Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 janvier, 2016

Atelier du 11 janvier 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:45

jeune  vieux

Exercice : Hommage à Michel Delpech

 A la manière de Michel Delpech « Inventaire 66 »(https://www.youtube.com/watch?v=UMn1NP5KDQk), faites votre inventaire 2015, comme une mosaïque, avec ce qui s’est passé dans le monde, en Calédonie et dans votre vie.

C’était pas terrible en ce premier de l’an : mes voisins avaient squatté le parking pour faire une fête d’enfer avec une sono insupportable qui faisait vibrer mes vitres. Zaza et moi, tremblantes au fond du lit, moi encore sous le choc de l’accident et elle effrayée par les pétards, les bruits…
Un peu plus tard, tout le monde était Charlie, un fabuleux élan de solidarité dans un bain de sang. Hollande qui remontait dans les sondages, à croire que c’était lui qui avait commandité la chose !
Hospitalisée une semaine en mars où mon futur petit fils m’écrit une lettre pour dire qu’il va arriver en novembre… Emue aux larmes !
Une dépression post traumatique pour moi et la CAFAT qui me cherche des poux… Arrêt du paiement de mon mi-temps thérapeutique : mes collègues qui me font la surprise d’une collecte et moi, encore émue aux larmes !
Des centaines de milliers de migrants à nos frontières et les politiques qui se déchirent sur leur sort. Doit-on accepter des gens qui ont tout perdu ou bien prend on le risque d’accueillir des terroristes ?
En Calédonie, la violence et l’incivisme partout, de plus en plus : vols, incendies criminels, meurtres même !
Mes amis très proches qui deviennent encore plus proches, ma vraie famille !
Et mon petit fils qui grossit gentiment dans le ventre de sa maman… première échographie… 2ème échographie, c’est un garçon… ça y est, il a bougé !
Changement de poste au travail, ou plutôt rajout de poste : le mien plus un autre.
Et puis, Morgan qui me dit qu’il va revenir !
Il arrive en novembre, Raphaël aussi une bonne nouvelle juste après la terrible soirée du 13 novembre au Bataclan !
Et puis moi, malade,  hospitalisée… Une souffrance inimaginable ! Mais entourée, soignée.
Un Noël simple et fabuleux !
Finalement, une année positive !
Fabienne

p1

Devoir : Le Père Noël ne croit plus en lui (écrire sous forme de conte).

 « Joyeux Noël ! » lançait-il sans conviction aux passants pressés et frigorifiés. Noël se sentait ridicule dans son habit rouge et blanc. Il ne croyait plus en lui. Ce n’était pas nouveau, mais en ce 24 décembre plus particulièrement. Il était né un 25 décembre et ses parents, qui n’avaient pas beaucoup d’imagination, l’avait prénommé Noël… Vraiment nul ! Depuis toujours, ce jour-là était à la fois Noël, son anniversaire et sa fête… Il n’avait bien sûr jamais eu droit à un anniversaire avec ses copains qui restaient en famille. Il n’avait pas non plus eu droit à un cadeau supplémentaire.
Demain il aurait quarante ans et il se dit qu’il était à l’heure des grands bilans… et ce n’était pas brillant : il n’avait plus de parents, pas de femme, pas d’enfants, bref il était plus seul qu’un chien abandonné.
Il ne faisait que des petits boulots de merde qu’on fait en rigolant quand on a vingt ans. Sa situation financière était catastrophique… Pas de quoi se réjouir…
Il eut même un sourire triste : s’il venait à disparaitre, manquerait il à quelqu’un ? S’apercevrait-on seulement de sa disparition ?
Il repensa à son enfance sans joie. Il n’avait jamais su pourquoi ses parents étaient si tristes. Peut-être cachaient-ils un lourd secret ? Ils étaient morts dans un banal accident de voiture quand il avait vingt ans. Comme il n’habitait plus avec eux, ayant fui ce foyer si triste et qu’il les voyait peu, leur mort ne l’avait pas vraiment touché.
Il se revit à vingt ans d’un physique quelconque, ni moche ni beau, mais rêvant d’aventures, de gloire, de voyages. A cette époque-là, il enchaînait déjà les petits jobs : plagiste ou serveur de bar l’été, vendeur ou coursier l’hiver. Il n’était pas doué pour les études et aucun métier ne l’attirait en particulier.
Il avait eu quelques aventures avec des filles dont il avait oublié le visage et qui ne s’intéressaient pas à lui ou bien alors c’était lui qui ne savait pas aimer, donner…
Il se souvenait pourtant de Marie… enfin un peu… Elle voulait un enfant, un fils, qu’elle aurait appelé Raphaël, disait-elle, comme l’archange. Mais lui, bien sûr, il voulait pas de gosse. Il disait que les gosses ça ne servaient qu’à vous clouer là, à vous emmerder et à vous faire vieillir trop vite… Il y pensait quelquefois, mais jamais très longtemps. Ils avaient passé  six mois ensemble, puis un jour, elle était partie. Il ne savait pas trop pourquoi. Peut-être que si elle était restée, il aurait pu l’aimer… Il ne savait pas trop. A l’époque, il disait qu’il voulait être libre, partir loin. Finalement, il était resté là et c’est elle qui avait disparu.
Il faisait de plus en plus froid, la neige commençait à tomber. Il se faisait tard aussi. Des retardataires achetaient fébrilement d’ultimes cadeaux, un peu au hasard, avait-il l’impression. Des adolescents le bousculèrent et l’insultèrent. Même les tout petits ne croyaient plus au Père Noël, il n’y avait plus de magie… Seul l’argent était le maitre absolu…
Peu à peu, le magasin se vida, les lumières s’éteignirent. Fatigué, les épaules voutées, il se dirigea vers le vestiaire pour se changer et rentrer chez lui. Il se dit que ce soir, cette vie devrait s’arrêter, d’une façon ou d’une autre, qu’il ne supportait plus une telle solitude…

Il passa devant la petite église de Notre-Dame des champs. Tout à l’heure, cette église serait bondée de gens plein de bonnes intentions qui attendraient impatiemment le réveillon durant la messe de minuit. Mais pour l’instant, il n’y avait personne, à part une petite vieille qui allumait un cierge. Machinalement, il entra… Il ne savait pas trop pourquoi, il n’était pas croyant et très méfiant envers toute religion qui était, selon lui, de vastes fumisteries. Mais il avait besoin de calme, de paix.
Il resta assis un bon moment, à regarder le bedeau préparer l’office. Peut-être, secrètement, attendait-il un miracle, même s’il savait bien que ça n’existait que dans les contes.
La démarche lourde, il reprit le chemin de son appartement minable.
En arrivant devant chez lui, il buta devant une masse informe. Il crut que des voisins avaient jeté des ordures quand soudain, cette masse bougea, grogna. Il souleva la couverture qui la recouvrait et vit un tout jeune homme, des larmes plein les yeux.
-  Qu’est-ce que tu fais là un soir de Noël, il faut rentrer chez toi !
- Je n’ai plus de chez moi, ma mère vient de mourir et je ne sais pas où aller…
- Comment tu t’appelles ?
- Raphaël, répondit l’adolescent.

Troublé et heureux à la fois, Noël l’aida à se relever et le fit entrer chez lui et demanda :
- Et ta maman, elle s’appelait comment ?
Fabienne

27 janvier, 2016

Atelier du 28 décembre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:38

C’est la fête à l’atelier !!!!

p22  p19  p21  p19

On écrit des textes à partir des photos de l’expo « VESTIGES » de Renaud Chomette :

p0Confessionnal

p4

Bois d’or, bois d’argent,
Croix de fer sort de l’ombre,
En bel enfer si tu sombres,
Bois d’or, bois d’argent.
Et dedans jouent les enfants.
Bertrand

Bois d’or, bois d’argent,
Croix de fer sort de l’ombre,
En bel enfer si tu sombres,
Bois d’or, bois d’argent.
Et dedans jouent les enfants.
Fabienne

p2

Au fond de l’enfilade, querelle d’embrasures, il y a le lointain, le seul, le pur.
Lucarne ou sabord qu’importe et même soupirail et pire encore judas.
Là-bas le Sud (Nino F.).
Bertrand

Perspective de pierre
Carrée, fermée,
Et soudain, inattendu,
Le bleu de la mer…
Infinie.
Fabienne

