Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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23 février, 2016

Atelier du 8 février 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:25

Devoir : Ecrivez les 7 derniers jours du journal intime d’un assassin qui va commettre un crime,  en faisant ressortir un évènement chaque jour.

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Le crime d’un bel assassin.

 

8ème arrondissement de Paris, Moi.
Plutôt que d’avoir peur d’en prendre pour plus de  vingt ans ou même jusqu’à perpette envisageons le crime comme une faute grave, une erreur, au pire un acte fâcheux. Pour mes actions je n’aime pas du tout faire intervenir la morale. Un peu de noirceur, un zeste de perversion, du vice tant que je peux. Je me fous de la transgression, du délit. Aucune tache sur mon costume. Par contre j’aurais horreur que vous me trouviez monstrueux, abject. Ce serait même douloureux.
Lundi :
J’ai laissé passer dimanche. Jour de repos favorable à la réflexion, à l’élaboration de plans. Les neurones se mettent en place, les tracas se mettent en phase. Submergé par mon job je tente de me trouver des distractions. Lundi donc début du stratagème. Bien sûr, j’en ai parlé à Séléné dite Juju. Rien que l’évocation de ses voiles fluides et translucides vous donne une folle envie de démarrer le scooter. Sur l’idée elle est d’accord Elle m’admire tant avec sa bonne bouille de pleine lune quand elle croque son magnum. Dans ce monde hostile de femelles teigneuses. Enfin du vrai, dans le calme et la volupté !

Mardi :
Ce jour là je me fais mon paquet de 2 Mars au petit déjeuner. Impossible de boutonner facilement ma veste mais je m’en moque. On ne pourra pas me dire que le costume est trop grand. Début des hostilités. Première flèche. Je l’ai conviée comme tous les autres en tête à tête.  Pour toi, ce sera possiblement ou plus encore probablement le Quai d’Orsay. Le p’tit teigneux catalan l’aurait bien vue au Musée du même nom. Quel ennui ces séances de casting. Tout ça parce que l’antiquaire veut pantoufler.

Mercredi :
Le mercure monte. Elle a annoncé aux quatre enfants qu’elle partait en voyages mais qu’ils la verraient très souvent sur CNN. Au pluriel, voyages. Discours à New York, au Conseil… tout le toutim. Mercredi radieux, comme pour les Orthodoxes. Je lui passe un SMS en plein conseil des ministres : ça va bouger ! E fait je l’enverrais bien en Antarctique. Avec les pingouins ou les manchots, je sais plus. En tout cas au frigo.

Jeudi :
Soyons jupitérien. JE COMMANDE. A midi, du saumon de l’Adour, débrouille-toi. Et des cœurs d’artichaut, j’adore, je fonds.  Les petits pois ça me gonfle. Grisant d’exprimer ses désidérata au cuisinier. Rata au cuistot : elle est bonne ! Avant la sieste, je lui téléphone. T’as des plaques CD pour ta bagnole ? Tu sais que ton corps est encore diplomatique ! Là, j’exagère. On m’a dit qu’elle s’était fait livrer un cent de cartons de déménagement. Et une mappemonde avec des fléchettes. Cela me fait penser au jeudi de l’ascension. Elle va atteindre des sommets.

Vendredi :
Vénus l’attaque. Elle vient de commander chez Mariotto trois petits tailleurs jupes. La robe affichant son image a dû la marquer. Elle reste modeste mais d’habitude c’est du prêt à porter. Je demande au Dircab de l’appeler pour lui demander si elle avait fait des progrès en mandarin. Sa bravitude sur la Grande Muraille avait un sens, finalement. Elle a fait appeler l’ambassade de la République Populaire. Ferrée !

Samedi :
Ce boulot me prend tout mon temps, y compris les repas. C’est seulement en fin d’après-midi que je me suis souvenu de mon entourloupette. Que j’aime ce mot qui a tant de belles rimes. J’ai reçu une pétition « off » par la valise diplomatique. D’après leur sondage « maison » sa candidature suscite 32% de NON. Qui leur a transmis l’info ? Elle ? Envoutée, ensorcelée. Je suis le Baron Samedi, comme dans James Bond.

Dimanche :
C’est demain que sort la liste. Encore une douzaine de postes à pourvoir. Les derniers on les jouera au Mistigri. Harassant ! Aux dernières nouvelles, le brocanteur veut garder la COP 21 pour les derniers six mois. Y font tout pour me faire braire, ces enfoirés. Demain à 11 H 00 cela sort sur Médiapart. A moins le quart je l’appelle.

Lundi :
J’ai pas pu tenir. Je l’ai convoquée à 10 H dans la petite bibliothèque, c’est plus intime. Pas mal, le tailleur rouge sang, adapté à la situation ! T’as vu qu’elle a reculé d’emblée son fauteuil loin du bureau. Quel croisé de jambes ! J’ai failli l’appeler « chérie ». Ma grande : en dépit de tous mes efforts, crois le bien, on a trouvé un autre héros pour le Quai. Tu restes à la Ségologie. Putain de lapsus ! Elle en est restée… VERTE. AHeeeeeuuu !

Toute ressemblance avec des évènements récents est impossible et serait vraiment immorale.
Bertrand

 Journal d’un assassin

Mardi 2 février
Je suis allé hier chez mon psy et il m’a donné deux conseils (obligations ?) pour aller mieux : rédiger un journal dans lequel je noterai tout, absolument tout, sans aucun frein, ce que je fais, ce que je pense, ce que je ressens, mes pulsions les plus inavouables… et faire une longue promenade dans la nature chaque matin en marchant rapidement et en respirant à fond. Il paraît que cela pourrait compléter la thérapie. Bon, je veux bien…
Ce matin je me suis donc levé très tôt pour pouvoir démarrer ma journée à 6H30. Je préfère ne rencontrer personne sur mon chemin. Comme j’habite un petit chalet de bois un peu à l’écart du bourg, j’ai choisi de descendre jusqu’à la rivière, puis de suivre la berge jusqu’au pont en dos d’âne qu’on appelle le Pont du Diable, le traverser, revenir en face jusqu’au Pont Vieux qui marque l’entrée du village et terminer la boucle. En marchant vite j’ai mis une heure et demie. A 8H j’étais à la maison sans avoir vu un chat et une longue journée d’ennui a commencé. J’ai essayé de ne pas penser, j’ai bu des bières et j’ai dormi. Je ne comprends pas mon psy, je me sens toujours aussi mal.

Mercredi 3 février
Ce matin pendant ma marche, un événement s’est produit. J’ai rencontré quelqu’un : une joggeuse a croisé ma route. Elle m’a salué, s’est arrêtée un moment à ma hauteur pour reprendre son souffle et on a échangé quelques mots, des banalités, mais j’ai vu sa peau laiteuse sur ses épaules et dans son décolleté quand elle était penchée en avant, les deux mains sur les genoux et j’y ai pensé après. J’y pense encore maintenant que je suis rentré, toute cette blancheur parsemée de petites taches de son, ça m’obsède. C’est normal, non ? Je suis un homme normal, après tout. Mon psy ne trouvera rien à redire, il me semble. L’après midi je suis allé en ville pour acheter une belle tenue de sport.

Jeudi 4 février
J’avais hâte de la revoir aujourd’hui, j’ai soigné mon apparence et j’ai couru jusqu’à la rivière. Quand on s’est croisé de nouveau, on s’est souri et on a échangé plus que des banalités. Elle est professeur au collège voisin et elle court tous les matins avant d’aller en cours. On fait le même trajet. Je lui ai dit que j’étais artiste peintre et que j’habitais sur la rivière un peu à l’écart parce que j’avais besoin de solitude, de silence et de concentration. Je ne peux pas lui dire que je suis malade de la tête et au chômage. Pourvu qu’elle ne demande pas à voir mes œuvres !
Je lui ai demandé si elle n’avait pas peur de courir si tôt toute seule et elle a ri en répondant : « non, je ne rencontre personne à part vous et vous ne me feriez pas de mal ». J’ai dit non, bien sûr, mais ça m’a donné des idées.
J’ai eu toute la journée pour penser à elle en buvant des bières : je voyais mes mains sur sa peau de lait et une fois j’ai eu envie de serrer  très fort. Je crois que ce n’est pas bon. Demain, je change de sens, comme ça je ne la croiserai pas. Et j’arrêterai de boire des bières, ça me donne de mauvaises pensées.

