Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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23 mai, 2015

Atelier du 18 mai 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:57

Devoir : Lorsqu’une catastrophe survient, les hommes se rangent en deux catégories : ceux qui croient en un acte de Dieu et ceux qui pensent à la malchance (Maxime Chattam).

41730Lorsqu’une catastrophe survient, les hommes se rangent en deux catégories : ceux qui croient en un acte de dieu et ceux qui pensent à la malchance.
Dans cette deuxième hypothèse, la moindre variation du scénario antérieur peut favorablement modifier le cours des choses. Le sujet a donc, en partie, prise sur les évènements (une vie saine par exemple, peut limiter certains problèmes cardiaques. De bonnes fréquentations  diminuent le risque de rencontres avec des malfrats etc.).
Par contre, s’il s’agit de volonté divine, aucune échappatoire ! Dès lors, pourquoi se battre et tenter d’infléchir la trajectoire d’une vie ?
Convaincu de tenir fermement les rênes de son existence, Benjamin Turpin, fervent défenseur de la théorie du libre arbitre, pensait tout autrement. Levé dès l’aube, il démarrait le marathon de ses journées par une demi-heure de méditation, enchainait avec une heure d’exercices d’assouplissement et de musculation avant d’ingurgiter un copieux petit déjeuner, toujours bio et bien équilibré. Au travail, souriant, altruiste et participatif, il avait su créer autour de lui ce petit noyau de fidèles, voire admiratifs, collègues lui permettant de justifier une activité professionnelle un peu rébarbative.  Des chiffres, encore des chiffres, toujours des chiffres peuplaient de longs jours de labeur qu’il entrecoupaient de deux pauses-café, moments précieux inconsciemment destinés à renforcer les liens entre membres de sa petite cour. Pas de perte de temps, dès 17 heures, à la sortie du bureau, une petite heure de jogging ( et ce, qu’il pleuve ou qu’il vente) participait à ce qu’il nommait modestement son programme super top de mise en forme.
Notre héros ne se contentait pas seulement d’entretenir son corps mais aussi son esprit et son âme. Trois fois par semaine, il se rendait dans les locaux d’une association caritative où avec quelques humanitaires enthousiastes, il tentait de mettre en place des plans de réinsertion efficaces. Couché, relativement tôt, après la lecture édifiante de quelques journaux confortant ses idéaux, il s’endormait serein. Cette existence gratifiante semblait programmée pour une très longue durée, au moins jusqu’à ce que Benjamin, entouré et choyé, finisse dignement ses jours à un âge avancé.

 Le matin du 15 mai  2015, alors qu’installé dans le bus n° 33, il tentait, à forces de sourires engageants, de capter l’attention de son entourage immédiat, le véhicule freina brusquement, projetant Benjamin sur sa voisine de droite. Il s’agissait d’une femme entre deux âges, bien mise bien que simplement vêtue, dont il n’avait pas encore aperçu le visage. Depuis qu’il s’était installé à ses côtés, cette inconnue était restée ostensiblement tournée vers le paysage urbain, un peu monotone, d’un de ces nouveaux quartiers en construction.
Benjamin profita de l’opportunité des excuses de circonstance, pour tenter de croiser le regard de l’indifférente. L’inconnue ne broncha pas, la tête obstinément tournée vers la vitre… Son amour propre égratigné par cette hostilité inhabituelle, il tenta  de provoquer une ébauche de conversation, réitérant ses excuses, puis évoquant l’architecture des bâtiments récents, trop moderne à son goût. C’est alors que lentement, la femme se retourna, dardant sur lui deux prunelles noires et indignées où il put déceler autant de colère que de mépris. Cette femme, ce fantôme, n’était autre que sa tante Paula. Celle qui, suite au décès accidentel de ses parents, l’avait recueilli à l’âge de 8 ans et l’avait tendrement élevé jusqu’au jour fatal où, à peine majeur, il avait, sur un coup de colère, claqué la porte à  11 ans d’amour et de dévouement. Plus jamais il n’avait franchi le seuil de la maison ni même passé ce coup de fil qu’elle avait désespérément attendu. Sans un regard en arrière, il avait quitté ce cocon, prêt à en découdre et à affronter vaillamment  la route  qui le mènerait à la réussite. Lui, il saurait mieux mener sa barque que sa tante, coincée dans une vie étroite dont elle semblait si bien s’accommoder. Il  était parti et en chemin avait égoïstement  effacé toutes ces années de tendresse et d’attention. Malgré trois décennies écoulées  et les kilomètres qu’il avait mis entre ces deux mondes, son passé lui éclatait brusquement à la gueule.
Simple malchance dans le chaos de l’univers ou doigt intentionnel de dieu  et son manège de  culpabilisation, réparation, rédemption ? Quel libre arbitre aurait-il pu avoir pour éviter cette rencontre fortuite ou programmée ? Aucun. C’est ainsi que font font font les petites marionnettes dans ce monde où tout ne tourne pas bien rond.
Patricia

