Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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25 juillet, 2017

Atelier d’écriture du 24 juillet 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:10

Devoir : écrire une histoire à partir de cette photo (extrait du film « Les Vieux de la Vieille »).

Les vieux

Les vieux de la vieille

–      Tu vois l’Baptiste, ma vieille elle est par là-bas, mais je sais plus trop où…
–      ça, c’est la picole, ça te bousille les neurones à la vitesse d’un TGV
–      Pour c’qu’on en a à faire, à nos âges, des neurones !
–    T’as ben raison, mon Jean-Marie, les neurones ça sert rien qu’à nous faire mouronner, tandis qu’un bon rouge, ça nous fait voir la vie en arc-en-ciel. La preuve, c’est qu’mon Yvonne, qu’a jamais bu une goutte, mais qui bougonnait après moi à longueur de vie, elle est là-dessous depuis lurette !
–      Et toi, tranquille comme Baptiste maintenant, hé, hé !
–      Comme toi, mon Jean-Marie, comme toi ! T’as apporté la chopine, qu’on trinque au repos éternel de nos payses ?
–      Dans ma besace, oui. T’as t’y un tire-bouchon ?
–      Oh nom de Dieu de nom de Dieu, j’y ai oublié dans ma vareuse de semaine !
–      Ha ha ! C’est un coup de l’Yvonne, ça ! Même après la mort, faut qu’elle te contrôle le cerveau et qu’elle t’emmerde.
–      T’y crois, toi, à ces conneries de vie après la mort ?
–      Ben, oui, et toi aussi t’y crois ! Si on n’y croyait pas, qu’est-ce qu’on foutrait ici, au cimetière, à causer avec nos vieilles ?
–      Picoler sur une tombe, rien que tous les deux, c’est tout de même mieux le dimanche que d’aller voir le curé dans son église ! Et puis, il risque pas de venir nous faire la morale au café, c’est pratique, quoi !
–      Et s’il vient par là, il va croire qu’on se recueille et qu’on les regrette…
–      Tu la regrettes, toi, ton Huguette ?
–      Des fois oui, elle cuisinait bien, quand même… J’ai plus jamais mangé un aussi bon civet de lapin depuis qu’elle est là…
–      Fallait y penser avant !
–      Avant quoi ?
–      Ben avant de la précipiter vers son créateur…
–      Quoi ? Qu’est-ce que tu barjaques ? Tu crois que je l’ai trucidée, mon Huguette ?
–      Il me semble bien qu’elle est tombée dans l’escalier, non ?
–      Elle a raté une marche…
–      Mouais, on a dit ça, mais on ne me la fait pas, elle était pas un peu vermoulue exprès, ta marche ?
–      Bon Dieu de bon Dieu, tu vas te taire ? Est-ce que j’y dis, moi, que l’Yvonne elle avait pas envie de mourir si tôt ? Et que tu l’as un peu hâtée ?
–      Comment qu’tu sais ça, toi ?
–      Ben pardi, l’Yvonne et moi, on se fréquentait de bien près, si tu veux savoir…
–      Pour sûr que je le savais, et ça me plaisait guère ! Mais, bon, j’avais mes compensations…
–      Ben mon cochon ! et avec qui ?
–      Avec ton Huguette, pardi !
–      On est t’y couillons, tout de même ! On les aurait gardées on n’en serait pas à bouffer du pain et du saucisson tous les midis !
Huguette

Alors la vieille ce coup-ci c’est pour de bon, tu vas enfin nous foutre la paix !
Tu parles ! Même au frais elle continue à nous faire chier ! Tu as entendu le notaire, le mois dernier elle a modifié son testament : obligation de rester en indivision et d’occuper les lieux sinon la piaule va direct à une association de j’sais plus trop quoi, un truc pour les animaux… Comment on va faire ? Et nos femmes qui peuvent pas s’piffrer ! Bonjour l’ambiance… Ah ! Elle a bien combiné son bazar la viocque ! Elle s’est bien vengée ! Et tout ça parce qu’on a pas voulu s’encombrer d’elle pendant nos vacances à Paris. Pour une fois qu’on montait à la capitale, on voulait profiter à fond. C’est normal, non ? Comment on aurait fait avec son déambulateur, hein ? En plus, on avait bien fait les choses, on l’avait pas laissée toute seule. Soignée aux p’tits oignons qu’elle était ! Chouchoutée comme pas deux à La Mouette Rieuse, une super pension pour personnes âgées qu’l’Antoine nous avait chaudement recommandée. Sa mère y était restée jusqu’à la fin ; elle n’avait pas essayé d’se sauver, la preuve que c’était bien, non ? Bon ! La vieille avait bien un peu maigri… mais à c’t’âge-là ça mange plus beaucoup ! Et puis, perdre quelques kilos c’était bien pour son cholestérol. Ben, elle a pas apprécié l’séjour : les douches n’étaient pas assez chaudes, les couloirs glacés, le personnel toujours pressé et trop brusque. C’est vrai qu’elle aimait bien prendre son temps, faire les choses à sa manière et oui, au retour, elle avait bien quelques bleus… mais elle avait une mauvaise circulation du sang, alors nous, on pouvait pas être sûrs… mais toute cette histoire seulement pour un tout petit séjour d’un mois, c’est tout de même exagéré, non ?
Tu vois, le problème, c’est qu’on est trop naïfs nous deux. On aurait du se méfier parce qu’à c’âge là, c’est bien connu, les vieux, ils sont rancuniers !…
Patricia

