Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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25 mars, 2018

Atelier d’écriture du lundi 5 mars 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:43

DEVOIR : Ecrire 10 lignes tous les jours pendant au moins 5 jours sur le sujet suivant :
Ecrire une histoire d’amour à l’eau de rose avec les pires clichés du genre.

roman

L’innocence de l’amour

La jeune fille qui lui manucurait les mains s’appelait Suzette. Suzette Poitevin. Mais elle était très jolie, trop jolie pour s’appeler Suzette ou Ginette ou Paulette. Non, il faudrait changer ça. Pourquoi pas Jenny ou Kathy, ou Cindy ? Oui, Cindy conviendrait à cette beauté blonde qui regardait le monde avec de grands yeux clairs et innocents mais dont le corps superbe évoquait plutôt les plaisirs et la luxure. Elle avait tout juste 18 ans, il s’était renseigné, parce qu’une mineure, ça non ! Il ne fallait pas y toucher.
Il la regardait s’activer sur ses ongles à l’ovale impeccable, penchée sur lui… Ses cheveux d’un blond pâle enfantin, ses mains douces, sa bouche vermeille qui laissait parfois échapper un petit rire cristallin, tout était parfait, tout l’excitait et il laissait aller son imagination… Oui, décidément elle méritait mieux que ce salon, certes convenable, mais où sa beauté  passait inaperçue : il fallait un écrin digne de ce bijou !
–      Merci infiniment, mon petit, vous avez des doigts de fée !
Puis il murmura, pour elle seule :
–      Vous méritez mieux, savez-vous ?
Et il s’en alla.
Suzette regarda partir ce client avec un air d’adoration. Son cœur bondissait dans sa poitrine comme chaque fois qu’il lui adressait un compliment. Elle se savait jolie, évidemment, les garçons de son âge le lui disaient avec leurs mots crus. Mais  elle détestait leur langage vulgaire. Tandis que cet homme ! Il était si beau : la cinquantaine altière, les tempes grisonnantes… Et quel raffinement dans sa toilette ! Sa peau était douce et parfumée… Quant à ses yeux ! Ils la faisaient chavirer : leur éclat d’un bleu acier l’avait envoûtée dès le premier jour… Elle se sentait transir et brûler chaque fois qu’ils se posaient au fond des siens…
Aujourd’hui, après lui avoir glissé un gros pourboire, car il était riche et généreux, il lui avait susurré : vous méritez mieux ! Elle avait failli s’évanouir de bonheur !
–      Suzette, il faudrait peut-être arrêter de rêvasser et te remettre à ton travail. Madame Bouchou attend son vernis !
Dès la semaine suivante, il l’invita à prendre un thé dans le salon le plus huppé de la ville : il ne fallait pas effaroucher la petite. Puis il lui donna comme une faveur son prénom : Mark. Et il la raccompagna dans la modeste pension où elle logeait et lui baisa la main. Aucune familiarité dans son attitude. Elle acheva d’être séduite : cet homme, beau, intelligent et riche, la respectait ! Il laissa passer huit jours encore avant de lui proposer une invitation au restaurant : là, il lui prit tendrement la main et lui avoua son amour !
–      Vous me troublez, mais, non, non, il ne faut pas ! Vous êtes si jeune ! Il faut cesser de nous voir.
Quelques larmes embuèrent les beaux yeux bleus de Suzette.
–      Mais, vous pleurez ! Cela me fend le cœur… Vous m’aimez donc un peu ?
–      Oh, oui ! Répondit-elle dans un soupir
Ils firent encore quelques sorties et elle se laissa aller à des confidences : elle avait perdu ses parents très jeune et s’était retrouvée seule dans la vie. C’était la première fois qu’elle rencontrait un gentleman, quelqu’un qui la rassurait, la comprenait, l’aimait vraiment ! Alors il posa doucement sa bouche sur la petite bouche vermeille : elle s’enflamma aussitôt, elle attendait ce moment depuis si longtemps ! Le baiser se prolongea, devint profond, la main de Mark se posa au bas de ses reins, il la pressait fort contre lui et elle sentait son désir impérieux. La tête lui tourna et elle lui aurait volontiers cédé, là, toute de suite… Mais il la retint.
–      J’ai un grand projet pour vous, je vous en parlerai demain.
