Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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24 mars, 2016

Atelier du 21 mars 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:00

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Devoir :
C’était un vieux poil d’oreilles, qui en avait entendu des vertes et des pas mûres : des promesses non tenues, des serments d’amour trahis, des mensonges énormes, des mots durs, méchants… Bref, il n’en pouvait plus.

Alors, un beau matin, ce vieux poil décida de se suicider : lorsque le rasoir passa près de l’oreille, il s’étira tant et si bien qu’il fut coupé. Il tomba par terre. La brise du matin le poussa jusqu’au jardin. Là, une mésange le vit et fondit sur lui. Elle le prit dans son bec pour terminer son nid. Depuis, des petites mésanges sont nées. C’est le chant des oisillons qui le réveille désormais tous les matins. Il se sent utile, aimé, choyé ; il n’entend plus ni mensonges ni mots  blessants et le poil d’oreilles est le plus heureux de la terre.
Fabienne

Un poil à l’écoute

 

Surprise, déception et bientôt et déjà, l’HORREUR. Bien pire que la décimation, la suppression, l’éradication et dans notre cas l’extirpation, l’arrachage, le déracinement.
Virgile fêtait son jubilé, le demi-siècle. Habitué du doux regard des femmes, de long temps il ne s’était vu dans un miroir. Apprêté comme  un milord, il se mirait amoureusement à la vaine recherche de la moindre imperfection, du moindre point noir.  Las ! Nous dépassions, comme une obscénité peut dépasser d’un vêtement. Nous passions les bornes. Indécence, voilà le mot qui le giflait carmin. Prestement, au mépris de tout danger il se précipita vers ses ciseaux à favoris. Il fit un carnage, certes provisoire. Les oreilles paraissaient nettes mais le mal était fait.
Maintenant la fête était passée et bien passée, certes sans performance particulière en musique de chambre, ce qui le décevait un peu. Alors, il venait de se rendre compte que ce n’était pas une légende urbaine. Les « raisins de la colère » secrétaient bien leur venin. La testostérone et ses métabolites dégarnissaient le scalp et moquettaient nombre de surfaces inappropriées telle le dos, les épaules, le dessus des orteils. Mais aussi le nez. A l’intérieur en filtre naturel pour les si dangereuses particules PM10 de pollution générées par le gasole.  A l’extérieur et sur l’extrémité dans une pollution esthétique désastreuse. Avoir du « poil aux yeux » vaut reconnaissance populaire. Certaines toisons thoraciques ou pubiennes, voire des jambes ou des aisselles, peuvent étonner, amuser ou ravir. Les mains se perdaient dans des forêts de velours. Les anciens parlaient de fourrure, de pelage ou même de poilaison. Certaines peuplades avaient gardé la culture quasi l’agriculture, du poil. En vieillissant les yogi devenaient velus tels des yétis. Or l’homo occidentalis  prétendu civilisiationnus et encore plus l’homo, avait la haine du poil, de la touffe, de la mèche, du balai. Seul le poil de chameau les agréait, qui ne flanelle pas.  Ailleurs ils déblatéraient. L’humain mâle admettait sans trop de façons l’âge de ses artères. L’âge de son système pileux le perturbait au plus haut point, son crâne. Et de chaque coté s’échappant en pattes d’araignée du conduit auriculaire les poils lui paraissaient l’extension effrayante de tumeurs gliales. Virgile, dès le lendemain de cette constatation décidait la fin de ce double taillis obscène. Le choix du mode d’extermination se fit empiriquement. Les ciseaux avaient rempli leur office mais bientôt renforcée par la tonte,  ma famille poil repoussante repoussait. Les cisailles étaient seulement cosmétiques. Le hérisson dru menaçait d’altérer l’ouïe. Virgile fit l’expérience douloureuse de la pince à épiler de surcroit rendue moins efficace par l’encaustique naturel. La publicité tapageuse pour les coupe-poils électriques ne le convainquit pas : il était douillet, craignant la moindre décharge. Opte pour le laser définitif lui susurra sa douce amie qui venait de perdre son dernier ticket de métro. Le nom de l’officine ad hoc était engageant : au Pavillon Glabre. C’eut pu être, au coquillard imberbe mais on s’en tamponne. Les rendez-vous étaient pris toutes les heures et sa pépinière fournie  l’obligea à revenir. Il dut affronter quelques jours les moqueries causées par une loufoque asymétrie.
