Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

29 mai, 2017

Atelier d’écriture du 22 mai 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:24

DEVOIR : Une minute de silence

CPAM-Cantal

benefits-of-yoga-yogi-life

Une minute de silence

Je n’avais jamais été calme, posée, sereine. Mon tempérament c’était plutôt les montagnes russes : de grandes joies, d’intenses colères, des tristesses sans fond, des passions sans frein… Mais tout ça allait changer. J’avais rencontré un sage, j’allais devenir sa disciple.
Ça avait commencé pendant un stage de yoga. Il m’avait dit : « si tu es trop fatiguée pour parler alors assieds-toi à côté de moi car je parle aussi couramment le silence. » C’était juste ce que j’avais besoin d’entendre.
Fermer les yeux. Ecouter le silence une minute, occuper son espace intérieur, être attentive à chaque perception…Respirer une minute de silence ! En pleine conscience. Sentir son corps se calmer, la détente s’installer, une joie profonde te submerger.
Il disait vrai. J’ai pratiqué encore et encore…
J’ai mangé en silence, marché en silence, j’ai fait des retraites silencieuses, j’ai cessé de sortir le soir dans les bars, trop bruyants, j’ai fui la musique et mon compagnon m’a fuie parce que mon silence pendant l’amour le glaçait… Mais j’ai trouvé la sérénité, enfin !
Oui, je suis sereine maintenant et je m’emmerde !
Rendez-moi mes colères, mes indignations et mes révoltes, rendez-moi mes désirs et les angoisses qui vont avec.
Rendez-moi la VIE ! Je veux être bousculée, submergée, piratée, heureuse à pleurer, malheureuse à crever,  je veux aimer et haïr, pleurer et rire, je veux du bruit et de la fureur autour de moi !
J’ai un nouveau mantra : je suis insatisfaite et je me marre…
PS : mon ami est revenu, et je ne me prive plus de lui faire entendre que je prends du plaisir dans ses bras…
Huguette

