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20 décembre, 2018

Atelier d’écriture du 17 décembre 2018

Classé dans : Liens,Non classé — joie55 @ 4:49

DEVOIR : trouver une origine à l’expression « cordon bleu »

cordon

Cordon bleu

Au générique, quatre personnages en quête de hauteur, sans aucun espoir, mais arborant un sourire avantageux. La maquilleuse avait le pouvoir de blanchir les dents les plus nicotinées. L’action se déroulait dans un studio-cuisine à l‘américaine : plan de travail central avec hotte à flux laminaire. L’accessoiriste avait oublié d’éteindre la lampe chauffante ce qui donnait un ton bleu électrique à la chevelure d’Adélaïde. Bien que l’émission ait commencé, le technicien étourdi passa dans le champ pour faire cesser la lumière et la ventilation qui décoiffait la longue mèche que Fernand avait rabattue sur le sommet de son crâne. Il ne trouva pas tout de suite l’interrupteur et ronchonna sur le caractère cancérigène de ces lampes. Par pur réflexe, Luigi essuya son long nez avec un torchon. Celui-ci avait servi à écailler les huitres il y a deux semaines pendant l’émission « fruits de mer sous les tropiques». Quelques morceaux d’écailles nacrés se prirent dans ses poils de nez. Fort heureusement dit la voix off type Léon Z., les ondes hertziennes ne vous transmettent pas l’odeur qui faisait grimacer Luigi. La maquilleuse s’approcha avec un coton-tige pour récurer. Par réflexe inadapté que l’on doit attribuer au trac, Luigi lui présenta l’oreille gauche, tout en souriant à la caméra. Il avait joué pilier droit au rugby. Dans ce chou-fleur la fardeuse ne trouva pas l’orifice monaural et décida de s’abstenir. Luigi se moucha donc dans ses doigts. Nous étions bien en direct. Adélaïde, la plus expérimentée, était tirée à quatre épingles. A son âge tout espoir de se faire épingler semblait illusoire. Elle se rendit compte qu’un de ses faux ongles noir corbeau pourrait se détacher. Délicatement, en contrôle, elle glissa son index entre ses maxillaires. Une forte striction assura l’adhérence. Mais en se retirant, le doigt entraîna sur son ergot une fibre de la mangue qu’elle avait déchiquetée au dessert. Ce fut du plus bel effet : orange sur noir. Le caméraman adroit fit un gros plan. Un muscadet, dit tout haut Fernand, l’humoriste du groupe qui suivait sur l’écran de contrôle. L’image en hoqueta de plaisir. Pour la fin du générique de début, le réalisateur remit le plan général. La musique était la même que celle du feuilleton gymnaste de Véronique et Davina. Le programmateur, ingénieur du son, intendant, archiviste, script et balayeur n’avait pas eu le temps de trouver mieux et on le comprend. Il regardait un match sur TVX.
Bien répartis sur ce plan large, alignés derrière le plan de travail, nous avions nos quatre cuisiniers compétiteurs. De gauche à droite : Fernand, retraité bedonnant de 71 ans. Curieusement, la fréquentation routinière de sa cave lui avait donné un teint hâlé. A moins que la maquilleuse ait ocré sa roséole oenolique. C’était le boute-en-train de l’équipe. Son grand-père lui avait légué un recueil de blagues et il s’en tenait là. Ensuite Alix, helvéto-autrichienne, une blonde échevelée de caractère affirmé. En supposant, elle aurait pu être en fin de quarantaine, c’est dire qu’elle était célibataire. Comme elle n’était pas très grande, son décolleté imposant prenait appui sur le plan de travail. L’audimat grimpait quand elle se penchait pour remplir le verre de Fernand. A sa gauche Luigi, qu’on aurait pu nommer Aldo un demi-siècle plus tôt, quand il n’avait pas besoin de médicament pour l’ascension. A l’époque il était moniteur d’alpinisme, toujours dernier de cordée. Il assurait et rassurait les arrières. Son accent zozoteur donnait une touche exotique transalpine de bon aloi. Alix, sa voisine de droite lui provoquait un strabisme divergent mamellotrope qu’il avait du mal à corriger. Le réalisateur télé admettait ce léger défaut puisqu’il avait le même mais convergent. A l’autre extrémité, pas très loin de la dernière (extrémité), Adélaïde aurait pu être une veuve joyeuse si elle n’était vêtue de noir jusqu’au bout des ongles. Son dentier dernier modèle Villeroy et Boch avait son éclat rehaussé par un rouge à lèvres anthracite. A son grand regret l’outil masticateur comportait des espaces inter-dentaires trop larges type garde manger bonne haleine. Cette émission de télévision n’était pas son premier choix. On l’avait refusée à l’atelier de couture pour une raison foireuse : sa maladie de Parkinson. Pour l’atelier de cuisine on lui faisait sucrer les desserts.
