Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

  • Accueil
  • > Archives pour octobre 2015

23 octobre, 2015

Atelier du 19 octobre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:51

Exercice : L’Angelus de Millet  (sans parler de paysans ni d’agriculture).

 

L'angelus

L’incendie ravage la plaine et le tocsin sonne dans le lointain. Bientôt il ne restera plus que des braises brûlantes du petit village. Déjà on ne distingue plus que la silhouette malingre du clocher qui se dresse comme un doigt accusateur vers ce Dieu qui maltraite tant ses créatures.
Fernand et Françoise prient. Ils sont trop loin pour aider les villageois, alors il ne leur reste que cet ultime recours, supplier ce Dieu que d’aucuns disent bon et d’autres vengeur.
Ils auraient dû se trouver là-bas, dans l’enfer du brasier et ils remercient cette puissance qui ce matin, les a envoyés au bout de la plaine. Car Françoise est fraîche accouchée et malgré la puissance de la Sainte Eglise, certains rites païens perdurent. Comme celui d’enterrer le placenta avec diverses offrandes à l’Univers.
Alors, pendant que le feu détruit le village, au bout de la plaine, un couple salue l’arrivée d’une vie nouvelle.
Mireille

 

-         Bon alors, tu t’en souviens ou pas ? ça fait bien une heure qu’on tourne et bientôt tu vas me rendre dingue ! Ah dis donc, on peut pas dire que tu t’arranges avec l’âge… Mais aussi, quelle connerie de faire confiance à une femme…
-         Ne t’énerve pas, Mon Pierrot ! Tu sais ça fait déjà pas mal de temps… Mais je suis sûre que c’était par ici. Attends, je réfléchis.
-         Et tu n’as rien mis pour marquer l’endroit ?
-         Si, justement, j’avais planté un rosier… Mais peut être qu’avec l’hiver, il a crevé…
-         Un rosier, mais ma pauvre, tu as un pois chiche dans la tête ! Un rosier avec le temps qu’il fait par ici… Sûr qu’il est mort depuis longtemps… Et tu n’es jamais revenue depuis ?
-         Et bien non, je n’y ai pas pensé : tu m’avais dit de tout planquer et puis d’oublier…
-         Mais aussi, quelle idée d’avoir choisi ce coin désert !
-         Tu m’avais dit, un coin où personne ne trouverait.
-         Ah ça ! Même toi !
-         Ne t’énerve pas, je t’en prie, à deux, on va bien trouver.
-         Peut-être que je devrais louer un tractopelle aussi ? Mais t’as vu, on dirait un champ de mine, tellement on a creusé…
-         Mais mon Pierrot, ça fait si longtemps !
-         Ah oui, alors, et certainement plus longtemps pour moi que pour toi ! Dix ans ! Et qu’est-ce qu’on a ramassé ? deux kilos de patates ! Tu vas me dire que j’ai passé 10 ans derrière les barreaux pour 2 kilos de patates ? Parce que moi, j’en avais pris 20 pendant le casse !
Fabienne

 

Dans le grenier de la maison paternelle, j’ai trouvé une boîte à chaussures.
Ma curiosité me tâtillonnant, je l’ai prise en main et l’ai ouverte !Des tas de photos y séjournaient, mais une, en particulier, a retenu mon attention !
On y voyait un couple, tête baissée et priant, je reconnus mes grands-parents !
Je m’attardais sur les détails : je pensais bien que dans la brouette près de ma grand-mère, mon père devait dormir, encore bébé emmitouflé dans un beau drap de coton.
Tout au loin, la ville avec son église dont le clocher dominait toute autre bâtisse.
Dans le panier posé au sol, je devinais qu’il s’agissait du déjeuner de mes grands-parents composé de pain, du saucisson, du fromage, quelques grains de raisin et du lait de la ferme voisine !
Il y régnait une atmosphère de paix dans ce paysage pourtant assez rustre. Les couleurs automnales rendaient la photo lumineuse.
Je ne savais presque rien de mes grands-parents paternels et pourtant, ils me manquaient, j’aurais aimé les connaître.
Satisfaite de cette découverte fortuite, je rangeai la boite à chaussures dans l’armoire de ma chambre.
Brigitte

 

 p1

Exercice : Vous prenez un ascenseur. Au moment où les portes se ferment, un personnage patibulaire entre. Impossible pour vous de sortir. Les portes se ferment. L’ascenseur commence à s’élever : 1 étage, 2 étages, 3 étages… et soudain, la panne…

Shhclac ! Une secousse et tout s’arrête.
Dans le noir complet.
Nous voilà bloqués, Frankenstein et moi ! Manquait plus que ça ! Déjà que j’ai horreur de rester enfermée dans ce truc, il y a l’autre, là. Qu’est-ce qu’il venait faire ici avec sa gueule de truand ? J’aimerais pas le croiser au coin d’une rue sombre et nous voilà coincés dans 2 m3 ! Il va me tuer, c’est sûr. Parce qu’il a un flingue, ça se sent ces choses là. Et il a déjà tué des tas de gens. Juste comme ça, pour le plaisir avec son flingue énorme. Je le sais.
Il va s’énerver et il va me tuer. Par hasard. Ma vie va s’arrêter pour une simple panne d’ascenseur. J’ai chaud, je grelotte, je déglutis mais ma bouche est sèche. Bon, qu’on en finisse !!
J’ose lever le regard vers lui et c’est incroyable comme il est calme. Blême. Il sue à grosses gouttes, a dénoué sa cravate et enlève sa veste dévoilant l’énorme pistolet. Je vous l’avais dit ! Alors, viol avant le meurtre ?
Il s’avachit en glissant le long du miroir, comme une poupée gonflable percée et se tasse au sol. Un filet marron nauséabond s’écoule soudain de son pantalon. Le grand caïd de la drogue qui fait trembler la ville est épouvantablement claustrophobe.
Quand les pompiers nous délivrent enfin, il se rend à la police avec la vulnérabilité d’un nourrisson.
Mireille

Non, c’est pas vrai, c’est bien ma chance, pour une fois que je prends l’ascenseur, il faut qu’il tombe en panne ! Mais quelle horreur ! Et surtout avec ce type ! Il me regarde de ses petits yeux cruels, profondément enfoncés dans l’orbite et j’en ai froid dans le dos, tous mes poils se hérissent ! Avec son nez camus et son menton en galoche, on dirait un fou… Si ça se trouve, c’en est un, échappé d’un asile… Mais qu’est-ce qu’il va me faire ? Subrepticement, je me glisse dans le coin le plus éloigné de lui… Surtout, ne pas montrer que tu as peur, il parait que ça les excite… Des gouttes de sueur perlent sur mon front… J’ai une irrépressible envie de faire pipi ! Il commence à s’approcher de moi… J’ai la trouille ! Il est grand et musclé, mon Dieu ! Il ne va faire qu’une bouchée de moi ! J’ouvre la bouche pour crier, mais aucun son ne sort de ma gorge serrée. Je le sais, il va m’étrangler… Et me violer, ou alors, me violer d’abord, puis m’étrangler… Mais peut-être a-t-il un énorme couteau dans sa poche… Des poches immenses… Il met la main dedans… Je sens déjà la lame qui pénètre mon thorax et va droit dans mon cœur… Pourvu que ça aille vite… Nous n’avons toujours pas échangé un mot… Que dire quand on va mourir ? Le supplier… peut-être le ferais-je revenir sur sa décision ? Peut-être a-t-il une pulsion et quelques mots bien choisis vont le faire changer d’avis ? J’avale péniblement ma salive et tente un dialogue :
-         Oui, je vous comprends, c’est tentant, mais il ne faut pas… ma voix s’éteint dans un filet…
-         Mais bien sûr qu’il faut… La dernière fois, je suis resté coincé pendant ¾ d’heure, il est toujours en  panne cet ascenseur ?
-         Je ne sais pas, c’est la première fois que je le prends, d’habitude je monte l’escalier…
-         Et vous allez où ?
-         Chez mes amis, au 5ème, vous savez, ils m’attendent, ils vont s’inquiéter si je n’arrive pas…
-         Au 5ème, mais alors, vous êtes invitée à  la fête ?
-         Oui, dis-je dans un souffle…
Il met la main à sa grand poche… ça y est, ma vie va s’achever ici. Je vois déjà l’article dans les journaux : égorgée dans un ascenseur… Un fait divers… Voilà ma vie va finir dans un fait divers…
Et soudain je le vois sortir une bouteille de vin et un tire-bouchon de cette grande poche…
-         Si on doit rester un bon moment, on va commencer par se désaltérer, ça ne te déranges pas de boire à la bouteille, me dit-il dans un rire, en enlevant son masque… Je suis Jacques, le voisin du premier !
Finalement, on a passé la soirée dans l’ascenseur avant que les pompiers viennent nous libérer… Mais c’était une SUPER soirée !!!
Fabienne