Le lendemain, en effet, après une promenade dans son coupé Mercédès et un déjeuner gastronomique, il lui révéla qu’il connaissait personnellement un producteur de cinéma et que, si elle le désirait, il pourrait l’aider à devenir actrice : sa beauté était un passeport pour la réussite ! Bien entendu, il lui faudrait un book et justement il connaissait un jeune photographe talentueux qui saurait la mettre en valeur.
–      J’ai pensé à votre nom d’actrice : Cindy Marchal. Cela sonne bien n’est-ce pas ? Cela vous plaît ?
A ce stade de leur relation, Suzette était prête à dire oui à tout. Elle s’inquiétait un peu de voir que Mark ne semblait pas aussi amoureux qu’il le disait, puisqu’il s’arrêtait toujours devant sa porte après un baiser et quelques caresses hardies. Elle le provoqua en émettant le désir d’aller passer un week-end avec lui à la mer.
–      Vous êtes certaine que c’est bien votre désir ?
–      Oui, répondit-elle dans un souffle, je me donne à vous.
–      Alors nous partirons la semaine prochaine, j’ai hâte de vous prendre, ma chérie, j’attends ce doux moment depuis notre première rencontre mais je ne voulais pas vous brusquer.
Cindy était conquise, entièrement, corps et âme. Elle se donnerait à Mark avec toute la fougue de sa jeunesse et l’innocence de son âge.
Vint le moment de faire les photos. Mark suggéra une combinaison courte à fines bretelles. Il faut mettre en valeur ton corps, ma chérie, laisse-moi faire. Le brusque tutoiement émut Cindy, et elle accepta.
Le photographe, Antoine, commença son travail mais Mark n’était pas satisfait : la pose était trop banale, trop sage… Il passa derrière Cindy et, posant ses mains sur les épaules de la jeune femme, il abaissa brusquement les bretelles pour dévoiler ses seins. Surprise et gênée, elle protégea sa poitrine de ses mains en regardant Antoine.
–      Non, non ! Pas ça !
–      Mais enfin, ma petite, je vous assure que c’est ce qui plaît. Toutes les jeunes femmes passent par là. Vous allez vous habituer. Laissez-moi révéler ces seins fermes et aussi ces cuisses galbées, ajouta-t-il en relevant la combinaison.
–      Non, non ! Je ne peux pas ! Ne me demandez pas de me mettre nue !
A ce moment-là, Antoine se manifesta :
–      Vous voyez bien, Monsieur, que cette jeune femme n’est pas consentante !
–      De quoi te mêles-tu ? Fais le boulot pour lequel je te paie, petit photographe de merde !
Jamais Cindy n’avait vu Mark dans cet état, il écumait littéralement de rage, elle ne reconnaissait pas l’homme policé et courtois qu’il était avec elle. Elle prit peur :
–      Attends, je t’en prie, je vais essayer, ne te fâche pas !
Mais elle pleurait maintenant à petit bruit et se mit à renifler.
–      Je refuse de faire ces photos dans ces conditions !
Antoine commença à ranger son matériel… Mark, excédé, sortit brusquement après avoir lancé à Cindy :
–      Quand tu seras décidée à ne pas rater ta chance, tu me préviendras ! Ma pauvre fille, il y en a d’autres qui ne demandent que ça !
Antoine aida Cindy à se rhabiller et acheva de lui ouvrir les yeux sur le personnage qui l’avait séduite :
–      C’est un rabatteur pour plusieurs agences d’escort girls. J’ai déjà travaillé pour lui, on est bien obligé d’accepter pour pouvoir manger, mais les femmes étaient toujours consentantes et demandeuses, vous ce n’est pas pareil. Allez, mouchez ce joli nez et venez boire un café avec moi au bistrot du coin pour vous remettre de votre déception !
Une amitié naquit : quand ils en furent aux confidences, elle lui avoua qu’elle s’appelait en réalité Suzette, il trouva cela charmant. Il avait vingt ans, ils allèrent danser dans une guinguette au bord de la Marne, ils se baignèrent dans des rivières limpides, ils mangèrent des hamburgers et des cerises, le printemps était tiède et incitait à l’amour. Suzette comprit qu’elle n’avait pas besoin de luxe : la Twingo d’Antoine, les bistrots, un métier honorable, comme le sien, lui parurent le comble du bonheur. Elle ne revit jamais Mark et ne le regretta pas.
Quand Antoine l’embrassa pour la première fois, elle sut qu’elle avait trouvé l’homme de sa vie.
Huguette

 

Un employeur si sévère…

Promise depuis sa plus tendre enfance au fils d’un puissant homme d’affaires, ami intime de son père, le redoutable Clarck DAWSON, Frances avait, du jour au lendemain, claqué la porte à un destin tout tracé laissant derrière elle, famille, amis et un poste de secrétaire où elle s’épanouissait au sein d’une équipe chaleureuse. Fuir, il lui avait fallu fuir, c’était pour elle une question de survie. Elle n’avait certes, rien contre l’idée du mariage mais elle l’envisageait comme l’union de deux cœurs sincères et non comme la fusion fructueuse de deux porte-monnaies.
Hasard ou providence, elle était tombée quinze jours plus tôt sur une petite annonce recrutant une jeune fille au pair parlant anglais et français pour parfaire l’éducation d’une adolescente résidant à Mascate, capitale du sultanat d’Oman. Elle s’était aussitôt empressée d’envoyer un courrier et, miracle ou destinée, elle avait été embauchée.
Les 18 heures de voyage entre San Francisco et Mascate l’avaient épuisée. Un peu pâlotte et intimidée, elle redressa néanmoins fièrement sa tête et serrant très fort son élégante valise de cuir beige, tenta de repérer dans le hall de l’aéroport ses futurs employeurs. L’inquiétude commençait à la gagner quand un homme en tenue traditionnelle se présenta à elle en sa qualité de chauffeur de Monsieur ARAM. Après les formules de politesse d’usage, il l’invita à le suivre et lui remis un courrier signé de son employeur. Rassurée et impressionnée, elle grimpa alors dans l’immense limousine blanche dont l’air climatisé la revigora.  Bientôt, elle put admirer les rangées de maisons blanches et les jardins impeccablement entretenus qui se succédaient. Au passage, elle avait eu la chance d’apercevoir le minaret bleu de la grande mosquée  et elle s’imaginait déjà  déambulant entre les échoppes vivantes et colorées des souks.
Dès son arrivée dans l’imposante demeure, la gouvernante lui présenta Salima. L’adolescente, tout juste âgée de quatorze ans avait encore  sur son visage avenant  les rondeurs de l’enfance et sous sa frange brune, deux yeux sombres au regard direct pétillaient. Sans façon, l’adolescente lui tendit une main franche ; rassurée, Frances sut d’emblée  que leurs rapports seraient des plus cordiaux. Hélas ! A peine M. ARAM  passa-t-il  la porte que Frances perdit vite de sa belle assurance. L’homme, d’environ trente cinq ans, impeccablement vêtu, affichait un air sombre et autoritaire ; d’épais sourcils  et un menton carré renforçaient son air sévère.   Après une formule de politesse  convenue, il lui serra brièvement la main et sans un sourire, l’invita à passer dans son bureau pour discuter du futur emploi du temps et l’avertir des obligations auxquelles elle devrait impérativement se soumettre. Veuf depuis trois ans déjà et très accaparé par son travail, il attendait de Frances  qu’elle fasse de sa fille Salima une jeune femme accomplie, participant aux nombreux diners et réceptions que ses obligations professionnelles lui imposaient. L’accueil protocolaire et très froid de M. ARAM  l’a mit immédiatement mal à l’aise,  d’autant que de ses yeux bleu acier il semblait fouiller au plus profond de son être. Très gênée, elle rougit violemment mais, sans égard, il crut bon d’ajouter : « il est évident, Mademoiselle, que nous attendons de nos employés la plus grande discrétion et une tenue exemplaire » et sur ce, sans plus de façon, il la congédia pour vaquer à ses occupations.
Le temps passant, elle parvint à  s’adapter à son nouvel emploi, Salima était adorable. Cependant, les relations avec son employeur demeuraient tendues. Il avait toujours avec elle cette dureté de ton qui la paralysait et ce regard pénétrant qui chaque jour la  troublait davantage. Comme à l’inverse avec Salima, bien que rigoureux dans ses principes, il se montrait toujours affectueux et très attentif, Frances  se laissait parfois aller à penser que sous l’implacable carapace, M. ARAM cachait  un cœur sensible trop durement écorché par la vie.
Toujours élégante et raffinée, habituée depuis l’enfance aux mondanités, elle n’eut aucune difficulté pour y initier Salima. Peu à peu  M. ARAM sembla baisser sa garde et il lui adressait même parfois un sourire approbateur, courtois sinon amical. Il lui arriva même de sentir sur elle le regard bleu acier de son employeur et de croiser furtivement son regard. Un jour, elle prit brusquement conscience de l’étrangeté de sa propre attitude : elle guettait le moindre signe d’attention et l’attendait même avec une impatience croissante. En émoi, elle s’interrogea sur la nature de son trouble. Se serait-elle stupidement amourachée de son employeur ? Non ! C’était, hélas, une voie sans issue et pour éviter de souffrir il lui fallait sans délai mettre fin à ces divagations.  La proximité quotidienne de son employeur rendait la chose difficile sinon impossible et la seule solution  qui lui parut vraiment efficace fut de donner sa démission, ce qu’elle fit dès le lendemain.
M.ARAM, pour sa part, avait depuis longtemps perçu l’évolution des sentiments de sa trop jeune employée mais la différence d’âge, un passé encore douloureux lui avait permis de garder ses distances. Cependant, face à l’urgence, ses belles résolutions firent long feu. Il prit tendrement les mains de Frances dans les siennes et elle reçu en plein cœur la décharge de son  regard profond où, éperdue, elle put lire les prémisses de sa vie future.
Patricia

