Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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31 mai, 2017

Atelier d’écriture du 29 mai 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:41

DEVOIR : sandwich

Dans le salon, seules les lampes d’appoint étaient encore allumées, créant une ambiance tamisée….
Aucun des deux n’avaient envie que ce moment cesse. (Quelqu’un pour qui trembler – Gilles Legardinier

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Dans le salon, seules les lampes d’appoint étaient encore allumées, créant une ambiance tamisée….Au coin du feu, allongée sur une douce fourrure blanche, la lectrice était plongée dans les « Lettres de mon Moulin ». Et elle pleurait : l’histoire de la petite chèvre de Monsieur Seguin l’émouvait chaque fois davantage.
Elle avait sa propre interprétation de ce conte, qui ne correspondait pas du tout à celle de l’auteur : Blanquette n’était pas éprise de liberté, elle était éprise du loup ! C’est vers son prédateur qu’elle gambadait, insouciante en apparence, amoureuse sûrement… Elle en avait tant entendu à son sujet qu’il était devenu son fantasme …
Une fois, tandis qu’elle broutait l’herbe tendre du pré de Monsieur Seguin, elle l’avait aperçu tapi derrière un buisson d’aubépine, qui l’observait. Depuis, c’était bien simple, tout le jour elle ne pensait qu’à ses oreilles bien droites et surtout à ses yeux qui reluisaient dans l’ombre et toutes les nuits, elle rêvait de lui…
Elle avait bien remarqué que le loup était troublé quand il l’épiait : il n’était pas  insensible à son charme, dans ses yeux de braise elle s’était vue belle ! Oui, il était  amoureux aussi, elle voyait bien que sa bouche tremblait de baisers contenus…
Le combat final, c’était en réalité une joute amoureuse, notre lectrice en était certaine, et quand elle arrivait à la fin : « alors le loup se jeta sur elle et la mangea », elle avait des frissons de volupté ! C’était l’apothéose de leur nuit d’amour, le grand orgasme qui venait enfin résoudre l’amour impossible entre deux individus gourmands de la vie que les  lois de la nature opposaient…
La lectrice reposa le livre et soupira, alanguie…
Derrière le carreau, à peine éclairé par la pleine lune de ce soir d’automne, un visage était apparu. Des yeux luisants la fixaient intensément, une toison épaisse et noire de gitan brillait sous la lune, une bouche exigeante appelait les baisers…
Elle savait que ce n’était pas raisonnable. Sa famille, qui voulait l’attacher au piquet de sa condition bourgeoise, parlerait de faute, mais c’était son loup et ce soir la petite chèvre aurait plaisir à se laisser manger…
En attendant, ils se dévoraient du regard et aucun des deux n’avait envie que ce moment cesse.
Huguette

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Dans le salon, seules les lampes d’appoint étaient encore allumées, créant une ambiance tamisée et cependant, Paul ne se sentait vraiment pas à l’aise. Ses copains l’avaient trainé de force dans ce cabaret pour assister à un striptease. Ils se moquaient tous de lui parce qu’il était encore vierge. Oui ! Un puceau, à 18 ans, ce n’était pas bien vu dans cette société patriarcale où il fallait très vite qu’un homme montre qu’il était fort. Timide, pudique, il regardait avec dégoût cet étalage de viande. Les filles n’étaient même pas belles… Les belles, elles allaient dans les grandes villes, où elles pourraient être remarquées et vite « prises en main », par un mari, pour les plus chanceuses, par un proxénète pour les autres. Alors, non, cette soirée qu’on avait organisée pour lui, pour son anniversaire ne lui plaisait pas du tout.

Pierre lui, regardait d’un œil distrait ces filles pathétiques danser sur des musiques lascives. Elles prenaient devant lui, des poses suggestives. Il n’avait pas voulu cette soirée organisée par son témoin, mais c’était son enterrement de vie de garçon et donc une tradition. Il avait 23 ans et se marierait après-demain avec la fille du médecin. Ni belle ni laide, mais un bon parti. Un mariage arrangé, en quelque sorte par son père, notaire et le père de sa promise. On ne lui avait pratiquement pas demandé son avis. Pierre était indifférent. Elle ou une autre, peu importait. C’était comme ça et puis c’est tout. Une fille prit une chaise qu’elle amena au centre du salon. Elle invita Pierre à s’y asseoir. Puis, elle alla en chercher une autre et amena un Paul rougissant et gauche. Les deux garçons se regardèrent et soudain, plus rien n’exista. Les filles vulgaires, les copains avinés, le bruit et cette soirée ennuyeuse, tout disparut. Les yeux de Pierre s’accrochèrent au regard de Paul comme à une bouée. Sans se connaitre, ils venaient de se reconnaitre. Et aucun des deux n’avaient envie que ce moment cesse.
Fabienne