Devoir :

p3

Chaque été nous passons nos vacances ensemble. Elle en bas, moi en haut. Parfois quelques centimètres nous séparent mais jamais très longtemps.
Toute l’année j’attends nos retrouvailles avec émotions. Quand un coup de blues me tombe dessus, je pense à elle avec ferveur et le soleil revient illuminer mon coeur. C’est ma compagne, ma complice, celle qui donne à la vie cette saveur si particulière qui s’appelle le bonheur.
Pour nos vacances, mes parents ont acheté une vielle bicoque en bois au bord de la mer. Elle craque de partout, surtout les jours de tempête, quand le vent balaie la côte en tordant les arbres et en arrachant le sable de la longue plage dorée. La mer blanchit et gronde si fort qu’elle semble entrer dans la maison.
L’électricité est souvent coupé et les dîners prennent un petit air improvisé, jeu d’ombres mouvantes, aux formes changeantes, dévoilées par la douceur des bougies malmenées par les courants d’air. Pendant que ma mère s’inquiète de perdre le contenu du frigo, moi je jubile.
Les lendemains de tempête sont les meilleurs et je sens ma copine frétiller d’impatience. Ce sera dur car il faudra sortir dans le petit matin blafard, courir sur la plage immense, aussi vierge qu’avant l’arrivée du premier homme, puis se jeter dans l’eau glacée. Mais ensuite, quel bonheur !
Toute la journée, nous chevaucherons les rouleaux blancs de rage, nous nous faufilerons dans des tunnels plus bleus que les glaces de Patagonie, cheveux au vent, loin du monde et de sa grisaille pesante.
Mon père viendra partager un sandwich et un grand verre de jus d’orange. Puis il me tapotera l’épaule maladroitement pendant que ses grands yeux verts me diront : « tu sais, ta mère et moi on t’aime alors, reviens-nous ! ».
Je ne répondrai rien et m’enfuirai vers la plage pour cacher mes yeux humides. Le cœur plein à craquer, nous repartirons à l’assaut des vagues, ma planche en bas et moi au-dessus. Quand le soleil rougeoyant teintera la mer de sang, nous courrons vers la maison, nous réchauffer au coin d’un bon feu de cheminée avec le bol de soupe fumante que ma mère me tendra d’un air mélancolique, mélange de soulagement et de reproche.
Voilà comment coulent ces vacances enchantées dont le souvenir me nourrira toute ma vie durant.
Mireille

souris
Chaque été nous passons nos vacances ensemble.
Elle en bas, moi en haut.
Parfois, quelques centimètres nous séparent
mais jamais très longtemps…

Du placard d’en haut je sens l’arôme de son poil qui me sourit le visage.
Et « sourit » c’est peu dire car j’en suis une. Oui oui ! Une souris ! J’en suis une. Elle aussi d’ailleurs.
Et l’été nos familles respectives ont pris pour habitude de prendre possession de la cuisine.
Oui parce que l’été les géants à deux pattes, qui vivent ici, partent en voyage. Du coup des souris de tous quartiers passent leur vacance d’été dans cette maison.
Depuis des générations, les territoires sont respectés.
Chaque été sa famille élit domicile dans les tiroirs à thés, je crois qu’ils sont un peu british sur les bords, et ils se plaisent à passer leur vacance dans les feuilles séchées.
Ma famille et moi c’est plutôt au dessus, dans le placard à biscuits, on est un peu gourmand ! Oui on a des gros bidons mais on l’assume complètement.
Au matin quand des effluves de Darjeeling montent jusqu’à mon lit de Petit Lu, je sais que l’échange va se faire.
Alors je carapate jusqu’à la frontière qui sépare son tiroir de mon placard et nos pattes se frôlent pour faire le troc matinal.
Un biscuit contre des feuilles de thé.
Amendés, l’un et l’autre, aux petits déjeuners de nos dynasties.
Sans jamais échanger un mot. Ni un regard.
Un frôlement de pelage tel un soupir, dans le respect de nos traditions.
#Vro

p1

Chaque été nous passons nos vacances ensemble, elle en bas, moi en haut. Parfois quelques centimètres nous séparent mais jamais très longtemps.

Chaque hiver, je le passe avec mes parents au Chili, en fait en été austral de l’autre côté de ce monde qui attend pour demain sa bascule magnétique avec sa cohorte gorgonesque de tempêtes solaires. Janvier est plutôt sec à Valparaiso mais la petite brise lui fait mériter son nom de vallée paradis. La ville aux 45 cerros, 45 collines,  est surtout cet extraordinaire amphithéâtre dominant la baie d’un regard de femme amoureuse et possessive. Cette brune aux yeux bleus craint pour les pêcheurs de retour des tempêtes du Pacifique. Elle sait qu’il faut aller chercher le merlu de plus en plus loin, de plus en plus rare. Elle a la haine pour ces fermes à saumons aux antibiotiques qui salissent Chiloé. Que la siréna chilota les emporte et que l’on laisse tranquilles les lions de mer. A Valparaiso il faut  monter vers l’église de la Matriz pour aller chez mes vieux, mes très vieux. Le premier jour je prends seul l’un de ces escaliers multicolores dont la lecture des textes poèmes inscrits sur les marches me permet de reprendre mon souffle. Me reviennent  les dires de Coloane ou de Sépulvéda, me reviennent mes rêveries, les miennes, les leurs. Le plus remarqué de ces escaliers, vous le connaissez : chaque marche est dessinée comme une touche de piano et vous descendez la gamme ou vous montez la note. Ici une voie humaine à 7 octaves est possible, en courant.  Ensuite, les autres jours, je prends les funiculaires taggés comme des putes trop maquillées qui vous emmènent au septième ciel, les ascensores. Heureusement je n’ai jamais beaucoup de bagages mais j’arrive essoufflé à la petite maison peinte en rose, au toit rouge sang, assise au bord de la falaise. La porte est ouverte en permanence le jour et ma mère, qui n’attendait que cela,  me  court dans les bras avec son sourire édenté dans ce visage de pruneau sec qui me renverse le cœur à chaque fois. Je la soulève de terre pour faire ce salut du nez que j’ai vu faire aux maoris et qui la fait tant rire, dix fois, vingt fois. Son rire palatal réveille le père qui dormait dans le fauteuil à bascule. Il tend le bras droit et je baise la main de celui qui m’a tout appris et presque rien dit. J’approche mon front de ses lèvres pour qu’il voie mes rides par  son baiser. Près de la fenêtre il distingue encore le jour de la nuit. Ses cristallins sont marbre de cataracte. Je lui parle doucement de l’Italie qu’il n’aura jamais connue, d’où est venu son arrière-grand-père, en passant le Horn dans une baleinière du Nantucket. Je lui répète en vénitien que « les italiennes sont  belles, brunes et plantureuses » et ses yeux se plissent, polissonnerie de centenaire. Ce sont les rares mots de dialecte que la famille a pieusement conservés et ils sont le rituel sacré de mon arrivée. Père sait qu’il m’a fallu trois ans pour apprendre le parler le plus doux de la terre, pare mio, et que maintenant je parle mieux le vénète que l’espagnol, bien mieux que l’italien. Il ne m’a jamais demandé de lui apprendre plus que ces quelques mots, plus que la fierté. Après les retrouvailles je mène mes affaires vers ma chambre. C’est l’annexe. Pour l’atteindre il faut passer en couloir étroit, entre la maison rose et la roche où des chaînes rouillées retiennent son toit. La cabane métallique de chantier occupe presque entièrement l’are restant de ce qui a été au siècle dernier un jardin, emporté à demi par le tremblement de terre de 1906. L’abri peint en jaune bouton d’or est aux trois quarts sur le sol, un quart sur le vide, lesté à l’arrière par quatre cantines de minerai de fer dont l’oxyde dégouline à chaque giboulée. La porte du fond a été soudée après qu’un cousin s’y soit retrouvé suspendu comme dans un film de Buster Keaton. Tous les autres soulards de la bande se sont précipités pour le secourir et on a bien cru que toute la troupe ferait le grand plongeon. Chance d’ivrogne. Ils ne sont pas tombés et ils ont eu à raconter pour le reste de leur vie. Mon lit est côté falaise mais je n’hésite pas à m’accouder à la petite fenêtre côté vide passant des heures à regarder et reconnaître ces milliers de jolies maisons colorées. Si la terre me veut elle me prendra. Aux jumelles on peut de nouveau voir passer les baleines. Un soir j’ai cru en apercevoir une bleue, timide géante.  Trois mois de plaisir au Chili passent très vite. Les filles sont belles et  hautaines. Le vin est capiteux tel celui de Maria Luz Marin où le rouge et le noir sont mêlés. Je vous assure qu’il a de la cuisse et que souventes fois, j’ai été pris dans cet étau de luxure. Valparaiso a des préoccupations plus vitales que la politique : Allende et Pinochet y sont nés tous deux. Toutes couleurs y font la vie.

