Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

20 avril, 2017

Atelier d’écriture du lundi 17 avril 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:43

DEVOIR : Un 5 mots : oriflamme, émoustillant, écusson, endive, concombre

P111

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes

Le jukebox gueulait dans la salle à moitié vide. Personne n’écoutait la chanson et personne ne savait qui avait bien pu la choisir. Quatre vieux, la casquette vissée sur la tête et le mégot éteint au coin des lèvres, jouaient à la belotte. De temps à autre, l’un d’entre eux se mettait à crier au tricheur. Leur verre d’Ecusson allait bien leur faire la soirée, pensa Paulo, le patron, qui essuyait des verres d’un torchon distrait. Deux ivrognes, accoudés au comptoir devant un verre de rouge se racontaient leur vie, mais aucun n’écoutait l’autre. Dans un coin, un couple d’amoureux. Elle était menue, le visage blanc comme une endive. Elle avait mis une jupe émoustillante, mais on voyait bien qu’elle n’était pas à l’aise avec. C’était juste pour plaire à son jules, un grand escogriffe, long et triste, le visage buté. Elle lui chuchota quelque chose à l’oreille et il fit non de la tête. Elle se mit à pleurer doucement, sans bruit. Alors, l’un des ivrognes déclara doctement : « La vie, c’est comme un concombre, un jour tu l’as dans la main et le lendemain, ailleurs ».
Bref, un samedi soir comme tous les autres, morne et triste dans ce bistrot de campagne.
Fabienne

 p222

Ils s’étaient arrêtés à l’Oriflamme. C’était, à Olwhisheim, un restaurant brasserie typiquement alsacien où l’on mangeait les meilleurs flammekueches du monde. Enfin peut-être pas exactement, mais c’était dans ce village qu’il avait passé son enfance et le goût du flammekueche était sa petite madeleine à lui : croustillante à souhait, encore brûlante au sortir du four à bois, la pâte était généreusement couverte de lardons, d’oignons et de crème. On la mangeait à la main et le parmesan rajouté à la recette classique s’étirait sous les doigts comme du verre filé. Il en salivait d’avance et avait hâte de la faire apprécier à sa toute nouvelle épouse Sandrine.
Elle s’était endormie dans la voiture aussitôt installée et elle ronflait légèrement, la bouche entrouverte, la joue contre la vitre : la chaleur, sans doute, et l’alcool, auquel elle n’était pas habituée.
Il fut donc obligé de la réveiller et elle se montra tout de suite de mauvaise humeur. Elle avait beaucoup transpiré sur les sièges en skaï et sembla maudire dans un même élan le soleil, le vin, la fatigue et son mari !
Ils firent une entrée remarquée à l’Oriflamme : elle portait encore sa robe de mariée. On les applaudit, on les entoura, on les félicita. Mais elle en sembla plus contrariée qu’heureuse. Elle lança un regard courroucé à son mari, comme si elle lui en voulait de l’exposer ainsi en public dans une robe froissée, le cheveu en bataille et le visage un peu bouffi de sommeil et d’alcool.
Quand il voulut commander deux flammes elle l’arrêta d’un geste : pas pour moi, non ! Je vais prendre la salade d’endives. Vous ne pourriez pas rajouter quelques concombres ? Et mettre la sauce à part, s’il vous plaît ?
–      C’est tout ? Fit-il, déçu.
–      Et c’est bien assez ! Tu ne sais donc pas que je suis végétarienne ?
Non, dans l’euphorie de la rencontre suivie assez rapidement par l’envie de mariage qu’elle avait manifestée, il avait négligé ce détail.
Il commanda un vin blanc de la région, très frais, léger et émoustillant, sur lequel il comptait  pour créer une atmosphère propice à l’amour. Elle posa la main à plat sur son verre.
–      Non merci. J’ai assez bu pour aujourd’hui et pour l’année entière ! D’ailleurs tu ferais bien de t’abstenir aussi.
Mais la bouteille était déjà sur la table et, tout en dégustant sa flamme pendant qu’elle chipotait dans son bol de salade, il la but entièrement.
Il se sentit bientôt d’humeur badine et tenta une maladroite manœuvre d’approche en glissant son genou entre les cuisses de sa femme. Elle réagit violemment :
–      Arrête ! Tu es ivre !
C’est à ce moment que le chef, croyant leur faire plaisir, apporta triomphalement sur la table un kouglof aux raisins et amandes, arrosé de rhum, la spécialité de la maison.
–      Tous nos vœux de bonheur, Messieurs Dames !
Le marié applaudit et remercia chaleureusement. La mariée fit une grimace devant ce dessert roboratif et refusa tout net d’y toucher, même du bout des dents…
Cette fois c’en était trop ! Il ruminait sa colère tout en conduisant pour se rendre dans le petit village voisin de Brumath où une chambre les attendait à l’hôtel l’Escale. Sandrine était silencieuse aussi à ses côtés. Le malaise était palpable dans l’habitacle…
Il avait choisi cet hôtel pour son prix peu élevé. Ses modestes moyens ne lui permettaient pas de grandes dépenses mais il avait tenu à offrir un voyage de noces à Sandrine pour lui faire découvrir sa région d’origine. Manifestement elle s’attendait à quelque chose de plus somptueux parce qu’à la vue de la chambre rouge et noire sans charme, de la salle de bains décorée de moisissures et de l ’araignée qui dansait au plafond, elle poussa un soupir de découragement…
Elle s’enferma dans la salle de bains la première, en ressortit en pyjama et se coucha aussitôt en lui lançant un vague bonsoir.
Elle semblait dormir quand il se mit au lit, nu, rasé, parfumé, prêt à l’étreindre passionnément. Comme elle ne bougeait pas, lui tournant le dos, il se colla à elle et l’enlaça tout en essayant de faire glisser la culotte du pyjama : son sexe dressé montrait ses intentions mais elle le repoussa si vigoureusement qu’il faillit tomber du lit. Il se mit sur le dos et attendit que la poussée turgescente diminuât…
Il ne pouvait pas dormir, il se demandait comment, pourquoi, ce qu’il avait fait, ce qu’il n’avait pas fait, ce qu’il aurait fallu faire… Il tournait et retournait ces questions et finit par comprendre qu’il avait épousé Sandrine sans la connaître, juste parce qu’elle l’avait séduit, enjôlé, cajolé, jusqu’à ce qu’éperdu de désir il s’engage à l’épouser. Où étaient la séductrice, l’enjôleuse ? Et comment sortir maintenant de ce piège ?
C’était un garçon sincère et amoureux, mais aussi pragmatique. Il était capable de prendre des décisions rapides et de les exécuter sans délai. Il le démontra une fois de plus.
Vers six heures du matin il descendit à la réception, réveilla le veilleur et lui parla longuement  de sa fabuleuse nuit de noces. Madame dormait encore, si épuisée de bonheur qu’elle ne se réveillerait pas avant midi… Quant à lui, il allait prendre un petit déjeuner reconstituant à Strasbourg au bar de la gare en attendant que sa chérie soit prête… Il allait réserver une visite guidée privée de la vieille ville et un déjeuner à La Vignette, vous connaissez ? Oui, excellent choix !
A 11 heures, quand il revint, il s’était débarrassé de son couteau à greffer, avec regret, mais nécessité. Une ambulance était garée devant l’hôtel : la femme de chambre avait découvert sa femme inanimée, une blessure de la taille d’un écusson sous les côtes. Petite mais si profonde…
Il se lamenta à gros sanglots sincères. On le plaignit, on l’entoura, on témoigna de son amour et de sa bonne foi et le crime ne fut jamais élucidé.
Huguette

P444

Oriflamme éteinte

 

Plus d’or, plus de flamme. Je sais, Georges, Diégo, Arnaud, vous les vrais hommes, vous n’allez pas comprendre cette reddition au champ du déshonneur. D’autant que vous êtes actionnaires et que vous allez devoir abandonner un beau paquet. Ma jolie entreprise, l’Ecusson, cette émoustillante cidrerie familiale, aussi brute que douce, je l’ai vendue aux Chinois, comme tout en Normandie. Enfin, j’ai vendu le déficit, donc il ne nous reste que nib. Ils font tout cela pour nous empêcher de récolter nos belles pommes. Ces beaux fruits, ils n’en veulent pas non plus que le cidre. Ils souhaitent seulement récupérer les vers vivants, à l’arrière saison. Pour emporter qu’ils disent. Ces asticots auraient un arrière-goût de calva.
Tiens, je suis écoeuré. J’me fais végan. J’m’en vais vendre des endives et des concombres ; comment dis-tu Patricia ? Ces légumes viennent aussi de là bas, avec un taux de glyphosate garanti ! On est serrés. MERDE à VAUBAN !
Bertrand