Fenêtre, porte, portrait, chaussures, graffiti, bonhomme étrange quelle diversité, aussi poétique l’une que l’autre et pourtant…. et pourtant l’une d’entre elles, l’une d’entre ces photos m’a interpellée.
Un mur de pierre dont on peut imaginer une bâtisse d’antan aussi confortable en été qu’en hiver.
D’une fenêtre, soudain, l’on aperçoit la mer, la douce et belle mer, pas celle de mon ex qui pourtant était charmante mais la mer de Neptune, ce grand roi qui de ses humeurs produit le calme autant que la furie, cette mer qui rappelle les yeux de mon père adoré ainsi que l’homme choisit par mon cœur.
Un bleu d’azur contrastant superbement avec le gris des pierres, le gris tout aussi naturel que le bleuté de cette mer aperçue en petite dimension à travers l’espace de ma vision immédiate.
Cette mer si vaste qui incite au départ, à l’évasion, à la rêverie, au repos dans un silence ordonné loin de la foule.
Si j’avais l’audace de la magie, je m’engouffrerais à travers ce rectangle bien formé, sans valise ni hésitation, je m’en irai pour un voyage sans retour, là où mon âme enfin trouverait la paix tant désirée, là où je baignerais dans l’eau jouissive du souvenir de mon bien-aimé.
Merci à toi l’artiste de la pellicule d’avoir su par un simple clic porter tant de beauté à mon regard émerveillé !
Brigitte

 

p9

Souvenir d’enfance

Pourquoi ? Pourquoi avoir abandonné dans ce triptyque une seule photo ? Et qui plus est celle d’une jeune fille belle, douce et souriante ?
On devine que la maison a été quittée à la va-vite, ses habitants ont emporté les objets auxquels ils tenaient le plus, sans doute. Mais dans ce cadre ils ont laissé la jeune fille…
Qu’y avait-t-il de part et d’autre de son portrait ? Ses frères et sœurs ?  Sur quels critères le choix a-t-il été fait ? Je ne peux imaginer que des parents aient oublié, ou pire abandonné volontairement cette délicate jeune fille aux ruines. Cela tient si peu de place, une photo, et tant de place un enfant !
Alors quoi ?
Je préfère penser que c’est elle qui a exigé de rester. Puisqu’elle était contrainte de quitter physiquement les lieux qu’elle aimait, où elle était née peut-être, qu’au moins un peu d’elle demeure. C’est son âme qu’elle a laissée là, en témoignage de son enfance heureuse, en gardienne du passé.
Le promeneur qui s’égare en cet endroit désormais inhospitalier ne peut qu’être saisi d’un frisson d’émotion : un ange vit parmi les ruines.
Huguette

Triptyque oublié

Dans cette maison vieille
Où chantent les abeilles,
Le passé qui s’éveille
Murmure à mon oreille.

Dans le cadre brisé
Par les ans maculé,
Soudain ressuscité,
Un amour envolé.

Ah !comme elle était belle !
Et simple ! Et naturelle !
Mais… du triptyque usé
Il manque deux morceaux :
Ma photo déchirée
Et celle d’Annabelle…

La hache est enterrée,
Oubliée, la querelle !
Les années ont filé …
Adieu, mes jouvencelles !
Patricia

Depuis plus de quarante ans, il avait sa photo sur sa table de nuit.
Ce jour-là, c’était la fête au village et un  photographe était venu exprès pour tirer le portrait de ceux qui voulaient. Dame ! En ce temps-là, on ne se tirait pas le portrait toutes les cinq minutes comme de nos jours.
Il l’avait trouvée tellement belle qu’il avait demandé un retirage au photographe, sans le dire, sans le lui dire.
Elle n’avait  jamais su que, ce jour-là, elle avait ravi son cœur pour toujours… Mais lui, il était d’une timidité maladive et ne lui avait même pas adressé la parole… Contrairement au Grand Jacques. Ah ! Lui, il savait y faire avec les filles. Il leur disait de belles choses pour faire de sales choses…
Lui, il savait bien que c’était une fille sérieuse et il ne s’expliquait pas comment elle avait pu se donner au Grand Jacques… Certes, il avait une belle gueule et de gros biscoteaux… Mais, était-ce suffisant ? Fallait croire parce qu’après quatre ou cinq mois, elle avait mystérieusement disparu et, dans le village, on n’avait plus entendu parler d’elle…
Il ne l’avait jamais revue… Et ce soir, comme il sentait que c’était son dernier soir, il se surprit à imaginer ce qu’aurait pu être sa vie si je Grand Jacques n’avait jamais existé…
Alors, il se mit à sourire en entrant dans l’éternité.
Fabienne

Pendu le caftan blanc te signale et te cache, dans le frais obscur où tu vois sans être sue.
Les claies que tu détiens ne le gênent en rien.
Néanmoins si tu le regardes, à la toute fin prend garde !
Bertrand

p10
Il est mort le cordonnier
Personne ne peut réparer les souliers
Alors ils restent, abandonnés…
Fabienne

 

p11

Quelle idée d’accrocher un tableau de land-art dans une cabane d’ostréiculteur ?
Encore un qui croyait avoir trouvé une perle.
Pas étonnant, c’est un photographe américain qui a racheté une fortune  le tas de planches.  Pour sûr c’est sa folle de mère qui lui a offert cette croûte !
Bertrand

C’était la cabane au fond du jardin. Elle est tombée en désuétude.  Quand les enfants étaient encore là, elle était entretenue. Des volets, peints en vert, à chaque fenêtre qui avait des moustiquaires non déchirées. Les murs extérieurs comme ceux intérieurs étaient vernissés. Le toit était nettoyé, propre. Il y avait aussi, à l’époque, de la verdure.
Maintenant chaque passant ressent son abandon, renforcé par le terrain sec, aride, qui l’entoure. Parfois le vent qui s’y engouffre nous fait entendre la joie comme la peine des enfants qui ont joué avec cette vieille bicoque.
Où es ta vie ? Peut-être que c’est bientôt la mort pour toi, vieille cabane au fond du jardin.
Arnaud

p12

Photo de Martiens ou Télétubbies ? «  Amour » :

Le jour baissait, je rentrais chez moi après des heures passées au bar. Chaussures à bascules, je pris une ruelle que je pensais être un raccourci. Je stoppais net devant des êtres adossés à une palissade. « Hey ! » leurs criai-je, aucune réponse. Je distinguais plus leurs formes. Ils n’étaient pas humains. Alors je commençais à discuter avec eux en langage des signes, que je ne connais pas. J’entrapercevais rapidement des mouvements de leur part. Je ne comprenais rien. Je commençais à les engueuler, pas de répondant. Je m’approchais encore avec arrogance. Là je me mis à rire, je n’avais pas reconnu les Télétubbies.
Arnaud

p5

Fenêtre sur cour

Côté cour où danse la luminosité du soir qui se joue des ombres chinoises,
Côté jardin où le temps s’est arrêté sur un doux bleuissement,
Une fenêtre du cours de la vie
Isabelle

p13

Zahia participe activement !

p17  p18

Les explications de l’artiste : Renaud Chomette

  p15

  Georges nous lit son texte

 

Devoir : Elle était née avec, imprimée sous la plante des pieds, une date de péremption.

 D L C

Franchement, qui peut bien regarder ses plantes de pied ? Celles des filles sont plus petites, bien sûr, moins ridées, plus sensibles. Mon grand-frère ne ratait jamais une occasion de les chatouiller jusqu’à l’incontinence honteuse. Depuis l’accélération de ma croissance j’y avais ressenti des douleurs  quelquefois violentes, comme des coups d’aiguilles. Mais jusque-là je n’avais jamais eu la curiosité  de cet endroit que l’appui au sol surtout en baskets rend souvent noir et nauséabond. Il fallait tourner la hanche, un peu le genou, beaucoup la cheville. La semaine précédant l’anniversaire de mes seize ans, j’avais marché sur une branche épineuse de bougainvillées. Une épine de trois centimètres avait traversé la semelle de ma claquette jusqu’à me faire chuter de douleur. Assise sur le trottoir, le pied droit complètement retourné, j’avais constaté les dégâts. Un joli trou se dessinait quasi sans saignement, presque triangulaire, à la base du gros orteil. On pouvait voir la graisse luisante sous la peau fibreuse mais la surprise n’était pas là !  Tatouée au niveau du premier métatarsien (je suis top en SVT), sur deux centimètres de long,  en bleu marine très foncé on pouvait lire en lettres majuscules et chiffres une inscription très nette : DLC 29.02.48. Je la notais sur mon journal intime rouge qui ne me quitte pas. Bétadine et pansement posés, je consultais internet. DLC : date limite de consommation. Cela aurait pu être down loadable content, contenu téléchargeable mais la date qui suivait signifiait bien que j’étais un produit de consommation,  périssable de surcroît. Vu la petite taille de cette immatriculation, elle devait avoir été faite à ma naissance ou lors de mes deux premières années puisque je n’en avais pas le moindre souvenir. Tu parles d’une épigraphe (je suis aussi top en orthographe). Voilà ce qui me caractérisait. Très vite les questions se bousculèrent.