Vendredi 5 février
Tout va mieux, je ne l’ai pas croisée, je n’ai pas bu et je n’ai eu aucune pulsion néfaste. Je suis soulagé.

Samedi 6 février
Ce matin j’ai décidé de changer d’itinéraire pour éviter toute tentation. Je suis parti marcher de l’autre côté de la nationale, il y a une jolie forêt avec des myrtilles et des champignons. Demain j’en cueillerai. Je n’ai vu personne.
En rentrant je me suis arrêté au village pour acheter le journal. J’ai bien vu qu’il se passait quelque chose, il y avait une effervescence inhabituelle sur la place, les gens parlaient entre eux.
Le journal disait qu’une joggeuse avait été agressée hier le long de la rivière et qu’on l’avait étranglée.
Ce n’est pas moi ! Je m’en souviendrai. Non ?
Je suis vite rentré, j’étais retourné. Elle s’appelait Sandrine Guillot.  J’aime bien ce prénom.

Dimanche 7 février
Comme je suis le seul qui habite près de la rivière, et que le corps a été découvert pas très loin de chez moi, la police est venu m’interroger. Comme témoin éventuel. J’ai dit que je n’avais rien vu d’anormal mais j’ai bien senti qu’ils se posaient des questions et hésitaient à me croire. Ils vont faire une enquête.
Ils sont revenus ce soir. Comme j’ai compris, ils avaient pris contact avec mon psy. Qu’est-ce qu’il a pu leur dire, ce con ? Ils ont tourné dans le chalet et ils ont vu ce journal. Ils l’ont lu, mais pas emporté, ils n’avaient pas le droit. Je suis quand même inquiet.

Lundi 8 février
J’ai passé une mauvaise nuit, j’ai des bouffées d’angoisse. Pourtant je n’ai rien fait de mal, enfin je crois, je ne suis plus sûr de rien. Mais je vois bien qu’on m’accusera et alors comment je vais m’en sortir ? Je ne veux pas aller en prison.
J’ai bu toute la journée pour chasser la peur et maintenant tout est clair. Mon vieux fusil de chasse est là, il n’y a plus que cette solution.

On retrouva le corps de Julien Brévin le lendemain, quand les policiers vinrent chez lui pour lui annoncer qu’on avait arrêté l’assassin de Sandrine Guillot
Huguette

 

Lundi 1er février :
Le voisin du haut a encore tapé sa femme hier soir. Je n’en peux plus de l’entendre crier quand il lui fout des coups de poing. Et puis a suivi un long et inquiétant silence.
J’en ai pleuré de voir tant de violence.

Mardi 2 février :
Ce matin, celle du coin de la rue est passé devant chez moi pour amener son petit garçon à l’école, comme tous les matins. Cette sale bonne femme lui a foutu une claque parce qu’il voulait lui faire un bisou pour lui dire au revoir… Le regard si triste de ce petit garçon a croisé le mien à travers la fenêtre. J’en ai pleuré de voir tant de méchanceté.

Mercredi 3 février :
Les jeunes du bout de l’impasse ont encore attaqué la petite mémé du rez-de-chaussée. Quand elle était par terre, ces ordures ont dansé et ri autour d’elle.  J’ai appelé le SAMU, elle avait un œil au beurre noir et une jambe cassée. J’en ai pleuré de voir tant de bêtises.

Jeudi 4 février :
Le voisin de droite a un chien. Ce n’est pas un beau chien ni un chien intelligent, mais il est tellement gentil quand il vient se faire caresser à travers le grillage. Ce soir, son maître s’est mis à crier, puis à taper. Le chien a aboyé, puis a geint, puis s’est tu. Qu’avait bien pu faire cette malheureuse bête ?  J’en ai pleuré de voir tant de cruauté

Vendredi 5 février :
Ce matin, je faisais les courses dans le centre-ville. Des jeunes cagoulés ont commencé à se moquer d’un homme parce qu’il avait l’air efféminé. Puis ils l’ont insulté, puis ils l’ont tapé. Personne n’a bougé. J’en ai pleuré de tant d’intolérance.

Samedi 6 février :
Je suis resté couché toute la journée. Je n’ai plus envie de voir le monde. Il faut que cette violence, cette méchanceté, cette bêtise, cette cruauté, cette intolérance cessent.  J’en ai pleuré de tristesse. J’ai beaucoup réfléchi aussi.

Dimanche 7 février :
Aujourd’hui chacun aura ce qu’il mérite !
Fabienne

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Koh-lanta

 Jour 1 :
Plus que deux jours avant que nous ne manquions de nourriture.

Jour 2 :
Les regards sur chacun d’entre nous se font de plus en plus lourds afin de trouver le responsable de cette famine à venir.

Jour 3 :
Nous avons mangé les derniers grains de riz.

Jour 4 :
Je l’ai regardé dans le blanc des yeux, un espoir de survie ?

Jour 5 :
Je suis parti à sa recherche, la traque ne fait que commencer.

Jour 6 :
La haine et la faim grandissent et me guident.

Jour 7 :
J’ai enfin mis la main sur le poulet !
Claire


2/ Exercice
 :

Ce matin, au saut du lit, nous avons décidé de changer de nom. Ceci pour diverses raisons.
D’abord, parce qu’il n’était pas à notre dimension, et pas assez optimiste…

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En effet, notre famille s’appelle LEPETIT. Avouez que ce n’est pas un nom d’envergure ! A chaque fois qu’on m’appelle, j’ai l’impression de me recroqueviller, de renter dans ma coquille. Heureusement que mon prénom, Alexandre,  sauve un peu l’ensemble. Alexandre, ça a du panache, ç’en impose, ça sonne bien…
Lassés par tous les quolibets que nous entendions tous les jours, je pris ma femme et mes deux filles et décidai d’aller au bureau des changements de patronymes.
Bigre, il y avait du monde, une queue interminable, en fait. Je n’aurais jamais cru qu’autant de gens soient insatisfaits de leur nom. Au bout de deux heures, nous nous retrouvâmes finalement devant un agent administratif grincheux et l’air peu amène. Je vis sur son badge qu’il s’appelait Monsieur Revêche. En moi-même, je me dis qu’il portait drôlement bien son nom. Et puis je réfléchis, c’était peut-être son nom qui l’avait rendu comme ça. Mais, enfin, pourquoi n’avait-il pas changé de nom ? Il était pourtant bien placé…
Lorsque je me penchais vers l’hygiaphone pour lui expliquer mon problème, ce monsieur me coupa aussitôt pour me lancer :
- Il faut remplir le formulaire B305-412, vous ne l’avez pas encore rempli ? Et puis, il faut argumenter aussi, on ne change pas de nom comme cela, il faut de bonnes raisons.
Je m’enquis de ce formulaire. Il fallait le récupérer au premier étage, au fond du couloir, bureau 14. Je me dis que nous n’étions pas venu pour rien et nous voilà à monter l’escalier, à refaire une queue tout aussi interminable que la première. Bref, le formulaire en main, nous nous mîmes dans un coin pour le remplir. Nous séchâmes un peu puis chacun y alla de son idée :
- Notre nom manque d’envergure et de panache.
- Notre nom n’est pas assez optimiste.
- Notre nom nous réduit à de petites choses, alors que nous sommes tous très grands ! C’est injuste.
Mille autres raisons nous vinrent à l’esprit. Notre formulaire devenait un dossier et même un gros dossier.
Devant tant de détermination, les autorités n’ont pu que donner leur autorisation. Voilà pourquoi maintenant, je m’appelle Alexandre LEGRAND. C’est un peu plus compliqué pour ma femme Catherine…
Fabienne