P333

En cette année 1692, l’oriflamme claquait fièrement au vent vespéral qui soufflait vif et joyeux sur la lande. En ce jour particulier, point de pluie sur le petit hameau de Clifden et c’était tant mieux car aujourd’hui  avait lieu la grande fête annuelle qui accueillait tir à l’arc, joutes et banquets.
Connor, blanc comme une endive, pénétra lentement dans la minuscule auberge dont l’écusson portant armoiries du comté tenait lieu d’enseigne.
Les habitués, costaux en tout genres et petits durs à l’air menaçant, étaient depuis longtemps attablés, s’émoustillant par avance du spectacle vivifiant dont ils allaient se régaler : un combat à mains nues opposant l’un d’eux, kyle O’Sullivan, mastodonte de 110 kg, tout en poils et en muscles, au jeune et trop nerveux Connor Cunningham, âgé seulement de 20 ans. Certes, Connor n’en était pas à une bagarre près, mais jamais au grand jamais, il ne s’était confronté à une telle masse de chair compacte et réactive car si Kyle ne brillait pas par sa finesse d’esprit, il avait une solide réputation à défendre et se sentait fin prêt à en découdre. Le combat s’annonçait sanglant et les spectateurs aguerris n’interviendraient qu’à la dernière limite.
A la vue du trop frêle Connor, un silence, lourd d’attentes s’instaura. Sur les faces avinées se dessinaient déjà des tics nerveux et des sourires sarcastiques. Connor luttait pour son honneur. Il se campa  bien droit, face à son adversaire et, pour le déstabiliser, commença a vivement l’insulter en français, la langue maternelle de sa propre mère : espèce de gros porc, tu es un moins que rien ! Tu n’as qu’une cervelle de moineau ! tu es Con … con ! Brr ! je vais écrabouiller ta vilaine face de crapaud et tes tripes vont gicler sur le sol ! Approches si tu es un homme ! Décontenancé par cette tirade incompréhensible, Kyle interrogateur, se tourna vers l’assemblée,  la prenant à témoin de cet étrange comportement. Mal lui en prit car Connor en profita pour lui décocher un coup si bien ajusté que le mastodonte vacilla et, perdant l’équilibre vint, sous le regard médusé de l’assistance, se fracasser le crâne sur un muret de pierre. La blessure, sérieuse mais non mortelle sonna le glas du combat. Sous les vivats, Connor fut déclaré vainqueur, victoire qu’il arrosa copieusement avec ses nouveaux amis tandis qu’on emportait au loin le malheureux vaincu.
Cette histoire dépassa largement les limites du petit village de Clifden et fit rapidement le tour du conté. Depuis lors, il est de tradition en Irlande de la transmettre de pères en fils. C’est ainsi que naissent les légendes, non ?
Patricia


Exercice
 : L’histoire continue :
Chacun prend une feuille et commence à écrire la 1ère phrase d’une histoire. Ensuite on fait passer à son voisin qui en fait autant et chacun rajoute une phrase à toutes les histoires. Enfin, celui qui l’a commencée la termine.
Contrainte : chacun avait un mot obligatoire à insérer dans la 1ère et dernière phrase.

Histoire 1, commencée et terminée par Georges :
Elle était danseuse étoile à l’opéra de Paris et finançait les études de sa fille en faisant des numéros de nus intégral au Don Camillo. Depuis que le père de celle-ci les avait abandonnées en leur laissant une montagne de dettes, il lui fallait imaginer tous les moyens de se remettre à flot. Sa créativité était mise à rude épreuve mais elle y parvenait toutefois assez bien.
Un soir, au cabaret, un homme manifesta un grand intérêt pour… son âme… et lui proposa de la raccompagner. Une fois qu’elle fût rhabillée, il la reconnut à peine, sembla bien déçu, mais lui ouvrit toutefois poliment la portière avant de sa BM… Ce geste de courtoisie fut le premier d’une longue série car, commencée sans brio, ce court intermède fut le point de départ d’une liaison durable. Notre danseuse n’était pas vraiment attrayante mais elle savait comme personne écouter les histoires.
Elle amenait cet homme chez elle, l’installait confortablement sur le canapé, baissait les lumières pour donner à la pièce une atmosphère de mystère, mettait des coussins par terre sur lesquels elle s’allongeait à moitié et après leur avoir servi à tous deux un whisky, ouvrait grand ses oreilles pour écouter les histoires de son admirateur.
En fin de soirée, quand le niveau d’alcool était suffisamment élevé, elle en profitait généralement pour lui demander un peu d’argent. Mais ce soir, elle avait un autre plan…
Elle lui asséna un énorme coup de son bâton de danseuse étoile sur la tête… Il tomba de tout son long, évanoui. Et elle put enfin arriver à ses fins avec lui qui n’avait jamais voulu aller plus loin !

Diego :
Qu’elle est créative, cette Claire !!! On devrait vraiment lui faire sa fête… Enfin, non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. On devrait… on pourrait… je ne sais pas moi ! Aidez-moi, donnez-moi une idée quoi !
On devrait célébrer avec faste sa nomination au poste tant convoité d’ambassadrice Tupperware et imaginer une petite cérémonie pour cette intronisation. J’ai oui dire qu’elle en est très fière et attend avec impatience que nous lui témoignions toute notre sincère admiration.
Pour cette cérémonie, nous nommerions Diego à l’organisation. Avec son imagination débridée, il nous concocterait certainement quelque chose de pas ordinaire. Pour l’approvisionnement des liquides, ce serait Georges qui en aurait la responsabilité. Fin connaisseur, il ne risquera pas de se tromper. Nous pourrions toutefois craindre qu’il goûte un peu trop les breuvages… En chef pâtissier, Patricia serait parfait et nous mettrions Huguette à la chorale. Voilà une intronisation qui serait dignement fêtée !
Sauf que Georges n’est pas disponible le week-end du 24, Patricia celui du 17 et Fabienne ne peut se libérer que le 10 du mois prochain. Bref, la seule date possible nous amène et mois d’août et encore, personne n’a vérifié que Claire était bien disponible à cette date.
Finalement, une date fut trouvée pour la cérémonie. Tout le monde se mit d’accord sur le 31 février 2019, après les troisièmes élections créatives de sortie de l’accord de Saint-Louis.

 Patricia :
A l’ombre d’un parasol de fortune, elle tentait de protéger son teint de lait car la Reine des Neiges devait à tout prix garder sa blanche carnation, même si le parasol l’empêchait d’admirer la mer qu’elle voyait pour la première fois. Ses parents lui avaient toujours interdit de s’approcher d’une quelconque étendue d’eau de peur qu’elle transforme le monde en une gigantesque banquise. Heureusement, Blanche-Neige l’accompagnait et, étant elle-même très préoccupée par son teint, à défaut de voir la mer, elles pouvaient au moins se raconter les derniers potins. Le prince charmant s’était récemment fiancé, ce qui mettait la planète people en émoi.
La planète people était la dernière planète du système solaire. Elle avait été inventée très récemment par une bande de cons peu joyeux qui n’avaient aucun talent, aucune créativité mais qui avaient néanmoins beaucoup de succès. Ils s’appelaient les 7 nains et avaient grandi (ah ! ah ! ah !!) dans le quartier des Halles. A leur majorité, leurs parents leur avaient offert un costume rayé de couleur différente pour chacun d’eux. Cela permettait à Blanche-Neige et à la Reine des Neiges de les reconnaitre car, pour le reste, ils se ressemblaient furieusement. Sauf… dans l’intimité ; dans ce contexte, les différences étaient flagrantes et pouvaient se constater même dans le noir le plus absolu.
Alors, même si nos deux damoiselles rêvaient toujours en secret au prince charmant, la planète people conservait quelques attraits et l’obscurité généreuse qui protégeait leurs ébats avait l’avantage de leur éviter l’usage du contraignant du parasol.