Voilà le générique initial se termine et les présentations sont faites. Pour commencer c’est Fernand qui cause. Il aurait bien voulu garder son béret et sa baguette sous le bras, ne pas trahir (ou trahir) ses origines populaires. Le metteur en scène lui a expliqué que cela lui ferait de l’ombre. Fernand annonça la recette du jour qui, c’est amusant n’est-il pas, reprenait le titre de la série : cordon bleu, vertubleu. C’est une recette bien française souligna-t-il. Autrichienne, glapit Alix, c’est un schnitzel, une escalope à la viennoise. Pas du tout, renchérit Luigi, une escalope milanaise, lombarde. Et c’est nous qui avons placé les petits rubans bleus qui en assurent le maintien et lui donnent son nom. Adélaïde dont le grand-père était titulaire de l’ordre du Saint Esprit (cordon bleu), de St Louis (cordon rouge) ou de St Michel (cordon noir) se confisait et se confinait dans ses quartiers de noblesse en attendant de passer au quartier de viande. Tous des porcs pensait-elle, foutrebleu !
Fernand enchaina. Voyons les ingrédients. Quatre barbaques très pâles étaient placées sur des planches à découper devant les quatre impétrants pénétrés de leur rôle. De la dinde dit Alix qui s’y connaissait. Du veau comme pour tout bon Français assura Fernand. Du poulet, petta di pollo, articulait Luigi qui malaxait déjà la carne pulpeuse. Du cochon, tel qu’en vous-mêmes s’énerva Adélaïde. Comment  pourrait–on construire l’Europe avec de tels individus ?
Chacun prit délicatement la bidoche anémique et la coupa en deux dans son épaisseur. Soit façon portefeuille ou bien en deux rectangles, en deux carrés, en deux ovales. Pour chacun, selon la forme du moment.
Maintenant il était absolument nécessaire d’aplatir au maximum l’escalope. A cet effet l’accessoiriste fournit du film transparent pour envelopper sans saloper. Cela colla aux doigts gras et finit en boule pour Adélaïde. Pour écraser, les hommes choisirent le plat de longs couteaux. Alix avait opté pour le maillet et cogna dur, non-violente contrariée. La viande battue était attendrie (que Mme Robin nous pardonne). Fernand n’eut pas le courage d’en plaisanter. Alix tint toujours fermement son maillet.
Ce fut le moment de découper le jambon à la bonne dimension, c’est à dire un peu plus petit que la viande. Du jambon à l’os s’écria l’osseuse Adélaïde, du prosciutto di Parma s’agaça Luigi. Pour Fernand ce ne put être que du jambon de Paris. Vous n’y connaissez rien. Le plus goûteux c’est le jambon cuit dans l’asphalte saliva Alix, en tranches épaisses de près d’un centimètre ainsi qu’on le sert à Fribourg.
Enfin le fromage. Il n’est de gruyère que de Suisse chanta à la cantonade Alix, dont le maillet n’était pas loin. Et sans trous je vous prie. C’est un fromage, pas un golf, sacrebleu. Personne n’en contrevint, parbleu.
Fernand, qui n’avait pas compris le trait d’esprit d’Alix, replia soigneusement son cordon, vertubleu. Chacun faisait son chausson et ils furent parfaits. Sauf celui d’Adélaïde dont le fromage dépassait. On n’avait pas osé  lui confier d’arme blanche pour enlever le superflu. A la rigueur pour hacher menu des oignons.
Deux assiettes avaient été préparées à l’avance par l’accessoiriste prévoyant. Les œufs battus qu’Alix rebattit vaillamment. La panure de vieux pain et non de biscottes comme le regrettait Adélaïde. « Manque la farine » jappa Fernand le bienheureux. Les autres furent contrariés de cet ajout sacrilège. Néanmoins le machiniste présenta une assiette de recoupette sous le nez de l’exigeant. Fernand poussa un long soupir de soulagement créant un brouillard que seules les caméras de télévision pouvaient percer.
Quatre poêles avaient été préchauffées.  On fit les divers trempages, deux ou trois et la cuisson débuta dans de joyeuses fricasseries. Le temps de friture était variable selon que la chair d’escalope était faible ou non. Fernand exigea une cuisson intermédiaire au four, pour cuire à cœur, dit-il pompeusement. Cela provoqua un retard et il ne put montrer son œuvre culinaire qu’après la fin de l’émission, soit hors délai, ce qui lui valut le cordon noir. Luigi était ravi. Son cordon bleu était doré même si l‘intérieur du poulet était rosé. Stupeur et tremblement. Le cordon bleu d’Adélaïde n’était même pas bleu. Pas cuit du tout car un geste spastique tumultueux avait, dès le début, projeté l’objet de ses soins hors de la poêle, jusque sous le fauteuil du régisseur. Heureusement il n’est pas tombé coté confiture ironisa Fernand que la défaite avait aigri. Alix savait depuis le début qu’elle était la meilleure au schnitzel. A la manière d’un footballeur de la Nati elle brandit très haut son assiette de cordon bleu. Puis après avoir reposé son escalope à la viennoise, elle frappa trois coups de maillet : victoire adjugée !
La musique de Véronique et Davina clôtura la fête. Cependant nous ne vous montrerons pas nos quatre protagonistes sous la douche. En profond désaccord sur la qualité de leurs œuvres ils refusèrent de la prendre ensemble.
Il est possible que les téléspectateurs de la chaine de TV locale Bernheim aient été intéressés, s’il y en eut.
Bertrand

Le-Cordon-Bleu

Il y a fort fort longtemps, dans le royaume du roi Jean, c’était un peu la pagaille. Et cette pagaille venait des jeunes. Ils étaient désœuvrées à longueur de journée et tout était prétexte pour faire un mauvais coup, ou simplement pour rigoler. Les habitants n’en pouvaient plus et le roi ne savait plus à quel saint se vouer pour faire cesser les actions de ces petits voyous. Il fit venir son conseiller particulier qui ne lui proposa rien qui lui convint. En désespoir de cause, il alla voir sa vieille nounou qui était toujours pleine de bon sens.
-       Sire, si les jeunes font autant de coups pendables, c’est qu’ils s’ennuient. Il convient donc de leur trouver des occupations qui leur plaisent, leur donnent le sens des responsabilités et les valorisent. Tout d’abord, tu devrais les mettre en concurrence pour qu’ils essayent de se surpasser. Fais donc des groupes et demande-leur de faire des choses extraordinaires.
Le roi trouva cette idée excellente et, après avoir bien réfléchi convoqua tous ses sujets dans la cour du château.
-       Mon bon peuple, si je vous ai convoqué ce soir, c’est pour vous annoncer que nos jeunes devront accomplir des missions de la plus haute importance pour le bien de tout le village.
Les jeunes, habitués à ce qu’on les gronde, les rabroue ou les punisse trouvèrent ce nouveau discours à leur goût.
-       Tout d’abord, vous allez former six groupes.
Les jeunes se regroupèrent par affinité, ce qui était nouveau aussi, car on avait plutôt tendance à les séparer.
-       Il y aura le groupe blanc, le noir, le jaune, le rouge, le vert et le bleu. Chaque groupe devra trouver et sa mission. Je vous laisse jusqu’à demain soir pour y réfléchir.

Le lendemain, le petit village fut très calme et chacun put vaquer en toute quiétude à ses activités. Dans tous les coins, il y avait des groupes de jeunes qui discutaient passionnément et les habitants commencèrent eux aussi à trouver l’idée géniale.
Le soir, tous se retrouvèrent à nouveau réunis. Les six groupes étaient là, attendant bien sagement. Ils étaient tous vêtus à leur couleur.
Le chef du groupe blanc s’avança.
-       Sire, ce que nous allons faire, c’est de la magie blanche. Nous partirons dans la forêt voir les anciens druides afin qu’ils nous expliquent les plantes bonnes à soigner et les sortilèges de bonheur et de joie.
Le roi était content :
-       C’est une très bonne idée ! Nous avons besoin de soigneurs et de joie ici !
Le chef du groupe noir vint à son tour :
-       Sire, nous, nous apprendrons à repousser les forces obscures. Dès demain, nous partirons voir la Fée du lac et nous y resterons jusqu’à ce que nous puissions rendre le village imperméable aux mauvais sorts
Puis ce fut le tour des verts :
-       Sire, nous, nous apprendrons à soigner la nature, à faire pousser des légumes, des fruits et des plantes afin que le village n’ait plus jamais faim.
-       J’avoue que vous m’impressionnez !
Les jaunes, quant à eux proposèrent :
-       Nous avons bien observé le royaume, Sire, et sans vous faire offense, nous avons remarqué que vous seul êtes habilité à prendre des décisions, certes avec des conseillers, mais ces conseillers quelquefois ne vous conseillent pas bien. Aussi, avons-nous décidé de nous former à la chose publique, d’écouter les doléances et les souhaits du peuple et de vous en faire part afin que chacun puisse vivre plus heureux.
Le roi tiqua un peu, mais accepta malgré tout.
Puis vinrent les rouges :
-       Sire, si vous le voulez bien, nous serons votre armée. Nous défendrons notre village des envahisseurs. Nous allons nous former au métier des armes. Nous avons avec nous les deux fils du forgeron qui nous apprendrons à fabriquer des épées.
Le roi était très content car ses gardes avaient plus le goût de la chopine et des jupons que celui de la guerre.
Enfin, les bleus se présentèrent devant lui.
-       Sire, en ce qui nous concernent, nous voulons apprendre à faire de la bonne, de l’excellence cuisine, agrémentée des vins les plus fins afin que nos villageois aient tous les jours la joie au cœur.
Le roi était ravi.
-       Je savais que je pouvais compter sur vous et vous ne m’avez pas déçu. A chaque groupe, je vais donner un objet qui symbolisera sa mission.
Ainsi, les blancs reçurent une branche de gui, les noirs une baguette magique, les verts un pot de fleur, les rouges des lunettes (pour voir rouge !), les jaunes, des gilets et les bleus, un cordon.
Tous les groupes se surpassèrent pour réussir. Certains avec plus ou moins de succès, mais au moins, le village vivait désormais en paix.
Les bleus furent particulièrement studieux et efficaces et régalèrent tous le village de plats succulents. Ils devinrent ainsi des « cordons bleus ».
Fabienne

Exercice : les petits papiers

Une main – un pied – un œil – un ventre – une bouche – un nez – une oreille – une cuisse – une dent – un cœur – une épaule
Généreux – timide – volage – susceptible – coléreux – débrouillard – artiste – torturé – cruel – menteur – suicidaire
Chacun tire un nom (1) et un adjectif (2) et doit faire un texte avec l’adjectif qui doit se rapporter au nom tiré.