Gustave et Auguste étaient de vieux amis… Très vieux même. Ils se connaissaient depuis la communale ; ils avaient usé ensemble leurs fonds de culottes sur les mêmes bancs d’école, avaient été punis pour les mêmes conneries. Plus tard, ils avaient connu leur premier émoi, avec la même fille. Ils avaient fait leur service militaire ensemble. Ils avaient même fait la guerre dans le même régiment, avaient connu les mêmes horreurs. Mais ils avaient eu de la chance, plus que la plupart des autres jeunes et avaient pu revenir au village. Gustave avait épousé Honorine et Auguste, Faustine, des sœurs jumelles. Ils s’étaient mariés le même jour, avaient habité des maisons voisines. Gustave et Honorine avaient eu un fils, Raphaël et Auguste et Faustine avaient eu une fille, Gabrielle. Les cousins étaient nés à vingt-quatre heures d’intervalle. Gustave était chef de gare et Auguste conduisait la locomotive régionale. Les joies et les peines s’étaient succédés, mais, globalement, ils avaient eu une vie heureuse, très heureuse même. Et puis les enfants avaient dû partir à la ville, continuer leurs études. Au début, ils venaient tous les week-ends, ils amenaient leur linge à laver, ramenaient de bons petits plats mijotés par les mères, inquiètes. Et puis, ils vinrent moins souvent. Puis que deux fois l’an. Et puis, Honorine et Faustine étaient parties la même année, d’une saleté de cancer. Ils en avaient été tous deux inconsolables. Ils prirent leur retraite la même année. Ils commençaient à se sentir vieux. A se dire que bientôt, ils rejoindraient leurs bien-aimées. Oui, mais voilà, le temps était passé. Même les enfants étaient morts, c’était triste. Plus de quarante ans déjà qu’ils vivaient seuls, côte à côte. Aujourd’hui, ils fêteraient leur 104 ans… Alors, ce matin-là, Auguste vint voir Gustave :

-       Tu sais quel âge nous avons ?
-       Oui, nous allons avoir…. Heu… Je ne me souviens plus
-       104 Gustave… Aujourd’hui, nous avons 104 ans.
-       Ah oui… Et alors ?
-       Et alors, c’est vieux, très vieux même. Et nous n’avons jamais été malade. Tu trouves ça normal toi ? Tu sais ce que je pense ? Je crois que la mort nous a oubliés. Alors aujourd’hui, j’ai décidé d’agir…
-       Et que comptes-tu faire ?
-       Nous allons dire son fait à la mort. Et sais-tu où l’on trouve inévitablement la mort ? Non ? Et bien au cimetière. Nous allons dès ce soir, dormir sur notre caveau. Ainsi la mort, à force de nous voir jour et nuit finira par nous prendre.
Ainsi fut fait… Par une froide nuit de février, Auguste et Gustave s’allongèrent sur leur caveau respectifs, côte à côte… Et ils ne se réveillèrent pas… Il ne faut pas trop défier la mort, car elle ne nous oublie jamais vraiment.
Fabienne


Exercice
 : Dans la peau d’une valise

valises

Quand j’étais jeune, j’appartenais à une jeune fille, Réjane, qui me remplissait souvent de choses inutiles, pour partir en week-end chez une copine, ou l’été, en colonie de vacances ; quelquefois, c’était simplement pour dire à ses parents « qu’elle n’en pouvait plus de cette vie et qu’elle préférait partir » lorsqu’ils lui refusaient une sortie. Mais ça, c’était juste des menaces de petite fille gâtée. Ensuite, Réjane avait connu Pierre et c’était avec lui désormais que nous partions en vacances à tout bout de champ. Oh, de toutes petites vacances, ou même un seul jour, mais je les faisais rêver. Ils m’avaient même longtemps laissé trôner sur le fauteuil du salon, pour dire qu’ils étaient toujours prêts à partir.
Plus tard, j’avais aussi servi pour la maternité, à l’arrivée de la petite Magali. Réjane m’avait préparé avec amour, pendant au moins six mois. Et puis, au dernier moment, dans la précipitation, Pierre m’avait finalement oubliée dans un coin de la chambre. Et j’y étais restée longtemps dans ce coin obscur, abandonnée… D’ailleurs, plus personne ne voulait partir. A la maison, l’ambiance était devenue houleuse, ça criait souvent… Magali pleurait, Réjane criait et Pierre se taisait.
Un jour, Réjane a crié plus fort que d’habitude et ce jour-là, Pierre en a eu marre de se taire, alors, il l’a giflée. Elle s’est tu, d’un coup, l’a regardé et puis, sans rien dire, elle est venue vers moi, m’a prise et lui a dit d’un ton las : « va-t-en » !
Fabienne

 valise-souvenir

J’me sens toute chose aujourd’hui ! Je suis lasse et avachie, ma peau est fripée et mon vernis écaillé. C’est tout juste si j’arrive encore à me tenir debout, mais pour ce qui est de m’la faire boucler, ça c’est autre chose ! Pour me la faire fermer, il faut me ceinturer mais c’est vrai qu’avec le temps je me relâche de plus en plus… vous savez, j’en aurais tant à raconter… j’ai vu tellement de choses depuis ma naissance : de rencontres, de chassés croisés, des adieux déchirants. J’ai entendu tant d’histoires, trop d’histoires ! Et tous ces mots : des mots d’amour susurrés au creux de l’oreille, des mots jetés par les fenêtres ou hurlés en courant sans jamais rattraper ces wagons insensibles qui emportent trop loin des cœurs en miettes et couvrent de leurs mécaniques ronrons les larmes dures des amants désunis et les cris des enfants séparés de leur mère.
Mais pour moi, maintenant, les cahots, le froid des soutes, la brutalité des arrivées pressées, tout ça, c’est du passé ! J’avais si bien servi mes propriétaires et pendant si longtemps qu’ils n’ont pas eu le cœur de m’abandonner. A présent, je leur sers de coffre de rangement et j’abrite les vieilles fringues que, par sentimentalité, ils se refusent à jeter. Je conserve aussi  quelques objets et de vieilles photos jaunies. Je suis  une valise à souvenirs et je crois, sans me vanter, qu’ils m’aiment bien. En quelque sorte,  je suis à présent leur mémoire …
Patricia


3/ Exercice
 : Ecrire la suite de ce slam de Grand Corps malade (La nuit)

Ça commence par un moment de flottement quand le soleil recule

coeur

Sonnet de désamour

Ça commence par un moment de flottement quand le soleil recule
Quand l’amour tire sa révérence, fais pas ta tête de mule
La nuit arrive forcément, rien n’saurait l’en empêcher,
Et là, on s’dit souvent : pourquoi, qu’est-ce que j’ai fait ?

Au crépuscule tombant, on médite sur soi-même :
Ne suis-je pas un bon soupirant ? Chérie, sache que je t’aime
On repart en courant chercher une autre pépète.
Dans la boite, on s’dit en louchant : celle-là, elle est parfaite

Puis vient le temps de payer
Les crimes d’amour du passé
Et tous les cœurs qu’on a fêlés

Quand votre amour a trépassé
Vous vous faites oublier
Et maintenant, vient le temps des regrets.
Loup

étang

Ça commence par un moment de flottement
Quand le soleil recule
Mais dans mon cœur béant, c’est comme un pansement,
Ce nouveau crépuscule
Qui étouffe sans bruit les cris des chiens savants
Dont les médias pullulent.
Je préfère mon étang et des roseaux, le chant
Quand le vent les bouscule.
Moi, j’aime mieux le soir qui noie mes noirs tourments
Quand le vieux monde brûle.
Patricia

adultère

Adultère

 Ça commence par un moment de flottement
Quand le soleil recule
Ensuite, un moment d’égarement
Et tout bascule.

 Ta bouche contre ma bouche
En un souffle partagé
Etendus sur la couche
Nus, entrelacés.

Par la fenêtre entrebâillée
L’air de la nuit nous rafraîchit
Quelle extase ma bien-aimée
Tu m’aimes et me le redit.

Et soudain tu cries,
Serait-ce de plaisir ?
Ciel mon mari !
Il faut vite partir…

Tu m’avais dit pourtant
Qu’il était en déplacement !
Fabienne

Atelier d’écriture du 17 juillet 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:55

DEVOIR : Les participants à l’atelier d’écriture sont pris en otage par deux individus masqués qui se réclament du PIED (Pour l’interdiction de l’écriture dirigée).
Vous êtes choisie par les terroristes pour faire une déclaration aux autorités afin de faire libérer vos compagnons d’écriture…
Contrainte : insérez les mots Velcro® et septicémie.