Les larmes les plus douces

Tout en nettoyant la suite nuptiale du grand palace où elle venait d’être embauchée, Perlita était contrariée. Son uniforme strict n’arrivait pas à masquer sa silhouette de rêve ni à faire oublier son visage à l’ovale parfaitement rond, aux yeux couleur d’huitres et à la bouche gourmande comme une vieille chatte.
Sa maman avait été malade toute la nuit : elle avait encore craché ses poumons. Elle l’avait quittée au petit matin, au moment où, enfin, épuisée, elle s’était endormie. Perlita, quant à elle, avait chassé la fatigue avec un café bien serré et une douche froide. Elle avait ensuite préparé ses trois frère et sœurs pour l’école puis s’était rendue au travail.
La porte claquée à la volée par une furie la sortit de ses tristes rêveries. Une jeune femme, qui aurait pu être très belle si elle n’avait pas été si en colère l’apostropha durement :
-       Qu’est-ce que tu fais là, toi ?
Le tutoiement blessa Perlita et la laissa sans voix :
-       Je… Je vous prie de m’excuser, j’ai terminé.
Perlita ouvrit la porte et se retrouva nez à nez avec un homme d’une beauté si parfaite qu’elle en eut le souffle coupé et que son cœur s’arrêta de battre. Grand, si large d’épaules qu’il ne pouvait passer une porte que de profil, brun, de magnifiques yeux verts crocodile et une bouche qui appelait les baisers. Visiblement, lui aussi fut surpris. Le temps s’arrêta. Ils se regardèrent, les yeux dans les yeux, et plus rien autour d’eux n’exista. Ils se retrouvèrent soudain sur un nuage rose où des angelots jouaient de la harpe.
-       Kévin, laisse passer la bonne !
L’enchantement se brisa et Perlita prit la fuite, tout en se disant qu’elle n’était pas une bonne, mais une femme de chambre.
Toute la journée, elle ne put penser à rien d’autre. Le regard du si beau Kévin était gravé dans sa tête. Le soir, elle tenta de chasser cette image et s’occupa de sa maman et de ses frères et sœurs avec encore plus d’attentions que d’habitude. Elle se sentait coupable de penser à cet homme qui, visiblement n’était ni de son monde ni libre, mais elle ne pouvait s’en empêcher.
Le lendemain, à peine eut elle franchi l’entrée de service que la gouvernante, un sourire cruel aux lèvres, l’apostropha :
-       Le directeur veut te voir, et sans tarder !
Ce n’était pas bon signe et Perlita sentit ses intestins prêts à la lâcher. Elle serra les fesses et monta au dixième et dernier étage. La secrétaire du directeur l’attendait et lui ouvrit immédiatement la porte.
-       Mademoiselle heu… Perlita, Madame Rubis Montès s’est plainte qu’une bague en diamant de grande valeur a disparu hier de sa chambre et comme vous êtes la seule personne à avoir pénétré dans la suite, elle dit que vous l’avez volée.