Le miracle se produisit à la fin de la seconde séance. La blonde épileuse rencontra enfin le regard non moins monochromatique de Virgile. Elle crut son travail terminé.  Tout au fond de l’oreille gauche, près du conduit, elle oublia un filament blanc flexible et résistant : MOI, un centimètre à peine. Si vous m’aviez vu à cet instant, je n’en menai pas large. Replié sur mon bulbe, tentant d’inhiber le mieux possible mon muscle arrecteur, peur et crampe me tétanisaient conjointement. J’aurais aimé redevenir le poil follet d’un ado pubescent, blond, fin, soyeux, lisse, quasi invisible. Mais très vite le bonheur de survivre fut dissous dans l’angoisse de la  solitude. La perte du peuple de droite, de l’oreille droite, ne m’émut guère. Tandis que de voir partir l’un après l’autre toute la gens poilue de gauche me plongea dans un désespoir abyssal. A chaque extraction d’oignon senestre peu ou pas de bruit, un peu de fumée peut-être, mais l’odeur, l’odeur… ce cochon grillé si évocateur de dernière crémation.  En profonde mélancolie tout me semblait vain. Et pourtant. Dressé au bord de ce conduit obscur, la première nuit, je ressentis à l’entour de ma tige comme des manipulations invisibles, tantôt douces et langoureuses, tantôt fringantes, saccadées voire culbutantes. Déboussolé au début, je me laissais enfin écacher par ce flux enveloppant. Des ondes, une onde me devinrent bien vite mélodie, harmonie me faisant vibrer au plurison. Du fond de ma dépression je compris que cette griserie me serait utile et même indispensable. Cela rythmerait dorénavant ma vie d’ « être unique », poil aux biques ! L’abandon, la folie douce. Néanmoins, il y eut quelques bribes de lucidité forcée. Le casque audio de Virgile interrompait ma félicité. C’était comme une douche écossaise : il aimait le heavy métal. Un bien pour un mal, dès la fin de ces cyclones hertziens, je me forçais à analyser les vibrations bienveillantes permanentes. D’où venaient-elles ? De l’intérieur bien sûr, au delà de cette membrane lointaine et floue. Quelles étaient-elles ? De deux types principaux. Les unes lâchées comme des papillons, les paroles. Les autres vibrantes et sérieuses comme des abeilles, les pensées. Toutes atténuées par l’opercule tympanique. Les locutions provenant irrégulièrement de la trompe d’Eustache étaient à peine distinctes et je mis des mois pour comprendre leur sens.  Mais autant en emporte le discours ! A mon âge, les belles paroles… Beaucoup plus fines, magnétiques, séductrices étaient les pensées, ces fleurs bleues de Virgile, certaines bucoliques ou géorgiques. Maintes fois elles me firent perdre l’entendement. Aussi eus-je vite l’intelligence de ne plus tenter de tout comprendre, de me laisser porter par l’imagination diurne, le rêve nocturne, l’irrationnel, parfois le génie. La voix n’est que le perroquet du cerveau. Elle a souvent un beau plumage, un beau ramage. Mais comment exprimer l’immatérialité du songe ? Du moment que je le compris je ne fus que passion, plaisir et souffrance. Saviez-vous que cela ne s’arrête pas ? Ne dormant jamais, j’ai ce privilège,  tout concept, opinion, idée, intention font mes délices et mes délires, des plus bénévoles aux plus diaboliques. Ma préférence allait et ira toujours à la poésie. C’est à la fois envoûtement et surprise, rien d’impossible. Ainsi, dans ma gaine creuse se liquéfie ma moelle vers l’explosion de joie. Evoe ! Chante l’ivresse et la gloire de Virgile. Le temps n’existe plus, d’ailleurs ce n’était pas le mien. Il est tard cependant et il faudra me résoudre à trouver une plume fidèle et chatouilleuse. Mon grand œuvre est à venir : « mémoires d’un poil auriculaire ». Un de ces soirs, vous en prendrez bien un petit doigt ?
Bertrand

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2/ Exercice : Aujourd’hui, nulle catastrophe ni cataclysme, aucun accident grave, pas de grève ni de malversation politique. Bref, aucune mauvaise nouvelle. A la rédaction du journal télévisé, tout le monde était affolé. Qu’allait-on pouvoir dire ?

Quitter l’écran noir des mauvaises nouvelles !
Quel beau slogan pour notre humanité qui se vautre et se repaît du malheur des autres.
On est tous à l’insu de notre plein gré à l’affût de drames et de catastrophes.
Comme si le fait de s’en offusquer et de compatir du malheur des autres nous rendait meilleurs, enfermé dans notre bonheur tout égoïste.  On vit bien, tout compte fait sur notre caillou et notre prison « dorée », cocotiers, plage, soleil presque toute l’année !
Ce choix d’ilien devient tout à coup plus légitime, traduction : ici on s’emmerde peut-être, mais au moins on est indemne de terrorisme, de vache folle, la guerre vous vous rendez compte! Et les migrants s’ils arrivaient chez nous zôtres on ferait quoi ?
En même temps ce sont des enfants que l’on retrouve, morts sur les plages tels des pantins désarticulés. Quelle tragédie !
Mais, que pourrions-nous faire nous qui sommes si loin, à part échanger nos commentaires bien confortables ?
S’offusquer,  se révolter nous révèle à notre humanité. D’hommes bien-pensants et plein de compassion alors que tout compte fait l’adage s’applique aussi à nous : loin des yeux, loin du coeur. Alors on affiche sur notre page FB : je suis Charlie,  je suis Paris, je suis Fidji…. le  ridicule ne tue pas mais par cet acte je me range à un mouvement que je pense être humaniste, je compassionne,  flatte mon moi profond, eh oui, je suis quelqu’un de bien ! Qui participe aux marches blanches, qui signe des pétitions organisées par  Amnesty International, qui offre des petits billets pour telle ou telle cause humanitaire, qui éteint la lumière pendant « the earth hour ». Mais en fait qui ne sait pas regarder le SDF sale et crasseux qui tend la main devant la boulangerie chaque matin, il n’a qu’à travailler ce paresseux !  Je suis l’homme moderne et citadin, celui que la misère du monde encombre.
Un homme tout simplement qui aime sa zone de confort et qui est fatigué devant l’inertie de ce monde ! Quel fatalisme !
Karine

Il était midi et toujours aucune mauvaise nouvelle en vue. Le rédac’chef était en furie.
- Mais enfin, de mémoire de journaliste, je n’ai jamais vu ça !!! Débrouillez-vous comme vous voudrez, mais trouvez-moi quelque chose. Cherchez partout ! Epluchez tout ! Même les chiens écrasés !
Tous les collaborateurs se ruèrent sur leur ordinateur et cherchèrent frénétiquement sur tout le web une nouvelle sanglante, des morts, au pire des blessés, un drame, un divorce, une tuerie, un grave accident, bref une MAUVAISE NOUVELLE…
Seul Pierrot, le petit pigiste, embauché de la semaine dernière avait l’air serein. On aurait même dit qu’il souriait… Ce n’était pas possible !
Les minutes s’égrenaient inexorablement. Le rédac’chef frisait l’apoplexie… A 12h50, il jeta le torchon, suivi de peu par Laurent de la Mèche, le journaliste qui devait présenter le journal télévisé…
Alors Pierrot se proposa.Le rédac’chef accepta, du bout des lèvres, n’ayant aucune solution alternative
A 13h, Pierrot était devant la caméra, toutes ses notes bien rangées devant lui :
- Bonjour Mesdames et Messieurs, aujourd’hui, nous allons vous présenter un journal très spécial, un journal comme jamais vous n’en avez vu et peut-être n’en verrez plus. Ce journal est un journal de bonnes nouvelles, pour vous rendre heureux !
Et voici les gros titres :
-  Grand soleil sur tout le pays, même dans les régions où il pourrait pleuvoir
-  Le train Paris-Nice est arrivé à l’heure. Notre reporter à Nice interwievra des passagers satisfaits
- Un chat qui était monté dans un arbre et qui ne pouvait redescendre a été sauvé par les pompiers
- Les hommes politiques ont voté une loi ce matin les obligeant à dire la vérité. Cette loi a été suivie d’un grand nombre de démissions de sénateurs, députés, maires…. Il parait même que le président de la république voudrait quitter sa fonction, mais compte tenu des délais, nous n’avons pas pu vérifier cette information
- Séquence aventure : une maman canard, suivie de ses 6 petits canetons a décidé de traverser le périphérique. Tous les automobilistes se sont arrêtés et l’ont aidé
- Et pour terminer, un témoignage : Robert et Raymonde fêtent leur 50 ans de mariage. Ils sont en bonne santé. Ils ont eu quatre enfants, tous mariés désormais, et qui ont de bonnes situations. Ils ont 10 petits enfants. Ils ont toujours vécu heureux. Ils vont nous donner leur recette du bonheur
J’espère que ce journal vous rendra heureux au moins pour la journée.
Le journal terminé, toute la rédaction applaudit à ce journal de bonnes nouvelles. Des millions de téléspectateurs eurent la larme à l’oeil et le sourire aux lèvres et ce 21 mars devint « journée nationale du bonheur ».
Fabienne

Jour de printemps. A la rédaction, à la conf de rédac, nous étions tous là ; pas de malade, pas de gréviste, pas de tire au flanc, nous faisions bloc. Les stagiaires, les deux jeunes du village, avaient monté les cafés, trois pour chacun, pour commencer. Ce matin là, vu l’ambiance, il aurait fallu le prendre en injectable. Nous étions donc treize autour de la table de Radio Libre Canala attendant un miracle ou le sauveur, ce qui est encore plus difficile ;  nous n’avons plus la foi. Au premier janvier, la chef, une sectaire obscurantiste, avait formellement proscrit toute combustion orale, vu que Louis avait mis le feu à notre dernier micro d’extérieur, celui avec la mousse et les plumes. Un texte pour dix minutes, bon sang c’est pas très long. Par contre de 9 heure à midi , trois heures vides d’imagination, sans la moindre fumée créatrice ; c’est terriblement court. Dans ce cas-là tout le monde regarde la table avec une grande concentration, qui son block-notes, qui son clavier. Les deux tiers d’entre nous avaient perdu leur mot de passe et de toute façon, le WIFI à Canala ! 180 minutes plus tard, la table n’avait pas bougé, ni nos stylos ni nos touches de clavier. Il a fallu se résoudre à faire comme hier, avant hier… et tous les jours de 2016. Repasser le même communiqué. Celui où Germaine, celle qui zozotte et bégaie, nous souhaite la bonne année.
Cette fois-ci, j’espère que la chef va comprendre  notre désarroi, qu’elle va faire le joint.
Bertrand

 

Le journal TV

 19 heures, l’heure du journal TV.
Je suis toute ouïe à m’attendre au pire du pire des catastrophes de ce monde et j’ai déjà hâte que cela se finisse pour pouvoir assister au plus vite à ma pièce de théâtre de ce soir « Les divorcés », détente dans la rigolade en perspective !
D’Ordinaire toute excitée à raconter les malheurs de la planète Terre, la journaliste se tient tranquillement assise devant son papier et nous envoie un « bonsoir » presque inaudible !
C’est avec regret dit-elle que nous n’allons pas vous parler de faits divers ou magouilles politiques ce soir car rien ne nous a été révélé, c’est donc la naissance d’un petit panda né au zoo de Shanghai qui va ouvrir ce journal et la journaliste donne des nouvelles du bébé panda et de sa maman.
Elle continue en disant que la mairie a octroyé des chambres aux sans-abri dans un hôtel désaffecté à la sortie de la ville ainsi qu’un pécule de 300 euros.
La Corée du nord a enfin décidé de créer une démocratie.
Les Masaïs pourront continuer à vivre sur leurs terres ancestrales.
Le Président français va démissionner.
Les fromages vont être vendus à prix raisonnables.
Oon n’apprendra plus aux élèves du primaire que leurs ancêtres étaient des Gaulois, Moustafa et Jacob en sont ravis !
On promet une entrée gratuite à Disneyland à toute personne capable de citer au moins trois dirigeants de pays influents : un Américain, un Russe et un Japonais.
Et pour finir, on revendique la semaine des quatre jeudis !
Encore ébahie par ce flot de bonnes nouvelles, la journaliste sourit en nous souhaitant une belle soirée.
Quant à moi, je peux maintenant préparer mon saladier de pop corn, m’installer confortablement dans mon sofa avec ma vodka et me fendre de rire avec ma pièce préférée du moment !
Brigitte

 

4pp

A la tienne.
J’avais vraiment soif. Mais du bon, de la bordelaise,  de la cuisse, du jambage, des larmes à vous trouer l’œsophage, du rouquin, du picrate, celui qui tache quand on pisse la nuit. Je sais, c’est pas correct. Mais la soif ça vient tout seul. C’est pas comme l’amour, pas de viagra qui sous-tende. Je sais c’est pas correct. Mais j’ai vraiment soif. Tu crois que c’est ouvert chez « dons vous souhaitez » ? Et si on y allait.
Bertrand

3/ Et si on y allait ?
Oui, mais faut savoir où
Si personne ne sait
Ce sera n’importe où

Faudrait se préparer,
Se mettre en route,
Faudrait bouger,
Prendre enfin la route

Mais on est si bien là
Pourquoi bouger, s’énerver
On dira ce qu’on voudra
J’ai pas envie de remuer

Regarder passer la vie
Prendre le temps
On va rester ici
Et danser dans le vent !
Fabienne

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Et si on y allait ?
Et si on y allait au cinéma voir ce terrible film avec Léonardo Di Caprio : The Revenant?
Je dis terrible car on a essayé de dissuader Marie-Pierre de ne pas le voir parce que ça fait peur et pourtant moi qui l’ait vu deux fois, j’assure qu’il n’y a aucune scène d’épouvante.
Notre cardiologue sarcastique se moque de mon engouement pour ce film aux paysages magnifiques et d »une belle interprétation de quasi tous les acteurs.
Notre Roi Georges IV, lui, l’a visionné dans l’avion en petit écran. Mais non ! Que diable, ce n’est pas à l’honneur de ce film que de le regarder en si petite dimension. Allons Georges, hauts les coeurs et tous d’un même élan, allons le voir ce sacré nom de film !
Ensuite, nous pourrons le disséquer, le décortiquer à la sauce de chacun, chacune.
Si Fabienne, notre chef des écrits donne le top départ, rassemblons-nous devant le Ciné City et passons une bonne soirée !
Je vous assure une salle des plus silencieuses car même les pop corn se taisent !
Et si on y allait, qu’en dites vous ?
Brigitte

Atelier du 14 mars 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:00

Devoir : Sur une corde à linge, un string sexy sèche à côté d’une culotte en coton. La conversation s’engage. 1pp

Ils sont pendus sur un tourniquet planté derrière la vielle maison à moitié en ruines, perdus au milieu de soutien-gorge affriolant et de vieilles robes de chambre délavées. Un vent fou s’est levé de la mer toute proche et le tourniquet s’est emballé. Alors ils tournent, s’entrechoquent et se giflent mutuellement. Face à la grosse culotte en coton bien épais, le petit string violet ne fait pas le poids. L’une de ses épingles s’est déjà décrochée et il se voit partir dans le vent, seul dans la cour. Effrayant. – J’ai mal au cœur à tourner comme ça, gémit-il ! Je vais vomir, c’est sûr. – Pauvre petit, répond la grosse culotte blanche d’un ton moqueur. Ce que c’est fragile, ces petites choses ! Moi, je m’amuse comme une folle. Ca me rappelle la grande époque, quand mon petit cul dansait la valse. Parce que tu sais, elle était jeune avant d’être vieille. Ah la valse, sur les grands parquets cirés, nous tourbillonnions sous les lustres ruisselants de lumière… – C’est quoi la valse hoquète le petit habitué aux danses saccadées et violentes des temps modernes ? – Aahh, répond la grosse toute songeuse. Elégance, tenue, tout en glissades savantes et puis cette envolée des violons, cette dynamique du tournoiement… Mon Dieu que c’était beau ! – La dynamique du tournoiement ! Quelle horreur s’étrangle son voisin qu’une rafale vient d’entortiller autour du fil. Je vais mourir ! – C’est vrai que tes délicates dentelles risquent de se déchirer. Et ton petit cul il, heu, il s’amuse bien, demande l’ample culotte en comprenant qu’il y a urgence à détourner l’attention de son voisin vers des sujets plus légers ? – Hein ? De quoi elle parle celle-là ! S’amuser, lui ?! ça y est, sa fine mousseline vient de se déchirer. Sa vie qui ne tenait qu’à un fil vient de s’arrêter d’un coup. – La tête dans les étoiles, la grosse voisine ne remarque pas sa détresse et glousse : mon petit cul a compris que c’est bientôt la fin. Alors, elle a décidé d’en profiter au maximum tant qu’elle peut. Tu verrais ça… Ce qu’ils peuvent faire, oh là, là…. – Adieu Berthe !!! Hurle le string pendant que la dernière couture lâche, l’abandonnant tout vide et tout nu à la furie du vent. – Pff, mon humaine a raison. Ces jeunes, tout dans l’apparence, mais ils ne tiennent pas dans la durée.
Mireille

Choc générationnel

 

Sur une corde à linge un string sexy sèche à côté d’une grande culotte en coton. La conversation s’engage :
- Psst, psst !!!
Pas de réponse.
- Hey, pssst, vas-y la grosse répond moi !
- C’est à moi que vous parlez ?
- Ben à qui veux-tu que ce soit ? Tu vois d’autres grosses à l’horizon ?
- Je ne vous permets pas, je ne suis pas grosse, je suis grande.
- Ouais ça c’est ce que t’ont raconté tes parents pour pas que tu complexes ! Bon de toute façon je m’en fous que tu sois grosse ou grande, moi je veux savoir comment on se barre d’ici parce que la bronzette commence à me taper sur le système !
- Débrouillez-vous !
- Oh, madame est vexée.
- Madame vous emmerde !
- Oh ben dis donc, joli la vieille !
- Allez donc vois ailleurs si j’y suis.
- C’est exactement le but de ma question.
- C’est la première fois que vous séchez sur une corde à linge ?
- Ben ouais, j’ai pas mille ans moi.
- Et bien sachez qu’on ne se « barre » pas de la corde à linge, on attend que quelqu’un vienne nous chercher.
- Waouh t’es vraiment de l’ancien temps toi ! « On attend que quelqu’un vienne nous chercher », laisse moi rire, tu crois encore au prince charmant ou quoi ?
- Faites comme vous voulez.
- J’en avais bien l’intention ouais. Je vais me débrouiller avec le vent ce sera plus efficace qu’avec toi. Hey vieux, tu voudrais pas souffler un peu par ici ? Un peu plus fort… Vers le sud maintenant. Super merci ! Hasta luego la vieille.
Le string s’envola dans les prés et la grande culotte en resta bouche bée, jamais elle n’avait pensé qu’une telle liberté était possible. Il fallait surement être un string pour oser des choses pareilles…
Claire

Culotte Vs String.

Sur une corde à linge, un string sexy(S) sèche à coté d’une grande culotte (C) en coton. La conversation s’engage.
C : bonjour ! Vous venez d’arriver. Je ne vous avais pas vu. Je vous tournais le bas du dos.
S : salut, je viens d’arriver et avec ce beau soleil ma soie sauvage va vite sécher. Vous avez vu la pince velours pour ne pas m’abimer ?
C : moi, je suis là depuis trois jours avec mes six pinces à linge en bois. Avant-hier il a plu et malgré l’alizée mes doublures restent humides et j’ai le fond concave.
S : du coté des auréoles ? Y en a plusieurs, vous savez !
C : à mon âge, des goûts et des couleurs !
S : encore heureux que nous ne soyons pas sur le même câble. J’ai la hantise des microbes.
C : d’abord, ce sont des taches propres et ensuite vous auriez tort de faire les fines lèvres. Votre curriculum vitae tient probablement de l’antibiogramme complètement positif et j’espère que votre « site de réception » a un anti-virus récent !
S : eh, l’aïeule ! C’est pas parce que t’as l’élastique mou, au propre comme au figuré, que t’es garantie bio, champignons compris.
C : parlons-en. Je suis sûre que vous avez des moisissures fluos sur cette ficelle à deux trous qui tient la poche mini. Au fait, pourquoi deux trous ? Fichtre, crotte, quelle tarte d’avoir posé cette question ! En plus j’ai bien l’impression qu’il n’y en a qu’un seul, de trou.
S : t’as pas inventé le talc toi ! Si encore tu ressemblais à un cycliste, un lycra, un stretch. Tu pourrais mouler des fesses rondes, les fameuses fesses hautes en « bulles », en pommes d’amour. Ou alors des fesses en cœur avec une taille fine et deux jolies petites gouttes d’eau. A l’extrême limite, des fesses en H, style athlète de salles qui puent. Pas des fesses carrées, style pancake. Etant donné tes galbes à l’abandon, je crains la forme en V avec  peau d’orange, vergetures et tutti quanti ! T’es extralarge matelassée, étanche au moins ? Manque plus que les petits rubans roses.
C : paradoxalement je vous trouve très culottée pour un string. Aucune pitié, aucune piété. Vous, vous moulez rien du tout ou presque.  Pas sûr que votre contenu soit callipyge… C’est du grec ancien, espèce d’ignare. De kalos : beau et pugé : fesse, ou petite montagne en langue d’oc. Qui nous dit que le votre, de cul, il n’appartienne pas à un cacopyge ? Mais enfin, comment se fait-il qu’un joli petit soutif soyeux ne vous accompagne pas ? Elle n’en a pas besoin ?
S : c’est à dire que, j’allais dire, en fait….  je suis un string masculin !
C : ben dis donc ! Il doit être tout mignon le petit Dick !!!
Bertrand

-  Dis grand-mère, tu crois que quand je serai grande, j’aurai de la dentelle partout comme toi ?
-  Ça, ma chérie, nul ne sait… Les hommes sont tellement changeants. Enfin, quand je dis « les hommes », je veux dire l’humanité. Tu vois, quand j’étais jeune, on pouvait faire ce qu’on voulait. Tout était permis, enfin, presque. Notre slogan était « il est interdit d’interdire ». Une sacrée époque, crois-moi. On venait de voter 2 lois primordiales pour la liberté des femmes : la contraception et l’avortement.
Subitement, notre corps nous appartenait. On pouvait faire l’amour avec qui on voulait. On pouvait avoir plusieurs partenaires sexuels et plus personne n’était jugé…
-  Tu regrettes cette époque, grand-mère ? Mais que s’est-il passé alors ?
-  Tu vois, ma petite fille, il y a toujours eu à travers l’histoire, des époques de totale liberté sexuelle, artistique, d’expression, suivies de périodes d’intolérance, d’obscurantisme, de régression et bien sûr  de pudibonderie extrême, et tout cela à cause de soi-disant religions. Je dis soi-disant car le but final est encore et toujours de soumettre les femmes.
Alors tu vois ma chérie, que la dentelle et la légèreté de seront peut-être pas pour toi, mais sûrement pour ta fille ou ta petite fille, qui sait ?
Fabienne


Conversation

 Petit fil de dentelle
Pour ne rien cacher
Laisser porte ouverte
Se satisfaire les sens
Suspendu à une corde
Au soleil près du coton

 Comment vous acceptez-vous aussi grande ?
Demanda le fil au coton
Je n’ai pas choisit lui répondit-il
C’est ainsi que l’on m’a dessiné
Il ne m’est point d’autre façon d’être
Et vous demanda le coton
Pourquoi êtes-vous si fin
L’hiver, cela ne doit pas être confortable ?

Je m’accommode de comment je suis
Répondit le fil
Vous et moi ne pouvons rien y faire
Devenons amis, voulez-vous dit le fil

Oui, lui dit le coton enchanté
Et c’est ainsi que commença l’aventure
Le fil de dentelle resta un string sexy
Le coton, une culotte somme toute utile
Sur la corde à linge se racontant leurs délires !
Brigitte

 

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