Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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26 avril, 2016

Atelier du 25 avril 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:18

DEVOIR : Un sandwich

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Le village s’éveilla dans la brume, l’humidité chevillée aux draps….
Il pleuvait depuis plusieurs semaines, un crachin triste à pleurer. Le jour ne se donnait même plus la peine de se lever.
Alex s’étira. Il avait mal partout. Quelques bleus étaient sortis çà et là, mais heureusement pas sur son visage. Il les planqua sous d’amples vêtements aux manches longues.
Il n’était pas en colère, il voulait simplement que ça s’arrête…  N’importe comment mais il faudrait que ça s’arrête, d’une façon ou d’une autre…  Sinon il ne tiendrait pas le coup.
Il sortit avant que sa mère ne s’éveillât, prit son vélo et, la peur au ventre partit pour le lycée. Comme tous les jours, il traversa le petit bois. Le vert des arbres se délitait dans la pluie matinale. Il n’aimait pas cet endroit. Il n’avait pas compris que sa mère y vînt s’enterrer avec lui après la mort de son père. Il semblait d’ailleurs que le village le leur rendît bien car depuis qu’ils étaient là, sa vie était un enfer : vexations, brimades, coups, racket… Il était devenu, bien malgré lui, le souffre-douleur de tous les jeunes bouseux du coin, menés par leur « grand chef » Max. Au début, Alex s’était dit que c’était sans doute la phobie de l’étranger et que ça s’arrêterait bientôt… Mais depuis quelques temps, un pas avait été franchi et il savait que tout cela se terminerait mal.
Il ne voulait rien dire : sa mère avait déjà bien du chagrin comme ça.
Il traversa la clairière heureusement vide. Peu après, il arriva au village, gara son vélo et entra dans la cour du lycée. Max était déjà là, entouré de toute « sa cour ». Alex passa près d’eux, indifférent en apparence. Mais un croche-pied le fit s’étendre de tout son long. Tous les lycéens se mirent à rire méchamment. Tous, sauf Marie qui leur dit que leurs jeux étaient débiles, dignes du CP. Alex se releva mais quand il voulut aller la remercier, elle lui tourna le dos. Il remarqua que Max était en train de l’engueuler. « Voilà une nouvelle journée qui commence bien, se dit-il ».
Tout au long des cours, il dut subir les sarcasmes des autres élèves, cautionnés, lui sembla-t-il par les profs. La dernière heure était un cours de maths, matière qu’il appréciait particulièrement, mais le niveau était tellement bas qu’il s’ennuyait ferme. Alors il se fit prendre par Monsieur Martin en train de dessiner. Lorsque le professeur, moqueur, montra à toute la classe l’œuvre d’Alex, tous reconnurent le visage de Marie. Il était puni et devrait rester plus tard. Marie fronçait les sourcils, l’air préoccupé.
Lorsque le jeune homme reprit son vélo, la cour était vide. Il poussa un soupir de soulagement. La punition avait été utile, finalement.
Il n’y voyait déjà presque plus lorsqu’il prit la direction du petit bois. Quand il arriva dans la clairière, son sang se glaça. Des ombres étaient là, à l’attendre. Il ne put les éviter et se prépara donc à recevoir une volée de coups. Mais curieusement, rien ne vint. Puis il vit Max qui poussait Marie devant lui. Elle avait les mains attachées et pleurait. Il se précipita vers elle mais des bras le maintinrent fermement.
Max alors le regarda, lui sourit puis embrassa Marie de force ; ses mains parcouraient le corps de la frêle jeune fille. Alex poussa un cri de fureur et échappa à ses tortionnaires. Il se précipita sur Max et lui envoya un coup de poing, le faisant tomber à terre. Les autres voulurent intervenir, mais Max les en dissuada. Il saignait de la bouche mais il continuait à sourire. Alex vit alors que le chef de bande avait sorti un couteau de sa poche. Il esquiva un coup mais pas assez rapidement et le couteau lui entailla le bras. Il fut déstabilisé et Max en profita pour le charger à nouveau. La clairière était devenue silencieuse. Tous étaient conscients que cette fois-ci, on ne jouait plus. Il faisait de plus en plus sombre et personne n’aurait su dire qui avait le dessus. Puis tout alla très vite. On entendit un cri, long, inhumain. Enfin, une silhouette se redressa. C’était Alex. Max ne souriait plus, il eut un regard étonné, baissa les yeux et vit le couteau fiché dans son abdomen. Une à une, les ombres quittèrent la clairière. Il ne resta bientôt plus que Marie, toujours attachée, et Alex. Ce dernier se pencha et vit son ennemi, le regard vide.
Il était assis sur le tronc cassé en biseau, comme un roi sur son trône, le dos appuyé contre ce qu’il restait d’écorce. Un roi terrifiant.
(Les 2 phrases du sandwich sont de M. Chattam «   Prédateurs« )
Fabienne


Le village s’éveilla dans la brume, l’humidité chevillée aux draps. Bali, sucrée et chaleureuse, tendait déjà ses larges feuilles à la caresse du soleil naissant. Cependant, point de quiétude ! Même la luxuriance de la végétation ne parvenait pas à étouffer la cacophonie d’une multitude d’oiseaux piailleurs.
Levées  dès les premières heures, des femmes gracieuses et faussement nonchalantes, installaient sur le seuil de leur maison, les offrandes matinales destinées aux dieux familiers ; ainsi, proches et habitation seraient efficacement protégés.  La vie, sereine mais active, effaçait peu à peu  la torpeur d’une nuit trop chaude.
Soudain, plus aucun chant d’oiseaux ! Un silence, troublant, anormal… puis, un grondement sourd qui enflait, enflait… Le sol se mit à vibrer, à trembler. Un souffle rauque s’échappait de la terre. Des crevasses petites, puis larges et profondes, vinrent trouer la nature enfiévrée et les frêles maisons, secouées par cette danse macabre, s’effondraient une à une.
Parmi les éléments déchaînés, des gémissements, des cris, des hurlements puis à nouveau, le silence, palpable et angoissant et la peur indicible d’une nouvelle salve.
Le cœur comme un tambour, Claire se releva  péniblement, et des yeux chercha vainement, Marc, sa moitié, son homme. Hier, il était enfin venu la rejoindre pour un court séjour. Tout d’abord, elle ne  vit qu’un amoncellement de décombres mais au bout de quelques pas elle reconnut son tee-shirt «  Nouvelle-Calédonie ». La respiration bloquée, elle s’approcha. Un étrange sourire sanglant crevait de part en part son visage déjà pâle.
Il était assis sur le tronc cassé en biseau comme un roi sur un trône, le dos appuyé contre ce qu’il restait d’écorce, un roi terrifiant !
Patricia


Le roi terrifiant

Le village s’éveilla dans la brume, l’humidité « chevillée » aux draps. Pardonnez-lui ! Pas plus que nombre d’entre vous, cet écrivain sur le tard, sans éditeur, inspecteur de conscience désagrégée, n’aime l’idée de cheviller, clouer, visser, riveter et encore moins boulonner la moiteur automnale.  Il n’est pas qu’en poésie que le mot cheville est abscons, sauf aux pauvres rimeurs. La brouillasse a imprégné le couchage parce qu’il ne s’y est pas allongé. A sa table de travail, Léo le vieux lion a réfléchi toute la nuit. Sur l’arête de ses pensées les vocables ont chuté de part et d’autre comme les avions de papier de son enfance, tournoyant, piquant du nez, atterrissant parfois en douceur. D’amour il aime les mots, depuis les lexèmes du sens jusqu’aux syntagmes de la marche à suivre. A son âge de grand-père il se sait encore inculte. Depuis plus d’un demi-siècle il voulait être le meilleur, le dévot de Devos.  Mais son orgueil le trahissait. Simple, il fallait être simple : les simples soignent. Savant philologue, il ne le serait jamais. Mais on lui brûlait sa langue au piment socialeux de certains ministres qui n’en pouvaient plus de s’appeler Lang.  Il aurait, de loin, préféré une fête de la musique des mots, chacun sortant dans la rue avec son instrument à la main, une plume d’oie du plus bel effet à l’encre de couleur. Il aurait fait une saillie, cette sentence qui le flattait toujours, comme un sabre de plaisir libérant le champagne des lettres. On lui volait sa culture, celle de sa campagne, celle de ses campagnes. De son certificat d’études à Cahors, la ville où les R comptent triple, de son brevet d’études supérieures l’année suivante, de ses deux bacs qui lui firent, par aventure, traverser la Garonne à Toulouse. Ses études supérieures, son travail sur le site Louis Breguet de l’aérospatiale l’avaient rendu esclave des sigles, abréviations, acronymes et des anglicismes. Lui qui faisait encore ses délices des monogrammes brodés par ses aïeules, des enluminures bibliques. Et vint ce troisième millénaire, celui de la persécution, celui où  l’on coupe la langue pour que ne persiste qu’un langage râpeux.
Il prit alors l’habitude sévère des nuits presque blanches éclairées  tantôt par la lecture des recueils des siècles des siècles tantôt par l’effort monastique du style. Du fond de sa caverne, scandalisé, il vit l’appauvrissement où l’on décrétait simplification, le nivellement par le bas où l’on louait la compréhension par tous, la francophonie réduite à une sorte de Québec qu’on ne libérera jamais. Chaque Réforme aura donc sa Saint -Barthélémy, ce Barthélémy apôtre, martyre écorché vif, dont un des attributs est le livre. Et maintenant, poliment, les mots se découvrent de leurs chapeaux circonflexes. Pâmer cousine ramer, relâche mime relaxe, lame nettoie l’âme, mûrir approche surir, goulûment n’avale plus que voracement et plutôt retourne chez Disney. Le mois dernier, presque par hasard et il en avait honte, il avait enfin compris l’amuïssement d’une lettre. Fallait-il l’expliquer à son arrière-petite-fille ? Le cadurcien avait trop le goût de la feste. Son sang épais était comme le vin noir chanté par Clément Marot. Une sainte colère le prit, celle qui dorénavant lui provoquait cette douleur sordide dans la poitrine. Il sortit au  jardin dans la lumière fraîche du soleil levant. Quand la gouvernante vêtue de noir vint le chercher pour le petit déjeuner, il était assis sur le tronc coupé en biseau, comme un roi sur son trône, appuyé sur ce qu’il restait d’écorce, un roi terrifiant.
Bertrand

