Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 avril, 2017

Atelier d’écriture du 24 avril 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:53

Devoir« Les vignettes de Pâques ».

La semaine dernière, dans les oeufs de Pâques, se cachaient 3 petites images pour écrire une histoire.

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Une élection surprenante

Finalement, c’est onze candidats qui brigaient le poste à l’élection présidentielle. La France était en état de siège depuis que la campagne électorale avait commencé. .
Cette campagne avait vraiment mal débuté et avait été entachée par de sordides affaires de gros sous, sans compter les échauffourées et bagarres en tout genre de Français qui voulaient imposer leurs idées.
Des attentats avaient endeuillé le pays, non seulement à Paris, mais également dans plusieurs grandes villes. L’un des candidats avait même été touché par les tirs d’un terroriste. Heureusement ses jours n’étaient plus en danger. Par contre, plusieurs policiers avaient trouvé la mort.
Le pays était divisé et aucun des candidats ne faisait l’unanimité.
C’est dire l’ambiance électrique en ce dimanche 23 avril 2017. Tout le monde était mobilisé : il fallait voter à tout prix, pour éviter le pire. Mais le pire était mal défini, il dépendait ce que chacun pensait.
Les quelques 1,4 millions de Français à l’étranger et une majorité des 2,8 millions des Français des Dom-Tom avaient déjà voté mais aucune information ne devait filtrer avant les résultats français. Les bureaux ouvrirent en métropole à huit heures tapantes. Les policiers, armes au poing, étaient partout et habilités à fouiller tous ceux qui iraient voter.
Les dirigeants qui avaient eu peur d’une abstention massive virent leur crainte confirmée. A midi, personne ne s’était encore présentés aux urnes. C’était la consternation générale dans la classe politique.
Soudain, à treize heures, comme si tout le monde s’était donné le mot, les bureaux de vote furent assaillis par des millions de votants.
Les queues s’allongeaient et la patience des gens commençait à atteindre leur limite. Des noms d’oiseaux fusaient, vite réprimés par les forces de l’ordre.
Les agents municipaux, débordés, ne savaient où donner de la tête. Des isoloirs furent improvisés, n’importe où. Bref, une vraie pagaille.
A vingt heures précises, lorsque tous les bureaux fermèrent, il fallut se rendre à l’évidence : cette élection avait atteint des records. Puis l’information fut diffusée : sur les 47 millions d’électeurs, 100 % avaient voté. Du jamais vu !!! Tous les Français, conscients de l’enjeu s’étaient mobilisés en force. Oui, mais quel allait être le résultat et qui seraient les deux candidats restants pour le second tour ?
Lorsque tous les bulletins furent dépouillés, les dirigeants et la classe politique furent consternés : tous les bulletins étaient blancs. Exprimés mais non comptabilisés !
Ce vote, pour une fois, représentait vraiment ce que pensaient les Français : un immense ras-le-bol ! Il disait : aucun des candidats en lice ne nous convient, nous voulons quelqu’un d’autre. Un candidat intègre, ne tirant aucun avantage de ses privilèges, honnête et aimant la France plus que lui-même.
Cette élection fut donc annulée. Une autre allait être mise en place dans les six mois. Déjà de beaux parleurs tiraient avantage de cette situation pour avancer leur pion… Finalement, rien ne changerait.
Fabienne

Exercice : Tout compte fait, cette petite mort lui avait redonné vie. Depuis, il lui semblait que son cœur marchait devant elle, perché sur des talons aiguilles.

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Quand elle avait rencontré Jacques, elle n’y avait même pas prêté attention. Une soirée entre amis, un beau parleur, comme tant d’autres. Pourtant il s’était montré très… présent. Toute la soirée aux petits soins pour elle. A peine son verre était-il vide qu’il le remplissait. Elle avait même été obligée de lui dire d’un ton sec qu’elle ne voulait pas s’enivrer. Il la servait, lui donnant les meilleurs morceaux.
Elle aimait bien ses amis, mais vraiment il leur arrivait d’inviter n’importe qui pourvu qu’il fût célibataire. Car on voulait la caser à tout prix. Elle, n’aspirait qu’à une chose : la tranquillité. Ses bleus à l’âme n’étaient pas encore guéris. Elle vivait, insouciante, comme dans sa jeunesse, ne faisant que ce que bon lui semblait. Invitée ou seule, peu importait, elle appréciait tout. Par contre, ses amis se désespérait de la voir toujours si solitaire et ne renonçaient pas à lui trouver l’homme « parfait ».
Alors, ce soir-là, Jacques était pour elle un opportuniste, un mâle en mal d’affection ou tout simplement un mec qui recherchait un bon coup. Elle était rentrée tôt, les plantant tous là.
Une semaine après, elle l’avait croisé, par hasard, en faisant ses courses. Elle l’avait vu au dernier moment et n’avait pu l’éviter. Il lui avait proposé de boire un verre le soir-même. Elle n’y tenait pas. Il avait un peu insisté mais pas trop. Si bien qu’elle avait accepté. Elle passa une soirée délicieuse. Car, contrairement à sa première impression, Jacques était drôle, gentil, galant (ce qui se faisait rare). Bref quand il lui avait demandé une deuxième rendez-vous, elle avait dit oui sans hésiter. Et ils s’étaient revus… Plusieurs fois. Apparemment, il n’attendait rien d’elle si ce n’est de bons moments partagés entre amis. C’est peut-être pour cela qu’un soir, elle l’invita… à boire un dernier verre chez elle, comme on dit. Et ce qui devait arriver, arriva. Elle se rendit compte de tout ce qu’elle avait raté en s’enfermant dans une carapace, en s’interdisant de souffrir, en s’interdisant de vivre…
Tout compte fait, cette petite mort lui avait redonné vie. Depuis, il lui semblait que son cœur marchait devant elle, perché sur des talons aiguilles.
Elle déambulait dans les rues de son quartier en souriant à tout, à rien, au soleil, au vent, bref à rien… Jusqu’à ce qu’elle le voit, à un carrefour, embrassant à pleine bouche une superbe rousse.
Fabienne

La semaine précédente elle avait joué Juliette. Que dis-je, elle avait été Juliette ! Allant même jusqu’à boire ce poison. Oh ! Une petite quantité certes ! Mais elle avait voulu souffrir dans sa chair, ressentir ces spasmes qui avaient eu raison de son héroïne. Elle s’en été tirée avec un lavage d’estomac et, sur le moment, le sentiment gratifiant d’être  réellement ce personnage romantique qu’elle avait voulu incarner «  pour de vrai », comme disent les enfants. Mais avec le recul, cet avant-goût de la grande faucheuse avait été un électrochoc salutaire qui lui avait ouvert d’autres perspectives. Désormais c’est goulument qu’elle croquait l’existence, son existence !
Tout compte fait cette petite mort lui avait redonné vie. Depuis, il lui semblait que son cœur marchait devant elle sur des talons aiguilles. En une nuit, elle était devenue cette fille sexy qui attirait tous les regards et narcissiquement en jouissait.
Finalement, le poison avait bien tué Juliette !
Patricia

 

Exercice : faire un acrostiche avec le mot TARIQUET, en vers si possible et parlant d’autres univers 

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Tout passe, même le temps,
Alors, profitez de chaque instant
Riez, buvez, faites la fête
Immergez-vous dans cette quête
Que votre vie vous soit heureuse et douce
Un jour viendra où vous direz « pouce ! »
Et vous vous en irez, dans d’autres univers
Tout passe, même le temps ! C’est clair !
Fabienne

Tournez, incertaines planètes
Abandonnées au chaos,
Rachitiques conquêtes,
Inutiles vaisseaux,
Qui peuplent l’univers
Utilisant l’envers
Et renversant l’endroit
Tout en niant les choix.
Patricia

20 avril, 2017

Atelier d’écriture du lundi 17 avril 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:43

DEVOIR : Un 5 mots : oriflamme, émoustillant, écusson, endive, concombre

P111

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes

Le jukebox gueulait dans la salle à moitié vide. Personne n’écoutait la chanson et personne ne savait qui avait bien pu la choisir. Quatre vieux, la casquette vissée sur la tête et le mégot éteint au coin des lèvres, jouaient à la belotte. De temps à autre, l’un d’entre eux se mettait à crier au tricheur. Leur verre d’Ecusson allait bien leur faire la soirée, pensa Paulo, le patron, qui essuyait des verres d’un torchon distrait. Deux ivrognes, accoudés au comptoir devant un verre de rouge se racontaient leur vie, mais aucun n’écoutait l’autre. Dans un coin, un couple d’amoureux. Elle était menue, le visage blanc comme une endive. Elle avait mis une jupe émoustillante, mais on voyait bien qu’elle n’était pas à l’aise avec. C’était juste pour plaire à son jules, un grand escogriffe, long et triste, le visage buté. Elle lui chuchota quelque chose à l’oreille et il fit non de la tête. Elle se mit à pleurer doucement, sans bruit. Alors, l’un des ivrognes déclara doctement : « La vie, c’est comme un concombre, un jour tu l’as dans la main et le lendemain, ailleurs ».
Bref, un samedi soir comme tous les autres, morne et triste dans ce bistrot de campagne.
Fabienne

 p222

Ils s’étaient arrêtés à l’Oriflamme. C’était, à Olwhisheim, un restaurant brasserie typiquement alsacien où l’on mangeait les meilleurs flammekueches du monde. Enfin peut-être pas exactement, mais c’était dans ce village qu’il avait passé son enfance et le goût du flammekueche était sa petite madeleine à lui : croustillante à souhait, encore brûlante au sortir du four à bois, la pâte était généreusement couverte de lardons, d’oignons et de crème. On la mangeait à la main et le parmesan rajouté à la recette classique s’étirait sous les doigts comme du verre filé. Il en salivait d’avance et avait hâte de la faire apprécier à sa toute nouvelle épouse Sandrine.
Elle s’était endormie dans la voiture aussitôt installée et elle ronflait légèrement, la bouche entrouverte, la joue contre la vitre : la chaleur, sans doute, et l’alcool, auquel elle n’était pas habituée.
Il fut donc obligé de la réveiller et elle se montra tout de suite de mauvaise humeur. Elle avait beaucoup transpiré sur les sièges en skaï et sembla maudire dans un même élan le soleil, le vin, la fatigue et son mari !
Ils firent une entrée remarquée à l’Oriflamme : elle portait encore sa robe de mariée. On les applaudit, on les entoura, on les félicita. Mais elle en sembla plus contrariée qu’heureuse. Elle lança un regard courroucé à son mari, comme si elle lui en voulait de l’exposer ainsi en public dans une robe froissée, le cheveu en bataille et le visage un peu bouffi de sommeil et d’alcool.
Quand il voulut commander deux flammes elle l’arrêta d’un geste : pas pour moi, non ! Je vais prendre la salade d’endives. Vous ne pourriez pas rajouter quelques concombres ? Et mettre la sauce à part, s’il vous plaît ?
–      C’est tout ? Fit-il, déçu.
–      Et c’est bien assez ! Tu ne sais donc pas que je suis végétarienne ?
Non, dans l’euphorie de la rencontre suivie assez rapidement par l’envie de mariage qu’elle avait manifestée, il avait négligé ce détail.
Il commanda un vin blanc de la région, très frais, léger et émoustillant, sur lequel il comptait  pour créer une atmosphère propice à l’amour. Elle posa la main à plat sur son verre.
–      Non merci. J’ai assez bu pour aujourd’hui et pour l’année entière ! D’ailleurs tu ferais bien de t’abstenir aussi.
Mais la bouteille était déjà sur la table et, tout en dégustant sa flamme pendant qu’elle chipotait dans son bol de salade, il la but entièrement.
Il se sentit bientôt d’humeur badine et tenta une maladroite manœuvre d’approche en glissant son genou entre les cuisses de sa femme. Elle réagit violemment :
–      Arrête ! Tu es ivre !
C’est à ce moment que le chef, croyant leur faire plaisir, apporta triomphalement sur la table un kouglof aux raisins et amandes, arrosé de rhum, la spécialité de la maison.
–      Tous nos vœux de bonheur, Messieurs Dames !
Le marié applaudit et remercia chaleureusement. La mariée fit une grimace devant ce dessert roboratif et refusa tout net d’y toucher, même du bout des dents…
Cette fois c’en était trop ! Il ruminait sa colère tout en conduisant pour se rendre dans le petit village voisin de Brumath où une chambre les attendait à l’hôtel l’Escale. Sandrine était silencieuse aussi à ses côtés. Le malaise était palpable dans l’habitacle…
Il avait choisi cet hôtel pour son prix peu élevé. Ses modestes moyens ne lui permettaient pas de grandes dépenses mais il avait tenu à offrir un voyage de noces à Sandrine pour lui faire découvrir sa région d’origine. Manifestement elle s’attendait à quelque chose de plus somptueux parce qu’à la vue de la chambre rouge et noire sans charme, de la salle de bains décorée de moisissures et de l ’araignée qui dansait au plafond, elle poussa un soupir de découragement…
Elle s’enferma dans la salle de bains la première, en ressortit en pyjama et se coucha aussitôt en lui lançant un vague bonsoir.
Elle semblait dormir quand il se mit au lit, nu, rasé, parfumé, prêt à l’étreindre passionnément. Comme elle ne bougeait pas, lui tournant le dos, il se colla à elle et l’enlaça tout en essayant de faire glisser la culotte du pyjama : son sexe dressé montrait ses intentions mais elle le repoussa si vigoureusement qu’il faillit tomber du lit. Il se mit sur le dos et attendit que la poussée turgescente diminuât…
Il ne pouvait pas dormir, il se demandait comment, pourquoi, ce qu’il avait fait, ce qu’il n’avait pas fait, ce qu’il aurait fallu faire… Il tournait et retournait ces questions et finit par comprendre qu’il avait épousé Sandrine sans la connaître, juste parce qu’elle l’avait séduit, enjôlé, cajolé, jusqu’à ce qu’éperdu de désir il s’engage à l’épouser. Où étaient la séductrice, l’enjôleuse ? Et comment sortir maintenant de ce piège ?
C’était un garçon sincère et amoureux, mais aussi pragmatique. Il était capable de prendre des décisions rapides et de les exécuter sans délai. Il le démontra une fois de plus.
Vers six heures du matin il descendit à la réception, réveilla le veilleur et lui parla longuement  de sa fabuleuse nuit de noces. Madame dormait encore, si épuisée de bonheur qu’elle ne se réveillerait pas avant midi… Quant à lui, il allait prendre un petit déjeuner reconstituant à Strasbourg au bar de la gare en attendant que sa chérie soit prête… Il allait réserver une visite guidée privée de la vieille ville et un déjeuner à La Vignette, vous connaissez ? Oui, excellent choix !
A 11 heures, quand il revint, il s’était débarrassé de son couteau à greffer, avec regret, mais nécessité. Une ambulance était garée devant l’hôtel : la femme de chambre avait découvert sa femme inanimée, une blessure de la taille d’un écusson sous les côtes. Petite mais si profonde…
Il se lamenta à gros sanglots sincères. On le plaignit, on l’entoura, on témoigna de son amour et de sa bonne foi et le crime ne fut jamais élucidé.
Huguette

P444

Oriflamme éteinte

 

Plus d’or, plus de flamme. Je sais, Georges, Diégo, Arnaud, vous les vrais hommes, vous n’allez pas comprendre cette reddition au champ du déshonneur. D’autant que vous êtes actionnaires et que vous allez devoir abandonner un beau paquet. Ma jolie entreprise, l’Ecusson, cette émoustillante cidrerie familiale, aussi brute que douce, je l’ai vendue aux Chinois, comme tout en Normandie. Enfin, j’ai vendu le déficit, donc il ne nous reste que nib. Ils font tout cela pour nous empêcher de récolter nos belles pommes. Ces beaux fruits, ils n’en veulent pas non plus que le cidre. Ils souhaitent seulement récupérer les vers vivants, à l’arrière saison. Pour emporter qu’ils disent. Ces asticots auraient un arrière-goût de calva.
Tiens, je suis écoeuré. J’me fais végan. J’m’en vais vendre des endives et des concombres ; comment dis-tu Patricia ? Ces légumes viennent aussi de là bas, avec un taux de glyphosate garanti ! On est serrés. MERDE à VAUBAN !
Bertrand

P333

En cette année 1692, l’oriflamme claquait fièrement au vent vespéral qui soufflait vif et joyeux sur la lande. En ce jour particulier, point de pluie sur le petit hameau de Clifden et c’était tant mieux car aujourd’hui  avait lieu la grande fête annuelle qui accueillait tir à l’arc, joutes et banquets.
Connor, blanc comme une endive, pénétra lentement dans la minuscule auberge dont l’écusson portant armoiries du comté tenait lieu d’enseigne.
Les habitués, costaux en tout genres et petits durs à l’air menaçant, étaient depuis longtemps attablés, s’émoustillant par avance du spectacle vivifiant dont ils allaient se régaler : un combat à mains nues opposant l’un d’eux, kyle O’Sullivan, mastodonte de 110 kg, tout en poils et en muscles, au jeune et trop nerveux Connor Cunningham, âgé seulement de 20 ans. Certes, Connor n’en était pas à une bagarre près, mais jamais au grand jamais, il ne s’était confronté à une telle masse de chair compacte et réactive car si Kyle ne brillait pas par sa finesse d’esprit, il avait une solide réputation à défendre et se sentait fin prêt à en découdre. Le combat s’annonçait sanglant et les spectateurs aguerris n’interviendraient qu’à la dernière limite.
A la vue du trop frêle Connor, un silence, lourd d’attentes s’instaura. Sur les faces avinées se dessinaient déjà des tics nerveux et des sourires sarcastiques. Connor luttait pour son honneur. Il se campa  bien droit, face à son adversaire et, pour le déstabiliser, commença a vivement l’insulter en français, la langue maternelle de sa propre mère : espèce de gros porc, tu es un moins que rien ! Tu n’as qu’une cervelle de moineau ! tu es Con … con ! Brr ! je vais écrabouiller ta vilaine face de crapaud et tes tripes vont gicler sur le sol ! Approches si tu es un homme ! Décontenancé par cette tirade incompréhensible, Kyle interrogateur, se tourna vers l’assemblée,  la prenant à témoin de cet étrange comportement. Mal lui en prit car Connor en profita pour lui décocher un coup si bien ajusté que le mastodonte vacilla et, perdant l’équilibre vint, sous le regard médusé de l’assistance, se fracasser le crâne sur un muret de pierre. La blessure, sérieuse mais non mortelle sonna le glas du combat. Sous les vivats, Connor fut déclaré vainqueur, victoire qu’il arrosa copieusement avec ses nouveaux amis tandis qu’on emportait au loin le malheureux vaincu.
Cette histoire dépassa largement les limites du petit village de Clifden et fit rapidement le tour du conté. Depuis lors, il est de tradition en Irlande de la transmettre de pères en fils. C’est ainsi que naissent les légendes, non ?
Patricia


Exercice
 : L’histoire continue :
Chacun prend une feuille et commence à écrire la 1ère phrase d’une histoire. Ensuite on fait passer à son voisin qui en fait autant et chacun rajoute une phrase à toutes les histoires. Enfin, celui qui l’a commencée la termine.
Contrainte : chacun avait un mot obligatoire à insérer dans la 1ère et dernière phrase.

Histoire 1, commencée et terminée par Georges :
Elle était danseuse étoile à l’opéra de Paris et finançait les études de sa fille en faisant des numéros de nus intégral au Don Camillo. Depuis que le père de celle-ci les avait abandonnées en leur laissant une montagne de dettes, il lui fallait imaginer tous les moyens de se remettre à flot. Sa créativité était mise à rude épreuve mais elle y parvenait toutefois assez bien.
Un soir, au cabaret, un homme manifesta un grand intérêt pour… son âme… et lui proposa de la raccompagner. Une fois qu’elle fût rhabillée, il la reconnut à peine, sembla bien déçu, mais lui ouvrit toutefois poliment la portière avant de sa BM… Ce geste de courtoisie fut le premier d’une longue série car, commencée sans brio, ce court intermède fut le point de départ d’une liaison durable. Notre danseuse n’était pas vraiment attrayante mais elle savait comme personne écouter les histoires.
Elle amenait cet homme chez elle, l’installait confortablement sur le canapé, baissait les lumières pour donner à la pièce une atmosphère de mystère, mettait des coussins par terre sur lesquels elle s’allongeait à moitié et après leur avoir servi à tous deux un whisky, ouvrait grand ses oreilles pour écouter les histoires de son admirateur.
En fin de soirée, quand le niveau d’alcool était suffisamment élevé, elle en profitait généralement pour lui demander un peu d’argent. Mais ce soir, elle avait un autre plan…
Elle lui asséna un énorme coup de son bâton de danseuse étoile sur la tête… Il tomba de tout son long, évanoui. Et elle put enfin arriver à ses fins avec lui qui n’avait jamais voulu aller plus loin !

Diego :
Qu’elle est créative, cette Claire !!! On devrait vraiment lui faire sa fête… Enfin, non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. On devrait… on pourrait… je ne sais pas moi ! Aidez-moi, donnez-moi une idée quoi !
On devrait célébrer avec faste sa nomination au poste tant convoité d’ambassadrice Tupperware et imaginer une petite cérémonie pour cette intronisation. J’ai oui dire qu’elle en est très fière et attend avec impatience que nous lui témoignions toute notre sincère admiration.
Pour cette cérémonie, nous nommerions Diego à l’organisation. Avec son imagination débridée, il nous concocterait certainement quelque chose de pas ordinaire. Pour l’approvisionnement des liquides, ce serait Georges qui en aurait la responsabilité. Fin connaisseur, il ne risquera pas de se tromper. Nous pourrions toutefois craindre qu’il goûte un peu trop les breuvages… En chef pâtissier, Patricia serait parfait et nous mettrions Huguette à la chorale. Voilà une intronisation qui serait dignement fêtée !
Sauf que Georges n’est pas disponible le week-end du 24, Patricia celui du 17 et Fabienne ne peut se libérer que le 10 du mois prochain. Bref, la seule date possible nous amène et mois d’août et encore, personne n’a vérifié que Claire était bien disponible à cette date.
Finalement, une date fut trouvée pour la cérémonie. Tout le monde se mit d’accord sur le 31 février 2019, après les troisièmes élections créatives de sortie de l’accord de Saint-Louis.

 Patricia :
A l’ombre d’un parasol de fortune, elle tentait de protéger son teint de lait car la Reine des Neiges devait à tout prix garder sa blanche carnation, même si le parasol l’empêchait d’admirer la mer qu’elle voyait pour la première fois. Ses parents lui avaient toujours interdit de s’approcher d’une quelconque étendue d’eau de peur qu’elle transforme le monde en une gigantesque banquise. Heureusement, Blanche-Neige l’accompagnait et, étant elle-même très préoccupée par son teint, à défaut de voir la mer, elles pouvaient au moins se raconter les derniers potins. Le prince charmant s’était récemment fiancé, ce qui mettait la planète people en émoi.
La planète people était la dernière planète du système solaire. Elle avait été inventée très récemment par une bande de cons peu joyeux qui n’avaient aucun talent, aucune créativité mais qui avaient néanmoins beaucoup de succès. Ils s’appelaient les 7 nains et avaient grandi (ah ! ah ! ah !!) dans le quartier des Halles. A leur majorité, leurs parents leur avaient offert un costume rayé de couleur différente pour chacun d’eux. Cela permettait à Blanche-Neige et à la Reine des Neiges de les reconnaitre car, pour le reste, ils se ressemblaient furieusement. Sauf… dans l’intimité ; dans ce contexte, les différences étaient flagrantes et pouvaient se constater même dans le noir le plus absolu.
Alors, même si nos deux damoiselles rêvaient toujours en secret au prince charmant, la planète people conservait quelques attraits et l’obscurité généreuse qui protégeait leurs ébats avait l’avantage de leur éviter l’usage du contraignant du parasol.

Huguette :
Comme l’orage menaçait, il se précipité à la fenêtre, manœuvra vivement l’espagnolette et, soulagé d’être enfin à l’abri, il se jeta dans son fauteuil et alluma la radio.
Fichu temps ! Il devait traverser toute la France et demain la journée serait pénible et encore plus épuisante qu’aujourd’hui. Une autoroute monotone avec ses multiples péages prohibitifs, sa nourriture insipide et de nombreux arrêts pipi, Madame avait ses petites faiblesses.
Ah ! Madame ! S’il l’avait pu, il l’aurait bien étranglée sans autre forme de procès… et pourtant… il fallait bien faire avec, pour le moment…
Encore quatre ans avant la retraite. Il s’imaginait sans mal en train de pêcher, un épagneul à ses côtés… Un coup de tonnerre le rappela au présent.
Il se réveilla d’un coup. L’épagneul était toujours là. Il terminait le second tome de « Guerre et Paix », lecture qui, visiblement, lui apportait beaucoup de plaisir, sa queue frétillait en cadence et en rythme…
Cette histoire à beaucoup de chien, se dit-il, et il referma le volume. Celui-ci lui tomba des mains et c’est alors qu’il aperçut au loin… la femme de son maître qui arrivait, trempée par l’orage. Elle toqua à la fenêtre. Alors, tout rentra dans l’ordre : il reprit sa place d’animal au coin de la cheminée, son maître reprit « Guerre et paix » à l’endroit où il avait interrompu sa lecture, se précipité à la fenêtre, manœuvra l’espagnolette et accueillit sa femme avec un soupir de lassitude : il aurait encore longtemps à la supporter, pensa-t-il !

Claire :
J’avais du mal à suivre, toute cette histoire était une véritable salade.
Une salade de crabes, c’était… parce que, des crabes, il y en avait beaucoup dans cette histoire…
Je m’embusquai donc derrière le poêle à bois, prêt à bondir pour saisir le maximum de crabes dès qu’ils passeraient à ma portée.
Il faut dire que j’avais beaucoup, beaucoup fumé aussi, et que mon copain n’était pas très clair non plus… Alors… un crabe, deux crabes, trois crabes… une araignée, deux araignées, un serpent… non ! deux couleuvres vertes, un éléphant rose… Mais quelle était donc cette substance étrange qu’Antoine avait versé dans mon verre de rouge ? Je commençais à avoir quelques doutes qui furent vite balayés quand je vis mon copain nager dans le salon alors que nous n’avions pas de piscine.
Oui, sans aucun doute, j’étais sous LSD : Liquid Salad Distillery.

Fabienne :
Léa avait le « syndrome de crispation », une maladie rare qui venait de se déclarer et qui la handicapait fortement.
Elle passait ainsi ses journées assise derrière la fenêtre à épier ses voisins.
C’est comme ça qu’elle découvrit qu’Arthur, le fils prodige des bourgeois du cinquième, couchait avec Valentine, la logeuse, mariée à Hector.
Hector était furieux, bien sûr. Mais les parents de Valentine aussi ! Fils prodige, disaient-ils à Valentine, fils prodige, ça veut dire quoi ?
Prenez-le donc dans votre lit, le Arthur, et vous verrez en quoi c’est un prodige !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Tout le quartier essaya Arthur, le prodigieux, et bientôt, plus personne ne voulut d’autre amant que lui, les femmes comme les hommes d’ailleurs.
Seule Léa, la pauvre Léa lui résistait ; non parce qu’il ne lui plaisait pas d’ailleurs, mais parce que sa maladie l’empêchait d’être détendue at qu’elle en avait honte.
Et Arthur, lui, que pensait-il de tout cela ? Pour être honnête, il en était un peu vexé mais comme sa confiance en lui ne faiblissait pas, il se disait que demain, peut-être Valentine lui reviendrait pour lui avouer enfin qu’elle n’aimait que lui… Et lui, à ce moment-là, la rejetterait et se mettrait à genoux devant Léa pour la demander en mariage. Il avait toujours rêvé d’essayer une femme en « crispation ». Ça me changera, se disait-il…

5 avril, 2017

Atelier d’écriture du 3 avril 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:57

DEVOIR : le conte du pourquoi :

Pourquoi les hommes sont de couleurs différentes ?

Bavarisaurus

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Mesdames, Messieurs, restez debout. De toutes façons, j’ai fait enlever les chaises.
Je vous ai fait venir ce dimanche pour une communication de la plus haute importance, juste après la messe. Gary vous a prévenu un peu tardivement. En aparté : Sean, je t’avais pourtant dit, aucun mec de CBS, fous-le dehors. Kellyanne, je t’en prie, ne t’allonge pas sur le divan, tu es en minijupe. Rex, aux pieds ! Ivanka, Jared arrêtez de vous peloter, sinon vous serez privés d’actions de la Bank of China.
Venons-en au fait. Un de mes amis scientifique climato-ultraseptique (tel une fosse), le Dr Nothing Yseclear, vient de faire une découverte génétique de la plus haute importance. Nous avons 93 % ou plus de matériel génétique commun avec Chamaeleo. Notre ancêtre commun semble être un certain Bavarisaurus apparu sur plusieurs continents il y a plus de 100 millions d’années. L’autre branche que la nôtre a abouti aux caméléons qui persistent encore sur plusieurs continents, mais je vais m’en occuper. Avec quelques degrés de plus en Afrique et en Amérique centrale, on n’en parlera plus. America first : je vais faire construire autour des USA un mur réfrigérant.
S’il faut en croire mon cher Nothing Atoll, les premiers hommes avaient eux aussi la capacité de changer de couleur. Non pas seulement le rubicond de la rosière que, entre parenthèses, j’aimerais bien franchir (veni, vidi, sauti).  Oui ! A la manière de nos cousins, nous étions capables de nous parer totalement ou partiellement de toutes les couleurs. Oui, y compris les teintes fluo. Tiens, cela me rappelle un film de Blake Edwards avec un duel dans le noir très préservé ! Aussi bien pour nous camoufler que pour traduire nos émotions, nos cellules chromatophores se dilataient et se contractaient à la demande. Au repos nous étions vert savane arrosée, au combat brun rougeâtre, à l’ombre presque blancs et au soleil complètement noirs pour mieux absorber les UV. Mon grand ami Nothing Wreall pense que cela a commencé à se dégrader après la dernière glaciation. Mettez un chat au moins dix  jours au congélateur, il en ressortira toujours gris, même de jour. De plus son autonomie sera très altérée.
Nothing est « fantastique ». Pour lui, tout ceci est préservé dans notre mémoire ADN. C’est  pour cela que les enfants et même les adultes qui jouent à la guerre continuent de se peinturlurer agressivement. Tous les peuples primitifs, sauf les Wasp, rivalisent d’imagination en peintures ou tatouages, parfois jusqu’à l’extrémité du bagayou. La branche des caméléons a donc conservé ses talents tandis que les hominidés perdaient de leur superbe. Au point de ne plus vivre que comme dans un vieux film de guerre, en noir et blanc.
Nothing Beutmy, mon frère de sciences, pense qu’il nous en reste néanmoins des traces. Bien évidemment, le cerveau reptilien, celui des fonctions vitales et des besoins naturels : respirer, manger, boire, baiser, uriner, déféquer, transpirer… et j’en passe. Mes activités préférées commencent par un B. Un mâle descendant de Bavarisaurus n’en supporte pas d’autres sur son territoire. Il se gonfle, se dresse sur ses pattes, se balance de droite à gauche, ouvre la gueule pour souffler, hausse les épaules et achète des talonnettes. Ses deux yeux sont indépendants mais dès qu’ils ont repéré leur proie, un décolleté profond suréquipé, ils convergent en louchant et « je ne peux pas me retenir » ! Il me reste encore la possibilité de faire changer de couleur ma perruque : plus foncée quand je suis en colère, plus claire quand j’ai la trouille, mon cerveau reptilien, vous dis-je.
Mais il y a bien quelque chose que je regrette absolument. Non pas les trois mues par an, réservées pour Ivanka, non pas le fait de garder en permanence trois appuis sur terre y compris en courant, non pas la queue préhensile, encore que… Non, c’est un outil merveilleux qui me fait envie tous les jours même sur les parcours de mes golfs pour attraper ma balle. Nothing Douing ne croit cependant pas à une résurgence ADN de cet engin. La langue en accordéon. Ah ! Pouvoir la déclencher en French kiss, frapper avec précision la luette et la coller avec son extraordinaire glu. Je serais sûr alors de déclencher des orgasmes de gorge comme jamais la Nasa n’en a provoqué.
Voilà Mesdames et Messieurs. Je pense que vous avez saisi la portée universelle de ces propos incontestables. Certes, l’humanité a régressé, perdant la possibilité d’être multicolore et tolérante. Mais elle a gagné un génie : MOI ! Pas de questions !
Bertrand

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Il y a fort fort longtemps, lorsque Dieu créa les humains, il les fit sans aucune couleur. Enfin, sans couleur propre. Là où il faisait nuit, les humains étaient noirs et sur la neige, ils devenaient blancs. Lorsqu’ils se mettaient sur l’herbe, ils étaient d’un beau vert et dans un champ de coquelicot, ils devenaient tout rouges. Quand ils étaient dans l’eau, ils étaient bleus et sur le sable, ils devenaient gris.
Cette capacité de camouflage, ce mimétisme, devait leur permettre de survivre dans un monde totalement hostile et d’éviter toute différence entre eux.  Cependant, Dieu émit une condition : « Vous ne devrez jamais jamais tuer l’un de vous. Si cela arrivait, vous seriez punis ».
Or, les hommes qui sont humains par essence, adorent désobéir. Ainsi, Caïn commit le premier crime de l’humanité et tua Abel. Dieu entra dans une très grande colère.
« A partir de cette minute, vous allez garder pour toujours la couleur que vous avez et chacune des couleurs vivra séparément des autres dans un coin de la terre. Les noirs iront en Afrique, les blancs, en Europe, les jaunes en Asie et les rouges en Amérique. A partir de ce jour aussi, chacune des couleurs détestera les autres. J’appellerai ça le « racisme ».
Les gris passèrent inaperçus partout tandis que les bleus et les verts qui n’étaient pas du tout d’accord avec les propos de Dieu partirent loin, très loin dans l’espace et l’on n’entendit plus parler d’eux.
Fabienne

Couleurs de peau

Quand les créateurs du monde… oui, ils étaient plusieurs, car supposer que la quantité de choses à créer ait pu l’être par un seul homme semble bien déraisonnable d’un point de vue scientifique… Donc, quand les créateurs du monde en vinrent à la création de l’être humain, les questions furent nombreuses : ailes, pates, combien de chaque ? Pied ou sabot ? Petite ou grandes oreilles ? Après plusieurs mois de négociations au sein du groupe projet « Création des nuisibles », ils parvinrent à un prototype. Mais il restait un sujet de taille, pour une raison somme toute inconnue, ils avaient décidé que l’humain n’aurait ni poils, ni écailles, ni plumes. Il n’avait donc que la peau sur les os. Et il fallait choisir la couleur de cette peau. Toutes les couleurs y passèrent ! Comme aucun compromis ne semblait envisageable, ils procédèrent à un vote. Sauf que chacun vota pour sa propre idée. Ils étaient donc dans une impasse. Lorsque le responsable projet alla rapporter le problème à son N+1, celui-ci lui répondit simplement : « Eh bien, faites-en de toutes les couleurs ! ».
Chose dite, chose faite. Ils durent bien sûr trouver quelques compromis, ils choisirent donc le blanc, le noir, le rouge et le jaune ainsi que tous les dégradés compris dans cette palette pour les humains terrestres. Pour ne pas vexer le fils du N+3, ils accordèrent la couleur verte aux martiens et pour faire plaisir à la fille du N+5, ils donnèrent la couleur bleue aux Schtroumfs. Cet arbitrage semblait quelques peu contestable, puisqu’il était évident que les martiens et les Schtroumfs sont difficilement assimilables à des êtres humains, mais les « fils et fille de » ne faisaient pas partie du projet pour leur intelligence. L’affaire fut donc réglée et les humains libres de créer une échelle de valeur liée à leur couleur d’origine…
Claire

 

Exercice : Un petit vent rêvait de devenir une grosse bise.

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C’était un petit vent, tout petit, qui n’avait jamais percé. Pourtant, il avait de grandes ambitions et rêvait de devenir une grosse bise. Il était né dans un coin reculé où plus personne ne se parlait à cause de querelles intestines.
Il savait que pour lui, le chemin serait long, très long… Alors, il s’entrainait, roulait, grondait, mais c’était beaucoup de bruit pour rien. Ses congénères ne le tenaient pas en odeur de sainteté. Il disait de lui que c’était un prétentieux, bref, qu’il pétait plus haut que son cul. Un jour particulièrement douloureux pour lui où il en avait plus qu’assez de rester là, confiné, il décida d’évacuer cet endroit merdique. Il se mit alors à grandir, à s’amplifier, à gonfler, à remonter le courant tant et tant que lorsqu’il s’expulsa de là, on crut vraiment qu’une grosse bise qui s’était perdue venait de claquer sur ce qui ressemblait à deux grosses joues.
Fabienne

 

Exercice : faire l’éloge de la procrastination !

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Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de nous !
Qu’est-ce que j’aime cette phrase ! Quand je vois les gens s’activer autour de moi et faire tout un tas de choses absolument indispensables, ça me fatigue.
Quand je pense qu’il y en a qui se lève à cinq heures du matin… moi, je retarde mon lever le plus possible. J’attends, là, comme un bienheureux, dans un demi-sommeil. Je passe toute la journée à m’inventer des excuses pour ne pas sortir la poubelle ou ne pas faire le ménage. Quand je prépare un déjeuner, j’ai de la chance s’il est prêt pour le dîner.
Je déteste tout ce qui doit être fait, et vite, toutes les dates butoir.
Il faut remplir sa déclaration de revenus avant le 31 mars… non mais quelle horreur, tiens, je la remplirai vers la mi-mai, si j’en ai le courage.
Il faut que je mette de l’essence dans ma voiture… mais non, pas aujourd’hui, il fait beau, j’irai à pied.
Il faut que je désherbe mon petit jardin… Tiens, je le ferai demain…
Il faut repeindre ma chambre… C’est idiot, quand je dors, il fait nuit et ça ne se voit pas…
Il faut que je fasse mon devoir pour lundi prochain… tant pis, je dirai que je l’ai oublié…
Alors, certes, il ne faut jamais remettre au lendemain, ce qui peut être fait le surlendemain… par quelqu’un d’autre !
Fabienne

 

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