Chaque printemps au nord je le passe à Burano, remontant la piste atavique vers mon cousin Umberto. Son aïeul est le frère ainé de celui qui franchit les mers du Sud pour voir la nuit des étoiles différentes. Je le retrouve chaque année avec sa petite famille, son épouse puissante et vertueuse, ses trois filles  qui n’hésitent jamais qu’entre le rire et le chant et son benjamin qui me mène à la pêche tous les matins avant le lever du soleil. Pour arriver chez lui je me paie toujours le luxe d’un taxi façon Riva.   Sur mes ordres, il remonte très lentement le Fondamenta della Giudecca, pour ne pas faire de vagues, pour raviver mes souvenirs, pour pénétrer l’île. Si la marée est basse, je profite du débarcadère du restaurant « le Chat noir » qui jouxte presque la maison rose aux volets rouge sang.  Tout l’arc en ciel se reflète dans l’eau calme du canal. Il ne faut pas perturber cette polyphonie de couleurs dans son  mouvement perpétuel. Quand j’arrive chez eux, Grazziella me mène vers ma chambre de célibataire, cette petite chambre de moine qui leur sert de lieu de rangement durant les trois autres saisons. Les quatre meubles me reconnaissent en m’ouvrant généreusement portes et tiroirs mais le tri de mes affaires est rapide. La petite baie vitrée ouvre sur le minuscule jardin à demi couvert par une haie large de roses trémières, cette passerose qui fleurit pour mon arrivée en avril. Entrant dans ce jardin de moinillon je deviens pape.  J’ai vue sur le campanile de San Martino, seule église ici. Il penche fortement vers moi et je l’aime. Comme moi, il est « hors plomb ». Eh oui, régulièrement le mécréant fréquente cette église. Plusieurs fois j’y ai perçu le requiem de Verdi assis au fond à gauche, près la statue de bois de François l’ornithologue. La première écoute, c’était à Venise pour le 11 novembre, quand les enfants vous casserolent les oreilles pour obtenir monnaie et friandises et tous les pâtissiers décorent des gâteaux en pâte d’amandes d’un fier cavalier romain, à l’été de la Saint Martin. Depuis j’entends en rêve ce requiem donné à la Fenice, surtout le dernier acte, emmitouflé d’une couverture au fond de la nef de San Martino. Maintenant je sais, comme le dit la chanson populaire, que le saint a partagé son manteau pas forcément avec un mendiant en haillons, mais possiblement avec une jolie fiancée avant de se retrouver le cul par terre! Alors j’attends sans grand espoir de partager ma couverture avec une Rita.  Mais le moment où je me sens complètement buranello est très matinal. Dans la barque de pêche, à une lieue à l’est de l’île, quand nous assistons silencieux, mon petit cousin et moi, au lever du soleil.  La brume se lève et fait, elle aussi, quelques dentelles à l’aiguille. La vive polychromie des maisons se réveille et révèle au monde sa pacifique anarchie. Pendant ces trois mois, tous les matins, une fiancée différente m’offre de loin sa pétillante, son ardente couleur. Et le marin de lagune que je suis rêve, rêve, rêve de toutes les carnations.

Chaque automne boréal je le passe à Sausalito, seul avec mon oncle latino. Vous l’avez compris, puisqu’il n’est pas italien, c’est un oncle par alliance, un oncle ni utérin ni orchidien, qui ne vous les brise pas. Ce n’est pas pour rien que cet endroit a été l’un des seuls où la prohibition de l’alcool des années 20 n’a pas  pu vraiment être appliquée, comme actuellement pour le cannabis. Certes les catholiques  ont maintenu une production de vin de messe. Ils  ont conservé le savoir-faire qui a permis de relever les vignobles de Napa et Sonoma.  Mais ce sont les libertaires antiracistes de Sausalito qui ont résisté gaiement bien avant les hippies des années 60.  De souche chicanos, le tonton se prénomme néanmoins Fidel et on devine pourquoi. Avant que les Bo-Bo ne se précipitent pour tout racheter, il a fait l’acquisition de ce house-boat rose qu’il  repeint du même ton chaque année. Deux chambres, un salon-cuisine avec canapé en cuir rose et surtout une terrasse qui fait tout le tour, encombrée de plantes elles aussi anarchistes. En montant le soir sur le toit rouge, nous dégustons notre merlot préféré, regardant la brume envahir ou libérer San Francisco, avalant ou régurgitant le Golden Gate Bridge.  Fidel ne respecte pas son prénom et chaque année lui amène une nouvelle compagne latina qui sait bien reconnaître mon accent chilien. Les soirées sont fraiches dès septembre et nous nous retrouvons souvent à trois sous la vieille couverture en patchwork. A mon âge un tendre câlin vaut toutes les extases. Là encore la pêche occupe mes journées dès le matin qui rehausse  les vives couleurs des maisons de coteaux surplombant le port. Ces séances de méditation m’ont apporté la paix après toutes ces années de lutte. Définitivement, je ne pourrais vivre sans la mer, ses fureurs et ses délices.

Chaque été nous passons nos vacances ensemble. Narcissa est encore une belle femme svelte et nerveuse. Nous nous sommes connus il y a un demi-siècle, pour la fête de nos vingt ans… Elle porte bien son prénom, comme un drapeau à la guerre comme une épée en temps de paix.  Lunatique, capricieuse, impatiente et impulsive elle m’a plu à l’instant. Mais ce n’est qu’un instant, cinquante années, cinquante révolutions autour d’un soleil de pluie. Le magnifique qui ne peut finir que par un orage, la foudre qui vous carbonise, la solitude parmi sept milliards d’humains. Depuis une dizaine d’années nous passons l’été à Brest car la femme de ma vie l’a décidé, pour retrouver le lieu de retraite de ses parents. Tous deux ont été militaires dans la Royale. Lui était tizef, né à « Brest même ». Son visage restait embrumé dans le souvenir des navigations qu’il ne s’était jamais résolu à raconter. Je me disais que dans les années vingt, il avait dû connaître le Léviathan, le plus grand steamer du monde. Il ne m’aimait pas mais causant comme un Tabarly, ne l’avait jamais exprimé. Je le savais car il ne m’avait jamais proposé de partager son calva quotidien. Sa femme, la bretonne sans coiffe,  avait gardé l’empreinte du képi. Un ordre impeccable régimentait objets et personnes dans son intérieur nostalgie de caserne. Elle aurait aimé embrigader une dizaine de petits enfants et coudre leurs uniformes. Mais je ne voulais pas lui donner cette joie. Tout au long de ma vie les autres m’ont donné des enfants magnifiques, des instants bénis. Depuis dix ans ils sont partis, prenant la barque presque ensemble, à un mois d’intervalle. La musique d’incinération était celle d’un bagad, bombarde et biniou. Deux fois la souffrance striduleuse et j’ai serré les dents. L’appartement qu’ils nous ont laissé est gris comme la ville. « Il pleut sans cesse sur Brest comme il pleuvait avant ». La seule chambre a conservé les lits métalliques superposés, elle en bas moi en haut, sous-mariniers en plongée estivale. Narcissa ronfle fort mais moi aussi probablement. Match nul. Les journées sont de marche, ciré et sac à dos. Il m’arrive de plus en plus souvent, au bout de quelques kilomètres, de la laisser partir, prenant son destin en main sur l’asphalte anthracite.  Alors je lis Victor Ségalen pour faire l’« exote ». Parfois quelques centimètres nous séparent mais jamais très longtemps. Je ne lui ai plus pris la main depuis plus de vingt ans, peur de l’électricité statique. Pourquoi cette tristesse estivale où même la Mer est grise? L’explication ne vous plaira pas, tant pis. Narcissa reste autoritaire et ambitieuse et moi à la traine. Au dernier quart de ma vie, bien entamé, je profite pleinement de trois saisons. Je bois goulument le vin rouge chilien, italien et californien jusqu’à l’opus One. Connaissant la grisaille, je mesure pleinement la vie en couleurs de Valparaiso, Burano, Sausalito.
Oh oui !
Bertrand

 

p2

Chaque été nous passons nos vacances ensemble.
Elle en bas, moi en haut.
Parfois, quelques centimètres nous séparent mais jamais très longtemps.
Nous passons toutes nos journées ensemble, sous le soleil, sur le sable, dans la mer…  Je la sens, là, tout contre moi et c’est merveilleux ! Nous deux, indissociables, unis pour toujours. Fond noir sur tissu à fleurs multicolores sur la peau bronzée.
Le soir, nous séchons sur la même corde, elle à côté de moi. Nous avons des nuits très romantiques. Je lui dis que nous sommes un bateau, elle la barque et moi la grand’voile… Et je me gonfle au vent tiède de la nuit.
Tous les jours se ressemblent et pourtant sont différents. Nous pensons que ces vacances seront éternelles.
Mais un matin, j’ai été mis au rebut au fond de la valise : c’était la mode des seins nus et moi, petit haut de maillot n’avait plus de raison d’être.
Fabienne

 

Chaque été, nous passons nos vacances ensemble, elle en bas, moi en haut, parfois quelques centimètres nous séparent mais jamais très longtemps.
Je l’emmène avec moi sur les plages du sud de la Provence, là où je suis sûre qu’elle trouvera son comptant de plaisir.
En quittant la maison, elle reste très à l’écart, elle sait que je n’ai pas le temps de m’occuper d’elle et sans moi, elle est perdue mais pas d’autre alternative !
Je prends la voiture et, de nuit, je m’arrête dans un hôtel pour la laisser bien au calme, loin des tentations car j’ai besoin qu’elle reste tranquille sinon, elle n’aurait plus d’énergie arrivée à bon port !
Ce n’est pas qu’elle m’obéisse au doigt et à l’œil, cependant, avec un peu de fermeté, je la gronde et l’assure que je la libérerai au plus tôt !
Une de mes amies me dit qu’elle laisse la sienne libre d’accéder à ses désirs quand elle veut, jamais il ne lui viendrait à l’idée de la cloîtrer ne serait-ce qu’une journée !
Moi, je lui ai répondu que je ne pouvais pas donner autant de liberté à la mienne sinon, elle ferait des ravages autour d’elle et je n’ai pas envie de me faire passer les menottes ni être à la Une des journaux locaux !
Son appétit insatiable doit être refréné à tout prix!
Quoiqu’il en soit, à peine arrivée le long des plages, elle commence à frétiller tel un ver de terre accroché à un hameçon et moi, je panique !
Ils sont beaux ces corps musclés exposés au soleil, de toutes sortes, colorés de rouge, basanés, chevelus ou chauves, en boxer ou bermuda, la démarche assurée faisant balancer leur joli fessier ! Hummm la mise en appétit est réussie !
J’en viens à accepter sa libération car le peu de centimètres qui nous séparaient ne pouvait plus contenir un tel éloignement.
Joyeuses et souriantes, toutes deux nous nous pavanons en maillot de bain 1 pièce, lunettes de soleil, chapeau de paille et crème bronzante, nous partons à la conquête de ces bellâtres en grand nombre !
Et oui, peut être l’aviez-vous deviné, elle, ce n’est autre que ma Libido, celle qui parfois monte au plafond  de mon petit cerveau qui ne peut vivre sans elle et croyez-moi, je l’aime ma libido, jamais je ne la laisserai longtemps séparée de moi et encore moins pendant les vacances !
Allez Ciao, les amis, elle et moi avons à faire pour attraper notre poisson et le déguster sur le sable chaud de notre été !
Brigitte

 

Rêveur à son bord j’en rêve d’y monter aussi haut que ses bas l’été nous passions nos vacances ensemble elle venue du large moi capitaine au long court étendue dans le creux de la vague moi sur la crête parfois calme plat tout juste une ondulation à nous frôler vue du ciel ces deux étoiles semblent se toucher mais en réalité une se prélasse sur le fond l’autre prend forme dans l’œil du cyclone l’horizon les sépare pour la saison des hauts de falaises et les bras des rivières débordants dérivants les superposés s’engagent dans une fausse passe forte houle il est temps de se mettre à l’abri mais où dans cette galaxie où rien ne se mesure en centimètres combien d’années lumière pour les prochains congés
Albert

14 octobre, 2015

Atelier du 12 octobre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:52

1/ Exercice :

Et si… Et si on changeait de couleur en fonction des émotions qui nous animent ?

1

Et bien je vous le dis tout cru, ce serait l’apocalypse car plus moyen de mentir ! Et la société, privée de son ciment, se désagrègerait.
Car la voisine à qui j’expose en termes mesurés qu’elle m’enquiquine, comprendrait à mon rouge cramoisi que je meurs d’envie de la baffer. Ce qui pourrait éveiller en elle un souhait similaire et notre rencontre tournerait au pugilat.
Et le superbe Apollon qui sort de l’eau avec sa planche à voile négligemment posée sous le bras ! Comment réagirait-il en me découvrant toute rose ? Me sauterait-il dessus ou s’enfuirait-il en courant ?
Et les tractations commerciales ? Devenu tout jaune, le menteur ne pourrait plus tromper son monde. Alors, plus de commerce ni de négociations syndicales et encore moins de politique…
Mais dites-moi, de quelle couleur serait le kamikaze qui s’apprête à exploser au milieu de la foule ? Finalement, si leur couleur permettait de les repérer, ce serait une bonne chose !
Mireille

Ce matin, je me suis réveillée toute rouge… Comme d’habitude, me direz-vous. En effet, je souffre d’un eczéma persistant ; jusque-là, rien de bien nouveau. Mais tout d’un coup, part, du plus profond de mon être, une colère monumentale : pourquoi suis-je toujours malade, mal fichue ? J’en ai plus qu’assez !!!
Il faut que j’arrête ce coup de colère aussi vain qu’inutile. Je respire profondément, je me calme et je vois, peu à peu ma peau reprendre une teinte normale, qui vire subrepticement… au bleu… Etrange me dis-je, quand tout à coup, une boule toute rose vient me léchouiller… Mais, mais… c’est Zahia ! Je n’en reviens pas : elle est rose des pattes à la tête. Elle qui, d’habitude n’a qu’un toupet discret… Qui a pu me la teindre dans la nuit ? Et au plus elle m’embrasse, au plus elle devient rose… Bizarre et même étrange. Quand sa séance de mamours est terminée, elle reprend sa belle robe mouchetée. Je prends ma douche, de plus en plus perplexe… et je deviens verte… ça me fait un drôle de teint dans la salle de bain… Il faut que je tire au clair cette histoire.
En descendant, je vois mes voisins du dessous qui se disputent encore. Ils sont tous deux écarlates. On dirait qu’ils vont exploser.
La femme de ménage est en train de nettoyer les poubelles, elle lève la tête… Elle est d’un gris si triste, aussi triste que son regard…
Les deux amoureux du premier sortent de leur appartement en se tenant la main, ils sont d’un jaune éclatant. Alors que la jeune maman du rez-de-chaussée qui chante une berceuse à son tout petit est d’un bel oranger….
Tous mes voisins sont vraiment étranges. Je réfléchis et me dis que leurs émotions se lisent sur leur visage. Mais oui, c’est ça ! Tous les humains sont devenus des hommes de couleur ! Voilà qui va singulièrement me faciliter la vie !
Fabienne

 

Lorsque je vois l’arc en ciel, je sens la gaîté  me monter à la tête et je me dis que le monde devrait lui ressembler, ainsi le paradis existerait vraiment !
Tandis que mes émotions sentimentales, je les aperçois à travers le cristal de mon romantisme acharné sachant que le noir de mes sombres pensées accueillera bientôt les pleurs de la séparation.
Le regard bleuté de mon bien-aimé me chavire et je me noie dans une rivière de caresses.
Le marron glacé ou grillé au feu de bois ravive des souvenirs qui me font chaud au cœur.
Rose bonbon ne m’attire pas autant, il a du mal à se faufiler au travers de mes berlingots, seule gâterie du genre que je déguste.
Cachez le rouge que je ne saurais voir, en sang dégoulinant avant la mort, il n’est présent que pour me narguer et de colère, je le chasse au creux de  ma verdoyante haine !
Le blanc de la neige, immaculé, me ramène dans les Pyrénées où d’émotion forte, je me suis ébahie face à tant de beauté naturelle.
Mon fuchsia, comme je l’aime, sa fleur si délicatement belle n’a d’égal que le saumon des rivières arctiques.
L’orange qui de son jus me ravit, se pavane dans la corbeille de fruits posée sur ma table d’un gris argenté et quelque peu délavé par le soleil.
Par ma foie, couleurs, je vous aime et vous suis reconnaissante de tant colorer cette terre qui sans vous serait si fade !
Brigitte

 

2/ Exercice : J’ai un nouvel ami !

2

J’ai un nouvel ami
Mais personne ne l’a jamais vu
Il vient en catimini
Les soirs où j’ai un peu bu.

Il me tient compagnie
Mais il ne parle jamais
Il a l’air tellement gentil
Que j’aimerais vous le présenter.

Mais hélas ! Dès que je veux le montrer
En un instant, il s’évapore en fumée
Certains disent que c’est une araignée
Que j’ai dans mon plafond déglingué.

Mais pourtant, je ne rêve pas,
Regardez, il est là, à mes côtés
Et si vous ne le voyez pas
Alors, c’est peut-être vous qui êtes dérangés !
Fabienne

Sombre soirée ! Et prévisions à vingt-quatre heures plus sombres encore :  seule, une fois de plus, ce week-end qui approche à pas de géants. Allons! se prendre par la main, se traîner jusqu’à son bureau et pianoter sur le premier site internet local un SOS au titre bien éculé et qui se perdra dans le flot des bouteilles à la mer des internautes de la denière minute… »partager nos solitudes », tout un programme ! Ensuite, s’avaler deux stillnox et deux verres de blanc (c’est plus féminin que le rouge) et cou-couche panier ! Alea jacta est….. en l’attente de lendemains qui chantent.
Samedi matin, la sonnette me vrille des tympans douloureux. Je tente un oeil bovin en direction du réveil : neuf heures déjà, fichtre! Et ça carillonne de plus belle. Ne me reste plus qu’à émerger de mon coma pour aller voir qui me dérange ainsi à point d’heure. Au passage, coup d’oeil à la glace : horreur , enfer et damnation ! J’ai tout l’air d’une poivrote, hirsute qui plus est. Moi qui n’ai jamais supporté l’alcool – peut-être bien une raison des week-ends solitaires, me dis-je, sans en croire un mot, mais la mauvaise foi, ça fait parfois du bien au moral – Si ton coktail médoc/vin a été efficace pour te sonner , c’est la cata. pour le réveil, d’autant qu’à cet âge, ça ne pardonne plus
« Ah, ma fille!, Tu désirais des lendemains meilleurs ? Et que fais-tu pour les obtenir ? Comme d’hab, tu agis à rebours de tes intérêts !! ». Et tout en me morigénant une fois encore, j’actionne l’interphone tout en regardant sur l’écran mais sans rien apercevoir. D’un ton rogue et enroué, j’interroge :
- Oui ?
Ce fut comme une apparition ! Là, en plein dans mon champ de vision, s’inscrit un adorable  chaton, un chartreux de surcroît – ma race préférée – et un miaulement outré d’être ainsi exhibé sans ménagement me perce les oreilles, tandis qu’une mâle voix couvre ses hurlements :
- C’est à vous, ce chat? Il était couché sur votre paillasson et miaulait à fendre l’âme.
A ces mots, point de résistance ! Ineffable cadeau de mon week-end. Moi qui vouais l’univers entier aux gémonies, par ce miracle, je retrouve la foi et oubliant soudain jusqu’à ma piètre apparence, j’ouvre tout grand ma porte et mes bras à l’adorable minou tenu à bout de bras, ô second miracle,(un miracle n’arrivant jamais seul, c’est bien connu) par un non moins adorable élément masculin aux critères aussi craquants.
- Non, pas encore, mais il ne tient qu’à vous qu’il ne le soit….
Michèle

 

