Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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26 juillet, 2016

Atelier du 25 juillet 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:10

DEVOIR : faire 1 seul texte avec ces 4 mots extraordinaires = adalie, lanturlu, lorette, avaleresse sans regarder leur signification et de façon à ce qu’ils arrivent naturellement dans le texte.

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Depuis que la grande Adalie était arrivée dans le lupanar de la rue Lanturlu, elle était la préférée de tous les clients de Madame Germaine. Les autres pensionnaires étaient jalouses d’elle. Il faut dire qu’aucune n’avait sa tournure. Elle avait un teint de pêche, des seins lourds et arrogants qui faisaient tourner la tête des hommes les plus sages. Sa taille si mince s’élargissait comme une amphore. Ses yeux de velours noirs semblaient caresser ceux qu’elle daignait regarder. Sa voix rauque envoûtait, telle une sirène. Elle avait le port altier d’une reine antique. Et parmi les plus remontée contre elle, la petite Lorette, la cuisse et l’œil vif ne décolérait pas. Depuis que cette avaleresse était là, les clients désertaient sa couche et ne lui faisaient plus de cadeaux.  Pire, Lorette, qui, jusque-là disposait de la plus belle chambre fut obligée de déménager pour la laisser à la « gagneuse ».
Aussi décida-t-elle d’une punition exemplaire pour cette gourgandine.
Ce soir-là, alors que tous les hommes étaient, comme à leur habitude depuis quelques temps, à bayer devant l’Adalie, Lorette, désœuvrée, décida de se faire un festin de crevettes dans les cuisines. Elle en mangea à toutes les sauces car c’était vraiment son plat préféré. Mais elle prit bien garde d’en laisser quelques-unes. Elle vérifia que sa pire ennemie était toujours au salon à chanter devant un auditoire masculin en transes et monta dans la chambre de cette dernière. Alors, elle mit dans le creux de chacune des tringles quelques crevettes.  Puis elle redescendit, gaie et enjouée comme jamais. Elle avait un joli timbre de voix et n’hésita pas à donner la réplique à celle qu’elle détestait plus que tout.
Evidemment, quelques jours plus tard, Adalie se plaignait de mauvaises odeurs. Madame Germaine fit venir une entreprise qui nettoya, aéra, frotta, récura et cira. Mais l’odeur était plus présente que jamais. Alors on supposa qu’un rongeur était mort quelque part. On fit venir la dératisation. On changea tous les tapis et moquettes, on mit même des purificateurs aux quatre coins de la chambre. Evidemment, rien n’y fit…  Et un beau matin, Lorette, le sourire aux lèvres, vit son ennemie, le teint chiffonné et la mine triste faire ses bagages car elle ne supportait plus cette puanteur.
Fabienne

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La bande des quatre

Adalie avait les mains moites. Elle n’avait pas vu le reste de la bande depuis presque vingt ans. Elle se demandait ce qu’ils pourraient avoir à se dire… Pour passer le temps et surtout son stress, elle se mit à chantonner la chanson de Patrick Bruel, Place des grands hommes.
Le jour est venu et moi aussi
Mais j’ veux pas être le premier.
Si on avait plus rien à se dire et si et si…
Le serveur s’approcha de la table et lui demanda si elle avait fait son choix. Elle répondit qu’elle préférait attendre les autres avant de commander. Lorsqu’elle releva la tête, elle aperçut Lorette qui tournait au coin de la rue. Elle n’avait pas changé ! Toujours aussi souriante et pleine de couleurs. Un pull bleu électrique, un pantalon blanc, des boucles d’oreille rouge, une écharpe mauve. Elle s’avança vers la table, et claqua deux bises sonores sur les joues d’Adalie :
- Ada ! Ca fait tellement longtemps ! Je ne sais pas où sont passées toutes ces années.
- Ne m’en parle pas ! répondit Adalie
- Dis moi, raconte moi tout. Qu’est ce que tu as fait toutes ces dernières années ?
- Je te propose de commander d’abord.
- Allons-y ! Je prendrai du champagne, et toi ?
- Pareil ! J’espère que ça fera arriver les autres.
- Oh oui, mon petit Lulu et la jolie Val ! Tiens d’ailleurs, ce ne serait pas Lanturlu là-bas ?
- Oh si ! Lulu, Lulu, ici ! s’époumona Adalie.
Lanturlu arriva, ses cheveux poivre et sel dans le vent.
- Hello les filles ! Toujours à l’heure je vois, comme à la fac !
- Lulu, quel bonheur de te voir, souligna Ada
- Ma sœur n’est pas encore arrivée ? Toujours en retard… comme à la fac, dit Lulu avec un clin d’œil.
- C’est vrai que la Val, on passait plus de temps à l’attendre qu’à la voir, ajouta Lorette.
Le serveur arriva avec les deux coupes de champagne et prit la commande de Lulu, un pastis comme toujours. Pendant quelques secondes, chacun replongea dans ses souvenirs. Les soirées estudiantines au Havana, les restos « aux 3 cochons », et les after chez Antoine. Des années folles ! Le regard dans le vide, ils ne virent pas arriver Avaleresse.
- Dites-moi, l’ambiance à l’air terrible. Vous avez déjà raconté les vingt dernières de vos vies ?
Tous les trois sursautèrent puis éclatèrent de rire. Enfin au complet ! Les LALA comme les appelaient les autres : Adalie, Lanturlu, Lorette, Avaleresse. La fine équipe !
- Tout à l’heure en vous attendant, j’étais stressée et je me chantonnais la chanson de Patrick Bruel, repris Ada.
- On s’était dit rendez-vous dans  dix ans, chantonna Lulu.
- Même jour, même heure, même pomme, reprirent les autres en cœur…
On verra quand on aura 50 ans
Sur les marches de la place des Grands Hommes

J’ai connu des marées hautes et des marées basses,
Comme vous, comme vous, comme vous.
J’ai rencontré des tempêtes et des bourrasques,
Comme vous, comme vous, comme vous.
Chaque amour morte à une nouvelle a fait place,
Et vous, et vous… et vous ?
Claire

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Ah, ce lanturlu ! Les manipulations génétiques nous effraient parfois mais force est d’avouer que cet hybride entre la lentille orange d’Ouzbékistan et le lupin bleu de Patagonie est un régal ! Et je m’en fais des plâtrées. Car comme dirait mon grand-père qui n’est jamais sorti de son Périgord noir, je suis une avaleresse.
Ce mot très explicite tirerait son origine du nom local d’une couleuvre particulière, dotée d’une bouche démesurée. Elle avale ses proies tout rond comme si elle les aspirait dans un grand tunnel et son nom en est venu à désigner les gloutons.
Je reviens souvent en Périgord car j’adore son côté sauvage et mystérieux. Et pour rien au monde je ne voudrais manquer la fête de lorette ! Vous savez qu’il y a eu beaucoup d’or en Périgord et que l’orpaillage y reste une tradition bien ancrée. Mais les rivières étant exploitées depuis l’Antiquité, l’activité est devenue plus folklorique que lucrative.
Alors la fastueuse fête de lor (on n’utilisait pas les parenthèses dans le temps), s’est vue accoler un diminutif plus modeste. Lorette c’est la fête du petit or. L’important étant de s’amuser, de patauger ensemble dans la rivière, l’or n’étant plus qu’un prétexte pour se réunir. On s’éclabousse plus qu’on tamise et beaucoup de couples de la région se sont créés ce jour là. Souvent, leur première fille s’appelle Lorette, d’ailleurs et croyez moi, il y en a énormément.
Le soir, tout le monde sèche, danse et mange autour d’un grand feu. Et le prix du meilleur orpailleur de la journée est décerné dans les rires, au son nasillard des adalies, ces petites trompettes typiques de la région.
Ah, une dernière chose ! Je m’appelle Lorette…
Mireille

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En route pour retrouver ma muse,
Tout guilleret que j’étais,
je cueillis lorettes et coquelicots.

En arrivant près de sa maison
L’excitation me gagna
Et dans ma poitrine mon cœur fit un rodéo

Devant sa porte,
J’entonnai une adalie
Pour la prévenir de mon arrivée

Je la vis se pencher à la fenètre
Les joues rougies
Et un sourire chaud comme l’été

Elle se précipita vers l’entrée
Déverrouilla lanturlu
Et la porte s’ouvrit telle une promesse

Je lui tendis mon bouquet
Et à ce moment je sus
Que je serait toujours l’esclave de cette divine avaleresse.
Léo-Paul

 

Ma chérie, mon amour, mon trésor des mers du sud, j’ai enfin trouvé la destination pour nos prochaines vacances !
Après notre balade au fil du Yang-Yin-Yang il y a trois mois où nous avons côtoyé les derniers crocrotames, et le trek-découverte l’année dernière en Nouvelle-Papinie chez les derniers coupeurs de grosses têtes, notre extraordinaire reportage-photo en Néo-Zambézie (pas facile facile d’échapper à une horde d’hyènienes, mais ça fait le piquant d’un voyage et des souvenirs à raconter !) eh bien, nous ferons cette année … la découverte … des terres splendides… zet glacées… de la Terre-Adalie ! On y trouve les derniers lanturlus sauvages, il paraît que nous n’en reviendrons pas ! (tous…)
C’est Jean de Lorette qui m’en a parlé ! Sa femme et lui y étaient le mois dernier : une découverte d’un territoire à couper le souffle ! À se faire pipi dessus ! À perdre la tête ! Des montagnes glacées à perte de vue, banquise et rourses blancs à foison, une nature vierge et hostile (mais préservée) l’aventure quoi !
Et une population, Jean m’a dit, adorable ! D’un goût exquis ! Un accueil gynéphile unique, ma douce, ma tendre, ma moelleuse, des traditions préservées, un accueil chaleureux tout en simplicité autour du four de la maison : un séjour oh combien « tendance ». Un savoir-faire inégalé, un art de la table rendu à son plus haut degré.
Et pourtant, ils ont voyagé comme tu le sais. Il m’a raconté : c’est ce qu’il nous faut ! Ma mie, mon plumpudding, mon chaponpon : nous irons, nous irons, c’est décidé, j’ai réservé !
Reprends un peu de ce pâté farci aux croûtes, je te ressers ? Oh, il est délicieux ton fabuleux gratin de crème aux pommes de terre !
Jean m’a dit que sa femme avait eu un léger incident sur place, rien de grave. Une invitation malheureuse, un habitant mal élevé, ça n’a pas gâché le séjour (de Jean).
Oh, mon cœur de bœuf, ma barde d’ortolan, mon avaleresse, leurs us et coutumes sont à croquer tu sais ! Ils ont de délicieux plats internationaux, chaque morceau est de choix, une espèce de magnifique « Potch-vleesh », un ragoût somptueux qu’on mange avec les doigts, tu vas adorer !
Véronica

