Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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4 décembre, 2018

Atelier d’écriture du 3 décembre 2018

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DEVOIR : 5 mots extraordinaires :

Guiderope – labile – maltôte – ophiolâtrie – biaural

chien

Le guiderope

Le guiderope est un grand chien à poils ras que vous n’aurez aucune difficulté à dresser (contrairement à beaucoup d’hommes, je ne vous apprends rien) car il est très labile  : il accepte la laisse dès son plus jeune âge.
Il est économique : point ne sera besoin de vous ruiner en croquettes coûteuses, il mange de tout sans rechigner (j’en vois plus d’une qui comprennent à quoi je fais allusion).
On le recommande  aux personnes âgées en raison de son ophiolâtrie : il remplacera avantageusement les crèmes et onguents sophistiqués car il adore lécher, particulièrement les peaux sèches et rugueuses, qui s’attendrissent sous sa langue habile…
C’est évidemment le partenaire idéal pour les femmes seules en manque d’amour qui souhaitent un compagnon tendre et dévoué à leur plaisir. Pour vous qui avez certainement connu au moins un homme dépourvu de ces qualités, le choix est évident.
De plus c’est un chien sans malice, doux et fidèle (ce qui n’est pas le cas de tous les hommes, vous le savez comme moi). Il vit plus de vingt ans, ce n’est pas lui qui vous abandonnera…
Enfin c’est le chien idéal pour les personnes allergiques et  fragiles. Il est très propre (au contraire de certains messieurs que la douche semble effrayer). Vous pourrez caresser sans inquiétude son poil lisse et doux comme une peau car il ne retient aucun acarien. Sur ce point là encore la comparaison est à son avantage.
Son seul défaut serait peut-être une tendance à la maltôte qui, avec l’âge, pourrait devenir biaurale. Il faudrait alors le confier à un vétérinaire qui pourrait améliorer son état, mais l’opération est longue, compliquée, onéreuse et hasardeuse. Je ne vous la conseille pas. Débarrassez vous plutôt de l’animal en le donnant à un ami que ce défaut n’effraiera pas (ce qu’on peut difficilement faire avec un vieil  homme devenu cacochyme, malheureusement !).
La lecture de cet article du très sérieux guide : Quel chien adopter ? dont l’auteur est la célèbre Françoise Dalta me décida. Malgré son prix exorbitant je décidai d’acheter un guiderope à poils ras…
Pour ma mère qui, la pauvre, à 90 ans, manque de câlins…
Ne m’obligez pas à avouer la vraie raison…Vous la devinez…
Huguette

 

Pere_Noel_ordure

Guy d’Europe était un petit homme vraiment antipathique. Un physique ingrat, un caractère aigri, il n’aimait rien ni personne. Il détestait tout à la fois bêtes et humains et ne semblait supporter que sa présence. Son regard torve et maltôte repoussait les âmes les plus généreuses. Fenêtres et volets étaient toujours clos dans son logis et nul ne savait ce qu’il y faisait. Quelquefois, de drôles de bruits suscitaient la curiosité chez les grands, la peur chez les petits. Quelques-uns le tenaient pour un sorcier, pratiquant l’ophiolâtrie, voire même les sacrifices et l’on chuchotait que nombre de chiens et de chats disparaissaient régulièrement près de chez lui.
La période des fêtes de fin d’année semblait le mettre particulièrement en colère. Il ne pouvait voir un sapin décoré sans le saccager. Il sortait au milieu de la nuit pour arracher et piétiner boules et guirlandes d’un air rageur, puis, satisfait, un sourire labile aux coins des lèvres s’en retournait chez lui. Un soir, il attaqua même le père Noël d’un grand magasin. Il le roua de coups, lui enleva son bel habit rouge auquel il mit le feu. Le pauvre employé, qui n’aurait jamais cru que son métier était si risqué, se retrouva à l’hôpital avec un bras cassé et un traumatisme biaural.
Guy commençait à devenir vraiment incontrôlable, alors, les parents en colère planifièrent une opération commando la nuit de Noël. On ne sut jamais ce qui arriva vraiment mais on n’entendit plus jamais parler de lui et le village retrouva son calme et sa gaieté. Une famille fut logée dans sa maison qui retentissait désormais de rires et de cris joyeux.
Fabienne

images

Après avoir un peu tergiversé, il accepta, non sans regret, la fonction de guiderope. Labile et maladroit, il envisageait avec anxiété sa première journée de travail au sein de cette immense société industrielle, une fourmilière où sa fantaisie naturelle  ne pourrait en aucun cas s’exprimer. Une petite entreprise à taille humaine lui aurait bien mieux convenu mais comment faire le difficile dans une ville où le taux de chômage battait tous les recors, d’autant que l’ophiolâtrie ambiante ne laissait aucune possibilité de dilettantisme. Alors, triste mais résigné, il avala deux comprimés de biaural et partit comme un automate vers sa nouvelle vie, imaginant par avance la maltôte qui, à coup sûr, s’en suivrait. Encore loin de la réalité, il n’était pas au bout de ses peines…
Patricia

topettes

Lui malade !

Guiderope, alias Bébert l’Arsouille, était bien pâle ce matin. Vomir presque tout le jour de la bile était malheureusement devenu une habitude depuis deux mois. Depuis lors, il prenait neuf Biaural par jour en trois prises.  Littéralement, ce médicament contre le maltôte le mettait à plat. Son médecin de famille l’avait prévenu. La guérison possible de son ophiolâtrie était à ce prix exorbitant.  Vingt topettes minimum par jour, c’était sa consommation moyenne. Au Centre ils appelaient cela des fioles, pudiquement. Quand les patients les plus sévèrement atteints se réunissaient le lundi vers 17 H 30 il faisait comme les autres. Il posait le plus discrètement possible son carafon sur la table. Georges, Arnaud et combien d’autres avaient le même geste coupable. Et il savait bien que son maltôte le reprendrait. Cela durerait toute la semaine. Ainsi, il ne pourrait écrire le texte de son devoir expiatoire que le lundi en début d’après midi, s’il pouvait le terminer…
Bertrand

Et la vraie définition de ces mots :
-       Guiderope : corde gisant sur le sol afin de freiner un aérostat pendant les manœuvres
-       Labile : qui n’est pas stable
-       Maltôte : levée d’un impôt extraordinaire
-       Ophiolâtrie : adoration des serpents
-       Biaural : qui concerne l’audition par les 2 oreilles

 

Exercice : une histoire d’amour impossible entre un rond et un carré.

Cercle

Pi au carré !

Pierre Carrée était une personne tout en angles. En angles certes, mais droits. Sa notion de l’ordre tenait de la maniaquerie. Quand il donnait un avis sur un dossier ou un collègue, celui-ci ne pouvait être que tranché, voire tranchant. Combien de têtes plus ou moins bien faites, ce politicien de haut vol avait-il guillotinées ? Cependant (ce ne pendant plus !), à chaque fois la coupure était nette, sans bavures, sans effluents ni de sang ni de salive. La victime changeait de ville, de nationalité, de vie, tel un Monsieur Hulot à la dérive, en vacances.
L’impossible se produisit. Nul ne l’aurait imaginé tant le personnage était solitaire. Sous quelque angle qu’on le regardât il était droit, c’est à dire sans aucune séduction. Seuls les travers régalent. Donc l’impossible. Pierre tomba amoureux. S’étant élevé au plus haut de la société, il ne pouvait déchoir. Ses amours furent plurielles. Lui, Carrée, s’enticha d’un cercle. Pas n’importe lequel, le premier : les quatre premiers personnages de L’État. Il lui fallait prendre place parmi cette élite parnassienne.  Son élation arriva au bon moment. De haut fonctionnaire anonyme pour les médias, il devint Premier Ministre.
Pour le rôle de sa vie il lui fallut un « nom d’artiste ». Raymond, comme Raymond Oliver dont il avait maintes fois fréquenté le restaurant à Langon. Pour le nom : Barre, le gouvernail, une barre franche sensément, pour diriger la bateau France. Cette dignité lui convint. Il s’installa et ses angles s’effacèrent. On lui dédia alors ce joli mot : un homme carré dans un corps rond.
Bertrand