2pp

Le village s’éveilla dans la brume, l’humidité chevillée aux draps…
Un vent frais courait sur la berge. Les premières lueurs du jour laissaient deviner le pont égayé de centaines de guirlandes de drapeaux de prières dansant dans les rafales.
Sur la place centrale, à l’aspect coutumier, une petite foule rôdait autour des échoppes tout juste ouvertes de quelques marchands ambulants.
Depuis peu, les gens ne s’attardaient guère dans les parages, comme si le cœur n’y était pas vraiment. Juste le temps d’une tournée rapide, avant de repartir comme pour fuir une indistincte force négative.
Des incertitudes planaient de façon presque palpable comme des nuages au-dessus du village. L’impression d’une attente informulée s’instaurait et semblait se prolonger jour après jour, nourrie de rumeurs invérifiables et incontrôlables.
Voilà près d’un mois déjà, Migmar le barbare et toute sa horde de bandits sanguinaires sévissaient dans le secteur. En marche vers l’ouest, ils pillaient et ravageaient tout sans pitié sur leur passage.
Les villageois le savaient bien, leur petit bourg ne serait point épargné de par sa position géographique coïncidant parfaitement avec le sens de progression de la marée meurtrière menée par ces brigands sans scrupules. La nervosité était à son comble, l’anxiété montait parmi la population impuissante.
Au bout de quelques heures, d’épais nuages s’accumulèrent dans le ciel, l’air était chargé d’humidité. Soudain le temps maussade plongea l’intérieur de la place dans une pénombre douce et mélancolique. L’air chaud et étouffant sentait l’orage. Il éclata enfin, le tonnerre grondant sourdement. Les premières gouttes apparurent, d’abord éparses et chaudes, puis très vite elle s’intensifièrent, et la pluie tomba en trombes.
Les habitants se mirent à courir en tout sens afin de trouver refuge. Un éclair plus violent et plus long que les précédents révéla une vision d’horreur collective justifiant un mouvement de panique générale.
Il était assis sur le tronc cassé en biseau, comme un roi sur son trône, le dos appuyé contre ce qu’il restait d’écorce. Un roi terrifiant.
Julien

3pp

Le village s’éveilla dans la brume,  l’humidité chevillée aux draps.
Au pied du mont Shan se trouvait un hameau. Un lettré du nom de Tchouan tentait de noyer son chagrin à grande rasade d’alcool de riz.
Il écrivait un poème d’amour à la princesse de jade qui célébrerait ses noces dans cinq jours avec le roi Ling.
Tchouan était désespéré, il était tombé amoureux de la princesse. Pendant tout le printemps, il lui avait enseigné la calligraphie !
Au fil des heures et des jours il avait eu le loisir de contempler sa chevelure de soie, ses traits si fins et sa bouche vermillon qui lui inspirait tant de désirs. La passion de cet amour interdit le brûlait nuit et jour et le rendait littéralement fou !
Alors cette nuit de pleine lune, ne pouvant trouver le sommeil, il trouva la solution de ce nœud gordien, il prendrait la place du roi Ling :
- Dès ce soir, je subtiliserai son corps grâce à la magie noire, je verserai dans son verre de l’élixir magique à l’extrait de bave de dragon.
Il était assis sur le tronc cassé en biseau, comme un roi sur son trône,  le dos appuyé contre cet qu’il restait d’écorce.  Un roi terrifiant !
Karine

 

2/ Exercice : Il attirait les chats, sans savoir pourquoi…

chats

Depuis qu’il était tout petit, Arnaud ne pouvait mettre un pied dans la rue sans qu’un chat, puis deux, puis trois, …  puis tous les chats du village le suivent. Chose qu’il n’arrivait pas à s’expliquer.
Sa maman qui était très gentille et qui était maintenant au ciel disait que c’était parce qu’il était un ange. Et que c’est bien connu, les chats adorent les anges.
Les commères du quartier disaient que c’était parce qu’il sentait le poisson. Et que les chats adorent le poisson.
Les paysans alentour disaient que c’était parce qu’il avait des rats dans ses poches et que les chats adorent les rats.
L’épicier du village disait que c’était parce qu’il amenait toujours du lait avec lui et qu’on sait bien que les chats adorent le lait.
Enfin, la bonne du curé disait qu’il était le diable et c’est bien connu, les chats sont les succubes du diable.
Mais Arnaud n’était rien de tout cela. Et il n’écoutait jamais ce qu’on disait de lui, car il n’aurait pas compris. Non, Lui il adorait simplement les chats… bien cuits !
Fabienne

Il ne supportait plus la foule, préférant effectuer de longues retraites loin de la ville grouillante de gens qui venaient le solliciter sans relâche.
Il aimait se retrouver  dans ce petit coin de nature où rien ne pouvait prêter à la confusion mentale. Seul dans ce paysage, l’acidité de sa solitude se transformait en miel affectif qui se répandait sur toutes les créatures. Il pouvait entretenir une conversation amicale avec les êtres vivants qui l’entourait.
Répétant souvent ce genre d’expérience il finit par ne plus regarder les bêtes et les plantes du même oeil. Son rapport à eux avait également évolué, maintenant il attirait les chats sans savoir pourquoi…
Julien

C’est bien la première fois que l’on voyait un tel spectacle.
Des quatre coins du village, les chats se donnaient tous rendez-vous au même endroit, quels que soient l’heure et le temps qu’il faisait.
Les pattes dans la boue, peu leur importait : ils devaient Lui rendre visite, au moins une fois par jour.
Quand ils arrivaient devant Lui, ils faisaient un cercle d’honneur, et se frottaient contre son bas de pantalon, en ronronnant.
On n’avait jamais vu un épouvantail avoir un tel succès !
Un jour, on eut le fin mot de l’histoire.
L’épouvantail était revêtu des habits d’un bienfaiteur qui avait recueilli tout au long de sa vie les chats errants, cabossés, éclopés. Il les avait chouchoutés et veillé sur eux comme la prunelle de ses yeux.
Après sa mort, les chats n’oublièrent pas leur bienfaiteur, et ils lui rendirent les millions de caresses et de bons soins qu’il leur avait prodigués, du temps de son vivant, sans jamais rien leur demander en échange.
Marie-Pierre

 El Gato

Dans la brume humide du soir, El Gato se relevait de sa terrible chute. Il se souvenait à peine de son escalade jusqu’au faîte du vieux platane qui paradait  devant sa maison. A posteriori, il ne trouvait pas prudent d’être monté  près de vingt-cinq mètres de hauteur. Mais chez lui c’était incoercible.  Il fallait qu’il grimpe. Ce beau septuagénaire aux yeux dorés en amande, à la pupille quasi verticale avait une vue de lynx, jamais de lunettes. Léger comme un voltigeur, il mangeait peu, une sardine de ci de là, quelques herbes choisies, une souris d’agneau une fois par semaine et son verre de lait biquotidien, dont il se pourléchait la moustache espagnole. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait une telle chute. Mais à chaque fois, probablement grâce à son poids plume, il retombait sur ses pieds. La douleur était là, bien sûr. Au bout de quelques minutes, il repartait de son pas souple, chaloupé et silencieux. En approchant de sa maison les félins qui nichaient dans le hangar voisin venaient se frotter à ses mollets. Il attirait les chats, sans savoir pourquoi.
Bertrand

Max déambulait place du Capitole dans la belle ville rose de Toulouse. Il lui restait quelques heures off avant de donner son premier concert de jazz, il était saxophoniste dans un jazz band.
Quand il arriva sur les bords de la douce Garonne, il se mit à penser avec nostalgie à son chanteur préféré Claude Nougaro.  Les paroles de ses tubes défilaient dans sa tête :
Ah tu verras tu verras, tout recommenceras, tu verras tu verras l’amour c’est fait pour ça, tu verras tu verras…. Armstrong je ne suis pas noir, je suis blanc de peau… quand tu dois chanter l’espoir quel manque de pot… Sur l’écran noir de mes nuits blanches, parfois je fais mon cinéma et je t’imagine féline,  attirant les chats sans savoir pourquoi….
Karine

Sa taille élancée, sa démarche élastique, son incroyable sens de l’équilibre et surtout sa capacité à distinguer le moindre mouvement dans la nuit la plus noire en faisait un être particulier dont se méfiaient les villageois.
Depuis toujours, il attirait les chats et s’en étonnait mais… comme le disait si justement l’ami Sigmund : se connaît-on jamais réellement ?
Patricia

Face à mon ordinateur, comme tous les matins, je surfe sur internet sans attendre grand-chose de la matinée quand soudain, son nom s’affiche sur skype !
Fébrile, je prends quelques instants pour cliquer. Ce n’était pourtant pas la première fois que nous conversions via skype.
Mon ami, c’était mon ami qui m’apparaissait tout joyeux, un sourire resplendissant aux lèvres, une voix tendre et sur ses genoux, un chat gris, blanc et noir, un simple chat de gouttière bien dodu qui se régalait des flatteries que lui offrait en abondance mon ami !
Il n’avait pas son pareil pour être à l’aise avec les chats, il les attirait sans savoir pourquoi et ce jour-là, ce félin était aux anges dans les bras accueillants de mon ami et tous deux s’échangeaient de la tendresse et un respect mutuel. Cela faisait plaisir à voir !
Brigitte