arme

Monsieur le président de la République,

C’est à vous que je m’adresse parce que ma grand-mère disait toujours qu’il valait mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints. Je ne veux pas discuter avec le chef de la fanfare municipale, le maire, le préfet, le patron de la sûreté, du GIGN ou d’autres sous-fifres. Quand un corps est gangrené par la septicémie on ne le guérit pas en allant chercher le rebouteux… Et on ne pose pas un Velcro® sur un fourreau de Dior qui vient de craquer… J’espère que vous me comprenez, en tout cas moi je me comprends.
Voilà ce qui se passe : nous autres, simples petits écrivaillons du quartier Célières de Nouméa (une ville peu connue de la Présidence, il me semble, mais qui gagnerait à l’être davantage, enfin c’est mon avis et je le partage) sommes pris en otage par le PIED. Entendez-moi bien, on ne nous a pas pris par les pieds, c’est le pied qui nous a pris. C’est clair ? Pour moi oui, je me comprends.
Le PIED nous a pris par surprise un lundi. Ce n’est pas que le jour soit important, mais cela mérite d’être signalé car c’est celui où on travaille. Un mardi, par exemple, ils auraient fait le pied de grue devant une porte close… Ne croyez pas que nous ayons pris notre pied dans cette affaire ! Non, puisque c’est le pied qui a fait la prise, vous me suivez ? Moi, je me comprends.
Bref, ces terroristes, je n’hésite pas à employer le mot, et pourtant j’ai bien conscience de son impact négatif sur un chef d’état à notre époque, ces terroristes donc… Bon, voilà qu’ils se fâchent ! Mais bon dieu, quel mot voulez-vous que j’emploie pour vous désigner ? Libérateurs ? Vous y allez un peu fort, tout de même !
Permettez, Monsieur le Président, que je règle notre petite querelle de vocabulaire avant de continuer…Vous nous prenez en otage et vous souhaitez que je vous nomme libérateurs ? Désolée, ce mot est inapproprié et je sais de quoi je parle, tout de même ! Émancipateurs ? Ce n’est pas un peu prétentieux ? Vous ne vous mouchez pas du pied si j’ose dire… Défenseurs des libertés ? En nous en privant, vous trouvez ça logique ? Pourquoi pas bienfaiteurs de l’humanité, tant que vous y êtes ? Sauveurs ? Rédempteurs même ? Vous me faites rigoler, tiens ! Pas vous ? Bon, après tout c’est vous qui tenez le pistolet, on va trouver un terrain d’entente linguistique : groupuscule armé, ça vous va ? Comment non ? Ah si ! Deux personnes ce n’est qu’un groupuscule, désolée de vous contredire encore, et c’est bien un pistolet que vous avez là, non ?
Comment ça non ? Il n’est pas chargé ? Mais bougres d’imbéciles vous ne pouviez pas le dire plus tôt ? On est huit, vous n’êtes que deux, vous croyez que j’aurais ameuté la présidence de la république sans ce foutu pistolet ? Votre opération, vous l’avez faite au pied levé, non ? Allez, qu’on attache bien fermement ces individus aux pieds de la table, ça leur fera les pieds, hé, hé !
Monsieur le Président, veuillez accepter nos excuses pour le dérangement. C’est ces gars qui étaient dérangés : vouloir faire interdire l ’écriture dirigée ! Ce n’est pas à vous qui dirigez précisément notre grand pays la France que je vais apprendre les bienfaits de la contrainte ? Ici à l’atelier d’écriture nous nous épanouissons dans la contrainte. Et vos sujets devraient vous remercier d’être dirigés d’une main ferme par un homme aussi contraignant que vous.
Vous me trouvez trop courtisane ? Vous avez raison.
Huguette

otages

Prise d’otages à la Maison du Livre

-       Calmez-vous, Madame, et redites-moi lentement ce qui s’est passé.
-       Oui, Monsieur le Directeur. Eh bien, comme tous les lundis, nous nous trouvions à la Maison Célières pour l’atelier d’écriture que j’anime. Comme il faisait froid, nous étions dans la salle du sous-sol. Il devait être pratiquement 18 heures quand soudain, deux individus masqués ont surgi. Le plus grand a crié : « les mains en l’air ».
-       Ils étaient armés ?
-       Oui, Monsieur, ils portaient des impératifs au poing. Ils avaient également les poches pleines de gros mots et une ceinture d’adjectifs accrochée avec du Velcro®, qu’ils menaçaient de faire sauter. Tout le monde était terrifié.
-       Qu’ont-ils dit, ensuite ?
-       Le plus grand, celui qui semblait être le chef nous a dit qu’ils se réclamaient du PIED (Pour l’interdiction de l’écriture dirigée). Ils ont pris tous les participants en otage et m’ont chargé de vous présenter leurs revendications.
-       Alors, que veulent-ils ?
-       Ils veulent des vers libres et égaux, des phrases affranchies et des textes licencieux. Ils en ont assez de toutes ces contraintes, ce dirigisme, ces obligations, ces pressions, bref, cette septicémie de mots.
Je vous en prie, Monsieur le Directeur, il faut faire vite…
-       Vous comprenez que pour de telles revendications, je ne suis pas habilité à prendre seul une décision et que je dois en référer au président.
-       Monsieur le Directeur, le temps presse : la vie mes amis est menacée.
-       Retournez vite à la Maison Célières, faites croire à ces malfrats que nous allons faire le nécessaire. Assurez-vous que tout le monde va bien, calmez les esprits et surtout ne prenez aucun risque.
Arrivée à la Maison Célières, j’entendis des cris. J’entrai vite dans le sous-sol. Tous étaient réunis autour de la table ; ils buvaient et riaient en écrivant ce qu’ils croyaient être des textes libres, mais qui, en fait, correspondait sans que personne ne le sache à un exercice…
Fabienne

