tire des plans sur la moquette.
Certains disent que c’est un revêtement de pays chaud. Ils ne savent pas, heureusement, que lors de ces après-midi, je suis peu ou pas vêtue. D’autres supposent que je m’endors sur mon travail. Et alors, je suis libre de mon temps et de procrastiner. Mais comme presque pour tous les paresseux, je sais que mon travail sera fini en temps et en heure. Cependant, inutile de vous faire des illusions en imaginant mon corps d’ivoire sur la moquette noire, aucun mec ne viendra tirer un plan sur « ma » moquette.
Bertrand

Terre

Il y avait un bon bout de temps déjà que Robert McNaught  travaillait à l’observatoire de Siding Spring, en Nouvelle-Galles du sud, près d’un bled au nom imprononçable : Coonabarabran.
Il était affecté à un programme de recherche d’objets géocroiseurs. Sûr que quand il disait ça dans un salon mondain, ça le posait un peu là… Sauf qu’il ne fréquentait pas trop les salons mondains et qu’en fait, son boulot était plutôt chiant… Tous les jours, l’œil collé au télescope du soir au matin, il devait identifier tous les objets interstellaires, astéroïdes ou comètes venant de la ceinture de Kuiper ou du nuage d’Oort – c’était très important pour lui, mais tous les autres s’en fichaient – qui s’approchaient un peu trop près de la terre. Il devait signaler tout danger potentiel au commandant en chef des forces armées, Sir Henry Wells. Si son travail n’était pas trop palpitant, Robert le prenait toutefois très au sérieux, alors, il ne se contentait pas d’observer et de rapporter, il échafaudait tout un tas de plans pour contrer une éventuelle collision avec les plus gros de ces corps célestes et ainsi protéger SA Terre, il en avait fait sa mission, sa raison de vivre. Il appelait ce travail secret « tirer des plans sur les comètes ». Il avait échafauder tout un tas de stratégies : ça allait du filet capteur (en mailles très très solides), à une sorte d’aimant géant, en passant par une espèce de catapulte capable d’envoyer tout objet indésirable dans les limbes et du coup, s’était auto-proclamé « tireur de plans sur les comètes ».
Il avait beau savoir que si de tels phénomènes étaient extrêmement rares, pas plus d’un impact tous les deux cents ou trois cents millions d’années, il avait la hantise d’un choc violent tel que celui qui s’était produit il y avait soixante-cinq millions d’années et si une telle chose arrivait de nos jours, ce serait certainement la fin de l’humanité.
En cette fin d’année 2006, Robert n’avait pas la tête à faire la fête. Depuis quelques jours, une énorme comète qu’il avait baptisée C/2006 P1, lui donnait bien du souci. Alors, cette nuit de Noël, quand il alla voir le Lieutenant Général Wells pour lui faire part de ses craintes, il décida de lui exposer tous « ses plans sur les comètes ». Henry Wells était en train de réveillonner avec toutes ses maitresses et pensait, lui, à tirer d’autres plans sur des comètes bien identifiées ; cet empêcheur de tourner en rond dérangeait quelque peu sa fête. Comme il ne savait trop comment s’en débarrasser, il lui déclara :
-       Mon cher Robert, j’apprécie votre heu… travail… mais ce n’est pas votre affaire ! Comme toutes les autres, cette comète ne fera que passer. Certes, elle est très grosse et très brillante. En votre honneur et en raison de votre investissement personnel, elle s’appellera à partir de ce jour « comète McNaught ». La surveiller exclusivement sera désormais le seul plan sur la comète qui vous sera autorisé.
Fabienne