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Renato était un bel Italien. Il devait avoir 35 ans lorsque je l’avais rencontré au début des années 1970. C’était le cousin germain de mon mari. Nous étions en voyage de noce et je faisais connaissance avec cette grande famille qui avait immigré dans un petit village de Dordogne au moment du fascisme. A cette époque, suivant les vieilles traditions, les hommes italiens étaient soit maçons, soit curés.
- Je te présente mon cousin l’abbé Renato.
En me retournant j’aperçus un très bel homme qui avait tout d’un tombeur : « cheveux bruns, yeux verts, peau dorée, sourire ravageur et chaleureux ». Je me souviens d’avoir pensé : « Eh bien, il doit y en avoir des paroissiennes à la messe le dimanche à Saint Antoine de Breuilh » !!!!
Renato portait un jean et un col roulé et rien ne le distinguait des autres hommes de la famille, si ce n’était cette aura qui émanait de lui en toute circonstance. Il ne quittait jamais sa guitare et nous improvisait de superbes soirées dans les jardins familiaux. Ce grand gaillard rayonnait de bonté et de joie de vivre.
Les années passèrent, ponctuées par nos retours réguliers en Métropole pour les vacances. La famille était grande et il n’était pas toujours possible de les revoir tous. Mais un jour, une pensée me traversa : « Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas revu l’abbé Renato » ; et chose étrange, je me rendis compte que personne ne parlait plus de lui. Alors qu’il avait été la fierté de toute une famille on ne prononçait plus jamais son nom.
Je questionnais alors l’une de mes belles soeurs :
- Comment va Renato  ?
Son visage se figea. Apparemment très gênée, elle m’entraîna à l’écart et me révéla :
- Renato est mort il y a deux ans des suites d’une hépatite foudroyante qu’il avait attrapée lors d’une transfusion sanguine.
Je m’entends encore lui répondre : « comme c’est injuste de mourir si jeune ». Elle me fit alors comprendre que la conversation était terminée et je mis cela sur le compte de sa peine.
Le soir même j’interrogeais mon mari pour en savoir plus. C’est ainsi que j’appris que Renato était tombé amoureux d’une de ses paroissiennes. Au grand dam de sa famille et de tout le village, il avait alors décidé de renoncer à ses voeux pour vivre en couple. Les prêtres défroqués perdaient à cette époque toute considération de leurs proches qui vivaient cette épreuve comme la pire des hontes. Pour eux, surtout les plus âgés, la maladie qui l’avait si vite emporté, n’était autre que le châtiment de Dieu.
Françoise

1/ Ecrire sur une musique : James Horner : https://www.youtube.com/watch?v=-4w7bLANKEQ

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C’était la mi-avril, et demain serait le grand départ ! Notre grand chef Hector, le plus solide, nous octroyait les places dans la formation. J’étais tout jeune et pour moi, c’était la première fois ! J’étais très angoissé. Je ne pouvais pas compter sur l’aide de ma mère ou de mon père qui avaient tout deux été tués par des chasseurs. Nous étions trois dans mon cas et Hector vint vers nous et nous rassura, de sa voix grave. Certes, nous étions orphelins mais nous pouvions compter sur le groupe. Tous nous aideraient. Mais maintenant, il fallait se reposer, dormir, pour être en pleine forme demain matin, car nous partirions dès l’aube. Ma nuit fut agitée, je m’endormis très tard. Dès les premières lueurs du jour, Hector nous invita à pêcher. La route serait longue et nous devions prendre des forces.
Et puis ce fut le signal. Tous les plus forts se mirent devant, les mères derrières. Nous primes notre envol et ce fut comme si un immense nuage rose décollait de terre pour rejoindre le ciel. Moi qui avais à peine volé autour du grand lac Bogoria, je me sentis tout déboussolé, le cœur au bord des lèvres… Je regrettais de quitter ce endroit merveilleux… Mais j’entendis les anciens parler de notre destination, la Camargue, avec beaucoup d’émotion.
Au début, ce fut un peu cahotique, puis chacun trouva sa place et l’ensemble devint harmonieux. Je commençais à prendre de l’assurance et pus admirer les paysages que nous traversions. La savane à perte de vue où paissaient tranquillement des éléphants, des girafes. J’eus froid dans le dos quand je vis un guépard, rapide comme l’éclair, chasser une frêle antilope. Je fermais les yeux au moment fatidique où la mâchoire acérée se planta dans le cou si gracieux.
L’altitude m’enivrait. Je me sentais libre comme l’air. Comme c’était bon de voler, voler, avec tous ceux de mon clan.
Nous traversâmes de grandes forêts coupées ça et là de rivières bondissantes. C’était si beau ! Des larmes me vinrent aux yeux devant la beauté de tous ces paysages. Que j’étais heureux d’être un flamand rose !  Mais la fatigue ne tarda pas à se faire sentir. Nous avions volé presque toute la journée et à mon grand soulagement, Hector nous fit signe de descendre afin de trouver un abri pour la nuit. Cette première journée avait été éprouvante mais le voyage ne faisait que commencer et il fallait s’économiser.
Fabienne

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C’était pour lui qu’elle assurerait désormais sa survie. Elle l’avait ressenti dans son for intérieur. Le galop des battements de son cœur lui insufflait un second souffle dans sa vie de souffrance.
Elle continuerait peut-être le dur labeur des champs. Elle se plierait aux exigences des chaleurs extrêmes de l’été. Elle s’aventurerait encore dans les froides nuits hivernales. Mais elle se le promettait : elle serait là quand il reviendrait.
Car il reviendra, elle en était sûre. Elle l’avait compris au premier regard. Le  premier et le seul, du reste, qui lui avait paru durer comme une promesse d’éternité, alors qu’il avait tout juste traversé au grand galop le champs où elle s’échinait à moissonner la paille.
Quelques secondes avaient suffi à la plonger dans le bleu de son regard. Quelques secondes avaient suffi à lui donner envie de vivre alors qu’il chevauchait vers une contrée lointaine où l’attendaient les combats, le sang et la mort.
Mais elle ne voulait rien voir que la liberté pour laquelle il partait combattre.
Elle ne regardait plus la triste réalité de son quotidien mais s’inventait désormais des lendemains ensoleillés du même éclat qu’elle avait perçu dans son regard.
Elle en était sûre, c’était pour lui qu’elle vivrait désormais.
Sylvie

Sur son cheval fougueux, il parcourait la lande. Cheveux au vent, il se sentait revivre. L’ai froid du petit jour lui fouettait le sang.
Sous ses jambes musclées, les flancs de sa monture palpitaient. La vie, telle une fleur féconde s’ouvraoit pour lui offrir toute la beauté du monde et ce parfum de liberté plus entêtant et profond à chaque foulée.
L’odeur puissante de la terre humide montait à ses narines et l’enivrait plus sûrement que le plus capiteux des vins.
Libre ! Il était enfin libre ! Et c’est au galop qu’il rejoignait sa bien-aimée, la tendre et fière Maïwen, souveraine respectée du peuple irlandais.
Patricia

Vide-grenier-spDans le grenier de ma grand-mère
Ma petite jupe légère
Virevolte telle une corolle
Et très vite je décolle

Tourne tourne petite princesse
Ton coeur est rempli d’allégresse
Danse au son de cette musique
Qui t’emmène dans des endroits magiques

Vole vole jusqu’aux cieux
Et ferme tes grands yeux
Baignée par cette mélodie
Tu atteins le paradis

Au milieu des notes harmonieuses
Je t’imagine gracieuse
Tu me parles tendrement
Toi ma jolie maman

Mais soudain la musique se tait
Et tout mon rêve disparait.
Françoise

moine-bouddhiste-thailande

Le pays du matin calme ne se laisse pas approcher facilement. Depuis l’aéroport mon taxi avait l’ordre formel de rapidement laisser derrière nous les gratte-ciel glacés puis les banlieues chic avec leurs immeubles numérisés puis les banlieues ouvrières avec leurs immeubles numérotés. Cette fuite  programmée me menait  au nord-ouest vers la mer. J’avais vu les images de ces temples du rivage. Le lieu choisi était une île, colline coquillage plantée à un quart de li de la plage de galets. A cette heure tardive les herbes folles prenaient des teintes ocre et frissonnaient telles des chevelures dans le vent léger. La barque glissait dans un clapotis léger, sans un mot du pécheur godillant lentement. L’arrivée était telle qu’en mon rêve. Le ponton était désert sans même un seul oiseau. Sans hésiter, je pris mon léger bagage sur le dos, remerciai le vieil homme silencieux. J’élevai mon regard vers la colline. A son sommet, le sourire serein de l’homme en robe couleur curcuma m’attendait. Le vrai chemin, enfin.
Bertrand

2/ Plus personne ne bouge !

_th1_Jeu_1_2_3_soleilUn , deux, trois ; un, deux, trois : soleil !
Il s’est enfuit le temps vermeil,
Rien ne sera jamais pareil.
Je voulais tant que rien ne bouge
garder l’enfance en robe rouge.
Un , deux, trois ; un, deux, trois : soleil !
Il s’est enfuit le temps vermeil.
Patricia

Que se passe-t-il là-haut ? Plus personne ne bouge ? Vous êtes tous morts ou quoi ? C’est mon tour, aidez- moi. Je dois faire un mot avec ces foutues lettres. Et, mes neurones, remuez -vous  !!! A cause de votre inertie je vais encore perdre cette partie de Scrabble et je devrais une fois encore faire face aux sarcasmes : « Tu participes bien à un atelier d’écriture ….. ».
Françoise

20081219Modeles_1Elle avait dit en tapant dans ses mains : plus personne ne bouge… Et voilà deux heures que je n’avais pu remuer ne serait-ce le petit doigt. Mes muscles commençaient à s’ankyloser et j’avais des crampes sournoises qui ne tarderaient pas à me faire souffrir. Au début, j’avais cru que c’était de l’argent facilement gagné : deux cents euros pour trois heures !

Mais maintenant, je savais que ce n’était pas si facile d’être modèle aux Beaux-Arts !
Fabienne

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