 

2/ Exercice : Journée ordinaire d’un homo sapiens

silex

Les hommes sont encore partis, soi-disant pour chasser le mammouth… ça fait une semaine qu’ils disent ça et ils ne ramènent rien ou presque. L’autre jour, ils ont ramené des vers, alors, le gros Pierre, hier soir, pour faire de l’humour a dit aux autres : vous venez, on va prendre un ver ?
Et qui c’est qui va tout nettoyer maintenant dans cette porcherie qu’est devenue notre caverne ? Ben, c’est bibi, comme d’hab. Va falloir que je secoue les tapis de peaux d’ours, que je fasse les carreaux et que je balaie le salon… Il y a plein d’os… Ben oui, hier soir, on a mangé Pépé qui commençait à perdre la boule et à plus servir à rien. Les hommes ont mangé la cervelle pour être plus intelligents mais ça marche pas à tous les coups, parce que Pépé, il était vraiment con. Moi, j’ai mangé les yeux, au plat… un délice. Je vais quand même me garder un os pour mettre dans mes cheveux, petite coquetterie de fille…
Au fond de la caverne, les gosses sont énervés. Ils ne peuvent pas sortir aujourd’hui parce qu’il pleut, alors, ils font n’importe quoi. Ils dessinent sur les murs avec des morceaux de bois brûlés, alors que je leur ai interdit. Ils sont tout fiers, ils croient qu’ils ont fait des chef-d’œuvre pour les générations futures.
Ah ! ça y est, les hommes reviennent… Le mien s’approche de moi et me tire délicatement par les cheveux jusqu’à notre chambre… Je suis sûre que c’est à cause de l’os.
Fabienne

 

Exercice : Et en treize secondes, tout bascula…

 

accident

Et en treize secondes, tout bascula… Vous me direz, treize secondes, c’est peu, très peu, un souffle, une respiration. Presque le temps de rien… Et pourtant treize secondes, c’est aussi une éternité. L’éternité d’une vie.
Une voiture qui brûle un stop, une autre qui croise la route. Et en treize secondes, tout est fini, tout bascule, tout s’arrête. Vies brisées.
Fabienne

24 juillet, 2017

Atelier d’écriture du 10 juillet 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:00

Devoir : A partir de ces 2 poésies « demain, dès l’aube » de Victor Hugo et « le secret » de Marcelline Dessbordes-Valmore, prendre un mot au choix dans chaque ver et écrire un texte (forme au choix) incluant ces 27 mots et traitant soit de gastronomie, soit du tour de France :

DEVOIR

 Demain jeudi 13 juillet, j’assisterai à la douzième étape de ce 104éme tour de France. Je partirai tôt, par la forêt, afin d’avoir la meilleure place possible, la plus prisée, là où il y aura le plus de monde ; peu importe si je dois attendre longtemps. Me voilà sur place, il faut que j’évite de me perdre dans mes pensées, que je sois attentif à tout, aux mouvements, aux bruits. Rien ne doit m’échapper. Discrètement, les mains croisées, je prie pour que tout se passe bien. Ce jour sera mon jour de gloire, même si ne n’en vois pas le soir. Je ne serai pas le seul : des voiles noirs s’étendront sur ce doux paysage, ce village deviendra une tombe. De toute la France on viendra déposer des bouquets.
De toute cette foule amassée, futile et impie, il ne restera que des corps torturés, des blessés suppliants et des survivants en pleur. La main de Dieu viendra frapper les infidèles. Il est temps d’apprendre à se taire et à prier, de tressaillir sous la menace du prophète. La peur doit remplacer l’amour qui affaiblit les corps et perd les âmes.
Je me suis emporté et je n’ai pas vu que tout le monde me regarde. Qu’ont-ils donc ? Auraient-ils deviné mes desseins ?
Je dois partir, chercher une issue au milieu de la foule. Je me demande ce qui ne va pas. Je garde les yeux baissés et tente de me glisser hors de cette place. Mon cœur saute dans ma poitrine et mes mains tremblent quand on m’encercle. Ça y est, je suis foutu, cueilli avant même d’avoir fait quoi que ce soit. On me barre le passage. Alors, comme de toute façon, mon heure est venue, je glisse une main dans mes poches pour activer le mécanisme. Ils vont voir, le beau feu d’artifice que je leur ai préparé…. Mais avant même que je puisse faire quoi que ce soit, ils m’ont immobilisé. Quelqu’un chuchote à mon oreille : « reste bien sage, on connait ton secret, tu es foutu ».
Fabienne

 

Devoir 2 Un poème à compléter :

 

Un jour je partirai pour un pays lointain
+ un vers de 12 syllabes avec la même rime (exempl : train, Rhin, bain urbain, dauphin…)
Sans me retourner j’irai jusqu’au bout du monde
+ même chose (ex : ronde, vagabonde, gronde, profonde seconde…)
Et quand je reviendrai, des rêves plein la tête
+ idem (poète, conquête, arête, comète, planète…)
Je tracerai sur une grande feuille bleue
+ idem (yeux, silencieux, feu, orageux, fabuleux…)
Enfin ajouter deux vers avec une autre rime

 

Un jour je partirai pour un pays lointain
Je ne sais encore où mais ce sera en train
Sans me retourner j’irai jusqu’au bout du monde
Chez nous je reviendrai puisque la terre est ronde
Et quand je reviendrai, des rêves plein la tête
Comme ces gros poissons qui sont tout pleins d’arêtes
Je tracerai sur une grande feuille bleue
L’itinéraire de ce long voyage à deux
Car mon tendre ami oserais-je vous le dire ?
C’est avec vous que mes rêves je veux écrire
Huguette

2/ Exercice : Logo rallye

Incorporer, ces phrases l’une après l’autre naturellement dans une déclaration d’amour :

-       Lorsque je m’installai au bourg, tout ce que je pus apprendre…
-       Une bouteille de whisky nous servait de prétexte depuis que nous nous étions découvert cette passion commune…
-       A mon retour, ce que j’appris me dévasta…
-       Vos secrets vous appartiennent…
-       Prenez le temps de vous décider.


3/ Exercice
 : C’est quelqu’un qui m’a dit…

 secret

C’est quelqu’un qui m’a dit
Qu’il ne fallait pas que je répète
Ce qu’il venait de me dire. C’était un secret
Qu’on lui avait dit de ne pas dire.
Alors c’est pour ça qu’il s’était empressé
De le répéter. Un secret, vous pensez,
Si ça restait secret,
Ça se saurait.
Plus personne ne pourrait le répéter
Ce serait triste à pleurer.
C’est ainsi : dans le creux d’une oreille, un secret
C’est si jouissif à répéter.
Fabienne

21 juillet, 2017

Atelier du 19 juin 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:53

Un sandwichDes années ont passé depuis ce départ et puis, des années encore…
J’ai écrit souvent à Nouméa. Jamais je n’ai reçu de réponse.

alpage

Noir dessein

Des années ont passé depuis ce départ et puis, des années encore…
En bas, le train des sept villages passe. Ce doit être le 11h17. La résonance monte la pente de ma colline. L’acier des roues ferroviaires crisse les rails dans l’espoir quotidiennement déçu de les user. Me suis-je préparé à déjeuner ? Les trois-quarts du temps j’oublie de cuisiner. J’ai, dès mon arrivée, demandé à mon boulanger de me cuire et recuire des gros pains de marin qu’il me livre une fois par mois. Je les fais griller en grosses tranches épaisses pour le fromage et la charcuterie. Pas trop rôties sinon très vite, mon dentier ne le supporterait pas. Je n’ai plus les finances pour en avoir un deuxième. Un du dimanche, pour aller à la messe croquer le pain bénit, oui, oui. Un seul repas par jour et il suffit, sur la table étroite, près la fenêtre. Le soir, un bol de soupe ou un caillé de brebis. J’admire d’un œil avachi le paysage à bestiaux. Au plus près, les moutons pacagent, au plus ras. Pendant toutes ces vaines années je n’ai jamais réussi à apercevoir le berger, encore moins la bergère. Me reste la bergeronnette qui me défie au printemps en relevant la queue. Je suis souvent attablé là, établi las, n’espérant aucun rétablissement, ce miracle que reproduisent à souhait les gymnastes de l’esprit. Voltairien par conviction, cela me va. Plus le croyant croit, plus mon agnosticisme surcroit. La croix, le croissant, l’étoile de David sont des signaux d’impasse, d’intolérance. Ils parquent les peuples. Regardez le panneau de circulation annonçant un cul de sac. C’est une croix dont il manque la tête.
J’ai encore l’habilité d’arpenter le temps au rythme indécis des saisons. C’est d’autant plus sensible l’hiver que je peux plus chauffer mon isba. Je porte mes couvertures sur mon lit et sur mon dos. Stère trop cher, pas de mi-stère. C’est pour ma vue qui décline que le pré aux moutons peint pour moi les couleurs des saisons, de la météo. Tout le nuancier des verts. Parfois la neige trop rare, le gel trop banal. Sur cette pente régulière la petite source immuable fait une coulée vert menthe qui se noie à mi-colline. Son opiniâtreté me plait. L’espérance a une limite : à mi-butte, à mi-croupe, à mi-âge. Quand les ovins n’y caracolent pas, je les invente, les élucubre pour tenter de m’endormir, un jour. Ils n’ont pas de haies à sauter. Ils passent et paissent lentement, mâchonnant la vie. Moi non plus, je n’ai plus d’obstacle à franchir et où mettre la barre ?
Pas d’arbres fruitiers, de ce côté-ci. Pas d’enfants ni d’oiseaux pour grimper aux fruits goûteux qui leur font les lèvres ou le bec rubis. Un beau souvenir, les fruits du printemps, aussi de l’été et encore de l’automne, raisins à presser. J’ai mordu des pommes et des poires qui nous faisaient rire en étincelles. Mais je préférais fraise ou framboise si délicates à ma langue. Pareillement la mûre d’automne, encore sauvage, qui se cache dans les ronces.
Ma langue se craquelle et vous le voyez bien. Mes mots sont de grosses mottes jetées sur le côté par un vieux soc rouillé. La herse fine ne préparera pas la terre au  prochain ensemencement. Mon verbe est ingrat, vous l’avez éprouvé.
J’ai écrit souvent à Nouméa. Jamais je n’ai reçu de réponse.
Je vous aime encor.
Bertrand P.

19 juillet, 2017

Atelier du 12 juin 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:53

DEVOIR : Mots extraordinaires :

Poplité – hyalin – flavescent – contadin – hubris  

debil

« Décapsulée du poplité ! », c’est ce que tout le monde dans l’immeuble dit du voisin du deuxième. Sûr qu’il n’est pas comme les autres. Il a le hubris d’un enfant de trois ans.  Ses yeux flavescents lui donnent l’air d’être ailleurs, comme s’il vous regardait sans vous voir. Le problème, c’est qu’il n’arrête pas de parler. Vous lui donnez une phrase et il peut tourner en boucle dessus pendant des heures. Moi, ça me perturbe cette diarrhée verbale, j’ai l’impression qu’il m’emprisonne dans sa logorrhée, et dans son cerveau malade, par la même occasion. Pourtant, il n’est pas méchant, loin de là. Il veut toujours rendre service et tape constamment chez tous les voisins pour voir s’ils n’ont pas besoin de descendre une poubelle ou monter un sac de courses. Il n’arrête pas de dire : quand Hyalin, y’a  l’autre… Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Il a aussi une drôle de façon de vivre : il se couche vers seize heures et se lève vers minuit, l’air frais et contadin. Il arpente alors les rues de Nouméa et appelle la police au moindre mouvement suspect. Mais la police n’a pas ma patience…
Fabienne

Poplité/ Hyalin/ Flavescent/ Contadin/ Hubris et les autres …

La belle Poplité était du genre à ne surtout pas montrer ses émotions. Elle gardait tout en elle et ne laissait percer aucun signe flavescent pouvant la découvrir aux yeux de la société qu’elle avait tissée autour d’elle.
Hyalin, qui croyait bien la connaitre depuis leur première rencontre chez Contadin quand ils avaient échangé leurs regards pour la toute première fois à la lueur tamisée des lampes de l’endroit, avait tout de suite entendu son intuition lui murmurer que l’amour était présent et que le coté sauvage de Poplité allait très bien s’entendre avec son loup intérieur. D’ailleurs son chien Hubris n’avait-il pas remué frénétiquement la queue quand il l’avait sentie lui aussi pour la première fois chez Contadin ?
Encouragé par tout ces signes de la vie et par l’appel de son coeur, il s’employa donc à séduire la belle. Celle-ci avait l’air de prendre goût aux instants passés en compagnie de Hyalin ainsi qu’à toutes les attentions qu’il lui prêtait.
Malheureusement, la louve tant attendue ne sortit pas de sa tanière et malgré tout ses efforts, le bon Hyalin n’apprit que bien plus tard et à ses dépends que la belle Poplité faisait partie de ces beautés froides qui pensent tellement à leur apparence qu’elles restent éloignées de leur corps et n’ont de relation que de maître à esclave avec leur entourage et qu’il n’y avait donc aucune place pour lui et son chien sauvage Hubris dans le monde de la belle et séduisante Poplité.
C’est ainsi que les jours passants avec leur lot de frustrations et même d’humiliations parfois, se trouvant affublé de sobriquets ou d’expressions prêtant souvent à équivoques il finit un soir de fête bien arrosé, l’alcool aidant, par craquer et par exploser afin de retrouver sa dignité et partit la tête haute se promettant de ne jamais remettre les pieds chez Contadin et de s’employer à faire le deuil d’une relation s’avérant impossible avec Poplité.
Il espéra longtemps voir la belle sortir de sa ville et le rejoindre pour une course effrénée à travers bois … mais avec le temps il finit par se résigner.
On peut voir parfois errer le pauvre Hyalin avec son chien à travers les chemins de la vie … s’en remettront-ils un jour ?
Bertrand S.

Morale perdue

 Comment ? Vous doutez encore de ma poplité ? Vous écoutez les rumeurs. Hyalyn qui dit ça pendant que l’autre se repet de fake-tweets. Et il est contadin, le Monsieur et pourquoi pas flavescent tellement il s’érige en mât de vérité. Mais je vous le déclare, hubris et orbis, avec ma loi de moralisation privée de public, vous allez en perdre le moral. Et la morale…
Bertrand P.

Extraits du manuel à l’usage des amoureux transis et néanmoins éconduits pour faire renaître le désir chez leur poplité :

Vous voilà arrivé au moment douloureux de votre vie amoureuse où vous vous sentez complètement contadin (et même parfois con tout court, mais on envisagera ce cas plus tard).
Vous avez beau poser des yeux hubris et obliques sur les rondeurs de votre poplité, elle vous ignore superbement. Il se peut même qu’elle vous lance des regards de banquise ou des paroles aiguisées comme des couperets. Oui, oui, ça  arrive, parfois la poplité est versatile, la veille encore elle vous adorait, vous étiez son grand loup des steppes, son gitan fougueux, son condor sauvage, aujourd’hui vous n’êtes qu’un toutou, un rastaquouère, un perroquet déplumé.
Que faire alors pour susciter à nouveau l’émotion de vos débuts et la passion de vos nuits ?
– Premièrement, ne vous montrez jamais ni flavescent, ni pantelant ni surtout déliquescent ! Les femmes détestent les pleurnichards, les victimes, les losers, tenez-vous le pour dit.
– Deuxièmement, ne tombez pas dans l’excès inverse : vous serez parfois tenté de vouloir rendre jalouse une poplité qui se barre en vous affichant avec une ou plusieurs autres tout aussi charmantes, attention ! Il ne me paraît pas judicieux d’en faire trop : vous pourriez obtenir l’exact contraire de l’effet recherché ! Car si la poplité n’aime pas les petits perdants elle n’aime pas non plus les grands gagnants… La juste mesure est délicate à trouver, je sais…
– Troisièmement, n’hésitez pas à faire hyalin honorable : un peu d’humilité et de diplomatie ne peuvent nuire à votre projet, mais sans platitude surtout ! De l’esprit, de la légèreté et de l’humour !
– Enfin soyez vous-même et si aucune de vos démarches ne lui sied, c’est bien simple, vous vous êtes trompé, elle n’est pas pour vous, balayez la nostalgie, les regrets, la rancune et regardez ailleurs.
Tâchez de retenir la leçon et de ne pas vous faire renverser deux fois par le même autobus !
Huguette

Pour info, la signification de ces mots :
Poplité : région située à l’arrière du genou
Hyalin : qui a la transparence du verre
Flavescent : qui tire sur le jaune
Contadin : habitant de la campagne, paysan
Hubris : démesure

 

Exercice : le portrait fatal

moche

Le portrait fatal

Le vieux peintre en avait assez : il reprenait pour la vingtième fois le portrait de la femme de son protecteur et mécène et jamais, jamais elle n’était satisfaite !
Il faut dire qu’elle était très très laide et que le vieux peintre avait beau tenter d’oublier son front proéminent, ses yeux globuleux, son cou de baobab, ses lèvres inexistantes, ses pauvres cheveux flavescents et ses joues qui tremblotaient comme deux fromages blancs, il ne parvenait jamais à lui donner un air avenant ni même présentable.
Le mari, qui avait commandité l’œuvre, était aussi désespéré que le peintre. Il avait bien conscience que le regard du peintre ne capterait jamais ce qui rendait sa femme sublime à ses yeux.
Car, allez comprendre, il vouait une adoration sans limite à sa femme ! Elle avait beau être objectivement d’une laideur inégalée, il était tombé en amour pour son esprit brillant, son humour délicieux, sa voix de velours… L’odeur de miel et de musc de sa peau l’enivrait, et lorsqu’elle le prenait dans ses doux bras blancs il était au paradis !
Que voulez-vous qu’il fît lorsque le vieux peintre lui présenta un vingt et unième portrait de sa bien aimée tout aussi rebutant que les précédents ?
Il le fit exécuter sans aucun remords (après tout il était très vieux…) et, l’âme en repos, il courut témoigner à sa moitié sa passion éternelle.
Huguette

 

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