Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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21 décembre, 2018

Joyeux Noël 2018 !!!

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:10

Je vous souhaite une très joyeux Noël 2018 !!!

Qu’en ces temps de souffrances et d’agitation, Noël soit une trêve de bonheur en famille !!!

noel

20 décembre, 2018

Atelier d’écriture du 17 décembre 2018

Classé dans : Liens,Non classé — joie55 @ 4:49

DEVOIR : trouver une origine à l’expression « cordon bleu »

cordon

Cordon bleu

Au générique, quatre personnages en quête de hauteur, sans aucun espoir, mais arborant un sourire avantageux. La maquilleuse avait le pouvoir de blanchir les dents les plus nicotinées. L’action se déroulait dans un studio-cuisine à l‘américaine : plan de travail central avec hotte à flux laminaire. L’accessoiriste avait oublié d’éteindre la lampe chauffante ce qui donnait un ton bleu électrique à la chevelure d’Adélaïde. Bien que l’émission ait commencé, le technicien étourdi passa dans le champ pour faire cesser la lumière et la ventilation qui décoiffait la longue mèche que Fernand avait rabattue sur le sommet de son crâne. Il ne trouva pas tout de suite l’interrupteur et ronchonna sur le caractère cancérigène de ces lampes. Par pur réflexe, Luigi essuya son long nez avec un torchon. Celui-ci avait servi à écailler les huitres il y a deux semaines pendant l’émission « fruits de mer sous les tropiques». Quelques morceaux d’écailles nacrés se prirent dans ses poils de nez. Fort heureusement dit la voix off type Léon Z., les ondes hertziennes ne vous transmettent pas l’odeur qui faisait grimacer Luigi. La maquilleuse s’approcha avec un coton-tige pour récurer. Par réflexe inadapté que l’on doit attribuer au trac, Luigi lui présenta l’oreille gauche, tout en souriant à la caméra. Il avait joué pilier droit au rugby. Dans ce chou-fleur la fardeuse ne trouva pas l’orifice monaural et décida de s’abstenir. Luigi se moucha donc dans ses doigts. Nous étions bien en direct. Adélaïde, la plus expérimentée, était tirée à quatre épingles. A son âge tout espoir de se faire épingler semblait illusoire. Elle se rendit compte qu’un de ses faux ongles noir corbeau pourrait se détacher. Délicatement, en contrôle, elle glissa son index entre ses maxillaires. Une forte striction assura l’adhérence. Mais en se retirant, le doigt entraîna sur son ergot une fibre de la mangue qu’elle avait déchiquetée au dessert. Ce fut du plus bel effet : orange sur noir. Le caméraman adroit fit un gros plan. Un muscadet, dit tout haut Fernand, l’humoriste du groupe qui suivait sur l’écran de contrôle. L’image en hoqueta de plaisir. Pour la fin du générique de début, le réalisateur remit le plan général. La musique était la même que celle du feuilleton gymnaste de Véronique et Davina. Le programmateur, ingénieur du son, intendant, archiviste, script et balayeur n’avait pas eu le temps de trouver mieux et on le comprend. Il regardait un match sur TVX.
Bien répartis sur ce plan large, alignés derrière le plan de travail, nous avions nos quatre cuisiniers compétiteurs. De gauche à droite : Fernand, retraité bedonnant de 71 ans. Curieusement, la fréquentation routinière de sa cave lui avait donné un teint hâlé. A moins que la maquilleuse ait ocré sa roséole oenolique. C’était le boute-en-train de l’équipe. Son grand-père lui avait légué un recueil de blagues et il s’en tenait là. Ensuite Alix, helvéto-autrichienne, une blonde échevelée de caractère affirmé. En supposant, elle aurait pu être en fin de quarantaine, c’est dire qu’elle était célibataire. Comme elle n’était pas très grande, son décolleté imposant prenait appui sur le plan de travail. L’audimat grimpait quand elle se penchait pour remplir le verre de Fernand. A sa gauche Luigi, qu’on aurait pu nommer Aldo un demi-siècle plus tôt, quand il n’avait pas besoin de médicament pour l’ascension. A l’époque il était moniteur d’alpinisme, toujours dernier de cordée. Il assurait et rassurait les arrières. Son accent zozoteur donnait une touche exotique transalpine de bon aloi. Alix, sa voisine de droite lui provoquait un strabisme divergent mamellotrope qu’il avait du mal à corriger. Le réalisateur télé admettait ce léger défaut puisqu’il avait le même mais convergent. A l’autre extrémité, pas très loin de la dernière (extrémité), Adélaïde aurait pu être une veuve joyeuse si elle n’était vêtue de noir jusqu’au bout des ongles. Son dentier dernier modèle Villeroy et Boch avait son éclat rehaussé par un rouge à lèvres anthracite. A son grand regret l’outil masticateur comportait des espaces inter-dentaires trop larges type garde manger bonne haleine. Cette émission de télévision n’était pas son premier choix. On l’avait refusée à l’atelier de couture pour une raison foireuse : sa maladie de Parkinson. Pour l’atelier de cuisine on lui faisait sucrer les desserts.