Qui avait bien pu exiger cette légende ? A cet âge, mes parents, au moins l’un d’entre eux. Difficile de me kidnapper pour m’amener chez un tatoueur. Ou alors cette cousine de mon père qui un été, arborait de petits dessins sur le corps dont un papillon juste au-dessus de la raie des fesses. Non là ce n’avait rien de décoratif, juste une citation à l’ordre du dieu Consommation. Je questionnerai quand même plus tard.

Que voulaient dire ces chiffres et lettres vis à vis de ma petite personne et d’abord pourquoi les fixer à vie ? On aurait pu les  imprimer sur un document administratif tel un certificat, de naissance, de baptême, de vaccination, un passeport… La réponse tient dans la question. Si c’est pour la vie c’est aussi pour la… Les salauds ! Je ne sais pas qui mais quels dégueulasses (je suis plus top que ça en gros mots). Naître en l’an 2000, au carrefour des millénaires m’avaient-ils tous dit. Pour me permettre une espérance de vie d’alcoolique invétéré comme l’oncle Guignolet, natif de Kirsch Lès Sierck (Moselle). Quarante-huit ans, à peine le temps d’être ménopausée, même pas grand-mère.

Tout ça je m’en fous mais pourquoi moi ? Cela part dans tous les sens. Remettons de l’ordre. Tiens 2048, année bissextile, comme celle de ma naissance. Tu vivras au rythme des jalons que tu poses dans ta vie m’avait dit le vieux qui habite la chaumière au fond de la vallée (le val Seuz, si, si). Il avait bien compris la relation espace temps celui-là. Donc je vais vivre quatre fois plus vite ou le temps sera quatre fois plus lent ? Ou bien une nouvelle vie tous les quatre ans ? Voilà une bonne idée. Un nouveau mec, un nouveau pays, un nouveau boulot, une nouvelle maison, de nouveaux amis, un nouveau chien (le pauvre), une nouvelle couleur de cheveux, de nouveaux seins, de nouvelles chaussures, un nouveau style d’habillement, quel programme, la révélation, la révolution, Wouah !

Maintenant le message me paraît clair et cela commence lundi prochain le 29.02.2016. Je quitte la famille, OUF ! Mémé Lucie m’accueillera dans son gourbi. Je quitte Vladimir. Flûte il était vachement beau et je le connaissais depuis au moins deux semaines ! Je quitte le lycée et je prends le job de gardienne de roussettes au Parc Forestier, ça pue et ça paie pas mais on verra si mémé est riche. Je quitte la Nouvelle, non ça c’est trop. Je me teins en rousse, ça ira avec les roussettes. Je m’achète une nouvelle paire de claquettes, pas des Louboutin, tu parles avec mon budget, un nouveau paréo et pourquoi pas une robe mission tant que tu y es ? Putain ça craint tout ça !

C’est à ce moment que ma mère passe (mais qu’est-ce qu’elle fout là !) et me voit prendre mon pied. Ah, tu t’en es enfin aperçue. Je voulais t’en parler depuis longtemps mais c’est tellement ridicule. L’année de tes deux ans tu en as pleuré pendant trois jours tellement c’était douloureux. Ton père et ton oncle Guignolet étaient tellement saouls quasi quotidiennement qu’ils t’ont fait graver par un ami tatoueur (de la même confrérie) un numéro dont ils n’arrivaient jamais à se souvenir, celui de ton pédiatre, le Dr Le Cerf : 29.02.48. C’est con, hein !

Ces trois derniers mots constituent une appréciation objective du texte qui précède.
Bertrand

 

16 mars 2130
Elle était là, délicatement allongée dans l’herbe synthétique. Ses cheveux masquaient son visage et ne laissaient apparaitre qu’une parcelle de peau diaphane.
Sa tunique moulante conçue à base d’aluminium et de carbone ne laissait rien percevoir de son corps, outre que celui-ci était élancé et bien proportionné. Une bottine en maille d’acier polymérisée manquante, dévoilait un pied fin. Cette jeune femme n’était pas d’ici. Je la regardais longuement, subjugué non seulement par sa beauté, mais par un attrait inexplicable. Mon regard naviguait de sa chevelure ondulée à son pied fuselé en m’attardant sur chaque parcelle de son corps que mon esprit essayait d’imaginer sous sa combinaison pour faire ensuite le chemin inverse, comme hypnotisé.
Je fus attiré par une marque sous son pied. Je m’approchais, prudent.
Quel fut mon étonnement de découvrir une date tatouée sur la peau : 23/03/2030.
Qu’est-ce que cela pouvait vouloir signifier ? Quel jour étions-nous ? Le seize mars.
Le vingt trois mars c’était dans sept jours ! J‘étais intrigué à la fois par sa beauté, par cette date et par la façon dont elle pouvait bien être arrivée ici.
Je scrutai autour de moi sans vraiment savoir pour quelle raison, comme pour me rassurer ou pour vérifier si j’étais seul. Cela ne me réconforta pas ! J’étais seul !
Je posai ma main sur la sienne qui était recouverte d’un gant translucide. Brusquement, sa main saisit la mienne pour la relâcher aussitôt. Je me retrouvais sur les fesses, la sueur coulant de mon visage et le coeur emballé.
Je décidai de me calmer quelques instants tout en surveillant le moindre mouvement de sa part.
Mon attirance fut plus forte que mon anxiété et je m’approchai de nouveau lorsqu’elle ouvrit les yeux. Je fus paralysé. Ce n’était pas des yeux, mais de véritables diamants, d’une pureté inégalée, d’une clarté telle que je m’y serai plongé ! Je ne pouvais plus détourner mon regard, j’étais littéralement absorbé ! Je n’existais plus, j’étais elle, elle était moi. Nous avions fusionné !
- Bonjour, vous allez rester là, planté comme un piquet ?  Dit-elle d’une voix suraigüe qui me sortit de ma léthargie tellement c’était horrible à entendre…
- Je…, je …. ! Je ne pus articuler aucun son.
- Ben quoi, me dit-elle, j’ai traversé tant de galaxie pour arriver jusqu’ici, j’espère bien que je ne suis pas tombé sur un abruti !
J’avais peine à ne pas boucher mes oreilles, et puis je n’aurais pas entendu ce qu’elle souhaitait me dire. Mais le crissement de sa voix, si l’on pouvait parler d’une voix était tellement horrible.
- Vous…, vous… , je déglutis avec difficulté, vous êtes qui … ?
- Mon nom est « Xétop » et je suis ton ange.
- Mon ange ?
- Oui, ton ange ,  je te plais ?
Je regardais autour de moi. Bien qu’il le paraissait, cela ne pouvait être un canular, en 2030, les dix huit milliards d’humains avaient suffisamment de problèmes à gérer pour survivre alors faire des canulars ! Même que plus personne ne savaient vraiment ce que c’était !
- Oui,  répondis-je niaisement.
- Bon, allons-y, dit-elle.
- Allons-y où ?  Je te suis. Je suis ton ange pendant sept jours. Tu n’es plus seul. Je serai là prêt de toi, chaque seconde que tu vivras. J’exhausserai toutes tes attentes, je répondrai à toutes tes interrogations, je chanterai tout au long de tes nuits… je…..
- NON !!!!!!!!!!!!!!!
Laurent

p8
Date de péremption

Elle était née dans une banlieue de Taïwan au fond de l’usine bruyante remplie de jeunes femmes aux cheveux noirs et lisses, assises bien ordonnées derrière des tables à couture et assemblage.
Elle arborait un sourire figé qui lui donnait l’air d’une idiote ébahie, ce qui me faisait bien rire.
Toute fabriquée de silicone, elle avait le visage maquillé ceint d’une chevelure en acrylique, courte, frisée et rousse.
Haute de ses 1.82 m, un tour de poitrine décent, des hanches parfaites et des fesses bien rondes, un beau mannequin prêt à défiler de manière aguichante si par magie, elle avait pu se transformer en femme humaine !
Une particularité pourtant la distinguait.
Sous la plante de ses pieds, taille 39, elle avait une date de péremption qui l’emmenait à l’année de grâce 2025 !
10 ans de vie d’une poupée gonflable pour homme seul ou femme, qu’importe, en perdition, à la recherche du plaisir sans les tracas d’une copine jalouse !
Brigitte