Je suis un cercle, un cercle féminin. Je n’ai ni queue ni tête et ne sais qu’avancer.  Comme je n’ai pas d’oreille, on peut toujours me crier d’arrêter… La vie avec moi est un tourbillon sans fin. Pourtant, depuis peu, je sens que tout au fond de moi quelque chose a changé et que je ne tourne plus aussi rond. Dans mon cœur, (enfin, dans mon centre) tout est chamboulé. Je ressens  un délicieux émoi qui me trouble et me chavire. Je suis amoureuse ! Amoureuse d’un carré, c’est dingue, non ! Je sais, ça n’a pas de sens ! Moi, tout en courbes, lui, tout en angles, en angles égaux, en angles droits, réguliers et sans aucune fantaisie. Seulement voilà, quand il est là,  mon cœur bat, bat très fort et puis vous savez, l’amour arrondit les angles… Je suis heureuse à l’abri de ses murs qui me cernent sans me contraindre. Chacun de ses  quatre coins est un abri douillet où niche sa douceur. Je sais que,  protégée par ses hautes murailles,  indéfiniment et sans crainte, je pourrais  librement  valser. Oui c’est fou, mais l’amour vrai ne s’arrête pas à la forme et moi ce carré, je l’aime ! Je l’aime !…
Patricia

Quand grand Cercle rencontra petit Carré dans un cours de géométrie, ce fut un coup de foudre immédiat. Ils ne se quittèrent plus. Les courbes de l’un arrondissaient les angles de l’autre pendant que les lignes droites de l’autre amincissaient les rondeurs de l’un. Petit carré caressa grand Cercle qui devint vicieux… un peu.
Ils vécurent ainsi une lune de miel sans nuages. Ils s’aimaient d’un amour total, et, croyaient-ils, éternel.
Mais un jour, ce qui devait arriver arriva… Ils eurent un enfant… Et cet enfant ne ressemblait à rien, enfin, à rien de connu. Ni à un cercle, ni à un carré, ni à un trapèze ni même à un heptagone ou un dodécagone… Bref il était moche. Il n’avait ni la structure du carré, ni les courbes parfaites du cercle… et l’un et l’autre des parents n’arrêtaient pas de se faire des reproches quant à l’aspect de leur progéniture. Petit Carré n’irait pas au parc promener le gosse et grand Cercle n’irai pas le chercher à la sortie des classes, tellement ils avaient honte. La vie devint vite un enfer, surtout pour le rejeton qui se sentait, à juste titre, responsable de cette brouille.
Il n’y avait plus rien à faire, pensèrent les géniteurs qui se séparèrent.
Voyant que ses parents étaient de plus en plus tristes, l’héritier, qui n’était peut-être pas si beau que ça, mais super intelligent, inventa la quadrature du cercle.
Fabienne

 

Exercice : c’est l’histoire d’un secret que tout le monde connaissait…

un secret

Un secret, mais quel secret ? Ce n’était pas le secret de la mort, puisqu’à ce jour, personne n’était revenu pour en parler.  Ni celui de la vie qui est si compliquée.
Mais si tout le monde le connaissait, alors pourquoi était-ce un secret, me direz-vous ? Hé bien parce que c’était un secret de Polichinelle.
Fabienne

C’était un de ces petits secrets bien savoureux dont la rumeur se régale. Peu à peu, il se répandit de convive en convive. L’immense table bruissait de ces mots interdits, chuchotés avec délectation : « Il paraitrait que… », « Ma voisine m’a raconté que… », « J’en suis estomaquée, mais… ».
Le souffle de l’infamie glissait, implacable, sur la nappe sans tâche. La fenêtre était ouverte, le secret s’échappa… Toute la ville en fit des gorges chaudes et quand Monsieur le curé, au cours d’un sermon mémorable, fit référence à «  l’affaire », il lui fut inutile de trop en dire ; tout le monde avait saisit l’allusion.
Patricia

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