Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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25 mai, 2016

Atelier du 23 mai 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 8:36

Ce lundi, nous avons fêté les 5 ans de l’atelier d’écriture !!!!

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Zaza : 1 oeil rose, 1 oeil vert et Arnaud : 2 yeux rouges !! Des extraterrestres ????

Zaza : 1 oeil rose, 1 oeil vert et Arnaud : 2 yeux rouges !! Des extraterrestres ????

5 ans déjà ! 5 ans de création, de moments de partage, de fous-rires, d’apéro….

Le magnifique gâteau de Patricia

Le magnifique gâteau de Patricia

Avec JB, Directeur de la MLNC

Avec JB, Directeur de la MLNC

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DEVOIR : C’était une petite fabrique de crimes, spécialisée dans le parfait. Elle n’avait pas pignon sur rue, mais les criminels du monde entier savaient où la trouver.
Les affaires marchaient bien, l’entreprise croulait sous les commandes.
Curieusement, elle se trouvait en plein centre-ville, dans le quartier des affaires, à l’entrée codée d’un grand immeuble. La plaque, de cuivre rutilant, rassurait et éloignait les curieux : COP 22. COP pour Crimes organisés et personnalisés. Quant au 22, c’était tout simplement l’étage où se trouvaient les bureaux. Une idée de génie du boss pour être tranquille. Mais ça, seuls les clients le savaient car cette entreprise était spécialisée en tout genre de crimes : vols, viols, prises d’otages, exécution, blanchiment d’argent et arnaques en tout genre.
La journée, le quartier était très animé. Le soir, en revanche, des ombres inquiétantes hantaient les rues devenues désertes.
Cette nuit-là, une ombre efflanquée appuya sur la sonnette et chuchota quelques mots. La porte s’ouvrit dans un bruit discret et aussitôt, le mystérieux homme s’engouffra à l’intérieur.
Il prit l’ascenseur et se retrouva vite dans le bureau COP 22. Lorsqu’il eut exposé le but de sa visite, la secrétaire appela le directeur qui vint chercher le visiteur.
-         Ainsi, Monsieur… Monsieur ?
-         Cousin, Germain Cousin.
-         Ainsi, Monsieur Cousin, vous venez pour une réclamation ?
-         Oui. Il y a cinq ans de ça, je suis déjà venu vous voir.
-         Ce n’est pas moi que vous avez vu, mais mon frère jumeau, qui est depuis, hélas décédé… Un regrettable accident. Vous étiez donc venu pour quel type de contrat ?
-         A l’époque, j’étais atteint d’une grave maladie. Les médecins me donnaient six mois à vivre. J’avais une entreprise de dépannages informatiques qui périclitait : trop de taxes, d’impôts, des personnels pas sérieux, bref, je vous ai contacté pour que vous procédiez à mon exécution, sous couvert d’un accident. J’étais très amoureux de ma femme et l’assurance-vie souscrite en sa faveur lui aurait permis de se consoler de ma mort.
-         Mais ce contrat n’a pas été tenu puisque vous êtes là. Comment cela se fait-il ? Nous n’avons pas pour habitude de rater nos objectifs ?
-         Deux de mes clients sont morts, à trois mois d’intervalle, alors que je discutais avec eux, devant mon bureau… Un chauffard qui a pris la fuite. Plus tard, l’ascenseur de chez moi s’est décroché, tuant ma voisine du dessus. Ce jour-là, contrairement à mes habitudes, j’avais pris l’escalier pour descendre. Bref, des morts aussi nombreuses qu’inexpliquées m’ont suivi jusqu’à mon hospitalisation, il y a quatre ans. La recherche avait fait de gros progrès et grâce à un traitement long et douloureux, j’ai pu retrouver la santé. Et puis, de nombreux déménagements, vous avez dû perdre ma trace.
-          Quand aviez-vous signé  ce contrat ? Vous n’êtes pas sans savoir que notre entreprise  propose une garantie quinquennale ? Il est peut-être déjà trop tard ?
-         J’étais venu le 24 mai 2011. Demain, cela fera cinq ans.
-         Je suis donc obligé de vous proposer une solution, car, comme vous le savez, en aucun cas, nous ne remboursons nos clients.
-         Oui, je sais, je ne demande aucun remboursement. En revanche, je voudrais apporter quelques modifications à mon contrat initial, car je suis désormais en pleine forme. Il y a six mois, ma femme a décidé de partir avec son professeur de yoga. J’ai moi-même rencontré une jeune femme, aussi belle que coûteuse à entretenir. Mais comprenez-moi, depuis, je tremble tous les jours, de peur qu’il m’arrive quelque chose.
Je vous propose donc de mettre le contrat sur la tête de ma femme, qui n’a pas encore pensé à changer le bénéficiaire de son assurance-vie.
-         Voilà une solution qui me convient. Je vais préparer les modifications au contrat qui sera prêt dès demain. Pourriez-vous passer en fin d’après-midi afin de le signer ?
-         Sans aucun problème.

Monsieur Cousin serra la main de son interlocuteur et sortit. Il ouvrit la porte du bas, un sourire aux lèvres. Tous ses problèmes allaient être enfin réglés dès demain. Il ne vit pas la voiture qui fonça droit sur lui et le renversa. Sa tête heurta durement le macadam, le tuant sur le coup, tandis que le chauffard prenait la fuite.

« Depuis le temps ! Le patron va être content et me féliciter. Je pourrai enfin avoir de l’avancement ! », se dit l’employé consciencieux et persévérant de COP 22.
Fabienne

 

