Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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25 octobre, 2017

Atelier d’écriture du 23 octobre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:14

Exercice : Ecrire une histoire à partir de cette photo de Vivian Maier :

Vivian-Maier

Monsieur André avait voulu faire plaisir à sa femme, sa chère Louise, qui ne pouvait avoir d’enfant. Il en avait assez de voir ses yeux gonflés de larmes et de la voir se dessécher telle une plante stérile. Alors Un dimanche, il l’avait amenée au plus grand supermarché de la ville pour lui acheter un fils. Ils savaient bien tous deux que ce n’était pas un vrai fils, mais il était tellement parfait que l’illusion était totale. Monsieur André n’avait eu qu’à se féliciter de son achat car, outre le fait que Mike, c’est ainsi qu’ils l’avaient appelé, était un petit garçon aimant, doux et bien élevé, il pouvait aussi mettre le couvert, débarrasser la table, étendre le linge et surtout servir l’apéritif. Du coup, ils n’hésitaient plus à inviter leur famille, voisins et amis très souvent. Vraiment un bon petit gars, ce Mike ! Le seul inconvénient était qu’il fallait l’amener une fois par mois en révision. Durant cette révision, les techniciens lui enlevaient toutes les idées parasites ou subversives de sa mémoire vive, faisaient un check-up complet des pièces vitales et mettaient de l’huile dans toutes les articulations. Chaque fois, c’était un nouveau petit garçon qui leur était rendu, toujours plus docile… Ce week-end-là, lorsque Monsieur André l’amena au Service après-vente, il ne reconnut pas l’employé, qui devait être nouveau. Il partit faire ses courses, laissant Mike à sa révision. Quand il revint, il remercia le technicien et donna, à son habitude, les sacs de courses au petit garçon qui devait les porter jusqu’à la maison. Dès qu’ils prirent la grand-rue, Mike jeta toutes les courses par terre et les piétina. Monsieur André n’en revenait pas, il ne savait que faire. Jamais une telle chose n’était arrivée… Comment cela pouvait-il être possible alors qu’il sortait tout juste de révision ? Mike se mit à trépigner et à hurler. Monsieur André était de plus en plus gêné. Qu’allaient croire tous ces passants qui se retournaient sur eux. Alors, il prit une grave décision : il coinça le gosse sous son bras et appuya sur le bouton « OFF » qui se trouvait sous sa chaussure et qu’il ne devait activer qu’en cas de problème TRES grave. Puis il empoigna ce qui maintenant ressemblait plus à un robot sous son bras pour le ramener au magasin.
Et croyez-moi, ils allaient entendre parler de lui !!!
Fabienne

Exercice : À la Loterie des Rêves, cette nuit, j’ai enfin gagné ! Mais au réveil, quand j’ai ouvert les yeux, ce n’était pas du tout le lot que j’espérais.

vieux

À la Loterie des Rêves, cette nuit, j’ai enfin gagné ! J’ai rêvé que je gagnais un Prince Charmant !!! Avec son magnifique destrier blanc (en l’occurrence, une Porsche), une Rolex et un costume Armani… En gros, un mec qui avait de la tune, pas un minable. Et même s’il était un peu vieux pour moi et conduisait sa Porsche comme une trottinette, cela ne m’apparaissait pas comme un handicap majeur pour ma vie future. Au contraire, aurais-je dit… Oui, Mais voilà, au réveil, quand j’ai ouvert les yeux ce n’était pas du tout le lot que j’espérais. Dans le lit, à côté de moi, horreur !!! Il y avait un type tout nu, qui ronflait plus fort que le gros fourneau de la SLN. Je regardais au pied du lit, il y avait de vieilles chaussures éculées, un jean qui datait et un tee-shirt taché. Là, je me suis vraiment mise en colère !!! Je n’arrivais jamais à avoir ce que je voulais. Vraiment, je n’avais pas beaucoup de chance. Je me suis mise à rouspéter toute seule, ce qui réveilla le « gros lot » qui, la tête tout ensommeillée tira vivement le drap sur lui. J’avais déjà eu le temps de jeter malgré tout un coup d’œil et vu que le Monsieur n’était pas si mal pourvu que ça…
Finalement, je pense que je vais le garder un peu, rien que pour embêter ma voisine Lucienne !!! ça lui fera les pieds à celle-là !
Fabienne


DEVOIR
 :

senior

Comme il commençait à prendre de la bouteille, il décida de vieillir, tel un bon vin. D’abord, il déménagea ses affaires dans la cave, puis il s’allongea sur une claie. Il n’avait pu descendre son matelas qui était trop lourd. Il avait d’ailleurs amené très peu de choses, le but étant de s’alléger de tout. Un peu de rechange, quelques boites de conserve, des bougies et des photos de Viviane, sa femme, disparue trois ans plus tôt d’une sale maladie.
Il pensait que dans cet endroit sombre et humide, la mort l’oublierait et que la température constante de la cave le conserverait dans un état parfait. Il se tourna vers le mur et attendit…
Au début, il alluma les bougies pour ne pas rester dans le noir, puis, ses yeux s’habituant à la pénombre, il s’en passa. Il perdit ainsi toute notion de temps, de jour et de nuit. Mais il s’en foutait, enroulé dans une vieille couverture grisâtre, il mangeait quand il avait faim. Il ne se lavait plus… Il attendait… Il ne savait quoi. Peut-être deviendrait-il un pur esprit ? ou bien allait-il enfin devenir beau… Lui qui avait toujours été si quelconque.
Au bout d’une semaine, il n’en pouvait plus, de cette odeur de moisi, de ne pas bouger, de la pénombre, lui qui avait toujours tant aimé le soleil.
Alors, un matin, mais il ne savait même pas si c’était le matin, il décida d’arrêter là son expérience. Il monta quatre à quatre l’escalier, courut dans le couloir et, les yeux fermés, ouvrit à la volée sa porte d’entrée. Le soleil l’inonda, il ressentit en frissonnant de plaisir sa chaleur. Il ouvrit lentement ses yeux qui le brûlaient un peu et s’émerveilla de toutes les couleurs de la nature. Du vert tendre du gazon, du vert foncé des pins, du bleu profond du ciel, des points blancs dans la prairie du père Gaston où paissaient ses moutons, du bleu tendre des hortensias, près du portail, des tâches rouges des roses que sa femme aimait tant. Il respira avec délice et sentit toutes ces odeurs mélangées et pourtant si reconnaissables les unes des autres. Tout près, il entendit le murmure de la rivière et le gazouillis des mésanges qui avaient fait des petits. Toutes ces choses le remplirent de tant de bonheur qu’une larme s’égara au milieu de ses rides. Peu importait qu’il vieillisse en fait, et cette expérience l’avait en quelque sorte rendu meilleur, plus beau car il sourirait tout le temps désormais. Cette expérience lui avait appris qu’il était entouré de merveilles et qu’il suffisait d’en être privé pour les apprécier.
Fabienne

17 octobre, 2017

Atelier d’écriture du 16 octobre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:48

DEVOIR : « Le conte du pourquoi »
Pourquoi les fils électriques s’emmêlent-ils toujours même quand on ne les touche pas ?

fils

Fil à retordre

La matrice cuprifère dormait, belle et monstrueuse. Pour les siècles des siècles, sans même mesure du temps, elle serait à jamais pure matière et pur esprit. L‘unique, l’élément qui ferait le tout. La nuit finissant, ses rêves avaient tout construit. L’aube venait de son expansion illimitée, de son réveil joyeux. La mère transmettrait sa puissante énergie au monde. Le premier fluide était la lumière, le deuxième la matière, le troisième son verbe, son sens. Peu après l’illumination initiale elle s’enorgueillit de sa dilatation, prête à l’épanouissement de sa substance. Elle prit alors solennellement la parole : « mes fils,  vrombit-elle,  vous transmettrez au Cosmos l’énergie qui alimentera la matière et le savoir qui l’informera de son avenir… Mes innombrables fils, je vous veux tous égaux vers toutes les directions. Chacun, vous serez le conducteur. On vous nommera les âmes. Vous pénètrerez tout jusqu’à et par delà la Vie. »
Cette progéniture infinie de tiges cylindriques avait la couleur cuivrée de la génitrice arachnéenne. Leur éclat métallique irradiait. Leur maman cuprique était fière. Pouvait-elle savoir que les Moires gardaient et regardaient, l’une tissant, l’autre réparant, la dernière tranchant.
Combien de temps a pu durer leur voyage vers la terre ? Milliards d’années pour nous, secondes pour les fils. Pour favoriser notre planète, le concept de la génitrice était simple. Dans le froid stratosphérique, transformer le cuivre en cuprate au contact de l’air. De conducteurs, les fils deviendraient supraconducteurs, un mille-feuille en couches de cuivre et d’oxygène, appétissant, d’innombrables savoirs circulant à des vitesses pharamineuses.
Mais, comme le ver dans le fruit, il était dans l’atmosphère terrestre un agent perturbateur, un composant terrible, un dictateur prodigieux. Cette matière minérale avait un nom de code : Ag 47.  Dès l’arrivée des fils elle s’amalgama en eux d’autorité. Une douleur électrique ahurissante surprit le cœur des fils. Un élancement funeste les fit se tordre et se détordre en billons de spires. Se distordre, s’entortiller ne fit rien à l’affaire. Le mal était fait. L’ARGENT les avait embobinés.
Depuis, au fond de nos boites à outils,  les fils électriques se souviennent de ce métissage tortueux. Ce n’est pas de leur faute si les habitants de la planète bleue ont choisi de tresser des couronnes au despote argentique. Je suis presque sûr que sur Vénus les fils ne se mélangent pas. Ou alors aux filles d’Aphrodite !
Bertrand P.

C’est Monsieur Câble qui, comme son nom l’indique, inventa le premier câble électrique. Tout d’abord, tout le monde s’extasia et s’accorda à dire que cette invention était parfaite. C’est donc en toute logique qu’il en créa un deuxième qu’il mit proprement à côté du premier puis, satisfait d’avoir accompli une si belle et utile chose, sortit cinq minutes boire un café. Lorsqu’il revint, ses câbles étaient tellement emmêlés qu’il lui fallut toute une nuit pour les démêler. Il s’arracha le peu de cheveux qu’il lui restait et inventa par la même occasion toute une kyrielle de gros mots tous aussi pittoresques et suggestifs les uns que les autres.
Au bout de dix câbles, son appartement ressemblait à une jungle inextricable.
Il répéta donc plusieurs fois l’expérience et s’aperçut que les fils s’emmêlaient uniquement lorsqu’on ne les regardait pas. Il constata également qu’il lui était impossible de rester à surveiller ses câbles 24h/24 car, dans ce cas-là, il ne pourrait plus boire ni manger ni faire ses besoins ou même faire l’amour à sa petite copine. En scientifique qu’il était, il inventa donc une nouvelle propriété : les câbles ne PEUVENT que s’emmêler, quoi qu’on y fasse. Ainsi, il proposa à tous les utilisateurs plusieurs solutions :
1°/ Exterminer tous les câbles
2°/ Ne jamais utiliser plus d’un câble à la fois
3°/ Partir trois ans au Tibet et devenir grand maître de la Sagesse
4°/ Accepter cet état de fait…
… Ce qu’il fit.
Fabienne


Exercice
 : Ecrire chacun des mots suivants sur un morceau de papier, le plier, indiquer s’il s’agit de la liste 1 (noms) ou 2 (adjectifs).
Les participants piochent 2 papiers n° 1 puis un n° 2 et écrivent un texte.
1 – Un réverbère – une cafetière – un journal – un ordinateur – une chaussure – un arrosoir
2 – mélancolique – colérique – jaloux – timide – vantard – cruel

 Arrosoir-ordi

L’arrosoir vantard et l’ordinateur cruel

 

Prosper était, selon lui, le plus bel arrosoir de tout le comté. En fer blanc, recouvert d’une étincelante peinture vert anis, il était en harmonie complète avec la nature. Il était tellement fier lorsque, tous les soirs, le vieil Isidore, le jardinier du château, le remplissait pour arroser les parterres de fleurs ! Lorsqu’Isidore le rentrait ensuite dans la remise, il n’arrêter pas de se vanter auprès de tous les outils de jardinage.
-       Moi, je suis indispensable à la vie des plantes. Sans moi, elles risquent de mourir. Vous comprenez, ce n’est pas comme vous qui, certes, êtes utiles mais pas indispensables : si Isidore ne se sert pas de toi, dit-il à la pioche, pour piocher un peu ou de toi pour bêcher, il n’y aura pas de danger, juste un peu de désordre dans le jardin. Tandis que MOI, si je n’arrose pas les plantes, tout le jardin risque de disparaitre. Sans compter que MOI, je suis au service des propriétaires depuis plus de cent ans !! Vous vous rendez compte, alors que vous, vous êtes fragiles, j’ai à peine le temps de faire votre connaissance que vous vous cassez et qu’il faut vous jeter…
Evidemment les outils de jardinage en avaient plus que marre de ce vantard d’arrosoir. Un jour, Isidore ne vint pas. Il y avait plus de cinquante ans qu’il travaillait pour le château et il s’éteignit en silence, comme une fleur qui se fane.
Son remplaçant, un jeune homme, était fou d’informatique. Il proposa donc un gestion plus rationnelle de l’eau et des moyens aux propriétaires qui applaudirent ce jardinier si inventif. Ils mirent donc à sa disposition un ordinateur portable qui devait récolter toutes les données avant de tout informatiser. Quand un matin, Prosper fit, à son habitude, une ode à sa propre gloire, l’ordinateur ricana. Le deuxième jour, Prosper se vanta également. Alors, l’ordinateur qui n’en pouvait plus de ce vieil arrosoir et qui, en outre était très cruel, lui annonça tout de go :
-       Vas-y vante toi, et profites-en bien, car demain, tu seras au rebut, ou pire, à la décharge. Grâce à moi, le jardin sera doté d’un système de goutte à goutte qui va permettre d’économiser l’eau et d’arroser les plantes en continu. Je vais également en profiter pour te percer… Ah ! Ah ! Ah !
Prosper était effondré lorsqu’il vit les conduites d’eau lui percer le fond. Comme l’avait prédit l’ordinateur, il se retrouva bien vite à la décharge.
Heureusement, des bohémiens vinrent à passer et leur petite fille trouva cet arrosoir bien joli. Elle y planta des géraniums et le suspendit à la roulotte. Tout le monde s’extasiait de voir un si bel arrosoir transformé en pot de fleur, mais l’arrosoir, échaudé, restait bouche bée et ne se vanta plus jamais !
Fabienne

Exercice : Quand il ouvrit son courrier ce matin-là, une lettre attira tout de suite son attention…

lettre

Quand il ouvrit son courrier ce matin-là, une lettre attira tout de suite son attention… Son nom et l’adresse du commissariat étaient tapés à la machine. Le papier était de très bonne qualité. Elle dégageait, en outre un léger parfum de tabac blond. L’inspecteur Montes déchira vivement l’enveloppe et s’aperçut que le texte était découpé dans les titres des journaux. C’était une lettre anonyme. Une lettre anonyme de l’Enchanteur, le serial killer, qui depuis deux mois, mettait en émoi toute la ville. Déjà cinq victimes avaient été retrouvées mortes, étranglées. Toutes des femmes, entre vingt et quarante ans, blondes. Les femmes n’osaient plus sortir seules dès que la nuit était tombée. Le standard croulait sous les appels, chacun étant persuadé que le tueur vivait dans leur immeuble.
« Dépêchez-vous Inspecteur, sinon vous ne pourrez pas sauver la prochaine. Je l’ai déjà choisie… Je sais qu’elle m’atend ».
C’était nouveau ça, de prévenir avant de tuer ; ça voulait dire qu’il avait franchi un pas et qu’il pensait être très intelligent, plus en tout cas que ces débiles de policiers, se dit l’Inspecteur Montes. Puis il remarqua la faute d’orthographe. Il n’y avait qu’un seul T à attend. Il sut alors tout de suite qui était le tueur.
Fabienne

11 octobre, 2017

Atelier d’écriture du 9 octobre 2107

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:07

DEVOIR : 5 mots

Piscine – parasol – glace – électeur – sacoche

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Dialogue citoyen modèle

- Comment vas-tu, chéri ? Es-tu bien installé ? Tu vois, vieux dégoutant, nous avons bien fait de mettre le vieux canapé en toile près de la piscine. Celui-là tu peux le tacher sans problèmes. Veux-tu que je déplace un peu le parasol ? J’ai peur que tu prennes un coup de soleil sur le coup de pied. Tu sais bien que tu ne peux pas faire la sieste sur le ventre. tu vas faire culbuto.
- Merci bien, mon tendron chéri. Une petite glace citron meringué et ce serait le bonheur intégral. Intégral ! Tiens, cela me fait penser à notre merveilleux séjour de vacances de l’an dernier. Ce club naturiste, le domaine de la Chandellalaire, près de la Petite Motte, était le plus cool et même le plus chaud que j’ai connu.
- Oui, je sais. Les copines m’ont raconté. Il paraît qu’au bord de la piscine, le biscuit était un peu ramolli, même si tu ne peux plus voir ce que je veux dire. Probablement l’humidité ambiante! Il est  vrai que j’avais oublié, bien malgré moi, crois-le bien, de mettre tes pilules bleues dans ta sacoche de toilette.
- Tu pourrais me laisser tranquillement m’alanguir au beau milieu de mes souvenirs.
- Au lieu de te prélasser, tu ferais mieux de penser à remplir ton devoir !
- Mais, douce chérie… Qu’est-ce que tu me jaspines ? Cela ne pourrait pas attendre ce soir ?
- Non, non, non, mon gros chéri. Pas ce devoir-là. Tu ne te souviens pas ? C’est aujourd’hui dimanche,  jour de présidentielle. Tu as déjà raté le premier tour (comme avec moi, d’ailleurs !). J’ai posé ta carte d’électeur sur la table basse.
- Pour ça non ! Je n’irai pas !
- Tu ne vas pas rester allongé au lieu de VOTER ?
- Oh si ! mais, crois moi, à la première occasion, je serai debout pour GUEULER !
Bertrand

 

pool

Je travaille dans un pool, mais ne traduisez pas par piscine, avec parasol, transat et petit cocktail ou énorme glace. Mon pool à moi, je le déteste. On est plus de vingt filles, de vingt à quarante ans, à travailler là, toutes ensembles, pour les listes électorales. On doit appeler tous les électeurs, un par un pour mettre à jour nos données et il y en a plus d’un million trois cent mille, alors, le chômage, ce n’est pas pour tout de suite. Certes, je déteste ce pool, bruyant et harassant, mais je déteste encore plus notre petit chef de service, Albert Pignon. Petit, le cheveu gras et rare, la lippe pendante, les yeux fouineurs, le menton fuyant et la bedaine proéminente, il n’a rien d’un Don Juan. Et pourtant !!! Il nous pince les fesses dès qu’il le peut, il louche sur nos seins, nous humilie constamment et nous fait du chantage à l’augmentation. Je ne vous décris pas la peur qui nous tord le ventre quand l’une d’entre nous est convoquée dans son bureau. Chaque fois qu’une nouvelle est embauchée, il ne la quitte pas d’un pouce jusqu’à ce qu’il soit remis à sa place. Mais ça, on ne le fait pas souvent et vraiment dans les cas extrêmes car nous avons peur de perdre notre travail… Et par les temps qui courent, c’est déjà bien d’en avoir un. Quand il s’en prend à l’une de nous, toutes les autres baissent la tête et se taisent, soulagées, au fond de ne pas être « l’élue du jour ». Cette vie ne peut plus durer pour moi… Je n’en ai jamais parlé à mon mari, j’ai peur de sa réaction, ou peut-être pire : qu’il ne me croit pas. Alors, j’ai décidé d’agir avec mes trois meilleures copines : Lulu, Mimi et Josiane. Nous nous sommes cotisées et nous avons acheté un magnétophone. Nous l’avons mis dans une petite sacoche et chacune de nous le prend tour à tour pour enregistrer les propositions malhonnêtes de ce malotru. Nous avons supporté ses sévices pendant plus d’un mois pour avoir suffisamment d’enregistrements afin que plus personne ne puisse douter de ses intentions. Puis, nous avons passé la bande à la cantine de la mairie, un midi. Au début, il y avait du brouhaha, puis peu à peu, un grand silence s’est installé. Au fur et à mesure que la bande défilait, Albert devenait de plus en plus rouge, puis a quitté la salle en courant, poursuivis par les autres hommes, dont certains étaient mariés avec mes collègues. Ils étaient prêts à le rouer de coup mais n’ont pas pu, hélas ! le rattraper. Désormais, Pignon a été « muté » aux archives, il y est tout seul et ne peut plus faire de mal. C’est une femme qui l’a remplacé dans notre service et maintenant, nous n’avons pas à nous plaindre de harcèlement sexuel, mais de là à dire que la vie est bien meilleure…
Fabienne

 

Exercice : Finir sa vie de matelas dans un fourré, il ne l’avait jamais imaginé, lui, le pure laine à mémoire de forme et ressorts enchâssés. Pourtant, depuis cette nuit il s’y trouvait, en compagnie d’un tas de gravats et d’un vélo rouillé.
Déjà ses acariens le quittaient…