 

2/ Exercice : Elle plongea sa plume dans l’encrier puis elle écrivit le mot plage, des coquillages enluminèrent la page. Amusée, elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier et écrivit le mot…

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Elle plongea sa plume dans l’encrier puis elle écrivit le mot plage, des coquillages enluminèrent la page. Amusée, elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier et écrivit le mot
MONTAGNE,
et des fleures poussèrent sur la page. Enchantée, elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier et ecrivit le mot
FORET,
le gazouillis des oiseaux semblait surgir de la page. Étonnée,elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier mais suspendit son geste… se demandant quel mot elle allait écrire
C’est alors qu’une goutte d’encre tomba sur la page et que soudain ! L’obscurité tomba.
Léo-Paul

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Elle plongea sa plume dans l’encrier puis écrivit le mot plage, des coquillages enluminèrent la page. Amusée, elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier et écrivit le mot RIVAGE.
L’ombre d’un voilier tout blanc traversa lentement la page blanche et avant qu’il disparaisse, un petit chien rouge sauta à la mer et nagea vers elle.
Surprise, elle plongea son regard dans celui de l’animal. Deux petites billes noires, luisantes d’intelligence et d’amour. Puis tout disparut.
Perplexe, elle s’apprêtait à tremper à nouveau la plume dans l’encrier, quand elle entendit un bruit incongru. Une sorte de gémissement. Et quelque chose de chaud et doux effleura sa jambe.
Elle bondit en hurlant, la chaise tomba à la renverse et elle se retrouva face au petit chien rouge qui sauta dans ses bras.
Elle l’appela Ancre et ils vécurent heureux pendant longtemps, eurent de beaux enfants, heu, non, flûte, je me suis trompée de fin. Bref, ils vécurent heureux, loin là-bas au Pays du Rêve.
Mireille

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Elle plongea sa plume dans l’encrier puis elle écrivit le mot plage, des coquillages enluminèrent la page. Amusée, elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier et écrivit le mot…
Vengeance. Alors, la plume écrivit toute seule : « la vengeance n’amène rien. Elle vous rabaisse au niveau de vos ennemis ».
Elle décida donc d’oublier la trahison de son amoureux qui était parti avec sa meilleure copine. Et pourtant…

Puis, elle écrivit le mot « Rêves ». La page s’orna de tous ses rêves d’enfants. Elle était surprise car pour la plupart, elle les avait oubliés. Depuis quelques temps, elle ne vivait que pour son travail, son avancement, son augmentation de salaire et s’aperçut qu’elle avait mis tous ses rêves aux oubliettes. Alors elle regarda la page et des animaux de toutes sortes apparurent. C’est vrai, tiens, elle avait rêvé d’être vétérinaire dans une autre vie. Ou bien tenir un refuge pour animaux maltraités ou mis au rebut. Puis, elle vit des paysages d’ailleurs, avec des gens. Enfin de vrais gens, authentiques, qui vivaient sur des terres ancestrales. Tous souriaient. Elle eut envie de vivre dans ses pays-là, comme autrefois… Pour ses six ans, elle avait dit à sa maman qu’elle aimerait bien faire le tour de la terre pour rencontrer de tels gens. Où était donc passé sa curiosité ? Elle se le demandait…

Puis, elle écrivit « liberté ». Alors, une seule phrase s’inscrivit : « tu es toujours libre de changer ta vie ».

Enfin le dernier mot qu’elle écrivit fut « Repos » parce qu’elle était très fatiguée. Alors, elle se retrouva sur une dalle dans un cimetière pour un repos éternel.
Fabienne


Exercice
 : ni vu, ni connu avec une contrainte les 12 mois de l’année :

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Ni vu ni connu, il fila à l’anglaise pour se perdre dans la neige de décembre. Et les fleurs orange des flamboyants de janvier illuminèrent sa course dans le vent cyclonique de février. Mars se perdit, alors avril se découvrit d’un fil et, ni vu ni connu, s’enrhuma.
La chaleur langoureuse de mai le ranima, avant de plonger dans les frimas de juin. Juillet claqua de tous ses feux qui incendièrent la sécheresse de septembre qui avait oublié son copain août.
Octobre se dissimula derrière novembre ; une année avait passé, ni vue ni connue comme tant d’autres.
Mireille

Il mit son sac sur le dos et partit en direction du soleil levant. Durant les trois dernier mois il avait travaillé au ranch du vieux Mac Keully et avait échangé sa solde contre cette vielle jument qui avait retenu son affection au fils des semaines. Voilà maintenant trois jours qu’il chevauchait à travers les plaines, maintenant le cap du soleil matinal.
Il n’avait pas un sou et presque plus de vivres, mais ces trois jours de liberté totale l’avaient abreuvé de quiétude et rempli d’un doux bonheur calme. En sellant la jument grise, il pensa que ce mois-ci serait destiné aux chevauchées fougueuses et qu’il se nourrirait de fruits et de la charité des gents rencontrés au hasard.
Il espérait bien trouver ce petit coin de parradis qu’il avait cherché toute sa vie et passerait alors les quatre prochains mois, jusqu’à avril à contruire une maisonnette en bois et faire des provisions pour l’hiver. Ainsi, il pourait couler des jours heureux, seul avec sa douce jument et loin de tout, pour les sciècles des sciècles.
Mais quel est le mois de l’année ?
Léo-Paul

En janvier, elle se sentait transparente parce qu’il faisait froid et qu’elle avait envie de rester chez elle, enfouie sous la couette, ni vue, ni connue
En février, ce n’était pas mieux, mais elle avait envie de revoir de vieux films, oubliés de tous, sauf d’elle qu’elle voulait voir ni vue, ni connue.
En mars, elle avait peur des giboulées, aussi fortes que soudaines, alors, elle ne sortit pas trop, ni vue, ni connue.
En avril, elle ne se découvrait pas d’un fil, pourtant, elle observait les oiseaux qui refaisaient leur nid, comme l’année précédente, ni vus, ni connus.
En mai, elle se sentait rayonnante, comme le printemps qui frappait à sa porte et pour le coup, elle n’eut plus envie d’être ni vue ni connue.
En juin, par une nuit de la Saint-Jean, elle eut un nouvel amant, chose qui ne lui était pas arrivée depuis longtemps et qu’elle décida de cacher, ni vue, ni connue.
En juillet, sous le soleil torride d’un jour d’été, en vacances dans un petit village de Provence, elle décida de se perdre dans une ruelle fraiche, ni vue, ni connue.
En août, un soir d’orage, un inconnu lui prêta un coin de parapluie. Elle le suivit chez lui, ni vue, ni connue.
En septembre, elle reprit tristement le chemin du travail et des habitudes, elle déménagea pour une petite maison de banlieue, ni vue, ni connue.
En octobre, c’était son anniversaire qu’elle fêta dans un bar avec plein d’inconnus, ni vue, ni connue.
En novembre, ses idées noires revinrent faire une sarabande tous les soirs autour de son lit, alors, elle mit les draps sur sa tête, ni vue, ni connue.
En décembre, se dit-elle, ma vie va changer : je ne serai plus ni vue ni connue, je vais changer de look, sortir tous les soirs, me faire voir pour ne plus être enfin ni vue ni connue.
Fabienne

21 juillet, 2016

Atelier du 18 juillet 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:57

Exercice : le bal des pompiers !

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Norman en rêvait.
Ce bal c’était l’occasion de sa vie, une chance inespérée, enfin ! La possibilité de l’approcher, la regarder de près, la sentir, humer son parfum, cette senteur si particulière qu’elle laissait derrière elle, qui le troublait si fort et si loin en lui.
Il allait avoir pendant plusieurs heures la possibilité de la regarder sous toutes les coutures, un tel ravissement quand il l’apercevait, qui allait durer plusieurs heures d’affilée. Il allait s’en mettre plein les yeux, plein les narines, laisser son cœur bouger autant qu’il voudrait dans sa poitrine jusqu’à lui défoncer les côtes si l’envie l’en prenait ! De toutes façons, être si belle était donné pour être admiré partout et par tous.
Avait-il pu s’attendre à ce que la soirée lui réservât ce soir-là ? Il y pensa et repensa bien souvent au cours des années qui suivirent : qu’avait-il négligé comme indices à ce point ? Avait-il été sourd, à défaut d’être muet ? Pas aveugle c’est sûr, mais peut-être s’était-il mal servi de ses yeux jusqu’à ce jour si spécial ? Une partie de son cerveau était-elle en sommeil ? Et ce choc ! Sûr, ça allait lui servir et lui révéler des possibilités insoupçonnées jusque-là. Toujours est-il qu’après la nuit du bal des pompiers, sa vie bascula.
Posé qu’il était à côté du bar pour se donner une contenance, ayant choisi l’emplacement idéal bien à l’avance pour la voir arriver de loin et pouvoir se placer ensuite, ni trop loin, ni trop près de l’objet du désir, il serra quelques mains, accepta le verre qu’on lui proposait et rit à quelques plaisanteries avant que, vers 10h, enfin, elle n’arrive. Une reine venait de pénétrer dans la salle, où la musique pourtant prenait beaucoup d’espace et où l’ambiance s’échauffait.
Plusieurs têtes masculines, accompagnées ou pas, se tournèrent d’un même côté.
À Norman, les étoiles semblèrent pâlir. Mais ensuite, la nuit entière parut s’ouvrir devant lui, lorsqu’elle se dirigea, divine, tellement naturelle… droit sur lui.
Toutes les têtes qui avaient auparavant suivi l’arrivée royale se tournèrent vers eux, oubliant toute discrétion dans l’observation, tant surprise et jalousie se mêlaient.
Ce n’était rien encore jusqu’à ce qu’elle lui adresse la parole, avec une simplicité si détachée, à couper le souffle à un Norman non préparé.
Une fois l’hébétude passée la soirée fut incroyable.
Il fallut bien qu’il se rende, qu’en quelques mots, il lui plaisait, et que, si ce sont les hommes qui osent, ce sont bien les femmes qui disposent.
Et qu’il est important que les pompiers s’entraînent à éteindre tout type de feu…
Véronica

 