J’ai une nouvelle amie

Elle a débarqué hier à la maison, toute penaude avec les billes de ses petits yeux intelligents tous pleins d’une grande question : tu me gardes ?
Je n’ai pas osé dire non à si adorable petite chose toute de noir vêtue. Et je m’en félicite chaque jour car nous sommes devenues les meilleures amies du monde.
Elle, ne me trahira ni abandonnera jamais. Elle lèchera tendrement mes larmes avec une sollicitude inquiète. Elle, me suivra partout et même ailleurs, ses grandes oreilles ouvertes par le vent de la course.
Certes, nos conversations sont limitées. Mais force est d’admettre qu’elles le sont tout autant avec beaucoup d’hommes. Avec la tendresse, la confiance et l’amour en moins.
Alors oui, j’ai une nouvelle amie toute noire avec quelques pointes de blanc et nous découvrons le bonheur. C’est merveilleux !
Mireille

 Il s’appelle mais sans importance, il est comme un rêve.
Je suis alongée en tenue d’Eve sur le sofa de mon salon, les yeux fermés,  je m’évade vers ce monde merveilleux qu’est l’imaginaire !
Je le vois grand et bien bâti, peut-être de couleur ébène, l’Afrique s’affiche à mon écran mental.
Il me sait seule, s’invite et la conversation débute.
L’on discute sans démesure, de nous, de moi, je ne sais plus trop.
La sensation câline que produit sa présence me fait frissonner tandis que je tourne et me retourne en tout sens, nerveuse, fébrile, face à cette apparition masculine si tendrement rêvée, je me dis qu’enfin, mon bel-ami a trouvé le chemin qui mène à la fontaine dont je boirai bien de son eau !
Parlant d’eau, je me réveille en sursaut, mon verre de grenadine s’étant déversé sur mon corps dénudé, le retour à la réalité est cruel car je constate que je suis seule et que mon nouvel ami reste dans les nuages de mon sommeil et que pour toute compagnie, j’ai ma chienne qui s’abreuve de ma boisson tombée en partie sur le sol.
Mon rêve, mon nouvel ami, en fait n’était autre que Barack !
Brigitte


Devoir
 : 4 mots extraordinaires = Pénil – diaphorèse – maritorne – pétuner

L’extraordinaire aventure du premier maritorne

 

Je vais vous conter l’extraordinaire aventure, restée célèbre dans la famille, d’un de mes lointains ancêtres, Louis le Maritorne, sans qui je ne serais pas là, avec vous, aujourd’hui. Remontons ensemble le fil des temps pour nous retrouver, l’espace de ce fabuleux récit, cinq voire six siècles en arrière – pour le moins-paraît-il.
Louis, l’ainé d’une fratrie de huit marmots, se retrouvait par conséquent et de par son statut, le bras droit de son père qui ne ménageait pas sa besogne, aussi vaillant à la tâche qu’au lit. Mais – car, bien entendu il y a un » mais »- quand on a eu le malheur de voir le jour au fin fond des Alpes de Haute Provence, la seule façon de survivre si on n’est pas « bien né » – en clair : pauvre comme job – consistait à louer ses bras dans les fermes environnantes. Aussi Louis, qui, en bon fils, se devait d’aider sa mère à torcher et à faire manger la ribambelle de marmousets, était -il amené à n’imaginer à travers l’ horizon de son enfance, qu’un sort similaire jusqu’au jour où le Seigneur lui réserverait une juste place dans un monde meilleur.
Alors que son destin était tout tracé et qu’il ne lui venait même pas à l’esprit de se plaindre de la pénibilité du labeur et qu’il trouvait normal de devenir, comme son père et son grand-père, un pénil - c’est ainsi qu’on appelait jadis les journaliers dans le midi – son destin bascula. Oh, ce ne fut apparemment pas un coup de baguette magique de la bonne fée qui avait dû s’assoupir mais un terrible coup qui le laissa glacé devant tant d’injustice. Sa mère mettait au monde des triplés et son père lui enjoignait à coups de pieds dans les fesses d’aller voir ailleurs s’il y était : « trop de bouches à nourrir ! Tu as 14 ans maintenant ; à ton âge voilà bien longtemps que je travaillais, moi ! Tes deux frères sont maintenant assez grands pour te remplacer !! Va te placer où bon te semble mais déguerpis !! »
La mort dans l’âme et le cul en feu, Louis prit ce matin-là la route ; c’était la première fois qu’il quittait ses parents, le ventre creux de surcroît. Heureusement dans sa grande bonté, le Seigneur avait fait accoucher la mère un beau matin de début d’été où le soleil brillait, les oiseaux chantaient et les pétuniers frissonnaient. Hélas, Louis ne se rendait compte de rien, le regard empli de larmes de peine ou de rage rivé sur le sentier dont il avait entendu dire qu’il menait à la Ville. Et d’ailleurs, perdu dans des pensées vagues, lorsqu’il arriva à un carrefour, il ne prit garde à rien et se trouva projeté à terre sans qu’il eût rien vu venir.
Fin du premier épisode et conséquences de ce nouveau choc : une voix aigüe hurla depuis le fond de la voiture et la calèche s’arrêta net. Le cocher, le regard furieux et maugréant entre ses dents – ou ce qui lui en restait – mais le profil bas devant la maitresse courroucée, se pencha vers Louis, toujours sonné. La femme, quant à elle, avait prestement sauté de la voiture et se penchait à son tour:
- Mon Dieu, le pôvre enfant ! Jules ! Vous allez toujours à toute allure malgré mes injonctions incessantes ; et voilà ! Ce qui devait arriver…
La belle comtesse s’interrompit pour regarder de plus près les traits de la victime et ses yeux se mirent à briller d’un désir difficilement contenu sous sa diaphorèse naturelle , car elle devinait sous la crasse et les haillons, un corps prometteur, musclé à souhait par les durs travaux des champs au devenir prometteur. En le détaillant avec plus d’attention encore, elle découvrit un visage à faire pâlir tous les anges du paradis et de l’enfer réunis.

« Dans ma calèche, tout de suite! »

 Et Louis revint à lui, confortablement allongé sur de somptueux coussins et veillé par une vénérable déesse. Vénus étant, c’est bien connu, La déesse de l’Amour. Ne comptez pas sur moi pour vous fournir de plus amples détails…
La famille a toujours prétendu ne rien savoir de plus. En revanche, il fut de notoriété publique que Louis vécut, sa vie durant, dans un pavillon jouxtant le château. C’est en tant que premier maritorne – dit-on -  qu’en l’absence du Comte, la comtesse le présentait à ses amies, pâles de jalousie.
Et c’est ainsi que le vieux métier de maritornier n’a cessé de se développer avec les avancées de notre civilisation. Plaise au ciel que cela perdure pour le plus grand bonheur de l’un et l’autre sexe !!
Michèle

Je m’appelle Margaret Pitbull et je suis reporter au « Canard bleu », journal satyrique spécialisé dans la dénonciation de scandales. Depuis six mois je travaille sur ce scoop délicat qui implique gros sous et esclavage d’enfants. Comme d’habitude me direz-vous…
Mes travaux d’approche de l’immonde Georges Runsfield junior, un type qui ne sait que pétuner, c’est à dire péter de la tune dans son froc, m’ont épuisée. Il faut dire que j’avais placé la barre très haut puisque j’exigeais rien moins que de visiter son usine de fabrication de forets en diamant, « diaphorèse Lmt ».
Depuis six mois on me balade de service com en direction du personnel. On m’assène que cette usine détenant un process unique au monde, il est évidemment impossible de la visiter. Moi je m’en fiche de leur process ! Je veux juste vérifier les conditions de travail car il court des bruits épouvantables. Mais la forteresse est bien gardée derrière ses murs de quatre mètres surmontés de barbelés. Ses vigiles qui patrouillent avec des chiens si gros qu’on dirait des loups garous. Bref, impossible d’entrer par effraction.
J’avoue que j’allais abandonner. Après tout, dans le monde amoral dans lequel nous vivons, les scandales ne manquent malheureusement pas, alors inutile de s’acharner vainement sur l’un, au détriment des autres. Et comme je déteste lâcher le morceau, j’ai décidé de partir au bar me saouler un bon coup, histoire de faire passer la pilule. J’attrapais mon gros manteau quand la standardiste m’a appelée : «  Je crois que j’ai un type pour ton histoire de forets. Tu peux le recevoir ? ».
Choc ! Mon histoire de forets comme elle dit, je la croyais secrète et j’ai soudainement dû donner raison à Diaphorèse Lmt pour toutes leurs cachotteries. Ca me met très mal à l’aise. J’enfoui ces mauvaises pensées sous mon grand mouchoir et accepte de recevoir ce « type », sans conviction, je l’avoue.
En ouvrant la porte de mon bureau, c’est l’odeur qui s’invite en premier et j’ai un irrésistible mouvement de recul. Le clochard qui entre d’un pas tranquille n’a pas vu de douche depuis son invention et ses vêtements n’ont pas besoin de cintre pour tenir debout. Il pousse devant lui un enfant maigre, cagneux, couvert d’un infâme mélange de sang et de crasse, qui tremble autant qu’un Parkinsonien au dernier stade. Pourquoi Jo m’a-t-elle envoyé ces gens ? D’ailleurs, s’agit-il encore d’humains ?
Je voudrais les repousser mais le barbu s’installe pesamment dans un fauteuil et pousse le gamin vers l’autre. Mon Dieu, il faudra appeler une équipe de nettoyage !
- Vous enquêtez sur Diaphorèse Lmt annonce l’homme d’une voix calme. Ce gamin vient de s’en évader alors vous devez l’écouter.
Quoi ! Même ce pouilleux de dernière zone est au courant de mon enquête ultrasecrète !!! Il semble comprendre ma surprise et poursuit de sa belle voix de basse un peu cassée par l’alcool.
- Ne soyez pas étonnée. Dans ce monde interconnecté, tout le monde surveille tout le monde. Et tout finit par se savoir. Occupez-vous donc du gamin ! Vous ne voyez pas qu’il souffre d’une intoxication massive à la maritorne ?
Je ne me demande même plus comment un clochard peut connaître cette substance confidentielle et tant controversée, pilier du fameux process de Diaphorèse Lmt. S’ils savaient !
L’enfant commence à parler avec hésitation puis s’enflamme progressivement. Il décrit les rafles, les effets dévastateurs de la maritorne, les cadences infernales et les sévices corporels. Il conclue timidement en m’avouant qu’avec un humour héroïque, ils ont surnommé leur dortoir le pénil, astucieuse contraction de peine et de chenil.
Je peux enfin écrire mon papier. Mais devant tant de misère, là sous nos yeux, le doute et le découragement m’assaillent. Malgré mon énergie et mon talent, parviendrai-je à changer le monde ? Car aux pays de la liberté et de la protection du citoyen, aux pays de la démocratie et de la fraternité, pouvons-nous encore lutter contre le pouvoir implacable de l’argent ?
Mireille
Je déteste ma collègue, c’est une vraie maritorne ! Et puis, elle n’arrête pas de pétuner. Du matin au soir, il faut qu’elle pétune. On n’en peut plus… Le directeur qui passait par là, nous a glissé : c’est incroyable, on dirait une diaphorèse… Je n’ai jamais vu ça. On lui a suggéré de s’inscrire à un concours national. Mais elle n’a terminé qu’antépéniltième !
Fabienne

Pour info :
Pénil : partie inférieure du ventre qui se couvre de poils à la puberté (du latin « pecten » = peigne)<
Diaphorèse : transpiration plus abondante que la norme
Maritorne : fille hommasse, laide, malpropre
Pétuner : fumer ou priser du tabac

9 octobre, 2015

Atelier du 5 octobre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:49

Devoir : Ecrivez une lettre d’amour avec le plus de titres de livres possibles.

 2

Mon Bel-Ami (Guy de Maupassant),

Tu vas vite comprendre que cette lettre n’est pas la lettre d’une inconnue (Stefan Sweig), mais de la femme qui t’aime au-delà de tout.
Pour moi, tu ne fus jamais l’étranger (Camus), entre nous, c’était évident comme si je te connaissais depuis la nuit des temps (René Barjavel). Un soir, entre chien et loup (Malorie Blackman), tu devins l’Amant (Marguerite Duras). Depuis ce temps, je ne suis plus dans le monde réel (Louis Aragon), je vis avec toi un long dimanche de fiançailles (Sébastien Japrisot) qui durera jusqu’à la fin de mes jours.
Avant toi, juste avant le bonheur (Agnès Ledig), je n’avais qu’un amant de fortune (Nadine Gordimer), le grand Meaulnes (Alain Fournier), tu le connais, je crois. Nous étions dans la confusion des sentiments (Stéfan Sweig) et nos étoiles contraires (John Green) faisaient de nous les misérables (Victor Hugo) de  l’amour. Je ne supportais plus son insoutenable légèreté de l’être (Milan Kundera) : on ne badine pas avec l’amour (Alfred de Musset) !
Plus de liaisons dangereuses (Pierre Choderlos de Laclos) : faire l’amour (Jean Philippe Toussaint) avec toi a rempli l’écume de mes jours (Boris Vian) de fêtes galantes (Paul Verlaine). Tu connais si bien la mécanique du cœur (Mathias Malzieu) ! Tu as fait mon éducation sentimentale (Gustave Flaubert) et depuis, j’ai le diable au corps (Raymond Radiguet) ; je suis ivre de toi, tu es tous les alcools (Guillaume Apollinaire) qui m’enivrent.
Ma voisine, cette garce (Emmanuelle Moreau)
, m’a dit hier d’un ton acerbe : c’est vraiment la légende du bonheur sans fin (Ulrich Plenzdorf) avec ton mec. Je crois qu’elle est jalouse… D’ailleurs, je crois que toutes les femmes sont jalouses de moi tellement tu me rends heureuse.
J’ose espérer que les fleurs du mal (Charles Baudelaire) ne pousseront jamais plus dans mon jardin secret (Nancy Friday).
Baiser (Danielle Steel),

Ta Lolita (Vladimir Nabokov).
Fabienne

 

Ode à la vie

Autant en emporte le vent, les pages de La Divine comédie de la vie tournent plus vite que court Le Guépard. Oubliés les souvenirs, les mauvais comme les bons qui nourrissent la nostalgie. Si je n’y prenais garde, mon cœur deviendrait aussi aride que Le désert des Tartares mais la vie m’appelle. Car Les amants s’aiment, se déchirent et aiment encore. Le soleil continue de briller et Le goéland de voler.
Sur L’île du jour d’avant, le temps est aboli et le présent règne en maître. Alors à nous Les misérables accrochés à nos montres, il ne reste plus qu’à vivre, sans projets ni passé. A dissoudre notre égo Vingt mille lieux sous les mers du monde.
Pour d’aucun le parcourt s’apparente à un Voyage au bout de l’enfer alors que pour d’autres il est aussi délicieux que le Vol du papillon. A nous de choisir. Le livre des merveilles est ouvert, il suffit de piocher dedans.

Autant en emporte le vent (Margaret Mitchell), La Divine comédie (Dante Alighieri), Le Guépard (Tommasi di Lampedusa), Le désert des Tartares (Dino Buzzati), Les amants (Alessandro Manzoni), Le goéland (Richard Bach), L’île du jour d’avant (Umberto Eco), Les Misérables (V. Hugo), Vingt mille lieux sous les mers (Jules Verne), Voyage au bout de l’enfer (Céline), Le vol du papillon (Elsa Cadier), Le livre des merveilles (Marco Polo).
Mireille

 

Cent ans de solitude voilà bien le temps qu’il me semble à vivre sans toi.
Orgueil et préjugés d’une existence qui de caprice en indifférence se joue de mon cœur.
Je suis souvent Anna qui ne supporta pas le drame de sa vie amoureuse et qui appela la Faucheuse par ce train fou qui ne la vit point et ainsi Anna Karenine s’en alla vers son amour impossible !
Je me souviens être née portant tout les espoirs permis à un romantisme sans faille mais mon Bel ami n’était pas de cet avis et me fit un scandale d’avoir fait un choix aussi peu judicieux !
Attendre mon bien-aimé au pied de Cold Mountain, parti guerroyer pour une absurde sécession, en aurai-je été capable ? Qu’importe de le savoir puisque dans les Hauts de Hurlevents, Emily m’avait choisie pour être son  héroïne.
Out of Africa fut la raison du cœur qui me fit quitter ce pays merveilleux, Kenya où mon amour pour toi avait été éblouissant de passion réservée anéantie par un avion tombé du ciel trop brutalement !
Être adolescente et vivre  ma première histoire d’amour en Indochine avec l’amant chinois le plus charmant qu’il soit aurait été, telle une bouteille à la mer mon aventure des mille et une nuits !
Tant de belles histoires d’amour qui jamais ne se finissent tel un conte de fée me font rêver, moi qui modestement déambule dans le labyrinthe d’une vie où l’amour se complique par des êtres au masculin sans plus de romantisme qu’une soupe sans sel et me laissent à la diète moi qui affamée  n’en demande pas plus que mon dû !
Je t’attendrai à la porte du garage, je pourrai ainsi terminer ce texte qui en forme de lettre d’amour peut ne pas y ressembler mais qui pourtant parle d’un amour encore en processus de fécondation !
En signature, je dépose le rouge de mes lèvres qui baisera la bouche de celui qui osera s’y aventurer !
Brigitte

 

Et par-delà les mers, un texte de Juana Maria… il faut croire que les consignes aussi se sont perdues dans la mer, mais c’est beau !!!!

Mon tendre amoureux,

je me demande Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour que ton image prenne possession de ma pensée, absorbe mon attention, s’impose à ma rétine. J’entends ton rire en ton absence. Tes mains parcourent ma peau dans l’obscurité lumineuse de la nuit. Tu détiens L’empire des sens, de mes sens, qui ont perdu toute capacité de perception objective, comme ceux de Néo dans Matrix. C’est ainsi que j’erre dans l’espace tel une âme retrouvée dans La maison aux esprits. C’est dire un monde parallèle, une sorte d’Avatar dans lequel tu m’amènes vers les profondeurs de ta forêt. Et là-bas, sous l’arbre interdit, tu me montres ton tronc de vie ; je te montre La fleur de mon secret. La forêt devient lumière éclatante sur nos corps au rythme aquatique. Eau coulant doucement des profondeurs de la terre. Eau se versant sur la mer de Titanic dans son va et vient de vie et de mort.

Mon doux homme, Harry Potter est venu rompre l’ensorcellement dans lequel tu m’avais attrapée. D’un simple claquement des doigts il a ouvert les yeux de ma conscience pour que je capte l’étendue de mon erreur. C’est arrivé par hasard, dans le cours d’une conversation avec un de tes amis où j’ai appris ton mensonge pour que ma confiance en toi n’ait plus lieu d’exister. D’après tes dires tu passais le week-end à travailler. D’après ses dires tu étais avec ta copine. De quoi se sentir une Femme au bord d’une crise de nerfs, mais non, pas du tout. Ma tristesse est restée enfouie dans mon cœur et un voile s’est retiré de mes yeux. Ce que je pensais insupportable à vivre n’a été que clairvoyance et libération.

Tu es rentré dans ma vie avec la même facilité que tu en es ressorti, comme un nuage qui passe, comme la vague déferlant sur le rocher pour revenir de suite sur l’immensité de l’océan. L’agent secret numéro 5 m’a rendu un grand service à son insu. Je lui serai toujours redevable car il m’a permis de quitter un chemin qui me menait à une souffrance irrévocable et en même temps de garder un beau souvenir du peu de temps qu’on a partagé. Errance de la recherche et de la découverte, comme dans Gadjo Dilo.
Juana Maria

2/ Exercice : Vous êtes un personnage du tableau de Léonard de Vinci, la Cène qui se déroule de nos jours !

Attention : interdiction de parler de religion !

la cène

Quand notre pote nous a dit qu’il divorçait, on a tout de suite pensé qu’on allait faire un repas en grand… Et vu le contexte, la soirée déguisée s’imposait.
Pour nous tous, c’était un prétexte à faire la fête, mais bon, on voyait bien que Jesus n’était pas dans l’ambiance. Hé oui, il s’appelait Jesus Villalonga, notre copain.
Sûr que depuis un moment, on voyait bien que ça allait pas avec sa Dulcinée, mais on a beau être des bourrins, on a aussi notre pudeur. Alors, on n’osait pas trop en parler, on attendait que ce soit lui qui aborde le sujet.
Avec Jesus, on s’est connu au lycée, comme nous tous ; c’était un vrai séducteur. Non seulement il avait une belle gueule, mais en plus, il savait causer aux filles, faire semblant de s’intéresser à elles, à leurs centres d’intérêts débiles, tout ça pour mieux les sauter. Jamais il ne s’attachait. Un vrai Don Juan et un vrai célibataire. Mais pas vantard pour deux sous.
Jusqu’à l’année dernière… Où il a commencé à changer. Il n’était plus autant partant pour une bonne virée, il était secret…. Bref : il nous cachait quelque chose.
Et puis, un soir qu’on devait boire un coup au café du Centre, il est venu avec une fille. Normalement, on n’avait pas le droit de faire ça parce qu’on sait bien que dès qu’il y a une gonzesse, ça fout la merde. Mais celle-là, c’était quelque chose ! Elle était tellement belle qu’on en est tous resté la mâchoire décrochée. Tout de suite, on s’est dit qu’une fille comme ça, ça traine pas les bistrots. Une fille comme ça, ça mérite ce qu’il y a de plus beau, ça épouse un millionnaire…
Et puis, avec ça, elle était super intelligente…Elle a commencé à sortir avec nous. On se foutait bien d’eux à l’époque, parce qu’elle s’appelait Marie Madeleine, mais elle préférait qu’on l’appelle Mady.
Jesus, lui, il était sur un petit nuage. Ses pieds ne touchaient plus terre. Il aurait pu pareil marcher sur les eaux ou faire des miracles.
Mais ça n’a duré qu’un temps. Et puis, peu à peu, Jesus est devenu taciturne, constamment de mauvaise humeur. Mady ne venait plus. On a su qu’ils se disputaient souvent…
Alors notre copain a pris le taureau par les cornes et l’a demandée en mariage. On était sûr qu’elle dirait non. Pas du tout ! Ils ont recommencé une nouvelle romance, comme au début, mais en plus passionné. C’est là qu’on a su que ça durerait pas. Un amour comme ça, ça détruit. Jesus, il se consumait pour cette femme. Il était jaloux comme un poux, il n’avait pas confiance en elle et ça le minait. Elle, bien sûr, elle jetait de l’huile sur le feu. Elle minaudait avec nous tous…
Et puis un jour, Jesus, qui était la crème des hommes, l’a frappée. Quand il a compris que la violence ne ferait que monter, il a préféré demander le divorce.
Ce repas, entre nous, c’était une façon de dédramatiser l’histoire. On avait décidé de le faire dans notre QG du bar du Centre.

Depuis un  bon moment déjà, Jesus était seul, au milieu de la table et il picolait sec. On n’y faisait pas trop attention parce qu’on rigolait entre nous.
Tout d’un coup, on a vu arriver Mady ! Je sais pas comment elle avait su qu’on était là. Elle était même costumée. Elle est venue tout de suite voir Pierre, Paul et Jacques qui jouaient un morceau de reggae. Thomas, qui n’était pas très frais, a commencé à faire des plaisanteries pas très fines. Il essayait même de voir dans son décolleté. Mady rigolait très fort.
C’est là que le drame est arrivé. Tout s’est passé très vite… Jesus s’est levé, comme un fou, le regard dément. Il s’est jeté sur Mady. Ils sont tombés ensemble. Personne n’a pu le retenir.

Ce n’est qu’après coup qu’on a vu qu’il tenait un couteau… Plein de sang !
Fabienne


3/ Exercice
 : Vivement lundi ! (sans parler de l’atelier d’écriture)

Depuis que je suis retraitée, j’adore les lundis, ces jours néfastes, que je détestais, qui commençaient une nouvelle semaine de labeur interminable, et souvent minable.
J’ai même poussé le vice un peu loin : je fais sonner mon réveil à 6h00, juste pour avoir le plaisir de l’arrêter, de me retourner dans mon lit avec un sourire béat et de me rendormir… jusqu’à midi !!! Avant de commencer une semaine aussi libre et exempte de toute obligation.

Ah ! Décidément,  vivement les lundis !!!

5 octobre, 2015

Atelier du 21 septembre 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 0:55

Devoir : Mots valise

2

- Zèbrebie : ovin de sexe féminin aux longs poils blancs rayés de bandes noires. Espèce classée en danger sur la liste rouge de l’UICN.
- Génomeunier : ensemble de gènes particuliers aux meuniers qui ont développé une résistance aux poussières. On pense l’injecter aux Pékinois pour qu’ils ne meurent plus dans leur ville polluée.
- Prophètard : homme qui prophétise que la vie est une fête permanente.
- Cheveulu : mot valise réel à poils longs
- Bermudawa : short spécial pêcheurs maladroits ; le poisson est intégré
- Maisombi : maison des voisins car c’est bien connu, nos voisins sont toujours des fous !
Mireille

 

Caméléon de Bruxelles : accro à la frite de toutes couleurs, là bas on dit Léyon.
Haricotation : fait de jouer en bourse des sommes ridicules.
Haricoté cour : s’oppose au haricoté jardin suivant qu’il est nain ou vert.
Haricothurne : graine montante cultivée en chambre d’étudiant.
Haricoton : sorte de cassoulet avec de l’ail en chemise. A signaler le haricoton tige à l’usage des zoreilles.
Haricötelette : pourrait correspondre à un haricot de mouton, pas dans sa version Migault, celle du laisser-aller pétomanien (let me go to the toilets).
Haricotillon : à la fin du bal on paie les musiciens avec.
Haricotisé : très excité il en devient sauteur.
Haricotonneux : recouvert d’un fin duvet, on peut aisément lui courir dessus.
Haricottage : endroit où un ver est haricosy.
Haricotylédon : pléonasme de mauvaise graine.

Pantalongitude : vêtement ne laissant aucune latitude  ni aux idées larges ni aux valseuses.
Pantalong courrier : habit des employés de l’aéropostale. Maintenant fait en Chine : le pantalongue marche.
Pantalong métrage : vendu dans les supermarchés Géant.
Pantalongue vue : mate les jumelles.
Pantalon d’Achille : revêtu à grand tort par Patrocle.