C’était une petite fabrique de crimes spécialisée dans le parfait. Elle n’avait pas pignon sur rue mais les criminels du monde entier savaient où la trouver. Les affaires marchaient bien. L’entreprise croulait sous les commandes.
Tout avait commencé dans l’intimité. Pierre Futé, le bien nommé, charcutier de son état, avait, en toute impunité, occis sa belle-mère à laquelle il semblait vouer la plus solide affection. Un peu d’arsenic mêlé au gras des andouillettes avait suffit à déclencher de respectueuses funérailles suivies d’une succession très avantageuse dont, seule, son épouse adorée était bénéficiaire. Un train de vie nettement plus confortable avait rapidement eu raison des larmes abondantes et sincères de l’orpheline.
Fort de cette expérience « enrichissante », notre homme tenta une première récidive en la personne d’une vieille tante fortunée et célibataire, puis, élargit ses compétences aux relations nombreuses quoiqu’épisodiques de la défunte. Se sentant désormais fin prêt, il monta, sans coup férir,  une SARL au nom évocateur de « Par ici la sortie ».
A présent, les finances au beau fixe, il gérait sa petite entreprise en bon père de famille, n’acceptant que les contrats aussi bien ficelés et juteux que les saucisses qu’il continuait à vendre en boutique, s’offrant ainsi une couverture convaincante appréciée autant des clients ordinaires que de sa clientèle particulière.
Son épouse,  grisée par un pouvoir d’achat toujours plus florissant, s’était mise à fréquenter coiffeurs et boutiques de luxe, esthéticiennes, salons de thé et, depuis peu,  tenait salon tous les mardis. Attirés par la bonne compagnie, le cadre agréable et un buffet toujours bien fourni, la petite bourgeoisie locale et les quelques rares artistes du cru devinrent vite des hôtes assidus. De morne, la vie devint pétillante.  Madame brillait au firmament restreint de la petite bourgade…
Vint un jour où, attiré par la bonne presse du lieu, se présenta à la porte un inconnu. Encore jeune, la moustache frisante, le sourire carnassier, une musculature d’athlète se devinant sous un costume de bonne facture,  le visiteur tenait en main un charmant bouquet de violettes destiné à l’incomparable maîtresse des lieux.
Maîtresse, elle le fut, et très vie d’ailleurs. Comment résister à tant de charme… Le hic, c’est que l’amant, ancien mafieux  prétendument repenti, avait quelques accointances avec la police de la région et que, pour être définitivement oublié de l’administration, il devait accomplir une dernière mission dont vous présumez l’objet. Le loup était, si j’ose dire, dans la bergerie… De porte -jarretelles en confidences, les cinq à sept amoureux sonnèrent le glas de la petite entreprise.
Monsieur, dénoncé, fut contraint à fermer boutique. Ruiné, il fut coffré pour un séjour n’offrant plus de perspectives.
Madame, honteuse et également ruinée, fut reléguée au ban de la petite communauté dont elle était autrefois papesse.
Et c’est ainsi que s’acheva brusquement l’histoire édifiante de la petite fabrique de crimes.
Patricia

« Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas « 

Je me suis résolue à contacter la boutique des petits « bonheurs ». Mon contact était un homme à la voix sensuelle, on aurait dit qu’il m’aidait à préparer une escapade romantique et c’était le cas, à vrai dire. C’était ma seule voie vers le bonheur, enfin je pourrais jouir de cet amour au grand jour !
J’avais bien mérité et Luc aussi de vivre enfin et d’arrêter de survivre…
Ce serait facile, son épouse étant atteinte d’un cancer, il suffirait de la soulager de plusieurs années de souffrance, finalement une bonne action qui ne faisait que d’accélérer notre bonheur à tous les trois.
Luc m’avait annoncé il y a quelques mois son intention de rompre car il souhaitait rester fidèle à son serment…
Il disait ne plus m’aimer, pourtant ! Avais-je inventé notre intimité, nos baisers, nos caresses, nos serments ???
Non je n’ai pas rêvé ses mots d’amour …. Quand il me disait :

 

« Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas ».

 L’agonie prendra fin dans un mois, mon correspondant agirait avec la complicité d’un infirmier du service de cancérologie, il lui administrerait au cours de plusieurs semaines des doses infimes de poison….
Elle ne souffrira pas c’est promis, elle partira en paix et ainsi Luc sera à moi, et ce sera à son tour de me dire reviens et :

  »Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser… »
Karine

 2/ Exercice : Faire un compliment insolite à votre voisin de gauche.

 

3/ Exercice : Que pense votre main droite de votre main gauche (et inversement) ?

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-         Vraiment tu ne sers à rien ! Et tout ce que tu fais, tu le fais mal ! Il n’y a que moi qui travaille ici ! Et tu ne m’aides nullement. Moi, je suis habile, forte. Je peux faire tout ce que je veux.
-         Ça, c’est ce que tu penses toi ! Mais sache que tu es régie par l’hémisphère gauche du cerveau, qui est rationnel, trouve toujours des explications logiques et une fonction adaptée. Alors que moi, je dépens de l’hémisphère droit qui est artiste, créatif, libre. Par exemple, je peux écrire à l’envers. Je porte les signes extérieurs de l’engagement, parce que je suis du côté du cœur. Ainsi donc, tu es prisonnière de ton efficacité. Pas le droit de déraper, d’inventer. Quelle triste vie que la tienne !
Fabienne

Coup de main ou coup de poing.

L’une est brune de tradition. Elle se dresse, haut devant, automate chaplinesque, vers des horizons guerriers et des fronts nationaux.
L’autre est rose faute d’avoir eu le coup de pouce pour devenir rouge. Gauche, elle a perdu toute adresse, se croyant parfois machiavélique.
Et dire qu’on va bientôt me demander de voter… à main levée ?
Je pense que mon pays a depuis longtemps perdu la main. Maintenant il perd pied.
Ne reste que la prière, mains jointes ?
Bertrand

Et une énigme :
Je commence par E
Je finis par E
Je ne peux contenir qu’une seule lettre
Mais je ne suis pas la lettre E

Vous donnez votre langue au chat ???

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10 mai, 2016

Atelier du 9 mai 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:36

DEVOIR : Décrivez de façon poétique un objet de votre quotidien.

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Déchirement

On avait fêté nos noces d’or…
Je t’ai connue à dix sept ans : un amour de jeunesse ! Tu m’as accompagnée dans toutes les fêtes estudiantines. Tu étais là pour m’aider à passer des nuits blanches sur mes dissertations. Tu m’as soutenue quand j’ai eu des chagrins. Je pouvais compter sur toi en toutes circonstances. Je t’ai un peu délaissée parfois, quand un amoureux ne te supportait pas, ou pour épargner mes enfants, mais je revenais vite vers toi.
Un jour on m’a interdit d’entrer avec toi au cinéma, au restaurant, à l’hôtel…On m’a interdit de prendre le bus, l’avion avec toi. Certains parcs même nous ont refusées ensemble.  Quelques pisse-vinaigre nous regardaient de travers dans la rue…
Alors je rentrais à la maison pour serrer ton corps entre mes doigts et humer ton odeur avec délectation.
Cinquante ans avec toi, et aujourd’hui cinquante jours sans toi… Ta présence à mes côtés était légère comme une brume d’été, et d’autant plus lourde ton absence. Tu me manques mais il paraît que tu consumais ma vie à petit feu. Je ne t’en veux pas, mon amie de toujours, et pourtant je t’ai quittée, ma cigarette !
Huguette

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Mon pinceau perd ses soies au fil de l’encre de Chine,
Après avoir dansé sur des poissons, des bambous et des fleurs,
Il est si beau cet objet de désir,
Poser le geste parfait pour épouser les courbes !
Karine

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Ses lignes douces sans aucune aspérité s’adaptent si bien à mon anatomie. J’aime sa légèreté, ses transparences que nul mensonge n’entache. Sans réserve, elle m’ouvre au monde, à ses couleurs et  ses bonheurs. Quand elle m’est infidèle, je la cherche désespérément mais quand ma main, égarée, retrouve ses courbures, je pardonne la volage et sourit au présent. A plus d’un titre, elle m’est chère. Elle est ma conseillère. Je suis son obligée, à elle, je suis liée.
Mais… cessons ces sornettes ! Sans que je la présente, vous l’aviez deviné, cette compagne intime, c’est ma paire de lunettes…
Patricia

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Nous sommes le 22.02.2022. Une addition numérologique simpliste amène au total de dix, soit un,  zéro, ce qui n’est pas de bon augure. A dix heures dix, ce matin, j’aurais soixante-dix ans. Sur mon balcon du N°1 de la rue Ste Catherine, une nouvelle fois, je suis émerveillé. Face à moi, intensément éclairées par le soleil rasant, les douze colonnes corinthiennes  du Grand Théâtre et les statues qui les surplombent, montent la garde. Devant elles, un mètre d’eau transparente recouvre le marbre de la place de la Comédie. Le tram n’y passera jamais plus. Pas un bruit. Bordeaux est la plus belle en son miroir.  Dans cette partie de la ville comme dans beaucoup d’autres quartiers, les rez-de-chaussée ont été bétonnés à la hâte, il y a environ deux ans. De l’autre côté, au N°2 la boutique Apple n’y a pas échappé. Garonne a croqué la pomme. Dans toutes les rues, la mairie a fait installer des coursives de bois surélevées et c’est maintenant un des charmes de cette cité lacustre. Les gondoles de la défunte Venise y seraient attendues ?
J’habite seul un très grand appartement du quatrième étage, entièrement blanc, sols, cloisons et haut plafond. Très peu de meubles. Aux murs, quelques clichés abstraits, en grand format, d’un obscur photographe néocalédonien, éclaboussent de couleurs vives. Ici mes journées sont longues et douces, mes nuits aussi. Je retourne dans la pénombre de ma vaste chambre qui abrite l’objet quotidien. J’aurais pu, comme beaucoup le commander sur catalogue. Je ne regrette pourtant pas mon voyage en Ukraine, absolument nécessaire pour satisfaire mes nombreuses exigences. A l’ingénieur qui m’a été assigné, d’emblée j’ai évoqué un animal, une panthère, qui grifferait furtivement mon dos, mordrait ma nuque comme le léopard transporte ses petits. Et il l’a faite, femme, féline, fine, ferme et fragile. Elle est là, allongée de tout son long, au côté gauche du grand lit suspendu. Je lui demande de se coucher le plus souvent possible sur le côté, une main sous la nuque dans sa chevelure dorée, me tournant le dos. Ainsi j’admire ses formes, ses belles épaules, sa taille svelte et délurée. La nuit, quand je me réveille, une délicate aura bleutée dessine son corps sous le drap. Ce drap que je sais suaire de ma solitude, soie de mon dernier âge. Sa lente respiration programmée est mon meilleur somnifère. Je n’ai pas voulu qu’elle parle ni qu’elle chante, ni qu’elle rit. C’était possible, tout était possible ! Elle sourit tendrement à mon regard soutenu. Ses yeux ne pleurent pas et peuvent caméléoner à chacune de mes émotions. Ils captent et enregistrent, pour les refaire et les défaire, tous les brillants reflets et tous les bas-fonds sordides de mon âme. Elle est fidèle à mon image, à mon histoire aussi. Elle sait tout de moi et il n’y a rien à savoir d’elle. Ses mains, sa bouche, son corps connaissent tout des actes de la vie, tout des gestes de la nuit. Elle se lève, marche et nous prenons notre douche ensemble, pour laver en douceur nos péchés réitérés. Parmi toutes ses fonctions sophistiquées il en est une dont j’ai l’exclusivité. Son anatomie comporte une multitude de petits réservoirs que je remplis régulièrement de divers liquides repérés dans mes souvenirs de voyages. De manière apparemment autonome mes rêves sont perpétrés. Elle déclenche des fragrances subtiles, son haleine, son exhalaison, sa touffeur. L’arack de raisins du Liban est sa sueur qui sourd le soir. (Le mot arac signifie littéralement sudation en arabe). Le vin de grenade la fait arménienne impétueuse. La damassine tient son nom de prunes rouges ramenées de Damas par les croisés. Je la fais venir du Jura suisse, région d’Ajoie, petite bourgade de Grandfontaine et elle s’en réjouit embaumant toute la chambre. La cédratine corse faite d’agrumes et de plantes sauvages libère l’énergie. Le vin de palme peu fermenté, le Bandji de Côte d’Ivoire, ignore toute loi. L’Umeshu la parfume à l’abricot du Japon, sur sa nuque, à la racine des petits cheveux. La Thibarine, liqueur de dattes des pères blancs de Tunisie, si elle se doit de me dire non. Le Chouchen de miel de sarrasin et de pommes bretonnes et son venin d’abeille qui me fait tomber à la renverse. Le Poiré normand dont les fruits sont cueillis quand ils commencent à céder sous la gentille pression des doigts, comme sa peau. Et souvent, très souvent, mon Armagnac de folle blanche si vigoureux et si rare.
Je sais ma déraison. Je le reconnais devant vous mesdames et même vous messieurs, une femme objet et pire encore un objet femme n’a rien de poétique. Celle-ci ne saurait être ni un objet de curiosité ni un objet de convoitise, surtout pas un objet de dévotion. Le très obscur objet du désir, peut-être. Un objet d’art assurément. Néanmoins cette perfection robotique, je ne l’aime pas d’amour mais je la goûte. Rassurez-vous ou quand bien même, inquiétez-vous, celle que j’aime, je la goûtais aussi.
Bertrand

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Quand tu es plein,
Tout va bien !
Mais dès que tu es léger,
Le moral commence à baisser.

Tu satisfais tous mes besoins,
Les plus fous et les quotidiens
Evidemment, c’est encore mieux,
Quand tu es avec la carte bleue.

Quand tu es là, je suis rassurée
En cuir souple et léger,
Je t’aime mon porte-monnaie !
Fabienne

Je le prends contre moi, bien entre mes cuisses. Confortablement il s’installe, il me laisse le positionner afin que je me sente à l’aise avec lui, que nous ne devenions plus qu’une entité.
Il ne dit mot, silencieux jusqu’à ce que ma main gauche empoigne délicatement le haut de son corps, ma main droite actionnant l’archer sur les quatre cordes magiques qui forment sa musique, de haut en bas telle une caresse sensuelle, il émet des sons voluptueux qui me transportent dans des transes dont lui seul a le secret !
Je viens de le découvrir et je sais, je le sens, je ne pourrais jamais plus m’en départir.
Je l’aime mon violoncelle !
Brigitte

2/ Exercice : le conte du pourquoi : pourquoi la mer est salée ?

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Une légende raconte que dans un très lointain passé, la mer ne contenait pas de sel mais un jour advint où la composition des flots fut définitivement modifiée.
Sur l’ordre implacable de Poséidon, toutes les sirènes furent chassées des empires sous-marins. A la place de leur élégante queue de poisson, elles découvrirent avec horreur que deux disgracieuses jambes leur poussaient au bas du corps. Point de retour possible !
Désormais, elles rejoindraient les bataillons de femmes qui peuplaient et repeuplaient la terre ferme. Leurs larmes intarissables vinrent gonfler les flots et donnèrent à la mer cette saveur si particulière qu’on lui connaît aujourd’hui.
Patricia

 

En ces temps-là, la mer était d’eau douce, c’était pratique pour faire boire les animaux ou pour aller chercher l’eau. Au bord d’une mer était une toute petite cabane où vivait une pauvre famille avec deux fils : Sylvestre et Stallone. Sylvestre était né avec la bouche ouverte et l’on supposa que toute son intelligence était partie par là car il était bête et méchant. Stallone quant à lui, était gentil et surtout très malin. Un jour, Stallone rencontra un nain qui mourrait de faim. Il l’invita tout naturellement à partager leur maigre pitance. Le nain apprécia le repas frugal, mais le trouva néanmoins sans saveur car ces pauvres paysans n’avaient pas les moyens d’acheter du sel, denrée rare et fort chère à  l’époque. Repu et touché d’avoir été invité par ces gens qui n’avaient pas grand-chose, il décida de les récompenser en leur offrant un moulin magique, capable de moudre du sel, car ce nain-là était un magicien. Il en expliqua le fonctionnement à Stallone, seul capable de comprendre. Il lui dit :
-  Si tu veux du sel, tu dois prononcer ces paroles magiques : « Abracadabra, du sel tu me donneras ! » mais pour l’arrêter n’oublie pas, tu diras « Abracadabra, arrêtez-tu dois ! »
Stallone remercia vivement le nain et commença à faire marcher le moulin qui donna du sel, qu’il revendit au marché et avec lequel il put acheter tout ce qui manquait dans la maison qui prospéra. La maman était très reconnaissante à son fils de leur avoir procuré un tel bien-être. Sylvestre par contre était très jaloux de son frère qui possédait un objet si précieux. Il décida de lui voler. Il courut jusqu’au bord de la mer pour que personne ne le voit et commença à dire la phrase magique : « Abracadabra, du sel tu me donneras ! ». Le moulin commença à faire son office, et donna du sel, beaucoup de sel… beaucoup trop de sel, mais Sylvestre qui avait déjà oublié la phrase pour arrêter cet objet infernal, décida de le jeter dans la mer. Le moulin continue toujours à moudre du sel car personne n’a pu l’arrêter, c’est pour ça que désormais la mer est salée.
Fabienne

3/ Exercice : Avec le temps…

Photo LNC

Photo LNC

Avec le temps qu’il fait aujourd’hui
On a du mal à penser que samedi
C’était le déluge, les grandes eaux
Et qu’on a failli y laisser sa peau
Fabienne

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Avec le temps,
On dit qu’on s’assagit,
Que parfois on grossit,
Que les cheveux blanchis
Mesurent nos soucis.

Avec le temps,
Les rides sous nos yeux
Sont un amer aveu
On perd dents et cheveux,
On renonce à ses vœux.

Avec le temps,
Les amours qui pâlissent
Ont perdu leur cilice.
On se dit que tout glisse
Et on meurt sans malice.
Patricia

L’on dit qu’avec le temps tout s’arrange, tout s’apaise. Je n’en suis pas certaine mais le temps passe sans revenir et suivre sa cadence n’est pas aisée.
Il m’est arrivé de lui demander de s’arrêter, hélas, il ne m’a pas écouté, ainsi le temps du bonheur a filé en coup de vent, un vent violent et rebelle !
Maintenant, j’essaie de le gérer ce temps indocile, une épreuve sans fin, il court si vite et moi, il m’en manque. La faucheuse me nargue, elle n’a cure de mon désir de prendre le temps !
Ainsi, je le prie ; « va et dis-lui que je l’aime !
Brigitte

7 mai, 2016

Atelier du 2 mai 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:10

DEVOIR : Inventer une origine à l’expression :

« Coûter la peau des fesses »

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La céramique a toujours évoqué l’histoire culturelle de Fès. Qu’elle soit bleue ou polychrome, elle était mondialement connue. Les mains habiles des artisans façonnaient jarres, pots, gargoulettes, assiettes, jattes, brûle-parfum, sans oublier les fameuses lampes à huile.
Dans sa médina, Fès  accueillaient les plus habiles potiers. Bachir était l’un d’eux. Il avait acquis une solide technique du maître artisan qui l’avait formé et avait désormais une petite échoppe.
Dans son arrière-boutique, il mélangeait avec minutie le bleu de cobalt et d’autres ingrédients secrets, connu de lui seul pour obtenir ce bleu si particulier.
Dans la médina, tous les artisans avaient leur secret pour obtenir ce bleu. Et tout le monde en vendait, si bien qu’à la fin, la porcelaine ne valait plus grand-chose.
Bachir se rendit compte que s’il voulait continuer à prospérer, il allait devoir se spécialiser dans une autre production. Alors, il se mit à réfléchir quel type de produits il pourrait présenter.
Il était passionné par les oiseaux et plus particulièrement par les nombreuses espèces de canards du Maroc. Il les observa longtemps. Il se dit qu’il tenait là son idée. Il se mit donc à fabriquer des appeaux. Mais pas des appeaux ordinaires. Il les fabriqua en bois précieux, comme des objets d’art. Ces appeaux imitaient si bien le chant des oiseaux qu’ils furent bientôt connus des chasseurs de toutes les contrées. Ceux-ci se disputaient ses réalisations. A tel point que les prix grimpèrent en flèche.
Ainsi, dès que quelque chose coûtait cher, on prit l’habitude de dire : « mais ça coûte l’appeau de Fès », rapidement devenu, grâce au bon sens populaire, « la peau des fesses ».
Fabienne