images

Silence en minute

Nous l’appelions tous Grand Père mais personne dans la famille n’avait la certitude qu’il était notre papy. De fait, lors de nos rares visites, il déclarait haut et fort à qui voulait l’entendre que jamais, ô grand jamais, il n’avait eu d’enfant. Ce beau vieillard aux cheveux longs descendant en vagues de cendre sur les épaules, au visage glabre anguleux, au regard de plomb, ne souffrait pas la contradiction. La première fois que je le vis, je ne pus m’empêcher de le comparer à un Maine Coon. Un de ces énormes chats d’Amérique du Nord à mobilité réduite qui trônent dans leur splendeur. Outre les mêmes prunelles, il avait de longs poils aux oreilles qu’il refusait obstinément de couper, pas plus que ses sourcils broussailleux. Son pelage avait l’air d’origine puisqu’on ne le voyait pas varier d’une année sur l’autre. Cela lui conférait une force brute en même temps qu’une distinction, une élégance sauvage qui intimaient le respect.
Au fin fond du Béarn, à peu de distance d’un gros village, il habitait une ancienne étable plantée au sommet d’une butte. Le feu de cheminée indiquait la direction du vent aux villageois. Les combles réaménagés constituaient sa chambre et une salle de bains rudimentaire. L’eau chaude ne lui avait pas paru chose nécessaire. L’immense pièce du bas comportait encore la grande  mangeoire à râtelier et les anneaux d’attache du bétail. Le seul luxe était une cheminée moderne permettant aussi de cuisiner : grillades, gibier à la ficelle et plats à cuisson très lente sur des braises presqu’étouffées. La grande table d’une seule volée de bois brut n’était pas très plate. Quelquefois on rattrapait les bouteilles au dernier moment dans de grands éclats épais de « sang de vinha » et des cascades rocailleuses de rires.
Dans cette étable évangélique il recevait une fois par an la famille, tous ensemble. Enfin, ceux qui se prétendaient de son sang. Le moment choisi était celui du dégel, ce qui ne fixait pas de date précise. Ils venaient de tout le Sud Ouest, pour la journée, jamais la nuit. Il y avait quelques chambres d’hôte au village. Seule Félicia, sa petite fille féline, la brune chafouine, pouvait rester quelques jours ou semaines. Il avait maintenant seize ans, ce hérisson de liberté qui savait tant la nature de ses montagnes. Bien sûr, elle lui rappelait le chat sauvage avec lequel il avait vécu dix-sept ans, au siècle dernier. Il ressentait encore les éraflures de ses griffes sur sa peau de vieillard et ne pouvait s’empêcher, dans ses moments de solitude, d’en jouir et d’en pleurer à froides larmes. Par sa seule présence, Félis la sauvageonne réchauffait le cruor de ses artères, ne serait-ce que par son regard de buisson ardent. Quand elle venait, trop rarement, ils ne parlaient que très peu : ils se comprenaient, elle le tison incandescent, lui la cendre épuisée.
Pour échapper à ses souvenirs, il avait trouvé l’électuaire. Les bonnes pâtes étaient ses deux grands amis : le berger et le notaire Le premier était « retraité », c’est à dire qu’il aidait encore un peu au moment du « pyrénéage ». Le deuxième tiendrait son office jusqu’au dernier acte, foi de tabellion. Trois fois par semaine, ils passaient une journée entière à une activité qui ne les décevait jamais : tenter d’arrondir leur tour de taille. Ce n’était pas la grand bouffe, même si les portions étaient copieuses.  Chacun à son tour y allait de sa recette personnelle ou empruntée et les deux autres jouaient les petites mains. Ils voyaient là un des rares bienfaits de la mondialisation. La bonne cuisine est universelle. « Elle devrait être inscrite dans les droits de l’homme et pas seulement de manger à sa faim » assénait le notaire embrumé. Ainsi, ils avaient voyagé de par le monde dans cette tanière à bestiaux où l’amitié roulait en avalanches de Béarnais. Dans leur langue toutes les consonnes étaient prononcées. Elles sonnaient leur entente, cette fibre d’Ossau qui les maintenait en vie. Personne n’assistait à l’élaboration du menu, à la confection des plats et encore moins à leurs généreuses agapes. Seule la maladie, rare malgré leurs curieuses règles diététiques pouvait empêcher ces campagnes culinaires.
Voilà, Grand-Père est mort. Félicia et moi sommes venus à ses obsèques : il est encore beau, cet homme. Le berger nous a pris dans ses grands bras, longuement, comme s’il calmait la douleur d’un mouton, emmêlant ses doigts déformés dans nos chevelures. Le notaire souriait de notre jeunesse, du respect au patriarche. Il nous a demandé de passer le lendemain à l’étude. Parmi ses minutes il avait classé depuis longtemps un message de l’aïeul à sa géniture.
A l’heure dite, nous nous présentâmes, non sans avoir évoqué entre nous deux maintes hypothèses farfelues. Grand-Père, ton humour est toujours vif : avec respect et tendresse, nous avons consulté une page blanche, une belle « minute de silence ».
Bertrand

1268012510_B977080233Z.1_20151116132740_000_GTT5K8A77.1-0

Certains ont le regard perdu, au loin… D’autres regardent le bout de leurs chaussures… Certains pensent à des choses graves, d’autres moins. Hommage silencieux à des victimes, prière laïque, cri silencieux et unanime contre la barbarie, qu’y a-t-il dans une minute de silence ?

-       Une minute qu’ils ont dit, mais c’est long ! Que c’est long, je suis sûr que c’est plus…
-       J’ai faim… Qu’est-ce que j’ai faim, sûr qu’on entend mon estomac gronder…
-       Elle était un peu jeune pour mourir, tout le monde l’a vue et ils n’ont rien dit. Personne n’a bougé. Ils l’ont laissée succomber sous les coups de son bourreau… J’ai envie de crier, de hurler…
-       Oh là là ! Mais que c’est long, j’ai une crampe dans la jambe… Mais comment on sait quand c’est fini ?
-       Tiens, mes chaussures sont sales. Mais elle fait quoi ma femme, toute la journée ? Va falloir que je la recadre un peu… Evidemment, pas comme ce type, ça, c’est un malade… Non, moi, je la secoue juste un peu et après elle file droit, mais voilà, de temps en temps, il faut s’énerver. On dirait qu’elle ne demande que ça…
-       J’aurais dû m’acheter ce petit haut que j’ai vu hier, c’était vraiment une bonne affaire…
-       J’adore les minutes de silence, c’est le seul moment où ma femme la ferme, ENFIN !
Fabienne


Exercice
 : Il était chercheur de petites bêtes

ppb

Il avait pointé longtemps au chômage, désespérant même de trouver un emploi à son âge, 45 ans. C’est très jeune, diront certains, mais pour les entreprises, c’est déjà l’heure de la réforme. De stages de formation en cours de coaching, il avait tout tenté, mais il n’y croyait plus guère. Quand un matin, alors qu’il lisait les petites annonces comme tous les matins, une offre lui sauta aux yeux : A pourvoir : « poste de chercheur de petites bêtes ». Suivait un numéro de téléphone, rien d’autre. Sa curiosité aiguisée par une demande si étrange et laconique, il décida aussitôt d’appeler. La sonnerie retentit, longtemps, mais personne ne décrocha. « Encore une blague », se dit-il.
Au bout d’une heure, alors qu’il cherchait en vain comment trouver un travail, son téléphone sonna. Il se précipita pour répondre. C’était son banquier, on allait saisir sa maison s’il ne comblait pas dans la journée son découvert. Comment faire ? Il n’avait plus rien ! il était au bout du rouleau. Il décida d’en finir une bonne fois pour toute… Alors qu’il se mettait la corde autour du cou, son téléphone sonna à nouveau. Encore quelqu’un qui veut de l’argent… Néanmoins, il décrocha.

-       Bonjour, Monsieur, est-ce bien vous qui avez appelé tout à l’heure pour l’annonce ?
-       Oui… bredouilla-t-il
-       Quand êtes-vous disponible ?
-       Bien… tout de suite, reprit-il plein d’espoir.
-       Alors venez demain matin à la première à l’adresse suivante….

Il nota, fébrile, une adresse qu’il ne connaissait pas et qu’il chercha sur le net.
Le lendemain matin, à l’heure dite, il était là. Devant la porte, un petit homme, le sourire aux l’attendait.

-       Qu’elle est votre spécialité ?
-       Heu… c’est-à-dire…
-       Oui, je sais, vous êtes comme tous les autres, vous ne savez pas encore. Suivez-moi.
Derrière la porte, une grande salle et du monde.
-       Vous voyez, celui-ci est « chercheur de poux dans la tête », l’autre à côté traque les araignées au plafond. Plus loin, nous avons un groupe qui a des fourmis dans les jambes. Et vous ? Que voulez-vous faire ?
-       Oh, moi… moi, vous savez, j’ai juste le cafard !
Fabienne

 


Exercice
 : Chaque matin, à l’heure des chalands, elle s’installait à l’angle de la rue principale pour mendier une conversation.

Mndiante

Personne ne lui parlait, elle était devenue la honte du quartier, l’exemple à ne pas suivre, une fille perdue. Elle ne pouvait même plus entrer dans une boutique pour acheter un pain. Soit les gens faisaient comme si elle n’existait pas, soit ils la chassaient à coups de balais. Pourtant, elle n’avait pas fait grand-chose, juste aimer… Aimer celui qu’il ne fallait pas et qui l’avait mise enceinte. Ses parents l’avaient chassée de la maison. Elle avait erré dans la ville, un peu partout… et avait perdu son enfant. Depuis, elle survivait en volant. Mais ce qui lui était le plus pénible, c’était ce silence autour d’elle. Alors, chaque matin, à l’heure des chalands, elle s’installait à l’angle de la rue principale pour mendier une conversation.

Laisser un commentaire

 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds