Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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5 avril, 2016

Atelier du 4 avril 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:40

petits bonheurs

DEVOIR : Elle était fatiguée, usée, n’avait plus de rêves ni d’espoir et n’arrivait même plus à apprécier la vie, quand dans le journal du jour, elle lut une annonce qui attira son attention : « Boutique des Petits Bonheurs », vend petits bonheurs en tous genres. Promotion sur les bonheurs du jour.
Malgré sa lassitude, elle décida de s’y rendre. Elle avait pris l’adresse avec elle mais chercha pendant un bon moment la boutique. Elle la trouva finalement au fond d’une impasse obscure et eut beaucoup de mal à imaginer qu’on puisse vendre du bonheur dans un tel environnement, plus propice à la misère et au désespoir.
Mais dès qu’elle eût poussé la porte, le carillon joyeux la fit un peu changer d’avis. Le magasin sentait bon les fleurs de printemps, au petit matin. Un vieux monsieur venu de l’arrière-boutique se présenta à elle. Tout chez lui était rond : son visage poupin aux multiples fossettes, sa bouche fendue d’un grand sourire, ses mains potelées et sa silhouette généreuse.
Son air réjoui l’agaça, elle qui n’avait plus goût à rien.
Etait-ce donc ça, le bonheur, un sourire béat sur une face ronde ? Certainement pas. De plus, elle croyait fortement que le bonheur terrestre n’était pas pour elle.
- Bonjour ma petite dame. Vous voulez donc acheter du bonheur ?
- Je ne crois pas que le bonheur puisse se vendre ou s’acheter. Mais dites-moi quels bonheurs avez-vous ?
- Les petits bonheurs du jour, en promotion. Il faut toujours commencer par-là : un sourire d’enfant, un coucher de soleil, un macaron caramel beurre salé….
- Arrêtez ! Ce ne sont pas des petits bonheurs, tout au plus de menus plaisirs !
-  Mais chère Madame, si vous n’arrivez même pas à apprécier un petit bonheur, vous n’en aurez jamais de grands ! Voyez-vous, le bonheur est un état d’esprit. Il suffit de le vouloir, une bonne fois pour toutes, pour être heureux. Arrêtez de geindre sur votre sort, ouvrez-vous aux autres, appréciez tout ce que vous vivez. Souriez pour rien, juste parce que vous êtes là, en vie.
Et maintenant, je vais vous dire le secret du bonheur : ce n’est pas tant d’être heureux qui est important mais bien le fait d’en prendre conscience.
Fabienne

 

Petit malheur du jour

Je viens de m’asseoir à cette table qui peut accueillir six personnes. Poliment, je vous le jure ; poliment, j‘ai demandé à cette femme  seule, encore jeune, si cela ne la dérangeait pas que je me place à l’autre bout du banc, face à la mer. Muette. J’ai lu la peur dans son regard. Elle s’est levée lentement, lourde de mon agression. Sa fuite erratique l’a menée à une table ensoleillée, cinquante mètres plus loin. Elle n’a pu y tenir que dix minutes. Elle a vu ma misanthropie. La haine que je secrète est sur ma peau comme un noir vêtement que je n’aurais pas lavé depuis des années. Je le porte jour et nuit, tunique de centaure exsudant, puant la détestation des autres, de tous les autres. C’est ma dernière fierté. La haine. Un film que j’ai réalisé moi-même, pour moi, moi seul. Une cuirasse de métal inoxydable qui ignore les clepsydres et les satellites de Pluton, qui vous poursuivra par delà votre tort, au delà de votre  mort. Vous l’avez bien compris : par cela et pour cela je suis immortel, violence passive. Je reste poli et clair, comme un bronze longtemps caressé, comme un Rembrandt qui ne serait plus qu’obscur.
Parmi les vous-autres, j’exècre les commerçants. Le volet roulant est leur gonfalon avec son vacarme de métal. Ils y mettent des cadenas de mépris pour protéger leurs étiquettes, leurs affaires de chiffres, leur ennui déchalandé, leur glandeur populiste.. Ces êtres n’ont plus de chair. Ils l’ont vendue lors des premiers mois quand ils ont perdu l’espoir d’une vie meilleure. Comme la peinture de leurs murs s’écaille. Comme leur sourire tient ave des élastiques. Moi je le sais. Faire risette est au mieux inutile, toujours insultant, papier cadeau de l’injure.
Ce matin, dans la gazette, j’ai lu cette petite annonce sans colère. Après deux pages de nécrologie pas besoin d’anxiolytique. Le malheur des survivants est bien épluché, prêt à être dégusté, comme la viande sous la selle du cavalier hun. Je la connaissais cette boutique de salades des petits bonheurs. La mère Marie Ange l’avait ouverte il y a six mois, guère plus. Et déjà les soldes ! Avec sa double tresse de cheveux blancs, la soixante-huitarde dégoulinante de bonté a du avaler ses cornettes de bonne sœur. Si elle vendait ses bonheurs petits, petits, c’est bien qu’elle n’avait pas pu trouver le grand. Cela me dégoûte. J’ai la phobie, je déteste l’empathie. Cette niaise tautologie universelle peut vous provoquer une guerre. Parce qu’un  salopard de photographe a mitraillé sur le corps d’un enfant ramené au rivage par le ressac de la misère, de la guerre, de la religion. Je  hais de tout mon fiel cette puissance de l’instant présent qui empêche tout acte de vraie bonté. Cette émotion écoeurante en forme de petit  bonheur du jour, de préférence avec selfie. Comment faire face, débuter une résilience si l’on s’en contente. Oui, je vous méprise, oui, vous les faces de bouc, les cui-cui d’oiseaux, oui, vous, les nouveaux penseurs du XXIème siècle.