13 janvier, 2016

Atelier du 30 novembre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:53

1/ Exercice : Ecrire un texte sur cette photo de Morgan Fabre – DREAMLAND

dreamland

J’ai rêvé de l’Amérique. Kérouac.  La route, déjà deux ans. Quelque chose qui vous rode. Enfin pas celle-là, l’autre la première, la mother Road, qui vous entraîne sans fin à jouir sans plaisir, jusqu’à Hollywood, en plus avec les chiffres du diable ou presque. Je ne parle pas de la vitesse, Georges avait refusé de me prêter sa moto et je me retrouvais au volant d’une camionnette Sienna. Une des premières que la firme Toyota avait construite aux US, Georgetown Kentucky. Ils avaient fini par l’avoir leur revanche, les japs. Outre la fumée noire d’une panne qui n’arrivait pas, il y avait le bruit. Le claquement d’un moteur qui fonctionnait à deux cylindres sur quatre, à mon image. De toutes façons la radio ne marchait pas. Si j’avais pensé trouver une autostoppeuse genre Vixens c’était raté. J’avais choisi cette saison pour éviter autant que faire se peut l’allée des tornades, le couloir de la mort, surtout en Oklahoma. L’étuve de cette fin d’été 89 me liquéfiait autant que le goudron. Pour une fois que j’avais un véhicule qui collait à la route ! Des heures de conduite en ligne droite dans ce putain de désert. Alors j’avais fait comme la Toyota, j’avais consommé, avalé, bu, éclusé, sifflé, pinté, poivré, descendu à en péter la jauge. Du whiskey, deux bouteilles. En arrivant au lunapark  du village fantôme je n’y voyais pas très clair. Au moins les volets de la maison rose du gardien absent étaient verts. C’est bien tout ce qu’il y avait d’irlandais dans ce coin perdu d’Oatman, Arizona, tout ce qu’il y a de plus sec.
J’avais pourtant rêvé de l’Amérique !
Bertrand

Il m’avait dit :

- Je t’amènerai dans un endroit extraordinaire. Un endroit où tu as toujours rêvé d’aller… Où rêverais-tu d’aller ?
- Je rêverais d’un château de princesse tout bleu et rose avec des fenêtres à petit carreaux et beaucoup de balcons. Je rêverais d’une petite porte accueillante qui s’ouvrirait toute seule à mon arrivée. Je rêverais d’un endroit où on s’amuse beaucoup, mais où il n’y a pas beaucoup de monde. Je rêverais d’un parc d’attraction ouvert juste pour moi. Je rêverais d’un endroit magique et calme, où je pourrais aisément me garer sans risquer une amende. Je rêverais aussi d’un petit chemin qui se perd dans la campagne.  Un chemin pour les jours où mon esprit aurait envie de vagabonder. Je rêverais de choses simples et faciles. Je rêverais de choses comme on n’en trouve plus.
- Alors ferme les yeux et nous y allons.
Je ne me souvins pas du voyage, juste d’une forte odeur de chloroforme, à mon réveil. Et nous étions devant cette bâtisse lugubre et abandonnée.
- Ce n’est pas vraiment ce dont je rêvais…
- Pourtant, regarde bien, il y a tout ce que tu avais demandé. Même le petit chemin. Et s’il ne se perd pas dans la campagne, il ne se perd que dans mes folies meurtrières… Car c’est ici que s’achève ton dernier voyage et crois-moi, nous ne serons pas dérangés : nul ne connait cet endroit !
Fabienne
J’étais la mascotte de ce parc. Tous les enfants voulaient une photo avec moi. Une vraie star. J’avais même un film à mon nom.
Je me souviens de l’ambiance magique qui entourait le rire des enfants, le temps des cadeaux souvenirs, les cris dans le grand huit. Parfois je faisais un tour avec eux pour apparaitre sur la photo souvenir. J’aimais déambuler dans ces rues aux décors trop vifs, les maisons jaunes, vertes et roses.
Nous faisions oublier à toutes ces familles le quotidien, la vaisselle, le linge à étendre, les disputes pour la chaussette oubliée sous le lit. Tout le monde riait, oubliait, dépensait.
Nous étions les rois du monde, adulés, adorés, sublimés. Et l’argent coulait à flot, le parc brillait de mille feux.
Et aujourd’hui, un tas de ruine. La crise, ils nous ont dit, les parents n’ont plus d’argent, donc plus d’enfants. Tout s’est disloqué, les façades sont tombées, l’herbe a poussé même sur les allées bétonnées. J’ai dû tout regarder, tout subir. J’ai continué à errer dans ce décor aux couleurs délavées. J’ai disparu avec la dernière affiche publicitaire brûlée.
Je m’appelais Mickey.
Claire
2/ Exercice : écrire la suite

diable

Epuisé par des milliers d’années de sévices, le diable décida de faire valoir ses droits à une revanche.
Il en avait assez d’être traité de tous les noms d’oiseaux et même les pires. Aussi décida-t-il à partir de maintenant de se faire appeler Dieu ! Mais ce n’est pas pour ça que les sévices s’arrêtèrent, loin de là !
Fabienne

Epuisé par des milliers d’années de sévices, le diable décida de faire valoir ses droits au paradis. C’est vrai, pourquoi pas lui ? Il remplit les critères. Il a travaillé toute sa vie, ce n’est pas lui qui a choisi son domaine de compétence donc on ne peut pas lui mettre ça sur le dos. Il a bien travaillé en plus à en croire les quelques locataires encore en vie sur Terre. Il n’a pas volé, il a respecté son voisin, Dieu s’est rarement plaint. Donc, une toute petite place pour lui, ce n’est pas trop demandé. En plus, ça créerait un emploi. Et il y a déjà plusieurs candidats, des jeunes bien plus dynamiques.
Allez, juste une toute petite place !
Claire

 

Epuisé par des milliers d’années de sévices, le diable décida de faire valoir ses droits à une revanche.
Au début c’était facile. Les hominoïdes, les hominidés, les homininés type vieil homo, je n’avais pas le droit d’y toucher. Les anges non plus, quoique j’ai un doute. On les laissait vaquer comme les autres animaux. Manger, boire, dormir, se reproduire selon la lune. Que pouvait-on bien changer dans leur comportement durant cette courte vie de pré-hominiens ? Si j’avais pu, je me serais bien occupé des primates, en particulier les grands singes, avec un faible pour mes chouchous : les bonobos et vous savez pourquoi ! L’acquisition de la verticalité ne leur permit que rarement de regarder au dessus des herbes hautes. En file indienne, ils ne voyaient pas plus loin que la croupe de leur prédécesseur, ne percevant aucun mal à un déhanchement encore simiesque. A la loterie de l’évolution j’avais parié sur la primeur de Néandertal, de la vallée de l’homme nouveau. Gagné ! Pendant ce temps là, la commission des archanges avait concocté des théories fumeuses sur les rangs taxinomiques. Par exemple : une seule espèce en même temps, pas d’hybridation, pas de métissage si vous préférez. Ils se sont donc postés en Afrique attendant Toumaï, comme d’autres ont attendu Godot. Leur « espoir de vie » a mis bien du temps à arriver, mais il est venu, ce petit dieu. Je me suis donc occupé de l’autre, le nordique poilu.  A partir d’un Erectus fringant, j’ai vu apparaître avec une joie de découvreur nobelisable, un pré-néandertalien venant d’Europe de l’est, de Grèce, d’Allemagne et même de Normandie, Trouville la Rivière plus précisément. Certes il a fallu 400 000 ans pour arriver à leur extinction complète à Gibraltar, mais ils furent tout à moi en ce court instant en temps galactique, du petit lait. Pendant ces moments là, les archanges discutaient du sexe des Africains dont ils avaient bien du mal à prendre la mesure. J’ai toujours pensé qu’ils étaient du genre homo homo, pas les sapiens, les archanges.
Oui, au début c’était facile. Ce brave Tautavel avait gagné en capacité crânienne donc probablement en poids de cervelle. On peut imaginer que la forme de son crâne l’amènerait à jouer au rugby alors que les sapiens au caillou rond joueraient au football. C’est pourquoi on leur donnerait le nom de Cro-mignons. Mais Tautavel aimait les choses simples : passer ses meilleurs moments à taper sur ses congénères, singulièrement sur ceux porteurs de lourdes mamelles ou bien d’autres animaux inférieurs… en taille. Son outil préféré était le fémur d’ure, d’aurochs si vous connaissez. Il fallait d’abord tuer le gros bison : une tonne de muscles avec à l’avant du véhicule un os frontal pare-chocs surmonté d’un bicorne géant du même métal, irascible de surcroit.  Je lui ai appris à creuser des grands pièges tapissés d’épieux aiguisés, à découper la bête rapidement avant l’arrivée du tigre mégacéros et enfin à désarticuler les fémurs après l’action décapante des fourmis bouledogue. Mais impossible de lui faire cuire la viande, trop peur du feu. Juste carpaccio à volonté pour la tribu. La recette de la sauce diable attendrait. C’était vraiment divertissant de voir la tête de fémur concasser les crânes que des paléontologues mettraient des années à reconstituer. C’était bien mon idée, vous me reconnaissez bien là et j’ai caché des morceaux ! Par contre le cannibalisme c’était lui, si, mais si ! Néanmoins je n’ai pas oublié de faire connaître cette initiative bien plus tard, en Calédonie avec en prime la cervelle pour le master-chef.  Ce furent mes meilleurs millénaires. Avec Néan, ce diminutif qui lui va si bien, je n’ai pas vu le temps me dépasser.
Vint alors ce salopard de Sapiens. Ce fut une sorte de réfugié climatique après les dernières glaciations. Avec toute sa smala, il a colonisé, envahi, infesté. Les grands imbéciles à ailes blanches, caquetant comme des oies, avaient ancré dans leurs cervelles de piaf des idées angéliques : les pires.  Une entre mille : Dieu est grand alors que c’est un petit barbu tout ridé avec des poches sous les yeux, trop tard les remords !
Cela s’est encore aggravé quand il est devenu sapiens sapiens, sapiens au carré. Plus rien n’a tourné rond. J’ai proposé la quadrature du cercle, un vieux truc à moi. Mais ils ont préféré la relativité. On a vu ce que cela a déclenché. Hiroshima mon amour, un des films les plus durasses jamais produits. Une heure et demie de pathé de tête. Je vous jure sur la tête d’un saoudien que rien n’est de moi. Ni la bombe ni le film. Par contre Superman et tous les super-héros avec le slip sur le pantalon, c’est moi. Les présentateurs télé avec le slip sur la tête, aussi. Vous voyez bien que je suis fatigué, en panne d’idées. Cette espèce humaine de saligauds n’a que trois pour cent de matériel génétique venant de Néan. Autant dire qu’ils n’ont rien hérité de moi. Cela faisait quelques milliards d’années que l’arbre philogénétique était celui de la vérité, celle que j’avais gentiment embrouillée. Mais ces salauds ont tout effacé, tout gâché avec leurs idées de transcendance : la philosophie, l’éthique, la sociologie, la psychologie et le pire de tout : la religion. Et ces fous de dieu m’ont mêlé à tout ça sans me demander mon avis. Alors j’ai décidé de faire valoir mes droits à la destruction du taxon humain, cette espèce sans vergogne. Plus très longtemps à attendre, il suffit de leur laisser la bride sur le cou.
Bertrand

