Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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10 août, 2016

Atelier du 8 août 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:37

DEVOIR : le conte du pourquoi : pourquoi les arcs-en-ciel existent-ils ?

Photo Mireille Pandolfi

Photo Mireille Pandolfi

 LA COULEUR QUI NE VOULAIT PLUS ÊTRE DANS L’ARC EN CIEL 

Les nuages et le soleil, qui d’habitude ne font pas bon ménage, s’étaient réunis ce jour-là pour discuter d’un événement inhabituel. Une des sept couleurs de l’arc-en-ciel avait annoncé qu’elle ne voulait plus y figurer, et menaçait de s’en retirer dès la prochaine averse. On ne savait pas encore quelles pourraient être les conséquences d’une telle décision, mais l’émoi était grand parmi les habitants du ciel. L’indigo, puisqu’il s’agissait de lui, avait déclaré : un savant a découpé le prisme en six couleurs : rouge, orange, jaune, vert, bleu, et violet, puis, selon certains, il aurait ajouté l’indigo pour que le nombre corresponde à celui des noms de notes de musique. Quelle drôle d’idée de comparer les couleurs à des notes ! D’après d’autres personnes, c’était pour correspondre aux sept jours de la semaine, ce que l’indigo trouvait tout aussi ridicule. On avait bien essayé de lui dire que des plantes donnaient bien cette couleur dont il portait le nom, il avait répliqué que non : suivant comment on s’y prenait on obtenait soit un violet avec les feuilles de l’indigotier, soit un bleu avec la guède. Tant qu’on y était on n’avait qu’à ajouter le turquoise à l’arc en ciel, et pourquoi pas aussi toutes les couleurs qu’on voulait bien y voir, chacun suivant sa fantaisie. À cette évocation, tous imaginèrent un arc-en-ciel paré de mille et une couleurs : abricot, acajou, alezan, amande, ambre, auburn, beurre, avocat, bisque, café, cacao, caramel, citrouille, épinard, grenadine, sauge, tilleul…
C’était très joli tout ça, mais ça ne venait pas à bout du problème posé par l’indigo rebelle, et après que chacun eut donné son avis, autorisé ou pas, on était dans une belle pagaille. Trois jours passèrent, le soleil luit le jour et la lune la nuit, les nuages se retirèrent puis revinrent, mais on en était toujours au même point. Ce fut alors qu’une petite voix timide s’éleva de derrière un buisson. C’était la musaraigne qui s’exprima ainsi : depuis que je suis venue au monde, on m’a appelée de tous les noms, on m’a affublée de qualités et de défauts en tout genre dont j’aurais pu ne savoir que faire. Certains croyaient que ma morsure était venimeuse, comme celle des araignées dont j’ai hérité une partie de mon nom. À ce jour il y a plus de soixante-dix animaux de par le monde que l’on nomme musaraigne, à tort ou à raison, et rien de tout cela ne m’a jamais empêchée, ni aucune de mes semblables de gambader, manger, dormir et nous prélasser au soleil. Alors je vous propose la chose suivante si vous voulez bien plutôt que de nous chamailler, écoutez cette comptine :
« Le bleu du ciel vers le jaune du soleil se tourne, alors ils prennent un vert,
le jaune du soleil au rouge du feu s’adresse, et ils mangent une orange,
le rouge du feu vers le bleu du ciel se dresse, et ils dégustent un violet.
Puis tous ensemble ils se mettent à danser. »
Bleu, vert, jaune, orange, rouge, violet, voilà les seules couleurs qui doivent se trouver dans l’arc en ciel décréta la musaraigne.
Bon, à part la dégustation d’un violet, dont bien peu savaient que c’est un coquillage mou qu’on trouve dans la mer, tout ça semblait assez simple.
Mais au lieu de mettre tout le monde d’accord, l’intervention de la musaraigne ne fit qu’aggraver les choses.
Le bleu, le jaune et le rouge se liguèrent pour décréter qu’eux seuls étaient les vrais couleurs et que toutes les autres n’étaient que des mélanges, des couleurs bâtardes. Le vert, l’orange et le violet quant à eux affirmèrent que seules les couleurs composées étaient belles car synonymes de mélange et de partage, et chacun y alla de sa théorie, et chaque groupe s’abrita derrière un échafaudage d’idées qui semblaient toutes justes prises l’une après l’autre, d’idéologies chacune aussi justifiée que sa voisine, mais rien n’était résolu pour autant.
Alors le soleil, lassé de toutes ces chamailleries alla porter ses rayons plus loin, et depuis, le noir et le gris sont devenus les seules teintes visibles, avec de temps en temps un éclair blanc qui éclaire brièvement un paysage désolé de plantes qui ne poussent plus et de carcasses d’animaux qui sont morts de faim et de tristesse.
S’il était resté un seul être vivant sur cette planète refroidie, il se serait dit que finalement, ce qui était important ça n’était pas d’avoir raison tout seul, mais de ne pas trop se tromper tous ensemble.
Oui mais voilà, c’était trop tard.
Diego 

Ezia et Fili s’étaient aimés au premier regard, d’un amour total, absolu et éternel. Un amour comme on en voit rarement, fait de générosité et de partage. Là où était Ezia, Fili y était. Là où était Fili, Ezia y était. Ils ne pouvaient se quitter.

Ezia ne disait pas Fili est à moi, mais je lui appartiens. Fili ne disait pas Ezia m’appartient, mais je suis à elle.
Le jour où Ezia lui annonça qu’elle était enceinte, Fili fut le plus heureux des hommes. Mais les médecins s’aperçurent vite qu’elle souffrait d’une grave malformation. La grossesse fut longue et douloureuse. Fili était toujours là pour aider sa femme à supporter cette épreuve. Il arrivait même à la faire sourire, malgré son épuisement. Quand vint le jour de l’accouchement, tout se passa très mal. Les  plus grands médecins ne purent éviter le drame. Ezia et son enfant succombèrent. Fili, fou de douleur, proposa aux dieux de prendre sa vie en échange. Mais les dieux qui font toujours ce qu’ils veulent n’accédèrent pas à son souhait, ils avaient pour lui d’autres projets. Fili était inconsolable et pleurait toutes les larmes de son corps, alors, les dieux, émus par un tel chagrin firent traverser toutes ces larmes par un rayon de soleil. Ils créèrent ainsi un pont, fait de mille couleurs et lui dirent :
« Chaque fois que ton chagrin sera insupportable, pleure, ce pont te permettra de rejoindre pour un petit moment les êtres chers que tu as perdus et de mêler ton âme à leur âme. Nous appellerons ce pont arc-en-ciel ».
Fabienne


2/ Exercice
 : Et si…

Et si la voiture n’avait jamais été inventée…

 

Il manquait quelque chose… en fait, il manquait plusieurs choses : de l’individualité et de la pollution, entre autres.
L’humanité avait de tout temps chercher des moyens de transport, d’abord organiques, avec les chevaux, puis mécaniques. Le moyen de transport personnel privilégié était, bien entendu, le vélo : solide, fiable, simple mais cela exigeait de faire un effort physique. Les hommes se tournèrent donc vers les machines à vapeur avec le train mais la venue de l’électricité avait transformé les lourdes locomotives en cabines de tramway faites de plexiglasse et d’aluminium.
Le développement des transport en commun au profit des véhicules individuels avait créé des villes découpées par les courbes des chemin de fer, une sociétés basée sur le partage et l’échange et une population sportive qui, n’ayant d’autre choix que de marcher entre deux arrêts de tram, avait développé un goût pour le sport.
Tout ça et bien plus encore depuis que le seul moyen de voyager vite et loin était de prendre les transport en commun. Mais le jeune Henry se disait pourtant qu’il manquait quelque chose, qu’il y avait certainement un autre moyen. Ainsi il se passionna pour la mécanique et, après de longues années d’études, lança enfin sur le marché son modèle de véhicule à quatre roues avec moteur à explosion. Certainement, se dit le jeune Ford, ce moyen de locomotion allait faire un malheur !
Léo-Paul

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Si la voiture n’avait jamais inventée, mon appartement serait un vrai paradis ! Je n’aurais plus ce bruit incessant et infernal de moteurs, klaxons et stéréos, sans parler de la pollution.
Mais je ne vais pas ramener cette polémique uniquement à moi. Il ne faut quand même pas nier le côté pratique de cette invention qui donne à tous ceux qui en possèdent un sentiment de liberté totale. On peut aller où on veut, quand on veut ! Evidemment, sur une île, c’est rapidement limité…
Si la voiture n’avait jamais été inventée, elle aurait été remplacée par autre chose, forcément !
Je me mets donc à imaginer un monde sans voiture, un monde où les gens penseraient aux autres et non plus à leur petite personne égoïste qui ne respecte même plus le code de la route selon la grosseur de leur engin ! Je pense aussi que si les gens n’avaient plus de voiture, ils auraient beaucoup plus de moyens pour faire des activités plus distrayantes que le lavage de leur véhicule le dimanche. Plus de budget essence, assurances et garages ! Sans compter tous ces morts… pour rien !
Un nouveau monde donc, avec uniquement des transports en commun, fonctionnant à l’énergie solaire, sans gaz d’échappement, circulant à toute heure du jour et de la nuit. Un monde convivial où tous les usagers se salueraient, discuteraient, boiraient le thé le matin et l’apéritif le soir, pourraient lire ou sommeiller, selon leurs envies.  Mais aussi avec plein d’autres possibilités : le lundi, on écrirait des contes pour les enfants. Le mardi, on chanterait. Le mercredi, on s’essayerait à la peinture. Le jeudi, on danserait. Le vendredi, on ferait de petites fêtes improvisées. Le samedi, on lirait de la poésie et le dimanche, on ne ferait rien… Juste du silence.  Ah quel beau monde on aurait, sans les voitures !
Fabienne


3/ Exercice
 : trouver une origine à l’expression : il fait un froid de canard

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Pourquoi dit-on qu’il fait un froid de canard quand on a la chair de poule (Merci Diego !) ? En fait, cette expression remonte à la nuit des temps. Il fut une époque où la terre traversait une grande période de glaciation. En ces temps-là, les canards étaient déjà des oiseaux migrateurs. Les paysans chasseurs, s’aperçurent qu’il faisait tellement froid que les canards en perdaient leurs plumes. Ils tuaient donc facilement ces volatiles. Et comme dans ces périodes, rien ne se perdait, il fut décidé de ramasser toutes ces plumes et d’en faire des édredons et anoraks qui se révélèrent d’une remarquable résistance au froid. Quelle belle idée qu’eurent là nos ancêtres ! Depuis, la terre s’est fortement réchauffée, mais les plumes de canards accompagnent nos toujours nos hivers !
Fabienne

Qui dit cannard, dit magret
Qui dit magret dit haricots verts
Haricots verts, surgelés
Surgelés nous mène à frigo
Et donc on en vient à froid
Un froid comme dans un  frigo ou sont rangés les haricots verts surgelés que l’on mange avec le magret de cannard.
Forcement pour faire plus court on dit : « il fait un froid de (magret) de canard ».
Léo

3 août, 2016

Atelier du 2 août 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:39

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DEVOIR
 : Vous êtes un personnage de la photo, racontez !

En ce mois de mai 1968, les pavés de Paris deviennent projectiles et les voitures servent de barricades. Paralysées par les grèves, les usines sont fermées et les non grévistes désoeuvrés, abasourdis par l’ampleur des évènements, errent dans la ville ravagée et si étrangement silencieuse. C’est tout bizarre une ville sans le vrombissement des moteurs ! Mais on s’habitue à tout et même au chaos.
Ma mère m’a trainée à Paris pour voir de nos propres yeux la révolution en marche et discuter avec des amis. Mais je n’ai pas l’âme révolutionnaire. Du haut de mes huit ans, je regarde avec compassion et colère, ces épaves qui représentaient tant pour leurs propriétaires. Comment iront-ils au boulot, sans voiture ? Car le travail reprendra bien un jour ? Ce n’est pas la fin du monde quand même, rassurez-moi !
Et comment partiront-ils sur la route des vacances, ces malheureux qui n’ont rien fait à personne ? Les manifestants prétendent défendre la liberté et la justice. En disposant des biens d’autrui et en détruisant les lieux publics ! Il fait froid dans le dos, leur bel idéal !
Et ma mère les encense, sa brave 4L blanche bien en sécurité à la cave, dans notre banlieue tranquille. Comme le lui reproche mon père, elle n’a pas le sens de la réalité, perdue dans un idéalisme trop théorique.
Moi, j’ai d’autant moins l’âme révolutionnaire, qu’ils s’enflamment tous les deux. Les dîners se transforment en joutes politiques d’une violence insupportable. Et je m’ennuie ferme, oubliée dans mon coin, privée du droit d’exister.
Ma mère est socialiste. C’est qu’elle en a bavé pour se sortir d’une misère noire qu’on pouvait considérer comme sans issue ! Pour mon Italien de père, c’est plus complexe. Il a vécu le fascisme, alors les hommes et les foules qui prétendent changer le monde pour le bien de l’humanité, il a appris à s’en méfier ! Il est dans un délicat mélange d’anarchisme pacifique et désabusé, de cynisme réaliste, toute une palette en subtilités si contraires au manichéisme de sa femme.
Alors, combats interminables entre une femme autoritaire, généreuse et ne supportant pas la contradiction et un écorché vif d’une intelligence trop élevée pour être comprise. Ma mère fulmine, assène. Mon père souffre de tant d’incompréhension et de naïveté. Alors il monte dans le paroxysme et ce ne sont que hurlements et gesticulations exaspérées.
Je ne comprends rien à leurs discours sans intérêt, hais la politique et mange en silence. Mai 68 a pris toute la place dans cette maison. Deux esprits brillants s’affrontent dans la froideur d’idéologies qui ont oublié toute humanité. Un père qui aime tellement sa femme qu’il en oublie sa fille et une mère qui a trop besoin d’amour pour pouvoir en donner.
Colère, frustration et tristesse bouillonnent dans ma tête. A l’école, j’ai la haine envers les autres, qui ont la chance d’avoir des parents normaux. Ils me confient leurs disputes entre frères et sœurs, les réprimandes. Mais quand un parent gronde son enfant, il lui reconnaît une existence.
Le pire, c’est le lundi. Le week-end, ils ont joué au Monopoly ou à je ne sais quoi. En famille. Et ils me racontent tout dans les détails. La jalousie me dévore les entrailles, car même sans révolution, mes parents ne jouent jamais avec moi.
Et je me sens anormale. Ils m’envient d’être fille unique, n’ayant aucune idée de ce qu’est la solitude. Comment pourrais-je leur expliquer ? D’ailleurs, quand j’essaie, ils me coupent. J’ignore la chance que j’ai !
Alors comment leur confier ces interminables disputes, uniquement basées sur des désaccords politiques qui nous dépassent ? Comment leur demander conseil sur la question angoissante qui dévaste mon cœur : pour se disputer autant, mes parents s’aiment-ils encore ? L’incertitude est la plus douloureuse des situations.
Chaque soir, je mets la table en espérant que le repas se déroulera mieux que la veille. J’avale les premières cuillérées de soupe avec angoisse.
- Tes coudes, enfin serre tes coudes en mangeant !
Ben oui, à huit ans je ne sais pas manger en serrant les coudes. En attendant, je serre les dents. Entre les coudes et les notes jamais assez bonnes, elle ne me fait que des reproches, ma mère.
Et puis ils m’oublient. Commencent à commenter les évènements de la journée. Le ton monte progressivement. Puis ils se lèvent et hurlent par dessus la table.
Je me console tristement en volant discrètement un peu de mie de pain que je mangerai en cachette dans le refuge de mon lit. Ce petit larcin c’est mon triomphe. Je me concentre pour les amasser sans me faire remarquer. Ensuite, il faudra les cacher. Et puis quand elle m’aura couchée, la joie de les manger sans que personne n’en sache rien. L’attente de ce plaisir me tient pendant tout le repas. Ensuite, viendront les rêves réparateurs du sommeil.
Et vous savez ? Vingt ans plus tard, Mitterrand conduira ma mère à haïr ces mêmes socialistes ! Comme quoi, mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente.

Mireille

L’indifférence

L’indifférence, c’était ce qui m’avait le plus interpellé. Les badauds contournaient la scène de chaos en bavardant, les mains dans les poches. Quelques-uns, tout de même, jetaient un oeil aux carcasses de voitures qui jonchaient la rue, mais personne ne semblait réellement préoccupé par la situation. Les ambulanciers avaient quitté les lieux quelques heures auparavant, emportant les corps des blessés. Et la vie avait progressivement repris son cours, voilà où nous en étions.
Je n’étais que figurant alors, je ne pouvais évidemment pas donner mon avis sur le réalisme de la scène. Mais je ne pus m’empêcher de me dire que, malgré les millions investis, ce film serait un navet. Les résultats désastreux au box office, quelques mois plus tard, me donnèrent raison et, autre conséquence, m’incitèrent à me lancer dans la carrière prometteuse de critique de cinéma.
Claire

Vous ne pouvez pas me voir sur cette photo, tout simplement parce que c’est moi qui prend la photo ! Je suis sur le balcon du salon et papa et maman travaillent. Ils m’ont offert mon premier appareil photo pour mes 10 ans. Depuis le temps que je leur réclamais.

Mon copain italien, Alfredo m’avait dit :
-         Tu vois notre rue, elle est magique.
-         Magique ???
-         Oui, si les voitures arrivent à glisser sur un côté jusqu’au fond de la rue, elles passeront directement dans un autre monde.
-         Mais Alfredo, tu dis vraiment n’importe quoi !
-         Non, Marcel. J’ai déjà testé avec mon grand frère, un soir, dans sa 4 CV. Il est vrai qu’il roulait un peu vite. La voiture a perdu l’équilibre, elle est tombée sur le côté droit. On a glissé à vive allure jusqu’au fond, là où il y a le mur. Je me suis bien accroché et j’ai fermé les yeux.
-         Et alors, vous avez eu un accident ?
-         Justement, pas du tout. Nous sommes passés dans une autre dimension. Et le lendemain, la voiture était garée devant la maison, sans aucun accrochage. Comment tu expliques ça.
-         Je l’explique pas. Je pense que Guiseppe, ton grand frère t’avait fait boire. Mais dis-moi, qu’est-ce qu’il y a dans cet autre monde ?
-         Ça, je peux pas te le dire, c’est un secret. Il faut que tu essayes toi-même.
Ça m’avait trotté dans la tête pendant un bon moment cette histoire. J’ai pas voulu essayer directement, j’ai d’abord voulu testé si Alfredo me racontait pas des craques. Alors, un matin de très bonne heure, je suis sorti avec de l’huile. J’en ai mis partout sur la chaussée. Je me suis posté sur le balcon et j’ai attendu. Je ne sais toujours pas s’il y a un monde magique après le mur du fond de la rue, mais ce jour-là, il y a eu une sacrée panique dans le quartier !
Fabienne

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2/ Exercice :quand j’avais 6 ans

Quand j’avais 6 ans… J’ai découvert un univers : l’école !
A l’époque, nous habitions en pleine campagne, seuls, sans voisins à moins de 5 kilomètres. Je n’avais donc pas connu la maternelle.
Ce jour de rentrée, je suis aussi tombée sous le charme d’une maitresse cultivée, intelligente et gentille, toutes ces choses qui me manquaient cruellement et qui m’a appris à LIRE !
Quand j’ai eu 6 ans, cette femme m’a donné les clés d’un monde magique : les livres.
J’y suis entré comme en religion, lisant tout ce qui me tombait sous la main. Pour moi qui me sentait si seule et si étrangère à ma famille, ce monde devint le mien pour une bonne dizaine d’années. Il m’apporta mes plus grands émois, me fit visiter des pays incroyables. Mes amis s’appelaient Hansel et Gretel et le petit chaperon rouge au départ, puis très vite Le Grand Meaulnes, Thérèse Desqueyroux et Gervaise. Oui, j’ai lu des livres qui n’étaient soi-disant pas de mon âge – mes parents,  quasi illettrés ne vérifiaient jamais mes lectures, ils me disaient seulement que j’allais me « tuer les yeux », à lire ainsi tous les soirs, sans compter que la lumière, c’est pas donné !

Maintenant, cet univers n’est plus exclusivement le mien, heureusement, j’ai de vrais amis, mais c’est toujours vers les livres que je me tourne quand je n’ai pas le moral, quand j’ai envie de voyager, quand je suis bien, quand je m’ennuie ou simplement quand j’ai quelques minutes devant moi. Et ce monde ne m’a jamais déçue !
Fabienne

3/ Exercice : J’ai demandé à la lune

 

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J’ai demandé à la lune
du beurre et des œufs pour faire un gâteau.
C’est ma voisine, la lune
Un fille bizarre, un drôle de numéro

Elle m’a regardé de ses yeux ronds, dans un visage rond,
ce qui lui a valu son surnom.
Sans compter qu’elle est toujours dans la lune
Elle m’a dit, j’ai rien, pas une thune.

Alors pour ton gâteau
Va demander aux bobos
du quatrième
C’est eux qu’ont l’oseille

C’est comme ça que j’ai appris
la lutte des classes, l’injustice
de ce monde pourri
où t’es rien si t’as pas du fric !
Fabienne

 

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