Tétulipe : ouvrier bizontin qui en remontre.
Tétueur à gages : sérial killer ne sachant toujours pas manger une fondue.
Tétuméfiant : obstiné soupçonneux, ça craint.
Tétumeur : sorte de Desproges mis en boule sans aucun humour.
Téturbineur : travailleur en burn out.
Téturc : café très fort mais entêtant.
Téturlupinant : intriguant perpétuel.
Téturlutte : berceuse québécoise sans fin ou pratique française qui va jusqu’au bout de mes idées.
Tétutoyer : ne jamais voussoyer.
Tétuyère : aboulique demain.
Photographilatélie : métier atypique de timbré appareillé.
Photographilarmonique : paysage concertant.
Photographilanthropie :   se satisfait de pas mal de clichés sur l’humanité.
Photographilosophie :   pellicule de sagesse ou portrait de la vie.
Photographiltre :  cliché  fort de café qui peut être magique.
Cosmologiciel : plan généralement attribué à Dieu élaboré en 6 jours, le septième l’ayant amené à constater le bug.
Socialiste de mariage : hominidé de gauche du temps du programme commun.
Socialiste noire : épouse du précédent suspecte de négritude.
Bar à Vincennes : théâtre d’excès libatoires et libidineux.
St Emilionceau : petit vin courageux servi sur des viandes saignantes.
Colèrection : méchante élévation parfois violente.
Coléreinté : on lui avait bien dit de ne pas s’énerver.
Ménage canonique : la fille est canon mais le mec un peu vieux.
Ménage tendre : jeune couple chanté par les Yé-Yé à tête de bois.
Ménage mental : devient très vite platonique.
Ménage des cavernes : union tirée par les cheveux.
Ménage de pierre : peut se faire en deux coups.
Ménagent de maitrise : qui est le chef ?
Ménagent secret : adultère échappant à la rumeur.
Ménagenouillement : bref instant à l’église.
Cataracte de courage : audaces répétées menant à l’aveuglement.
Cataracte de naissances : suit en général une pane d’électricité prolongée.
Cataracte de présence :  politesse  de masse sans conséquence.
Académie de pain : intellectuels encroutés.
Académiette : stagiaire sous-payée du Quai Conti.
Présidentellière : politicienne au discours cousu de fil blanc.
Présidentifrice : élu à rictus hollywoodien.
Présidentiste : nous ment comme un arracheur de dents mais on le savait.
Présidentiers : ceux dont l’effigie  est posée sur la table de nuit.
Paravent de panique : courage bien caché.
Paraventricule :  cache-cœur.
Paraventriloque : talent oratoire dissimulé.
Dictionnaire d’autoroute : à son péage chaque mot a son prix.
Dictionnaire de pique nique : mots en herbe dont on a souvent oublié le sel.
Espadon Juan : fine lame très séduisant frétillant de la queue.
Espadon Diègue : vieux crouton acide et même amer.
Espadon Quichotte : vieux fou épique.
Espadonzelle : pécheresse hauturière mais qui n’est pas un thon.
Caleçon de choses : instrument éducatif médiocre dont les objets sont instables.
Autrichien de faïence : bohémien refusant de regarder ses semblables en face.
Maraboudhiste : religieux à strabisme divergent.
Maraboudiné : oiseau gavé de cornes de gazelle.
Marabourdon : grosse cloche revenant de Rome à tire d’ailes.
Maraboute-en-train :  prédicateur  humoriste engagé par la SNCF.
Attribuccal : dentier.
Austérité à la menthe : boisson très peu nourrissante mais bio.
Austéritélécopie : on ne va pas se faxer pour si peu !
Austéritélégramme : message léger : ça va pas fort.
Austéritélévision : TNC.
Austéritélex : divorcé ne payant pas la pension.
Journalaise : où travaillent des pisse-copie.
Journalambiqué : périodique proustien.
Journalarmiste : quotidien engagé dans la Marine.
Journalbatros : feuille volante qui peut aller pêcher très loin les infos.
Journalbinos : pages blanches dont seule l’encre est sympathique.
Journalcool : publie des nouvelles enivrantes mais peut noircir le sujet.
Journalcotest : si vous soufflez dedans et que c’est l’Humanité, on vous met en cellule.
Journaléatoire : parution incertaine déroutant son lectorat.
Journalentour : feuillet local bouclant très tôt.
Journalkaïda : paroissien prêchant Laden des autres.
Journalerte : ses articles sont légers mais peuvent inquiéter.
Journalgonquien :   émission  amérindienne compréhensible des seuls québécois.
Journaliéné : quotidien destiné aux personnes ayant bénéficié du droit d’asile.
Donneurologue : soignant dénonçant les insuffisances mentales.
Sentimentaloche : tend l’autre joue par amour.
Sentimentaliban : fou de Dieu ayant perdu la tête… des autres.
Sentimentalqué : amant roulé dans la farine.
Sentimentalus : amoureux sur la mauvaise pente.
Atelier d’écriturbulent : groupe espiègle ou très paresseux.
Atelier d’écriturpide : lieu ignoble en sous-sol mais on s’en sort !
Atelier d’écriturpitude : lieu de perdition apprécié.
Atelier d’écriturquoise : on y voit des bleus mais Fabienne en fait des bijoux.
Ateliégeois : lieu de travail où la crème est belge.
Bertrand
Certificaca : document administratif très sale
Cheminotable : conducteur de trains de la bourgeoisie
Voled : volet lumineux
Sentimenteur : Espèce d’enfoiré qui dit un truc et en pense un autre
Ephémèrd’huile : c’est calme, mais pas pour longtemps
Chapeaulitique : couvre-chef gouvernemental
Chéridicule : compagnon peu sortable
Dentiéde : appareil pour manger des plats à peine chauds
Hippiquenique : déjeuner sur l’herbe pour petits chevaux
Contenairveux : chargement fébrile
Recherchéri : toujours pas trouvé l’homme de ma vie
Lampaderrière : lampe du fond
Napoléonteux : empereur dont on n’est pas très fier
Impuissansinterdit : non seulement il ne peut pas, mais il ne doit pas
Autoécoléoptère : apprendre à conduire aux coccinelles
Foularme : carré de tissu, généralement en soie pour éponger les débordements
Voiturlute : véhicule qui suce… beaucoup !
Othorinocéros : spécialiste dans un zoo
Lapintade : rejeton de partouze
Océancien : très vieille mer
Métroplenord (ou sud) : ville de glace
Sentimendiant : pauvre en amour
Et mon préféré : siliconnasse : blonde à forte poitrine
Fabienne

3

2/ Exercice : STORY CUBES

Règle un peu différente de la dernière fois (13 avril 2015) : chacun lance 1 dé à tour de rôle jusqu’à concurrence des 9 dés. Les dés restent sur la table et chacun écrit son histoire.
Attention : les symboles peuvent vouloir dire des choses différentes pour chacun d’entre nous !
Ensuite vous disposez de 20 à 25 mn pour écrire une histoire.

Pomme, masque, serrure, dé, arc en ciel, mouton, ?, livre, ampoule

Le ciel gris s’ornait d’un bel arc en ciel et sous cette douce lumière, le pâturage semblait fluorescent. Et les taches blanches des moutons tout occupés à brouter cassaient la monotonie de la vaste plaine. Innocents ! Ils ignoraient que leur destin venait de basculer !
Leur propriétaire qui se demandait avec angoisse comment oublier la laideur de son visage avait été réveillé en pleine nuit par une idée lumineuse. D’un coup comme si une porte soudain s’était déverrouillée dans son esprit.
C’était si simple : il vendrait moutons et propriété pour s’offrir un magnifique voyage sur un paquebot de luxe. En Antarctique, bien sûr. Car le froid lui permettrait de cacher cet horrible visage sous une grosse écharpe. Tout heureux, il s’offrit un petit verre de son calvados préféré. Certes, tout cela ne se ferait pas d’un coup de dés mais il y arriverait, c’est sûr !
Dans la plaine, une pluie fine s’était remise à tomber. Heureux moutons qui ignoraient que de producteurs de laine, ils étaient devenus en une nuit, une source de protéines, destinés à l’abattoir. D’ailleurs, l’auraient-ils su, qu’y pouvaient-ils ?
Mireille

Je me suis toujours  demandé pourquoi ( ?) les hommes agissaient comme des moutons (mouton). Pourquoi avaient-ils tous le même comportement ? J’avoue que c’était un mystère pour moi (trou de serrure). Alors, j’eus une idée (lampe), je devais lire (livre) tout ce que je pouvais sur ce sujet. Je me mis donc à la tâche, jusqu’aux origines : le péché originel (Pomme). Ce péché originel permettait aux hommes d’avoir accès au savoir, à la connaissance. Alors pourquoi, de nos jours, au lieu d’être des entités supérieures, et toutes différentes, en venons-nous à penser et agir tous de la même manière ? Parce que, par un coup de malchance (dés), l’argent a pris le pouvoir sur tout, faisant de nous, pauvres hommes, des esclaves. Arrêtons de nous voiler la face (masque), il y a très peu désormais d’hommes libres qui peuvent marcher sur des arcs-en-ciel, toucher les étoiles et tutoyer Dieu !
Fabienne

Ce matin, il a plu sur le verger. J’aimais bien la pluie qui chantait sur les feuilles et mouillait la laine des moutons. A peine le temps de m’extasier que déjà, un magnifique arc-en-ciel venait balayer le gris des nuages. Mais le ciel bleu m’intéressait moins ? Alors, j’ai décidé d’aller dans le grenier, un endroit mystérieux. J’y ai trouvé des tas de vieux livres. Pourquoi cet endroit m’intéresse toujours autant ? J’ai cherché et puis j’ai trouvé : parce que dans ces livres, j’ai trouvé toutes les histoires humaines qui souvent, sur un coup de dés peuvent devenir des tragédies….
Fabienne

4

3/ Exercice : Un aller simple

Un aller simple sur le chemin de la vie qui toujours avance et jamais ne revient en arrière.
Souvent on dit : ah ! Je suis retournée à la case départ ! Mais c’est faux car si des situations se ressemblent, jamais elles ne sont identiques.
Un simple aller sur le sentier de la vie qui toujours avance et jamais ne recule…

Un aller simple c’est aussi le trajet de la rondelle de saucisson dans le tube digestif de Zaïa. Un parcourt si fugace que ses yeux malheureux en implorent une nouvelle, la première déjà oubliée.
Mireille

Ce matin, c’est décidé, je pars. Pourquoi comme ça ? Pourquoi maintenant ? A croire que c’était le bon moment pour se décider. Alors, je me suis lancée, simplement, je n’ai même pas fait de valise. A quoi bon, pour aller où je vais ?
Ce matin, j’ai pris un aller simple pour le pays des rêves et j’espère bien ne jamais me réveiller !
Fabienne

Il est où votre ticket ? Alors, il est où, votre ticket ? Ces quelques mots vrillaient mon cerveau et arrivaient péniblement à me sortir de ma torpeur. Le contrôleur se tenait devant moi, et à voir sa tête, il ne lâcherait pas l’affaire comme ça !
Je me souvenais maintenant, j’avais pris le premier train en partance. Je n’avais même pas acheté un aller simple, comment aurais-je pu ? Je ne connaissais même pas la destination.
Fabienne

 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds