Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 décembre, 2017

Atelier spécial Noël du 20 décembre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:07

Bonjour à tous !!!
Après une interruption de 3 semaines pour cause de blessure au genou, nous avons fait un atelier « spécial Noël » le mercredi 20 décembre, autour d’une table festive et de quelques bulles !!!

noel

 

DEVOIR 1 : Ce matin-là, elle mit un point final à son manuscrit en tuant son héros. Mais lui n’était pas d’accord.

Hercule_Poirot

D’après une histoire presque vraie

Ce matin d’août, Jane venait de mettre un point final à son dernier manuscrit en tuant son héros, le détective Hercule Noiraud, après dix ans de bons et loyaux services. Ce héros que, depuis quelques temps, elle trouvait si « encombrant » à tel point qu’il prenait toute la place dans sa vie : elle mangeait Noiraud, elle buvait Noiraud, elle rêvait Noiraud, et même, elle réfléchissait Noiraud… ça ne pouvait plus durer ! Elle y était bien sûr très attachée, car il avait fait toute sa gloire et sa fortune. Mais là, c’était une question de vie ou de mort : c’était elle ou lui. C’est pour cette raison qu’elle avait décidé de le sacrifier. Elle en ressentit tout d’abord un merveilleux soulagement. Toute la journée, elle se sentit légère. Elle avait très faim et, pour le déjeuner ne se prépara que des plats que Noiraud détestait. Puis elle sortit faire du shopping, activité qu’Hercule Noiraud jugeait superficielle et inutile. Enfin, elle prit une coupe de Champagne à la terrasse du Hilton en compagnie d’un de ses anciens amants.

Le soir, elle prit un bain et se mit au lit de bonne heure. Elle ne douta pas que, pour la première fois depuis longtemps, elle allait enfin bien dormir, sans rêves. Et pourtant…
A peine était-elle endormie qu’Hercule Noiraud fit son apparition ? Il était très en colère :
-       Comment avez-vous pu me faire ça, vous qui sans moi, ne seriez RIEN ! Croyez bien que je ne vais pas laisser faire ça… Vous allez le regretter !

Le ton était si agressif qu’elle se réveilla en sursaut, effrayée. Son héros lui signifiait qu’il ne voulait pas mourir, pire, il la menaçait. Elle descendit à la cuisine boire un verre de lait et se raisonna. Sûr que son esprit lui jouait des tours. Il était normal qu’après une si longue collaboration, une partie d’elle-même regrette cette mort littéraire. Elle était tout simplement plus touchée qu’elle ne l’aurait cru. Cependant, elle ne put redormir et passa une très mauvaise journée le lendemain. Le soir, elle ressentit une légère angoisse et prit un somnifère. Aussitôt qu’elle s’endormit, Hercule revint :

-       Il faut réécrire le dernier chapitre de votre livre avant de l’envoyer à l’éditeur, sinon, il vous arrivera malheur…

A nouveau, elle se réveilla, trempée de sueurs froides, puis se raisonna à nouveau. Je suis écrivain, c’est moi qui ai créé ce personnage de toute pièce. Sans moi, il n’existerait pas. C’est moi aussi qui décide de sa vie et de sa mort… C’est ainsi que les choses doivent se passer et il n’est pas question que je réécrive la fin de mon roman. Elle envoya donc son livre à l’éditeur qui le trouva très intéressant, et apprécia tout particulièrement la fin si inattendue.

Les cauchemars de Jane ne cessèrent pas… au contraire, ils devinrent de plus en plus menaçants. Elle fit une grave dépression et se suicida moins de six mois après avoir écrit son dernier chapitre. La fille de Jane continua l’œuvre de sa mère et fit miraculeusement réapparaitre Hercule Noiraud, pour le plus grand plaisir des lecteurs et du héros lui-même.
Fabienne

écrire

Des mois et des mois que je n’existe que par procuration, éprouvant tour à tour les sentiments de chacun de mes personnages, imaginant leur ressenti, leurs désirs, partageant leurs joies et leurs chagrins, endurant avec l’acuité du réel toutes leurs angoisses. Bref ! J’ai vécu avec eux au jour le jour et me suis peu à peu oubliée tant et si bien que j’ignore comment je vais pouvoir aborder l’après… J’ai besoin de me retrouver, de me rassembler, de réintégrer les frontières de mon moi éparpillé. Alors aujourd’hui, c’est décidé, je reprends les rennes et pose un point final à mon manuscrit. La meilleure solution pour y parvenir rapidement serait de mettre fin aux tribulations de mon héros par le biais d’une mort spectaculaire, quelque chose de brutal, de sanglant qui laisse mes lecteurs stupéfaits et déjà en manque à l’idée de devoir fermer ce foutu bouquin. Oui, ça c’est une bonne idée ! Vite ! à ma table de travail pour l’estocade finale !

Hé ! Ça va pas la tête ? Quelle idée de me zigouiller juste pour que ça en jette et reprendre, sans mauvaise conscience, ton petit train-train : baignades matinales à l’Anse Vata,  virées au marché pour faire le plein de  mangues et de papayes puis retour  à la maison pour savourer dans le jardin un de  tes petits cafés bien serrés en regardant si les anthuriums et  les oiseaux de paradis poussent bien… Tu n’as plus le droit  maintenant de te contenter seulement de ces menus plaisirs car nous avoir créé te donnes des responsabilités. Tu ne  peux pas décider de mettre fin à nos vies comme on ferme une porte tout de même !  Et dis-moi, tu t’en fiches de savoir si Maéva va décrocher son diplôme d’infirmière et si Glen, enfin divorcé, va retrouver sa confiance en lui et plus tard refaire sa vie ? Ça t’intéresse de savoir si le petit Soane, le fils des voisins, va guérir de sa leucémie ? C’est quand même toi qui l’as créé en personnage secondaire et qui l’a flanqué là dans une situation impossible ! Il faut que tu règles un peu tous ces problèmes avant de nous délaisser,  c’est la moindre des choses !

Quant à moi, ton personnage principal, ton héros, tu m’abandonnes sans remords ? Je  ne suis déjà plus rien pour toi ? Depuis des mois, du soir au matin, nous avons tout vécu ensemble. J’ai partagé ton quotidien, tes pensées les plus intimes; ça renforce les liens tu sais ! Je suis désespéré… Comment vais-je pouvoir supporter, du jour au lendemain, de ne plus te voir, de ne plus sentir ta main m’effleurer quand, satisfaite, tu caresses le papier noirci. T’es-tu seulement demandée si je n’allais pas me sentir délaissé ? T’es-tu interrogée pour savoir quelle pourrait être ma réaction ? Si j’allais être indifférent ou triste de te perdre ? Non, tu n’y as même pas songé ! Tu sais, au fil du temps, tu as fini en quelque sorte par m’apprivoiser et moi, bêtement, j’ai imaginé que je comptais un peu plus pour toi chaque jour. Je me sentais si proche !  Comme tu partageais ma vie, j’avais l’impression de partager aussi  la tienne… Je sais bien que je n’aurais pas dû, c’était idiot ! mais les sentiments ne se  commandent pas …  Et voilà, je suis amoureux de toi. Ça, tu ne t’en doutais pas ! J’ai su être discret ! Tu avais tant à faire, je ne voulais pas te troubler avec mes propres sentiments. Je ne voulais pas perturber ta vie mais j’ai bien réfléchi et je suis certain à présent que nos destins sont définitivement liés, que tu ne peux plus me supprimer sans supprimer également une partie de toi-même.

Finis ton livre si tu le souhaites mais entraine-moi dans de nouvelles aventures et tu verras qu’à nous deux, on va écrire un bouquin formidable !
Patricia

 

Les désarrois de l’auteure A.

commissariat

Ce texte raconte le trouble d’une auteure, jeune dans sa production, provoqué par la blessure objective et subjective d’un refus d’éditeur.
Les personnages principaux sont un seul être et deux incarnations.

A : l’auteure. Marie M. a cinquante-six ans. Elle a mis à profit le temps libre de sa préretraite pour se confronter à la page blanche, avec succès puisque publiée, deux fois.
M : le personnage central de ses romans, l’inspecteur Léo Maigrelet. Son père n’est pas Georges, n’est pas né à Liège… Après une carrière militaire de dix ans, il entre naturellement dans la police nationale, ayant un casier judiciaire vierge. Il franchit divers grades mais sans aucun espoir d’être un jour commandant, encore moins commissaire, même à titre posthume. Littérairement, il est né à trente-cinq ans.
Les personnages secondaires ou subalternes seront  nommés sans façons au fur et à mesure.

Argument.
Ce texte présente une unité de lieu, le lit de l’écrivaine. L’hiver est très froid et elle se glisse en grelottant sous la couette, ne pouvant compter sur une éventuelle chaleur animale. Une unité d’action : la confrontation dialoguée des deux personnages essentiels. Une unité de temps : la nuit, mais combien ?