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En des temps immémoriaux, dans la Chine ancienne, la très vieille impératrice Wu se lamentait auprès de son conseiller Chao :
– Dans ma jeunesse j’étais belle comme un astre au firmament et aujourd’hui je suis ridée comme une pomme d’hiver oubliée dans une cave… Mais mon cœur est resté adolescent et il se languit d’amour pour le jeune et noble Li. Tout mon corps frémit à l’idée des caresses dont il le couvrirait et je suis transparente à ses yeux. Fais quelque chose, je t’en conjure ! Et n’oublie pas que je peux te faire couper la tête…
Chao tenait beaucoup à cette partie de son corps et ne souhaitait pas qu’elle se désolidarise du reste, aussi convoqua-t-il le célèbre médecin Wang à qui il soumit le challenge. Il termina par ces mots :
– Et n’oublie pas que je peux te faire couper la tête…
Wang tenait beaucoup à cette partie de son corps et ne souhaitait pas qu’elle se désolidarise du reste, alors il fit le tour de tous les savants du royaume à qui il soumit le challenge. Comme il fallait les inciter à collaborer, il ne manquait pas de terminer son discours par ces mots :
– Et n’oublie pas que je peux te faire couper la tête…
Cela porta ses fruits.
L’un d’entre eux, le vieux Pi, lui fit une révélation : la peau des fesses d’une jeune vierge est si douce, si lisse, si imberbe qu’elle ne flétrit jamais. C’est le prince Liu qui l’avait rapporté dans ses mémoires. A la tête de son  armée de cruels guerriers, il avait envahi le monastère d’Urumqi et violé toutes les nonnes. Même la plus âgée d’entre elles, qui avait bien 80 ans, avait un derrière d’une douceur incomparable. C’est le mariage qui flétrit les femmes, c’est bien connu…
Si un médecin est assez habile pour greffer la peau d’une vierge consentante sur le visage de l’impératrice, elle retrouvera sa beauté perdue. Le vieux Pi insista sur ce point : la moindre violence, physique ou verbale produirait un stress qui risquerait d’avoir un effet désastreux sur la peau délicate des fesses de la demoiselle.
Trouver une vraie vierge fut déjà un peu difficile et la persuader de se faire scalper cette partie intime de son anatomie plus encore ! On ne la menaça pas de la priver de la partie haute de son corps, on lui proposa de l’argent. Beaucoup d’argent.
Ce qui fut dit fut fait. La demoiselle passa entre les mains du chirurgien, perdit la peau de ses fesses et gagna de quoi acheter une belle maison et un beau mari. Quand on lui demandait comment une pauvre fille comme elle avait réussi ce tour de force, elle répondait simplement :
– Ça m’a coûté la peau des fesses ! (Je vous épargne la VO en chinois ancien)

Et l’expression est restée.

PS 1 : aujourd’hui on entend parfois de jeunes hommes employer l’expression « coûter la peau des couilles » dans la même acception. Il va sans dire que c’est un non sens ! Comment imaginer en effet qu’un éminent savant chinois eût pu conseiller qu’on greffât la peau fripée de ces organes masculins sur le visage d’une impératrice déjà ridée comme une vieille pomme ?
PS 2 : de nombreuses questions demeurent sans réponse : la peau des fesses de la demoiselle repoussa-t-elle ? Si non, comment s’accommoda-t-elle de son infirmité ? La greffe réussit-elle sur l’impératrice ? Si oui, combien de temps dura le miracle du rajeunissement ? Le noble et beau Li devint-il son amant ? Et combien de temps dura cet amour ?
Si vous voulez vraiment le savoir, inventez-le !
Huguette

Comme souvent les uns ont toujours tort et les autres n’ont jamais raison, je ne vais pas me risquer à vous fournir une explication erronée de l’origine de cette expression.
Toutefois, il me semble que quelque chose qui coûte la peau des fesses a une grande valeur, à l’instar de quelque chose qui vaut peau de balles ou la peau des testicules (ou des couilles), c’est à dire rien ; sauf peut-être pour le propriétaire…
On dit aussi d’une chose de grande valeur qu’elle coûte les yeux de la tête, c’est peut-être pour cette raison que certains ont une tête de cul… Heureusement, nous ne sommes pas responsables de la tête qu’on a mais simplement de la tête qu’on fait. Cependant, certains ont recours à la chirurgie, mais dans la plupart des cas pas toujours possible, ou alors très coûteuse. D’ailleurs, une opération des fesses n’est pas donnée, mais pour devenir « faux-cul » il n’y parfois pas de prix !!!
Aussi, permettez-moi de vous demander pour combien me céderiez-vous la peau de vos fesses ?
Dans tous les cas je suis preneur car j’ai vendu la mienne, la peau des fesses certes, mais je me rends compte maintenant combien elle m’était précieuse !!!
Je tenais absolument à préciser la raison de ma question, parce que si j’en avais encore, de cette peau là, une telle question m’aurait mis sur le cul…
Julien

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 La peau des f…

Mon nom pourrait bien être Argento CODICIO, plus connu depuis quelques années sous le label El Chanchero. Tout ce que je vais vous raconter est vrai la pure vérité, craché, vomi. Je suis né en Argentine, à Buenos traficos, banlieue nord-est de Plata, près du fleuve du même nom. Ma date de naissance ne vous regarde pas. A l’aube de mes 16 ans, ma famille a été expulsée. J’avais affiché une photographie en poster du Che dans ma chambre au sous-sol, le cellier en fait. Il fixait de son œil de velours les copines que j’allongeais sur le lit de camp. Cela m’était d’une grande aide, gracias compagnero ! Je vis actuellement au Nicostador, pays d’Amérique marginale dont la capitale et seule ville digne de ce nom est San Panada. Je vous laisse deviner pourquoi on lui met des cierges. Cette belle cité est peuplée de 3 600 000 âmes damnées et 1000 milliards de moustiques véhiculant toutes les arboviroses mondialisées. Nous avons aussi tiques, puces, poux, punaises, moucherons suceurs et taons, tous vecteurs de fièvres sanglantes qui nous servent de planning familial. Mais la véritable fièvre furieuse de cette contrée est la fièvre jaune, du métal jaune et succédanés. Ainsi, la criminalité est plus déchainée que sur Mars, souvenez-vous de Mars attaque. Ces légers inconvénients m’ont amené à acheter une île proche du port, à 15 milles nautiques. Son doux nom est Tranquilo Cul (prononcez cool) et en effet, j’y coule des jours paisibles. Cet îlot a la forme d’un coco-fesse géant contrefaisant ceux de Praslin. Je vis donc sur la plus grosse graine du monde : un « cul de négresse ». Devant ma maisonnette, la seule de l’île, et ses 22 chambres (j’ai beaucoup d’amies), git une plage de sable farine, à courbure douce, qui contemple sans se lasser 5000 milles d’océan Pacifique. Je l’ai bâtie sur la fesse gauche en regardant les flots, cela porte bonheur. Si j’ai pu faire l’acquisition de cette petite terre bien située c’est que, somme toute, je suis à l’aise. Ma petite industrie, comme dit la chanson, a débuté il y a à peu près vingt ans.
C’est Ivo qui m’a inspiré. Si, si, Mesdames, vous le connaissez toutes. C’est le chirurgien qui vous refait si belle qu’après votre mari n’est ni assez beau ni assez riche pour vous garder. Finalement c’est lui qui est refait ! J’ai rencontré maintes fois Pitanguy, dans sa clinique ou lors de congrès. Malgré son sourire affable, je voyais bien qu’il écourtait nos entrevues publiques. Les rares longs échanges ont eu lieu en tête à tête sous sa véranda. Les glaçons grelottaient noyés dans la cachaça Engenho da Vertente, transparente, douce, huileuse, épicée, à l’arrière goût de citron vert. Je n’ai pas la prétention de donner un avis sur le chirurgien et ses nombreuses techniques innovantes. J’admire chapeau bas l’homme, sa réussite, son île. Je l’entends encore déclamer une de ses prosopopées favorites : je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre. Depuis m’acculturant, j’ai accompagné Léo Ferré chantant Baudelaire, subi la puissante statuaire de Rodin. Cette femme, la Beauté, jetée sur l’épaule large d’un forcené lui mettant la main à la fesse gauche, encore.
Un peu d’histoire d’abord, de mon histoire, pour comprendre comment j’en suis arrivé là. Mes études médicales ont été un franc succès. Mes seules rencontres, cependant nombreuses et fort sympathiques, avec mes professeurs de fac ont eu lieu dans les bars et les lieux de carambolages de la Plaza de la Victoria. Ceci m’a permis d’obtenir des notes correctes aux examens pour lesquels je ne me déplaçais que pour signer la feuille de présence. Les dernières années l’appariteur, roi du no-limit, connaissait ma signature. Au bout de sept ans, une de plus que les autres quand même, un jury spécial s’est réuni à la Casa Agosto, face à la vieille fac. La délibération a nécessité une douzaine de tournées et dans l’allégresse générale le diplôme de Médico m’a été décerné, à condition que cela reste secret et que je n’exerce pas… ou peu. Dans ce dernier cas je ne pratiquerais qu’avec l’avis et l’accord d’un directeur d’inconscience, le professeur Borrachon, le meilleur au billard américain. Ces belles journées et nuits estudiantines nécessitaient quelque dinero. J’avais donc dès la première année, accepté le boulot d’aide prosecteur au département d’Anatomie incomparable de l’Université, pistonné par mes amis. Pendant de longues années, hors vacances universitaires, je me pointais à la morgue, sitôt  4 heures, chaque matin ouvrable, pour préparer les corps avant le début des cours de dissection, vers 9 heures. Après ma nuit de bamboula, dès la rue pavée longeant la fac. je sentais le formol, l’ammoniaque et autres nettoyants émétiques. De ces jours, je ne prends plus de petit déjeuner. Nous étions deux esclaves dans ce sous-sol éclairé au néon. Notre maître prosecteur (il tenait à ce titre unique dans le pays) nous avait embauché le même jour. Neces et moi Argento, aurions de façon ferme et définitive, des rôles définis comme suit : par moitié, pour la cinquantaine de corps allongés sur les paillasses, il apprêterait le côté face, les yeux dans les yeux, et moi le côté pile, le dos. Tout de suite je me réjouis de ne pas affronter le regard de ces morts-vivants dont la plupart avaient les paupières ouvertes et pleuraient le formol. Selon un protocole immuable et précis il fallait, après avoir bien placé le corps et ses membres allongés, effectuer certaines incisions. Je vous en passe le détail mais les plus profondes, verticales, étaient sur les fesses qu’il fallait de surcroit dégraisser pour montrer les magnifiques muscles glutéaux et le tenseur du fascia lata. Chaque jour, sauf le dimanche, arrivaient de nouvelles dépouilles qui remplaçaient celles hachées menu par les carabins. Ainsi, j’en ai vu  des postérieurs et la quantité de lard à enlever m’a toujours étonné. La mafia locale, les Maras, fournissait tant de cadavres que nous faisions un tri avec parfois de très bonnes surprises comme des strip-teaseuses, des cougars, des shemale, des hermaphrodites, des culs de jatte. On le devine aisément, une fesse morte de longtemps, s’affaisse. Néanmoins il n’y a pas deux fesses semblables et la symétrie parfaite n’existe pas même pour Vénus sortant de l’eau, à reculons. Le protocole invariable de la dissection devait tenir compte de cet état de fait. Et, ce qui  aurait pu paraître fastidieux devint très vite un sujet d’étude infiniment varié, amusant, pour tout dire passionnant. Ceci confirme que l’un des grands sujets de distraction des hommes reste le derche. Croyez-moi, je suis devenu un grand expert des miches. Remarquable par le nombre, calculez avec moi : 3 nouveaux sujets par jour = 6 fesses, x par 5 jours ouvrables = 30, pour 35 semaines par an = 1050, tout cela pendant 10 ans et on arrive au total faramineux de plus de 10000 fesses répertoriées. Remarquable aussi par la biodiversité : âge, surpoids, maladies, je vous passe les vergetures profondes, furonculoses, hidrosadénites, fibromes, lipomes, échecs de la chirurgie plasticienne souvent pires que les maladies : chutes d’implants avec fesse au plancher, cicatrices en rail de chemin de fer.
Je peux vous détailler un arrière train comme un boucher vous cisèle une carcasse.  Quelles sont les qualités d’une fesse ?
- sa hauteur, le critère moderne,
- son tonus comme chez la hottentote jeune, (chez la hottentote vieille plus rien n’est ferme, c’est le contraire de la mimolette vieille)
- sa projection antéro-postérieure, en gros ce qui remplit le pantalon ou vous oblige à prendre trois tailles plus grand,
- sa dépression latérale, là où il n’y a pas de muscle saillant mais où la graisse se loge très facilement si on se laisse aller, le sillon intra-fessier avec son fameux V en direction des fossettes de Vénus,
- le degré de cambrure variable selon l’ethnie ou l’attitude.

A la trentaine, me voilà donc nanti d’un diplôme professionnel douteux et d’une expérience scientifique indubitable. En proie à une réflexion intense quant à mon destin, assis chez moi dans mon fauteuil de cuir préféré, je me redresse et des bras, et fais le geste pastoral de la supination, paumes vers le haut et l’avant, pour que vienne sur moi l’idée forte. A ce moment Lucia Hermosa, qui me fait le repassage et quelques autres tâches familières, traverse mon champ de vision. A près de 50 ans cette métis ghanéenne rondelette porte toujours ses shorts mini qui ne peuvent tout contenir. Elle me tourne le dos et l’illumination surgit. A distance, mes mains se portent en avant dans sa direction pour remonter ce qui est encore possible, et avant tout le moral. Ma voie est tracée : je serai tailleur de croupe. La dénomination de croupier est déjà prise. Remodeleur d’arrière-train, rehausseur de popotin, liftier du panier, dérideur de fesses : le plus difficile selon Brassens. Ensuite trouver un lieu d’exercice. Là, coup de chance : le gouvernement d’extrême populisme a fait voter l’extermination des chiens pour raison d’indécrotabilité urbaine. Une clinique vétérinaire ultramoderne qui venait de s’ouvrir s’est vendue pour une bouchée de pain. Me voilà installé avec locaux, matériel et personnel : tout à neuf. Puis attirer le chaland. D’abord définir mon travail : la fesse et uniquement la fesse mais pas d’autre chose que la réduction et la plastie chirurgicale, un bon p’tit coup de remontant, la cicatrice dans le string. Pas de liposuccion ni de lipofilling. Pas d’autres parties du corps, même si elles tombent de haut. Ensuite articuler un prix : 5000 euros par fesse, on me demande rarement une seule. Résultat garanti par rapport au devis 3D. C’est peau de balle. Non ça c’est en face si j’ose dire. Enfin me faire de la publicité. Pour le coup, le professeur Borrachon et ses collègues ont été très chics. En souvenir de nos belles années d’études et du respect strict de mes promesses, ils ont rameuté toutes leurs femmes, maîtresses, copines et même collègues. En six mois mon carnet de commandes, pardon de rendez-vous, était complet. Le fesse à oreille a fait le reste. A raison d’une fesse par demi-heure, 8 heures de travail par jour, 4 jours par semaine, 40 semaines par an, calculez et vous comprendrez qu’à près de 13 millions d’euros par an je peux m’acheter un archipel. Au Nicostador nous n’avons pas d’impôt pour les très riches, je ne sais pas chez vous. Nous appelons cela l’optimisation démocratique. Moi je ne vote pas, ce sont toujours les mêmes qui sont élus, et je ne paye pas de taxes. Les pauvres eux ont droit aux deux, vote et taxes.
Il y a eu un événement que je n’avais pas anticipé. Et pourtant. Dès ma tendre enfance, ma douce marâtre, la coquine de mon père,  avait bien cerné ma personnalité perverse. Le diagnostic foudroyant de perversité narcissique n’était pas encore élaboré à l’époque sinon elle me l’aurait collé à la glu. A posteriori, je lui donne raison mais dans le cas qui nous occupe, il s’agit d’une bonne et même d’une délicieuse perversion. L’idée m’est venue très naturellement en terrasse de l’Enfermera Caliente, le bar situé en face de la clinique. Pour une fois seul, je lampais une pinte en dégustant mes chicharrones favoris. Vous connaissez certainement. Mais si, c’est l’équivalent sans maigre de vos grattons ou rillons. Dans vos contrées, vous pouvez les faire avec la peau de l’oie, du canard, du poulet mais nous, nous les faisons principalement avec nos cochons, noirs selon mon goût. Ma façon préférée : on fait sécher plusieurs jours au soleil la couenne dégraissée jusqu’à dessiccation complète. On découpe soit en petits rectangles (un gros timbre), soit mieux, en lanières de un centimètre de large sur cinq de long et l’on fait frire dix à vingt secondes. Si vous voulez le top demandez ceux qui ont un aspect soufflé avec la peau craquante très légèrement sucrée avec un peu de miel au pinceau ou bien colorée au piment d’Espelette. Pour obtenir la peau soufflée, il suffit d’ajouter un peu d’eau salée avant la friture. En quémandant ma deuxième assiettée, je me suis dit : Caramba, j’avais trouvé l’usage pour ma centaine de kilogrammes de couenne fessière collectée chaque semaine. L’après-midi je filais au labo récupérer un des paquets que nous mettions au congélateur avant de les incinérer. Rentré chez moi, j’ai attentivement dégraissé ces cinq kilos, coupé la peau en lanières et mis une semaine au frigo pour les sécher. Au soleil cela aurait été meilleur mais imprudent. On aurait pu m’en demander l’origine et je tue rarement le cochon. Le dimanche suivant, première fricassée et première dégustation. Serait-ce l’interdit, la transgression, je ressentis dans tout mon corps  une formication, une horripilation, un délice. Le soir, j’invitais quelques copains pour le match de foot. Sur la table basse je disposais quelques bouteilles de Bri-Bri, la bière artisanale locale et mon chicharron especial. Les dix livres y sont passées avec les félicitations du jury. Vingt ans que cela ne m’était pas arrivé ! Le lendemain, j’informais donc le personnel du bloc opératoire que pour des raisons de sécurité et d’écologie je prendrais en charge les résidus de découpe moi-même et exclusivement. lors de ma consultation pré-opératoire, de façon à obtenir la guérison de la plupart de infections dermatologiques bénignes,  je prescrivais souvent des antibiotiques suivis d’une période de sevrage. Mais, je le confirme, comme pour le steak des gringos, la couenne aux bactéricides est moins goûteuse, du savon ! Il m’est aussi venu à l’idée de préparer quelques mois à l’avance certains futurs donateurs. Par des douches quotidiennes, des vêtements larges, une activité sportive modérée, pas de sexe anal, un régime alimentaire adapté, des massages à la bière japonaise, de la musique classique, on se serait cru à Kobé.  Les incontinents se voyaient refuser mes services pour des raisons évidentes de pollution : les protections hygiéniques sont toutes fabriquées en Chine. Par contre certains patients, car je numérotais leurs abattis, m’apportèrent des satisfactions dignes d’Apicius. Je pense à ce Mexicain élevé au cœur de mescal Anejo distillé deux fois dans des vases en faïence. C’était comme si une troisième distillation avait eu lieu dans ses énormes fesses  de truand zapatiste. Sa couenne avait un goût végétal et un léger piquant oenolique mémorables. Et  Mère Cerda, supérieure du couvent des perruches qui m’offrit en action de graisse plus de 20 kilos de barde d’un moelleux extraordinaire. L’effet de son  bain hebdomadaire au lait d’ânesse fut divin. Je n’oublierai jamais, ma Mère, d’autant que toutes les nonnes psittacidés y  sont allées de leur gracieux don : comment cela s’est-il ébruité ? Les voies du seigneur… Bien sûr, j’ai opéré gracieusement ma fidèle camériste, Lucia Hermosissima, obtenant de petites rondelles noires parfumées à la truffe. Par contre, je déconseille les ronds de cuir, les camionneurs, les chauffeurs de taxi, les professeurs de faculté, les magistrats du siège et le pire : les cavaliers. Je ne parle même pas des jockeys dont il n’y a rien à tirer. Pour ces peaux tannées, enfin les moins dures, j’ai du utiliser d’autres recettes. Je ne résiste pas au plaisir de vous en expliquer une de mes favorites : aux carottes et aux algues façon chinoise. Enlever le gras. Rouler la peau et l’attacher en rouleau. Faire cuire au wok pendant une heure à feu doux avec ciboule, gingembre, cannelle, anis étoilé, cumin, poivre du Sichuan et sauce de soja. Réserver puis couper en lanières. Dans un wok propre préchauffé, à feu très vif, faire cuire trois minutes avec des fines lamelles de carottes, des algues chinoises, de la coriandre fraîche, de l’ail haché, un peu d’huile pimentée et un peu d’huile de sésame. Vous m’en direz des nouvelles ! Ah non ! Vous ne pourrez pas : vous n’avez pas la matière première. Qu’à cela ne tienne. J’ai ouvert à l’arrière de la clinique, un  tout  petit restaurant discret où vous pourriez apprécier une trentaine de recettes différentes de cette couenne mortelle. Vous comprendriez mieux cette expression populaire dont je me délecte : goûter la peau des fesses. Et promis, cela ne vous coûtera pas…
Bertrand

Ne vous y trompez pas, ce que vous voyez de mon postérieur n’a pas toujours été aussi proéminant, mes fesses ont connu un galbe plus rond et moins large mais de tout temps apprécié par mes amants qui n’ont vu en elles que le fantasme éblouissant de leurs désirs et d’aucuns vous diront que cela ne leur a jamais coûté plus que leur plaisir car la peau de mes fesses, douce et généreuse n’a jusqu’à ce jour eu plus d’ambition que la satisfaction mutuelle !
Brigitte


2/ Exercice
 : Et si….
Et si tout le monde avait la même tête ???

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Si tout le monde avait la même tête, ce serait plus facile. On plairait à tous les mecs (ou pas) et vice versa. Oui, mais voilà, les femmes étant les femmes, je suis sûre que cette chipie de Zahia, la « copine » de Vanessa ferait bien quelque chose pour se distinguer : elle pourrait, par exemple, se teindre les cheveux en rose. Ce serait tout à fait son style. Dès lors, elle serait différente des autres. Alors Vanessa, pour ne pas être en reste, se ferait faire un tatouage, sur la joue ! Zahia se ferait faire des grains de beauté sur la lèvre. Et Vanessa rallongerait ses cils. Zahia ferait une mammoplastie, évidemment ! Et Vanessa, une liposuccion ! Bref, elles en arriveraient, bien qu’ayant la même, tête à ne plus ressembler à rien du tout !!! C’est humain de vouloir se différencier.
Pour moi, la vraie beauté ne se voit pas avec les yeux et peu importe le visage, elle est dans l’âme et dans le cœur !
Fabienne

Tête de pion, petit rongeur d’Amérique du sud, pas vilain mais si tout le monde avait sa tête, on se ferait manger en civet et il ne resterait pas grand monde de vivant.
La tête dans la Lune, qu’elle est belle ma planète, toute ronde comme une brioche ou en croissant du matin, ce n’est pas Jean qui me contredirait, ni Pierrot qui en écrirait une nouvelle !
Ma tête à moi, ronde, jolie, sertie de cheveux argentés, unique en son genre sans parler de son contenu divers et copieux dont les secrets feraient pâlir le Bel-ami !
Bon bref comme dirait Pépin, n’ayant pas le temps de passer en revue toutes les têtes de ce monde, je vous pose la question : « et si tout le monde avait la même tête ? »
Laquelle choisiriez vous ?
Pour ma part étant satisfaite de la mienne, je la garde et je ne conçois une ressemblance qu’avec ma descendance directe !
Ainsi soit-elle ma tête à moi, ma caboche de rebelle !
Brigitte

 
3/ Exercice
 : Ne me quitte pas !

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T’as pas intérêt
A me quitter,
Sinon tu vas en chier,
Promis, juré.

La peau des fesses t’éplucherais
Le cœur t’arracherais,
Les mains te couperais,
Les yeux te crèverais,
La langue t’enlèverais

Si jamais te venait l’idée
Un jour de me quitter.
Mais tu ne peux pas t’en aller
Car de ma douceur, accro, tu es !
Fabienne

Ne me quitte pas, ne me quitte pas… C’est ce que le grand Jacques me dit et me répète sur tous les tons et les larmes dans la voix ! Il paraît qu’on peut oublier le temps des malentendus…
Ouais ! Mais moi j’ai une mémoire impeccable et je me souviendrai longtemps de ses mensonges, de sa lâcheté et de ses trahisons !
Il paraitrait qu’on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux… Tu parles d’une blague ! Son vieux volcan, bien sûr qu’il a rejailli, mais sur cette garce de Ginette, une fausse rousse bien dodue.
Et voilà-t-il pas qu’il m’assure que pour qu’un ciel flamboie il faudrait que le rouge et le noir s’épousent ? Mais où il va chercher ça ? C’est vrai qu’il rentrait souvent noir et qu’alors je voyais rouge, mais de là à s’épouser, il rêve, l’animal !
Huguette

Ne me quitte pas
Ô toi mon bel amour
Née pour être tienne
Je me dois d’exister

 Ne me quitte pas
Les étoiles pour témoins
Viens, enlaçons-nous
Fermons la porte à l’impossible

Ne me quitte pas
Faisons de nos différences
La plus grande des ferveurs
Sans jamais se lasser

 Ne me quitte pas
Un tel sentiment ne peut mourir
Voyageons vers l’éternité
Aimons-nous sans ambages

 Ne me quitte pas !
Brigitte

 

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