Ce matin, au saut du lit, nous avons décidé de changer de nom. Ceci pour diverses raisons. D’abord parce qu’il n’était pas à notre dimension et pas assez optimiste. Ensuite, parce que nous voulions quelque chose de plus poétique et qui rime avec nos prénoms. Après plus d’une heure de réflexion, nous nous sommes entendues sur Joli. Virginie et Emilie Joli, c’était tout de même plus engageant que Virginie et Emilie Courteau.
Il ne restait plus qu’à convaincre nos parents. Ce ne serait pas une mince affaire car Papa avait pour habitude d’utiliser tout un tas d’expressions qui commençaient par « Chez les Courteau… ». « Chez les Courteau, on se tient bien à table ! », « Chez les Courteau, nous n’avons jamais arnaqué un seul de nos clients », « Chez les Courteau, nous sommes garagistes de père en fils »… Pas de chance, il n’avait que des filles !
Nous avons décidé de commencer par convaincre Maman. Après tout, elle avait accepté de changer de nom en se mariant, elle pouvait très bien recommencer. Il nous restait à trouver les meilleurs arguments. Au bout de dix minutes de concentration intense, nous n’étions pas très avancées. Alors, d’un commun accord, nous avons décidé de reporter l’élaboration de notre plan d’attaque à demain. Aujourd’hui, ce serait piscine !
Claire

7 février, 2016

Atelier du 1er février 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:16

Devoir : Une photo

 devoir

Et la cloche sonna…

 Marc venait de gagner une partie de billes quand la cloche de l’école sonna. Il se releva déçu, il n’avait jamais aimé l’école. Il regroupa les billes qu’il avait gagnées puis, sentant une agitation inhabituelle, regarda autour de lui. Ses camarades courraient, ce n’était pas la cloche de l’école qui avait sonné mais la sirène qui annonçait une alerte à la bombe. Il rejoignit rapidement la cave de la maison voisine qui servait de refuge aux élèves et se réjouit du temps gagné qu’il ne passerait pas sur les bancs de la salle de classe. Il aimait bien sa maitresse pourtant, elle était belle et gentille. Mais il détestait les maths, il ne comprenait rien.
Les enfants commencèrent à s’ennuyer et, pour passer le temps, décidèrent de jouer aux devinettes. Des rires résonnèrent dans la cave, la maitresse décida de les laisser chahuter encore quelques temps. Le temps fut court. Une explosion retentit juste au-dessus d’eux. Un énorme bruit et un nuage de poussière s’engouffra dans la cave. Les flammes commencèrent à crépiter devant la porte. La maitresse hurla aux enfants de reculer le plus loin possible. Elle s’approcha de la porte et l’ouvrit, c’était la seule issue possible. Le feu était encore faible, elle jeta des sacs de pommes de terre dessus et ordonna aux enfants de fuir le plus vite possible et de se mettre à l’abri où ils le pourraient.
Marc habitait trois maisons plus loin, il courut chez lui sans se retourner. Pendant une heure encore il entendit les bombes tomber sur le village aux côtés de sa mère, pâle d’inquiétude. Quand le calme fut revenu depuis plus d’une heure, sa mère accepta d’ouvrir la porte. Le village était un champ de ruine, la plupart des maisons étaient détruites. Le clocher de l’église gisait dans le cimetière, écrasant les tombes sous son poids. Marc se précipita dehors, sa mère tenta de le retenir mais ne put que lui arracher un bout de chemise. Il courut jusqu’à l’école. Il trouva un tas de pierres en feu. Il s’avança lentement vers le brasier et baissa les yeux, aveuglé par la lumière. Il vit une main dépassant des décombres, il dégagea les débris le plus rapidement possible et découvrit le visage de sa maitresse, il l’a secoua mais elle ne bougea pas. Sa mère arrivait derrière lui, elle le prit par les épaules et l’obligea à regagner la maison.
Le lendemain les survivants commencèrent à nettoyer le village et à compter leurs morts. Quatre camarades de Marc manquaient à l’appel. Dans l’après-midi, comme pour se recueillir, les enfants se retrouvèrent devant l’école. Le feu avait été maitrisé dans la matinée. Marc s’avançat dans ce qui avait été la cour ombragée. Il vit de minuscules flaques de couleurs sur le sol. Il se pencha et toucha du bout des doigts ces taches étranges. Il reconnut les couleurs, c’était ses billes. Elles avaient fondu là où il les avait laissées. Après quelques instants il se releva le visage dur et passa devant ses camarades sans un mot. Sa décision était prise, à dix ans, il entrerait en résistance.
Claire

Le petit René n’aimait qu’une seule chose à l’école : les récréations. Tout le reste, ça l’ennuyait. Le français, les dictées, les maths, l’histoire, la géo, l’instruction civique… Il se demandait vraiment à quoi ça servait d’apprendre tout ça. Surtout pour ce qu’il voulait faire !
Onze heures vingt-cinq, plus que cinq minutes et ça serait la deuxième récré de la matinée. Il pourrait enfin voir Clémentine.
L’école des garçons était mitoyenne avec l’école des filles, mais jamais, au grand jamais ! Ils ne devaient se mélanger…
Pourtant, au fond du préau, derrière les toilettes, sur environ 30 centimètres, le mur était tombé. Et personne ne l’avait vu. Personne, sauf le petit René. Il n’était peut-être pas fort à l’école, mais il était malin !
Il avait rencontré la jolie Clémentine le jour de leur rentrée au CP, elle devant l’école des filles et lui devant celle des garçons. Ce fut le coup de foudre pour ces deux-là. Il y avait déjà trois ans… Et depuis, à chaque récréation, René et Clémentine se disaient qu’un jour, quand ils auraient passé leur certificat d’études, ils partiraient ensemble. Et qu’ils feraient le plus beau métier du monde : ils seraient vendeurs de rêves !
René (Haby) ne devint jamais vendeur de rêves, mais en 1975, alors qu’il était ministre de l’Education nationale, il fit voter la loi sur l’obligation de la mixité scolaire, en souvenir de la jolie Clémentine !
Fabienne

« Photo de classe »

Onze heures vingt cinq, plus que cinq minutes. Le maître va être furieux et je vais me faire taper sur les doigts, avec la règle en fer sans doute. Je suis son souffre-douleur. Tu parles. L’autre jour, en faisant semblant de ramasser un crayon, j’avais mis le feu à son lacet. Cela a fait une grosse fumée puante et on a été obligés d’ouvrir les fenêtres en plein hiver.  Il a tout de suite trouvé le briquet que j’avais planqué dans mon pupitre avec ma fronde et mes  billes. Je l’avais piqué à mon grand frère qui fume des feuilles de platane. Tout le monde a rigolé mais j’ai eu trois samedi matin de colle et c’est pas la première fois. Depuis je suis passé du premier au dernier rang, même pas à coté du radiateur. Plus que cinq minutes pour rédiger cette satanée composition écrite. Tout le monde va se foutre de moi.  Ils ont l’habitude. Le « nain » qu‘ils m’appellent. C’est vrai que sur mon bureau je touche pas terre !  Si au moins ma mère m’avait pas fait la coiffure de Tintin. Cela va être ma fête après la cantine. Y vont encore me piquer mon béret. Plus que cinq minutes et suis sec. Le sujet du devoir ? « Mange ta soupe » !
Bertrand


Exercice
 : Par le plus grand des hasards, vous avez été en contact avec l’objet familier d’un grand personnage.
Cet objet va vous « parler » et vous allez pouvoir, grâce à lui, revivre un moment de ce grand personnage.

Mitterrand

J’étais par hasard tombé sur le chapeau de François Mitterrand lors d’un séjour à la campagne. Pour m’amuser, je le mis et une chose étrange se produisit, je me trouvais comme propulsé dans le passé. J’entendais un téléphone sonner au loin. J’ouvris les yeux, j’étais François. J’allais décrocher et une petite voix me dit : – François, c’est moi.
- Oui, que se passe-t-il ?
- Es-tu seul ?
- Oui
- Le téléphone est sur écoute ?
- Non, que se passe-t-il ?
- Je suis enceinte.
Je reçus un coup dans le ventre, je n’arrivais plus à respirer. Elle attendait un enfant de moi.
- François ?
- Oui, je suis là. Que comptes-tu faire ?
- Je veux le garder.
- Peut-on se voir ?
- Oui, mais je ne changerai pas d’avis.
- Demain 20h au même endroit que d’habitude.
- D’accord.
La journée du lendemain fut interminable. Je cherchais tous les arguments pour la convaincre de renoncer à cet enfant. Le monde se modernisait, mais pas au point d’annoncer à la France entière que j’avais conçu un enfant dans le dos de la Première Dame.
A 20h, je me rendis dans l’appartement du XXème dans lequel nous avions l’habitude de nous retrouver. Elle m’ouvrit la porte, elle était magnifique. Je l’embrassais et entrais. En la regardant, je me rendis compte que je voulais cet enfant. Je le lui dis, elle me sourit et répondit : « Si c’est une fille, nous l’appellerons Mazarine ».
Claire

Marylin M.

Le parfum de Marylin

Il était une heure du matin et elle sut que ce soir, encore, il ne viendrait pas… Alors elle repoussa les draps de satin blancs, mit un peignoir, et se versa un whisky.
Voilà une semaine qu’il n’était pas venu… Pourtant, comme les autres soirs, il l’avait appelé vers 20h : « je vais essayer de me libérer, mais je ne te promets rien ». Elle savait que, par sa fonction, il était très occupé, et puis il fallait toujours faire attention. Comme tous les soirs pourtant, elle avait espéré. Elle s’était longuement préparée pour être toujours la plus belle. Elle avait pris un bain aux essences rares. Elle avait enduit son corps d’onguents précieux. Elle s’était maquillée longuement puis avait parfumé sa nuque, le creux de ses bras et de ses seins, l’intérieur de ses poignets avec ce merveilleux parfum de Chanel, le n° 5 qui lui ressemblait tant. Elle s’était glissée nue dans les draps frais pour l’attendre.
Mais ce soir encore, il ne viendrait pas. Etait-il vraiment si occupé ou bien avait-il rencontré une femme plus belle et plus jeune ? Elle avait déjà la quarantaine, elle se croyait moche et vieille, alors qu’elle n’avait jamais été aussi belle. Elle devait paraitre stupide aussi car ne dit-on pas que les hommes préfèrent les potiches ? Elle avait fait tout ce qu’elle pouvait et malgré tout, il ne quitterait jamais sa femme. Alors ce soir, c’était le soir de trop ; elle ouvrit une boite de somnifères. En prit un, puis deux, puis la boite…
Fabienne


Exercice
 : Dans ma valise, il y a :

p11

Dans ma valise, il y a
Tout un tas de choses que je ne mettrai pas
Des « au cas où », des « on ne sait jamais »,
Qui ne servent jamais
Peu importe l’endroit
C’est toujours le même choix.
Il faudrait qu’un jour je puisse
N’amener que du dentifrice !
Fabienne

Dans ma valise il y a… il n’y a plus rien. La charmante hôtesse très souriante du service bagage de Roissy m’a gentiment expliqué que par une malencontreuse mauvaise manipulation des bagagistes, ma très jolie valise s’était très légèrement ouverte et que son contenu s’était délicatement rependu au sol. Bien sûr, ils avaient tout récupéré et je pouvais vérifier que tout était au complet dans le splendide sac poubelle jaune qui trainait dans le coin là-bas. Il ne me restait plus qu’à m’acheter une nouvelle valise maintenant…
Claire

Dans ma valise, il y a toi
Il y a moi, il y a nous
Il y a notre histoire
Il y a tes doutes et mes certitudes
Il y a ta tendresse, il y a mon amour
Il y a ton départ, mon attente à te rejoindre
Mes nuits sans toi
Tandis que ton cœur me garde une place de choix
Dans ma valise
Il y a tout l’espoir du monde
D’une vie auprès de Toi
Toi que j’aime à l’infini.
Brigitte

Atelier du 25 janvier 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:02

Devoir : Dans leur petite boutique au fond de la ruelle du Premier de l’An, Amélie et Justin vendaient des « Premières fois ».

1p

La boutique des Premières Fois

 Je devais avoir vingt ans et, tandis que j’expliquais à ma tante le désespoir d’une de mes amies de n’avoir jamais encore embrassé de garçon, elle me conseilla de me rendre à la « boutique des Première Fois ». Evidemment, je la questionnai sur le fonctionnement d’une telle boutique, mais elle m’invita à m’y présenter directement. C’est ainsi que quelques minutes plus tard, je poussai la porte du minuscule magasin. Je tombai nez à nez avec Justin qui semblait légèrement plus âgé que moi et avait les cheveux aussi orange que la devanture.
- Que puis-je faire pour vous Mademoiselle ?
- Voilà, je discutais avec ma tante d’une amie qui regrette de ne toujours pas avoir embrassé de garçon et elle m’a conseillé de venir chez vous.
- Comment s’appelle votre tante ?
- Mme Léontine Gribert.
- Ah oui je vois, c’est une de nos plus fidèles clientes. Donc, vous recherchez pour votre amie un Premier Baiser, c’est bien cela ?
- Euh… Oui, je crois.
- Alors voyons voir… Je peux vous proposer plusieurs baisers allant de chaste à langoureux.
- Euh… Quelque chose d’intermédiaire je suppose.
- Baiser passionné, cela vous convient-il ?
- Oui je crois.
- Maintenant nous allons devoir définir les goûts de votre amie en matière de garçon. Préfère-t-elle un charmant jeune homme châtain, blond ou roux ? Et la couleur des yeux, bleus, marrons, verts ?
- Alors là je n’en ai aucune idée, mais le dernier garçon dont elle m’a parlé était blond il me semble, avec des yeux noisette.
- Parfait, j’ai toutes les informations nécessaires, je vous prépare ça immédiatement.
- Et combien va me coûter ce Premier Baiser ?
- 150 Francs.
Je vis Justin pénétrer dans l’arrière boutique et en ressortir avec une petite poche orange entouré d’un joli ruban rouge vif.
- Voici pour votre amie. Il y a un petit flacon à l’intérieur, elle devra le boire et dans la semaine qui suivra, elle connaitra son Premier Baiser.
- Il n’y a pas de risque d’effet secondaire ?
- Non absolument aucun sauf si elle est allergique à l’essence de rose. »
Je saluai Justin et ressortis perplexe de la boutique des Première Fois.
La semaine suivante, je me rendis chez Blanche, mon amie à qui je souhaitais offrir son Premier Baiser. Nous bûmes le thé en compagnie de ses parents, puis nous regagnâmes sa chambre pour bavarder. Je lui offris mon cadeau en lui expliquant le principe. Elle me regarda d’un air contrarié et me demanda si c’était une farce. Je lui assurai que non mais que n’ayant pas testé moi-même, je ne pouvais pas lui garantir le résultat. Je réussis à la convaincre d’essayer et après m’être assurée qu’elle n’était pas allergique à l’essence de rose, elle but le contenu du flacon. Blanche fit une petite grimace et me signifia que le goût était trop fort. Nous continuâmes à bavarder encore quelques temps, puis l’heure du diner approchant, je décidai de rentrer chez moi. Blanche promit de me tenir informé si, enfin, elle obtenait son premier baiser.
Trois jours plus tard, mon amie accourut à la maison peu après 15h, salua poliment mes parents et demanda à ce qu’on aille se promener le long des berges de la Seine. Mes parents acceptèrent de nous laisser sortir seules. Pendant la promenade, Blanche m’apprit qu’un jeune homme, ami de ses parents, l’avait embrassé hier après-midi après qu’ils eurent discuté pendant des heures dans le jardin de ses parents. J’en restai bouche bée, je n’avais jamais sérieusement cru que mon cadeau allait fonctionner. Blanche était aux anges, il était magnifique, grand, blond, les yeux noisette comme elle les aimait tant. Je fus ravie pour elle de ce nouvel amour.
Cette histoire est mon premier souvenir de la boutique des Premières Fois. J’y suis souvent retournée par la suite pour mes amis ou moi, et une fois pour me venger d’une personne que je n’aimais pas. Je suis restée des années sans comprendre comment cela pouvait fonctionner.
Claire

Il était une fois un homme qui était arrivé aux portes de la vieillesse. Il était encore plein de vie et d’énergie mais il avait l’impression d’avoir tout vécu. « Je ne vivrai plus jamais de première fois », se disait-il avec nostalgie. Il avait tant aimé les premières fois ! Les premières fois heureuses : le premier émoi amoureux, le premier battement de cœur, le premier baiser, le premier corps à corps, le premier mariage, le premier enfant, le premier petit enfant… Et même les moins heureuses : le premier mensonge, la première trahison, le premier divorce, la première perte d’un être cher, la première grosse alerte de santé… Oui, quand il regardait son passé avec attendrissement il aimait tout parce que tout était découverte, nouveauté, exaltation…  Tout lui apprenait à vivre, à évoluer, tout l’enrichissait, l’emplissait.
Aujourd’hui plus rien n’était nouveau, ni l’odeur de la terre après la pluie, ni le goût iodé d’une huitre, ni le regard amoureux d’une femme. Aucun parfum qu’il n’ait déjà humé, aucun sentiment qu’il n’ait déjà vécu…
On était à l’aube de la nouvelle année, il marchait seul dans le petit matin silencieux. Les alizés étaient doux et tièdes sur sa peau, la mer  d’acier sombre luisait sous un soleil encore pâle. Les derniers fêtards  rentrés, tout dormait paisiblement alentour. Pourtant il se sentait légèrement  triste : il avait beau être en bonne santé, entouré d’amis et d’une famille affectueuse, les festivités  ne le réjouissaient plus comme autrefois. Rires, chants danses et cotillons le lassaient…
Il en était là de ses réflexions un peu désabusées quand il se retrouva par hasard devant une ruelle inconnue bizarrement nommée « rue du Premier de l’An ». Tout au fond, s’ouvrait une petite boutique dont l’enseigne l’intrigua.
« Les premières fois » Voilà ce qu’il y lut en lettres un peu décolorées. Au-dessous : « Amélie et Justin »
Il entra. Derrière un comptoir de bois se tenait un couple de charmants petits vieux. Amélie s’adressa à lui comme si elle le connaissait déjà :
- Nous avons ici ce que vous cherchez : le frisson d’une première fois.
- J’aimerais, oui , répondit-il simplement.
Justin ouvrit un gros catalogue et le feuilleta devant lui :
- Voulez-vous connaître des pays exotiques ? Plonger dans le golfe persique ?  Piloter un bolide fantastique ?
- Non, non, répondit l’homme, j’ai déjà fait tout cela.
- Bigre ! Voulez-vous sauter à l’élastique ? Vivre un grand amour dans l’Antarctique ? Apprivoiser un tigre en Afrique ?
- Non, non, rien de tout cela ne me tente.
- Je vois, dit alors Amélie, c’est le moment de sortir notre «  offre spéciale ».
Avec un petit rire très doux, Justin prit le bras de l’homme et le raccompagna à la porte en lui disant :
- Rentrez simplement chez vous et attendez.
Quand il revint de sa promenade matinale, l’homme tenta de raconter sa drôle d’aventure mais tout ce qu’il entendit fut :
- Et bien, tu devais être bien imbibé, toi, hier soir !
Il se tut et attendit plein d’espoir.
Vers le soir rien ne s’était produit. Il se coucha déçu.
Un douleur violente dans la poitrine le réveilla en sueur vers minuit et il sut qu’il allait mourir. C’était cela sa dernière première fois. Il l’avait tant attendue qu’il  la savoura jusqu’au bout.
Huguette

Non, non, non et non ! Ce à quoi vous pensiez n’est pas à vendre. Maintenant la loi punit le client.
Amélie et Justin avaient découvert cette maison de ville tout au fond d’une ruelle en plein centre de Caméliac. La petite ville de dix sept mille habitants était la leur, depuis quatre générations pour Amélie, trois pour Justin. Leurs familles y avaient joliment prospéré. Le gros village portait bien ce nom depuis des millénaires croit-on. Le centre était resserré comme un bouton floral avec de petites rues piétonnières comme de fines veinules. Les différents quartiers s’arrondissaient en pétales tout autour. La rue du Premier de l’An, d’à peine cinquante mètres, était la plus proche du temple occitan. Cette solide construction granitique beaucoup plus large que haute n’avait pas d’exemple dans la région ni dans le pays.  Son caractère primitif et même primal étonnait et parfois inquiétait. Malgré son ancienneté, à aucun moment on n’avait pu parler de ruine. L’extérieur était lisse et imposant avec une douzaine d’entrées obliques. L’une de ces ouvertures s’éclairait plus nettement le matin du premier de l’an. Ceci  conférait son nom à la courte rue en regard qui s’alignait alors à l’est.  Venaient ensuite des couloirs et une série aléatoire de pièces de tailles variables, en labyrinthe.  Certaines étaient des puits de jour pour permettre de ne pas recourir à un éclairage artificiel. Imaginez, mais seulement imaginez, les possibles transes adolescentes nocturnes dans cet édifice intemporel. Etait-ce réel ou bien un dangereux cauchemar ? La légende courait mais sans témoin fiable. Y avait-il une trentaine, une cinquantaine de chambres totalement vides ? Personne n’avait pu les dénombrer. Justin était monté sur les toits pour tenter de dresser un plan mais il ne surplombait pas assez nettement le bâtiment. Il avait simplement évalué à dix-sept le nombre de puits de jour. Par son entêtement et un  incroyable sens de l’orientation connu chez lui dès la petite enfance, il avait réussi après deux années d’explorations prudentes, à en élaborer une carte mentale. Il était donc, à ma connaissance, le seul à se déplacer en confiance dans ce dédale. Depuis plusieurs mois, il partait seul sans fil d’Ariane, pour quelques minutes ou quelques heures, emmenant seulement une gourde d’eau et un livre de poèmes. Ceux de René Char avaient sa préférence. Justin n’avait rien d’un illuminé ni d’un calculateur. Simplement il se faisait confiance ce qui lui figurait une sourire quasi permanent, celui des yeux, pas celui des lèvres. Il le gardait dans son sommeil, quelqu’une pourra vous le dire.
La nuit de ses dix huit ans il avait demandé à Amélie de se laisser guider en ce mystère d’Oc. Le sourire de Justin était contagieux et elle avait pris sa  main. Alors un des puits de jour était devenu un puits de nuit, pour un Premier baiser, rien de plus sous les étoiles. L’étonnement les prit de se découvrir UN. Les voyant avec le même sourire leurs familles scellèrent leur union. Tante Olivia leur céda volontiers la jolie maison de ville au fond de la venelle du Premier de l’an. Le rez-de-chaussée était presque une seule pièce avec un escalier latéral menant aux deux chambres d’étage.  Cette grande salle avait en devanture une large baie vitrée et l’évidence fut d’en faire un magasin. Mais que vendre ? Ni l’un ni l’autre n’avaient un métier ni même un court apprentissage. Justin décida d’autorité : il serait le guide  officieux (et il devint « officiel ») du sanctuaire languedocien. Il créa un site internet qui intrigua rapidement un grand nombre de curieux. La proposition était d’emmener à la découverte une ou deux personnes, jamais plus. La rumeur éolienne fit le reste.  Pour billet d’entrée il fallait faire l’acquisition sonnante et trébuchante d’une fleur, d’un fruit, d’une plante aromatique, d’un mouchoir brodé, d’un livre, une certaine fois, on ne sait comment, d’un elzévir.  Cette foule d’objets disparates sans cesse renouvelés avait le charme et la beauté d’Amélie qui les dénichait comme des oiseaux fragiles. Ils fleuraient le bonheur des Premières fois.
Bertrand

C’était le 31 décembre, un jour d’affluence particulière dans le magasin. Il était 20 heures et la boutique allait fermer. Justin et Amélie se congratulaient de ce jour et de cette année particulièrement faste. Ils avaient vendu toutes sortes de « Première fois » et étaient fiers qu’aucun client n’ait été déçu de leurs prestations.
Premier baiser, premier dépit, premier émoi, premier chagrin… Ils proposaient un large éventail de « Premières fois » et leur commerce prospérait rondement jusqu’à ce soir-là où une étrange demande les tourneboula.
Le carillon se fit entendre plus discrètement qu’à l’accoutumée et elle entra dans le magasin, tête baissée, presque honteuse. Elle était maigre et portait un manteau râpé, bien trop fin pour cette soirée si froide. Cependant, elle était jolie, des traits fins, des yeux verts, un petit nez, une bouche bien ourlée.
-  Bonjour dit-elle, je voudrais…
- Bonjour Mademoiselle, que pouvons-nous faire pour vous aider ? Demanda Justin.
- Ce n’est pas facile à dire, dit-elle.  Ses sourcils se froncèrent et elle sembla chercher ses mots. Voilà, je cherche un premier deuxième baiser.
- Mais enfin, Mademoiselle, cela n’est pas possible, nous ne vendons que des premières fois, certifiées originales. Mais dites-moi si vous cherchez un premier deuxième baiser, cela veut dire que vous avez déjà acheté un premier baiser ?
- Oui, j’en ai acheté un sur internet. Vous comprenez, je ne connaissais pas encore votre boutique. Cet achat était en promotion… Mais il ne correspond pas du tout au descriptif du site ni même à ce que je recherchais. C’est un baiser au rabais. J’en aurais vraiment honte pour une première fois.
- Je comprends, Mademoiselle, mais voyez-vous, une première fois n’est pas forcément merveilleuse ni inoubliable. Une première fois ne doit sa valeur justement qu’à son caractère de première fois et permet ainsi de réussir les fois suivantes. C’est ce que par la suite, on appelle l’expérience.
Elle semblait vraiment déçue. Des larmes embuèrent ses yeux.
- Oui, je comprends, mais voyez-vous que dirai-je à mes petits-enfants quand je serai très vieille et qu’ils me demanderont comment était mon premier baiser ?
- Vous n’êtes pas obligés de dire la vérité. Vous pouvez très bien raconter ce deuxième baiser comme une première fois. Il n’y a que vous qui saurez. Et puis, croyez-moi, Au fil des ans, vous oublierez vite ce si décevant premier baiser. Ne restera que la magie du deuxième. Il deviendra, en quelque sorte votre premier VRAI baiser, celui dont vous vous souviendrez toujours avec émotion. Mais faites-moi une promesse.
- Oui, laquelle ?
- De prendre vraiment le temps de choisir ce deuxième baiser afin d’en avoir un de très bonne qualité.
Un sourire éclaira son visage.
- Oh merci !
La journée de travail était finie pour Justin qui, même s’il avait l’impression d’avoir raté une dernière vente, se sentait heureux d’avoir si bien terminé l’année.
Fabienne


Me promenant de bon matin
Dans la ruelle de 1 er de l’An
Je vis une adorable boutique
Amélie et Justin
Vendaient des 1 ères fois
Mon esprit de suite s’emballa
Une première fois jouer du piano
Comédienne à Hollywood
Escalader le mont Everest
M’approcher d’un gorille au Kenya
Peindre les émotions
Tant de 1 ère fois à solliciter
Pourtant, j’en choisi une
Être fée avec sa baguette magique
Transformer l’impossible en réel
Devenir l’héroïne de Jane Austen
Après bien des déboires
Vivre auprès de mon bien-aimé
Sourire, ne plus jamais pleurer
Aimer sans absence, en toute quiétude
A chaque lever du jour caresser son visage
Le même regard échangé dans la tendresse
Vivre à jamais une première fois « le Bonheur ».
Brigitte


Exercice
 : le conte du pourquoi « Pourquoi la terre est-elle ronde ? »

p9

Pourquoi la terre est-elle ronde ?

Quand Dieu créa la Terre, au tout premiers jour des premiers temps, il la fit plate comme une assiette, comme un frisbee, comme un 78 tours, plate comme une galette bretonne, un béret basque… Sauf que toutes ces choses étant encore incréées, on n’avait pas encore de mots pour la qualifier. La Terre était, tout simplement.
Dieu n’était pas mécontent. Il la trouvait plutôt réussie, toute plate et luisante sous le soleil. Il disposa à sa surface des terres et des océans, saupoudra une poignée d’îles et quand tout fut fini, il la peupla d’êtres « à son image », enfin c’est ce qu’ils ont cru, après…
Et il les regarda évoluer sur cet espace bien délimité.
Mais voilà que ces êtres stupides se mirent en tête d’aller au bout du bout de leur monde et fatalement leur curiosité insatiable et morbide les poussa au bord du disque, tout au bord… Beaucoup se penchaient, tombaient et étaient perdus à tout jamais. Croyez-vous que cela servait de leçon aux autres ? Que nenni ! Tels des moutons de Panurge (ou du moins ce qu’on appellerait beaucoup beaucoup plus tard des moutons de Panurge) ils se précipitaient en troupeaux dans le vide sidéral.
Dieu n’avait accepté ce boulot (et oui, Dieu avait un chef ! On le sait peu, il ne faut pas l’ébruiter, chut, donc…) que parce qu’on lui avait promis qu’il ne travaillerait que 6 jours et que le septième il se reposerait, et ce, pour l’éternité (car sa création devait se reproduire à l’infini, comme des lapins). C’était un excellent job pour lui qui était plutôt glandeur (on l’a compris bien plus tard, quand il avait bien fallu se rendre compte qu’il avait bâclé le boulot) Or à cause de la bêtise de ces humains qui sautaient allègrement dans le vide,  il se voyait contraint de recommencer la tâche chaque semaine !
Il décida donc de modifier son œuvre (par pure fainéantise, vous l’avez compris) . Après consultation des meilleurs architectes divins, la forme de boule fut arrêtée comme la plus ergonomique.
Dieu était ravi : la forme sphérique donnait aux humains une occupation infinie : ils partaient dans un sens, dans l’autre, arpentaient leur espace indéfiniment, sans se lasser, sans jamais repasser deux fois au même endroit, et surtout sans jamais en sortir ! Finie l’hémorragie ! Il put enfin se reposer pour les siècles des siècles.
Huguette

 

Pendant des siècles et des siècles, la terre fut plate. L’eau entourait un énorme continent et tombait en cascades lorsqu’elle arrivait aux limites de la terre. Nul ne savait où cet océan se déversait. Par crainte d’être emportés, les hommes n’osaient s’aventurer loin des côtes.
Un jour, le roi Jadis en eut assez de vivre dans la peur. Il convoqua de nombreux chercheurs venus des quatre coins du continent pour qu’ils trouvent une solution. Les propositions furent nombreuses. Un petit homme chauve proposa d’attacher une longue corde à chaque bateau pour éviter la chute. Une femme élégante envisagea la construction de barrière aux limites de la terre. Mais la solution que choisit le roi fut de rendre la Terre ronde. Le travail serait long, mais le jeu en valait la chandelle. C’est ainsi qu’après des millénaires de travail, la terre devint ronde.
Claire


Au début, la terre était carrée, mais Dieu en avait vraiment assez de laisser trainer des choses dans les coins. Choses d’aileurs qu’il ne retrouvait jamais… Alors, il décida de la faire en triangle, mais cela s’avéra une belle bêtise : un nombre incalculable de gens s’entassaient dans les angles. Les premiers, poussés par les autres ne pouvaient plus reculer et étaient sauvagement piétinés. Cela faisait des amas dans les angles et rien au milieu.
Ensuite, il décida de la faire plate, mais c’était un vrai casse-tête car c’était un perpétuel équilibre. Si seulement une personne de plus allait sur le côté droit ou gauche, cela rompait ce si bel équilibre et la terre versait tout. Avouez que c’était ballot !
En désespoir de cause, Il décida que la terre serait ronde et qu’ainsi, en partant d’un point, on se retrouverait déjà sur le retour. Forcément. Il s’admira d’avoir pensé une si jolie chose…
Il était si heureux de son invention qu’il alla voir Galilée pour avoir son sentiment. Ce dernier, qui cherchait à prouver cet était de fait depuis des années, lui répondit complètement hagard : Ah ! Je l’avais bien dit !
Dieu fut déçu d’une réponse si lapidaire, alors qu’il s’était tellement creusé la tête !
Fabienne

 

La terre est ronde parce que la lune s’ennuyait avec le soleil qui luisait trop chaudement, et bien entendu elle ne pouvait jouer avec lui.
Un jour donc, elle imagina une forme ronde identique à la sienne et pourquoi pas animée de petits bonhommes.
C’est ainsi qu’elle demanda à l’univers de l’aider à réaliser son vœu et d’un tour de magie céleste, la terre fut crée, toute ronde, toute colorée pour le plaisir de la lune qui depuis joue à cache cache avec la terre et parfois, s’invite le jour dans un ciel azuré toute habillée de blanc.
Brigitte

Exercice : Ecrire la suite du fameux incipit : « longtemps je me suis couché de bonne heure »

10p

No sleep

Longtemps je me suis couchée de bonne heure. Puis un jour je suis tombée sur des statistiques. Nous passons un tiers de notre vie à dormir. C’est certes toujours moins de temps que les chats, mais quel temps perdu ! Comme la tendance était au «no quelque chose», après le «no sugar», le «no pollution» et le «no sex», je lançai le «no sleep».
Le premier jour fut difficile. Vers 20h je luttais vaillamment devant le journal télévisé. 23h, le Soir 3. A 2h du matin, je pris un petit café et décidai de me lancer dans une activité ludique, j’allumai donc l’ordinateur. A 4h, je m’imaginai dans la peau d’un vampire. A 8h, je partais au travail.
Après trois jours de ce rythme là, j’étais évidemment épuisée. J’avais gagné du temps mais pour quoi faire ?
Après une semaine, j’en vins à la conclusion que l’extrémisme avait ses limites et la modération du bon. Je m’endormis sur mon canapé et me réveillai trois jours plus tard. J’avais raté l’anniversaire de ma sœur…
Claire

Longtemps je me suis couchée de bonne heure…
Pas par choix, bien entendu, mais contrainte et forcée par des parents et grands-parents qui jugeaient que la croissance harmonieuse des enfants nécessitait douze heures de sommeil, à partir de huit heures du soir dernier délai.
Je me suis donc couchée longtemps de bonne heure…
Ou du moins j’ai fait semblant. Car à peine ma lampe de chevet éteinte, je m’installais sous mes couvertures pour « piler » jusqu’à « point d’heure ».
Quel bonheur c’était que de voler ces heures à la nuit, à l’insu de tous !
Bien sûr cela demandait quelques précautions car ma grand-mère n’hésitait pas à surgir dans ma chambre – qui jouxtait la sienne – dès qu’elle croyait y apercevoir une lueur suspecte. Ce jeu du chat et de la souris me ravissait presque autant que les activités que je pratiquais en douce : lecture de livres « interdits » et écriture de mon journal intime -que je laissais bien en évidence, pour que ma mère lise les horreurs que je pensais d’elle.
Plus tard, au pensionnat, j’ai continué à pratiquer cette activité nocturne, par provocation. Je passais mes heures d’étude à folâtrer, à jouer, mais dès la nuit tombée, dès que la pionne sonnait l’extinction des feux, je campais sous mes draps avec livres et cahiers pour faire enfin mon travail scolaire.
Arrivée à l’âge adulte, où je n’avais plus de compte à rendre à personne, grands-parents, parents, surveillante générale, j’ai pu enfin librement me coucher tard.
Mais c’est avec quelque regret que j’accueillis ma nouvelle liberté : l’interdit avait tant de charme !
Huguette

J’aurais aimé dire que longtemps je me suis couchée de bonheur, hélas il m’a fallut attendre de proposer ma couche au bonheur.
Présentement, j’aimerais que ce fût toutes les nuits mais comme un caprice insupportable du destin, je dois attendre afin de dire avec certitude et en continuité ; longtemps je me suis couchée de bonheur mais je m’y atèle !
Brigitte

 Longtemps je me suis couché de bonne heure,  comme mes parents me l’avaient si bien enseigné, mais comme je n’arrivais pas à dormir et me retournais en tous sens dans mon lit, je décidai une bonne fois pour toutes de faire la fête tous les soirs et ainsi, épuisée et complètement ivre, je pus enfin dormir tout mon soûl !
Fabienne

Atelier du 18 janvier 2016

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:18

Devoir : Terminer un texte par « Voilà pourquoi, ce lundi-là, il s’en allait ».

1p

Il était totalement, parfaitement, heureux.
La veille les enfants avaient regagné l’internat du lycée de Rennes dans lequel ils faisaient de brillantes études en prépa. Ce matin il avait pris son petit déjeuner avec Hélène face à la mer et ils s’étaient redit, avec émotion et un peu d’étonnement, combien ils s’aimaient, depuis si longtemps. Puis elle était partie pour une journée complète de répétition avec l’orchestre philharmonique.
Seul, debout sur la terrasse, son gros sac à ses pieds, il regardait vaguement, en souriant, le tableau mouvant de la mer qui grimpait sur les rochers au bout du jardin. Le soleil levant le teintait d’or  pâle : la journée serait parfaite.
Sa vie était parfaite, lisse ronde et polie comme les galets de la plage. Aucune aspérité, aucune errance, pas la moindre blessure, le plus petit accident de parcours. C’était une rivière majestueuse et étale, sans traitre remous, le malheur n’y avait pas fait son lit. Ni doute ni incertitude n’avait pu s’insinuer dans son cours. Il ne pouvait pas être plus heureux.
Comme devant les « chebakia » dégoulinant de miel de son enfance, un écœurement l’avait pris.
Voilà pourquoi, ce lundi là, il s’en allait.
Huguette

 

Il trouvait que « Maîtresse » n’avait plus d’imagination et que les exercices de l’atelier d’écriture étaient de plus en plus nuls.
Voilà pourquoi, ce lundi-là, il s’en allait.
Fabienne

Lundi 18 janvier 2016. C’était son dernier jour ! Il rangea ses affaires dans un petit carton et ouvrit la porte, le cœur léger.  Il jeta son carton dans la première poubelle venue.
Après quarante années de labeur, il était enfin à la retraite. Voilà pourquoi, ce lundi-là, il s’en allait.
Fabienne

2p

Son quinquennat avait été catastrophique. Tout était négatif : le chômage, la sécurité, la relance économique, la dette.
Alors, le peuple avait choisi et l’avait éjecté. Voilà pourquoi, ce lundi-là, il s’en allait.
Fabienne

2/ Exercice : Logo-Rallye

Il faut intégrer les phrases dans un texte au fur et à mesure qu’elles sont dévoilées.
1 – Ce fut lui qui s’éveilla le premier
2 – Il n’y avait pas un souffle de vent
3 – Pour la première fois, il vit passer une lueur de détresse dans les yeux de son maitre
4 – Ce soir pourtant, la nuit tombait en lourdes vagues sombres qui recouvraient peu à peu les collines.

4p

Ce fut lui qui s’éveilla le premier. Il se demanda ce qu’il devait faire : attendre patiemment son réveil à elle ? Partir discrètement et la laisser dormir ? Aller préparer le petit déjeuner ? Sortir acheter des croissants ? Il n’avait pas l’habitude de ce genre  de situation, ordinairement c’était lui qui amenait les filles chez lui…
Il se leva lentement, sans faire de bruit et partit à la découverte de l’appartement de… Au fait, elle s’appelait comment ? Elle lui avait sans doute dit son nom, mais il était incapable de s’en souvenir…
La chambre s’ouvrait sur une terrasse et il avait envie d’une cigarette. « Commençons par là », se dit-il et il sortit s’accouder à la balustrade. C’était l’été. Il n’y avait pas un souffle de vent. Des jasmins odorants poussaient dans des jarres et embaumaient. Il fuma une cigarette, puis deux, regardant de temps à autre dans la chambre pour voir si celle dont il ne se rappelait pas le nom se réveillait. Mais non…
Le temps passait, il était bientôt 11 heures et il n’y avait toujours aucun mouvement dans le lit. De guerre lasse, il se décida à rentrer et à la réveiller.
Son immobilité lui parut soudain inquiétante. Il s’approcha, écouta, la tête posée sur sa poitrine : aucun souffle ! La jeune femme qui l’ avait dragué la veille et qui l’avait invité à boire un dernier verre chez elle était… morte !
Il fut pris de panique. Sa voiture était restée devant la boite de nuit. C’était elle qui l’avait conduit jusqu’à cet appartement et il était trop éméché la veille pour se souvenir de l’adresse et du trajet.
Sans plus réfléchir, il s’habilla, sortit en courant de la chambre, de l’appartement, de l’immeuble, sauta dans le premier taxi et donna son adresse au chauffeur. Vite, vite, il lui fallait rentrer dans son nid, se mettre à l’abri, retrouver ses esprits pour pouvoir analyser la situation plus sereinement.
Son chien l’accueillit en jappant furieusement : il avait faim, il voulait sortir, jamais on ne l’avait laissé seul aussi longtemps. Mais il se fit vite plus conciliant car pour la première fois il vit passer une lueur de détresse dans les yeux de son maître.
Le jeune homme était encore dans un tel état de confusion qu’il ne parvenait pas à prendre une décision. Devait-il aller à la police ? Mais il ignorait le nom et l’adresse de cette fille… Et puis, est-ce qu’on n’allait pas l’accuser ? Il se dit que personne ne l’avait remarqué, le plus sage serait sans doute de se taire et de rester tranquillement à la maison ce dimanche. Mais pouvait-il être tranquille ? Il tourna, retourna, prit un café, avala une tranche de saucisson, fuma de nouveau quelques cigarettes, alluma la télévision, l’éteignit, prit un magazine, l’abandonna. Il s’ennuyait ferme.
Soudain, il se souvint que sa voiture était restée sur le parking de la boite de nuit, quelle tuile ! Il lui fallait la récupérer, vite…
Il hésita à téléphoner à un ami pour lui demander ce service et lui balancer toute l’histoire, il aurait eu besoin d’un soutien, d’un conseil, mais il se ravisa : mieux valait ne pas ébruiter l’affaire.
Prendre un taxi lui parut aussi risqué, alors il prit le tram, puis un bus, puis il termina le trajet à pied pour arriver jusqu’aux portes de la ville, là où les jeunes se réunissaient pour danser, boire, draguer et éventuellement consommer quelques substances illicites…
Quand il arriva enfin à destination, la nuit tombait en lourdes vagues sombres qui recouvraient peu à peu les collines.
Sa voiture était seule sur l’immense parking vide. Il se précipita.
Un puissant projecteur l’enferma dans un cercle de lumière, une voix autoritaire lui ordonna de ne plus bouger. Machinalement il plaça les mains sur sa tête.
« Je ne suis pas dans la merde !»
Ce fut sa dernière pensée.
Huguette

Ce fut lui qui s’éveilla le premier. Il ouvrit les yeux, regarda la lumière entrer par la fenêtre. Juliette dormait toujours. Il avait atrocement mal à la tête. Les souvenirs de la veille étaient flous. Il hésita à la réveiller pour qu’elle lui raconte ce qu’il s’était passé, mais renonça. Il décida de prendre une douche. L’eau le dégrisa doucement.
Il rejoignit la terrasse, il n’y avait pas un souffle de vent. C’était un des ces matins lourds, écrasant. Il bu son café face à la mer en attendant Juliette. Enfin elle arriva, les yeux gonflés de sommeil. Il l’a questionna, que s’était-il passé hier soir ? Elle n’en savait rien, aucun souvenir mais demanda où était le chien. Il partit à sa recherche et fit le tour de la maison.
En arrivant dans le garage, il hurla. La voiture était couverte de sang. Le chien apparut et pour la première fois il vit passer une lueur de détresse dans les yeux de son maitre. Juliette les avait rejoint et ouvrit des yeux ébahis.
La journée fut la plus longue de leur existence. Aucun moyen de recoller les morceaux, aucun souvenir. L’angoisse ne les quitta pas. Ce soir pourtant, la nuit tombait en lourdes vagues sombres qui recouvrent peu à peu les collines. L’horreur ne faisait que commencer.
Claire

3p

Ce fut lui qui s’éveilla le premier. Il était tôt mais un rayon de poussière dorée entrait déjà par les persiennes entrouvertes.  Les autres devaient dormir car il n’entendit aucun, bruit. Il se leva et sortit dans le petit matin. La chaleur moite de la nuit s’était dissipée. Il n’y avait pas un souffle de vent. Il prit rapidement un café et sortit pour une petite balade. Il siffla Méloffée, sa chienne labrador pour l’accompagner.
Ensemble, ils se dirigèrent vers un sentier abrupt qui serpentait vers la colline. Ils se promenèrent longtemps si bien qu’ils se perdirent. Il ne savait plus retrouver le chemin de la maison. Il fit plusieurs tentatives mais s’aperçut qu’ils tournaient en rond. Il n’avait amené avec lui ni eau ni casse-croute. Le soleil commençait à être haut dans le ciel. Quand soudain, son pied glissa et il dévala dans le ravin. La chienne le suivit dans sa chute. Sa cheville était douloureuse. Au début, il était confiant, il allait remonter sur le chemin. Mais au bout de plusieurs tentatives, il s’aperçut que la pente était trop boueuse et qu’il ne pouvait pas remonter ! Il avait trop mal !
Pour la première fois, Méloffée vit passer une lueur de détresse dans les yeux de son maitre.
La chaleur devenait étouffante. De grosses mouches bourdonnaient autour d’eux. Bêtement, il avait pensé que l’eau courait dans ces sentiers humides. Mais non, il n’y avait rien à boire et rien à manger.
Puis soudain, il se rappela : il avait son téléphone avec lui. Il le sortit vite de sa poche mais il n’y avait pas de réseau, évidemment.
Que faire ?
Il se dit alors que ses amis allaient s’apercevoir de son absence et bien sûr de celle de la chienne et allaient partir à leur rencontre.
Ce soir pourtant, la nuit tomba en lourdes vagues sombres qui recouvraient peu à peu les collines sans que personne ne vînt à leur secours.
Fabienne


3/ Exercice
 : Petit poème
J’ai choisi un mot au hasard : effervescence
Puis un autre : bouche
Choisir un mot qui rime pour chacun d’eux et faire un petit poème en rime croisée.

5p

De ma jeunesse, je me souviens l’effervescence,
Comme des fruits rouges, des baisers sur ma bouche
Désormais, de mon âge, je sens la décadence
Et maintenant, seule, je reste sur ma couche.
Fabienne

Une ruche en pleine effervescence
Qui lui mettait l’eau à la bouche
Voilà une magnifique providence
Mais peut-être un peu louche

Mille senteurs en effervescence
Mille saveurs en bouche
Mille souvenirs de mon enfance
Mille et une babouches
Claire

Il était en effervescence
Ses gros yeux fixés sur sa bouche
Pendant qu’elle prenait de l’essence
Il la lorgnait d’un regard louche.
Huguette

La foule était en effervescence
Tandis que je faisais la fine bouche
Les carnavaliers mangeaient en opulence
Salis par la sauce, ils prirent une douche !
Brigitte

 

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