Respire vieux con, ça y est, ils ont compris !
Bertrand

 

2/ Exercice : Une photo

serveur

COMMENTAIRE DE PHOTO D’UN MEC AYANT LE MELON

Diana m’avait quitté. Depuis longtemps, depuis toujours, depuis hier. D’abord je ne l’ai jamais aimée, vous pensez : vue à la télé ! Mais maintenant j’ai peur, de ne plus jamais la voir, lavoir, l’avoir, moi qui ne l’ai jamais eue. De votre part c’est trop simple. Expliquer mon désordre par ce désir permanent,  cette envie récurrente, ce flirt réprimé. Vous l’avez tous vu, à chaque épisode j’ai donné le change : mes œillades, mes pas de danse, mon parapluie qui se redresse, tous ces faux-airs, tous ces faux-fuyants. En fait, nous deux, c’était sado et maso, cuir et melon. A chaque clap de fin elle partait avec l’autre, enfin, un autre, enfin, les autres. This evening, at five o’clock, j’ai décidé de lui servir le thé, une dernière fois. OUI je sais, je m’enfonce.
Bertrand

Il avait toujours rêvé d’ouvrir un bar pour les sirènes qu’il aurait d’ailleurs appelé « Le bar des Sirènes ». Il en eut l’occasion lorsqu’il toucha l’héritage de son père qu’il avait tué, mais d’une façon tellement délicate que personne ne le soupçonnât…
Il ouvrit donc son bar, au fond de l’eau… Il voulait en faire un lieu sélect, branché, à la mode…
Mais il dut vite déchanter car, de sirènes, point ! Dans une atmosphère saturée de fumée de cigarettes, seuls quelques maquereaux tournaient autour des morues.
Fabienne


Par une fin d’après-midi de dimanche alors que je terminais ma promenade, je me suis arrêtée près de l’étang qui se situait au beau milieu de la forêt des « Ombres oubliées ».
Un peu lasse de tant cheminer, je décidai de m’arrêter un instant afin de profiter de ce paysage reposant et magnifique qui s’offrait à mon regard.
L’étang était limpide, sans remous, les hautes herbes bordant l’eau avaient l’air de spectatrices admirant un opéra si prenant qu’aucune tige ne bougeait.
Je fixai donc mes yeux plus près de l’eau et soudain, j’aperçus un homme en costume noir, chapeau melon sur une tête immobile, de dos et semblait-il, assis.
Un Aladin sur un tapis magique tenant à hauteur de son visage un plateau de « cup of tea » avec théière.
Très « english fashion », l’homme semblait en méditation profonde, sur sa droite, un petit héron se tenait debout aussi droit qu’un I, sans broncher voulant imiter le stoïcisme de son ami de passage venant partager un moment de détente dominical.
Vision qui me ravit et calma mon anxiété qui avait eu raison de cette promenade hors de la maison.
J’inscrivis  cette image dans l’ordinateur qu’est mon cerveau pour me la rappeler dans les moments difficiles et je me promettais de revenir pour trouver ce bien-être qui me fait tant défaut !
Brigitte

 

3/ Exercice : C’est une belle journée !

1pp

C’est une belle journée,
Qu’il a fait
Les oiseaux ont chanté,
Le soleil a brillé
Les gens étaient gais

C’est une belle journée
J’aurais pu l’apprécier
Si je n’avais pas été
Aussi démoralisée

C’est une belle journée,
Vraiment belle journée,
Pour en terminer
Avec cette vie à chier !
Fabienne

 

Historiette à dédicaces vaporeuses

 C’était une belle fin de journée. Cette vie de chien ne m’en réserve plus guère. Pas d’os à ronger, je me prends la pâtée plusieurs fois par jour, ma maitresse a depuis longtemps oublié ma promenade. Mais ce soir, un rayon de soleil, une embellie, un coin de ciel bleu,  puis rouge, puis orange, puis aubergine, puis bleu marine étoilé, un rayon vert, un baiser sur la commissure des lèvres, une petite fierté : je n’ai pas fumé cet après-midi.
Bertrand

 

C’est une belle journée, la dernière au pays… Je m’envole pour une vie nouvelle qui sera ce qu’elle sera mais je ferai en sorte que cette vie soit bien plus merveilleuse que celle passée et si Cupidon le veut, il nous transpercera le cœur si profondément que rien ni personne ne pourra séparer ce que l’univers a unit.
Je dois y croire.
Brigitte

Un 4 mots : niveau, mécanique, total et final

Lorsque le niveau de maltraitance est atteint,
Le stress de la victime manipulée atteint son paroxysme,
Vient ensuite le temps du réveil, le rejet est alors total,
Le désenchantement précède l’effondrement,  quid de sa liberté ?
La mécanique de l’amour de soi est alors doucement remise en route
Dégrippée, huilée, un toussotement se fait entendre,
A coup de grincements et de tiraillements,
Doucement sortir de l’ornière pour au final, repartir sur des chemins moins tortueux…
Karine

La mécanique de mon cœur a atteint un niveau élevé de pression émotionnelle qui s’emballe face à une totale dépendance au sentiment amoureux qui au final se désagrège aux tréfonds de l’enfer malgré la volonté d’y croire encore !
Brigitte

 

-  Tu n’as pas le niveau, tu n’iras jamais en finale, alors arrête de rouler des mécaniques, ça ne sert à rien. Je pense qu’au total tu es un parfait looser !
Fabienne

 

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