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Ce soir-là, Eva, Lola et moi avions la permission exceptionnelle de nous rendre seules au bal des pompiers. Nous nous étions préparées avec soin et trépignons d’impatience durant ce repas interminable pris avec tous les voisins sur la place du village. Vint enfin le moment tant attendu ! Nous partîmes précipitamment vers la caserne, exaltées et ravies de ce moment de liberté qui nous était accordé.
Une foule considérable attendait déjà devant l’entrée. Les portes s’ouvrirent à notre arrivée. Les soldats du feu avait promis un spectacle haut en couleurs. Ils étaient tous volontaires et chose curieuse, avait eu droit à une semaine de vacances juste avant le 14 juillet. Personne ne savait ce qu’ils avaient fait durent ce temps-là. Soudain, toutes les lumières s’éteignirent. Le silence se fit. Sur la scène, les spots s’allumèrent sur vingt jeunes pompiers, en grand habit de parade, casque sur la tête, et la chanson « Hot Chocolate » démarra. Toutes les femmes et filles présentes se mirent à crier, à taper des mains. Alors, dans une chorégraphie époustouflante, tous ces hommes s’effeuillèrent langoureusement. Quand ils arrachèrent d’un coup sec leur pantalon de scène l’ambiance était électrique. Quel magnifique souvenir que mon premier bal des pompiers !
Fabienne

Exercice : Ecrire un texte avec le maximum d’expressions contenant le mot PAIN

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Son gagne-pain consistait à vendre des pains bagnats et des pains surprise qu’il confectionnait avec du pain rassis pour mieux gagner sa croûte.
Un jour, un client furieux lui mit un pain dans la gueule et de ce jour, il ne vend plus que du pain perdu dans sa petite roulotte qui embaume la mie de pain fraîche.
Il varie avec des pizzas aux anchois qu’il pêche le soir et conserve dans de gros pains de sel qui pleurent d’humidité.
Son affaire tourne du feu de dieu, les touristes cramoisis c’est du pain béni ; ils mangent n’importe quoi !
Mireille

On avait toujours dit de lui qu’il était bon comme le bon pain. Alors, il ne trouva rien de mieux comme gagne-pain que de devenir boulanger. Il gagnait ainsi son pain, si l’on peut dire, à la sueur de son front et il avait du pain sur la planche dans ce petit village. Toutes ses viennoiseries se vendaient comme des petits pains. Il avait trouvé sa voie, une voie, certes dure mais qui faisait son bonheur. Il se maria, ça ne mange pas de pain et eut une jolie famille. Il était heureux, il avait mangé son pain blanc. Mais hélas ! Un terrible jour, long comme un jour sans pain, sa femme s’en alla avec un autre homme. Cela lui fit passer le goût du pain. Il commença à boire, il vendit même son commerce pour une bouchée de pain.
Pourtant un jour la fautive revint et le boulanger sans boulangerie s’écria : « c’est du pain béni ! »
Fabienne


DEVOIR
 : 4 mots = examen, monture, chagrin, impatient.

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Quand j’avais douze ans pour me récompenser d’avoir subi sans broncher l’examen tactile d’un inconnu en blouse blanche, ma mère me promis ce que je réclamais à longueur de temps dès qu’un motif se présentait à moi, qu’il soit sévère ou très futile, chagrin, bosse, genoux éraflé, décès du frère de papa que je ne connaissais pas : rencontrer mon premier cheval… et lui monter dessus.
Cet animal me fascinait, attirait mes doigts d’enfant, faisait rêver mes douze printemps et onze automnes, les mains dans la fourrure de mon petit chat : mais à quoi pouvait bien ressembler le poil d’un si grand animal, quelle caresse aventureuse pourrai-je inventer pour trouver le point sensible, le plus doux, le plus caché, le trésor de douceur que protégeait un cheval ?
Est-il nécessaire de vous dire qu’une fois l’objet du désir promis, j’étais fort impatient de vivre mon aventure… Et mon esprit, qui avait déjà tendance auparavant à aimer l’escapade et la volatilité, se répandait dorénavant en équipées dignes de l’Odyssée quel que soit l’endroit où je me trouvais.
Auparavant mon lit et la salle de classe étaient les meilleurs endroits pour rêver à des courses dans des steppes lointaines. Dorénavant, la douche, les toilettes, la visite au cimetière, l’attente au supermarché, le temps des devoirs, tout prenait un temps infini et délicieux, puisque je n’y étais pas. Je chevauchais dorénavant au moindre moment de liberté un destrier de lumière, dont la robe pouvait varier du noir le plus sombre jusqu’au blanc le plus pur, mais toujours je revenais à mes premières amours : un magnifique poil d’un gris pommelé inspiré des montures arabes qui avaient nourri mes premiers fantasmes, une serviette de douche entortillée autour de la tête comme Laurence d’Arabie, le bienheureux !
Le chat Zouzou me regardait de ses yeux verts mi-clos, pendant que je fourragerai dans son poil à la recherche du plus doux, du plus caché, du plus tendre des trésors de poils.
Le jour espéré par tant d’heures de voyage intérieur arriva enfin. Les trésors de patience dont j’avais fait preuve allaient trouver leur récompense. Ma mère choisit pour rendre heureux son fils un jeudi après-midi, peu après son anniversaire. Elle dut faire preuve à cette époque de quelque acharnement afin de trouver l’endroit qui rendrait mon rêve, et sa promesse, réalisables.
Certains rêvent de la mer. Moi, enfin, j’allai approcher un cheval : sentir son odeur, le toucher, lui monter dessus, trouver le plus doux, le plus caché, le plus tendre… Et galoper ! Sauter ! Voler ! Vivre quoi !
Eh bien, du rêve commencé dans ma salle de bain après une lecture des aventures de Sir Lawrence jusqu’à aujourd’hui où je vous raconte cette histoire mes enfants, le cheval, la folie du cheval, ne m’a plus quittée. Ces deux heures de route pour atteindre la première marche de mon rêve ont été les plus longues mais les mieux investies de toute ma vie. C’est vous dire si cette expérience en ce 12 avril 1952 a marqué mon esprit d’enfant et si mes désirs ont été exaucés ! À partir de ce jour je n’ai plus eu qu’une idée en tête : retrouver, chaque jour de ma vie, cette plénitude.
Et même si j’ai dû parfois manger mon frein, me laisser enfermer dans un bureau, avaler la poussière au fond de vieux docks, porter des caisses payé comme un esclave, planter des choux-raves en Russie, conduire des cinq tonnes surchargés sur des routes de précipices, je n’ai jamais oublié mon objectif : gagner assez d’argent pour habiter un pays où je pourrais vivre chaque jour avec lui, me déplacer sur lui, le toucher, me lever le matin… et le voir.
C’est pourquoi, mes petits, vos parents sont nés loin de là où vos ancêtres ont vécu. C’est pourquoi vous n’avez pas la même couleur qu’eux (ni que moi d’ailleurs…), ni les mêmes habitudes alimentaires c’est sûr : ils ne savent pas ce qu’est la viande séchée, ils ne mangent pas de maïs, ni de haricots rouges à chaque repas !
C’est à vingt huit ans que l’Argentine est devenue mon Eldorado. J’ai rencontré votre grand-mère trois ans plus tard.
Un jour, si vous voulez, je vous parlerai de ce pays d’où je viens. Il y fait froid la plupart du temps, comme dans nos montagnes ici. Les maisons n’ont pas grand-chose à voir avec celles d’ici. Elles peuvent être très hautes. Très très hautes, oui. Et très grises. Les gens sont différents aussi, oui. Mais ça c’est une autre histoire, il est bien tard. Verse de l’eau sur le feu Miguel, vérifie les braises et allons nous coucher. Demain on se lève tôt, le bétail n’attendra pas.
« Oui, Rosa, nous arrivons ». Voilà grand-mère qui vient nous chercher. Regardez comme elle est belle dans la lumière des flammes. J’ai souvent pensé qu’elle aurait mérité d’être l’un de nos petits chevaux, élégante, racée, difficile à manier, mais quelle endurance ! J’aurai été jusqu’à la Terre de feu avec elle !
« Oui Rosa ?  »
« J’explique à nos petits comme tu aurais mérité d’être l’un de nos petits criollos, combien quatre belles jambes bien plantées avec quatre beaux petits sabots noirs t’auraient bien été ! Tu aurais été ma préférée, tu m’aurais emmenée jusqu’au bout du monde ! »
« Oui, Rosa, je sais, je plaisante, allons nous coucher. »
« Reconnais que pour un homme comme moi c’est le plus beau des compliments que je puisse faire. Tu es comme ce rêve que j’ai fait à douze ans et qui ne m’a pas quitté « .
Véronica

Un amour de femme
(ou la vie d’un jeune homme fragile)

 

Chapitre I – Une rencontre

Elle ne possédait pas et n’avait jamais possédé je pense ni l’assurance des braves ni la discrétion des couards et sans doute était-ce cela même qui lui donnait la force d’être elle et parfois la faiblesse d’en douter. Mais elle ne se déconsidérait pas le moins du monde pour cela. Et je me dois de reconnaître qu’une bonne partie du charme indéfinissable qui émanait de sa personne venait de là, et me l’avait fait approcher, puis estimer et enfin aimer.
Et maintenant qu’elle n’est plus là depuis toutes ces années déjà et après mûr examen, je ne pense pas me tromper en affirmant que tout ce qui venait d’elle était de cette même trempe, qui transforme le plus pâle d’entre les êtres en personnage d’aventure ou pour le moins de mystère pourvu qu’on lui accorde un peu de considération, pour ne pas dire d’importance.
Je la vis pour la première fois au sortir d’un bois sur une jument alezane galopant effrénément dont je pensai qu’elle avait perdu le contrôle, et qui l’amena tout droit vers le parc du château où je me précipitai aussitôt piquant des deux dans une dérisoire, mais je ne le sus qu’après, manœuvre pathétique pour la secourir.
En la voyant stopper net sa monture comme s’il se fût agi d’un  simple chien d’arrêt, et sauter à terre d’un seul jet avec la grâce et l’élégance qu’elle semblait avoir volé à sa jument maintenant immobile, je restai interdit un court instant, le temps pour elle de me toiser, et je crois, de prendre alors toute la mesure de ce j’étais, de ce que je voulais être pour elle, et par là même de ce qu’effectivement pendant toutes ces années je fus.

  […]

Chapitre XXXII – L’OUBLI

Les ors des demeures qui nous virent grandir et aimer s’en sont allés depuis longtemps déjà. La poudrée du temps qui s’est déposée sur leurs murs n’a pas l’éclat qu’avait alors la poussière soulevée aux sabots de nos chevaux lorsque les rais du soleil les traversaient. C’est plus une sourde angoisse qui m’étreint lorsque j’y pense aujourd’hui qu’un quelconque chagrin qui me ramènerait à la perte de tel ou tel, quand bien même c’est de celle de tous que mon cœur est attristé.

[…]

Le domaine de Valiesse a été depuis longtemps vendu et laissé à l’abandon comme je le suis moi-même. Je n’attends plus de cette existence qu’une seule issue, la dernière,  que toutefois je me garde bien de presser car il est dit que même pour finir je ne saurais me montrer impatient.
Diego

L’examen minutieux de la prairie multicolore permit au magnifique papillon bleu roi de repérer la meilleure fleur, gorgée à souhait d’un délicieux nectar sucré. Il s’en saoula de bonheur avant de reprendre sa promenade gracieuse, petit éclair d’azur virevoltant de-ci, de-là.

Il fut surpris de voir un cavalier sortir du bois. Se détachant en contre jour, l’homme et sa monture semblaient ne faire qu’un, jusqu’au moment ou le cheval impatient se mit à brouter la belle herbe grasse avec frénésie.
Le papillon s’approcha avec curiosité de ce couple étrange avant de retourner à ses occupations. Le cavalier émerveillé décida de le suivre et prétendit arracher le cheval à son festin. Lequel, lassé de trimballer ce poids sur son dos, s’en débarrassa d’une ruade énergique pour continuer tranquillement à se régaler. C’est tellement meilleur que le triste fourrage de l’écurie !
- Ah, quand même ! Se réjouit le beau papillon bleu roi qui n’avait jamais vu de cheval de sa courte vie, mais se savait trop amoureux de la liberté pour accepter de porter un humain sur son dos.
Le cavalier vexé se releva, frotta rageusement ses vêtements et s’approcha de l’étalon en vociférant. Le cheval agacé galopa à l’autre bout de la clairière afin de festoyer en paix. Le manège dura un bon moment et le cavalier commença à s’affoler. Allait-il devoir rentrer à pied ?
Il s’assit tout recroquevillé sur lui-même et pleura à gros bouillons. Emu par son chagrin et enfin rassasié, le cheval, qui au fond était très brave, s’approcha et lui souffla sur le visage. Réconforté par cette douce chaleur, le gamin se releva, caressa l’animal et le monta avec appréhension.
Ils prirent le chemin du retour sous le regard déçu d’un papillon bleu, qui décréta derechef que jamais au grand jamais, il ne se réincarnera en cheval.
Mireille

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La journée avait été longue : des tests, beaucoup de tests, des examens, plein d’examens. Epuisé, je me reposais dans ma chambre lorsque les brancardiers amenèrent un patient. Il semblait vraiment mal en point. Squelettique, de grands cernes sous ses yeux fermés, il semblait respirer avec beaucoup de difficulté. Les deux hommes le soulevèrent comme une plume pour le poser délicatement dans le lit. Machinalement, je regardais la manœuvre lorsque le malade ouvrit les yeux et les planta dans les miens. Ce regard d’halluciné me fit froid dans le dos. Ses dents se découvrirent dans un rictus. Je sonnais l’infirmière qui arriva aussitôt. Mais mon voisin avait déjà refermé les yeux. Je crus avoir rêvé.
-         Ça ne va pas, Monsieur Martin ?
-         Si, si, dis-je. Pardonnez-moi, je suis très fatigué et j’ai appuyé sur la sonnette sans m’en rendre compte. De quoi souffre ce pauvre homme ?
-         Je ne peux vous le dire, mais sachez qu’il n’en a plus pour longtemps. Je ne sais s’il passera la nuit, en tout cas, demain, tout sera fini. J’espère qu’il ne vous dérangera pas. Il est inconscient. Le repas est à 18 heures. Je passerai après vous donner un léger somnifère pour que vous passiez une bonne nuit avant votre intervention demain matin.
Elle sortit.
Je décidai de tuer le temps avant le repas en lisant le magazine que m’avait amené ma femme. Je mis mes lunettes quand soudain, la forme cadavérique de l’autre côté de mon lit ouvrit à nouveau ses yeux remplis de haine et sourit méchamment. Il se redressa dans son lit. Je fus tellement surpris que je fis un bond. Mes lunettes tombèrent sur le carrelage qui cassa la monture d’écaille. Cette fois-ci, c’était sûr, je n’avais pas rêvé. Je sonnais à nouveau l’infirmière. Mais l’homme avait déjà repris son aspect de moribond. Je tremblais et bafouillait.
-         Là, là, mon voisin a ouvert les yeux ! Il me déteste, je ne sais pourquoi.
-         Calmez-vous, Monsieur Martin. Ce que vous dites est impossible. Ce pauvre homme est dans le coma. Les examens de la journée ont dû vous fatiguer beaucoup.
-         Je veux changer de chambre.
-         Allons, ne faites pas l’enfant. Vous savez très bien que nous n’avons plus de place ailleurs, c’est d’ailleurs pour cela que nous l’avons mis à côté de vous, répondit l’infirmière d’un ton quelque peu impatient.
Elle sortit de la chambre. Je savais ce que j’avais vu et j’en avais encore la chair de poule. Je me remis tout de même dans mon lit, laissant la porte de la chambre ouverte.
Le repas se passa sans encombre mais je  n’avais plus faim. Puis eut lieu la distribution des médicaments. L’infirmière me donna un somnifère que je refusais.
-         Allons, Monsieur Martin, vous me faites beaucoup de chagrin. Vous devez prendre ce médicament, vous passerez une bonne nuit et vous oublierez vos hallucinations de cet après-midi, dues sans doute à la fatigue.
Je jetais un œil à mon voisin qui était aussi pâle et raide qu’un cadavre. Je pris donc le somnifère et sombrais rapidement dans un sommeil lourd et rempli de cauchemars.
Fabienne

15 juillet, 2016

Atelier du 11 juillet 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:24

 

 

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Exercice : Imaginez comment fut inventé le premier baiser

Anchr se promène paisiblement, cueillant un fruit par ci, une poignée de feuilles par là. Régulièrement elle en tend à son petit, accroché sur son dos. C’est une bonne mère et elle adore ce bébé si docile.
Soudain, un gros mâle les agresse, babines qui ne sont pas encore lèvres, toutes retroussées et dents jaunes en avant. Anchr fuit, sautant avec agilité de branches en branches. Le gros gorille, trop lourd, s’essouffle dans cette poursuite aérienne. Un dernier saut… et le bébé épuisé de se cramponner, tombe au sol. Une chute vertigineuse, dure.
Surpris, le gros mâle s’arrête et Anchr se précipite. Au grand désespoir de sa mère, le petit ne respire plus. Alors elle souffle doucement dans sa bouche pour essayer de lui transmettre son souffle vital.
L’histoire s’est imprimée dans nos gènes. Et même si ce style de baiser reste encore pratiqué de nos jours, uniquement en matière de secourisme, il est dommage que les tendres amants en oublient l’origine. Car lorsqu’ils échangent un baiser, ce sont leurs souffles vitaux qu’ils se donnent. L’amour, source de vie.
Mireille

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L’origine du premier baiser se perd dans la nuit des temps, dit-on, mais il n’a pas existé dans toutes les cultures, bien qu’il soit, sinon pratiqué, du moins connu, à notre époque dans le monde entier.
Cependant, au départ, le baiser fut tout à fait fortuit.
Il y a des siècles et des siècles, nos ancêtres vivaient en clans. Ce qui n’était pas encore tout à fait une femme décida un jour, on ne sait pourquoi – était-ce l’appel de la solitude ou d’un besoin pressant – de s’éloigner de sa tribu. Au même moment, et pour les mêmes besoins, ce qui n’était pas encore tout à fait homme, décida de faire pareil.
Et ce qui devait arriva : ils se retrouvèrent face à face tous les deux.
L’homme fut attiré par cette belle femelle, aux longs poils soyeux, aux sourcils proéminents, aux mamelles bien pleines et à la bouche aussi rouge qu’une fraise des bois, qu’elle venait tout juste déguster
La femelle quant à elle trouva ce spécimen mâle sain, bien proportionné et… appétissant. Ils se jetèrent l’un sur l’autre… Or, souvenez-vous, à cette époque, ils étaient cannibales ! Et ce qui les avait jetés d’un seul élan l’un vers l’autre n’était que la promesse d’un festin. Le presqu’homme visa la bouche si attirante de la presque femme, alors qu’elle qui visait bien plus bas. Elle glissa et attrapa malencontreusement la bouche de l’homme. Ils ne mordirent pas tout de suite, et heureusement, car ils apprécièrent beaucoup le goût de l’autre. Ils restèrent longtemps ainsi, bouche à bouche, se humant, se léchant, se goûtant et trouvèrent cette expérience très enrichissante. Si enrichissant, d’ailleurs que les autres membres des clans eurent beaucoup de mal à les décoller, ne comprenant pas ce qui pouvait ainsi les motiver. Nos deux ancêtres expliquèrent par force grognements toutes les sensations que cette pratique leur avait procuré et ainsi, les deux clans devinrent alliés et perpétrèrent cette étrange coutume.
Fabienne

baiser

 

Exercice :  4 personnes désignées pour donner un mot chacune
Bouteille – tire bouchon
Saperlipopette – chat
Faire 2 quatrains avec ces mots

Jetée à la mer, cette bouteille,
Que n’ouvrira jamais aucun tire-bouchon,
Au bout du phare mène la veille
En lieu et place du gardien ronchon.

Ce sacré chat,
Si je ne me retenais saperlipopette,
Combien je sautillerais en entrechats,
Plus savants qu’une bière en topette.
Mireille
Ce soir, je vous ai amené une bonne bouteille !
Nous déclara notre amie Mireille
Il suffit simplement de trouver un tire-bouchon
Hélas, je l’avais oublié sous mon polochon.

Georges se leva : Mais saperlipopette !
On ne pourra donc boire cette divine topette !
Et pour ne pas rester aussi bêtes que chat
Un tire-bouchon tout le monde chercha.
Fabienne


Exercice
 : 

Rien ne va plus avec 4 mots obligatoires : soirée, ornithorynque, sirène, rebord, unijambiste

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Je jetais vivement les derniers jetons qu’il me restait sur le 13. Un nombre mythique qui je l’espérais, allait me porter chance. La soirée avait très mal commencé. J’avais perdu presque toute ma mise et c’était mon dernier espoir. J’entendais déjà le chant des sirènes, la fin des haricots… Rien, il ne me restait plus rien ! Je n’étais qu’un pauvre unijambiste qui, demain, ferait la manche dans la rue si la chance ne me souriait pas.
Rien ne va plus, déclara le croupier ! La bille sauta allègrement, d’un numéro à l’autre. Enfin, ce qui n’était que des numéros pour certains devenait pour moi un avenir. Mes mains tremblantes s’agrippèrent sur le rebord de la table de jeu. Ma respiration s’accéléra au rythme de cette danse infernale, puis se bloqua. La bille était sur le 13 ! Enfin ! Tout allait changer ! Mais soudain, d’un ultime saut, elle se figea sur le 36 ! Adieu, veaux, vaches, cochons et surtout  ornithorynques que j’avais toujours rêvé de découvrir… Il ne me restait plus qu’à disparaître.
Fabienne


DEVOIR
 :

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Je ferai mieux ! J’en trouverai un qui m’aimera vraiment, je réussirai cet examen, je n’irai plus dans cette boucherie, etc. La prochaine fois, c’est l’amère reconnaissance d’une erreur : la prochaine fois, je prendrai un Dalmatien à carreaux verts parce que les taches noires, finalement, je n’aime pas !
C’est aussi la promesse enthousiaste d’une revanche. La prochaine fois que mon chef me parle sur ce ton, je l’envoi balader.
Oui, mais en aurai-je le courage ? Trouverai-je les mots justes pour lui clouer le bec ? La prochaine fois, c’est une promesse qu’on se fait à soi-même avec la crainte secrète de ne pas la tenir ; je me suis bien trompée la fois d’avant alors est-ce que le coup d’après j’y arriverai ? Et cette crainte latente ternit l’espoir.
La prochaine fois est l’ouverture sur tous les possibles, plombée par la peur. Mais c’est l’espoir qui l’emporte largement car quoi de plus terrible que d’entendre : il n’y aura pas de prochaine fois !

La prochaine fois j’essaierai d’écrire un texte meilleur pour charmer mon auditoire !
Mireille

Aucune idée ne m’étant venue sur ce sujet, j’ai décidé de faire ce devoir… la prochaine fois !
Fabienne

11 juillet, 2016

Atelier d’écriture du 4 juillet 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:50

Exercice : écrire sur un tableau = « l’Origine du monde » de Gustave Courbet

origine

-         Dis moi, Lili, tu crois pas qu’il serait temps de prendre rendez-vous avec ton esthéticienne ?
-         Tu crois mon Lulu, tu sais, c’est l’hiver, et mine de rien, ça tient chaud.
-         Eh bien, et moi, mon minou ? ne suis-je pas là pour te réchauffer ?
-         Justement mon gros chat, ces temps-ci, reconnais que ce n’est pas tout à fait ça…
-         Il faut dire qu’avec toute cette toison foison, j’ai bien peur de passer à côté…
Fabienne

 

Exercice : aujourd’hui, j’ai fait ma BA

Aujourd’hui, j’ai fait ma BA, comme tous les lundis…
Oui, oui, ma beuverie accidentelle. Vous allez me dire, mais pourquoi est-elle accidentelle si c’est tous les lundis ?
Hé bien parce qu’on ne sait jamais avec quel vin ni combien de verres… C’est l’occasion qui fait le larron ! mais ce n’est jamais volontaire, toujours accidentel !
Fabienne
Devoir : un sandwich

lili

Lili a plus de cinquante ans. Elle fréquente depuis vingt ans les thés dansants, les dancings et autres lieux où on danse…
Car la danse, c’est toute sa vie depuis toujours, même si c’est un milieu dur et exigeant. Elle était douée et ses professeurs mettaient beaucoup d’espoirs en elle, qui se rêvait princesse adulée sur les plus grandes scènes du monde. Mais Lili adolescente n’a plus aucune ténacité et devient une frivole qui renâcle devant l’effort.
Et puis elle découvre très tôt le pouvoir extraordinaire qu’elle a sur les garçons. Affrioler, briser les cœurs tendres et compter les victoires, lui a semblé beaucoup plus jouissif que de passer huit heures par jours à s’entraîner. Alors elle a stagné et ses mentors se sont détournés d’elle.
Certains la traiteront de salope et c’est vrai car rien ne l’obligeait à réagir ainsi. Elle s’est mise à haïr les hommes lorsqu’un chauffard a tué ses parents, le jour de ses treize ans. Depuis, chaque homme devient celui qui fracassa sa vie et elle entend le lui faire payer.
A seize ans, il lui faut rapidement trouver un moyen de vivre. Prostituée de luxe un peu spéciale, faisant miroiter la possibilité d’une merveilleuse relation sentimentale, quelle voie magnifique ! Et mieux ça marchait et plus elle méprisait les hommes, en progressant dans son art. Car elle excellait, c’était une virtuose. Et plus ils la savaient indomptable et plus ils s’acharnaient. Devenir celui qui aurait enfin conquis Lili, quel triomphe auprès des copains !
A l’apogée de sa carrière, elle réussit à renouer avec la danse en circonscrivant ses chasses aux pistes de danses. Elle épluchait soigneusement les programmes des bars et salons de thé, testait la clientèle des différents dancings et ses apparitions ne devaient rien au hasard. Une vraie pro ! Qui menait grand train. Et si parfois, il lui arrivait d’être attendrie, de se sentir vaciller, vite, vite elle se ressaisissait !
Au retour de ses folles virées, elle s’enfermait dans sa chambre, se servait un grand whisky et jetait l’argent récolté sur le lit en éclatant d’un rire cynique. Tous les soirs, elle contemple les billets avec extase en les comptant et les recomptant. C’est le plus beau moment de la journée. Puis elle les range dans son sac et inscrit la somme récoltée dans un petit agenda.
Mais depuis quelques temps, l’argent rentre moins bien. Malgré le maquillage savant et quelques liftings fort couteux, les hommes ne la regardent plus comme avant. Malgré sa technique parfaitement rôdée, de petites jeunes lui coupent l’herbe sous le pied. Elle voudrait les tuer mais leur flot semble intarissable.
Elle commence à paniquer et doit diminuer son train de vie. Elle ne sait rien faire d’autre et pourtant, elle va devoir trouver un nouveau gagne-pain. De vagues regrets l’attendrissent. Il était si mignon, ce Lulu. Lulu et Lili, trop marrant. Elle est certaine de l’avoir brisé à vie. A l’époque, elle l’a considéré comme son chef d’œuvre. Ce soir, rien n’est moins sûr. Si elle s’était autorisée à l’aimer au lieu de le piétiner, elle ne serait certainement pas si horriblement seule…
Elle replace les billets dans son sac, s’assied devant sa coiffeuse et se regarde longuement, sans indulgence et sans pitié.
Mireille

Lili a plus de cinquante ans. Elle fréquente depuis vingt ans les thés dansants, les dancings et autres lieux où on danse. Elle aime l’ambiance bon enfant de l’auberge du Cheval Blanc, mais celle aussi, plus sélect de l’hôtel de la Coupole. Ce sont, hélas, les deux derniers qui restent. Elle y va le mardi et le vendredi. Autrefois, il y en avait quatre de plus, mais ils ont fermé. De nos jours, la clientèle est surtout faite de retraités qui s’ennuient.
Elle se souvient de la première fois, elle y était venue avec Fanny, sa copine. Elles ne connaissaient pas ces lieux dédiés à la danse. Elles étaient allées au « Bal à Jules », situé dans une impasse. C’était un lumineux après-midi de printemps, mais aussitôt entré dans la place, elles crurent que la nuit était venue. Par groupes de deux, trois ou quatre personnes, les clients prenaient un verre autour de  petites tables. Beaucoup de femmes, certaines dansaient entre elles. Il faisait chaud et l’atmosphère était saturée de fumée de cigarettes. Un orchestre jouait sur une estrade, au fond de la salle. Elles s’attablèrent et commandèrent un gin tonic, histoire de se « mette en jambe ». A peine eurent-elles fini leur verre que l’orchestre entama un tango. Lili piétinait, c’était sa danse préférée, mais encore fallait-il un bon partenaire. Soudain, devant elle, surgit un homme qui lui proposa cette danse. Elle accepta avec entrain, laissant là Fanny qui, elle en était sûre serait invitée rapidement.
-         Je m’appelle Jules, lui murmura l’homme à l’oreille
Il avait une voix chaude et sensuelle. Lili se laissa emportée par le rythme. La main de son partenaire la tenait fermement. Elle dansa jusqu’au soir. Elle vit vaguement Fanny dans les bras d’un homme.
Quand Jules lui proposa d’aller faire un tour, elle accepta avec enthousiasme. Elle avait chaud et la fumée lui piquait les yeux. Il faisait nuit dehors. L’air frais lui fit du bien. Ils marchèrent un moment, sans parler, puis l’homme se pencha vers elle et l’embrassa. Elle aima beaucoup ses lèvres, si douces, et sa langue, si impatiente. Tout d’un coup, il la poussa sous une porte cochère et la prit là, sauvagement. Surprise, Lili se laissa faire. Son corsage était ouvert, l’homme y glissa négligemment quelques billets et s’en alla. Il l’avait prise pour une prostituée ! Etait-ce son allure, son attitude ? Elle ne savait pas.
Les larmes aux yeux, elle rentra chez elle. Elle réfléchit longuement et finalement, décida d’en faire son métier.
Elle replaça les billets dans son sac, s’assit devant sa coiffeuse et se regarda longuement, sans indulgence et sans pitié.
Fabienne

3 juillet, 2016

Atelier du 27 juin 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:15

DEVOIR : Un mari idéal

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J’adore ma petite femme. Tous les dimanches matin je vais au marché pour lui ramener des roses. Blanches ! Oui, comme ma jolie maman, mais que voulez-vous, c’est celles-ci qu’elle préfère. Tous les soirs, je lui prépare un bain parfumé pour la détendre. C’est normal, elle travaille tellement ! Elle est juge au tribunal. C’est d’ailleurs là qu’on s’est rencontré tous les deux. Tout de suite, elle a flashé sur moi… et m’a acquitté.
Certes, elle est un peu plus vieille que moi et c’est normal que je prenne soin d’elle… Comme j’ai d’ailleurs pris soin de Monique, Brigitte, Véronique et Françoise. Elles sont si fragiles !
Monique est malencontreusement tombée dans l’escalier, se brisant la nuque alors que j’allais la retenir. Je l’ai beaucoup regrettée. Brigitte a eu un accident de voiture, très bête. Ses freins ont lâché alors qu’elle dépassait un camion. Elle s’est encastrée dans un arbre. J’ai été inconsolable… Longtemps… au moins trois mois. Quant à Véronique, elle s’est endormie dans sa baignoire et s’est noyée. Ce fut horrible pour moi. Françoise a commencé à douter de mon amour quand elle a su… pour les autres. Elle n’a pas eu le temps de se poser beaucoup de questions. Elle s’est électrocutée dans notre magnifique salle de bain de la villa de Cannes.
Et maintenant, c’st ma petite femme qui vient d’avoir un accident alors que nous étions en vacances d’hiver dans notre chalet de Courchevel. Une mauvaise chute en ski. J’ai eu beau la prévenir, elle n’a pas vu la crevasse. Nous faisions une course. Elle est, oh  pardon ! Elle était si intrépide !
C’est accablant cette suite d’accidents mais ce n’est vraiment pas de ma faute, un mauvais concours de circonstances. Bien sûr, elles étaient riches mais ce dont j’ai pu hériter n’a été qu’une légère compensation par rapport à tout le chagrin que j’ai pu avoir car toutes vous l’auraient dit, je suis vraiment un mari idéal.
Fabienne

Un mari idéal

Hooo, quelle question compliquée ! D’autant que celui d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui qui ne sera pas celui de demain !
Par exemple, il y a six mois, je n’aurais jamais mis en premier chef qu’il doit impérativement avoir un Bac + 15 en jardinage ! Ben oui, je suis brutalement passée d’un jardinet de 30 m2 à 2 200. Ca vous bouleverse les priorités !
Tenez, ma copine Gertrude, 30 ans de mariage sans gros nuages. Ils refont la cuisine à neuf. Plaque à induction. Lui, il ne connaît que le gaz et du jour au lendemain, il loupe tous ces bons petits plats. Les voilà condamnés au régime cramé ou boîtes. Elle n’en peut plus et crac, ils divorcent ! Comme quoi, de petits changements apparemment anodins peuvent avoir des conséquences gigantesques.
La conclusion qui découle de ce préambule est que mon mari idéal est un homme souple, qui évolue et sait se renouveler. D’ailleurs, la perfection n’étant pas de ce monde, la rechercher chez un autre constitue le meilleur moyen de rester seule. Les mots mari et idéal sont antinomiques.
Ma bonne copine Cunégonde l’a toujours su et ne s’est jamais mariée. Elle mène une vie d’une complexité effarante car elle jongle en permanence avec cinq hommes. Pourquoi cinq ? Parce que c’est le minimum pour couvrir l’essentiel de ses besoins et que plus, ça devient ingérable. Cette organisation acrobatique présente aussi l’avantage d’entretenir son excellente mémoire.
Pour conclure ce stupide exercice, pardon Fafa mais je trouve que tu exagères, je répondrai simplement ceci : fort marrie de n’avoir point de mari, idéal ou pas, je ne peux pas imaginer comment il pourrait être.
Et d’ailleurs, je ne suis pas certaine du tout de le chercher car les seules à en parler avec des trémolos dans la voix, sont des veuves. Au fait, si le mien n’était pas devenu fou, je serais veuve éplorée et pas divorcée !
Mireille

 


Exercice
 : Pendant 24h vous êtes… Dans la peau du  diable

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 Hier, j’ai rencontré Dieu ! J’ai pensé tout de suite : pourquoi moi ??? Serais-je une élue, sans même m’en rendre compte ? Mais n’est-ce pas la norme pour les élus ? J’ai rapidement compris quand il m’a dit :

-         Je te donne, pendant 24 heures la possibilité d’être le diable !
-         Le diable ? Moi ? Que diable ?

Alors, pour ne pas décevoir Dieu, et c’est la moindre des choses, je me suis mise à faire n’importe quoi, de pas pensable, de pas avouable, de pas forcément gentil et de pas très catholique : j’ai mis le feu sous les robes des femmes et un pois chiche dans la tête des hommes. J’ai fait tombé tous les enfants qui faisaient du vélo. J’ai volé les plus pauvres et enrichit les plus riches. Je me suis fait vent pour soulever les robes des filles. J’ai étouffé mon patron avec une arête de poisson quand il était au restaurant et qu’il se gaussait de tous ses employés devant les actionnaires. J’ai tout cassé pendant une manifestation. J’ai même fait perdre la France à l’Euro… Et surtout, j’ai beaucoup ri !
A la fin de cette journée, Dieu m’a à nouveau convoquée pour me dire :
-         Je ne sais pas pourquoi je t’ai proposé ça. Peut-être pour voir si tu allais changer, avoir d’autres idées. Et bien non, tu as fait exactement ce que tu fais tout le temps.
Fabienne

Exercice : Je lègue…

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1/ Je lègue ma recette de gâteau à l’orange à Patricia, contre la recette de son miroir au café

2/ Je lègue mon humour à Brigitte qui en a beaucoup, mais pas tout à fait le même que moi

3/ Je lègue mon expérience à Claire, qui n’en a rien à foutre

4/ Je lègue mes cheveux  mes cheveux à Arnaud qui n’en a pas beaucoup

5/ Je lègue ma petite plante verte à Huguette, mais là, elle seule comprendra

6/ Je lègue à Diego tous ces ateliers, auxquels il n’a pas assisté, pour qu’il puisse en rigoler

7/ Je lègue ma bonne humeur à Georges qui n’en manque pas, mais n’a pas la même que moi

8/ Je lègue à Aline mon Chardonnay vide contre son Cha cha cha Chardonnay

9/ Je lègue à Michèle mes mégabits !

11/ Je lègue tout ce que je sais à Berthe, qui n’en a pas besoin

10/ Je lègue à Brigitte tous les souvenirs des autres ateliers que j’ai oubliés

 

 

 

2 juillet, 2016

Atelier du 20 juin 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:59

DEVOIR : Ecrivez le journal intime d’un chat pendant une semaine.

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Mardi 14 juin : rien
Mercredi 15 juin : rien
Jeudi 16 juin : rien
Vendredi 17 juin : rien
Samedi 18 juin : rien
Dimanche 19 juin : rien, je m’ennuie !
Lundi 20 juin : Enfin, ça y est, elle s’est enfin décidée à m’enfiler !!!

Il s’agit, bien sûr, du chas d’une aiguille !
Fabienne

Lundi 13 juin :
Rien de spécial. J’ai dormi, mangé (enfin quand mon maître a daigné remplir à nouveau ma gamelle), fait trois l’aller-retour en courant dans l’appartement (apparemment faire tomber un téléphone depuis le meuble de l’entrée est une bêtise… j’ai préféré ne rien dire, mais s’ils rangeaient leurs affaires on en serait pas là), dormi à nouveau. J’aime bien le lundi, c’est un peu comme le début du weekend, on est enfin tranquille à la maison… Quand les humains ne sont pas là les chats dansent !

Mardi 14 juin :
J’ai mangé une mouche ! C’est la deuxième aujourd’hui et la cinquante-sixième depuis le début de l’année. Je suis trop fier…

Mercredi 15 juin :
Un cri m’a réveillé en pleine sieste. J’ai entrouvert un œil, je n’ai pas pour habitude de me précipiter inutilement. « Une souris, une souris ! » criait ma maitresse. Mouais, bon… Pas de quoi fouetter un chat… Quand j’ai vu le regard qu’elle m’a lancé (ma maitresse, pas la souris), celui qui dit « si tu ne règles pas le problème très vite tu retournes à la fourrière », je me suis étiré (quand même) et j’ai bondi vers l’endroit où avait fuit le petit rongeur. Je n’ai rien vu et je n’ai pas cherché trop longtemps, juste ce qu’il fallait pour assurer ma ration de croquettes du soir.

Jeudi 16 juin :
Des invités… J’aime pas ça. J’étais dans ma routine habituelle : croquettes, faire mes griffes sur le canapé, me faire disputer, aller me cacher sous le lit et entamer une bonne sieste quand quelqu’un a frappé à la porte. C’était la meilleure amie de ma maitresse accompagnée de son stupide chien. Un petit chihuahua croisé bâtard. En plus de faire un raffut pas possible m’empêchant de dormir, il a trouvé très drôle de courir après sa queue pendant vingt minutes. A fini par arriver ce qui devait arriver, il s’est assommé contre un meuble. Les chiens ne font pas des chats et c’est bien heureux pour notre survie.

Vendredi 17 juin :
La souris est revenue ! Je l’ai vu attraper une croquette dans ma gamelle, vous vous rendez compte ? Dans ma gamelle ! La mienne ! Son sort est scellé, à bon chat, bon rat ! Enfin bonne souris…

Samedi 18 juin :
L’appel du 18 juin… Vous pensez que parce que je suis un chat, ça ne me parle pas ? Et bien sachez que même si je suis originaire de Pouembout, je suis un descendant direct de Ringo de Balmalon, le chat du Général. C’est mon arrière arrière arrière arrière arrière arrière arrière arrière grand-père. Bon moi je m’appelle Tex Avery, pas autant la classe que Ringo de Balmalon… Mais mieux que Ringo Star !

Dimanche 19 juin :
J’ai attrapé cette saleté de souris !
Claire

Mardi 14 juin : grasse matinée – croquettes – sieste – croquettes
La nuit, je suis allée voir Azalée, la jolie minette du premier. Elle est tellement sexy et si câline…

Mercredi 15 juin : grasse matinée – croquettes – sieste – croquettes
J’ai passé la nuit avec la petite Féline, la chatte de la voisine… Un tempérament de feu !

Jeudi 16 juin : grasse matinée – croquettes – sieste – croquettes
Une nuit avec Choupette, c’est la fête assurée. Nous avons fait la tournée des grands ducs et de toutes les poubelles du quartier. Quelle migraine le lendemain.

Vendredi 17 juin : Ouille ma tête ! Du coup, grasse matinée – croquettes – sieste – croquettes
Pleine lune romantique avec Anaïs, une chatte sur un toit brûlant ! Miaaaaouuu !!!

Samedi 18 juin : grasse matinée – croquettes – sieste –croquettes
Une soirée avec Confetti des voisins d’en face, c’est fou-rire assuré ! Elle est drôle, mais drôle…

Dimanche 19 juin : grasse matinée – croquettes – sieste – croquettes
Aie ! Aie ! Aie ! Tous les matous du quartier, jaloux comme des poux me sont tombés dessus. Bagarre générale et nuit blanche pour tout le quartier…

Lundi 20 juin : Levé tôt… Ma maitresse en a marre du bruit… Aujourd’hui, elle m’amène chez le véto dans ma cage. Légère angoisse… Pas faim… Mais qu’est-ce qu’ils vont me faire ???

C’est pire que ce que je pensais… Mais comment peut-on faire ça à un chat ???

Du coup, je suis débordée, je passe ma nuit à aller voir Azalée, Féline, Choupette, Anaïs et Confetti pour me décommander !
Fabienne


Exercice
 : Panique à la fête de la musique

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Panique à la fête de la musique
Plus de bières, plus de zique
Mais qu’est-ce qui z’ont fabriqué ?
On s’demande qui a organisé ?

C’est un grand dadais
Bête comme ses pieds
Qui a oublié de tout vérifier

Du coup, aucun groupe ne va chanter
Et la bière a oublié de couler
Sans parler de l’électricité,
Qu’il avait oublié de payer

C’est un grand dadais
Bête comme ses pieds
Qui a oublié de tout vérifier

Il savait pas çui-là
Qu’une fête ça s’organisa pas
En claquant des doigts
Du coup, rien ne va.

C’est un grand dadais
Bête comme ses pieds
Qui a oublié de tout vérifié.

Du coup, on s’en est allé,
Au bord de la mer, improviser
Un concert du feu de dieu
Qui nous a tous rendu heureux !
Fabienne

-          « Panique à la fête de la musique », tu pourrais l’appeler comme ça ton roman.
-          Ben… il n’y a pas vraiment de fête de la musique dans mon histoire…
-          Ah ouais, c’est pas faux. Mais il y a bien la panique. Tu n’as qu’à ajouter la fête de la musique.
-          Ca se passe en Sibérie, à Noël, pendant la seconde guerre mondiale…
-          Mmmh, c’est vrai que c’est pas facile à intégrer vu que c’est le 21 juin.
-          Oui et que la fête de la musique a été créée bien après aussi…
-          C’est un détail ! Les anachronismes ne choquent plus personne maintenant. Les gens n’ont plus aucune culture.
-          Oui, tu en es bien l’exemple…
-          Quoi ?
-          Non rien, j’ai rien dit.
-          Revenons à tes moutons, on doit trouver un titre à ton livre.
-          Ben, en fait, je t’ai simplement dit que n’avais pas encore trouvé de titre à mon livre, pas qu’on devait en trouver un ensemble.
-          Quand on l’aura trouvé tu seras bien content que je t’ai aidé !
-          Pas sûr…
-          Et  « Panique en Sibérie », t’aimes pas ?
-          Non
-          « Panique en Russie » ?
-          Non plus
-          « Panique sous Poutine » ?
-          Sérieusement, tu crois que Poutine était au pouvoir en 1945 ?
-          Je sais pas, ça fait un moment qu’il y est…
-          Depuis 71 ans ?
-          Ouais peut être pas…
-          Non sûrement pas même !
-          « Panique sous la neige » ?
-          Je préfère « Panique sur la glace »
-          C’est vrai ?
-          Non ! Arrête de te fatiguer, ça vaut pas le coup. C’est pas le jour pour trouver un titre.
-          T’es sûr ? Parce que j’avais pensé à « Panique pas, camarade »
-          Ben dis donc, celui là il est venu de loin ! Pour une fois ce n’est pas si stupide…
-          Je te remercie, même si le « pour une fois » est un peu vexant.
-          Mais tellement réaliste ! Merci en tout cas, camarade, je vais réfléchir à ton idée.

Epilogue : « Panique pas, camarade » se vendit à 350 000 exemplaires en seulement six mois. Selon l’éditeur le titre y était pour beaucoup…
Claire

 

Exercice 

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Ma mère était comme ça,
mon père était comme ça,
ma sœur et mon frère aussi.
Alors moi, j’ai fait comme si…

Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi, alors moi j’ai comme si… comme si j’étais con. Ca n’a pas toujours été simple de bouffer du foin, mais je ne voulais pas porter le chapeau pour tout le monde. J’entendais bien les bruits du voisinage : « les idiots du coin de la rue », « les simplets » quand ce n’était pas « les autres abrutis ». S’ils avaient su que j’étais intelligent, j’aurais dû passer ma journée à m’excuser de la bêtise familiale. Hors de question ! Mais comme il n’était pas non plus question que je les laisse dire du mal des innocents, je m’amusais souvent à quelques méchancetés savamment manigancées. Evidemment, personne ne pensait à moi. Peu à peu, la méfiance entre voisins s’installa. Qui pouvait bien faire le coup ? Je m’en léchais les doigts, tous ces arrogants dévorés par la peur ! Panique au village. Puis un jour, alors que je traversais la rue, un voisin m’interpella : « C’est toi qui a laissé mes poules s’échapper ! ». Un second me hurla de lui rendre les clés disparues de sa voiture. Qui avait bien pu vendre la mèche ?
La réponse arriva vite : mon frère et ma sœur. Famille de cons.
Claire

Mon frère tout petit, tuait les chats. Il adorait ça. Moi, je me bouchais les oreilles pour ne pas entendre leurs miaulements sinistres…

Ma sœur, elle, c’était les petites filles qu’elle aimait embêter. Enfin quand je dis « embêter », maintenant, on dirait harceler. Elle les choisissait plus petites, évidemment et surtout le genre « poupée Barbie ». Elle détestait les poupées Barbie. Chaque fois que quelqu’un tentait de lui en offrir une, elle la démembrait en moins de deux. Elle a bien essayé avec les petites filles, mais c’était plus dur…

Mon père, lui, on a su ce qu’il faisait tous les premiers vendredis du mois le jour où la police est venue l’arrêter. Il nous disait qu’il avait des réunions de travail. Mais le commissaire nous a expliqué qu’il tuait une prostituée à chaque premier vendredi…

Quant à ma mère, elle en avait tellement marre de nous avoir sur le dos tous les trois, que les gosses qu’elle a eu après nous, elle les congelait, espérant, mine de rien que personne ne s’en apercevrait. Mais c’était sans compter sur mon frère qui fouinait partout. Du coup, on a eu une peur rétrospective, on aurait pu nous aussi finir en esquimau glacé…

Alors moi, j’ai fait comme si je n’étais pas né dans une famille de tarés névrosés et je suis devenu psychiatre en HP. Une très bonne couverture…
Fabienne

Atelier du 13 juin 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:26

Exercice : le conte du pourquoi
Pourquoi les coqs chantent-ils le matin ?

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Il y a fort longtemps, un pauvre paysan se levait toujours trop tard. Trop tard pour semer, trop tard pour arroser le champ, trop tard pour récolter. Il avait essayé de nombreuses solutions : se coucher plus tôt, ne plus aller à la taverne, manger moins… Rien n’y changeait. Quand il ouvrait un œil, le soleil  était déjà haut dans le ciel.
Un jour, alors qu’il partageait son infortune avec un ami, ce dernier lui conseilla de rendre visite à Merlin le magicien. Notre pauvre paysan s’y rendit, assez inquiet, il n’avait jamais osé se frotter de si près aux forces surnaturelles.

Après avoir exposé son problème, Merlin lui dit : « La solution est simple, retenez votre respiration et buvez un grand verre d’eau. Répétez cela trois fois tous les soirs. » Une semaine plus tard, le paysan revint. Rien n’avait fonctionné comme prévu.
Merlin ne pu qu’admirer la résistance de la vessie du paysan. Il lui proposa une seconde solution : accrocher un fil à son doigt relié à un objet lourd posé en hauteur à côté de son lit. Le paysan revint le lendemain, une bosse sur le front : « Je me suis réveillé à midi ! Arrêtez les farces et faite de la magie ! ». Merlin lui demanda alors de lui apporter un oiseau, n’importe lequel. Le paysan attrapa un pigeon dans ses champs dès le lendemain. Merlin garda l’oiseau une semaine puis le rendit au paysan. « Nourrissez-le comme un pigeon, mais garder le près de votre lit ». Le paysan fut surpris mais respecta la consigne. A l’aube, le pigeon émit un cri étrange qui réveilla le paysan en sursaut. A compter de ce jour, il se leva bien plus tôt et pu s’occuper convenablement de ses champs. Bien sur, la technique n’était pas sans ratés. La véritable solution arriva quelques siècles plus tard et de nombreux paysans se réveillèrent à l’heure grâce au réveil.
Claire

Et oui, pourquoi les coqs chantent-ils le matin ? Je serais tentée de dire que c’est juste pour me réveiller… Et puis d’abord, pourquoi, ils n’iraient pas au boulot, plutôt ? Pourquoi ne s’occuperaient-ils pas des poules ? Ça, ce serait un vrai travail…
Non, les coqs chantent le matin, enfin, quand on dit le matin, c’est quasiment nuit noire encore. Vous avez bien remarqué que c’est la nuit, juste un peu avant le lever du soleil ? Evidemment, s’ils chantaient quand le soleil est levé, leur chant serait dilué dans le bruit de la vie qui s’éveille. Mais là, non, on n’entend qu’eux ! Et savez-vous pourquoi ?
Le premier coq qui a chanté le matin était un coq suisse. Alors qu’il faisait un tour de garde de la campagne vaudoise, comme tout coq qui se respectait faisait en ce temps-là au milieu de la nuit, par une chaude nuit de juillet, il tomba amoureux du coucou de l’horloge (suisse) qu’il entrevit par la fenêtre laissée ouverte d’une maison de campagne. Le premier soir, il ne sut pas ce qui lui arrivait. Il était tourneboulé, avait le coeur qui palpitait et des papillons dans le ventre. Le lendemain, il resta caché dans la cour et vit avec extase le coucou égrener les heures… Il resta muet d’extase pendant une semaine. Puis, il décida de mêler son chant au son du coucou. Mais quand il arriva ce soir-là, de coucou, point ! La propriétaire de la maison était décédée et les héritiers, avides, avaient tout vendu, même l’antique horloge ! Et c’est pourquoi, depuis ce temps-là, les coqs cherchent le coucou, aux premières lueurs de l’aube.
Fabienne

 

Exercice 2 mots extraordinaires (Mireille) : rhagoïde, zinzibérin

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Les rats Goïdes avaient perdu leur royaume à cause d’une guerre fratricide contre les rats Thé. Ces derniers envahirent leurs terres et leur village, brulèrent les maisons, tuèrent les valeureux guerriers et prirent en esclavage les plus belles rates.
Les rats Goïdes durent errer des années et des années avant de trouver une terre d’accueil qu’ils nommèrent la Zinzibérie.
Les rats Goïdes devinrent donc des Zinzibérins. A partir de là, ils décidèrent d’avoir la plus puissante armée de tous les rats et partirent à la reconquête de leur terre d’origine.
Fabienne

- Tu me sembles bien ragoïde aujourd’hui.
Voilà ce que m’avait dit ma collègue ce matin là. Quelle garce ! Toujours à se la raconter avec ses mots savants. La veille c’était « zinzibérin ». Evidemment j’avais compris sibérien, du coup je me suis mise à lui parler du transsibérien et de mon rêve d’y monter un jour. Elle m’a d’abord regardé avec des yeux ronds, puis à éclaté de rire :
- Ahaha, tu as compris sibérien, ahaha, qu’est ce que tu peux être nouille parfois !
Nouille, j’ai très bien compris par contre. J’ai décidé de me venger ! Moi aussi j’allais lui parler dans un langage qu’elle ne comprendrait pas. Le lendemain, elle est arrivée pimpante et en mini jupe comme toujours et je lui ai dit qu’elle était superbement abutyrotomofilogène. J’ai vu son regard se vider, puis elle a souri et m’a remercié pour ce joli compliment. Fallait pas me chercher !
Fabienne

 

DEVOIR : Fallait pas me chercher !

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Virginie déboula en trombe dans mon bureau, elle avait l’air totalement furieux. Arrivée à ma hauteur, elle me jeta un « fallait pas me chercher » qui me laissa dubitative. Je ne voyais pas très bien à quoi elle faisait référence. En revanche, j’ai bien vu son poing droit s’écraser sur mon nez.
Claire

Fallait pas me chercher, voilà !
Il est beau le résultat
Fallait pas m’énerver aussi,
Je vous l’avais déjà dit !

Je crie, je vois tout rouge
Autour de moi tout bouge
Je ne peux plus me calmer
Alors faut que j’aille balader.

La nature me calme
Un oiseau, une palme
Suffisent à mon bonheur
Et à remplir mon cœur.

J’ai claqué la porte et déjà
Je ne me souviens plus pourquoi
Mes colères sont éphémères
Mon humeur est à nouveau légère.
Fabienne

FPMC : fallait pas me chercher

Je kiffais bien cette phrase, il y a 95 ans, 70 ans et même encore il y a 20 ans. Mais maintenant. Depuis 17 jours je suis centenaire comme presque toutes mes amies en cet an de grâce 2105.
Dès la maternelle personne ne pouvait m’obliger à dormir les après-midi. Je mettais du lait en poudre dans les poches des vestes ou des manteaux des autres élèves, puis un peu d’eau, ou bien du sucre en poudre dans les chaussures. Fallait entendre les cris des filles découvrant les colonies de fourmis grouillant dans leurs grolles. Une ou deux fois j’ai eu la chance de recruter des fourmis électriques. Elles en parlaient encore un an plus tard. Tous mes crimes étaient impunis cette année là. Pendant une des fameuses siestes que je ne pratiquai pas dès le début de l’année, j’avais innocemment approché le manguier du fond du jardin. Derrière ce vieil arbre majestueux, la maîtresse jouait de l’instrument de musique du jardinier à sa grande satisfaction. A l’époque je trouvais qu’il avait une taille disproportionnée, le manguier. Ce qui m’avait intrigué était que l’aide maternelle demandait souvent à la maîtresse si elle avait trouvé des mangues. Nous étions donc complices, au moins pour la durée de l’année scolaire.
Enfant unique, toute ma scolarité fut celle d’un élève solitaire indiscipliné. Aucune porte ni fenêtre, aucune autorité ne pouvait m’arrêter. Je n’étais assidu qu’aux cours de maths et de judo. Je m’échappais souvent physiquement mais surtout mentalement. Ceci dit, si l’on voulait me retrouver, c’était en général facile, par le bruit, l’odeur, la fumée… Quelques uns ont voulu me provoquer. Ils en ont eu des souvenirs cuisants, en particulier pour leur ego. FPMC.
A l’adolescence j’ai eu une sexualité ambiguë.  Au pensionnat, j’apparaissais dans la salle de douches la zigounette coincée dans la raie des fesses. Cela faisait le tri. Certains étaient ébahis, d’autres souriants, quelques uns aguicheurs. Mais personne n’osait rire et je laissais persifler le doute et les racontars. Je n’ai le souvenir d’aucun contact amical pendant cette période, pas même une tape aimable. Les récits de mes brèves bagarres tenaient les potes à distance respectueuse. Il y avait bien eu une main baladeuse sous mes draps, une nuit de printemps boutonneux. L’épingle à nourrice que je conservais au revers de ma veste de pyjama avait transpercé cette paume aventureuse. Le lendemain, un type avait du mal à écrire. FPMC.
Comme études supérieures j’ai choisi, au dernier moment, archi. Six années d’études et un concours d’entrée difficile ne m’ont pas rebuté. J’ai pu jeter mon dévolu sur Versailles. Pensez : la petite écurie. Dans ces lieux magnifiques naviguer en histoire, en sciences humaines et sociales, en sciences et techniques architecturales et surtout en activités artistiques de toutes sortes fit exploser mes sens et mes capacités. Un seul exemple : mon sujet de doctorat : un bordel virtuel. Un immeuble de cent étages couleur acajou se dressait au milieu de la ville, légèrement incurvé, éclairé a giorno. Son extrémité arrondie comportait tous les centres de commandes, tous les circuits magnétiques, en un mot toutes les terminaisons nerveuses. Le très vaste hall d’entrée était classiquement éclairé de rouge et on vous équipait d’un casque sensoriel qui vous guidait sans effort vers le paradis. Peu importe que vous soyez homme ou femme, des voix de fembots, d’hombots, de bimbots, de chatbots vous désignaient des directions et des lieux de plaisir où des robots sexuels ou sexbots inventaient des fantasmes à partir de vos ondes cérébrales. La surveillance des fonctions vitales des « clients » permettait la mise en œuvre à chaque étage des services d’urgences en temps réel. Mourir de plaisir oui, mais virtuellement ! Bien entendu les ligues de vertu et autres sectes bibliques ont condamné ce qui ne fut qu’un projet. Je n’eus qu’une seule réponse : « allez vous faire roboter les fesses » ! FPMC.
Mes différentes expos à la Maréchalerie m’ont valu une certaine notoriété artistique. Mon titre de gloire fut d’être sélectionné pour la biennale de Venise en 2032. Surélever d’un étage de cinq mètres les trois quart de la Sérénissime avait nécessité quinze ans de travaux. Mais le Palazzo Grassi restait français.  J’y fis une arrivée somptueuse par le Grand Canal, perché solitaire sur une planche laser, en smoking rose, précisément cuisse de nymphe émue, avec un gros nœud papillon alizarine, pieds nus pour que l’on voie mes piercings d’orteils. A l’entrée un hologramme de François Mitterand me prit la main pour me guider parmi mes œuvres. Le succès fut immense et planétaire. Je pourrais vous parler de mes reportages photographiques : chez les peuples troglodytes d’Afganisthan, chez les derniers bâtisseurs d’igloos du cercle polaire, des œuvres éphémères, de ma librairie au 69 ème étage de la tour Zlatan au Qatar, de mon observatoire des tremblements de terre aux îles Kouriles… Dans ces temps là, FPMC.
Mais pour la première fois de ma vie les larmes me viennent. Ce sont les caresses sur la joue qui vous disent l’adieu à l’amour, l’adieu à l’ami, l’adieu à l’instant. La dernière qui coulera de ma paupière sera la plus minérale.  Personne ne devra la voir. Kamarade Camarde, il est temps de venir me chercher.
Bertrand

Atelier du 30 mai 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:59

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Exercice : C’est la fête des mères !

Lendemain de FdM

 Maman, on peut dire qu’hier j’ai raté le Folcoche ! Si je ne t’ai rien souhaité de bon cela te laisse espérer que je ne t’ai rien souhaité de mauvais. Je vais bien, toi non plus, peut-être. Pour en être sûr il eût fallu que je prisse de tes nouvelles. Cela fait des années que j’y pense. Et puis j’oublie, comme le dit ton idole, Jean D’Ormesson, qui a oublié d’être con. Pour toi, je me demande encore, si tu as oublié. J’ai pu joindre papa par STM (Skype Trans Mortem) : il est d’accord avec moi sur ce point, définitivement. Avec toutes ces fleurs vénéneuses j’espère que tu es toujours allergique et que ce sera ta dernière crise d’asthme.
Ad Ténébrax, Maman !
Bertrand

Aujourd’hui, c’est la fête des mers ! Et je me suis demandée : et les océans, alors, on les fête avec, ou bien c’est à une autre date ou bien, ils ont tout bonnement été oubliés ? C’est clair que des océans, il n’y en a moins, alors que des mers… Méditerranée, rouge, noire, de Marmara, des Sargasses, de Corail… et autres, aussi nombreuses que variées, voilà matière à faire une vraie fête. Si, de plus, on y met tous les maires de la terre, élus au suffrage universel ou pas, quelle belle réjouissance en vue !
Fabienne

Exercice : Heureux échec(s) (d’après une idée de Huguette)

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Chers amis, je sais que vous avez pris la bonne compagnie aérienne pour arriver jusqu’ici : la mienne. Mesdames vous n’aurez pas besoin de prendre le voile, sinon au nombre de sept. Messieurs, même républicains, vous pourrez déguster avec moi du bourbon et les protestants mettront de l’eau dans leur Calvin. Vous êtes mes invités personnels. Je tiens  à votre disposition toutes mes richesses : mes palais, mes chevaux, mes chameaux, mes voitures italiennes, mes esclaves, mes eunuques et mon harem. J’ai enfin gagné la Coupe d’Europe des Clubs de Football et ce soir, je suis heureux, HEUREUX et CHEICK.
Bertrand

Au début, j’ai cru que c’était vraiment un échec. Toute ma vie était remise en question. Je repartais de zéro et avec rien, en plus. Enfin quand je dis « rien », c’est faux. J’avais quand même eu un magnifique cadeau : un fils !

Passés les premiers mois de désarroi et de difficultés de toutes sortes, puisque j’avais tout abandonné : difficultés financières, recherche d’un emploi, d’un appartement, d’une école… Je m’aperçus que, finalement, la vie de mère célibataire était bien attrayante.
-         J’avais pour moi le lit en entier, sans un mec qui ronflait
-        Je pouvais éduquer mon fils selon mes principes à moi
-        Je pouvais allumer la lumière la nuit, si j’avais des insomnies et lire un bon polar
-        Je n’avais plus  besoin de préparer des repas à heures fixes. J’avais toujours à la maison de quoi nourrir mon fils avec des 2 mn noddle que j’agrémentais de toutes sortes d’ingrédients
-        Je n’avais plus à justifier mes sorties
-        Et enfin, je disposais de l’usage exclusif de la télécommande.
Bref, enfin, je me réalisais. Enfin j’existais pour moi.
Quand j’ai eu trouvé un travail qui me plaisait et une école sympa, je m’aperçus que ce que je croyais un échec était en fait ma plus belle victoire !
Fabienne

 

DEVOIR : 2 mots extraordinaires = Abutyrotomofilogène, amphigourique

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Amphigourique : radicalement, fondamentalement, catégoriquement : NON ! Je ne suis pas d’accord. Vous croyez que si je suis amphigourique c’est que je me trompe, que je me goure, doublement. Vous avez tort. Je connais la signification des mots. Je ne suis pas amphibourrique quand même. En tout cas, après avoir dit cela,  je me sens amphibien et plutôt deux fois qu’une.
Bertrand

Abutyrotomophilogène : ces abrutis de Tomo  ont mis la rue principale sur une seule file avec, en plus, des gendarmes couchés et des chicanes. Et y a pas d’autre route, m’a dit cet enfilé d’Eugène.
Bertrand

Abutyrotomofilogène ! Ce mot, aussi amphigourique qu’imprononçable s’était planté dans ma tête, m’arrachant à mes rêves. Etait-ce un message envoyé par mon ange gardien ? Au matin, il était encore présent dans mon esprit et effaçait toutes mes autres pensées. Impossible d’aligner deux idées cohérentes depuis. J’étais pourtant certaine de ne l’avoir jamais  entendu. Alors, d’où venait-il et surtout, que voulait-il dire ?
Car je sentais qu’il fallait que je comprenne sa signification pour avancer.
Si vous, savez-vous ce qu’il signifie, aidez-moi avant que je devienne folle, je vous en supplie !
Fabienne

 

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