 

Devoir : 4 mots : bouteille – respiration – grand-mère – diligence

Ma dalton

Affalé sur une chaise, au milieu du saloon vide, sa tête était posée lourdement sur ses bras, devant la bouteille vide. Ses pieds ne touchaient pas le sol et se balançaient mollement, tels ceux d’un pendu. Sa respiration était entrecoupée de ronflements sonores.
Joe cuvait un mauvais vin, comme tous les matins, après une soirée des plus arrosées. Comme tous les matins depuis plus d’un mois. Un peu plus d’un mois que Linda était partie.
Linda, son amour, si belle, si maline, si… cruelle.
Bien qu’on le qualifiât de plus malin de la famille, il était loin d’être aussi intelligent qu’elle. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle était partie se dit-il, comme une évidence au milieu des brumes avinées.
Il fallait qu’il leur prouve à tous qu’il était le plus fort de l’Ouest ! Oui, c’est ça qu’il fallait faire ! Mais comment ?
Tout d’un coup, sa grand-mère surgit soudainement au milieu des tables, un fouet à la main, le forçant à interrompre son rêve de gloire.
- Espèce d’ivrogne !!! ça fait trois heures, que Jack, William et Averell t’attendent ! Ce matin, on devait détrousser la diligence qui amène les fonds à la Banque de l’Ouest ! Et toi, tu cuves ton vin ! Quel abruti ! A cette heure-ci, nous aurions pu être riches et nous la couler douce…
Mais oui ! C’est ça qu’il fallait faire : voler la diligence qui toutes les semaines transportait l’argent pour payer les chercheurs d’or !!! Comme toujours, Ma Dalton avait la solution… Il se voyait déjà, plein aux as et Linda à ses côtés. Forcément, quand il serait riche, elle reviendrait vers lui.
Mais pour aujourd’hui, c’était un peu râpé… Sûr que la semaine prochaine ça marcherait… Alors, en attendant, il se servit son premier whisky de la journée.
Fabienne

knky
J’écris ton prénom, grand-mère ou le lagon dans une bouteille.
Sur le soleil de plomb, sur le couchant de cuivre,
Sur le fer qui menotte, sur le nickel de fièvre,
J’écris ton prénom, grand-mère.

Sur le cocotier qui plie, sur le kaori dressé,
Sur le niaouli qui soigne, sur le flamboyant de joie,
J’écris ton prénom, grand-mère.

Sur l’huitre de roche salée, sur le cône mortifère,
Sur la porcelaine rostrale, sur la toutoute sonore,
J’écris ton prénom, grand-mère.

Sur la gourde de mineur vorace, sur l’hibiscus au pistil orgueilleux,
Sur le bec d’oiseau strident, sur la fleur de vanille mariée,
J’écris ton prénom, grand-mère.

Sur la tortue sacrifiée, sur le corbeau noir génie,
Sur le cerf innombrable, sur le cagou aboyeur,
J’écris ton prénom, grand-mère.

Sur la maison coloniale disparue, sur le pentagone promenade,
Sur le bagne du touriste, sur le rocher à la voile érodé,
J’écris ton prénom, kanaky.

Si toi l’écologiste a le courage de l’avenir,
Si toi l’industriel permet ma respiration,
Si toi le coutumier libère la femme,
Si toi le politicien pour l’autonomie fait diligence,

Alors je crie ton nom, Calédonie !

clepto
J’avais de la bouteille pourtant… Et je me suis faite avoir comme une bleue. Par une grand-mère en plus, au moins 80 ans la vieille. Elle est entrée dans la boutique en clopinant. Elle a commencé à regarder la marchandise et là elle est devenue toute rouge, puis toute blanche, puis toute bleue. Paniquée, je me suis précipitée quand elle est tombée. Je me suis jetée sur elle pour la secouer. J’ai écouté sa respiration et son cœur, je ne suis pas médecin mais ils font toujours ça dans les séries américaines… Le temps que je courre attraper le téléphone, elle avait disparu, et la moitié du rayon avec. Une mamie cleptomane, c’était bien ma chance !
Evidemment, le chef est arrivé et il m’a demandé de régler ça avec la plus grande diligence. Comment je fais moi maintenant ? Je cours après une vieille en hurlant au voleur ?
Claire

Atelier du 23 novembre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:11

ea

L’écriture automatique :

On vide son esprit,
On laisse jaillir les mots spontanément,
On laisse parler le langage, s’opérer une sorte de dictée de l’inconscient,
On transcrit strictement ce qui apparaît dans la conscience claire.
André BRETON

On se met dans un état le plus réceptif possible. Libérez-vous de toute entrave, ne vous censurez pas. Ensuite vous écrirez le plus vite possible, sans vous relire. Ne vous souciez ni du contenu, ni de la présentation.

1/ Exercice : Ecrire en écriture automatique à partir d’un incipit célèbre : « Voyage au bout de la nuit » Louis-Ferdinand Céline

« Ça a débuté comme ça »….

Ça a débuté comme ça… c’est pas qu’on s’y attendait, mais n’importe qui, venant d’ailleurs aurait pu le prévoir. Pour nous, c’était pas possible car on était trop impliqués mais on avait senti quand même que les choses s’imbriquait vachement bien les unes avec les autres. Alors, on avait attendu et laissé faire. Et quand les grands messieurs étaient venus de la ville avec leur belle théorie, ça nous a bien fait rigoler. Enfin rigoler, c’était peut-être pas le mot parce que la situation était quand même grave. Et du coup, tout le village s’est barricadé, au propre comme au figuré, à peine pouvait-on voir un fin voilage bouger aux fenêtres pour attester de la peur et de la méfiance des habitants.
Un soir donc, ça a débuté : Le ptit Louis découvrit le cadavre du curé dans l’église. Le lendemain, tout le village était en émoi car, croyants ou pas, qui aurait voulu la mort d’un si bon pasteur ? Il aimait toutes les familles de ce bourg et avait une tendresse particulière pour celles qui ne se conduisaient pas formellement comme l’enseignait les Ecritures.
Et puis, il y eut l’assassinat du maire, un personnage haut en couleur qui était autant apprécié que haï mais que personne n’aurait pu aller jusqu’à le tuer.
Ainsi donc, le village vivait dans la peur, attendant la prochaine victime et ni les policiers, qui grouillaient, ni les journalistes qui se délectaient de ces évènements, ni les prédicateurs venus soi-disant pour les sauver, n’auraient pu rien y changer. Chacun s’était retranché chez soi et savait que le mal venait de l’intérieur.
Fabienne   


Ça a débuté comme ça!
J’avais cinq ans et je suis tombée avec mon tricycle du haut du garage de la maison familiale dans la rue du 24 septembre, Haut Magenta.
Après bien des péripéties médicales, de la clinique Magnin en passant par la Salpétrière à Paris, je suis revenue au pays pour repartir en Australie !
Chemin faisant, je me suis forgée une âme aventurière et pas seulement avec un sac à dos mais par l’esprit, son imaginaire et son adaptation à toutes situations se présentant à moi.
J’ai encore et encore voyagé en tout sens, vu des pays autant qu’il m’a été donné d’en voir.
J’ai aussi inventé des vies dans mon for intérieur qui elles, n’ont jamais pris forme mais je l’ai fait et aujourd’hui, je stagne dans le pays qui m’a vu naître mais qui ne semble pas enchanté de m’accueillir car d’épreuve en épreuve, il me teste et moi, je déteste être jugée alors je n’ai qu’un souhait, celui de partir au loin.
Si loin que je ne saurai comment m’orienter, tout ce qui pourrait me nourrir, je le mangerai comme je me suis déjà nourri de rencontres insolites tel l’anaconda sur un chemin de Guyane, le Ché en Argentine, un juge dans un ascenseur du tribunal de la ville de Macapà au Brésil ou mes soirées chic dans la belle cité de Londres.
Il m’aura fallu voyager, partir avec des valises remplies de vêtements ou de mots, l’essentiel  étant de partir, toujours partir, vivre le CARPE DIEM. De vie nous n’en avons qu’une et d’avoir souvent été près de la perdre, il me fallait aller de l’avant, de l’avant vers des horizons toujours plus hostiles et aventuriers, toujours plus doux où l’amour avait son emprise car vital.
C’est pourquoi, en ce jour béni, je voyage au pays de Cupidon qui de sa flèche a transporté mon cœur vers un pays magique sans que je ne sache où mes pas vont me mener mais je me laisse bercer au fil de l’eau transparente d’un amour où la réalité dépasse parfois le rêve ce qui est très rare il faut en convenir.
C’est ainsi que je termine mon récit qui pourrait s’allonger de façon démesuré.
Une Fin de texte car de Faim d’aventure, ne n’en serai jamais rassasiée !
Brigitte

 

2/ Exercice : dans la peau de… « dans la peau d’une huitre ».

huitre

Hummmm ! Un peu de citron sur mon huître toute fraîche et voilà que je frissonne tout en dessous de mon ventre.
Je me vois avec une jolie perle rare qui toujours me ravit, il n’y a pas loin à chercher pour trouver une huître aussi attrayante à la seule différence des autres, c’est qu’elle peut se déguster sans jamais disparaître au fond des gorges à qui j’ai permis de la goûter.
Elle m’a été offerte à la naissance et elle ne s’en porte pas plus mal la coquine, elle sait que je l’aime ainsi et que son unique plaisir est de me satisfaire alors je la laisse à loisir s’en délecter car dans ma coquille délicate, elle se délasse, humide et chaude, elle rêve à son éternité et moi, je ne l’en désillusionnerai pas car sans elle, je ne vivrai jamais de telles jouissances qui par nature sont indispensables à mon équilibre, j’en ai besoin comme bouclier contre le monde de fou qui m’entoure.
Voilà pourquoi, parfois, je me réfugie seule dans la coquille de mon huître qui m’aime sans détour et ne cherchera jamais qu’à me procurer l’extase !
Brigitte

Une, deux, trois, quatre bulles. Pas plus de quatre à chaque fois, c’est le conseil de ma grand-mère pour faire les plus belles perles. Si on sort trop d’air d’un coup, la nacre ne sera pas aussi belle. Quelle barbe quand même de ne pas pouvoir respirer à plein poumon ! « C’est la vie d’huître » comme dirait ma mère.
Faire une perle, la plus belle possible c’est le but de notre vie. Ca ne sert à rien, mais on ne peut pas y couper. Toute cette énergie dépensée pour quelque chose d’aussi futile, c’est bizarre, non ? Ceci dit, j’ai entendu dire que les humains s’arrachent nos perles à prix d’or pour les mettre autour du cou. Ça me parait encore plus stupide. Mais il faut dire qu’ils ont la tête qui va avec quand ils viennent nous rendre visite avec leurs masques et toutes leurs bulles autour. Eux, c’est sur qu’ils ne feraient pas de jolies perles !
C’est vrai que produire ce petit bijou que l’on appelle perle de Tahiti nous prend du temps, mais d’un autre côté, on n’a pas grand-chose d’autre à faire après avoir écouté, répertorié et répété les ragots du jour. Le sport, on oublie vu notre vitesse de pointe. La cuisine, on y participe pleinement mais en général contre notre gré, sauf pour les suicidaires. Le ménage est vite fait, la coquille est plutôt petite. Et pour philosopher, mes semblables sont assez limités. Un QI d’huitre ce n’est quand même pas grand-chose…
Je suis née huitre mais je crois que je me suis trompée, je réfléchis beaucoup trop. Moule, j’aurais été mieux en moule.
Claire

Je suis une huître ! Peut-être que ce n’est pas reluisant… On dit souvent le QI d’une huître, le charisme d’une huître…
J’ai même entendu une femme complètement désabusée nous comparer aux hommes : «  c’est tout mou, ça bave… et à chaque fois, tu crois tomber sur une perle, mais hélas ! ce n’est pas cas ».
Mais qu’est-ce qu’ils en savent les autres de notre vie à nous, les huîtres ? Nous sommes quand même capables de créer les plus belles perles du monde, avec des couleurs si belles, si variées, si parfaites quelquefois, que je pense qu’il y a du divin là-dedans…
Mais pas que, bien sûr, on sait bien toutes les manipulations que certains humains pratiquent sur nous pour arriver à ce résultat et toutes les souffrances que nous endurons, parquées dans des cages. Et toutes celles d’entre nous que l’on ne déchire pas dans leurs chairs finissent forcément un soir de réveillon, tristement allongées sur un lit de glaces d’algues, impassibles devant la liesse générale, attendant d’être gobées.
Alors moi, j’envie mes cousines du Pacifique, les belles huîtres de rocher. J’ai même ouï dire que les humains partaient en bord de mer, un tournevis, un marteau et une bouteille de vin blanc pour les déguster. Mais quelle belle mort, mes amies, au bord de l’océan, notre maison, dans le plaisir et la joie !
Fabienne

12 janvier, 2016

Atelier du 16 novembre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:28

Atelier à la galerie LABEL IMAGE pour écrire des textes sur des photos de Bertrand POUGET :

LABEL

 

photob3

Le squelette hors de l’eau
Le crâne face au ciel
Le bassin fragile
Il est là depuis longtemps
Tout le monde l’oubli
Ses bras vont cassés
Et la mangrove l’engloutira.
Claire

Il sort de sa gangue, hébété
Gauche, les membres raidis
Tel un insecte géant.
Conçu au cœur de la matrice
C’est un guerrier
De la cinquième  génération.
Fabienne

 Sept fois, il tombe.
Sept fois, il se relève.
Chaque fois, la vase l’alourdit un peu plus.
C’est fini. Son passé l’engloutit.
Georges

 La lave a coulé bleu hors du volcan.
Elle a pétrifié l’ultime geste de la lavandière à genou.
Huguette

De rouille et d’eau
Dernier vestige d’un  monde englouti.
Marie-Pierre

Photo 2

Instinct de survie

S’accrocher, coûte que coûte,
Puiser, tant que c’est possible,
Vivre, tout simplement
Marie-Pierre

Photo 3

L’iris de ténèbres a  faim de crevettes.
Tant qu’elles restent dans la lumière l’ogre bleu les laisse vivre leur petite vie d’à-coups aléatoires.
Bertrand

Photo 4

Sa moto filait comme le vent,
Dans le désert et les éléments.
Une tempête de sable le talonnait.
Vite ! S’abriter !
Fabienne

Photo 5

Ce matin, le pâtissier est gourmand
Il trempe sa main dans le chocolat
Jouissant, il lèche ses six doigts
Tchernobyl ou Fukushima ?
Georges

 Une main de chocolat aux noisettes se plonge avec délice dans l’eau assombrie par la nuit tombée !
Brigitte

 Trop tard

Des souillures de l’homme,
Ne reste que sa main,
Prisonnière de l’eau
Devenue métal
Marie-Pierre

 Mes doigts de racines brunes s’enfoncent lentement dans le mercure argenté de ton lac.
J’y ferai souche.
Patricia

 

Photo 9

Elephant man se mire dans l’eau et se trouve presque beau…
Huguette

 Vibration

Silencieusement, l’ondulation se propage sur la surface nacrée.
La vibration imperceptible s’évade hors du support pour pénétrer l’admirateur.
Laurent

 Rêve

Ton œil hypnotique
M’attire
Loin, très loin
L’eau m’entoure et me caresse
Dans le ventre de ma Mère.
Marie-Pierre


Photo 10

La jeune morte s’est diluée dans l’eau trouble de l’étang.
Ses seins éclatés surnagent en deux yeux monstrueux qui accusent la barbarie de son bourreau.
Huguette

Photo 13

photob

Du grand bleu émerge le vieux aux dents limées.
Comme souvent une seule persiste, canine érodée.
Elle s’exhibe à l’air libre, lueur abandonnée, perle improbable, bijou jamais offert.
Bertrand

                      Une perle de nacre
La fumée d’huître
Un coup de vent
Tout a disparu.
Claire       

Le petit dragon vient de naitre
Une corne lui traverse la narine,
Son œil de nacre, étonné
Contemple le monde nouveau.
Sa tête d’albinos se penche :
« Est-ce ici que je dois vivre ? »
Fabienne

Photo 14

Par un effort d’optique délirant, le phallus dans toute sa splendeur, se dresse à la limite de l’eau et du ciel !
Brigitte

Photo 15

Royal, par-dessus les flots et les cieux
L’aigle apportait un terrible secret :
La terre se mourrait, il devait l’annoncer aux dieux.
Devaient-ils punir les hommes, ou la sauver ?
Fabienne

Photo 16

Depuis longtemps elle n’a pas souri
Elle vit en esclave soumise…
Un petit bonheur :
Elle souffle sur des pétales de fleurs
Son visage qui était jeune et beau
N’est plus que destruction et horreur
L’acide ne fait pas de cadeau !
Fabienne

Photo 17

Flip ! Flap !  Flop !
Tombent les gouttes de pluie sur une eau frémissante de plaisir !
Brigitte

 Une autre Ophélie
(regarder la photo à l’envers)

 J’ai la tête à l’envers
Et le cœur maladroit.
En trop, j’ai bu ce verre
Qui m’a menée à toi.
Mes membres sont tout froids,
Mais je me sens légère
Patricia

Photo 18

Du mouvement la lumière apparaît.
De mous ronds comme les flasques montres de Dali
Tentent de recouvrir l’obscurité.
Le temps se délite.
La feuille s’enfonce jaunissante.
L’obscurité immobile dévore tout.
Pascal

Photo 19

Une griffe, des ongles rouges
Le poing serré
La rage au ventre
L’écrin serré.
Claire

Photo 20

Le vieux peintre est quasi aveugle.
Pourtant il n’a pas renoncé à peindre « sur le motif ».
La cataracte brouille sa vue et jaunit les couleurs.
Plus le monde devient flou et imparfait, plus ses tableaux tendent vers l’abstraction et la modernité.
Devant quel paysage a-t-il planté son chevalet ?
Probablement pas ses chers nymphéas, encore que…
Est-ce un champ de renoncules ? Un gingko biloba qui reflète ses mille écus d’or dans l’eau du bassin de Giverny ? Ou plus prosaïquement la palette sur laquelle il délayait ses couleurs et posait son pinceau ?
Nul ne le saura : ceci est son dernier tableau.
Huguette

Photo 21

Un héron à l’esprit narcissique,
Se mirait par l’envers
Dans le miroir de l’étang aux couleurs automnales !
Brigitte


Photo 22

Orfèvrerie

 Le métal martelé, se déforme en de multiples arabesques miroitantes sous le feu solaire.
Laurent

Photo 24

Là où finit, là où commence la vie,
Le mort et le vivant  se côtoient
Décomposition avancée qui pourrit, qui nourrit
La vie qui finit donne vie à la vie l’Eau.
Pascal

Photo 26

Un petit crabe, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre…
Tous les hôtes de la mangrove criaient au scandale.
Ils vilipendaient leur outrageuse  différence.
Eux, les yeux dans les yeux, nimbés de leur rêve bleu
Ne voyaient que leur merveilleuse ressemblance.
Huguette

 Sur les eaux vertes d’un étang
Nymphéas bleus volent au vent
Chacun charriant au fil de l’onde
Crabe et gobie se promenant.
L’ombre du peintre ride l’eau sombre.
Patricia

 

Photo 28

Par un simple ricochet
Il avait ouvert les portes d’un autre monde
Déjà un étrange animal sortait
De ce trou qui fendait l’onde.
Fabienne

 L’eau troublée par une brise passagère,
Laisse apparaître les petits yeux globuleux des poissons joueurs !
Brigitte

 Devoir : Ciel ! Ma planète 

planete

- Vous connaissez l’histoire de cette planète perdue dans le multivers ?

- Non ?  et bien je vais vous la raconter.

C’est un endroit bien isolé, perdu au bord d’une galaxie, pas au centre, non, sur la périphérie. Une de ces galaxies qui allait en percuter une autre, mais tranquille pendant assez longtemps avec son trou noir au centre et les étoiles tournant autour.  Cette planète  là, à force de tourner sagement dans la périphérie, vit la vie apparaître, au bout de seulement quelques milliards d’années. Bactérienne au début, comme tu le sais, puis, quelques autres milliards d’années après, elle explose dans l’eau… La vie. Tu sais comment ça se passe… une fois que ça commence ça ne s’arrête plus, ça part dans tous les sens. Bien sûr c’est violent :  chaque espèce se montant le cou pour survivre, les unes pour avoir toute la lumière, d’autres augmentant leur taille ou empoisonnant les sols, d’autres s’alliant avec d’autres ou les étouffant, d’autres multipliant le nombre de petits enfin tout ce que permet l’évolution ils l’ont fait, une vrai course avec une seule idée survivre. Bien sûr l’espace ne fut pas toujours bien sage et des bouleversements ont fait quelques coupes sombres… même qu’une fois les plus gros, qui régnaient depuis quelques millions d’années, disparurent, à cause d’un caillou dans l’espace, pour laisser la place aux petits qui furent tout surpris de se retrouver maître du monde. Surprise ! Bien sûr, ça n’a pas été facile de survivre après la catastrophe, y restait plus grand chose, mais bon… on n’avait pas de gros besoins, vu la taille. Et puis c’est reparti, la course à l’évolution, toujours aussi violente mais toujours aussi grouillante de vie. Y a même eu la course entre deux modes de reproduction les marsupiaux et les mammifères. Mais bon, comme ces derniers avaient l’avantage de pouvoir développer leur cerveau plus que les autres avec leur gestation, ils ont gagné et ils ont conquis tous les continents où ils ont pu aller et ils leur ont  mis une sacrée dérouillée. Y a que quelques endroits isolées par l’eau qui les ont préservés. Puis y a eu encore de légers bouleversements qui modifièrent le milieu. Je ne parle pas des périodes trop chaudes ou des périodes trop froides, non juste un coin de continent qui se soulève et transforme la jungle en savane ou presque. Alors là, des ouistitis qui vivaient dans les arbres, comme y en avait plus, se débrouillèrent pour vivre sur le sol, quand les gros prédateurs dormaient, le jour. Et comme il faisait bien chaud ils ont su s’adapter, transpirer, noircir leur peau et améliorer leur endurance. S’ils ont perdu leurs poils ils ont pu développer leur cerveau de mammifère. Et c’est là tout le problème, ils l’ont tellement développé qu’ils ont commencé à jouer avec le feu par curiosité puis pour éloigner leurs prédateurs ou pour attendrir leur nourriture. De charognards ils sont passés à prédateurs. Avec le feu ils ont durci leurs armes en bois, utilisé la pierre, puis modifiés les métaux. Il leur fallait toujours plus de feu, pour ça, ils ont pris, le bois, le charbon puis le pétrole et ils en ont brûlé tant et plus que même leurs volcans ne leur arrivaient plus à la cheville. Ils avaient détrôné leurs propres dieux. Ils dominaient le monde. Toutes les autres espèces étaient réduites, parquées, détruites tandis qu’eux grouillaient de partout sans rien pour les arrêter, sinon eux-mêmes, ce qui était loin d’être suffisant. Ils pensaient tout résoudre avec leur soi-disant science.  Détruisant tout pour avoir le superflu, l’or, le poivre, le pétrole, le chocolat, l’inutile utile qu’à leurs yeux aveugles. Tant et si bien qu’il se retrouvèrent seuls avec leurs animaux domestiques et encore ils étaient pas beaux à voir, leurs animaux. Fini la biodiversité, fini la vie. Et là, ils ont bien essayé de réparer leurs dégâts : ils se sont mis à butiner les fleurs à la place des abeilles fallait les voir avec leur pincette, ils étaient pathétiques. Comme de bien entendu ils ne purent pas faire tout ce que la nature faisaient alors ils s’éteignirent, sans trop savoir pourquoi, écrasé sous le poids de leur intelligence bornée. Parmi toutes les planètes grouillantes de vie, c’est un des rares cas où l’intelligence fut un handicap. C’était des flèches pourtant.  Si les dinosaures ont dominé la planète pendant plus de 160 millions d’années, eux, les plus intelligents, les homologue sapiens n’auront dominé que 300 000  ans, un record !  Et ils ont laissé la place aux cafards et autres insectes. Tu vois, dans la vie, c’est toujours les petits qui gagnent.
Pascal

Ciel ma planète ! Non mais… qu’est-ce qu’il faut pas entendre  » ma » planète. Mais qui lui a dit qu’elle était à lui la planète, d’où il sort ça. Ah oui son dieu, c’est pour ça qu’il dit « ciel » t’avais pas compris. Tu croyais que c’était du second degré le mot ciel, du style : Ciel mon mari ! Bien non, tu vois, moi je pense qu’ils croient que c’est vraiment la leur de planète, vu que c’est là dessus qu’il pissent. Alors c’est chez eux, c’est leur territoire.   Et faudrait pas voir à s’approcher trop près, sinon je te dis pas le second degré que ça va être la balle que tu vas recevoir. Non mais… C’est vrai qu’ils font pas que pisser, ils foutent la merde aussi et même que c’est tous les autres qui trinquent. J’ te dis pas quand ils jouent avec le feu et bien l’ pauvre orang-outang l’a qu’à bien s’ tenir, si y veut pas cramer avec la forêt. Pis pour les autres dans l’eau quand ils viennent pas se foutre dans leurs filets, on leur donne le plastique à bouffer. Mais, c’est ça qu’est con, c’est qu’après, c’est eux qui les bouffent avec le plastique et le mercure. Bon, c’est vrai, c’est eux les plus dégueu. Mais ça fait pas d’eux les proprio, d’autant qu’y en a qu’étaient là bien avant eux, vu que les oiseaux c’est des dinosaures qu’ont compris qu’il valait mieux rester petits, sans compter le cœlacanthe, le nautile, le limule et plein d’insectes.   Et pis si on donnait le droit de propriété au plus dégueu moi je suis pour qu’il n’y ait pas de proprio et puis pourquoi qu’y aurait un proprio ! Même qu’y en a eu un d’entre eux qu’a dit  » la propriété c’est du vol ! » Joli paradoxe. Mais c’était entre eux parce qu’il en avait marre de se faire avoir, bref de la politique. Ils l’ont aussi un peu dit quand ils ont découvert qu’ils étaient pas tout seuls et qu’il y avait d’autres bout de terrain à lotir. Alors, quand les plus forts ont dit que c’était au roi machin ou à la reine bidule y a bien eu quelques petites voix pour dire que c’était du vol mais parmi les forts, c’est eux qui comptent, y avait pas grand monde pour les entendre, seulement parmi ceux qui n’en ont pas de propriété mais, eux, ils avaient déjà trop de mal à s’organiser contre les proprio. Mais personne, personne n’a jamais rien dit quand on a commencé à brûler les forêts pour cultiver la terre. Au contraire tout le monde a crié au progrès, à la civilisation et l’écureuil n’avait qu’à bien se planquer. Comme ils étaient les plus forts, c’est pas lui qu’allait les arrêter.  Vive le progrès ! Mais quand même… Est-ce que la planète elle est pas à tout ceux qui y vivent… Je sais pas, moi, une idée comme ça. C’est vrai qu’au début ils étaient pas très fute-fute, et qu’ils pensaient qu’ils étaient les seuls à penser et que les autres espèces c’étaient au mieux des biens meubles mis sur terre pour leur service, en tout cas pas des créatures faites à l’image de leur dieu. Alors c’était pratique ils’ posaient pas de question, ils pouvaient tout dégommer avec bonheur, les bisons comme les loups et les baleines, les picots et les roussettes. C’était normal. Non mais tu te rends compte, ça leur faisait ni chaud ni froid de nous exterminer, sous prétexte qu’on abîme leur clôture et qu’on mange ce qu’ils ont planté, là où y on vivait, où on avait à manger. Faut voir comme ils nous refoulent, comme si c’était chez eux. Ils nous ont tout pris et même pas ils partagent. C’est vraiment des bêtes brutes, sans cœur des assassins. D’ailleurs on devrait pas dire bête, car nous au moins on vit tous ensemble, sans barbelés, sans tenir tous les autres êtres vivants à distance comme des pestiférés et advienne que pourra. Mais ça, eux, y peuvent pas, ils veulent jamais mourir même après la mort, alors y pullulent, ils sont partout, y savent pas s’arrêter et y nous entraînent avec, même pas y nous demandent notre avis.

 La Terre est à tout le monde partageons là !
Aucune espèce n’a le droit de se l’accaparer.
Pascal

- Allo, Allo, ici la Lune, Houston vous me recevez ?
- Ahah, tu n’arrêteras donc jamais cette blague ?
- Je ne m’en lasse pas. Alors quoi de neuf ?
- Bof, rien de spécial. Et toi ?
- Nada, je m’ennuyais à tourner toute seule. Je te surveille toujours du coin de l’œil, mais je me suis dit qu’il fallait quand même que je t’appelle pour savoir où tu en étais de ton problème de réchauffement climatique.
- C’est gentil de penser à moi. Le plus pénible, ce n’est pas le réchauffement, quelques bouffées de chaleur de temps en temps, un peu de prise de poids… La ménopause quoi. Mais de les entendre jacasser à ce sujet pendant des heures, c’est insupportable ! Et blabla émissions de CO2, et blabla la couche d’ozone, et blabla réduction de la pollution et blabla COP21. Avec tout l’air qu’ils brassent, je ne comprends pas que ça puisse continuer à chauffer….
- Ah ça pour faire monter la température, ils sont forts les humains !
- Tu prends ça de haut. Profite ! Ils sont obnubilés par Mars en ce moment, mais la roue tourne, n’oublie pas !
- M’en parle pas, je me souviens encore quand ils sont venus piquer leur drapeau sur mon derrière, trois ans pour cicatriser…
- Imagine-moi alors ! Je ne sais pas si je pourrais cicatriser en une vie entière de planète.
- On devrait peut-être appeler Mars pour savoir comment il va ? Il est déjà un peu fragile en ce moment…
- On peut lui envoyer de l’actimel, ça aidera ses défenses naturelles ! Bon plus sérieusement, toi qui vois ça avec du recul, tu peux pas m’aider à résoudre ces problèmes de réchauffement climatique ? Ils sont tellement à cran que je n’ose même plus me gratter parce que si ça à le malheur de casser trois maisons, ça passe aux infos pendant trois jours pour illustrer ce fameux réchauffement. Du coup, je m’en veux à chaque fois. Il faudrait presque que j’arrête de respirer sinon ils ont un peu trop de vent et leurs vacances sont foutus…
- Ben déjà tu pourrais commencer par te gratter précisément à l’endroit des antennes télé…
- C’est une idée ! Au moins ils feraient moins de bruit !
- Surtout qu’ils exagèrent, quand ils pourront bronzer à Dunkerque, ils seront quand même contents !
- Ca leur ferait du changement c’est sûr. Mais les réfugiés climatiques ça ne les fait pas tellement rire. C’est fou ce manque de solidarité, pourtant ils sont de la même espèce.
- Peut-être, mais un lion n’aide pas un autre lion parce qu’ils sont de la même espèce…
- C’est vrai, mais les humains savent faire de si grandes choses que j’ai toujours l’espoir qu’ils arrivent à une vraie solidarité, et pas uniquement quand ils y sont obligés.
- Tu as toujours eu un côté utopiste.
- Et toi cynique !
- Qui vivra verra. Laisse leur une chance, peut-être qu’ils arriveront à se mettre d’accord et à résoudre leurs problèmes.
- J’espère parce que si je deviens aussi chaude que Mercure je ne tiendrai pas le choc.
- Mercure est imbattable, ne t’inquiète pas, elle a toujours été chaude comme la braise !
- Ah j’ai un double appel, c’est Mars. Je suis sure qu’il va encore me demander de mieux gérer ma population parce qu’il s’est efforcé d’exterminer la sienne alors ce n’est pas pour subir celle des autres…
- Quel vieux râleur celui-là, heureusement que je ne suis pas sa lune, je n’aurais jamais supporté de travailler avec un mec comme ça.
- De toute façon, il n’y a pas meilleur patron que moi, n’est-ce pas ?
- Mais bien sûr ! Allez ! à la prochaine.
Claire

Ciel ma planète
Est-ce bien ma planète la terre car en signe astral, je suis de la lune et cela me convient mieux.
Être dans la lune me détend.
Pourquoi ne pas loger dans l’espace sidéral, voilà un logis qui m’enchante car sur la terre, ce n’est pas marrant !
L’air que l’on respire est pollué, nous rend malade, l’oxygène diminue mais qu’à cela ne tienne, certaines personnes mal intentionnées brûlent les forêts, tuant faune et flore sauvage.
Des arbres millénaires disparaissent pour des appétits de pouvoir et d’argent.
L’eau des fleuves, des rivières et les océans va jusqu’à changer de couleur à cause du déversement de produits chimiques et toxiques.
Elle n’est vraiment pas très alléchante cette Terre, pauvre Terre qui ne demande qu’à être aimée et sauvée !
Brigitte

 

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