matelas

-       Aïe !!! Hé, le Mérinos, tu me fais mal !!!
Il ne savait pas d’où venait cette voix et sursauta. C’était lui qu’on appelait Mérinos ?
-       Mais qui donc me parle ?
-       C’est moi, le vélo en-dessous, on t’a jeté sur moi !!!
A ces mots, Mérinos eut la larme au bord des ressorts. Lui, le pure laine à mémoire de forme et ressorts enchâssés. On l’avait jeté là, comme un vulgaire mousse troué.
-       Ça va aller, t’inquiète. C’est sûr qu’au début, il y a de quoi avoir un petit coup de mou, mais après, tu verras, on s’y fait. La vie est belle ici, sauf quand il pleut. Au fait, je me présente, tout le monde m’appelle Eddy Merckx
-       Monsieur Merckx, nous ne fréquentons peut-être pas le même monde…
-       Oh ! Dis donc, pas besoin de faire ta pimbêche, ici, on est tous à la même enseigne…
Le matelas craqua et s’affaissa d’un coup… Il n’en pouvait plus, alors, contrairement à son habitude, il raconta sa vie. Il avait fidèlement servi et accueilli à leur naissance plusieurs générations de De Lassey. Il avait d’ailleurs discrètement participé mais de façon essentielle à leur création, et tout ça pour finir dans une décharge sauvage !
-       Tu sais, Mérinos, ici, on se serre les coudes entre potes, et appelle-moi Eddy…
-       Eddy, vous vous rendez compte, même mes acariens me quittent.
-       Tous les acariens, toutes les acariennes vont chanter, vont danser sur le violon, se mit à fredonner, hilare le vélo…
-       Je vous interdis de vous moquer de moi…
-       Mais je ne me moque pas, Mérinos ! Que veux-tu, moi, je vois toujours la vie du bon côté…. D’ailleurs, regarde, tu vas encore servir… Eddy montra du guidon quelque chose à Mérinos qui étira ses ressorts pour voir. Sur sa toile, un couple d’hirondelles commençait à faire leur nid.
Fabienne

 

Exercice : Elle habitait au 21, rue de la Pluie…

21

Elle habitait au 21, rue de la Pluie, un appartement sombre et humide. Elle n’était pas heureuse, sauf certains soirs… Des soirs où elle se vengeait de cette triste vie de misère et de solitude. Dans ces cas-là, elle entrait dans un bar. Il y avait toujours un type plus soûl que les autres qui ne voyait pas ses yeux emplis de haine, les plis durs aux coins de sa bouche. Alors, il l’invitait à boire un verre qu’elle ne touchait même pas. Lui, continuait de s’enivrer. Puis, bras dessus, bras dessous, ils s’en allaient. Il riait, savourant déjà cette victoire si facile et les plaisirs qui en découleraient. Elle, impassible, commençait à sortir le couteau qu’elle cachait dans les grandes poches de son manteau. Il y avait toujours un endroit plus sombre. C’est à ce moment-là qu’elle frappait. Tous ces hommes la regardaient, et on lisait au fond de leurs yeux leur incompréhension, comme une question : pourquoi ?
Elle haïssait les hommes qui avait tant fait souffrir sa mère qu’elle en était morte. Tous ! Ils étaient tous des ordures…

Le Commissaire Maigret, satisfait, alluma sa pipe. Il avait rondement mené cette enquête qui, pourtant, dès le départ semblait bien compliquée et grâce à sa perspicacité il avait pu arrêter celle qui terrorisait la ville. D’ailleurs, qui aurait pensé que cette frêle jeune fille pût être un assassin ?
Une horde de journalistes, micros tendus, l’attendait devant le commissariat du 5ème. Alors, solennel, il s’avança et, parodiant un certain Henri-Georges Clouzot, il déclara : « l’assassin habite au 21 !!! »
Fabienne

8 octobre, 2017

Atelier du 2 octobre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:24

DEVOIR : Ecrire un texte avec le plus d’expressions contenant une partie du corps humain et qui commence par
« J’étais en train de prendre mon pied… »

pied

Corps humain

J’étais en train de prendre mon pied, enfin d’essayer !  Onan soit qui mal y pense. C’était celui qui n’avait pas trouvé de chaussure. On a le droit d’être gauche. Le petit gong m’annonçant un nouveau courriel me fit stopper net. Il fallait reprendre les choses en main.
Bon, ravi d’apprendre que Fabienne avait remis le doigt dans l’engrenage du Web.  Cependant un « pes contritum » provoque chez moi mal de crâne et bile noire (mélancolie si vous préférez). Je jetais donc sur le message un œil critique sinon mauvais. Qu’avait-il bien pu passer par la tête de Fafa ? Habituellement elle l’a sur les épaules mais avait-elle un coup dans le nez ? Proposer à un membre génial (moi, ego à chevilles oedématiées purement virtuel) un sujet sur les parties du corps humain peut être ambigu. Mais son propos restait singulier, banal à vous rester sur l’estomac. Rien qui ne provoque chez moi un frémissement à fleur de peau, me faire venir l’eau à la bouche encore moins l’envie de me faire suer la cervelle. A manger du bout des lèvres.
En y réfléchissant, je me suis dit que j’étais une vieille barbe. Cela lui tenait sans doute à cœur, même en plein déménagement ! Je pourrais sans me mettre à genoux, mettre la main à la pâte. Vous me connaissez, un poil dans la main. J’ai les côtes en long. Un effort Bébert ! Je n’allais pas rester les bras croisés ni les baisser (c’est l’un ou l’autre, j’ai essayé).
Et puis, qu’allaient dire les bonnes âmes de l’Atelier ? (ADLMDL où est resté un morceau de mon cœur, disons les  oreillettes)  Que je n’avais rien dans le ventre, me mettre en joue, en faire des gorges chaudes ? Allais-je tenter quelque chose, à mon corps défendant ? Arrêtons de nous tourner les pouces.
Si j’avais les épaules larges, avec un peu d’huile de coude, sans que cela me coûte un bras mais à la force du poignet, je tournerais quelques phrases en un tournemain, soignées jusqu’au bout des ongles. Alors, ne me prendraient-ils pas pour un membre supérieur ? Outrés, ne me mettraient-ils pas à l’index ?
Néanmoins avec des si ! Je sais bien que je ne sors pas de la cuisse de Jupiter, que je suis vite sur les rotules, que je ne vous arrive pas à la cheville et que l’originalité est mon talon d’Achille. Et encore que je ne me mouche pas du pied. Alors, vont-ils me déclarer membre inférieur ? Cela me ferait une belle jambe (facile, mais je sais pas tenir ma langue !).
Alors, je renonce, je passe la main tout en mettant les pouces (pas facile non plus, j’ai tenté). Je ne dirais rien sur les parties. Je sais. Fabienne va faire les gros yeux, me tirer les oreilles. (je le sens d’ici). Je vais perdre la face.
Rassurez-vous, ne vous faîtes pas un sang d’encre (pour les écrivains c’est pourtant nécessaire). Je m’en remettrais en un clin d’œil.
PS : pour ce devoir, j’ai l’impression d’avoir baisé le cul de la vieille.
Bertrand

Autopsie

J’étais en train de prendre mon pied quand je m’aperçus que les murs avaient des oreilles. Ma sœur, que je pensais être endormie sur ses deux oreilles, venait de bailler à s’en décrocher la mâchoire. Si je l’entendais, elle pouvait donc m’entendre. Voulant en avoir le cœur net, je décidais d’aller lui tirer les vers du nez. J’ouvrais avec précaution la porte de sa chambre et je restais bouche bée. Elle était allongée, visiblement profondément ennuyée, tandis que Michel, son petit-ami, gigotait au-dessus d’elle. Elle me fit un petit signe m’indiquant de quitter les lieux, suivi d’un clin d’œil. Totalement estomaquée, je restais figée encore quelques secondes avant de me reprendre en main et de fermer la porte. Quelques minutes plus tard, ma sœur entra dans ma chambre à pas de loup :
-        Qu’est-ce qu’il est nul au lit ! A croire qu’il n’a pas les yeux en face des trous !
-        Eh bien, ce n’est pas faute de t’avoir prévenue, il est bête comme ses pieds, répondis-je.
-        C’est vrai, mais il a le cœur sur la main…
-        Oui et il t’obéit au doigt et à l’œil, alors !
-        Tout le monde à son talon d’Achille, lui s’est son ignorance que veux-tu. Bon, inutile de couper les cheveux en quatre, comme tu m’as prise la main dans le sac et que je ne veux pas que Michel me passe la bague au doigt, je propose que l’on se serre les coudes. Tu ne me dénonces pas aux parents et moi pareil.
Je réfléchis quelques minutes à la proposition de ma sœur, son acte était tout de même bien plus répréhensible que le mien. Ma sœur n’avait pas toujours la tête sur les épaules, pourtant, je ne me voyais pas lui imposer le supplice du mariage. Devant mon silence, je la vis me faire les yeux doux.
-        Marché conclu ! articulais-je
-        Oh, tu es la meilleure des sœurs ! répondit-elle la bouche en cœur.
Claire

J’étais en train de prendre mon pied avec ce type que j’avais ramené sur un coup de tête à la maison. Habituellement, j’ai plutôt la tête sur les épaules et évite les fiers à bras, le genre de ceux qui roulent des épaules, qui n’ont pas leur langue dans leur poche, qui se regardent le nombril. Tout ça me prend la tête et si je n’ai jamais trouvé chaussure à mon pied, maintenant, je préfère ceux qui restent bouche bée, qui ne desserrent pas les dents ; ça me convient parfaitement. Je déteste ceux qui restent là les bras croisés à discuter de tout et de rien, à couper un cheveu en quatre, à se regarder dans le blanc des yeux. Non, rien de tout cela, ma conquête mettait du cœur à l’ouvrage. Il se donnait à sa tâche corps et âme et n’avait pas un poil dans la main. Certes, il était bête comme ses pieds, mais, à son corps défendant, on peut dire, sans vouloir être vulgaire, qu’il se cassait le cul pour me faire plaisir. Je le voyais serrer les dents quand il m’obéissait au doigt et à l’œil. Même s’il en avait plein le dos, il ne se plaignait jamais. Je le menais par le bout du nez et il était à genou devant moi quand je riais à gorge déployée. Après cette « prestation » qui m’avait coupé les bras et les jambes, j’avais les jambes en coton et l’estomac dans les talons. Pendant que je prenais un petit en-cas, le monsieur me fit un clin d’œil et un signe de la main, puis carrément sur les rotules, prit ses jambes à son cou en murmurant un faible « à bientôt », du bout des lèvres. Je le regardai de la tête aux pieds, en sachant bien que loin des yeux, loin du cœur. Et je fais un pied de nez à toutes les mauvaises langues qui vous diront que je n’ai pas de cœur.

Je vois bien votre petit sourire au coin des lèvres, vous devez vous dire que je suis complètement mytho et que cette histoire n’a ni queue ni tête… Et vous aurez bien raison !
Fabienne
Exercice : Ecrire une histoire à partir de cette photo de Vivian Maier
Consigne :  texte humoristique

Vivian Maier

ça fait des plombes que j’attends là, sur ce trottoir… Mais qu’est-ce qu’il fait ? Oui, je sais, j’ai fait beaucoup de bêtises et je n’ai pas vraiment écouté et peut-être qu’il ne veut plus me voir, mais que voulez-vous, il fallait bien que je vive ma vie, que j’explore le monde, que je fasse mes expériences…  Certes, elles n’ont pas été toutes été bénéfiques, certaines ont même été limite catastrophiques, mais je m’en suis toujours sorti… Et je pourrais encore partir à l’aventure… Non, non, il faut que j’oublie ça, maintenant, je vais être un bon fils… ça y est, le voilà mon papa qui m’appelle :
-       Ah ! Pinochio, mon fils…
Fabienne
- Ouah ! Que c’est beau ! S’exclama Viviane.
- Moi, ça ne m’inspire pas. On en le pense pas en train de prendre son pied, bougonna Alexandre. Il a juste les doigts de pied en éventail…
- Certes, il y a quelques problèmes de proportions sur la stature.
- Hum, ça lui fait une belle jambe !
- Roh, c’est de l’art moderne !
- Plus abstrait, je dirai.
- Mais non, l’art abstrait, c’est par exemple, un plat de spagetthis !
- Techniquement, c’est la consistance de ses guibolles…
- Ah ! Tu me fais chier !
- Oui, ben, sois heureuse de le pouvoir, parce que lui, si son rectum est fait comme ses membres postérieurs, j’espère qu’il n’a pas une diarrhée prononcée !
- Calme, Alex, calme…
- Non ! Pas « calme » ! Tu ne penses qu’à toi, Ô grand nombril de la Terre ! Un peu de considération et de respect pour les handicapés, quoi !
Loup

 

Exercice : Deux boites aux lettres habitant le même immeuble discutent de leurs propriétaires respectifs.

BAL

Bonsoir, Madame de Sévigné,
Bonsoir, cher ami,
Voilà le discours que tenait,
Deux boites aux lettres accomplies.

L’une appartenait
à une grande épistolière,
L’autre à un employé
Embauché au ministère.

L’une était bien chargée :
Les lettres, elle les amassait !
L’autre était sollicitée :
Sa vie était plus tracts et publicités.

Elles parlaient de tout et de rien :
Des ragots donnés et reçus,
De la peinture du voisin,
Quelquefois même d’histoires de cocus !

Elles menaient un vie paisible.
Y’avait franchement plus terrible.
Elles adoraient paresser
Et au soleil bronzer.

Certaines personnes les ennuyaient
Comme les Témoins de Jéovah.
Ces indésirés,
On en avait jusque là !

Mais ce genre de cas est rare
à notre époque informatique
Où les mails sont une tare.
Oui, je préfère la méthode rustique.

Que renaisse le temps des belles lettrines
Des lettres légères comme la mousseline
J’espère que la belle calligraphie
N’est pas tombée dans l’oubli !

Conclusion : la correspondance
Est comme une danse :
Changeante, instable, à son apogée,
Puis, à la fin, souvent délaissée.
Loup

-       Rien, toujours rien… ça fait plus d’un mois que je n’ai rien reçu, quand je pense que la pauvre de l’appartement 15 est littéralement engorgé de courrier.
-       J’ai entendu dire que ses propriétaires sont partis en vacances depuis un bon moment déjà. Quand je pense qu’ils se plaignent constamment de la vie chère, et des impôts qui augmentent et du pouvoir d’achat qui diminue… Tu sais, si ça se trouve, ce n’est que de la pub qu’ils ont reçu… Et puis, ne regrette pas de ne pas avoir de courrier, tu sais bien que depuis un bon moment déjà, ce n’était que des factures que tu recevais… Et ta propriétaire a dû demander à recevoir tout ça par email.
-       Ne m’en parle pas, les mails et les sms, c’est notre mort lente à nous… Bientôt nous ne serons plus que de vieux vestiges à mettre à la poubelle au pire, dans un musée d’objets anciens au mieux, au même titre que les magnétoscopes et les walkmen. Quand je pense qu’il y a encore quelques années, je recevais des lettres d’amour et des cartes postales du monde entier, que j’adorais lire. Et puis, quand je vois tous ces pauvres facteurs qui se transforment en garde-malades, ça me rend triste. Les gens n’écrivent plus…
-       Eh bien, oui, que veux-tu, il faut vivre avec son temps et c’est pour ça j’ai décidé de devenir une BAL
-       Une quoi ???
-        Enfin !! une BAL sur internet !
Fabienne

1 octobre, 2017

Atelier du 25 septembre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:27

Exercice : écrire un texte sur cette photo de Irving Penn (« the Butchers »)

Irving-Penn

Jean et Jacques étaient frères… des frères ennemis et malheureusement pour eux, siamois. Leur enfance n’avait été qu’une longue querelle. Quand Jean voulait aller à droite, Jacques partait vers la gauche. Quand Jacques avançait, Jean reculait. Quand Jean souriait, Jacques faisait la tête et quand Jean avait sommeil, Jacques voulait faire la fête. Ils n’étaient d’accord sur rien. Leur vie était un enfer et ils devaient absolument trouver un consensus sous peine de suicide collectif, à deux. Après une journée particulièrement difficile, et alors qu’ils ne marchaient même pas du même, ils se disputèrent tellement fort que Jean sortit le couteau qu’il avait dans la poche et menaça son frère qui fit un écart. Le couteau se planta malencontreusement dans le poumon droit d’une jeune femme qui faisait gentiment le trottoir. Cela calma net les deux belligérants. Ils regardèrent, hébétés la fille se vider de son sang et là, tous deux ressentirent un bien-être incroyable. Pour la première fois de leur vie, ils étaient en accord. Ils se regardèrent et se sourirent. Effrayés tout de même par leur forfait, ils prirent leurs quatre jambes à leurs deux cous. Ils ne furent jamais soupçonnés de ce crime. Mais bientôt, l’appel du sang devint si impérieux qu’ils durent tuer à nouveau. Ils décidèrent de tuer d’abord leurs parents, responsables de leur handicap ; ça leur apprendrait. Malheureusement, ce jour-là, ils portaient leurs chemises préférées, blanche pour Jean et noire pour Jacques, qui furent gâchées. Alors pour effectuer proprement leur besogne, ils décidèrent de s’acheter des tabliers de bouchers et purent ainsi massacrer à tout va, mais proprement.
Fabienne