timide

Arlette était fine et élancée. Ses longs cheveux blonds cascadaient jusqu’à la naissance de ses petites fesses pommelées sculptées à la perfection par un jean bien ajusté qui mettait également en valeur deux longues jambes fuselées. lorsqu’on apercevait ses pieds délicats chaussés de vertigineuses sandales à talon aiguille, impossible de ne pas craindre la chute. Contre toute attente, Arlette, telle un mannequin de haute couture, avançait avec une grâce innée et ne semblait rencontrer aucune difficulté à cet exercice.
Autant d’atouts si ouvertement affichés ne pouvaient que déplaire aux autres femmes qui, sans la connaître vraiment lui prêtaient une frivolité extrême.  Néanmoins les apparences étaient trompeuses car sous ce look branché et sexy, voire vulgaire, Arlette cachait une timidité maladive qui lui empoisonnait l’existence. Quand un homme l’abordait, la jolie blonde perdait tous ses moyens et bafouillait lamentablement. Aussi, le plus souvent, l’aventure tournait court.
Survint un jour où le beau Maxence, objet de tous ses rêves et de ses désirs les plus fous, s’approcha d’elle et tenta d’entamer une conversation. Arlette était si émue qu’aucun mot ne pouvait franchir ses lèvres ; C’était encore mille fois pire qu’avec les autres hommes. Ne pouvant laisser passer la chance de sa vie, elle n’eut d’autres recours que d’exprimer par son corps tremblant tout l’intérêt qu’elle lui portait. Elle se pencha donc  légèrement vers  Maxence, avançant avec précaution son épaule timide jusqu’à effleurer sa chemise et lui sourit avec douceur. Il fut charmé et nullement découragé par son mutisme, décida de la revoir… la revoir très bientôt…
Patricia

claque

Elle avait la main coléreuse et tapait tout ce qui bougeait autour d’elle. Cette main ne pensait jamais à caresser, à toucher, à bercer, à soulager… non, cette main n’était là que pour cogner, frapper, taper et punir. C’était triste de la voir toujours ainsi. Mais qu’avait donc pu vivre ma mère pour avoir une main si pleine de colère ?
Fabienne

gardes

Quand le pape Benoit 69 eut ce cruel accident ,le monde entier trembla. Enfin, le Vatican trembla. Euh, seuls tremblèrent les rares touristes de la chapelle septime, celle qui jouxte l’autre, celle qui est taguée.
Le Saint père passait en revue son armée. Celle-ci était constituée de quelques Suisses venant d’un village reculé des Alpes. L’iode manquant à cette altitude, leur crétinerie atteignait des sommets.
Pour que ce défilé festif soit réussi et surtout par crainte de drônes inquisiteurs, les quatre derniers cardinaux ( S, O, N et E) décidèrent, sans en avertir son opulence, un achat somptuaire. Deux scuds portatifs. Le plus grand des crétins, pardon des Suisses, fut chargé des deux engins, un sur chaque épaule. Pour plus de commodité, ils n’avaient qu’une seule télécommande. On la fixa avec un scotch biface sur le front du grand benêt.
La procession virile démarra à l’heure canonique prévue par les astres, sur la place Saint Mars. Pierre n’était plus là !
Au dernier moment, une angoisse métaphysique étreignit le petit Suisse écrémé porteur de foudre. Où me situais-je dans ce cortège ? A la toute fin, mais c’est bien sûr, dit-il en se frappant le front. La suite est connue. Les vidéos sont encore sur FB. Les deux scuds, comme aimantés par son éminence, se dirigèrent vers Benoit qui n’eut même pas le temps de se mettre en prière. Un miracle se produisit néanmoins. Les voies des missiles sont impénétrables. Les deux fusées passèrent « ras la tiare » emportant glorieusement les deux oreilles ecclésiastiques, laissant la queue, trophée immérité. Plus de peur que de mal, hormis les taches de sang sur la soutane blanche difficiles à ravoir. Il fallut en urgence greffer des prothèses acoustiques au Saint Grand Père. On importa de Nouméa deux oreilles de roussette géante. Miracle encore, elles ne furent pas rejetées. De ce moment le prélat suprême entendit tout, y compris les échos des moindres pensées malsaines qui circulent de par le monde. Dieu, que ces oreilles étaient débrouillardes !
Bertrand

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