Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 février, 2018

Atelier d’écriture du 26 février 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:00

Chapeau

DEVOIR : un toast.

Une gênante méprise

Elle le suivait à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un « suivez-moi jeune-homme ».
En ce printemps de mai 1855, prétextant des obligations professionnelles auxquelles il ne pouvait se dérober, son fiancé avait récusé toute possibilité de promenade et avait laissé la délicieuse Laurence aux soins attentifs de ses parents. Boudeuse mais audacieuse, elle avait aussitôt décidé de vérifier si cette navrante défection était bien liée à l’activité de banquier de son jeune prétendant et avait pris le parti de discrètement le suivre.  Il faisait bon ce matin-là, mais rageuse, elle ne prit aucun plaisir à traverser les rues pittoresques et animées qu’elle appréciait tant à l’ordinaire. Guillaume prenant  bientôt un fiacre, elle fit de même et il ne lui fallut pas plus d’une demi-heure de course pour que le pot-aux-roses lui soit révélé : Guillaume, ce mufle, se rendait, sans elle, à l’exposition universelle ! Et dire qu’elle avait tant rêvé d’y aller, de voir le palais de l’industrie bien évidemment mais surtout le palais des beaux arts, elle qui aimait tant la peinture…
Ah ! Ça ne se passerait pas comme ça ! Quel toupet ! Et en plus, qui allait-il rencontrer ? Un collègue ? Un homme d’affaire ? Ou pire, qui sait… Elle n’osait y songer. A chaque stand traversé, il lui fallait se cacher et dissimuler sa tenue printanière et surtout ce délicieux petit chapeau (son préféré) qu’il reconnaitrait entre tous.  Soudain elle aperçut, catastrophée,  Guillaume, un large sourire aux lèvres, tendre les bras vers une ravissante jeune femme qui, sans aucune hésitation y plongea. Ils avaient l’air si heureux de se retrouver que le sang de Laurence ne fit qu’un tour. Adieu la jeune fille réservée et bien élevée ! Dans son crâne en effervescence  mille stratagèmes s’échafaudaient déjà en vue d’une vengeance éclatante. Elle était si en colère et si troublée qu’elle en oublia de se cacher. C’est alors que, par le plus pur hasard, Guillaume, tournant la tête, découvrit, stupéfait, la présence insolite en ces lieux, de sa douce fiancée :
- Mais… ma petite Laurence, que fais-tu ici ? Qui t’a accompagnée ?
Vindicative, et les yeux brillants d’indignation, elle désigna de la tête l’autre jeune femme et, acide, déclara :
- Tu pourrais peut-être me présenter à cette jeune femme avec qui tu conversais avec tant de plaisir…
Guillaume ne put s’empêcher de sourire et eut même toutes les peines du monde pour se retenir de rire : la douce Laurence était jalouse et même prête à en découdre !
- Je te présente Betty, la deuxième fille de ma sœur ainée Lucile. La petite famille est de passage à la capitale et ma sœur ayant fort à faire durant ce court séjour m’a prié de faire découvrir Paris à ma nièce. Ce matin j’avais un rendez-vous d’affaire que j’ai donc été contraint d’annuler au dernier moment. Je n’ai donc pas eu le temps de t’informer de cette visite inattendue mais je comptais le faire au plus tôt car, dès demain matin, je dois retourner travailler à ma banque et j’avoue que je comptais un peu sur toi pour prendre Betty sous ton aile durant son séjour ; cependant, dimanche, nous pourrions prévoir quelque chose avec toute la famille.
Regardant Laurence avec toujours cette lueur amusée dans les yeux, il ajouta :
- Je désire que tu  prennes bien soin d’elle car elle n’a pas l’habitude de fréquenter les grandes villes et surtout, malgré sa silhouette élancée, elle vient tout juste de fêter ses quatorze ans …
Laurence, bien que très gênée, prit le partir de rire et tendit sincèrement la main à Betty qui, comprenant le quiproquo, était rose de confusion mais ravie qu’on ait pu la prendre pour une adulte.
Ouf ! La tragédie n’était pas de mise et tout se terminait pour le mieux ! Ils partirent donc joyeux pour visiter, ensemble cette fois,  les merveilles de cette première exposition universelle française et surtout apercevoir enfin cette incroyable demoiselle de fer qui faisait couler tant d’encre : l’imposante Tour Eiffel !
Patricia

Elle le suivait à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un suivez-moi jeune homme.
Elle, c’était une petite femme effacée, une petite souris grise. Elle devait bien avoir dans les 80 ans, mais elle était restée en enfance. Son accoutrement aurait pu faire rire ou au moins sourire, mais il y avait une telle lumière dans ses yeux d’un bleu délavé, un tel air de douce bonté sur son visage ridé, que personne n’y aurait songé. Elle irradiait l’amour.
Lui, un grand costaud d’au moins dix ans son cadet, tenait fièrement son bras et ajustait son pas sur les pas menus de sa compagne. Il se penchait souvent vers elle, lui glissait un mot à l’oreille et elle rosissait. Un petit rire cristallin d’enfant s’élevait. Et lui, heureux de l’avoir égayée un instant, esquissait un petit pas de danse en la guidant par la taille…
Ces deux-là, quand ils passaient par hasard dans votre vie, vous ne pouviez les oublier : une bouffée de bonheur y était entrée.
Huguette


Elle le suivait à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un suivez-moi-jeune-homme.
Et le petit jeune homme marchait devant, dans son petit, costume, avec son tout petit chapeau. Quelquefois, il s’arrêtait, l’attendait, lui prenait le bras. Puis, il se mettait à parler, il gesticulait. Il lui racontait ce que serait leur vie. Bientôt. Dans trois mois. Oui, dans trois mois, ils se marieraient. Alors, le petit jeune homme répétait inlassablement ce qu’il attendait d’elle. Tous ses propos commençaient par « quand nous serons mariés ».
-        Quand nous serons mariés, tu abandonneras tes études. Tu n’auras plus le temps d’étudier car il faudra que tu t’occupes de la maison.
Quand nous serons mariés, j’aurai une promotion, et je recevrai mes supérieurs. Il faudra que tu prépares des dîners.
Quand nous serons mariés, nous aurons trois enfants. Le premier, ce sera un garçon et nous l’aurons après deux ans de mariage.
Quand il avait terminé, il lui lâchait le bras et marchait à nouveau devant elle.
Au début, ce discours l’avait rassurée. Bien qu’il fût petit, il savait ce qu’il voulait, se disait-elle. Ensuite, ses paroles l’avaient ennuyée. Il répétait toujours la même chose. « Tu comprends, c’est pour que tu saches exactement la vie que je veux pour nous ». Maintenant, ce qu’il disait l’effrayait. « Ce sera ça, MA vie ? Il choisit toujours pour nous. Mais m’a-t-il demandé ce que moi, je veux ? Je ne veux pas d’une petite vie ! ».
La fois suivante, quand il est venu la voir, elle l’a suivi à petits pas, vêtue de sa petite robe blanche à smocks, son petit panier au bras, son petit chapeau garni d’un suivez-moi-jeune-homme, mais quand il s’est arrêtée, elle avait disparu. Et il ne la revit jamais plus. Maintenant, elle marchait devant les jeunes hommes la suivait.
Fabienne


Exercice
 : Chacun écrit une phrase sur un morceau de papier et la donne à son voisin de droite qui doit faire un texte qui inclut cette phrase.

editions

Le succès avait été immédiat. « L’escargot » s’était classé numéro un des ventes dès sa deuxième semaine de sortie. La maison d’édition en avait été très surprise, le texte n’était certes pas mal mais l’histoire n’avait rien de sensationnel. Elle fut tellement prise au dépourvu, qu’elle n’eut même pas le temps de préparer l’auteur, dont c’était le premier roman, aux interviews. Il fut lâché dans l’arène, seul, le premier lundi du mois d’août dans l’émission très culturelle de France Inter. Le directeur de la maison d’édition, Monsieur Seuil, écouta attentivement l’interview. « Un escargot polymorphe glisse sournoisement sur le fil de mes mots » dit l’écrivain pour expliquer son inspiration. M. Seuil resta perplexe et la suite de l’interview ne fut pas meilleure. Il se dit alors que c’était fini, plus personne ne voudrait inviter l’auteur et que les ventes du livre allaient chuter.
Le lendemain, pourtant, trente mille exemplaires supplémentaires avaient été vendus. C’était à n’y rien comprendre ! Les gens étaient-ils devenus stupides ? Depuis l’avènement de la télé-réalité, M. Seuil s’était déjà fait une idée sur la question, mais là, il sentait qu’il y avait autre chose.
Il écouta avec attention les interviews suivantes de l’auteur, regarda toutes les émissions télé parlant du livre, sonda ses commerciaux, mais rien n’y faisait, il ne s’expliquait pas le succès du bouquin et c’était la première fois de sa très longue carrière.
Alors qu’il en discutait avec son vieil ami Philippe, Directeur de chez Pocket, ce dernier lui répondit : « c’est tellement difficile de sortir un livre ayant un vrai succès, arrête donc de réfléchir et réjouis-toi ! ». M. Seuil écouta ce sage conseil et savoura à sa juste valeur la hausse du chiffre d’affaire qui atteignit le record enregistré vingt ans plus tôt. Le succès de ce livre resta malgré tout le plus grand mystère de sa carrière.
Claire

avocatier

Alors qu’allongée sur le patio, elle savourait un livre de cuisine, un énorme avocat venu de l’arbre du voisin lui tomba sur le crâne.
-       Pardon, chère Madame, je ne vous avais pas vue.
-       Mais enfin, Monsieur, qui êtes-vous et que faites-vous là ?
-       Je suis Maître Jaunet, avocat à la cour et je surveillais votre voisin du haut de son arbre, un avocatier en l’occurrence, lorsque j’ai chu.
-       Mais pourquoi étiez-vous en haut de son avocatier ?
-       C’est le seul endroit où l’on peut voir tout son appartement. Je suis arrivé vers 17 heures et je suis monté sur une branche haute pour pouvoir dominer la situation. Il est arrivé vers 18 heures. J’ai voulu bien me cacher dans le feuillage, mais la branche a cassé, car, comme vous le voyiez, je suis un énorme avocat. Mais que vois-je ? Vous étiez en train de savourer un livre de cuisine… et justement… des recettes d’avocats, comme c’est charmant.
La dame rougit comme une tomate. C’était d’ailleurs son nom. Elle trouva cet avocat fort poli et bien mis de sa personne. Il avait certes un peu d’embonpoint, mais ce devait être très confortable. Elle décida aussi sec d’en faire son hors-d’œuvre.
Fabienne

                                                       Atelier d'écriture du 26 février 2018                               avocat

Cocotte et Zébulon

Fatigué d’une journée de bureau bruyante mais insipide, il regagna ses pénates, enfila son pyjama de zèbre et ses chaussons de fourrure mauve puis s’installa confortablement dans son fauteuil club pour fumer un énorme cigare.
Un soupir d’aise lui échappa…
C’est alors qu’une créature étrange fit irruption à sa fenêtre, l’enjamba et sauta sans vergogne à ses côtés :
–      Salut Pépère ! T’es le premier ? Non ? Où sont les autres ? C’est mortel ici ! Heureusement que j’ai ma musique…
Il dévisagea ce qui avait l’air d’être une jeune personne, dans un accoutrement étonnant : un collant beige la moulait entièrement, exceptés les mains et les pieds, qui étaient brun sombre. Sur la tête des cornes magnifiques, et un petit bout de nez noir…
Il n’eut pas le temps de répondre : une musique tonitruante lui arrachait les oreilles. La fille se mit à sauter partout, sur son canapé, sur la table… Puis elle le tira par le bras et l’entraina à sa suite :
–      On est raccords, mon zèbre ! Moi c’est Cocotte l’antilope salope. C’est quoi ton pseudo ?
Pseudo, salope ? Il ne comprenait rien, rien ! Mais il ne put résister : leur sarabande l’emporta sur le palier, puis chez les voisins, chez qui, en réalité, se tenait une fête un peu « spéciale » et très très pimentée !
Son soi-disant déguisement eut un énorme succès, jamais il ne s’était autant amusé. Rendez-vous fut pris pour d’autres soirées et on lui attribua le surnom de « Zébulon le Zèbre Zélé ».
Huguette

Exercice : ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir… J’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même au moment où…

je-maime

Je ne m’étais jamais aimée, jamais supportée. J’avais deux sœurs, une grande Jacotte et une petite Eponine, qui étaient de véritables beautés. Alors, évidemment, moi, à côté, je faisais vilain petit canard. Sauf qu’en grandissant, je ne suis hélas pas devenue un cygne… Tandis que mes sœurs avaient trouvé chacune un très bon parti, un chirurgien pour Jacotte et un banquier pour Eponine, je poursuivais mes études de droit en solitaire. Je me réconfortais comme je pouvais, me disant que les hommes n’aiment que les femmes certes jolies, mais complètement stupides. Et puis que je n’avais de toute façon pas de temps pour quelqu’un dans ma vie… Et puis, j’étais moche et personne évidemment ne voudrait de moi. Lorsque j’ai terminé mes études, mon avenir était tout tracé, j’allais être juge… Sauf que ce métier ne me disait rien du tout. Mais j’avais fait plaisir à mes parents, j’avais un bagage. Un matin, en promenant dans la rue, alors que je cherchais mollement un stage, une pancarte attira mon attention : cours Laurent – Art comique. C’était bizarre. Je connaissais les cours d’art dramatique… mais comique, je n’en avais jamais entendu parler. Curieuse, je poussais la porte. Ce fut le début véritable de ma vie. Je n’avais jamais soupçonné que j’avais une telle capacité à faire rire… Maintenant, j’ai créé un spectacle et je joue tous les soirs. La semaine dernière, ça m’est tombé dessus, comme ça, sans prévenir, j’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même au moment où je lançais une réplique hilarante et que je me suis vue dans les yeux d’un monsieur du premier rang. Depuis, je m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !
Fabienne

femme-électrocuté

Je m’aime !

Ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir. J’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même… au moment où j’ai malencontreusement pris le jus – une bonne décharge de 220 – en tentant de démonter une prise. Mon tournevis a fait un excellent conducteur, le courant m’a traversée, mes yeux se sont exorbités et j’ai senti mon cerveau s’illuminer brusquement.  Mes neurones crépitaient, soudain je comprenais tout, intuitivement, depuis les mystères de la reproduction de l’hippocampe, de la formation de l’univers, en passant par ceux de l’insondable cerveau masculin…
Aussitôt une vague d’amour de moi pour moi-même, une sorte d’hermaphrodisme intellectuel, m’a emplie : je m’aimais ! Et si je m’aimais, tout le monde m’aimerait !
Je n’eus pas le temps de vérifier cette si réjouissante conclusion, je tombai raide morte à côté de mon tournevis, après avoir plongé dans l’obscurité toute la ville…
Huguette

Ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir, j’ai eu un vrai coup de foudre avec moi-même, au moment où… mon mec, enfin mon ex, du coup, m’a largué. Les motifs évoqués étaient que j’étais chiante, que je râlais tout le temps et qu’on ne couchait pas assez ensemble. Une amie m’a dit plus tard, que je devais m’estimer heureuse puisque j’avais au moins eu une, et même plusieurs, justification(s) à cette rupture assez inattendue. Si j’ai douté de pouvoir me réjouir d’une si petite victoire, je trouvais bientôt une vraie raison de sauter au plafond. Après une bonne remise en question, je dus admettre que j’avais été chiante, que j’avais beaucoup râlée et que, n’ayant acceptée de faire l’amour que deux fois en un an, on pouvait certainement convenir qu’on ne couchait pas assez ensemble. Et la cause c’était lui, pas directement, mais je ne l’aimais pas. Moi, en revanche, je me supportais bien. Je me rendis compte que, seule chez moi, je n’étais pas chiante, je ne râlais pas et que je couchais que si je voulais. Il n’en fallut pas plus pour que je me rende à l’évidence, j’étais folle de moi ! Et j’avoue avoir savouré cet amour jusqu’à la fin de mes vieux jours.
Claire

20 février, 2018

Atelier d’écriture du 19 février 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:00

DEVOIR : un 5 mots
Paix – atelier – petit déjeuner – pluie – renouveau

bestsellers

La fortune vient en dormant…

La paix !!! Je veux juste prendre mon petit-déjeuner en paix… rien d’autre. Et pourtant depuis une semaine, ça tourne en boucle dans ma tête, comme une idée fixe. Je ne peux penser à rien d’autre : qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter pour mon devoir de l’atelier d’écriture ce lundi ? Vraiment, ma tête n’est qu’un trou noir, un vide sidéral et je n’ai rien à dire, sinon parler de la pluie et du beau temps… Et il y a de quoi faire en ce moment, si vous voyez ce que je veux dire… Mais bon, malheureusement, ce n’est pas le sujet et ma page reste désespérément blanche.
Ce n’est pas que je sois un écrivain – un écrivaillon, tout au plus – très prolixe, mais, habituellement, je trouve toujours quelque chose à dire, plus ou moins – plutôt moins que plus, d’ailleurs – intéressant. Oui, mais voilà, nous sommes déjà lundi matin et RIEN, nada, zéro ! ça me fatigue. Bon, il ne faut pas que je désespère… Je vais aller faire un tour et, si ça se trouve, je vais avoir l’idée salvatrice… Un joggeur insolite, un chien pas ordinaire, une vieille femme courbée par les ans, tout peut être sujet à écrire.
Promenade nulle, évidemment, avec la pluie, personne n’est sorti. On dirait d’ailleurs qu’il n’y a plus personne sur terre. Je rentre, de plus en plus abattue, prête, me dis-je à prononcer ce soir la phrase fatidique : « Je n’ai pas fait mon devoir… ». Ça ne m’est jamais arrivé ; en temps qu’animatrice, je dois montrer l’exemple. Une immense fatigue m’envahit et je m’allonge un peu. Je m’endors aussitôt et je commence à rêver. Un rêve extraordinaire… dont je me souviens de chaque détail après quatre heures. Oui ! J’ai dormi quatre heures !!! Je n’en reviens pas… Je me mets tout de suite à écrire… J’écris, j’écris sans m’arrêter. Les phrases viennent seules, comme si on me les dictait. Et je les trouve parfaites.  Le style est vif et enlevé, l’histoire passionnante, les personnages originaux. Je n’en reviens pas moi-même. Un véritable renouveau. Il faut que je m’arrête, c’est l’heure de l’atelier. Je vais lire les premières phrases… qui tombent pile dans le sujet.

Tout le monde a applaudi mon texte. Franchement, je n’ai pas l’habitude. De retour chez moi, je vais écrire pendant une semaine presque sans m’arrêter, juste pour ne pas mourir de faim, de soif ou de fatigue. J’ai enfin mis le point final à mon roman, car il s’agit bien d’un roman… de cinq cents pages. Je l’ai présenté à plusieurs éditeurs qui l’ont tous accepté. Il a fallu que je prenne un agent pour négocier le contrat le plus intéressant. J’ai vendu un nombre incalculable de livres qui ont été traduits en six langues. J’ai fait des tournées mondiales pour présenter mon œuvre. Maintenant, je vis de ma plume… Et je suis riche… Alors la prochaine fois que vous n’aurez aucune idée pour votre exercice, ne paniquez pas ! C’est peut-être le début de la fortune !
Fabienne

 


CYCLONE

Foutez-moi la paix !!
Malgré Gita et subséquemment sa pluie,
Malgré les Chinois et subséquemment le bruit,
Je veux un petit-déjeuner serein et silencieux…
D’autant que le renouveau de l’atelier est annoncé pour le lundi 19…
Georges

Exercice : artistes et faits divers

van-gogh

Le 24 décembre 1888 à Arles, la police récupère un homme au visage sanguinolent.
C’est Vincent Van Gogh qui dit s’être automutilé avec un rasoir.
Mais n’est-ce pas plutôt Gauguin qui lui a coupé l’oreille avec son sabre ?

 

La police s’est rendue au chevet du blessé pour l’interroger.
-       Monsieur Van Gogh ?
-       Oui
-       Ce matin, on vous a retrouvé dans votre chambre garnie le visage ensanglanté. Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé ?
-       Oui, Monsieur l’Agent, j’ai voulu tout simplement me raser et je me suis coupé l’oreille.
-       Pourtant, votre logeuse, que nous avons interrogée nous dit avoir entendu beaucoup de bruit chez vous hier soir.
-       Je vous assure, Monsieur l’Agent, il n’y avait aucun bruit chez moi. Elle a peut-être confondu avec mes voisins, un couple avec des enfants, pas toujours tranquilles.
-       Est-ce que vous aviez bu ?
-       Non. Enfin pas trop… Un peu quand même.
-       Et vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez fait.
-       Oh si ! Je me souviens que mon ami Gauguin est venu me voir.
-       Mais vous aviez dit que vous étiez seul.
-       … C’est que… j’avais oublié
-       Et donc, ce Monsieur Gauguin est un ami ?
-       Oui, un ami peintre, comme moi… Nous avons évidemment discuté peinture…
-       Et vous n’étiez pas d’accord ?
-       Non, ce n’est pas tout à fait ça. Je pense qu’il me copie…
-       Vous vous êtres disputés ?
-       Un peu, pas trop… Enfin, je ne me souviens pas…
-       Ne serait-ce pas plutôt votre soi-disant ami qui vous aurait coupé l’oreille, avec son couteau.
-       Il n’avait pas de couteau, juste un sabre qu’il a sorti, quand je l’ai accusé. Mais je vous assure, Monsieur l’Agent, que jamais, il ne m’aurait fait de mal.

La police s’est rendue chez Monsieur Gauguin pour l’interroger et connaitre sa version des faits. La concierge a dit qu’il était parti pour un long, très long voyage, à Tahiti… Elle avait des étoiles dans les yeux quand elle a prononcé ce mot, puis elle a ouvert aux deux agents de la force publique. Sur une petite table, se trouvait un sabre ensanglanté. Mais L’oiseau s’était envolé de la cage.
Fabienne


Exercice
 : Il aurait fait n’importe quoi par amour….

caddies

Il aurait fait n’importe quoi par amour, et d’ailleurs, il l’avait déjà fait. Il l’avait amenée dans les plus grands palaces pour des séjours aussi ruineux qu’idylliques. Il lui avait fait goûté les mets les plus savoureux dans des restaurants étoilés. Il lui avait fait connaître le frisson de l’aventure. Oui, mais voilà, elle avait le chic pour distiller le chaud et le froid. A chaque fois qu’il croyait que cette fois-là serait enfin la bonne, elle l’avait quitté… pour des prétextes aussi incroyables que fallacieux. Puis elle était revenue et il avait encore dû la surprendre, encore plus que les fois précédentes.
On était le 7 février et elle n’était revenue que depuis la veille. Autant vous dire qu’il avait un max de pression pour la Saint-Valentin qui arrivait. Alors, il se creusa la tête. Il avait déjà tout fait… Et puis, il faut bien l’avouer, toutes ces extravagances l’avaient quasiment mis sur la paille. Il n’avait plus d’économies, il était s’était même endetté pour le Noël dernier, où il lui avait offert un safari photo en Afrique. Elle avait adoré ! Il la revoyait encore les yeux éblouis devant les éléphants, les girafes, les gazelles… Mais tout cela ne l’avait pas empêchée de partir début janvier car, soit-disant il était trop jaloux.
Il ne pouvait dormir, la chaleur suffocante et l’angoisse le tenait éveillé. Il se mit à la fenêtre de sa chambre, qui donnait directement sur le parking de Géant. Et là, il eut enfin l’idée géniale…
Le 13 février, dans la nuit, il sortit en catimini de l’appartement, sans réveiller sa belle. Au premières lueurs de l’aube, il la réveilla doucement et lui dit :
-       Viens voir… Viens voir comme je t’aime…
Quand elle se mit à la fenêtre, elle n’en revint pas. Il avait fait un immense cœur avec tous les caddys du magasin… Et cette magnifique idée ne lui avait coûté, après tout, que 100 francs.
Fabienne

13 février, 2018

Atelier d’écriture du 5 février 2018

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:48

DEVOIR : Ecrire une histoire façon conte pour enfants :
« Choupette la roussette et Milou le cagou discutent dans la forêt ».

cagou                    roussette

Panique en forêt

Ce matin, tous les animaux du parc des Grandes Fougères sont effrayés et anxieux. Aujourd’hui, dimanche 1er avril, c’est l’ouverture de la chasse. Roussettes et nautous se serrent, tremblants, à l’ombre des grands banians, tandis que cerfs et cochons sauvages se réfugient aux confins des limites du parc. Chacun espère échapper aux chasseurs sanguinaires, mais tous savent que ce soir, nombre d’entre eux seront morts.
Milou, le cagou est le plus énervé de tous. Il ne comprend pas cet engouement des humains à tuer les animaux. Il sait qu’il ne sera pas chassé et il a décidé d’aider tous ses amis.  Il va amener les chiens sur de fausses pistes et il préviendra les autres.
Dès l’ouverture, Milou se positionne sur une chemin passager et attend. Pas longtemps, un chien vient d’arriver et renifle les environs. Milou attire son attention. Le chien, un jeune fou, s’arrête et se met à aboyer. Alors, Milou ouvre grand ses ailes, relève sa crête et se met à aboyer plus fort que lui. Le chien lui saute dessus et le blesse à l’aile.
-       Mais enfin, espèce d’idiot, tu ne sais pas que je suis une espèce protégée ?
Milou est si énervé qu’il ne sent pas la douleur. Il monte sur son assaillant et lui donne des coups de becs. Le chien part en courant…
-       Kaï, kaï, Kaï…
Tous les autres chiens, croyant qu’il est sur une piste le suivent. Milou est soulagé, mais il a mal. Il ne peut plus marcher. Il se dit qu’il va se mettre sous une fougère et attendre le lendemain, fin de la chasse. Mais c’est sans compter sur Choupette, la roussette qui a assisté à toute la scène. Elle pousse un cri suraigu pour alerter ses copines. Deux d’entre elles arrivent rapidement et l’aident à transporter Milou dans un endroit plus sûr.

Milou a bien dormi cette nuit. Son aile va beaucoup mieux et il n’a presque plus mal, mais il parade devant ses amis, l’aile en écharpe et un rictus de douleur au bec. Tous l’admirent et le respectent car, grâce à lui, aucun animal n’a été tué.
Alors, Milou s’approche de Choupette et lui chuchote :
-       Oh, ma Choupette, tu es vraiment chouette
-       Je ne suis pas chouette, je suis roussette. Oh, mon Milou, quel bagou !
-       C’est normal pour un cagou.
-       Milou, arrête, arrête, tu vas me faire perdre la tête…
Fabienne

 

Choupette la Roussette et Milou le Cagou

Quand le Bon Dieu, presque satisfait de son travail  voulut affiner son œuvre et qu’il se pencha sur la Nouvelle-Calédonie, il  dut un peu trop se pencher et  sûrement tomber sur la tête. Vous ne me croyez pas ? Et bien écoutez…
Sur cette ile en forme de cigare, il existe des oiseaux baptisés « cagous » qui ne savent même pas voler et qui aboient tandis qu’aux branches se pendent de petits renards volants appelés  « roussettes ». Je vous avais bien dit que sur cette belle ile, il se passait des choses bizarres, mais là-bas les gens y sont  habitués et trouvent cette situation tout à fait normale, alors…
Un jour, nichée au cœur de la forêt du Parc de la Rivière Bleue, solidement pendue aux ramifications d’un chêne-gomme par ses courtes pattes, Choupette la Roussette observait avec attention les incessantes allées-venues de Milou le Cagou. Ce dernier, affairé, étudiait avec attention la moindre brindille tombée ainsi que chaque amas de feuilles, certain d’y trouver les délicieuses larves dont il faisait son ordinaire. Tout allait bien quand, soudain, catastrophe ! Un petit cochon sauvage surgit d’un gros buisson, bien décidé à faire de notre cagou un succulent plat de fête.
Choupette, toute tremblante, cria très très fort pour avertir Milou. Aussitôt, le cagou  partit  en courant pour tenter de se cacher dans les fourrés mais le petit cochon, affamé, le poursuivit, bien décidé à profiter de cet excellent diner. Au secours ! Au secours ! Pensait Milou affolé. Le cochon s’approchait dangereusement et allait se jeter sur Milou terrifié quand Choupette la Roussette, déployant ses ailes, fondit brusquement sur le petit cochon. Ne comprenant pas d’où venait l’attaque, surpris, il leva la tête. Vite ! Vite ! Milou en profita pour s’échapper et se cacher dans un tronc d’arbre creux.
Le petit cochon sauvage n’était pas content mais pas content du tout !  Il grogna très fort mais, prudent,  préféra s’éloigner du danger et abandonner sa proie. Ouf ! Milou était sauvé ! Il sortit prudemment de sa cachette, gonfla sa huppe grise et levant sa tête, aboya plusieurs fois en direction de Choupette ; c’était sa manière à lui de la remercier.
Et c’est ainsi que deux animaux, pourtant très différents, devinrent amis pour toujours.
Si,  par hasard, vous passez de bonne heure, tout près du grand chêne-gomme, vous aurez peut-être la chance d’entendre Milou le Cagou aboyer, comme il le fait chaque jour, pour saluer sa copine, Choupette la Roussette. Alors, bonne promenade…
Patricia

2/ Exercice : Après avoir joué les victimes pendant 3 mois, il avoue son meurtre !

assassin

La complainte d’un innocent assassin

 Je vous jure, M’sieur le Juge, je l’ai pas fait exprès
C’est pas la peine de m’accuser, me condamner.
Une dispute comme à chaque fois,
C’est pas la peine d’en faire un plat.

 Je suis innocent, je vous le jure
J’lai pas tuée je vous l’assure.

 Elle pouvait pas s’en empêcher,
Fallait toujours me rabaisser.
Mais cette fois-ci j’ai pas supporté
Alors, je lui ai coupé le sifflet.

 Monsieur le Juge, c’est pas un crime, ça !
Juste le ras le bol d’un pauvre petit gars.
Après, je me suis calmé.
J’ai même essayé de la relever.

 Je suis innocent, je vous le jure
J’lai pas tuée je vous l’assure.

 Sauf que cette fois-ci, elle bougeait pas trop
Il a même fallu que je la porte jusqu’à l’auto
Je lui parlais mais elle ne me répondait pas
Vous voyez bien qu’elle était fâchée après moi.

 Je l’avais doucement enroulée dans un drap
Puis j’ai fait un feu pour pas qu’elle ait froid.
On a dit que je voulais la brûler dans la forêt.
C’est faux, je voulais juste la réchauffer.

 Je suis innocent, je vous le jure
J’lai pas tuée je vous l’assure.

 Je savais pas qu’elle était si fragile
Qu’il ne fallait pas serrer son cou gracile
M’sieur le Juge, je vous l’ai dit,
Ça a dérapé, j’ai rien compris.

 J’ai toujours su pleurer,
Emouvoir les assemblées
Même ses parents pensaient
Que j’étais le gendre parfait.

Je suis innocent, je vous le jure
J’lai pas tuée je vous l’assure.
Fabienne

Il y a trois mois, trois si longs mois,
Ma femme a été mise en terre.
Ses parents pleuraient avec moi
Quand je piquais des crises de nerfs.
J’ai tant gémi et tant crié
Mais mes amis m’ont épaulé.
Ma femme a été mise en terre,

Et me  voilà  célibataire.

On dit qu’elle était coléreuse,
Qu’elle n’était plus guère amoureuse,
Qu’à la maison c’était bien elle
Qui le portait, le pantalon.
Que sous ses airs de Demoiselle
Elle cachait un cœur de dragon.
On dit ces choses… moi, je l’aimais…

Hélas ! J’ai du la découper
Et même aussi, la faire brûler,
Fallait bien s’en débarrasser !
On a fini par la r’trouver,
Elle était un peu abimée…
Ma femme a été mise en terre

Et me voilà célibataire.
Patricia


Exercice
 : drôle de métier :
Il était effeuilleur de marguerites

 effeuiller

Il était effeuilleur de marguerites. Il avait eu ses moments de gloire, mais à notre époque, il faut bien le dire, l’amour ne faisait plus recette.
Il attendait la semaine prochaine avec tout à la fois espoir et angoisse. Car bien sûr, c’était pour la Saint-Valentin qu’il faisait le plus recette. Enfin, ça, c’était avant, car depuis deux ou trois ans, seuls quelques rares clients le demandaient encore. L’année dernière, il n’y avait eu que deux amoureux qui avaient fait appel à ses services pour leur belle et lui avaient donné rendez-vous dans un restaurant. Il était arrivé en avance, et avaient vu venir le premier couple, main dans la main, se regardant dans les yeux, transis d’amour. C’était quand même magnifique, ça, non ? Alors lui, les avaient fait asseoir, les avait complimentés, leur avait raconté l’histoire de Tristan et Iseult. Ils avaient eu leur petite larme… Puis, il avait sorti la marguerite de sa poche. Il avait légèrement triché pour qu’elle finisse par « plus que tout ! ». Les amoureux, voyant là un heureux présage l’avaient remercié avec chaleur. Le jeune homme lui avait même glissé un bon pourboire dans la main.
Puis, il y avait eu ce deuxième couple. Déjà, à leur arrivée, il ne les sentait pas. Chacun pianotait sur son téléphone portable. Il les avait laissés s’asseoir et les avait observés de loin. Ils ne s’étaient pas adressé la parole de tout le repas, tout occupés qu’ils étaient à discuter sur le net avec des amis inconnus. Lui, avait attendu le dessert avant de faire son entrée. Ils avaient fait nombre de selfies. Il leur avait récité un très joli poème d’amour puis avait sorti à nouveau sa marguerite. Mais il avait eu beau essayer de tricher, la fleur avait décrété « pas du tout ! ». C’est là que la dispute avait éclaté et que chacun était reparti de son côté. Ils avaient failli en venir aux mains et avaient même oublié de le payer.
Il sortit une marguerite de sa poche, la jeta et soupira… Allons, il allait falloir songer à se reconvertir…
Fabienne

Conter fleurette

J’ai créé « Conter fleurette » il y a cinq ans maintenant et je dois avouer que je n’avais pas prévu un tel essor. Les gens m’ont pris pour un fou au début, bien sûr ! Vendre un service d’effeuilleur de marguerites, cela semblait ridicule. Et pourtant, le monde en avait besoin. Une grande majorité de la population vit en ville de nos jours, ils ne connaissent les fleurs que dans des vases ou des parcs publics. Impossible donc de les effeuiller. Mais quel plaisir de pouvoir s’imaginer à quel point l’être aimé nous aime en retour en arrachant les pétales d’une marguerite ou d’une pâquerette. Les gens ont besoin de poésie et c’est ce que je leur vends.
Nous avons désormais trente-cinq effeuilleurs qui vous livrent et effeuillent où vous le souhaitez. Certains clients nous demandent parfois d’effeuiller leur fleur eux-mêmes, nous les orientons alors vers un fleuriste car notre service est nécessairement « All inclusive ».
Nous prévoyons une croissance de dix pour cent par an sur les trois prochaines années, alors si vous aussi vous souhaitez devenir Effeuilleur de marguerites, envoyez-nous votre CV ainsi qu’une lettre de motivation. Venez rendre au monde sa poésie !

 

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