Ils étaient toujours contents, les deux frères bouchers. Depuis plus de vingt ans qu’ils attendaient ça, enfin, ces deux frères siamois étaient décollés l’un de l’autre, même si les médecins n’avaient pu sauver qu’un bras, l’autre du côté de leur tronc collés était mort, leur réputation ne faillait pas. Ils travaillaient toujours ensemble sur les carcasses pour découper de bons morceaux de viande. Quel que soit l’animal, porc, bœuf, mouton, volaille, leurs découpes étaient toujours impeccables pour présenter de belles portions, fines ou grosses selon le choix du client. Leurs parents étaient fiers d’eux. Il est vrai qu’ils avaient beaucoup profité de leurs jumeaux siamois  comme attraction dans leur boutique.
Les deux frangins étaient encore plus heureux maintenant. Ils pouvaient enfin sortir avec les sœurs siamoises de la boutique des fruits et légumes d’en face, elles aussi décollées récemment. Pour elles, les médecins n’avaient malheureusement pas pu sauver leur sein du côté de leur troncs collés. Les deux frères s’en foutaient car ils n’avaient chacun qu’une main valide. Quand ils trainaient tous les quatre ensemble, on les appelait « les bandits manchots et les Amazones ».
Arnaud

Exercice : deux oreillers s’aimaient d’amour tendre, lorsqu’un polochon fit son apparition…

oreiller

Oreiller droit et oreiller gauche vivaient heureux depuis presque quatre ans. Oreiller gauche soutenait la tête d’une splendide jeune femme tandis qu’oreiller droit recevait celle d’un beau jeune homme. Ils étaient si amoureux que quelquefois gauche et droit se mélangeaient et ne faisaient plus qu’un. Ils étaient si joyeux que parfois, pour chahuter, ils faisaient des bagarres où toutes les plumes volaient. Ah ! Quels bons moments ils avaient eu… Jusqu’au soir où oreiller droit resta vide. Une nuit, puis deux… Oreiller gauche pleurait. Oreiller droit vint se poser dessus, pour absorber tout ce chagrin. Ils étaient tristes mais à nouveau réunis… Oreiller gauche versait des larmes tous les soirs et oreiller droit, lassé resta désormais dans son coin. Un soir, une sorte de vilain boudin fit son apparition, c’était polochon. De mauvaise qualité, vulgaire et vaniteux, polochon entreprit de séduire oreiller gauche, qui, au départ, répondit à ses avances. Il y avait longtemps qu’oreiller gauche ne s’était pas senti si vivant. Mais cette amourette ne fut qu’un feu de paille et bien vite, oreiller gauche jeta polochon par terre, regrettant à tout jamais oreiller droit.
Fabienne

Ils étaient toujours beaux les deux oreillers , côte à côte sur la couche, recouvert de la même parure de lit. Ils s’aimaient tendrement, se caressaient discrètement leurs coins. L’un était en plume, l’autre en mousse, mais nul ne savait lequel était la femme ou l’homme. Peu importait d’ailleurs, même s’ils étaient du même sexe, leur idylle était belle à voir.
Oui, mais voilà, leur maitresse, enceinte, n’arrivait plus à dormir complètement allongée, alors elle leur ajouta un polochon. Même si ce dernier était en-dessous d’eux, les deux oreillers sentaient bien qu’il prenait de plus en plus de place. Il ne se gênait pas pour faire de l’ombre à leur amour, il insistait pour leur caresser l’arrière. Au début de cette relation à trois non consentie, les deux oreillers n’en pouvaient plus. Or, petit à petit, Plume se mit à apprécier le contact avec Polochon. Elle était discrète sur ce qu’elle ressentait. Un beau jour, Plume se décolla de Mousse pour se lover tendrement au creux de Polochon. Mousse en fut déconfit et aplati.
Arnaud


Exercice
 : et pour se détendre et faire travailler sa matière grise, quelques devinettes

devinettes

 Je suis une ville sans immeuble et un aéroport sans avion, qui suis-je ?
Un plan

Je parle toutes les langues et j’ai toujours la tête à l’envers, qui suis-je ?
Un stylo

J’ai 5 doigts mais pas d’os ni de chair, qui suis-je ?
Un gant

Quelle est la moitié de 2 + 2 ?
3 car la moitié de 2 = 1 + 2 = 3

Mieux que dieu
Pire que le diable
Les pauvres en ont
Les riches en ont besoin
Si on en mange, on en meurt, qui suis-je ?
Rien (rien n’est mieux que Dieu, pire que le diable. Les pauvres n’ont rien, les riches n’ont besoin de rien et si on ne mange rien, on meurt !).

Ôtez-moi une lettre, ôtez-m‘en deux, ôtez moi toutes les lettes, je reste toujours le même, qui suis-je ?
Le facteur

Au ciel je suis une, sur la terre 2, qui suis-je ?
La lettre  » e  »

Drôle d’aliment : pour me manger, on doit m’enlever l’extérieur, cuire mon intérieur, manger mon extérieur et jeter mon intérieur, qui suis-je ?
Du maïs

 

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