3/ Exercice
 : Dans la peau d’une pièce de monnaie (ou d’un billet)

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Je ne vaux rien, et on me le fait bien savoir !
La plupart du temps je croupis oubliée au fond d’un sac ou d’une poche.
Quand je tombe par terre, personne ne se baisse pour me ramasser.
Je suis petite, terne et sans consistance et mes voisines de porte-monnaie, lourdes et rutilantes, me bousculent et m’écrasent sans ménagement.
Je ne sers à rien, je me demande même pourquoi j’existe !
Et puis voilà qu’un jour…Une main me cherche, me sélectionne avec soin parmi toutes les autres : je suis enfin choisie, je suis la préférée, l’élue !
Je me demande encore pour quelle raison quand après une belle arabesque dans les airs, je pique du nez dans l’eau d’une fontaine auprès de centaines, de milliers de mes sœurs…
Il paraît que je porte bonheur ! Me voilà toute ravigotée…
Huguette

Sans le savoir, je suis née avec une cuillère d’argent dans la bouche.
Je suis trop vieille pour me souvenir qu’il fut un temps où je voyageais beaucoup, dans des poches à gousset ou des minaudières.
Grâce à moi, ces dames buvaient de l’absinthe, ces messieurs achetaient du tabac à priser.
Mais un beau jour, on m’a attrapée.
On m’a tournée, retournée, pesée, tripotée.
Des experts m’ont évaluée, et ils ont décrété que j’avais beaucoup de valeur. J’étais, paraît-il, unique en mon genre, je n’avais pas de sosie de par le monde.
On m’a enfermée dans un coffre, et de temps en temps, on me sort, on m’exhibe comme un animal de foire.
Les flashs des appareils photos m’éblouissent, j’ai droit à la « une » des magazines des collectionneurs, je vis sous surveillance nuit et jour.
Ma vie est devenue un enfer, ma prison une cage dorée, dans un écrin  de velours.
Finie la vie d’aventurière, les voyages de poche en poche, un jour à Paris, demain en province. Je ne sens plus les doigts palpiter sur moi, je suis comme morte.
Je rêve de redevenir une pièce anonyme parmi des millions d’autres, vivre enfin libre !
Je donnerais cher pour n’avoir aucune valeur.
Marie-Pierre

Je suis née à la Banque de France, et j’ai dû faire un grand voyage avant de servir, moi, toute petite pièce de monnaie. Enfin, quand je dis petite, je suis quand même la plus grosse des pièces, parce qu’avant moi, il y a 1, 2, 5, 10, 20 et 50 francs. Je suis donc la « chef » des pièces, et en plus, je suis la seule « jaune ». ça veut dire que je vaux quand même quelque chose… Oui, mais quoi ? Il y a peu de temps, je valais une baguette, mais c’est fichu maintenant parce que la moindre baguette coûte 120 F. L’année dernière, on pouvait aussi acheter un nem en cas de fringale subite. Oui, mais voilà, les nems aussi coûtent désormais 120 F. Un café réconfortant ? Non il coûte aussi 120 F au minimum ! On dirait que la Calédonie entière a subi une inflation de 20 %. Alors quoi ??? Une glace, certainement pas, trop cher !
Est-ce pour autant que je ne vaux rien ? Mais non : la pièce de 100 francs est le cadeau qu’on offre à un SDF… elle est le prix inestimable d’un appel au secours, la dernière dans le porte-monnaie avant qu’il ne reste plus rien…
Fabienne

Je le sais, je suis ronde et alors ? Si je roule, c’est pour mieux glisser de poche en poche et voyager. Quand ma chute est pesante, je résonne à vos oreilles et vous livre une histoire à dormir debout… ou assise … ou peut-être finalement couchée car vos caresses m’ont rendue sale et m’ont usée. Je n’ai de parfum que celui qu’on me prête. Vous le savez bien, hormis celle effacée du métal, l’argent n’a pas d’odeur.
Je suis ronde et lourde de vos spéculations, mais je n’engendrerai pas votre richesse. De bourses en besaces, je poursuivrai chaotiquement mon périple et passerai dans vos vies, comme toujours, à l’emporte-pièces.
Patricia

Dans la peau d’un billet
Je me retrouvais empilé dans une liasse de billets de 100 dollars flambants neufs. Nos numéros ne se suivaient pas mais je venais moi aussi d’être imprimé quelques jours auparavant à l’effigie d’André Jackson, septième président des Etats-Unis. J’avais hâte de commencer ma nouvelle vie dans le pays of : «  Liberty, Freedom, Capitalism ».J’avais pris l’avion dans une caisse hypra sécurisée en direction de Las Vegas ! La capitale de la démesure où tout est permis et dans les casions desquels les fortunes peuvent se faire ou se défaire en l’espace d’un instant.Je m’étais retrouvé successivement dans la main d’une gagnante qui me secoua dans tous les sens et ensuite dans la poche déjà pleine de ce héleur de limousine où je suffoquais de toute mon encre ! Et pourtant la journée ne faisait que de commencer !
Karine

Si j’étais de l’argent, je choisirai à qui je me donne.
Pas à ceux qui en ont déjà trop, qui n’en font pas forcément bon usage et qui se goinfreront à s’en faire éclater la connerie qui ne les étouffe pas, ni à ceux qui ont trahi la parole donnée, encore moins à ceux qui achètent des armes pour tuer alors que le peuple a besoin d’hôpitaux, d’écoles et à manger.
Non plus à ces parvenues et arrogantes personnes qui pensent que tout s’achète et encore moins aux politiques !
Je préfère me donner à ceux qui avec une pièce font un festin, offrent une glace à un enfant, des livres et un remède pour les guérir !
Avec tous ceux et ce qui peut apporter de la joie et de l’espoir, je suis ami !
Brigitte

20 avril, 2016

Atelier du 18 avril 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:13

DEVOIR : Bienvenu chez moi !

Elisabeth Dupont de la Durandière
Le Mas Des Oliviers
13, Chemin du Caladou
06666 Saint Jean Cap Ferrat                                                                                                      le 18/04/201

A

 

Madame Nadia El Harki , Monsieur Hassin  Youssouf,

 

Le gouvernement et  Monsieur le Président ont bien voulu me faire l’honneur de distinguer ma modeste demeure et mon humble personne dans le louable but de faciliter votre intégration et  contribuer à vous faire oublier les moments difficiles que votre peuple et vous même avez récemment vécus. Aussi, nous efforcerons-nous, mon mari et moi-même, en tant que citoyens respectueux de la république telle que nous la comprenons encore aujourd’hui, de tenter de répondre à leurs attentes et aux vôtres, si tant est qu’elles coïncident.
Comme , dans la mise en demeure que nous avons reçue jeudi dernier, la durée de votre séjour parmi nous n’est pas précisée, nous ferons donc comme si vous étiez de la famille ; car , nous ne nous y trompons pas, nous somme bien tous frères et soeurs d’une seule et même lignée, quelles que soient les sources – scientifiques ou religieuses – auxquelles nous nous référons, lignée lointaine certes mais assurément unique et c’est cette unité que nous souhaitons voir se développer indéfectiblement.
Dans des temps relativement proches, nous ne faisions que nous côtoyer, chacun sur  les côtes respectives de notre Méditerranée. Et pourtant, nous partagions depuis toujours le même soleil écrasant de l’été, les flots inlassablement recommencés abritaient les mêmes bancs de dorades et de  thons, les vents  apportaient de semblables effluves d’agrumes odorants et de jasmins entêtants tandis que ,bercés du chant des cigales, nous faisions la sieste sous nos oliviers centenaires, chacun de notre côté.
Cela ne nous empêchait pas d’accueillir volontiers ceux des vôtres qui préféraient notre sol , heureux de contribuer à leur insertion et nous souvenant que nous sommes, un certain nombre d’entre nous, finalement, quasiment tous, cousins issus de germains. Leur chaleur, leur exubérance, leur sens de la vie de groupe nous rappelait les récits de nos grands-parents jadis conquis par votre pays qu’ils avaient adopté et la terre  qu’il avait, avec vous, cultivée. Il était donc de notre devoir de vous rendre la pareille.
De quand, alors, date la faille – que dis-je – l’abîme, qui aujourd’hui s’est creusé entre nous  ? Qui a « disjoncté » ? nos gouvernants en premier ? toujours aussi éloignés des réalités de la vraie vie. Aujourd’hui, comme le prouve  l’ordre qui m’est parvenu de vous héberger sous notre toît, ce qui était offrande devient obligation, les différences deviennent de douloureux différends  et, de cousins que vous étiez, vous devenez des occupants.La dissension nous divise ainsi que les religions mal comprises censées nous rapprocher.
Mais mon mari et moi-même, simples citoyens de notre pays, croyons encore au bon sens de l’être humain et comptons avec votre présence chez nous,  montrer à la face du monde, qu’en nous retroussant ensemble les manches et en nous attelant de concert  à cultiver notre jardin, nous prouverons, une fois encore, que l’union fait la force et que ce ne sont pas quelques minorités toxiques qui prendront le pas sur les valeurs universelles d’effort et de travail.
C’est pourquoi je vous dis, au nom de tous les miens, « bienvenue chez moi et dans mon mas ». Venez partager et accroître, vous qui êtes plus jeunes que nous, peuple vieillissant, les productions de notre jardin et, installés sous nos figuiers à déguster ensemble nos cédrats confits, offrons à notre progéniture l’exemple d’un petit coin de paradis qui défie le pessimisme ambiant.

Elisabeth Dupont
Michèle

 

BIENVENUS CHEZ MOI

Bienvenus chez moi.
C’est tout ce que j’ai réussi à bredouiller quand j’ai découvert les trois personnes assises en face de moi, à la table de la terrasse où j’avais pris mon petit déjeuner.
J’étais plus que surpris. J’avais passé une grande partie de la nuit , incapable de dormir, à broyer du noir. Elle avait donc été… presque blanche.
Vaincu par la fatigue, je m’étais assoupi, et le livre que je lisais m’était tombé des mains.
Quand j’ai ouvert les yeux, ces trois personnages étaient là, comme sortis de nulle part.
J’ai reconnu sans peine l’individu de gauche. A force, il m’était devenu familier, et son énorme moustache noire ne laissait pas place à l’erreur. Et aussi l’homme assis à droite, prénommé Léon, un vieillard chenu, fatigué, qui réprimait avec peine de longues quintes de toux. Mais je ne connaissais pas celui qui s’était placé entre eux, je ne l’avais jamais vu.
Frédéric a parlé le premier : « Nous sommes venus pour t’aider. Nous savons que tu as une décision difficile à prendre, et nous allons essayer d’éclairer un peu ce carrefour que tu peines à franchir, qui te paraît compliqué, alors qu’il ne l’est pas. »
Il m’a tendu une feuille de papier chiffonnée. « Lis donc ces quelques lignes. Elles sont de Michel Onfray. Il parle de moi.
Alors, j’ai lu :
« Une fois encore, Nietzsche va détruire les lieux communs : il nie l’altruisme, la sympathie, la bonté, la douceur et la prévenance. Il dit l’erreur de croire possible une action bonne. Il martèle la force de la volonté de puissance à l’oeuvre dans les rapports entre les hommes. Ni amour, ni amitié, ni tendresse, ni compassion : l’homme est un bête de proie.
L’autre existe en moyen de mes propres fins. »

« ça, ce n’est pas de moi, m’a glissé Frédéric, c’est de Hobbes… »

« L’intérêt constitue le mobile de toutes les actions humaines. Un être qui serait capable exclusivement d’actions pures de tout égoïsme est plus fabuleux encore que l’oiseau phénix. »
J’ai jeté la feuille, dépité.

  »Merci, Frédéric, merci beaucoup. Je n’étais déjà pas très en forme, ce n’est pas ça qui va me remonter le moral! »

Mais il est parti d’un immense éclat de rire. Il s’est levé, joyeux, et s’est éloigné en riant et en dansant. Et je l’ai entendu, au loin, crier à pleins poumons: « AMOR FATI ! AMOR FATI ! »

Le deuxième personnage m’a regardé avec gravité. « Vous ne me connaissez pas. » m’a-t-il dit. « Je m’appelle Blaise. « J’ai une seule chose à vous dire : tout le malheur des hommes tient au fait qu’ils sont incapables de rester tranquilles, assis, seuls dans leur jardin. »
Il a repoussé sa chaise, et il a pris congé. « Je vous le répète : tout le malheur des hommes tient au fait qu’ils sont incapables de rester tranquilles, assis, seuls, dans leur jardin. »
Alors Léon,le vieillard, s’est levé avec difficulté. Il s’est appuyé sur la table, s’est penché vers moi. Et il m’a dit, d’une voix sourde, sépulcrale : « Foutre le camp. Il faut foutre le camp ».

Je suis resté longtemps sous le choc. Je me suis souvenu que Léon Tolstoï, à l’âge de 82 ans, avait prononcé ces mots avant de s’enfuir de chez lui. Et il n’était pas allé très loin. Jusqu’à la petite gare d’Astapovo, où il fut terrassé par une pneumonie. Après six jours d’agonie, il y mourut, « avec la simplicité d’un paysan », disent ses biographes.
Quant aux deux autres. Quant aux deux autres…
Je me suis demandé à quoi servirait de raconter tout ça. Puis je me suis dit que quelqu’un qui évoque parfois son suicide, même si c’est pour faire le clown, devait bien un jour écrire un message d’adieu.
Alors, j’ai pu replonger. Replonger dans mes lectures, et dans ma solitude.
Georges

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Bienvenue chez moi

J’habite dans un quartier résidentiel barricadé, une vraie forteresse imprenable !
Tous mes voisins ont si peur des cambriolages, des migrants, des SDF, des maghrébins, des ivrognes, des rôdeurs, qu’ils rivalisent d’inventivité pour contrecarrer leurs plans (si plans il y a).
Là, c’est une pancarte « chien méchant », là un avertissement « je suis armé…à vos risques et périls ». Ici, c’est « Attention ! pièges à feu », « alarme » « voisin vigilant ». Partout, des palissades, des rouleaux de fils barbelés, des caméras, des digicodes, des volets de fer ou des barreaux aux fenêtres…
Et malgré tout, chaque semaine, une villa est pillée, une voiture volée, des vitres cassées… Alors c’est l’escalade…
Je suis comme tout le monde, je n’ai aucune envie de retrouver des voleurs dans mon salon, je redoute d’être attaquée la nuit, j’ai besoin de ma voiture pour aller au travail. Mais je connais la théorie de la sollicitation paradoxale !

C’est l’histoire d’un jeune garçon qui regarde son père tenter de faire entrer un veau dans l’étable. Pour cela il tire tant qu’il peut sur la corde, sans résultat. Le garçon se moque et son père, excédé, finit par lui dire : «  Et bien, fais mieux, si tu es si malin ! ». Le jeune passe derrière le veau et lui tire la queue : aussitôt, par réaction, le veau fonce en avant, dans l ’étable. Gagné !

 J’en ai fait profit : j’ai mis devant chez moi un beau panneau, bien grand, bien visible : « bienvenue chez moi ! ». Depuis, je dors sur mes deux oreilles, fenêtres ouvertes, personne ne s’est risqué à poser un pied sur ma pelouse ! Allez comprendre les humains !

Je vais tenter d’appliquer cette méthode à ma vie sentimentale : à cet homme qui me plaît, je lance donc : « surtout ne me regarde pas,  ne me parle pas, ne m’invite pas, ne m’embrasse pas… ! »
J’attends.
Huguette

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Suite : ailleurs mais bienvenu (1)

Le cocker nain m’a ramené à la porte cochère sans que je réalise mon trajet. Dans ma tête il fait un temps de chien. J’ai traqué mon ailleurs jusque dans les moindres circonvolutions de mon cerveau las. C’est comme si j’avais tapé ces lettres sur le clavier du système de positionnement par satellite : AUTRE-PART. Le clebs pleurniche. J’ai oublié le crypto-chiffre  pour l’ouverture de la porte et l’interphone n’a pas été réparé. J’essaie la date de Marignan, de la Révolution française, des deux guerres, de la naissance du Christ, non ce n’est pas zéro ! Mon téléphone est resté au 5 ème étage. J’avoue avoir eu la tentation d’écraser la patte du pleurnicheur pour qu’il ameute le quartier. Mais outre le fait que je l’aime bien, quand même, avec un si petit animal ma chaussure de sécurité n’aurait pu obtenir que le silence, fatalement. Le temps est mon ami ce soir. Inquiète de pas me voir rentrer, Mme Saigneur entrouvre l’huis. Prestement elle récupère la laisse avec la boule de fourrure au bout. J’ôte mon chapeau, y place mes gants de laine et pénètre dans le hall. L’ombre furtive de la logeuse fuit agilement, juste la seconde de voir disparaître son fichu.
Le bruit de la minuterie cesse et je suis dans le noir. Peu importe ou peu s’en faut. Au sixième étage l’escalier en colimaçon se termine par une rotonde en verrière d’où filtre habituellement un halo bleuté. J’ai oublié que ce soir c’est lune noire. D’un pas de patineur qui fait crisser mes semelles métalliques je me dirige à l’estime vers le bouton lumière à ma droite. Méfiance, la prise de courant 320 Volts est juste à coté et avec mes godasses ! Je ne suis pas très bon conducteur mais attention. Fiat lux. Les six ampoules d’étage s’allument. Puis, comme dans un film au ralenti, celle du premier claque, puis le deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième. Celle du rez-de-chaussée  a résisté à la surtension. Elle ne devait pas être chinoise. Ces ampoules basses consommations sont garanties sept ans… mais seulement vingt allumages ! Cette extinction en farandole me désoriente. Mon ailleurs vertical perd son reste de clarté. Je me dirige vers la cage d’ascenseur. Je le sais en panne et en effet appuyer sur le commutateur ne sert de rien. Pour les deux premiers étages l’éclairage et mes forces sont suffisants. Mais les deux faiblissent de conserve sans s’être concertés et je m’assieds à mi étage pour reprendre mon souffle. Je sais que je ne puis rester très longtemps ainsi. Si le docteur Sigmund qui habite au troisième, me voyait de la sorte dans la position du penseur, il pourrait en faire des déductions hâtives. Et mon ailleurs pourrait devenir ABSENCE. Je passe devant sa porte sur la pointe des pieds et je bute sur le nez de marche que nous, les copropriétaires avons fait installer sur chaque premier degré. Premier degré seulement par souci d’économie. Malheureusement ce choc a désintégré le nez et désolidarisé toutes les tringles d’escalier de cette quatrième volée. Nouvelle farandole mais descendante cette fois et surtout extrêmement bruyante. Cette musique contemporaine, Xénakis ?, s’apparente aux sons du xylophone ou plutôt du triangle. Tiens, il y a plusieurs notes. Certaines barres devaient être plus courtes ou plus creuses. Evidemment, dans mon dos une porte s’ouvre. Mme Sigmund est sur le palier, décomplexée, en petite culotte. Affreusement gêné, je lui bafouille une courte phrase avec le mot tringle, ce qui la fait sourire. Je tente de fuir. Ma chaussure gauche accroche le tapis d’escalier qui n’est plus fixé. Ma chaussure droite essaie de suivre ce mouvement aérien digne d’Aladin. Plus dure sera la cascade. Je saigne du nez, mes doigts sont gluants. Eve me parle dans le lointain. De l’absence serais-je passé à l’AU DELA ? Où est mon chapeau ? Retrouvant presque ma lucidité, je conviens que pour le tapis et les tringles : on verra demain avec la concierge. Bonsoir madame et merci pour le rouleau de papier toilette, il fallait bien ça ! Je reprends lentement l’ascension pestant contre l’éclairage défaillant. Je n’ai pu voir madame S. qu’en contre-jour. Arrivé au quatrième les portes se sont refermées mais derrière, je peux entendre des propos injurieux. C’est encore ce gros lourdaud du cinquième qui s’est cassé la gueule. Il devait être encore ailleurs. La dernière volée ne me permet pas de faire le point. J’arrive hagard devant ma porte blindée. Si, si, j’ai trouvé la clef, mais dans ma poche de derrière. A moins que mon pantalon complètement déchiré ait tourné. J’ouvre : bienvenu chez moi.
Bertrand

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Bienvenu chez moi
Tu es ici chez toi
Je t’ouvre grand les bras
Si tu n’as plus de toit
Mais attention !

Il faut respecter mes lois,
Ne pas faire n’importe quoi
Ta religion, elle est à toi
Ton dieu, j’en veux pas.

Bienvenu chez moi
Tu es ici chez toi
Je t’ouvre grand les bras
Si tu n’as plus de toit
Mais attention !

Je ne prierai pas Allah,
Je ne mettrai pas de burqa
Les femmes ici ont des droits
Pas question de renoncer à ça !

Bienvenu chez moi
Tu es ici chez toi
Je t’ouvre grand les bras
Si tu n’as plus de toit
Mais attention !
Fabienne

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 Bienvenu (2)

J’ai eu 15 ans en 1995. Cette année-là j’avais trouvé mon héros. Cinq ans que mon père breton nous avait quittés. Ma mère adorée avait, comme on dit vulgairement, refait sa vie. Ainsi doit-on remonter à cheval après une chute. Avec une durée moyenne de trois ans, la vie des couples mariés nécessite de nos jours une pratique assidue et fouillée de l’équitation. La  plupart des gens préfèrent le manège au petit trot. Pour moi je souhaite le grand galop, en forêt.
Le demi-dieu de mes rêves était aussi cavalier entre autres talents. Je le sais maintenant il est né en 1500, pile poil. A cet endroit finit le Moyen Age. J’aurais pu choisir, ou être choisie par, Michel Ange, Cervantès, Thomas More. Ou Moctézuma II, «  celui qui fronce les sourcils comme un seigneur », plus trivialement celui de la « revanche de Montézuma ». Ou bien encore, Jeanne de Castille, Jeanne la folle, qui chevauchait à la chasse, boxait les maîtresses de son mari, gardait à ses côtés plusieurs jours le cadavre de cet homme adulé, se faisait destituer sans ménagements ni égards par son fils, Charles Quint.
Or donc, je suis tombée amoureuse du Persée de Florence. De nuit la piazza  della signora était un vaste pavement luisant déserté par les touristes après la pluie. Prestement j’avais évité le Neptune en gros tas qui encombre la place comme j’avais refusé le pouvoir écrasant des statues équestres et des lions Médicis. Seule, j’avais froid. J’avais filé le long du vieux palais pour rejoindre la Loggia des piquiers suisses, les Lanzi. Ce grand benêt de David venait sans doute de se faire plaquer par sa belle et ne m’était d’aucun attrait. Devant la première des trois hautes arcades, il était là, jeune et sombre, seul au milieu des dizaines de marbres  blancs renommés. Cet homme encore adolescent me regardait de haut avec confiance. Il me dominait comme il foulait le corps désarticulé de Méduse dont le sang cascadait de son cou tranché. Fier sans orgueil, il brandissait la tête de la seule mortelle des Gorgones. J’aurais dû être horrifiée de ce symbole sanguinolent du pouvoir masculin. Son bras gauche levé tenait par ses cheveux serpentins la tête décollée, comme endormie. Il me disait cependant : « elle te protégera du mauvais œil ». J’ai su depuis que sa mère Athéna avait commandité cette décapitation pour son égide. Dans le même temps, le sabre brandi à hauteur de son sexe m’avait transfixée. J’étais envoutée, me gavant de son image. Il fallait réagir et pour cela j’avais fait le tour de la statue de bronze ébène. Le plus admirable du corps d’un homme, ce sont les fesses. C’est bien son cul qui m’en a rendu follement amoureuse, pour la vie.

De ce jour, de cette nuit, il a fallu que je sache tout ou presque du créateur de cette œuvre bouleversante. Benvenuto, car son père s’attendait à la naissance d’une fille, quelle époque minable! Cellini, famille ordinaire de Firenze qui nourrit en son sein ce génie rebelle. Adolescent il est excellent apprenti orfèvre le jour et voyou viveur la nuit. Ses frasques d’ivrogne le font chasser de Florence. Il vagabonde de Bologne à Pise, puis à Rome. Le pape Clément l’embauche car son talent d’orfèvre subjugue. Soldat du pontife guerrier, il défend victorieusement le Château St Ange. Arrogant, il fait occire en combat singulier un collègue orfèvre jaloux de ses succès, Pompéo. On l’enferme donc au Château St Ange qu’il a si bien défendu. Agé maintenant de quarante ans, il s’en évade et décampe à la cour de François Ier. Il y produit des chefs d’œuvre comme la salière de Cybèle. Mais il parle aux rois et aux princes d’égal à égal et cinq ans plus tard certaine marquise obtient sa disgrâce. De retour en Toscane, il devient fondeur et sculpteur, accessoirement peintre  ou graveur de médailles. Il lui faudra dix ans pour fabriquer, fondre, forger, façonner, fourbir mon Thésée. La coulée de métal est un vrai combat contre les hommes, contre les éléments, contre le Doute. Mais à la fin explose l’admiration unanime. C’est l’exemple de cette bataille qui m’a fait entrer aux Beaux arts de Paris.
Orfèvre, fondeur, sculpteur, peintre, médailleur, à près de soixante ans Benvenutto a connu tous les excès, tous les succès. Le premier de tous les grands artistes et en se donnant le beau rôle, il eut l’idée de se raconter par écrit. Ses mémoires s’intitulent «  la Vie de Benvenutto Cellini par lui même ». Plus sobrement, si l’on peut dire, « La Vie ». Goethe en a fait une traduction.
Ce soir le modèle vivant masculin qui travaille à l’atelier de sculpture de la rue Bonaparte vient dîner dans ma soupente du septième étage. Son corps est bronze ébène. Il est camerounais, se prénomme Bienvenu, me regarde avec confiance et je l’aime. Bienvenu chez moi !
Bertrand


2/ Exercice
 : Pensée positive : faites un compliment original à votre voisin(e) de droite, puis à celui ou celle de gauche.

Voisine de droite : J’aime beaucoup ta voix, elle me rappelle les voix off des documentaires animaliers.
Voisin de gauche : Aujourd’hui, je te trouve très fringant et souriant, l’esprit vif et éveillé d’un jeune premier !

 

3/ Exercice : histoires croisées

A -  Créer 2 personnages à partir de fiches personnages
B -  Mettre toutes le fiches personnage sur la table et tirer au sort. On écrit une histoire avec les personnages créés  par quelqu’un d’autre.

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Mélissandre de Fortuna et Béatrice se rencontrèrent lors d’un stage de méditation sur l’éveil sexuel. Toutes deux célibataires et fortunées étaient inscrites à ce stage qui se déroulait au Mexique sur la baie de Cancun, dernier eldorado à la mode pour les newyorkaises proches du « burn out » en recherche de plénitude sexuelle.
En tout cas il s’agissait d’un vœu pieu puisque, pour l’instant, toutes deux goûtaient les affres du célibat et de l’abstinence sexuelle.
Sur la plaquette d’information on leur avait vanté les mérites de John Mayer, gourou renommé qui avait développé une méthode infaillible pour libérer ses chakras et attirer de manière infaillible l’homme avec un grand H.
Au premier jour de stage, se succédaient exercices de respiration et de méditations.
Il fallait également répéter de manière continue ce tantra : «  Je suis une bombe sexuelle,  je suis belle et attirante. Tous les hommes me veulent. » Ce qui n’était pas un exercice difficile pour Mélissandre qui s’imaginait déjà dans les bras musclés d’un bel éphèbe métis.
Il était également prévu lors du stage un atelier de massage mixte qui avait beaucoup de succès auprès des participants en quête de rapprochements physiques.
Mélissandre et Béatrice ont rapidement sympathisé lors de l’apéritif qui se déroulait devant le coucher de soleil qui clôturait la laborieuse journée de stage.
Karine (d’après les personnages de Brigitte)

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Depuis cinq ans qu’il chantait dans la chorale « Les Nakunpieds » dirigé par Monsieur le Chêne, Jean Pignon, vingt-deux ans, ne travaillait jamais. Il avait une voix d’ange, tout le monde s’accordait à le dire, c’était un don naturel pour lui… Les sopranos, les barytons, les ténors, tous enviaient son aisance, sa facilité, eux qui travaillaient d’arrache-pied pour s’améliorer. Ils le détestaient d’autant plus que sa voix était parfaite et ne pourrait en aucun cas être améliorée par quelque exercice que ce soit. Et le plus virulent était Monsieur le Chêne qui ne supportait pas du tout ce pauvre Jean.
Il ne fait pas bon être bon, se disait tristement Jean.
D’autres, moins persévérants ou pugnaces auraient quitté cette maudite chorale depuis longtemps, mais il fallait être patient car lui voulait être soliste et c’était la seule façon d’y arriver.
A la fin de l’année, il y aurait l’examen final pour les clairières alentour. Cinq ans qu’il supportait cet enfer : les brimades, les moqueries, l’ostracisme… Il y était tellement habitué que plus rien ne le touchait.
Plus que quelques mois et il pourrait enfin s’envoler vers d’autres cieux. Toutes les nuits, il rêvait de sa carrière future, des concerts qu’il donnerait, des villes qu’il visiterait, des gens qu’il rencontrerait et c’est ce qui l’aidait à tenir.
Il était persuadé que Monsieur le Chêne était raciste et que c’est de là que venait tous les problèmes : Jean était le seul champignon bleu de la chorale. Or, Monsieur Le Chêne détestait les champignons bleus.
Le pire fut quand Jean se rendit compte que Monsieur le Chêne devait être le président de la commission d’examen. Alors,  le jour J, il eut une idée lumineuse : Il demanda à la nuit, sa seule amie, de descendre. Ainsi, les blancs, les rouges, les jaunes, tous les autres champignons paraitraient bleus.
Fabienne

 

 

12 avril, 2016

Atelier du 11 avril 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 8:01

Un atelier très convivial, hier soir… Un bon moment !