Chacun sa comète

La fuite est une fatalité, pour l’homme. Courage, fuyons, proclamait Jean Rochefort, acteur si juste en couard magnifique. En réalité, le courage est rare chez les hommes. Ils le manifestent noyés dans la foule, dans l’alcool, contre les faibles. Chez nous, les femmes, il est consubstantiel.
Le français est riche. J’entends, la langue française, pas le français moyen. Une fuite peut aussi être un problème. Si vous êtes jeune scolaire, ce peut être un problème de robinets, au pluriel. Si vous êtes un homme d’un âge certain, cela devient un problème de robinet, singulièrement.
La fuite qui me réjouit maintenant est celle du langage maritime. L’allure de fuite pour un voilier, est celle qui vous éloigne de la tempête, on l’espère. Sur le bateau, la plus petite voile, la suédoise si court vêtue et le plus petit foc, au joli nom de tourmentin pourront vous aider à sauvegarder un cap. Au mieux à rester gouvernable. C’est un petit foc qui pourra vous sauver, en fuyant.
Mon chéri est astronome. Certains soirs d’été, il a accepté de m’emmener à l’observatoire du Pic du Midi. Au plus chaud il ne fait pas plus de 15 ° et je revêts ma polaire. Une nuit, allongée sur l’herbe, la tête posée sur mon sac photo, j’ai laissé mon esprit prendre cet angle de fuite dont je vous ai parlé.
Mon gros temps, ma tourmente, c’est bien moi. Moi, la personne que je voudrais fuir. Je ne fais presque rien de mes dix doigts. Alain assure et me couve de son amour. Mais il est pris par son métier, ses passions. Il vit dans les étoiles. Moi, je passe mon temps devant ma glace à scruter les ridules de la trentaine. Mon hobby, la photographie. Tous les jours après un tri sévère je sauvegarde une centaine de clichés. Je prends tout, paysages, macro, portraits, des enfants dès que je le peux. Mais personne ne voit mes œuvres. Ceci dit,  je marche beaucoup. On pourrait appeler cela de la divagation. Je mange peu, végan, et je maigris. Au grand dam d’Alain qui aime les rondeurs. Il dit qu’il lui en faut pour sa paume ! Voilà, je me dévalorise.
Croyez-vous au destin, surtout s’il vient des étoiles ?
Depuis cette nuit d’août, j’y crois. Quand Alain m’a crié un « viens vite ! » entremêlé de rires aux éclats, j’ai affalé mon tourmentin pour le rejoindre en courant. « Vois comme elle est belle ! Elle a une grande double queue bleue et jaune. Elle ressemble à Hale-Boop. Mais cette magnifique comète qui a eu son périhélie en 1997 ne reviendra qu’en 4385. Espérons que la périodicité de celle-ci sera plus courte. Sais-tu que les comètes peuvent être de différentes couleurs ? Par exemple, Wirtanen est verte.»
Bouleversée par ce spectacle, dès le lendemain je consultais le catalogue des comètes que m’a confié Alain. Il en répertorie des centaines. Mon anglais scientifique m’a permis de lire des dizaines d’articles les concernant. L’idée de les relier aux grands évènements est millénaire, le culte ouranien. Mais moi, je voulais en trouver une pour chacun. Selon leur taille, leur brillance, leur situation astrale, leur périodicité, leur couleur, leur vitesse… Je leur attacherai une valeur prédictive adaptée à chaque caractère, très documentée certes mais très subjective. C’est maintenant mon talent depuis que j’ai ouvert mon cabinet de consultations. Mon regard d’émeraude fait le reste. Je tire des plans sur les comètes et cela plait, même sur internet.
En moi, plus de tempêtes. Le soir, après mon « travail », je m’installe dans notre jardin zen. J’y ai dressé des pierres et planté des bambous. Chaque jour je ratisse lentement le sable blanc. Mes pensées naviguent au creux de ces vagues douces. Fini le tourmentin. J’attends simplement le retour quotidien (ou presque) de ma comète aux boucles blondes, Alain qui m’a montré la voie.
Bertrand

Exercice : Finalement, c’était une bonne année !
Faire un bilan très positif de tout ce qui vous est arrivé cette année, même pour les choses négatives, au pire… inventez !

Bonheur

En 2018,

Ça n’avait pourtant pas bien commencé : suite à une erreur médicale, je venais de me faire opérer et je marchais (difficilement) avec des béquilles et une gouttière au genou. Mais finalement, c’était une bonne année…
Je ne suis tombée qu’une seule fois et, comme je ne suis pas allée aux urgences et que je me suis soignée toute seule, la plaie, assez conséquente n’a pas infectée. Au bout de trois semaines, seules quelques rougeurs subsistaient.
Je n’ai été hospitalisée que deux jours, et encore, juste pour un examen. Mauvais point : je n’ai pas encore inaugurée la magnifique clinique de Nouville…
J’ai réussi à créer avec Raphaël, mon petit-fils, des moments privilégiés de complicité et de fous-rires
J’ai animé 3 ateliers d’écriture différe
nts qui m’ont apporté beaucoup de joie. J’ai même été invitée au SILO à ce titre.
J’ai d’ailleurs, avec la participation de mes chers amis écrivants pu éditer un livret, sans prétention de quelques-uns des drôles de métiers, et croyez-moi, j’en suis fière, de moi et de vous !
J’ai reçu, tous les jours, l’amour indéfectible de Zaza.
J’ai été présidente d’une association quelques mois, seulement… J’ai eu l’opportunité de proposer des activités variées et de les faire financer par divers organismes.
J’ai eu des samedis soir drôles et alcoolisés en bonne compagnie.
Noël a été une fête géniale, et pour une fois, je n’avais pas le bourdon, et si la Saint-Sylvestre a été inexistante, on s’en fout…
Bref, cette année qui ne sera peut-être pas à noter dans les annales fut une très bonne année, car, comme vous l’aurez deviné, pour moi, l’absence de malheur est déjà un grand bonheur !
Fabienne

A priori cela se présentait bien, a postériori, je pense que je m’en suis bien sorti.
J’ai  passé la dernière semaine de 2017 à Melbourne. Une nuit dans chaque quartier, grec, libanais, turc, italien, sud-américain, javanais. La dernière nuit je ne sais plus très bien où la situer. Sûrement en Australie. C’est dire que mon réveillon fut down under, dans les tréfonds.
Le 1er janvier, on me transporta inconscient et en ambulance au King Henri Hospital. Des urgences, de la réanimation, du bloc, du post-opératoire, je ne vous dirai rien. On ne m’a pas raconté, la psychologue n’a pas voulu. Le 15, les infirmières ont fêté au mousseux mon réveil. Incroyable, m’ont-elles dit. Vous avez survécu à 13 pontages dont un triple et deux doubles, une première dans ce pays ! La presse locale, régionale et même sud-pacifique a relaté cet exploit. Sur la photo, le chirurgien pose devant moi comme devant son premier rhinocéros. Le reste de janvier a été consacré à une réadaptation forcenée. Jamais je n’avais été dans une si belle forme. Je revenais de l’enfer.
Ma tendre épouse est venue me chercher en automobile. Au premier carrefour elle a pris à gauche dans la file de droite. Choc frontal. Son air-bag a fonctionné, pas le mien. Au centre de réadaptation, tout le monde m’a reconnu malgré mes quatre prothèses sans compter les clous, vis et autres objets métalliques dont une plaque me renforçant le front. Ma cicatrisation rapide a étonné. Février est vite passé : moins de jours. A la fin du mois, on a organisé une petite fête. Article et photo dans la presse locale et régionale. La cheffe de service de réadaptation orthopédique a posé devant moi comme devant son premier robot ménager.
Début mars, j’ai décidé de quitter le centre seul, en bus. Sous l’effet des médicaments et grisé par le pot de départ, je me suis trompé de ligne. Le conducteur m’a réveillé au terminus dans le désert de Simpson. J’ai su après que ce n’était pas si loin de Coober Pedy. J’ai survécu un mois grâce à l’ombre de l’abri, la citerne de réserve et vingt kilos de corned beef. En rigolant, le conducteur de l’autocar mensuel, le même qu’à l’aller, m’a dit qu’il allait me faire payer demi tarif vu les 25 kilos que j’avais perdu. A notre arrivée à Melbourne un reporter nous a pris en photo devant la calandre, the survivor. Le chauffeur a posé devant moi comme devant son premier kangourou écrasé.
La compagnie des bus et le Herald Sun m’ont payé une semaine dans le meilleur hôtel de la ville. Je l’avais bien mérité cette suite King Henri au dernier étage. La deuxième nuit,je l’ai passée dans la boite de nuit au sous-sol. Alcool à gogo puisque je ne conduisais pas. Au petit matin, dans l’ascenseur j’ai réussi à trouver le bouton du 77ème étage. Enfin je pensais. L’engin s’est arrêté et je me suis endormi. Ils m’ont réveillé en sursaut. J’avais malencontreusement pris un monte-charge annexe et la trappe était trop petite pour me laisser passer mais assez large pour les petits plats servis en abondance et qui ne pouvaient que me faire grossir énormément.  Cela leur a pris tout avril pour défoncer le mur sans faire tomber le monte-charge du haut du 75ème étage. Tiens, j’étais presque arrivé ! Pour  le mensuel de l’hôtel on a pris un cliché. Le directeur a posé devant moi comme devant son premier lutteur de sumo.
En mai, fais ce qu’il te plait. Je me suis payé une croisière vers la Tasmanie sur un petit yacht de luxe. Vous connaissez les tempêtes de la mer de Tasman. Eh bien, la mienne était pire. Avant que le navire ne sombre j’ai réussi à me glisser dans la capsule de survie dont je ne m’étais jamais éloigné. Miss Victoria qui m’accompagnait pour les vidéos s’est noyée derrière mon hublot, arrachée par une vague monstrueuse. J’ai dérivé tout le mois jusqu’à Kangaroo Island.
Sur la plage, j’ai pu m’extraire de cette boite de conserve sous l’œil goguenard des lions de mer. Là, un gigantesque incendie m’a poursuivi de ses assiduités, me grillant comme une merguez. J’ai pu me mettre à l’abri dans une grotte pour touristes. J’étais seul mais les stalactites étaient magnifiques, l’eau en abondance et la lampe Coleman a duré tout le mois de juin. J’ai enfin entendu la pluie et me suis dit que je pouvais sortir. Finalement je n’étais pas très loin de l’embarcadère du ferry pour Adélaïde. J’étais couvert de suie, noir comme un aborigène. Le capitaine a pris un selfie de nous deux et l’a mis sur Facebook. Il a posé devant moi comme devant son premier soutier.
A l’arrivée, la police m’attendait. En comparution immédiate un juge perruqué qui ne parlait pas comme moi m’a condamné à un mois de tôle pour black facing sur un ferryboat. Juillet était commencé et il a été magnanime : jusqu’à la fin du mois cela ira. A la prison j’ai traversé le quartier des petits délinquants avant ma douche. Ma réputation était faite. Les cris simiesques ont fusé. La veille de ma sortie, comble de l’humour anglo-saxon, on m’a entièrement passé au cirage noir. Pour le calendrier de la prison, le directeur a posé devant moi presque nu (pas lui, moi) comme devant son premier chimpanzé.
