Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 février, 2018

Atelier d’écriture du 26 février 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:00

Chapeau

DEVOIR : un toast.

Une gênante méprise

Elle le suivait à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un « suivez-moi jeune-homme ».
En ce printemps de mai 1855, prétextant des obligations professionnelles auxquelles il ne pouvait se dérober, son fiancé avait récusé toute possibilité de promenade et avait laissé la délicieuse Laurence aux soins attentifs de ses parents. Boudeuse mais audacieuse, elle avait aussitôt décidé de vérifier si cette navrante défection était bien liée à l’activité de banquier de son jeune prétendant et avait pris le parti de discrètement le suivre.  Il faisait bon ce matin-là, mais rageuse, elle ne prit aucun plaisir à traverser les rues pittoresques et animées qu’elle appréciait tant à l’ordinaire. Guillaume prenant  bientôt un fiacre, elle fit de même et il ne lui fallut pas plus d’une demi-heure de course pour que le pot-aux-roses lui soit révélé : Guillaume, ce mufle, se rendait, sans elle, à l’exposition universelle ! Et dire qu’elle avait tant rêvé d’y aller, de voir le palais de l’industrie bien évidemment mais surtout le palais des beaux arts, elle qui aimait tant la peinture…
Ah ! Ça ne se passerait pas comme ça ! Quel toupet ! Et en plus, qui allait-il rencontrer ? Un collègue ? Un homme d’affaire ? Ou pire, qui sait… Elle n’osait y songer. A chaque stand traversé, il lui fallait se cacher et dissimuler sa tenue printanière et surtout ce délicieux petit chapeau (son préféré) qu’il reconnaitrait entre tous.  Soudain elle aperçut, catastrophée,  Guillaume, un large sourire aux lèvres, tendre les bras vers une ravissante jeune femme qui, sans aucune hésitation y plongea. Ils avaient l’air si heureux de se retrouver que le sang de Laurence ne fit qu’un tour. Adieu la jeune fille réservée et bien élevée ! Dans son crâne en effervescence  mille stratagèmes s’échafaudaient déjà en vue d’une vengeance éclatante. Elle était si en colère et si troublée qu’elle en oublia de se cacher. C’est alors que, par le plus pur hasard, Guillaume, tournant la tête, découvrit, stupéfait, la présence insolite en ces lieux, de sa douce fiancée :
- Mais… ma petite Laurence, que fais-tu ici ? Qui t’a accompagnée ?
Vindicative, et les yeux brillants d’indignation, elle désigna de la tête l’autre jeune femme et, acide, déclara :
- Tu pourrais peut-être me présenter à cette jeune femme avec qui tu conversais avec tant de plaisir…
Guillaume ne put s’empêcher de sourire et eut même toutes les peines du monde pour se retenir de rire : la douce Laurence était jalouse et même prête à en découdre !
- Je te présente Betty, la deuxième fille de ma sœur ainée Lucile. La petite famille est de passage à la capitale et ma sœur ayant fort à faire durant ce court séjour m’a prié de faire découvrir Paris à ma nièce. Ce matin j’avais un rendez-vous d’affaire que j’ai donc été contraint d’annuler au dernier moment. Je n’ai donc pas eu le temps de t’informer de cette visite inattendue mais je comptais le faire au plus tôt car, dès demain matin, je dois retourner travailler à ma banque et j’avoue que je comptais un peu sur toi pour prendre Betty sous ton aile durant son séjour ; cependant, dimanche, nous pourrions prévoir quelque chose avec toute la famille.
Regardant Laurence avec toujours cette lueur amusée dans les yeux, il ajouta :
- Je désire que tu  prennes bien soin d’elle car elle n’a pas l’habitude de fréquenter les grandes villes et surtout, malgré sa silhouette élancée, elle vient tout juste de fêter ses quatorze ans …
Laurence, bien que très gênée, prit le partir de rire et tendit sincèrement la main à Betty qui, comprenant le quiproquo, était rose de confusion mais ravie qu’on ait pu la prendre pour une adulte.
Ouf ! La tragédie n’était pas de mise et tout se terminait pour le mieux ! Ils partirent donc joyeux pour visiter, ensemble cette fois,  les merveilles de cette première exposition universelle française et surtout apercevoir enfin cette incroyable demoiselle de fer qui faisait couler tant d’encre : l’imposante Tour Eiffel !
Patricia

Elle le suivait à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un suivez-moi jeune homme.
Elle, c’était une petite femme effacée, une petite souris grise. Elle devait bien avoir dans les 80 ans, mais elle était restée en enfance. Son accoutrement aurait pu faire rire ou au moins sourire, mais il y avait une telle lumière dans ses yeux d’un bleu délavé, un tel air de douce bonté sur son visage ridé, que personne n’y aurait songé. Elle irradiait l’amour.
Lui, un grand costaud d’au moins dix ans son cadet, tenait fièrement son bras et ajustait son pas sur les pas menus de sa compagne. Il se penchait souvent vers elle, lui glissait un mot à l’oreille et elle rosissait. Un petit rire cristallin d’enfant s’élevait. Et lui, heureux de l’avoir égayée un instant, esquissait un petit pas de danse en la guidant par la taille…
Ces deux-là, quand ils passaient par hasard dans votre vie, vous ne pouviez les oublier : une bouffée de bonheur y était entrée.
Huguette


Elle le suivait à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un suivez-moi-jeune-homme.
Et le petit jeune homme marchait devant, dans son petit, costume, avec son tout petit chapeau. Quelquefois, il s’arrêtait, l’attendait, lui prenait le bras. Puis, il se mettait à parler, il gesticulait. Il lui racontait ce que serait leur vie. Bientôt. Dans trois mois. Oui, dans trois mois, ils se marieraient. Alors, le petit jeune homme répétait inlassablement ce qu’il attendait d’elle. Tous ses propos commençaient par « quand nous serons mariés ».
-        Quand nous serons mariés, tu abandonneras tes études. Tu n’auras plus le temps d’étudier car il faudra que tu t’occupes de la maison.
Quand nous serons mariés, j’aurai une promotion, et je recevrai mes supérieurs. Il faudra que tu prépares des dîners.
Quand nous serons mariés, nous aurons trois enfants. Le premier, ce sera un garçon et nous l’aurons après deux ans de mariage.
Quand il avait terminé, il lui lâchait le bras et marchait à nouveau devant elle.
Au début, ce discours l’avait rassurée. Bien qu’il fût petit, il savait ce qu’il voulait, se disait-elle. Ensuite, ses paroles l’avaient ennuyée. Il répétait toujours la même chose. « Tu comprends, c’est pour que tu saches exactement la vie que je veux pour nous ». Maintenant, ce qu’il disait l’effrayait. « Ce sera ça, MA vie ? Il choisit toujours pour nous. Mais m’a-t-il demandé ce que moi, je veux ? Je ne veux pas d’une petite vie ! ».
La fois suivante, quand il est venu la voir, elle l’a suivi à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un suivez-moi-jeune-homme, mais quand il s’est arrêtée, elle avait disparu. Et il ne la revit jamais plus. Maintenant, elle marchait devant les jeunes hommes la suivait.
Fabienne


Exercice
 : Chacun écrit une phrase sur un morceau de papier et la donne à son voisin de droite qui doit faire un texte qui inclut cette phrase.

editions

Le succès avait été immédiat. « L’escargot » s’était classé numéro un des ventes dès sa deuxième semaine de sortie. La maison d’édition en avait été très surprise, le texte n’était certes pas mal mais l’histoire n’avait rien de sensationnel. Elle fut tellement prise au dépourvu, qu’elle n’eut même pas le temps de préparer l’auteur, dont c’était le premier roman, aux interviews. Il fut lâché dans l’arène, seul, le premier lundi du mois d’août dans l’émission très culturelle de France Inter. Le directeur de la maison d’édition, Monsieur Seuil, écouta attentivement l’interview. « Un escargot polymorphe glisse sournoisement sur le fil de mes mots » dit l’écrivain pour expliquer son inspiration. M. Seuil resta perplexe et la suite de l’interview ne fut pas meilleure. Il se dit alors que c’était fini, plus personne ne voudrait inviter l’auteur et que les ventes du livre allaient chuter.
Le lendemain, pourtant, trente mille exemplaires supplémentaires avaient été vendus. C’était à n’y rien comprendre ! Les gens étaient-ils devenus stupides ? Depuis l’avènement de la télé-réalité, M. Seuil s’était déjà fait une idée sur la question, mais là, il sentait qu’il y avait autre chose.
Il écouta avec attention les interviews suivantes de l’auteur, regarda toutes les émissions télé parlant du livre, sonda ses commerciaux, mais rien n’y faisait, il ne s’expliquait pas le succès du bouquin et c’était la première fois de sa très longue carrière.
Alors qu’il en discutait avec son vieil ami Philippe, Directeur de chez Pocket, ce dernier lui répondit : « c’est tellement difficile de sortir un livre ayant un vrai succès, arrête donc de réfléchir et réjouis-toi ! ». M. Seuil écouta ce sage conseil et savoura à sa juste valeur la hausse du chiffre d’affaire qui atteignit le record enregistré vingt ans plus tôt. Le succès de ce livre resta malgré tout le plus grand mystère de sa carrière.
Claire

avocatier

Alors qu’allongée sur le patio, elle savourait un livre de cuisine, un énorme avocat venu de l’arbre du voisin lui tomba sur le crâne.
-       Pardon, chère Madame, je ne vous avais pas vue.
-       Mais enfin, Monsieur, qui êtes-vous et que faites-vous là ?
-       Je suis Maître Jaunet, avocat à la cour et je surveillais votre voisin du haut de son arbre, un avocatier en l’occurrence, lorsque j’ai chu.
-       Mais pourquoi étiez-vous en haut de son avocatier ?
-       C’est le seul endroit où l’on peut voir tout son appartement. Je suis arrivé vers 17 heures et je suis monté sur une branche haute pour pouvoir dominer la situation. Il est arrivé vers 18 heures. J’ai voulu bien me cacher dans le feuillage, mais la branche a cassé, car, comme vous le voyiez, je suis un énorme avocat. Mais que vois-je ? Vous étiez en train de savourer un livre de cuisine… et justement… des recettes d’avocats, comme c’est charmant.
La dame rougit comme une tomate. C’était d’ailleurs son nom. Elle trouva cet avocat fort poli et bien mis de sa personne. Il avait certes un peu d’embonpoint, mais ce devait être très confortable. Elle décida aussi sec d’en faire son hors-d’œuvre.
Fabienne

                                                       Atelier d'écriture du 26 février 2018                               avocat

Cocotte et Zébulon

Fatigué d’une journée de bureau bruyante mais insipide, il regagna ses pénates, enfila son pyjama de zèbre et ses chaussons de fourrure mauve puis s’installa confortablement dans son fauteuil club pour fumer un énorme cigare.
Un soupir d’aise lui échappa…
C’est alors qu’une créature étrange fit irruption à sa fenêtre, l’enjamba et sauta sans vergogne à ses côtés :
–      Salut Pépère ! T’es le premier ? Non ? Où sont les autres ? C’est mortel ici ! Heureusement que j’ai ma musique…
Il dévisagea ce qui avait l’air d’être une jeune personne, dans un accoutrement étonnant : un collant beige la moulait entièrement, exceptés les mains et les pieds, qui étaient brun sombre. Sur la tête des cornes magnifiques, et un petit bout de nez noir…
Il n’eut pas le temps de répondre : une musique tonitruante lui arrachait les oreilles. La fille se mit à sauter partout, sur son canapé, sur la table… Puis elle le tira par le bras et l’entraina à sa suite :
–      On est raccords, mon zèbre ! Moi c’est Cocotte l’antilope salope. C’est quoi ton pseudo ?
Pseudo, salope ? Il ne comprenait rien, rien ! Mais il ne put résister : leur sarabande l’emporta sur le palier, puis chez les voisins, chez qui, en réalité, se tenait une fête un peu « spéciale » et très très pimentée !
Son soi-disant déguisement eut un énorme succès, jamais il ne s’était autant amusé. Rendez-vous fut pris pour d’autres soirées et on lui attribua le surnom de « Zébulon le Zèbre Zélé ».
Huguette

Exercice : ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir… J’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même au moment où…

je-maime

Je ne m’étais jamais aimée, jamais supportée. J’avais deux sœurs, une grande Jacotte et une petite Eponine, qui étaient de véritables beautés. Alors, évidemment, moi, à côté, je faisais vilain petit canard. Sauf qu’en grandissant, je ne suis hélas pas devenue un cygne… Tandis que mes sœurs avaient trouvé chacune un très bon parti, un chirurgien pour Jacotte et un banquier pour Eponine, je poursuivais mes études de droit en solitaire. Je me réconfortais comme je pouvais, me disant que les hommes n’aiment que les femmes certes jolies, mais complètement stupides. Et puis que je n’avais de toute façon pas de temps pour quelqu’un dans ma vie… Et puis, j’étais moche et personne évidemment ne voudrait de moi. Lorsque j’ai terminé mes études, mon avenir était tout tracé, j’allais être juge… Sauf que ce métier ne me disait rien du tout. Mais j’avais fait plaisir à mes parents, j’avais un bagage. Un matin, en promenant dans la rue, alors que je cherchais mollement un stage, une pancarte attira mon attention : cours Laurent – Art comique. C’était bizarre. Je connaissais les cours d’art dramatique… mais comique, je n’en avais jamais entendu parler. Curieuse, je poussais la porte. Ce fut le début véritable de ma vie. Je n’avais jamais soupçonné que j’avais une telle capacité à faire rire… Maintenant, j’ai créé un spectacle et je joue tous les soirs. La semaine dernière, ça m’est tombé dessus, comme ça, sans prévenir, j’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même au moment où je lançais une réplique hilarante et que je me suis vue dans les yeux d’un monsieur du premier rang. Depuis, je m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !
Fabienne

femme-électrocuté

Je m’aime !

Ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir. J’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même… au moment où j’ai malencontreusement pris le jus – une bonne décharge de 220 – en tentant de démonter une prise. Mon tournevis a fait un excellent conducteur, le courant m’a traversée, mes yeux se sont exorbités et j’ai senti mon cerveau s’illuminer brusquement.  Mes neurones crépitaient, soudain je comprenais tout, intuitivement, depuis les mystères de la reproduction de l’hippocampe, de la formation de l’univers, en passant par ceux de l’insondable cerveau masculin…
Aussitôt une vague d’amour de moi pour moi-même, une sorte d’hermaphrodisme intellectuel, m’a emplie : je m’aimais ! Et si je m’aimais, tout le monde m’aimerait !
Je n’eus pas le temps de vérifier cette si réjouissante conclusion, je tombai raide morte à côté de mon tournevis, après avoir plongé dans l’obscurité toute la ville…
Huguette

Ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir, j’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même, au moment où… mon mec, enfin mon ex, du coup, m’a largué. Les motifs évoqués étaient que j’étais chiante, que je râlais tout le temps et qu’on ne couchait pas assez ensemble. Une amie m’a dit plus tard, que je devais m’estimer heureuse puisque j’avais au moins eu une, et même plusieurs, justification(s) à cette rupture assez inattendue. Si j’ai douté de pouvoir me réjouir d’une si petite victoire, je trouvais bientôt une vraie raison de sauter au plafond. Après une bonne remise en question, je dus admettre que j’avais été chiante, que j’avais beaucoup râlée et que, n’ayant acceptée de faire l’amour que deux fois en un an, on pouvait certainement convenir qu’on ne couchait pas assez ensemble. Et la cause c’était lui, pas directement, mais je ne l’aimais pas. Moi, en revanche, je me supportais bien. Je me rendis compte que, seule chez moi, je n’étais pas chiante, je ne râlais pas et que je couchais que si je voulais. Il n’en fallut pas plus pour que je me rende à l’évidence, j’étais folle de moi ! Et j’avoue avoir savouré cet amour jusqu’à la fin de mes vieux jours.
Claire

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