Exorde.
La romancière sort de l’immeuble haussmannien des éditions Actes Sud-Ouest. Sans regarder, elle traverse le boulevard St-Germain, s’assied sur une banquette du Café de Flore. Elle commande une Suze ou « ce que vous auriez de plus amer ». Sur la table voisine, un petit pot de chocolat fume. Elle le sait onctueux. Il la nargue avec son bec orgueilleux  et sa jolie signature verte.
Mme Lagarde Lafrèche, sous-secrétaire financière du comité de lecture ASO, vient de lui faire une annonce qui l’a laissée sans voix. « C’est avec satisfaction que nous avons publié deux de vos romans ces deux dernières années. Si le premier a eu un succès d’estime et permis un retour sur investissement correct, le second, une suite en quelque sorte, a eu une audience que je qualifierai de familiale. Le comité de lecture, à l’unanimité, vous conseille expressément de tarir cette veine policière. Vous avez tout l’avenir devant vous en diversifiant vos œuvres ». Son regard courroucé provoque son meilleur sourire commercial, une inclinaison de tête façon Lady Di et un regard fixe dirigé vers la porte. Digne et bouleversée,  elle manque plusieurs marches en descendant les six étages de l’immeuble bourgeois. Elle dégringole des combles au comble de la douleur.

Une Suze, en avais-je déjà ingurgité ? Pourtant cela illustre bien l’âcreté de la situation et mon acrimonie. Cul sec. Mon train est à 14h17. Dans cinq heures environ, je serai dans ma jolie petite maison du quartier des Castors à Pessac. Je ferai un feu, prendrai un bain, déplacerai mon fauteuil préféré devant les flammes, poserai mon plaid sur les genoux et le chat persan qui va avec. Une soupe chinoise et au lit.

Première nuit.
Un peu plus de minuit.
M : enfin, te voilà ! Tu en as mis du temps pour regagner le territoire des songes. Comme inspecteur, je dirais comme tout policier, je suis fin psychologue. Nous n’avons pas de formation spécifique sinon le contact permanent de la matière humaine. Quels sont tes soucis ? Parle, ma belle. Ton vieil ami est là pour ça, toutes tes pulsions comme dirait Sigmund. Tu vois j’ai une vraie culture, celle dont tu m’as fait cadeau. Je sens bien que ton plaisir s’estompe, que tu régresses. Tes neurones s’allument comme un arbre de noël.
A : mais non. Tu es myope. Pas très doué pour l’analyse. Laisse-moi tranquille. J’ai surtout besoin de repos. Il me faut retrouver un idéal. Pas me confronter à ton existence.
M : mais, ton imaginaire, c’est moi ! Un conte., un noble conte.
A : ne fais pas le fanfaron. Si tu savais. Ce n’est pas le moment.
M : tu me caches donc quelque chose. Mon petit doigt me dit que c’est grave. Je te demande instamment de tout me dire, parole de flic.
A : stop je suis fatiguée. Tu m’as réveillée. Une fois n’est pas coutume, je prends un comprimé entier de Lexomil. Adieu !

Après une journée empaquetée dans la ouate, A. n’a guère avancé. Elle n’a pas eu le courage de téléphoner à son amie Lucie. Elle termine sa soupe vietnamienne, range ses baguettes et s’enfonce sous le lourd édredon.

Deuxième nuit.
A : je l’attendais avec impatience ce sommeil paradoxal. Hier le médicament l’avait inhibé ou bien en avait empêché la mémorisation. M., tu m’as énervée hier soir. Pourtant, je suis heureuse de te retrouver.
M : ce ne sont pas vingt-quatre heures de frigo qui vont m’enlever ma vitalité. Je voudrais tant être ton bon génie, celui du vase caressé. Au fait, j’ai su qu’à midi tu avais ouvert un flacon de Haut-Marbuzet.  La visite des chais de ce St-Estèphe m’avait permis de trouver un indice précieux pour élucider le crime œnologique de ton premier polar. Quel beau et glorieux souvenir.  Connaitrais-je encore de tels moments ?
A : il faut que je sois franche avec toi. Tu ne paraitras plus au monde. Je te garde dans une encoignure de mon lobe temporal. Je dois me consacrer à d’autres. C’est la fin pour toi, malgré toute ma tendresse.
M : c’est donc ça.  J’en avais la vision floue dans le désordre de tes pensées. Je me sens comme sur un frêle esquif au milieu d’un immense lac que l’hiver va geler.
A : tu en fais un peu trop dans le mélo mais j’assume.  C’est le caractère que je t’ai donné.
M : difficile à encaisser. Je me retire pour cette nuit. Rêve à d’autres comparses. Je te demande simplement de m’écouter la nuit prochaine. Je vais mettre en ordre mon argumentation de survie.

A. termine à petites gorgées la bouteille de Haut-Marbuzet en souriant béatement. Elle se remémore le parcours dans les chais puis dans les jardins printaniers de ce magnifique château. Le discours amoureux du propriétaire, Hervé D., la grise bien plus que le vin soyeux et exubérant, dégusté mais non recraché. Une des plus belles dragues qu’elle ait connue.

Troisième nuit.
M : je te l’avais demandé. Je suis là, dès que tes songes se ramifient. Je suis heureux de te voir si calme, si détendue. Tu es très belle, à l’intérieur aussi.
A : merci de cette belle humeur. Enfile ta robe d’avocat.
M : je ne suis pas venu seul. Défendre ma dernière enquête, celle qui a déplu, est ardu. Tu l’avais située à Condom.
A : oui, une de mes tantes habitait une ruelle jouxtant la cathédrale St-Pierre. Je l’ai connue avant que la froideur piétonnière n’en éteigne l’animation.
M : le petit commissariat vivotait dans ce vieux quartier rénové. Notre petite équipe ne s’en plaignait pas. Treize, nous étions treize. J’ai compté les petites mains : les trois stagiaires, les deux secrétaires, Ursule et Farida et la femme de ménage muette, Valentine.
A : je ne vous avais pas dénombré. Tout ce petit monde au chômage !
M : en tête de liste, le commissaire Grossard, Pierre Désiré. Il y tenait à ces deux prénoms, l’enflure.
A : PDG, c’est un peu gros. Il faut dire qu’il dépassait nettement le quintal.
M : j’étais son souffre-douleur. Pas un mot de plus à son sujet. Le reste de l’équipe était solidaire.
A : en le décrivant je me suis éprise de l’autre inspecteur, l’Italien.
M : Massimiliano Dante, mon alter ego. Max va repartir à Venise, travailler pour Donna L. L’idée de retrouver ses Italiennes, ces femmes intelligentes et désirables le rend fou. A Condom, sa boite de préservatifs est restée vierge.
A : c’est un reproche ?
M : ton côté bonne sœur se recueillant chez le serrurier du paradis, ce n’est pas très folichon.
A : à tes côtés, je vois les quatre gardiens de la paix, en uniforme, presque sévères.
M : si tu savais ! Je m’en vais les détailler.

La mère de Linette de St-Puy travaillait au château de Monluc. Elle avait dû la biberonner au pousse rapière, l’exclusivité maison. Elle en avait la verdeur de la liqueur d’armagnac et le pétillant de la méthode champenoise. Et avec ça, quelle précision lors des exercices de tir.
A : tu as été dans sa ligne de mire ?
M : à mon grand désappointement, non.
Et Floréale Ténarèze, quel bolide ! Son père regrettait l’époque des montagnards, de l’Etre Suprême, cette entité bienveillante qui n’influençait pas la destinée humaine.
A : et surtout pas la destinée des femmes. Floréale ne pouvait vivre que libre et Gersoise. De quoi se plaignait Max ?
M : de leur féminisme triomphant, en vrai macho. Te souviens-tu qu’il n’y avait pas une seule scène d’amour, même ébauchée, dans ton deuxième opus ?
A : par contre, j’ai insisté sur l’humour, l’esprit.
M : parlons-en !
Le troisième larron, l’agent Alphonse Darmery. Tu as finalement résisté et ne l’as pas prénommé Jean. Cependant, tu t’es fait un gros plaisir. Au commissariat il était préposé au standard téléphonique. C’est lui qui décrochait avec toujours la même blague en fil rouge. Allo ! L’agent Darmery, j’écoute. La moitié des correspondants raccrochait croyant s’être trompé de numéro pour joindre la police.
A : tu as raison, pas très subtil de ma part.
M : autrement, question créativité pour le dernier gardien, bravo ! Lallumey Alfred, métis Antillais, élevé au rhum, échouant dans le brouillard gersois. Quelle punition !
A : c’était un chabin. Grand, blond, cheveux crépus « chivé soleil », mirettes gris-vert, lèvres épaisses, puissante cambrure lombaire. Quel bel homme, la trentaine altière. Ne lui manquait que la moustache de d’Artagnan. Je l’aurais bien mis dans mon lit.
M : que ne l’as-tu fait. «  Et pour le voir tu dessilles les yeux » pour citer Ronsard. Tu aurais connu son caractère volcanique, une soufrière ! Juste un problème. Le fier Guadeloupéen était homophobe. Et Alphonse… gay !
A : première nouvelle.
M : voyage plus, ma fille.
A : eh ! Doucement les basses. Tu es ma créature. Sais-tu qu’il n’y a pas de commissariat à Condom. La ville est trop petite, sept mille habitants. C’est la gendarmerie qui gère. Même dans tes rêves…
M : ces derniers mots, c’est mon incinération. Je peux mourir autant de fois que tu le désires. Mais souviens-toi que je suis ta psyché.
Bertrand