Voilà le générique initial se termine et les présentations sont faites. Pour commencer c’est Fernand qui cause. Il aurait bien voulu garder son béret et sa baguette sous le bras, ne pas trahir (ou trahir) ses origines populaires. Le metteur en scène lui a expliqué que cela lui ferait de l’ombre. Fernand annonça la recette du jour qui, c’est amusant n’est-il pas, reprenait le titre de la série : cordon bleu, vertubleu. C’est une recette bien française souligna-t-il. Autrichienne, glapit Alix, c’est un schnitzel, une escalope à la viennoise. Pas du tout, renchérit Luigi, une escalope milanaise, lombarde. Et c’est nous qui avons placé les petits rubans bleus qui en assurent le maintien et lui donnent son nom. Adélaïde dont le grand-père était titulaire de l’ordre du Saint Esprit (cordon bleu), de St Louis (cordon rouge) ou de St Michel (cordon noir) se confisait et se confinait dans ses quartiers de noblesse en attendant de passer au quartier de viande. Tous des porcs pensait-elle, foutrebleu !
Fernand enchaina. Voyons les ingrédients. Quatre barbaques très pâles étaient placées sur des planches à découper devant les quatre impétrants pénétrés de leur rôle. De la dinde dit Alix qui s’y connaissait. Du veau comme pour tout bon Français assura Fernand. Du poulet, petta di pollo, articulait Luigi qui malaxait déjà la carne pulpeuse. Du cochon, tel qu’en vous-mêmes s’énerva Adélaïde. Comment  pourrait–on construire l’Europe avec de tels individus ?
Chacun prit délicatement la bidoche anémique et la coupa en deux dans son épaisseur. Soit façon portefeuille ou bien en deux rectangles, en deux carrés, en deux ovales. Pour chacun, selon la forme du moment.
Maintenant il était absolument nécessaire d’aplatir au maximum l’escalope. A cet effet l’accessoiriste fournit du film transparent pour envelopper sans saloper. Cela colla aux doigts gras et finit en boule pour Adélaïde. Pour écraser, les hommes choisirent le plat de longs couteaux. Alix avait opté pour le maillet et cogna dur, non-violente contrariée. La viande battue était attendrie (que Mme Robin nous pardonne). Fernand n’eut pas le courage d’en plaisanter. Alix tint toujours fermement son maillet.
Ce fut le moment de découper le jambon à la bonne dimension, c’est à dire un peu plus petit que la viande. Du jambon à l’os s’écria l’osseuse Adélaïde, du prosciutto di Parma s’agaça Luigi. Pour Fernand ce ne put être que du jambon de Paris. Vous n’y connaissez rien. Le plus goûteux c’est le jambon cuit dans l’asphalte saliva Alix, en tranches épaisses de près d’un centimètre ainsi qu’on le sert à Fribourg.
Enfin le fromage. Il n’est de gruyère que de Suisse chanta à la cantonade Alix, dont le maillet n’était pas loin. Et sans trous je vous prie. C’est un fromage, pas un golf, sacrebleu. Personne n’en contrevint, parbleu.
Fernand, qui n’avait pas compris le trait d’esprit d’Alix, replia soigneusement son cordon, vertubleu. Chacun faisait son chausson et ils furent parfaits. Sauf celui d’Adélaïde dont le fromage dépassait. On n’avait pas osé  lui confier d’arme blanche pour enlever le superflu. A la rigueur pour hacher menu des oignons.
Deux assiettes avaient été préparées à l’avance par l’accessoiriste prévoyant. Les œufs battus qu’Alix rebattit vaillamment. La panure de vieux pain et non de biscottes comme le regrettait Adélaïde. « Manque la farine » jappa Fernand le bienheureux. Les autres furent contrariés de cet ajout sacrilège. Néanmoins le machiniste présenta une assiette de recoupette sous le nez de l’exigeant. Fernand poussa un long soupir de soulagement créant un brouillard que seules les caméras de télévision pouvaient percer.
Quatre poêles avaient été préchauffées.  On fit les divers trempages, deux ou trois et la cuisson débuta dans de joyeuses fricasseries. Le temps de friture était variable selon que la chair d’escalope était faible ou non. Fernand exigea une cuisson intermédiaire au four, pour cuire à cœur, dit-il pompeusement. Cela provoqua un retard et il ne put montrer son œuvre culinaire qu’après la fin de l’émission, soit hors délai, ce qui lui valut le cordon noir. Luigi était ravi. Son cordon bleu était doré même si l‘intérieur du poulet était rosé. Stupeur et tremblement. Le cordon bleu d’Adélaïde n’était même pas bleu. Pas cuit du tout car un geste spastique tumultueux avait, dès le début, projeté l’objet de ses soins hors de la poêle, jusque sous le fauteuil du régisseur. Heureusement il n’est pas tombé coté confiture ironisa Fernand que la défaite avait aigri. Alix savait depuis le début qu’elle était la meilleure au schnitzel. A la manière d’un footballeur de la Nati elle brandit très haut son assiette de cordon bleu. Puis après avoir reposé son escalope à la viennoise, elle frappa trois coups de maillet : victoire adjugée !
La musique de Véronique et Davina clôtura la fête. Cependant nous ne vous montrerons pas nos quatre protagonistes sous la douche. En profond désaccord sur la qualité de leurs œuvres ils refusèrent de la prendre ensemble.
Il est possible que les téléspectateurs de la chaine de TV locale Bernheim aient été intéressés, s’il y en eut.
Bertrand

Le-Cordon-Bleu

Il y a fort fort longtemps, dans le royaume du roi Jean, c’était un peu la pagaille. Et cette pagaille venait des jeunes. Ils étaient désœuvrées à longueur de journée et tout était prétexte pour faire un mauvais coup, ou simplement pour rigoler. Les habitants n’en pouvaient plus et le roi ne savait plus à quel saint se vouer pour faire cesser les actions de ces petits voyous. Il fit venir son conseiller particulier qui ne lui proposa rien qui lui convint. En désespoir de cause, il alla voir sa vieille nounou qui était toujours pleine de bon sens.
-       Sire, si les jeunes font autant de coups pendables, c’est qu’ils s’ennuient. Il convient donc de leur trouver des occupations qui leur plaisent, leur donnent le sens des responsabilités et les valorisent. Tout d’abord, tu devrais les mettre en concurrence pour qu’ils essayent de se surpasser. Fais donc des groupes et demande-leur de faire des choses extraordinaires.
Le roi trouva cette idée excellente et, après avoir bien réfléchi convoqua tous ses sujets dans la cour du château.
-       Mon bon peuple, si je vous ai convoqué ce soir, c’est pour vous annoncer que nos jeunes devront accomplir des missions de la plus haute importance pour le bien de tout le village.
Les jeunes, habitués à ce qu’on les gronde, les rabroue ou les punisse trouvèrent ce nouveau discours à leur goût.
-       Tout d’abord, vous allez former six groupes.
Les jeunes se regroupèrent par affinité, ce qui était nouveau aussi, car on avait plutôt tendance à les séparer.
-       Il y aura le groupe blanc, le noir, le jaune, le rouge, le vert et le bleu. Chaque groupe devra trouver et sa mission. Je vous laisse jusqu’à demain soir pour y réfléchir.

Le lendemain, le petit village fut très calme et chacun put vaquer en toute quiétude à ses activités. Dans tous les coins, il y avait des groupes de jeunes qui discutaient passionnément et les habitants commencèrent eux aussi à trouver l’idée géniale.
Le soir, tous se retrouvèrent à nouveau réunis. Les six groupes étaient là, attendant bien sagement. Ils étaient tous vêtus à leur couleur.
Le chef du groupe blanc s’avança.
-       Sire, ce que nous allons faire, c’est de la magie blanche. Nous partirons dans la forêt voir les anciens druides afin qu’ils nous expliquent les plantes bonnes à soigner et les sortilèges de bonheur et de joie.
Le roi était content :
-       C’est une très bonne idée ! Nous avons besoin de soigneurs et de joie ici !
Le chef du groupe noir vint à son tour :
-       Sire, nous, nous apprendrons à repousser les forces obscures. Dès demain, nous partirons voir la Fée du lac et nous y resterons jusqu’à ce que nous puissions rendre le village imperméable aux mauvais sorts
Puis ce fut le tour des verts :
-       Sire, nous, nous apprendrons à soigner la nature, à faire pousser des légumes, des fruits et des plantes afin que le village n’ait plus jamais faim.
-       J’avoue que vous m’impressionnez !
Les jaunes, quant à eux proposèrent :
-       Nous avons bien observé le royaume, Sire, et sans vous faire offense, nous avons remarqué que vous seul êtes habilité à prendre des décisions, certes avec des conseillers, mais ces conseillers quelquefois ne vous conseillent pas bien. Aussi, avons-nous décidé de nous former à la chose publique, d’écouter les doléances et les souhaits du peuple et de vous en faire part afin que chacun puisse vivre plus heureux.
Le roi tiqua un peu, mais accepta malgré tout.
Puis vinrent les rouges :
-       Sire, si vous le voulez bien, nous serons votre armée. Nous défendrons notre village des envahisseurs. Nous allons nous former au métier des armes. Nous avons avec nous les deux fils du forgeron qui nous apprendrons à fabriquer des épées.
Le roi était très content car ses gardes avaient plus le goût de la chopine et des jupons que celui de la guerre.
Enfin, les bleus se présentèrent devant lui.
-       Sire, en ce qui nous concernent, nous voulons apprendre à faire de la bonne, de l’excellence cuisine, agrémentée des vins les plus fins afin que nos villageois aient tous les jours la joie au cœur.
Le roi était ravi.
-       Je savais que je pouvais compter sur vous et vous ne m’avez pas déçu. A chaque groupe, je vais donner un objet qui symbolisera sa mission.
Ainsi, les blancs reçurent une branche de gui, les noirs une baguette magique, les verts un pot de fleur, les rouges des lunettes (pour voir rouge !), les jaunes, des gilets et les bleus, un cordon.
Tous les groupes se surpassèrent pour réussir. Certains avec plus ou moins de succès, mais au moins, le village vivait désormais en paix.
Les bleus furent particulièrement studieux et efficaces et régalèrent tous le village de plats succulents. Ils devinrent ainsi des « cordons bleus ».
Fabienne

Exercice : les petits papiers

Une main – un pied – un œil – un ventre – une bouche – un nez – une oreille – une cuisse – une dent – un cœur – une épaule
Généreux – timide – volage – susceptible – coléreux – débrouillard – artiste – torturé – cruel – menteur – suicidaire
Chacun tire un nom (1) et un adjectif (2) et doit faire un texte avec l’adjectif qui doit se rapporter au nom tiré.

timide

Arlette était fine et élancée. Ses longs cheveux blonds cascadaient jusqu’à la naissance de ses petites fesses pommelées sculptées à la perfection par un jean bien ajusté qui mettait également en valeur deux longues jambes fuselées. lorsqu’on apercevait ses pieds délicats chaussés de vertigineuses sandales à talon aiguille, impossible de ne pas craindre la chute. Contre toute attente, Arlette, telle un mannequin de haute couture, avançait avec une grâce innée et ne semblait rencontrer aucune difficulté à cet exercice.
Autant d’atouts si ouvertement affichés ne pouvaient que déplaire aux autres femmes qui, sans la connaître vraiment lui prêtaient une frivolité extrême.  Néanmoins les apparences étaient trompeuses car sous ce look branché et sexy, voire vulgaire, Arlette cachait une timidité maladive qui lui empoisonnait l’existence. Quand un homme l’abordait, la jolie blonde perdait tous ses moyens et bafouillait lamentablement. Aussi, le plus souvent, l’aventure tournait court.
Survint un jour où le beau Maxence, objet de tous ses rêves et de ses désirs les plus fous, s’approcha d’elle et tenta d’entamer une conversation. Arlette était si émue qu’aucun mot ne pouvait franchir ses lèvres ; C’était encore mille fois pire qu’avec les autres hommes. Ne pouvant laisser passer la chance de sa vie, elle n’eut d’autres recours que d’exprimer par son corps tremblant tout l’intérêt qu’elle lui portait. Elle se pencha donc  légèrement vers  Maxence, avançant avec précaution son épaule timide jusqu’à effleurer sa chemise et lui sourit avec douceur. Il fut charmé et nullement découragé par son mutisme, décida de la revoir… la revoir très bientôt…
Patricia

claque

Elle avait la main coléreuse et tapait tout ce qui bougeait autour d’elle. Cette main ne pensait jamais à caresser, à toucher, à bercer, à soulager… non, cette main n’était là que pour cogner, frapper, taper et punir. C’était triste de la voir toujours ainsi. Mais qu’avait donc pu vivre ma mère pour avoir une main si pleine de colère ?
Fabienne

gardes

Quand le pape Benoit 69 eut ce cruel accident ,le monde entier trembla. Enfin, le Vatican trembla. Euh, seuls tremblèrent les rares touristes de la chapelle septime, celle qui jouxte l’autre, celle qui est taguée.
Le Saint père passait en revue son armée. Celle-ci était constituée de quelques Suisses venant d’un village reculé des Alpes. L’iode manquant à cette altitude, leur crétinerie atteignait des sommets.
Pour que ce défilé festif soit réussi et surtout par crainte de drônes inquisiteurs, les quatre derniers cardinaux ( S, O, N et E) décidèrent, sans en avertir son opulence, un achat somptuaire. Deux scuds portatifs. Le plus grand des crétins, pardon des Suisses, fut chargé des deux engins, un sur chaque épaule. Pour plus de commodité, ils n’avaient qu’une seule télécommande. On la fixa avec un scotch biface sur le front du grand benêt.
La procession virile démarra à l’heure canonique prévue par les astres, sur la place Saint Mars. Pierre n’était plus là !
Au dernier moment, une angoisse métaphysique étreignit le petit Suisse écrémé porteur de foudre. Où me situais-je dans ce cortège ? A la toute fin, mais c’est bien sûr, dit-il en se frappant le front. La suite est connue. Les vidéos sont encore sur FB. Les deux scuds, comme aimantés par son éminence, se dirigèrent vers Benoit qui n’eut même pas le temps de se mettre en prière. Un miracle se produisit néanmoins. Les voies des missiles sont impénétrables. Les deux fusées passèrent « ras la tiare » emportant glorieusement les deux oreilles ecclésiastiques, laissant la queue, trophée immérité. Plus de peur que de mal, hormis les taches de sang sur la soutane blanche difficiles à ravoir. Il fallut en urgence greffer des prothèses acoustiques au Saint Grand Père. On importa de Nouméa deux oreilles de roussette géante. Miracle encore, elles ne furent pas rejetées. De ce moment le prélat suprême entendit tout, y compris les échos des moindres pensées malsaines qui circulent de par le monde. Dieu, que ces oreilles étaient débrouillardes !
Bertrand

12 décembre, 2018

La Fête de l’atelier – 10 décembre 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:28

Prenez des amis géniaux, de bons petits plats, d’excellents vins ou Champagne et vous aurez une soirée TRÈS TRÈS RÉUSSIE !!!!

Au fond, Arnaud et Hélène, puis Bertrand et Patricia. De dos, Françoise et un bout de Marie-Hèlène

Au fond, Arnaud et Hélène, puis Bertrand et Patricia. De dos, Françoise et un bout de Marie-Hèlène

 

Au fond, Chloé, Huguette, magnifique et un morceau de Lucile sur fond de superbe coucher de soleil !

Au fond, Chloé, Huguette, magnifique et un morceau de Lucile sur fond de superbe coucher de soleil !

 

Là, on voit mieux Marie-Hélène et Françoise toujours de dos !

Là, on voit mieux Marie-Hélène et Françoise toujours de dos !

Un petit morceau de Loup, et tous les autres occupés à manger de bonnes choses !!!

Un petit morceau de Loup, et tous les autres occupés à manger de bonnes choses !!!

Un magnifique cadeau pour moi !!! Ils sont trop gentils mes amis !!! Zut, je m'aperçois que j'ai oublié de mettre la boite de chocolats !

Un magnifique cadeau pour moi !!! Ils sont trop gentils mes amis !!! Zut, je m’aperçois que j’ai oublié de mettre la boite de chocolats !

On n’a pas beaucoup travaillé !!! Forcément, pas le temps, mais on a quand même fait le devoir !!! (enfin, certains…)

DEVOIR : Tous les participants doivent écrire un conte de Noël se terminant par : « c’est vraiment une ordure ».

le-pere-noel

C’est vraiment une ordure !

En cette fin d’année 1980, le père Noël était dans une fureur paroxystique ! Un film venait tout juste de sortir, un film dont tous les enfants parlaient, qui les faisait rire aux larmes, et ce film c’était « le père Noël est une ordure ». Et quand le pauvre père Noël avait lu les lettres qu’on lui adressait, il avait constaté avec horreur que 89% des commandes  étaient le DVD de ce film…
Une telle offense était intolérable. Il en voulait à la terre entière : le réalisateur, les acteurs, les spectateurs, les parents et les enfants. Surtout les enfants !
Autrefois, se disait-il, jamais aucun bambin n’aurait osé prononcer cette phrase : « le père Noël est une ordure ». Autrefois, ah ! Autrefois, les parents savaient éduquer leurs enfants, perpétuer les belles croyances… On l’aimait et on le respectait, même quand on ne croyait plus en lui… C’était le bon temps, celui où dans chaque foyer, l’attendait un biscuit, un bol de lait chaud, un petit cadeau, une délicate attention.
Cet affront causa un tel bouleversement dans sa pauvre vieille tête qu’il en perdit la boule.
AH ! AH! Ils allaient voir ! On voulait le tourner en dérision, l’humilier, et bien rirait bien qui rirait le dernier, de dit-il en enfilant sa houppelande qu’il avait teinte en noir et en sautant dans son traineau. Les rennes ne le reconnurent pas et s’emballèrent, parcourant le ciel en zigzaguant à la vitesse de la lumière… Les quelques personnes qui levèrent la tête ce soir-là virent des éclairs zébrant les ténèbres d’une inquiétante manière tandis que les sabots des rennes martelaient la nuit  dans un vacarme infernal.
Le père Noël avait rameuté tous les lutins à son service et ils faisaient leur possible pour le suivre dans sa sarabande. Ils avaient pour mission de récupérer tous les jouets que tous les parents déposaient désormais sous l’arbre puisque aucun ne faisait plus confiance au vieux bonhomme. Pas un ne leur échappa, aucun foyer, aucune cabane, aucune hutte, même la plus pauvre…
Alors le père Noël, sous ces sapins vides, déposa une crotte de renne sur laquelle sa carte de visite était plantée. Tous les foyers, toutes les cabanes, même la plus pauvre  hutte, y eurent droit !
Puis il remonta chez lui pour tranquillement siroter un whisky de douze ans d’âge en savourant par avance  la sidération des enfants et leur déception. Il riait aux éclats en imaginant leurs bouilles en larmes…
Vous vous demandez ce qu’il fit de tous ces jouets collectés ? Vous croyez peut-être qu’il les distribua aux pauvres, aux sans abri, aux sans rien ? Que nenni ! Il les écrabouilla tous pour en faire des sculptures post-modernes qui allaient rivaliser avec celles de César.
Ce père Noël-là n’était ni Zorro ni Robin des bois, ce n’était pas un justicier, c’était vraiment une ordure !
Huguette

fauteuil

Ordure !

Non ! Ne me regardez pas. Je suis ignoble, repoussant. Non, vous-ais-je dit. Or çà, vous n’avez pas pu vous en empêcher. L’abjection attire le regard, puis les commentaires.
Jadis, j’étais beau. Le dos large, les bras puissants, les pieds délicats. J’avais un certain style. S’il fallait se sentir distingué, on me préférait. Voyez le désastre. Qui me reconnaîtrait ? Toutes mes anciennes photographies ont été détruites. Je suis hideux, sordide. Vous continuez de me contempler ? Vous avez l’esprit bien sadique. Ne ressentez-vous pas l’infamie ? Je ne suis plus qu’une balayure, une rognure, un coprolithe… Le pire est que celui qui m’a transformé en immondice en est fier.
Quelques heures, quelques jours, quelques mois plus tard. On ne sait, le temps ne s’écoule plus vraiment dans le monde de la laideur.
Je vis un rêve, un conte de fée ! Corice, ma belle marraine s’est penchée sur moi, du moins sur ce qu’il en reste. Étant son filleul, elle m’a trouvé un formidable prénom : Ulysse. Elle m’a promis que je serais célèbre, que je voyagerais beaucoup et pas seulement parmi les îles grecques. Étrangement, mais je ne lui en veux pas, elle aime beaucoup mon tourmenteur. Elle le désigne à tous comme Arman, mon amant. Elle l’a convaincu qu’il devait me montrer à tous, surtout dans cet état. Si vous saviez comme elle est belle. J’aurais tant aimé qu’elle me chevauche. Je sais pourtant que je ne partagerai pas son intimité, et pour cause.
Voilà ! C’est décidé. Mon phantasme, mon délire ambitieux se réalise. Nous partons tous pour Paris. Demain, par avion spécial, tout confort en première classe, dans la ouate. A l’abri du moindre accroc, du moindre choc. Je n’aurais jamais imaginé cela. Après m’avoir rendu immonde et même turpide, on veut maintenant me conserver in integrum. La moindre poussière nuirait à mon image. Quelle ironie !
Haut les cœurs ! Je vais être célèbre. Le clou de la revue, au centre de toutes les attentions, pendant trois mois. La plus belle salle, la plus vaste, nous sera réservée. Des dizaines, des centaines, des milliers d’amateurs, de curieux, d’intellectuels, d’esthètes passeront et repasseront devant le cube de verre transparent où je trônerai. Je lirai tout de leurs expressions. La surprise, le dégout, l’ironie, la peur, l’admiration, la réflexion, l’interrogation, jusqu’à l’extase métaphysique. Toutes les célébrités viendront faire leur cinéma devant moi. Cela va-t-il me rendre plus beau ? Si vous êtes affreux jusqu’au méprisable et qu’une seule personne au monde vous dise que vous êtes beau. Alors, alors…
Cette exposition des œuvres d’Arman terminera l’année 2010 au Centre Pompidou. Elle s’intitulera « Poubelles » au pluriel. J’en serai la star, moi Ulysse, le fauteuil cassé et carbonisé, coulé dans la résine noire, pour les siècles des siècles. Je vais choquer le bourgeois qui est en vous.
Quand vous sortirez de Beaubourg, je suis sûr que vous vous poserez la question : « c’était vraiment une ordure ? »
Bertrand

Il était une fois, très très loin dans le pays du froid et des glaces éternelles, un petit lutin qui s’appelait  Balthazar. Balthazar était un lutin mais un lutin très méchant qui ne pensait qu’à embêter les autres et à créer des disputes. C’est vrai que quand on connaissait un peu ses  histoires de famille on comprenait  pourquoi il était toujours, toujours en colère mais quand même, il était vraiment très méchant !
Ainé d’une fratrie de douze enfants, il avait dû aider sa pauvre maman, toujours dépressive et fatiguée,  à élever ses frères et sœurs car son père, ivrogne notoire ne travaillait guère et buvait toute sa paye.  Cet homme était si violent que lorsqu’il tabassait femme et enfants, il ne s’arrêtait  qu’à la vue  du sang giclant sur les murs  et, évidemment, quand il avait trop trop bu (ce qui arrivait quasiment toutes les fins de semaine), il ne distinguait plus filles ou garçons et violait au hasard, selon ses capacités, un ou  deux  membres  de sa famille.
Bien évidemment, ayant grandi dans cette ambiance délétère, la faim au ventre et la rage au  fond de l’âme il ne fallait pas s’attendre à en faire un enfant de cœur mais quand même Balthazar  était devenu très très méchant !
Une année, en souvenir de tous ces noëls qu’il n’avait pas fêtés, il décida de frapper un grand coup en cette période de joie et de ripaille qu’il exécrait.  Il prit donc la plume (en fait l’ordinateur parce qu’il était moderne et que ça allait beaucoup plus vite) et adressa un mail à tous les parents  les informant des difficultés exceptionnelles d’approvisionnement en jouets suite à de brusques avaries sur les chaines de montage des usines chinoises et indiennes. Les prix allaient donc monter en flèches d’autant que, compte-tenu de la pénurie, les jouets fabriqués dans les autres pays seraient également hors de prix. Avec ces fausses informations il espérait créer des mouvements de foule impossibles à gérer  et mettre le bazar  dans toutes les villes. Emporté par son désir de vengeance, Balthazar ne pouvait s’en tenir  à si peu de choses. Il fit donc courir d’abominables rumeurs : les jouets restant sur le marché seraient tous de piètre qualité et même dangereux.  Il paraitrait qu’on ait pu constater d’importantes  émanations toxiques dues à  certains composants. Des enfants auraient été hospitalisés… certains seraient même morts dans d’atroces souffrances… Quand aux petits enfants on leur révéla, sans ménagement, que leurs géniteurs étaient de fieffés menteurs. Cette histoire de père Noël n’était qu’une intox destinée à les berner et à tenter de les assagir.  Bref ! On les avait pris pour de sombres idiots ; il ne fallait donc faire confiance à personne et surtout pas aux parents, ces créatures malfaisantes qui infligeaient des punitions et limitaient les heures d’accès aux jeux vidéo. Comme balthazar l’avait espéré, ce fut une belle pagaille et un scandale mémorable !
Hélas ! Malgré  cette brillante action coup de poing destinée à lui servir d’exutoire, notre petit lutin méchant s’étouffait toujours dans sa rancœur. Ne connaissant rien aux vertus apaisantes du pardon et de la gentillesse, il ne pensait toujours qu’à nuire et à faire souffrir tous ceux qui avaient le malheur de s’approcher de lui. Avec les années, de grise son âme devint aussi noire et aussi sèche qu’un morceau de charbon. Le changer relevait désormais de la pure utopie et on pouvait dire sans exagérer qu’à présent, c’était vraiment une ordure.
Patricia

gilets-jaunes

Cette année, le Père Noël avait troqué son bel habit rouge contre un gilet jaune. Il fut évidemment tout de suite arrêté par la police… pour outrage aux bonnes mœurs : il pensait que le gilet jaune était suffisant et ne portait donc rien au-dessous.
Il fut relâché dans la journée, les policiers ayant, en ces temps incertains, d’autres chats à fouetter. Toutefois, ne pouvant le laisser filer ainsi, ils lui dénichèrent une jupe de policière. Il n’y avait plus un seul pantalon.
Le Père Noël, désœuvré et ne sachant comment occuper cet après-midi de décembre, entra dans un bar. Sûr que, s’il avait voulu, il aurait eu plein de travail ; c’était normalement la période où il faisait le plus d’heures supplémentaires. Mais là, il n’avait de goût à rien. Ce n’était vraiment pas une sinécure son métier : ne rien foutre de toute l’année, sauf surveiller ces imbéciles d’elfes qui bossaient pour lui, dans un coin paumé et glacial où il n’avait aucun voisin ou ami à la ronde, pas même un petit troquet. Alors, il trainait sur son canapé rouge en s’apitoyant sur son sort tout en dévorant des chocolats (d’où son embonpoint). Et puis, en une seule nuit, travailler comme un forcené, il en avait vraiment marre ! C’est pour ça, qu’intentionnellement, il mélangeait les cadeaux et refilaient des trucs vraiment pourris juste pour se marrer.
Alors, quand il poussa la porte du bar, il avait juste envie de faire la fête et de rigoler avec des potes. Sauf qu’il avait oublié qu’il était en jupe. Les types, déjà passablement éméchés, commencèrent par le charrier puis tentèrent de l’embrasser, tout en laissant égarer leurs mains sales sous sa jupe. Alors là, le Père Noël vit rouge et se mit à leur taper dessus, mais il eut vite le dessous car ils étaient nombreux. Ils le jetèrent ensuite dans le caniveau en disant « c’est vraiment une ordure » tout en lui crachant dessus.
Fabienne

4 décembre, 2018

Atelier d’écriture du 3 décembre 2018

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DEVOIR : 5 mots extraordinaires :