Août se présentait bien. J’avais besoin d’oxygène. J’ai  pris le train pour les Blue Mountains. Aucun incident de parcours, ce qui m’a surpris. J’ai mis mon équipement de randonnée avec eau et nourriture, on ne sait jamais. On m’a conseillé Sublime Point et en effet il n’y avait personne. Les membres engourdis par le froid je suis tombé dans une petite crevasse. Avec mon expérience des choses de la vie, j’ai bien senti que je m’étais cassé quelques choses. Ils ont mis une semaine à me retrouver et août s’est terminé à la clinique St Vincent. Le chirurgien a été très heureux de retrouver toutes mes anciennes pièces grâce à un aimant de son invention. Il en a mis un tas de nouvelles car a-t-il dit : « en six mois on a fait des progrès et j’ai un bon pourcentage sur les alliages neufs ». Pour le Kings Cross Nightly, il a posé devant moi comme devant sa première caisse à outils.
Septembre a été joyeux au centre de rééducation près du zoo de Taronga. J’ai essayé de le visiter mais le sas de sécurité détectait tant le métal qu’ils ont cru que j’avais avalé une AK 47. Même le certificat médical que m’avait fait la femme de ménage n’a pas suffi à les convaincre. Le personnel a été très gentil. Comme je me déplaçais trop à leur goût (« trop coquins ces petits Français ! »), ils ont mis sous mon siège un aimant en néodyme qu’ils enlevaient pour la promenade. Ils ont tous posé devant moi comme devant leur première boussole.
Octobre a été facile. Les médecins m’ont conseillé de ne plus me peser. Je n’avais pas grossi mais je m’étais beaucoup alourdi. J’ai donc fait de la musculation. En squat en particulier. Malheureusement, mon quadriceps droit a claqué : rupture du chef antérieur. Au centre de rééducation ils avaient gardé l’aimant spécial marqué à mon nom. On me faisait beaucoup de musculation passive électrique. Pendant ce temps là, aimanté, je regardais tous les sports à la télévision. La femme de ménage, toujours aussi gentille a passé des heures à m’expliquer le cricket et l’australian rule.  Je suis sorti de là plein d’énergie. La technicienne de surface a posé avec moi pour « nous deux » comme avec son premier Ribery.
J’ai loué un studio à Darling Harbour pour le mois de novembre. Il faisait beau et je me promenais souvent. Je m’imaginais en robocop croyant percevoir des cliquetis prothétiques. Avant mon retour à Nouméa je voulais acheter de petits souvenirs. Dans un magasin bimbelotier je manipulais de petites maquettes métalliques de l’Opéra, du Harbour Bridge, du Tower Eye. Tous ces petits objets passaient dans mes manches sans que je ne m’en rende compte. La vendeuse asiatique a plissé les yeux, si possible.  Les vrais robocops sont arrivés. A la prison de Sydney ils n’ont pas voulu me croire. Heureusement la psychologue bilingue qui me suivait a mis un jour un soutien-gorge métallique qui a été irrésistiblement attiré par mon poignet droit. Elle a reproduit plusieurs fois le phénomène, de plus en plus près de son bonnet C, de plus en plus rouge. Cela avait l’air de lui plaire. Dans son rapport (non pas celui-là), elle a clairement déclaré que mon magnétisme était « à l’insu de mon plein gré ». Décolleté largement ouvert, la psy a posé devant moi comme devant son premier amant (pardon aimant).
Pour Noël, on m’a finalement expulsé d’Australie comme délinquant récidiviste léger (mais dense). Pas de casier judiciaire car personne n’aurait voulu en croire les épisodes.
En arrivant, j’ai appris que ma femme avait déposé une demande de divorce à torts partagés. Pas de photo !

Finalement, c’était une bonne année !
Bertrand

Exercice : Les douze coups de minuit venaient de retentir…

Minuit

Douze coups

 Les douze coups de minuit venaient de retentir.
Vous serez étonnés. C’est la sonnerie de mon téléphone. Les douze coups de Big Ben. Cela me remémore ma vie de prince arabe dans ce grand appartement de front de Tamise, près de Tower Bridge. Chaque nuit, par tous les temps, je sirotais sur ma terrasse abritée, un armagnac quinquagénaire comme moi. Le liquide doré était un plaisir que je croyais inégalable. Ces douze coups rythmaient mon temps. J’étais vivant, bon vivant.
Maintenant, il est rare que je décroche quand j’entends cette sonnerie de l’ancien monde. Je suis vêtu d’une tunique safran et ma cellule a une vue imprenable sur l’Himalaya.
Bertrand

Les douze coups de minuit venaient de retentir… ça y est !!! Nous étions le 1er janvier 2000. En cette nuit de la Saint-Sylvestre, tout le monde réveillonnait.. ou presque et moi, obscur petit hackeur, je venais de mettre en panne tous les ordinateurs de la planète et le monde entier m’appartenait !
Fabienne

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