DEVOIR 2
 : Ecrire une lettre au Père Noël la plus drôle possible.

lettre

Cher Papa Noël,

Cette année, j’ai été bien sage : j’ai maintes fois gardé mes petits-enfants, j’ai été assidue à l’atelier d’écriture et malgré quelques rhumatismes, j’ai assez régulièrement fréquenté piscine et salle de sport. Tout ça pour te dire qu’à la place de mes petits souliers tu trouveras de larges bottes de sept lieus qu’il convient de garnir avec goût et générosité.
Je sais que tu as du boulot en cette période mais je compte sur toi pour faire un effort, sinon, gare au bilan 2018 ! Ne pense surtout pas que se sont des menaces mais tu me connais, j’ai un fichu caractère et suis quelque peu rancunière. Ah ! J’allais oublier ! Disposes-tu d’un service après-cadeau ? Ne te vexes pas…c’est seulement dans l’hypothèse, peu vraisemblable, où tes choix ne correspondraient pas à mes attentes. Je sais, tu dois penser que je suis exigeante, mais, c’est seulement que j’aime bien tout prévoir.
Bon, j’arrête ici cette missive car je ne voudrais pas monopoliser ton précieux temps.
Je te souhaite de tout cœur de passer de joyeuses fêtes et de bien réveillonner avec les petits lutins.
Gros gros bisous,
Patricia

PS :
1°) Fais attention à  ne pas tout salir en passant par la cheminée.
2°) Mon parquet étant parfaitement astiqué, soit gentil de bien vouloir enfiler les patins de feutre déposés à ton attention à gauche de la cheminée.
Patricia

blessure-genou
Cher Père Noël,

Tu remarqueras que tu n’as jamais été submergé par mes lettres ou demandes de cadeaux, je ne suis pas quelqu’un d’avide et sais me contenter de peu. Habituellement, j’avais droit à la petite boite de marrons glacés à 900 F que m’offrais ma belle-fille, mais durant l’année, elle a jeté mon fils et je n’ai plus trop envie de lui parler, alors tu vois, je n’aurais même pas de marrons glacés ce Noël, et du coup, je n’aurai rien du tout. C’est là que m’est venue l’idée de t’écrire…
Comme tu le sais, j’ai été très très sage toute l’année et bien gentille aussi. Tu sais également que cette année n’a pas été terrible pour moi. Je me suis encore blessée et beaucoup cette fois-ci : 15 points de suture au bras et dernièrement, 23 points + 10 au genou. J’ai allègrement dépassé les 150 points de suture sur tout mon corps. C’est pourquoi j’ai pensé que toi, qui peut tout, tu pourrais peut-être m’offrir une espèce d’armure pour que je ne me blesse plus. Mais attention, il faudrait qu’elle soit légère, car je commence à vieillir et ne suis plus trop vaillante. Il faudrait aussi qu’elle ne tienne pas chaud, sous nos latitudes, ce serait vite intenable.  J’aimerais également qu’elle soit très maniable. En fait, il me faudrait faire peau neuve car je ne me suis jamais bien sentie dans ma peau. Alors si tu pouvais dépecer quelqu’un qui a été très très méchant toute l’année, ça me ferait bien plaisir et comme ça, je pourrais savoir ce que c’est « une peau de vache ». Peut-être même que je ne serai plus une vieille peau et que je trouverai quelqu’un qui m’ait enfin dans la peau. J’espère vraiment que tu pourras avoir la peau de quelqu’un, d’autant que pour toi, ça coûterait peau de balle !
Tu sais comme je t’aime et comme j’ai toujours cru en toi. Je te remercie d’avance et te fais de gros bisous.

PS : Je te laisserai un verre de champagne et du foie gras au frais car je ne pense pas que tu apprécies vraiment le lait.
Fabienne

2/ Exercice :

Le matin de Noël, j’ai trouvé sous le sapin…

peau

Vous n’allez pas le croire, devinez ce que j’ai trouvé sous le sapin de Noël, le matin de Noël ?
Ouuuuiiiii !!!! Une peau. Souple et légère, résistante, exactement comme je l’avais demandée. Je l’ai tout de suite enfilée. Elle m’allait comme un gant, si je peux dire ! Le seul inconvénient, c’est qu’ elle était blanche et noire, avec une queue en forme de tue-mouche !
Fabienne

 

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