Guiderope – labile – maltôte – ophiolâtrie – biaural

chien

Le guiderope

Le guiderope est un grand chien à poils ras que vous n’aurez aucune difficulté à dresser (contrairement à beaucoup d’hommes, je ne vous apprends rien) car il est très labile  : il accepte la laisse dès son plus jeune âge.
Il est économique : point ne sera besoin de vous ruiner en croquettes coûteuses, il mange de tout sans rechigner (j’en vois plus d’une qui comprennent à quoi je fais allusion).
On le recommande  aux personnes âgées en raison de son ophiolâtrie : il remplacera avantageusement les crèmes et onguents sophistiqués car il adore lécher, particulièrement les peaux sèches et rugueuses, qui s’attendrissent sous sa langue habile…
C’est évidemment le partenaire idéal pour les femmes seules en manque d’amour qui souhaitent un compagnon tendre et dévoué à leur plaisir. Pour vous qui avez certainement connu au moins un homme dépourvu de ces qualités, le choix est évident.
De plus c’est un chien sans malice, doux et fidèle (ce qui n’est pas le cas de tous les hommes, vous le savez comme moi). Il vit plus de vingt ans, ce n’est pas lui qui vous abandonnera…
Enfin c’est le chien idéal pour les personnes allergiques et  fragiles. Il est très propre (au contraire de certains messieurs que la douche semble effrayer). Vous pourrez caresser sans inquiétude son poil lisse et doux comme une peau car il ne retient aucun acarien. Sur ce point là encore la comparaison est à son avantage.
Son seul défaut serait peut-être une tendance à la maltôte qui, avec l’âge, pourrait devenir biaurale. Il faudrait alors le confier à un vétérinaire qui pourrait améliorer son état, mais l’opération est longue, compliquée, onéreuse et hasardeuse. Je ne vous la conseille pas. Débarrassez vous plutôt de l’animal en le donnant à un ami que ce défaut n’effraiera pas (ce qu’on peut difficilement faire avec un vieil  homme devenu cacochyme, malheureusement !).
La lecture de cet article du très sérieux guide : Quel chien adopter ? dont l’auteur est la célèbre Françoise Dalta me décida. Malgré son prix exorbitant je décidai d’acheter un guiderope à poils ras…
Pour ma mère qui, la pauvre, à 90 ans, manque de câlins…
Ne m’obligez pas à avouer la vraie raison…Vous la devinez…
Huguette

 

Pere_Noel_ordure

Guy d’Europe était un petit homme vraiment antipathique. Un physique ingrat, un caractère aigri, il n’aimait rien ni personne. Il détestait tout à la fois bêtes et humains et ne semblait supporter que sa présence. Son regard torve et maltôte repoussait les âmes les plus généreuses. Fenêtres et volets étaient toujours clos dans son logis et nul ne savait ce qu’il y faisait. Quelquefois, de drôles de bruits suscitaient la curiosité chez les grands, la peur chez les petits. Quelques-uns le tenaient pour un sorcier, pratiquant l’ophiolâtrie, voire même les sacrifices et l’on chuchotait que nombre de chiens et de chats disparaissaient régulièrement près de chez lui.
La période des fêtes de fin d’année semblait le mettre particulièrement en colère. Il ne pouvait voir un sapin décoré sans le saccager. Il sortait au milieu de la nuit pour arracher et piétiner boules et guirlandes d’un air rageur, puis, satisfait, un sourire labile aux coins des lèvres s’en retournait chez lui. Un soir, il attaqua même le père Noël d’un grand magasin. Il le roua de coups, lui enleva son bel habit rouge auquel il mit le feu. Le pauvre employé, qui n’aurait jamais cru que son métier était si risqué, se retrouva à l’hôpital avec un bras cassé et un traumatisme biaural.
Guy commençait à devenir vraiment incontrôlable, alors, les parents en colère planifièrent une opération commando la nuit de Noël. On ne sut jamais ce qui arriva vraiment mais on n’entendit plus jamais parler de lui et le village retrouva son calme et sa gaieté. Une famille fut logée dans sa maison qui retentissait désormais de rires et de cris joyeux.
Fabienne

images

Après avoir un peu tergiversé, il accepta, non sans regret, la fonction de guiderope. Labile et maladroit, il envisageait avec anxiété sa première journée de travail au sein de cette immense société industrielle, une fourmilière où sa fantaisie naturelle  ne pourrait en aucun cas s’exprimer. Une petite entreprise à taille humaine lui aurait bien mieux convenu mais comment faire le difficile dans une ville où le taux de chômage battait tous les recors, d’autant que l’ophiolâtrie ambiante ne laissait aucune possibilité de dilettantisme. Alors, triste mais résigné, il avala deux comprimés de biaural et partit comme un automate vers sa nouvelle vie, imaginant par avance la maltôte qui, à coup sûr, s’en suivrait. Encore loin de la réalité, il n’était pas au bout de ses peines…
Patricia

topettes

Lui malade !

Guiderope, alias Bébert l’Arsouille, était bien pâle ce matin. Vomir presque tout le jour de la bile était malheureusement devenu une habitude depuis deux mois. Depuis lors, il prenait neuf Biaural par jour en trois prises.  Littéralement, ce médicament contre le maltôte le mettait à plat. Son médecin de famille l’avait prévenu. La guérison possible de son ophiolâtrie était à ce prix exorbitant.  Vingt topettes minimum par jour, c’était sa consommation moyenne. Au Centre ils appelaient cela des fioles, pudiquement. Quand les patients les plus sévèrement atteints se réunissaient le lundi vers 17 H 30 il faisait comme les autres. Il posait le plus discrètement possible son carafon sur la table. Georges, Arnaud et combien d’autres avaient le même geste coupable. Et il savait bien que son maltôte le reprendrait. Cela durerait toute la semaine. Ainsi, il ne pourrait écrire le texte de son devoir expiatoire que le lundi en début d’après midi, s’il pouvait le terminer…
Bertrand

Et la vraie définition de ces mots :
-       Guiderope : corde gisant sur le sol afin de freiner un aérostat pendant les manœuvres
-       Labile : qui n’est pas stable
-       Maltôte : levée d’un impôt extraordinaire
-       Ophiolâtrie : adoration des serpents
-       Biaural : qui concerne l’audition par les 2 oreilles

 

Exercice : une histoire d’amour impossible entre un rond et un carré.

Cercle

Pi au carré !

Pierre Carrée était une personne tout en angles. En angles certes, mais droits. Sa notion de l’ordre tenait de la maniaquerie. Quand il donnait un avis sur un dossier ou un collègue, celui-ci ne pouvait être que tranché, voire tranchant. Combien de têtes plus ou moins bien faites, ce politicien de haut vol avait-il guillotinées ? Cependant (ce ne pendant plus !), à chaque fois la coupure était nette, sans bavures, sans effluents ni de sang ni de salive. La victime changeait de ville, de nationalité, de vie, tel un Monsieur Hulot à la dérive, en vacances.
L’impossible se produisit. Nul ne l’aurait imaginé tant le personnage était solitaire. Sous quelque angle qu’on le regardât il était droit, c’est à dire sans aucune séduction. Seuls les travers régalent. Donc l’impossible. Pierre tomba amoureux. S’étant élevé au plus haut de la société, il ne pouvait déchoir. Ses amours furent plurielles. Lui, Carrée, s’enticha d’un cercle. Pas n’importe lequel, le premier : les quatre premiers personnages de L’État. Il lui fallait prendre place parmi cette élite parnassienne.  Son élation arriva au bon moment. De haut fonctionnaire anonyme pour les médias, il devint Premier Ministre.
Pour le rôle de sa vie il lui fallut un « nom d’artiste ». Raymond, comme Raymond Oliver dont il avait maintes fois fréquenté le restaurant à Langon. Pour le nom : Barre, le gouvernail, une barre franche sensément, pour diriger la bateau France. Cette dignité lui convint. Il s’installa et ses angles s’effacèrent. On lui dédia alors ce joli mot : un homme carré dans un corps rond.
Bertrand

Je suis un cercle, un cercle féminin. Je n’ai ni queue ni tête et ne sais qu’avancer.  Comme je n’ai pas d’oreille, on peut toujours me crier d’arrêter… La vie avec moi est un tourbillon sans fin. Pourtant, depuis peu, je sens que tout au fond de moi quelque chose a changé et que je ne tourne plus aussi rond. Dans mon cœur, (enfin, dans mon centre) tout est chamboulé. Je ressens  un délicieux émoi qui me trouble et me chavire. Je suis amoureuse ! Amoureuse d’un carré, c’est dingue, non ! Je sais, ça n’a pas de sens ! Moi, tout en courbes, lui, tout en angles, en angles égaux, en angles droits, réguliers et sans aucune fantaisie. Seulement voilà, quand il est là,  mon cœur bat, bat très fort et puis vous savez, l’amour arrondit les angles… Je suis heureuse à l’abri de ses murs qui me cernent sans me contraindre. Chacun de ses  quatre coins est un abri douillet où niche sa douceur. Je sais que,  protégée par ses hautes murailles,  indéfiniment et sans crainte, je pourrais  librement  valser. Oui c’est fou, mais l’amour vrai ne s’arrête pas à la forme et moi ce carré, je l’aime ! Je l’aime !…
Patricia

Quand grand Cercle rencontra petit Carré dans un cours de géométrie, ce fut un coup de foudre immédiat. Ils ne se quittèrent plus. Les courbes de l’un arrondissaient les angles de l’autre pendant que les lignes droites de l’autre amincissaient les rondeurs de l’un. Petit carré caressa grand Cercle qui devint vicieux… un peu.
Ils vécurent ainsi une lune de miel sans nuages. Ils s’aimaient d’un amour total, et, croyaient-ils, éternel.
Mais un jour, ce qui devait arriver arriva… Ils eurent un enfant… Et cet enfant ne ressemblait à rien, enfin, à rien de connu. Ni à un cercle, ni à un carré, ni à un trapèze ni même à un heptagone ou un dodécagone… Bref il était moche. Il n’avait ni la structure du carré, ni les courbes parfaites du cercle… et l’un et l’autre des parents n’arrêtaient pas de se faire des reproches quant à l’aspect de leur progéniture. Petit Carré n’irait pas au parc promener le gosse et grand Cercle n’irai pas le chercher à la sortie des classes, tellement ils avaient honte. La vie devint vite un enfer, surtout pour le rejeton qui se sentait, à juste titre, responsable de cette brouille.
Il n’y avait plus rien à faire, pensèrent les géniteurs qui se séparèrent.
Voyant que ses parents étaient de plus en plus tristes, l’héritier, qui n’était peut-être pas si beau que ça, mais super intelligent, inventa la quadrature du cercle.
Fabienne

 

Exercice : c’est l’histoire d’un secret que tout le monde connaissait…

un secret

Un secret, mais quel secret ? Ce n’était pas le secret de la mort, puisqu’à ce jour, personne n’était revenu pour en parler.  Ni celui de la vie qui est si compliquée.
Mais si tout le monde le connaissait, alors pourquoi était-ce un secret, me direz-vous ? Hé bien parce que c’était un secret de Polichinelle.
Fabienne

C’était un de ces petits secrets bien savoureux dont la rumeur se régale. Peu à peu, il se répandit de convive en convive. L’immense table bruissait de ces mots interdits, chuchotés avec délectation : « Il paraitrait que… », « Ma voisine m’a raconté que… », « J’en suis estomaquée, mais… ».
Le souffle de l’infamie glissait, implacable, sur la nappe sans tâche. La fenêtre était ouverte, le secret s’échappa… Toute la ville en fit des gorges chaudes et quand Monsieur le curé, au cours d’un sermon mémorable, fit référence à «  l’affaire », il lui fut inutile de trop en dire ; tout le monde avait saisit l’allusion.
Patricia

 

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