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DEVOIR :

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Son ailleurs n’allait jamais très loin. Il se contentait de faire le tour du quartier, tel un chien tenu en laisse.Immuablement, à quinze heures pétantes, il chaussait des baskets éculées, enfilait son anorak jadis bleu marine, en tirait de la poche gauche son informe bonnet de laine pisseuse et, la main sur le loquet de la porte d’entrée, me lançait un  » A tout’, M’man » dépourvu de la moindre chaleur.
Et tout aussi invariablement, prenant mon courage à deux mains, je rétorquais  d’une voix que j’espérais plus enthousiaste mais où perçait quelquefois – à ma  grande honte -  un agacement mal contenu :
- A tout à l’heure, mon chéri !
Et je  me gardais  soigneusement d’ ajouter quoi que ce fût qui aurait risqué le contrarier, car le médecin me l’avait bien dit  et ne manquait pas de me le seriner à chacune de ses visites hebdomadaires :
- Surtout fichez-lui la paix, laissez-lui tout le temps nécessaire pour se reconstruire ! Le temps est notre allié, la nature est ainsi faite : tout être humain finit par oublier et la vie reprend ses droits, surtout quand,comme votre fils, on est dans la fleur de l’âge. Je sais bien que c’est difficile pour vous, mais vous êtes courageuse, vous êtes une femme.
Oui, c’est bien connu et bien vrai aussi : une mère, ça se sacrifie toujours pour ses enfants ! Oui, bien évidemment et, quand, en plus, c’est son fils unique… Oui, mais là, aujourd’hui, le jour de mon anniversaire à moi, jour oublié de quiconque une fois de plus, les expressions favorites du toubib me restent en travers de la gorge. Le « courage de la femme », la « fleur de l’âge » ! Rien que ça ! Belle formulation pour une chiennerie de réalité : à vingt-deux ans, Paul en paraît cinquante, mais ce n’est que du temporaire alors que moi, je les ai pour de vrai et définitivement ; pour moi, la vie n’a pas repris ses droits et ne les reprendra jamais. Question d’âge et de sexe ! Tandis que  Paul, lui,même s’il marche, d’un pas mal assuré, c’est vrai, en traînant encore un peu la jambe, ce n’est plus qu’une question de temps et de rééducation.
Quelque part, il en avait quand même eu de la chance ! parce que chacun sait bien qu’arriver aux urgences un samedi soir, ça tient de la loterie. Ah ça ! on ne remerciera jamais assez le chirurgien du mal de chien qu’il s’était donné  malgré l’heure tardive et une fatigue manifeste. Mais quel résultat : du beau boulot ! Sauvé et bien réparé, lui ! Eh oui, quand l’urgence encore obligeait à choisir  entre deux vies, c’est le plus jeune qu’on sauve…
Mais ça, c’était avant,  quand tout était normal, quoi ! Enfin c’est fait et après tout, le miracle est peut-être pour aujourd’hui : ce serait quand même un beau cadeau d’anniversaire ! Des fois qu’en allongeant un peu le périmétre de sa promenade quotidienne, le hasard le mettrait sur le chemin d’un de ses anciens copains de foot. Tiens, Pierre, par exemple… Un mec bien, sportif et sobre, lui !! Peut-être que de le revoir et de reouer avec sa vie d’avant, ça lui ferait le choc espéré et que ça lui remettrait le pied à l’étrier au lieu de se morfondre ainsi et d’ingurgiter des saloperies d’antidépresseurs. D’ailleurs , en plus des conseils à la mère, c’est bien tout ce qu’il est capable de prescrire, le médecin, à lui comme à moi.
Mais, là dedans, c’est pas lui, la victime ! Il  le croit ou fait  semblant ;  en réalité, la véritable victime c’est bel et bien  moi, sa mère ! Parce que ce petit con bourré comme tous les week-ends a réussi, ce soir là, à persuader mon pauvre Jacques de l’accompagner ! Et pour quoi ? Pour essayer sa toute dernière voiture… Mon Jacques !! Chiennerie de vie ! Comme si ça ne m’avait pas déjà suffi de perdre son père ! Mais non ! Et, cette fois, c’est mon propre fils qui m’enlève son deuxième père, l’Homme qui avait su redonner des couleurs à ma vie, l’Homme de Ma Vie….
Qu’ai-je donc fait au ciel pour que le destin s’acharne ainsi et me poursuive ? Quelle délivrance espérer quand tout n’ est  plus que désert, quand il n’y a plus d’ailleurs ?
Michèle

 

Ailleurs…

Son ailleurs n’allait jamais très loin. Il se contentait de faire le tour du quartier, tel un chien promené en laisse. Pourtant, d’attache, il n’en avait point. Il aurait pu aller à son gré, librement, partout. Pas de femme qui aurait bridé ses projets, pas d’enfant dont il aurait fallu s’occuper, pas même de travail qui l’aurait contraint à des horaires. Il vivait très confortablement de rentes placées autrefois par des parents prévoyants et fort riches. A leur mort, il avait continué à occuper leur appartement : il n’en avait jamais bougé depuis sa naissance, même pas pour aller en classe, des précepteurs étaient toujours venus apporter le savoir chez lui…
Il n’avait pas d’ordinateur, pas de téléphone, aucun de tous ces engins de communication modernes. Il regardait la télévision avec parcimonie, uniquement des films, jamais d’informations, aucun journal n’entrait chez lui. De la vie du dehors il ne connaissait que ce qu’il avait lu dans les livres.
Il aurait pu connaître les gens de son quartier, puisqu’il l’arpentait tous les jours scrupuleusement, dans le même trajet, depuis bientôt quarante cinq ans. Mais non, même pas ! Il ne voyait personne, il ne s’adressait à aucun commerçant, c’était son majordome qui se chargeait de toute l’intendance…
Il marchait comme un automate, les yeux fixés sur ses pensées, s’asseyait toujours sur le même banc du parc, à la même heure, tôt le matin. Il évitait celle des mamans et des enfants. On devinait qu’il ne voulait pas être dérangé… Les quelques personnes qui s’étaient risquées à lui adresser la parole n’en avaient même pas obtenu un regard.
Or cet homme était devenu toute ma vie depuis presque un an… J’étais  à la recherche d’un sujet de roman et il me paraissait tout indiqué pour en devenir le personnage central. Il m’intriguait et me fascinait depuis le temps que je l’observais. Je savais presque tout de lui, d’abord parce que je l’avais suivi, pisté, chaque jour, ensuite parce que j’avais aussi filé son majordome, seul lien entre lui et le monde. J’avais fait un vrai travail d’investigation, une vraie enquête policière.
Oui, c’était un personnage de roman ! Le problème c’est qu’il ne lui arrivait rien ! Il ne se passait strictement rien dans cette vie de quasi autiste.. .Comment tirer cent cinquante ou deux cents pages de ce néant?

Il fallait agir…

Je décidai d’intervenir subtilement dans sa vie, de mettre un grain de sable, puis un autre, dans l’engrenage imperturbable de ses mornes journées. Il devrait bien modifier son train-train, je noterais tout et voilà ! Mon roman avancerait au rythme de ses réactions.

8 avril 1996. Jour 1 : je dépose sur son banc habituel, à l’endroit exact où il a l’habitude de s’asseoir, juste avant son arrivée, un panneau :
PARS !
À l’encre rouge. Obligé de le regarder, il a une hésitation mais s’assied dessus, reste ses neuf minutes habituelles puis se lève et s’en va sans se retourner.

Jour 2 : VA …
Il arrive devant le panneau, le regarde fixement, jette un œil aux alentours, il a l’air inquiet… Je suis bien planquée et je l’observe : à quoi pense-t-il ? Que va-t-il faire ? Il finit par s’asseoir à côté du panneau, ses mains tremblent, puis il s’immobilise, se calme, passe neuf minutes et s’en retourne.

Jour 3 : je suis très excitée, mon panneau est plus directif, comment va-t-il réagir à ce DEMAIN !
Il arrive d’un pas plus pressé, me semble-t-il, découvre le message, le saisit dans les mains et s’assoit sur le banc : il passe neuf minutes à le regarder en soupirant, on dirait, puis le jette à terre et s’en va précipitamment.

Ça  y est ! Il est ferré ! Je tiens mon roman, je suis dans un état émotionnel intense, je pense déjà au nouveau message que je vais rédiger, j’envisage mille hypothèses sur son comportement, je me mets dans sa tête et mon imagination carbure à toute allure. Vivement demain !

Article de journal du 11 avril 2016 :

Le mystère de l’ AILLEURS… enfin résolu ?

Nos lecteurs se souviennent peut-être que le 11 avril 1996, une joggeuse avait découvert dans un parc de notre petite ville le cadavre d’une femme : allongée derrière un banc, elle tenait devant elle un panneau portant ces mots : AILLEURS…
Ce meurtre, le seul commis dans notre communauté sans histoire, avait terrorisé la population non seulement par sa violence extrême (rappelons que la femme avait eu le visage écrasé à coups de briques) mais aussi par son aspect mystérieux et incompréhensible.
En effet, malgré les soins mis par la police dans l’enquête, on n’avait jamais découvert ni indices ni assassin…
Et bien c’est, semble-t-il, chose faite !
Monsieur D., dont les parents surtout étaient honorablement connus dans notre bourgade, vient de mourir à l’âge de soixante cinq ans et il a laissé une lettre explicite dans laquelle il s’accuse de cet horrible méfait, au prétexte que cette femme l’aurait contrarié en perturbant la vie rangée qu’il menait depuis toujours. Il accuse la pauvre victime d’avoir voulu bouleverser sa vie en déposant sur le banc où il avait l’habitude de passer neuf minutes tous les matins des injonctions visant à le chasser. Il n’aurait pas supporté cette intrusion dans sa vie privée.
Nous mettons tout cela au conditionnel bien entendu, car monsieur D., un homme discret et cultivé, n’avait pas le profil d’un assassin, aux dires de son majordome qui a veillé sur lui jusqu’à sa mort.
Cependant quelques langues se délient pour révéler qu’il semblait un peu « dérangé ». Quant à la victime, on se souvient qu’à l’époque personne n’avait pu fournir le moindre renseignement sur elle, à part sa logeuse qui la trouvait « un peu fêlée ».
En conclusion, c’est une histoire de fous ! Il est à parier que nous n’apprendrons rien de plus et que le mystère restera à jamais non élucidé…
Huguette

Son ailleurs n’allait jamais très loin. Il se contentait de faire le tour du quartier, tel un chien promené en laisse. Tous les jours et toujours dans le même sens. Pourtant, il lui semblait bien qu’autrefois, il y a longtemps, il partait, loin. Enfin, il croit, mais il ne se souvient pas.
Quelquefois, des images d’ailleurs apparaissent dans sa tête. Des images de pays en guerres, de gens qui souffrent, d’enfants qui ont faim. Et puis aussi un appareil photo, toujours en bandoulière. Mais il ne peut pas dire s’il les a inventées ou vécues.
Alors, pour enrichir son quotidien, il s’invente des histoires merveilleuses. Ces décors mornes deviennent à ses yeux des lieux extraordinaires. Ainsi, le petit square devient une forêt tropicale aux mille embûches. La supérette, un haut lieu de la finance où s’affrontent des requins avides d’argent. Le commissariat du quartier se transforme en QG du FBI pour lequel il effectue des missions ponctuelles. Mais il faut être très prudent.
Il se retourne, voir s’il n’est pas suivi. Un homme avec un pardessus et un chapeau, derrière lui, a un comportement bizarre. Il a dû être dénoncé ! Alors il accélère l’allure, pour ne pas être rattrapé.
Il arrive sur le trottoir d’en face. Ça y, il est arrivé, il est sauvé !!! Il est en nage.
Monique, l’infirmière en chef le gronde, comme tous les jours et pousse son fauteuil roulant vers la maison de retraite :
-Vous n’êtes vraiment pas raisonnable, Maurice !
Fabienne

AILLEURS

 « Mon ailleurs, comme vous y allez ! ».
Mme Saigneur, ma logeuse, m’a encore bluffé. Cette femme est extraordinaire mais personne ne le sait ou si peu de monde. Pour extraordinaire j’ai ma propre définition ; extra, cool comme disent les quinqua, dans l’ordinaire, le quotidien, le laisser-aller, la rêvasserie. Elle a remplacé Mme Duroc la bien nommée, le premier janvier 2002 et elle tient la place depuis. Sans effusion de sang si j’ose. Familière sans familiarités, habituelle sans habitudes, insignifiante lourde de sens. De ces personnes vous vous dites : elle a toujours été là. Et pourtant ! Je me l’accorde, pardon, je vous l’accorde, elle est encore belle surtout par son maintien, sa prestance et même son allure. Je ne dis pas sa « tenue ». Elle se vêt chez Casino au coin de la rue, à qui perd gagne. Des habits différents chaque jour et néanmoins on se force à le constater.  De ma part ce n’est pas une critique : j’achète mes pantalons quatre par quatre et mes chemises par demi-douzaines, les années bitextiles !
Hier j’ai fait l’inventaire décennal de notre fréquentation. Pas de tutoiement, aucun contact dermique, une relation sans accointances. Ses paupières aux longs cils mascarés sont toujours baissées. Je crois qu’elle a les yeux gris. Notre seule intimité est la pénombre de sa loge quand je prends mon courrier. Mais le temps, le quotidien sont des cordes qui attachent. Alors avant-hier, quand elle m’a dit :
- Monsieur Américo, avez-vous un ailleurs ?
Mon ailleurs, comme elle y va! Comment va-t-il ? Trop ému, comme dépouillé de mes pensées et de mes habits, je suis sorti dans la rue sans répondre. Faire le tour du quartier me donnera le temps de cogiter. Plus que les autres soirs, plus encore, le temps de gamberger. Entre chien et loup je promène son cabot en laisse. C’est un cocker nain qui trottine de travers.
Bertrand

2/ Ecrire à partir de ce tableau de Marie-José de LA CHAISE : Inspiration

tableau

ART ?

Cette nuit d’insomnie aurait pu mieux finir. Une fois de plus j’avais choisi de ne pas prendre mon somnifère. Les écrans étaient tous débranchés, y compris l’écran noir de mes nuits blanches. Je l’ai toujours eu dans la peau ce type-là, Nougayork. Chaque fois que je l‘écoute mon cœur fait : boxe, boxe , boxe… Le coup sur la tempe a dû tout faire valser, tout explosé. Dès le demi-sommeil ce délire fracassé s’est imposé. Combien je les ai aimés, tous ces hommes dissous dans ma mémoire. Seul persiste mon visage humide. Et le cheval, peut-être…
Bertrand

Des visions bizarres hantent mon cerveau. Des visages, d’hommes et de femmes : un blonde noire à l’œil vitreux, un clown aux paupières blanches qui crache un violon, un portrait de Freud, la bouche en cicatrice rouge et le crâne ouvert, un Christ avec sa couronne d’épine qui se ronge les ongles, une chanteuse noire sans nez, un profil androgyne, mèche blonde et lèvres carmins, un oiseau à aigrette… Et là-dessus, un étalon fougueux, écume aux lèvres, qui piétine tout sur son passage, dans des fumées de bleu, rose et parme. Je me demande d’où viennent ces personnages. De mon cerveau malade ? Ou bien faut-il simplement que j’arrête de fumer n’importe quoi !
Fabienne

SYMPHONY IN BLUE

Suis-je devenu fou ?
Des images floues passent devant mes yeux, pourtant si perçants.
Des silhouettes flottent au loin, telles des fantômes,
Elles s’approchent, puis s’éloignent
Des yeux me fixent, ils me font peur.
On me frôle, puis on disparaît.
Tout autour de moi, du bleu, encore du bleu
Toujours du bleu…
C’est doux, c’est apaisant,
Mais il y a une tache rouge qui me gêne,
Là, juste devant moi,
Elle me gêne parce qu’elle m’excite,
Et quand je suis excité, je suis incontrôlable.
Ce n’est pas de ma faute
S’il y a du rouge
Aujourd’hui
A cet endroit précis,
Dans ce coin paradisiaque.
C’est mon frère qui a eu peur,
Et il s’est défendu
En plantant ses dents acérées dans la chair d’un humain,
Cet inconnu qui l’a provoqué
En pénétrant dans son espace vital.
Demain, si on tue mon frère,
Je reviendrai du grand large pour le venger.
Je pourchasserai à mon tour les ombres bleues
Qui nous terrorisent.
Mes mâchoires ne leur laisseront aucune chance.
Marie-Pierre

3/ Petit test psychologique :

testC’était très amusant, mais vous n’aurez pas la solution (sauf si vous venez à l’atelier !!!)

5 avril, 2016

Atelier du 4 avril 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:40

petits bonheurs

DEVOIR : Elle était fatiguée, usée, n’avait plus de rêves ni d’espoir et n’arrivait même plus à apprécier la vie, quand dans le journal du jour, elle lut une annonce qui attira son attention : « Boutique des Petits Bonheurs », vend petits bonheurs en tous genres. Promotion sur les bonheurs du jour.
Malgré sa lassitude, elle décida de s’y rendre. Elle avait pris l’adresse avec elle mais chercha pendant un bon moment la boutique. Elle la trouva finalement au fond d’une impasse obscure et eut beaucoup de mal à imaginer qu’on puisse vendre du bonheur dans un tel environnement, plus propice à la misère et au désespoir.
Mais dès qu’elle eût poussé la porte, le carillon joyeux la fit un peu changer d’avis. Le magasin sentait bon les fleurs de printemps, au petit matin. Un vieux monsieur venu de l’arrière-boutique se présenta à elle. Tout chez lui était rond : son visage poupin aux multiples fossettes, sa bouche fendue d’un grand sourire, ses mains potelées et sa silhouette généreuse.
Son air réjoui l’agaça, elle qui n’avait plus goût à rien.
Etait-ce donc ça, le bonheur, un sourire béat sur une face ronde ? Certainement pas. De plus, elle croyait fortement que le bonheur terrestre n’était pas pour elle.
- Bonjour ma petite dame. Vous voulez donc acheter du bonheur ?
- Je ne crois pas que le bonheur puisse se vendre ou s’acheter. Mais dites-moi quels bonheurs avez-vous ?
- Les petits bonheurs du jour, en promotion. Il faut toujours commencer par-là : un sourire d’enfant, un coucher de soleil, un macaron caramel beurre salé….
- Arrêtez ! Ce ne sont pas des petits bonheurs, tout au plus de menus plaisirs !
-  Mais chère Madame, si vous n’arrivez même pas à apprécier un petit bonheur, vous n’en aurez jamais de grands ! Voyez-vous, le bonheur est un état d’esprit. Il suffit de le vouloir, une bonne fois pour toutes, pour être heureux. Arrêtez de geindre sur votre sort, ouvrez-vous aux autres, appréciez tout ce que vous vivez. Souriez pour rien, juste parce que vous êtes là, en vie.
Et maintenant, je vais vous dire le secret du bonheur : ce n’est pas tant d’être heureux qui est important mais bien le fait d’en prendre conscience.
Fabienne

 

Petit malheur du jour

Je viens de m’asseoir à cette table qui peut accueillir six personnes. Poliment, je vous le jure ; poliment, j‘ai demandé à cette femme  seule, encore jeune, si cela ne la dérangeait pas que je me place à l’autre bout du banc, face à la mer. Muette. J’ai lu la peur dans son regard. Elle s’est levée lentement, lourde de mon agression. Sa fuite erratique l’a menée à une table ensoleillée, cinquante mètres plus loin. Elle n’a pu y tenir que dix minutes. Elle a vu ma misanthropie. La haine que je secrète est sur ma peau comme un noir vêtement que je n’aurais pas lavé depuis des années. Je le porte jour et nuit, tunique de centaure exsudant, puant la détestation des autres, de tous les autres. C’est ma dernière fierté. La haine. Un film que j’ai réalisé moi-même, pour moi, moi seul. Une cuirasse de métal inoxydable qui ignore les clepsydres et les satellites de Pluton, qui vous poursuivra par delà votre tort, au delà de votre  mort. Vous l’avez bien compris : par cela et pour cela je suis immortel, violence passive. Je reste poli et clair, comme un bronze longtemps caressé, comme un Rembrandt qui ne serait plus qu’obscur.
Parmi les vous-autres, j’exècre les commerçants. Le volet roulant est leur gonfalon avec son vacarme de métal. Ils y mettent des cadenas de mépris pour protéger leurs étiquettes, leurs affaires de chiffres, leur ennui déchalandé, leur glandeur populiste.. Ces êtres n’ont plus de chair. Ils l’ont vendue lors des premiers mois quand ils ont perdu l’espoir d’une vie meilleure. Comme la peinture de leurs murs s’écaille. Comme leur sourire tient ave des élastiques. Moi je le sais. Faire risette est au mieux inutile, toujours insultant, papier cadeau de l’injure.
Ce matin, dans la gazette, j’ai lu cette petite annonce sans colère. Après deux pages de nécrologie pas besoin d’anxiolytique. Le malheur des survivants est bien épluché, prêt à être dégusté, comme la viande sous la selle du cavalier hun. Je la connaissais cette boutique de salades des petits bonheurs. La mère Marie Ange l’avait ouverte il y a six mois, guère plus. Et déjà les soldes ! Avec sa double tresse de cheveux blancs, la soixante-huitarde dégoulinante de bonté a du avaler ses cornettes de bonne sœur. Si elle vendait ses bonheurs petits, petits, c’est bien qu’elle n’avait pas pu trouver le grand. Cela me dégoûte. J’ai la phobie, je déteste l’empathie. Cette niaise tautologie universelle peut vous provoquer une guerre. Parce qu’un  salopard de photographe a mitraillé sur le corps d’un enfant ramené au rivage par le ressac de la misère, de la guerre, de la religion. Je  hais de tout mon fiel cette puissance de l’instant présent qui empêche tout acte de vraie bonté. Cette émotion écoeurante en forme de petit  bonheur du jour, de préférence avec selfie. Comment faire face, débuter une résilience si l’on s’en contente. Oui, je vous méprise, oui, vous les faces de bouc, les cui-cui d’oiseaux, oui, vous, les nouveaux penseurs du XXIème siècle.

Respire vieux con, ça y est, ils ont compris !
Bertrand

 

2/ Exercice : Une photo

serveur

COMMENTAIRE DE PHOTO D’UN MEC AYANT LE MELON

Diana m’avait quitté. Depuis longtemps, depuis toujours, depuis hier. D’abord je ne l’ai jamais aimée, vous pensez : vue à la télé ! Mais maintenant j’ai peur, de ne plus jamais la voir, lavoir, l’avoir, moi qui ne l’ai jamais eue. De votre part c’est trop simple. Expliquer mon désordre par ce désir permanent,  cette envie récurrente, ce flirt réprimé. Vous l’avez tous vu, à chaque épisode j’ai donné le change : mes œillades, mes pas de danse, mon parapluie qui se redresse, tous ces faux-airs, tous ces faux-fuyants. En fait, nous deux, c’était sado et maso, cuir et melon. A chaque clap de fin elle partait avec l’autre, enfin, un autre, enfin, les autres. This evening, at five o’clock, j’ai décidé de lui servir le thé, une dernière fois. OUI je sais, je m’enfonce.
Bertrand

Il avait toujours rêvé d’ouvrir un bar pour les sirènes qu’il aurait d’ailleurs appelé « Le bar des Sirènes ». Il en eut l’occasion lorsqu’il toucha l’héritage de son père qu’il avait tué, mais d’une façon tellement délicate que personne ne le soupçonnât…
Il ouvrit donc son bar, au fond de l’eau… Il voulait en faire un lieu sélect, branché, à la mode…
Mais il dut vite déchanter car, de sirènes, point ! Dans une atmosphère saturée de fumée de cigarettes, seuls quelques maquereaux tournaient autour des morues.
Fabienne


Par une fin d’après-midi de dimanche alors que je terminais ma promenade, je me suis arrêtée près de l’étang qui se situait au beau milieu de la forêt des « Ombres oubliées ».
Un peu lasse de tant cheminer, je décidai de m’arrêter un instant afin de profiter de ce paysage reposant et magnifique qui s’offrait à mon regard.
L’étang était limpide, sans remous, les hautes herbes bordant l’eau avaient l’air de spectatrices admirant un opéra si prenant qu’aucune tige ne bougeait.
Je fixai donc mes yeux plus près de l’eau et soudain, j’aperçus un homme en costume noir, chapeau melon sur une tête immobile, de dos et semblait-il, assis.
Un Aladin sur un tapis magique tenant à hauteur de son visage un plateau de « cup of tea » avec théière.
Très « english fashion », l’homme semblait en méditation profonde, sur sa droite, un petit héron se tenait debout aussi droit qu’un I, sans broncher voulant imiter le stoïcisme de son ami de passage venant partager un moment de détente dominical.
Vision qui me ravit et calma mon anxiété qui avait eu raison de cette promenade hors de la maison.
J’inscrivis  cette image dans l’ordinateur qu’est mon cerveau pour me la rappeler dans les moments difficiles et je me promettais de revenir pour trouver ce bien-être qui me fait tant défaut !
Brigitte

 

3/ Exercice : C’est une belle journée !

1pp

C’est une belle journée,
Qu’il a fait
Les oiseaux ont chanté,
Le soleil a brillé
Les gens étaient gais

C’est une belle journée
J’aurais pu l’apprécier
Si je n’avais pas été
Aussi démoralisée

C’est une belle journée,
Vraiment belle journée,
Pour en terminer
Avec cette vie à chier !
Fabienne

 

Historiette à dédicaces vaporeuses

 C’était une belle fin de journée. Cette vie de chien ne m’en réserve plus guère. Pas d’os à ronger, je me prends la pâtée plusieurs fois par jour, ma maitresse a depuis longtemps oublié ma promenade. Mais ce soir, un rayon de soleil, une embellie, un coin de ciel bleu,  puis rouge, puis orange, puis aubergine, puis bleu marine étoilé, un rayon vert, un baiser sur la commissure des lèvres, une petite fierté : je n’ai pas fumé cet après-midi.
Bertrand

 

C’est une belle journée, la dernière au pays… Je m’envole pour une vie nouvelle qui sera ce qu’elle sera mais je ferai en sorte que cette vie soit bien plus merveilleuse que celle passée et si Cupidon le veut, il nous transpercera le cœur si profondément que rien ni personne ne pourra séparer ce que l’univers a unit.
Je dois y croire.
Brigitte

Un 4 mots : niveau, mécanique, total et final

Lorsque le niveau de maltraitance est atteint,
Le stress de la victime manipulée atteint son paroxysme,
Vient ensuite le temps du réveil, le rejet est alors total,
Le désenchantement précède l’effondrement,  quid de sa liberté ?
La mécanique de l’amour de soi est alors doucement remise en route
Dégrippée, huilée, un toussotement se fait entendre,
A coup de grincements et de tiraillements,
Doucement sortir de l’ornière pour au final, repartir sur des chemins moins tortueux…
Karine

La mécanique de mon cœur a atteint un niveau élevé de pression émotionnelle qui s’emballe face à une totale dépendance au sentiment amoureux qui au final se désagrège aux tréfonds de l’enfer malgré la volonté d’y croire encore !
Brigitte

 

-  Tu n’as pas le niveau, tu n’iras jamais en finale, alors arrête de rouler des mécaniques, ça ne sert à rien. Je pense qu’au total tu es un parfait looser !
Fabienne

 

 

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