 

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Dans le salon, seules les lampes d’appoint étaient encore allumées, créant une ambiance tamisée. Nous venions de passer une belle heure en admirant le coucher de soleil sur la grande terrasse. L’appartement d’Eléonore est perché au huitième étage d’un immeuble dix-neuvième qui domine les jardins du Luxembourg. Dans ce quartier, à cette heure-là, les rumeurs de la ville se font calmes, presque secrètes. Lénor, comme je la nomme tant elle est douce, avait investi et c’est le cas de le dire, ce haut lieu depuis trois mois seulement. Parmi les quelques améliorations, sa touche personnelle, deux d’entre elles faisaient son orgueil, quasi sa ferveur.
Ce 120 m2 avait perdu presque toutes ses cloisons grâce à un ingénieux système de voutes peu apparentes. Ainsi à la manière des églises romanes, on pouvait entendre une conversation murmurée à l’autre bout du logement. Seules la cuisine et la salle de bains semblaient séparées d’une immense pièce séjour-chambre. Au beau milieu, le très grand lit rond trouvait son utilité tout au long du nycthémère, à la grande curiosité des invités mâles qui auraient bien aimé s’assurer des qualités câlines de la svelte Eléonore. Seule et désemparée, quinaude aussi du fait de la récente déroute psychologique devant mon ex, j’avais accepté quelques mois de cohabitation dans ce lieu où pourtant aucun secret ne pouvait être celé. N’allez pas chercher quelque raison inavouable à cet « arrangement ». Depuis toujours, nous vibrons telles les deux branches d’un diapason. Lénor aurait pu être Léone, par sa crinière dorée couvrant de magnifiques épaules le plus souvent dénudées. Sa démarche aussi était fauve. A ses côtés, je me faisais l’effet d’un bon labrador, doré lui aussi, gardien de la maison et aussi de sa belle maîtresse.
Le deuxième aménagement hors du commun était une installation audio-lumineuse gérée par des micro-processeurs dernier cri, si j’ose dire. Une des manifestations in de l’intelligence artificielle. Une sorte d’alphago sensé connaître et parfois devancer les stratégies souhaitées de climat d’intérieur. Un ambianceur avait tonitrué le vendeur-plombeur à bretelles qui, lui, n’avait rien d’une intelligence naturelle ou inventée. Il aurait bien servi l’autre définition d’ambianceur : celui qui veut fait faire la chenille jusque dans votre cuisine avec un slip sur la tête. Cette impression dévoyée avait sans doute retardé l’utilisation de ce miracle technologique en « son et lumières ». Aucun éclairage direct, spots camouflés, boules de verre, grands abat-jours en papier de riz. Les hauts parleurs donnaient un effet sensurround sans qu’aucun ne soit apparent ni même localisable.
Essayons tout de suite, maintenant, me dit Lénor. Continuons cette belle soirée méditative. Nous souperons ensuite. Quel menu choisir ? Il faut orienter le programme. Musique classique, affirmais-je ! Choix aléatoire, rétorqua la lionne. Classique en aléatoire, reprîmes-nous en choeur. Au goût de la machine !
Nous laissant le temps de nous allonger sur les voluptueux coussins amarante (qui ne fane pas), la lumière décline lentement en une brume bleutée. Le grand mur du fond semble nous caresser d’une brise marine. Mon Dieu, comment cet ordinateur a t-il pu deviner ? Le Livre un du Clavier bien Tempéré. D’emblée, je pense reconnaître la version inspirée et libertaire de Glenn Gould, entrecoupée de ces anatomies qui le caractérisent. Immergées, submergées par la spiritualité de Jean Sébastien, nous disputons du « Tempérament idéal ». Comme attendu, j’opte pour la complexion égale et Lénor pour le Tempérament inégal. C’est elle qui a raison en suivant son naturel, sa vitalité. Et c’est ce qu’a voulu Bach. Passer de la douceur des bémols à l’acuité des dièses, parcourir la maîtrise des contrepoints transparents. Ces fugues à plusieurs voix, ces préludes tous différents. Vers la fin, après une heure et demie d’élévation, la puissance sonore augmente jusqu’à m’évoquer la version de Jacques Loussier.
Me suis-je aperçue que des teintes rosées ont remplacé le lapis-lazuli ? C’est quand la couleur vire au framboise que la transition sonore se fait vers des voix si peu humaines, une chorale d’outre-tombe, un chorus insondable. Là encore mes années de conservatoire me permettent de redécouvrir le requiem de Ligeti, celui qui est cité sur la bande sonore du film 2001. Quand les luminaires sourdent du coquelicot l’inquiétude vient. Quand cela tourne au violet la brise marine devient bise boréale. Après une demi-heure de ululements, nous ne parlons plus.
Surgissent alors les alternances cors et cordes, dissonantes, de Fluorescences. C’est ce qu’il faut écouter pour tenter de comprendre l’âme polonaise de Penderecki. Pour vous faire une petite idée essayez d’écrire correctement son prénom, si vous n’êtes pas polonais : KRZYSZTOF. La violence des clusters vous paralyse (en langage, un cluster est un groupe consonantique comme GRRR !). Quinze minutes de terreur bleu nuit et survient un bruit de sirène en glissando vertigineux. Enfin, un silence de mort et la nuit anthracite. Sans la savoir nous nous retrouvons roulées en boule, l’une contre l’autre. Aucune des deux n’a envie que ce moment cesse.
Bertrand

Exercice : écrire une histoire à partir d’une photo, sans parler de coucher de soleil

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Finalement, j’ai bien fait d’acheter cette villégiature… Certes, elle m’a coûté un peu cher, mais il faut bien dire que les paysages sont superbes. Et ce calme est si apaisant… Il faut bien dire aussi que c’est un peu loin, mais à l’heure actuelle, si l’on ne veut plus être intoxiqué par les gaz d’échappement, il n’y a pas trop d’autres solutions. C’est vraiment magnifique ici, j’ai une vue imprenable sur la faune endémique. Des « bacotons », sortes de baleines se prélassent devant ma terrasse. Tiens, il y a aussi des « gloup-gloups », ils sont si mignons… Tous les soirs, ils viennent manger dans ma main du fishcorn, une espèce de pâte à base de céréales et de chair de poisson que je fabrique moi-même et dont ils raffolent. C’est d’autant plus calme que ce week-end, je suis seul, vraiment seul pour profiter de tous ces trésors. Ma dernière compagne, une jeunette de 65 ans m’a quittée. J’avoue que j’ai tout fait pour. Je n’en pouvais plus de son caquetage… Ah qu’est-ce que j’adore ces petits week-ends sur Mars…
Fabienne

Exercice : Enfermé dans une cabane, seul au milieu de nulle part, un auteur en mal d’inspiration cherche la muse qui le fuit, quand soudain, on frappe à la porte… 

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Il y avait des mois qu’il n’avait plus rien écrit, lui, l’auteur à succès, adulé, encensé. Depuis quelque temps, la muse le fuyait. Il faut dire aussi que justement depuis quelques temps, il s’était adonné à tous les excès. Il sortait, tous les soirs, buvait, fumait et finissait rarement ses nuits seuls… Il pensait que l’inspiration viendrait en vivant follement. Mais rien n’était venu et chaque jour, il s’était retrouvé devant l’abîme d’une page blanche qui le narguait. Il était sec, fatigué, à bout… Alors quand un de ses amis lui avait donné la clé d’un « cabanon » au milieu de la mangrove, il n’avait pas hésité. Son corps et son esprit réclamaient le calme. Mais depuis une semaine qu’il était là, rien ! Rien ne venait… sauf les moustiques, tous les matins et tous les soirs, en escadrilles bourdonnantes. Ce soir-là, il se sentait mal, le corps engourdi, douloureux, l’esprit embrumé. Pourtant, il se traina jusqu’à la table de bois brut, prit son stylo et attendit ; quand soudain, quelqu’un frappa à la porte. Qui pouvait bien venir, à une heure aussi tardive et dans un lieu si abandonné ? Il se traina jusqu’à la porte et ouvrit. Là, devant lui, se tenait une longue dame, tout de blanc vêtu. « La dame blanche » pensa-t-il aussitôt. Elle lui prit la main et l’entraîna vers la couche. Il se sentait fiévreux, surexcité. Comment cette belle dame avait-elle trouvé sa modeste cabane ? Que lui voulait-elle ? Il passa une nuit incroyable, une nuit de douceur, de fougue et de volupté. Avec elle, il devint l’amant parfait, attentif et insatiable. Cependant, tout était dans une espèce de brume. Quand il se réveilla le matin, la belle était déjà partie… Ou bien n’avait-elle existée que dans son esprit embrumé… Il se sentait mieux, bien mieux. Son stylo trouva tout de suite sa place entre ses doigts et commença à écrire, tout seul. Il écrivit pendant plusieurs jours. Ce fut là son chef-d’œuvre.
Fabienne

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