-       Mais Monsieur le Directeur, ce n’est pas vrai ! tenta de se disculper la jeune femme.
En vain ! Le directeur la renvoya immédiatement et la somma de rendre la bague avant le soir sinon la police se chargerait d’elle.
En sortant, elle pleurait toutes les larmes de son corps et bouscula quelqu’un.  Tête baissée, elle s’excusa. Alors, une belle main aux ongles parfaits souleva son menton. C’était Kévin. La magie opéra à nouveau, ils restèrent rivés l’un à l’autre, seuls au milieu du monde. Soudain, Kévin s’aperçut qu’elle avait pleuré.
-       Mais que vous arrive-t-il, Mademoiselle…. ?
-       Perlita, je suis Perlita, la femme de chambre.
-       Oui, je sais, je vous ai vu hier. Alors, qu’est-il arrivé ?
-       Je viens d’être renvoyée… Vous savez, ma mère est très malade, mon salaire est indispensable pour nous permettre de vivre. J’ai deux petites sœurs et un petit frère qui sont encore à l’école. Il n’y a que moi qui travaille… Notre père nous a quitté il y a deux ans… Mon dieu ! Qu’allons-nous devenir ? Un sanglot la secoua.
Kévin ne put s’empêcher de la prendre dans ses bras pour la consoler.
-       Attendez, laissez-moi deviner… C’est Rubis qui vous a accusé de lui avoir volé un bijou…
-       Oui, mais comment savez-vous que c’est votre femme qui m’a accusée ?
-       Ma femme ?? Il éclata de rire. Non, fort heureusement, Rubis n’est pas ma femme, c’est ma patronne, je suis son secrétaire particulier. Et elle a déjà eu recours à ce stratagème le mois dernier quand une jolie fille me tournait autour. Mais grands dieux, jamais je ne voudrais d’une telle femme, belle, certes, mais méchante, égoïste et si méprisante.
Venez, nous retournons voir le directeur tous les deux, car voyez-vous, je sais où Rubis a caché la bague.
Ce qui fut dit fut fait et l’horrible mégère fut confondue, non sans une dernière explosion de colère qui couta la vie à deux vases et un miroir, avant qu’elle ne quittât l’établissement.
Le directeur s’excusa et réembaucha Perlita. Tandis que Kévin, qui se trouvait à son tour sans emploi, fut recruté pour une place de responsable des réservations.
Les deux jeunes gens sortirent par la grand porte, le sourire aux lèvres. L’avenir s’annonçait des plus radieux, surtout quand Kévin la serra contre lui et embrassa ses lèvres impatientes.
Fabienne

 

Joël

Aujourd’hui, 5 mars, nous avons eu l’honneur de recevoir Joël PAUL, écrivain et blogueur de « chez nouz’aut » !!!

http://ecrivainducaillou.over-blog.com/

Exercice : L’atelier d’écriture a déménagé…

L’atelier d’écriture a déménagé (Théâtre)

Un habitué de l’atelier rencontre une personne qui est aussi une participante régulière aux séances de formation de Fabienne
— Sylvie iii ! Comment vas-tu ?
— Bien merci, mais ça me soucie cette histoire de déménagement de l’atelier d’écriture. Magenta, la déchetterie, ça ne me plait pas ce lieu.
— De quoi tu parles, Fabienne va à la « dé-chi-queterie » ! Ce n’est plus à la maison du livre ?
— Non, c’est à la maison de quartier de Magenta. Tu n’as pas reçu son mail ?
— Non. Ça alors, Fabienne découpée en morceaux pour des bennes à ordure. Remarque avec tous ses maux M.A.U.X, notre femme de mots M.O.T.S devait finir comme ça. On va peut-être assister au tri sélectif, et la tête, et la tête et la jambe opérée et la jambe, et le toutou et le toutou !
— Ha non pas le chien ! Tu exagères. Mais tu ne confondrais pas déchetterie et déchiqueterie par hasard ?
— C’est vrai merde, je suis con. C’est pour ça que je vais y aller, j’ai besoin de cours de français et d’expression et elle est tellement sympa Fabienne !

Fabienne ! Si tu m’entends, pardonne-moi, tes cours sont supers et on se marre bien.

— Oui mais moi j’ai peur.
— Ne crains rien, c’est super ce quartier et c’est ma route en plus. Les jeunes n’y sont jamais à la maison de quartier. Ils sont trop occupés à faire leurs courses dans les magasins et les stations services la nuit.
— Tu trouves ça drôle ?
— Non, mais le premier qui touche à ma bagnole, je lui file un tel coup de pied au cul qui ça va l’expédier jusque dans les palétuviers pour atterrir le nez dans la mangrove où il pourra contempler les picots.
— T’as raison. Avec toi sur place, j’irai. Fabienne a tellement fait pour nous. On ne va pas la laisser se faire déchiqueter. J’y vais à lundi 17h30, il paraît qu’il y aura un immense écrivain invité, dans les 150 kilos !
— Ciao !
— Tata, à lundi
Joël PAUL

-  C’est bien vous qui m’aviez parlé d’un atelier d’écriture à la maison du livre ? « La Maison Célières » ! Quel cadre charmant !
-  Heu ! … Oui… Mais… comment dire… Ça, c’était avant… Depuis, il y a eu de modestes changements dans notre organisation. Nous sommes devenus, en quelque sorte, un atelier itinérant mais… Qu’importe le flacon n’est-ce pas !  du moment que nous gardions en point de mire notre gentille organisatrice, notre gourou, que dis-je notre phare ! la symbiose était préservée et le charme pouvait continuer d’opérer.
-  Ah bon ! Et où donc vous a mené cette errance créatrice ?
-  Heu ! Nous avons procédé par étapes, un peu chez l’un, un peu chez l’autre… il nous suffisait de garder le fil conducteur et surtout d’y croire, la foi peut tout, comme vous le  savez. Une des grandes étapes a, je pense,  été  la salle Effel de la Bibliothèque Bernheim. Ah !  le charme de l’ancien ! Ces murs où l’on sentait comme une présence ! Je dois reconnaître que nous y avons fortement cru…
-  Hé alors ? que s’est-il passé ? Pourquoi avoir quitté ce lieu propice à de futurs chefs d’œuvre ?
-  Ô ! de simples détails pratiques, mais nous avons été contraints de quitter définitivement les lieux. Mais attention ! Cette fois c’est la bonne ! C’est évidemment différent mais nous y croyons tous dur comme fer. Une « maison de quartier » ! L’idéal pour stimuler notre créativité ! On se sent, comment dire ? proches de la population et  ses menus problèmes. En quelque sorte, on touche du doigt les réalités locales.
-  Hum ! Mais enfin… il me semble  que l’établissement jouxte une station d’épuration et même… une décharge…
-  Certes ! Mais… qu’importe ! La vraie pureté réside dans nos cœurs et c’est bien là tout l’essentiel.
Patricia

 

La bibliothèque, ce n’était plus possible ! Alors, j’ai cherché, cherché et encore cherché un autre lieu pour héberger mon petit atelier d’écriture et le seul qui a répondu favorablement, c’est Mathieu, le directeur de la maison de quartier de Magenta.
Fin contente d’avoir enfin trouvé quelque chose, j’ai envoyé un mail à tous les participants. Et là, je me suis aperçu que ce n’était vraiment pas terrible quand j’ai expliqué que c’était « entre la déchetterie et la station d’épuration »… J’ai vraiment senti la perplexité de tous les participants… Remarquez ç’aurait pu être pire : par exemple, la Vallée du Tir… Mais oui, c’est pire… Quand on arrive dans la Vallée du Tir, on dirait une immense prison, il y a des barreaux partout… Sans parler de Saint-Vincent-de-Paul, régulièrement volé, saccagé, brûlé… Une institution pour les pauvres, détruite par des encore plus pauvres.
A la maison de quartier de Magenta, il y a un grand parking… une mangrove à côté, avec plein de moustiques, des squatts avec plein de gens qui passent, c’est gai !!!
Le seul hic, si je peux dire, c’est qu’on ne doit pas boire de l’alcool… C’est embêtant parce qu’on avait l’habitude… On appelait même ça, l’inspiration : « tiens, passe-moi l’inspiration rouge, ou blanche… des fois rosé… « .
Maintenant, faut feinter…
Mais bon, comme rien n’est définitif, on n’y restera peut-être pas longtemps… ou pas… va savoir !
Fabienne

 

Exercice : Ce matin, comme je n’avais pas trop le moral, j’ai sorti ma boite à… (idées, malice, images, lettres, couture, gants, musique, bijoux, pharmacie, outils, chaussures, œufs, …)

boites

Ce matin, comme je n’avais pas trop le moral, j’ai sorti ma boite à musique. Un vestige d’une enfance heureuse dont j’ai encore la nostalgie. La petite mélodie aigrelette m’a immédiatement replongée dans ce passé déjà si lointain et pourtant toujours si proche à mon cœur. En un instant, j’ai revu ma grand-mère toute ronde et joviale dans cette petite cuisine, son antre, ce  domaine où elle régnait en maîtresse absolue des lieux. Que de délices et de douceurs ont vu le jour dans une aussi petite pièce ! Un exploit sans cesse renouvelé au grand plaisir de toute la famille.
Je revois également mon grand-père Gaston, assis sur son fauteuil de cuir vert bronze, sa pipe  à la bouche et un « historia » ou un « sélection » à la main. Autodidacte, le papy ! Et quelle personnalité ! Le cœur sur la main mais un caractère de cochon que, seuls ses petits-enfants, osaient affronter.
Je revois tout : le lourd buffet d’acajou impeccablement ciré et les chaises au dos si droit qu’il était impossible de s’y avachir. Ah ! Ce buffet où trônaient trois vases de cristal et surtout une bonbonnière dorée que je convoitais… C’est d’ailleurs une des seules choses que j’ai pu conserver, avec la boite à musique, bien sûr ! Elle est si douce à mon cœur, cette mélodie des jours heureux…
Patricia

Ce matin, comme je n’avais pas trop le moral, j’ai sorti ma boite à bijoux ; ça me rassure… Ils datent de l’époque où j’étais jeune et belle et où tous les hommes m’offraient des bijoux somptueux. Mais comme maintenant, je suis vieille et pauvre, je les ai presque tous vendus mes bijoux… Il ne reste que de la fantaisie. Alors, il va falloir que je me fasse une boite à idées… des idées géniales et pas chères… ça m’inspire tellement que j’ai une quinte de toux et je sors ma boite à pharmacie, y prendre un ou deux comprimés pour faire passer la pilule. J’ai envie de tout casser, heureusement que j’ai toujours ma boite à outils avec moi… Un petit coup de marteau par ci, par là et même sur la boite à œufs que je casse en rythme, avec ma boite à musique qui me joue une jolie ritournelle…
Dans ma boite à chaussures, il n’y a plus que des décorations de Noël mitées que je répare avec ma boite à couture. J’ai été très sage, j’ai mérité une belle image de ma boite à images qui est cachée dans la boite à gants de ma voiture.
Fabienne

 

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