Huguette :
Comme l’orage menaçait, il se précipité à la fenêtre, manœuvra vivement l’espagnolette et, soulagé d’être enfin à l’abri, il se jeta dans son fauteuil et alluma la radio.
Fichu temps ! Il devait traverser toute la France et demain la journée serait pénible et encore plus épuisante qu’aujourd’hui. Une autoroute monotone avec ses multiples péages prohibitifs, sa nourriture insipide et de nombreux arrêts pipi, Madame avait ses petites faiblesses.
Ah ! Madame ! S’il l’avait pu, il l’aurait bien étranglée sans autre forme de procès… et pourtant… il fallait bien faire avec, pour le moment…
Encore quatre ans avant la retraite. Il s’imaginait sans mal en train de pêcher, un épagneul à ses côtés… Un coup de tonnerre le rappela au présent.
Il se réveilla d’un coup. L’épagneul était toujours là. Il terminait le second tome de « Guerre et Paix », lecture qui, visiblement, lui apportait beaucoup de plaisir, sa queue frétillait en cadence et en rythme…
Cette histoire à beaucoup de chien, se dit-il, et il referma le volume. Celui-ci lui tomba des mains et c’est alors qu’il aperçut au loin… la femme de son maître qui arrivait, trempée par l’orage. Elle toqua à la fenêtre. Alors, tout rentra dans l’ordre : il reprit sa place d’animal au coin de la cheminée, son maître reprit « Guerre et paix » à l’endroit où il avait interrompu sa lecture, se précipité à la fenêtre, manœuvra l’espagnolette et accueillit sa femme avec un soupir de lassitude : il aurait encore longtemps à la supporter, pensa-t-il !

Claire :
J’avais du mal à suivre, toute cette histoire était une véritable salade.
Une salade de crabes, c’était… parce que, des crabes, il y en avait beaucoup dans cette histoire…
Je m’embusquai donc derrière le poêle à bois, prêt à bondir pour saisir le maximum de crabes dès qu’ils passeraient à ma portée.
Il faut dire que j’avais beaucoup, beaucoup fumé aussi, et que mon copain n’était pas très clair non plus… Alors… un crabe, deux crabes, trois crabes… une araignée, deux araignées, un serpent… non ! deux couleuvres vertes, un éléphant rose… Mais quelle était donc cette substance étrange qu’Antoine avait versé dans mon verre de rouge ? Je commençais à avoir quelques doutes qui furent vite balayés quand je vis mon copain nager dans le salon alors que nous n’avions pas de piscine.
Oui, sans aucun doute, j’étais sous LSD : Liquid Salad Distillery.

Fabienne :
Léa avait le « syndrome de crispation », une maladie rare qui venait de se déclarer et qui la handicapait fortement.
Elle passait ainsi ses journées assise derrière la fenêtre à épier ses voisins.
C’est comme ça qu’elle découvrit qu’Arthur, le fils prodige des bourgeois du cinquième, couchait avec Valentine, la logeuse, mariée à Hector.
Hector était furieux, bien sûr. Mais les parents de Valentine aussi ! Fils prodige, disaient-ils à Valentine, fils prodige, ça veut dire quoi ?
Prenez-le donc dans votre lit, le Arthur, et vous verrez en quoi c’est un prodige !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Tout le quartier essaya Arthur, le prodigieux, et bientôt, plus personne ne voulut d’autre amant que lui, les femmes comme les hommes d’ailleurs.
Seule Léa, la pauvre Léa lui résistait ; non parce qu’il ne lui plaisait pas d’ailleurs, mais parce que sa maladie l’empêchait d’être détendue at qu’elle en avait honte.
Et Arthur, lui, que pensait-il de tout cela ? Pour être honnête, il en était un peu vexé mais comme sa confiance en lui ne faiblissait pas, il se disait que demain, peut-être Valentine lui reviendrait pour lui avouer enfin qu’elle n’aimait que lui… Et lui, à ce moment-là, la rejetterait et se mettrait à genoux devant Léa pour la demander en mariage. Il avait toujours rêvé d’essayer une femme en « crispation ». Ça me changera, se disait-il…

Laisser un commentaire

 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds