Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

23 avril, 2015

Atelier du lundi 20 avril 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:58

Devoir :

Le ciel était gris et menaçant.
Il commença à pleuvoir.
Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
Nul doute, le ciel lui adressait un message !

201011102287

Lundi 14 Mars 2015, 19 heures, quelque part dans la Creuse.
Axel RAMBAUD était content de lui.
Pour sa première journée de travail dans la société « STORES AND CO », il avait réussi à conclure deux commandes, et M. et Mme JOLY, un jeune couple de propriétaires habitant Boissy lui avait demandé de lui laisser la soirée pour réfléchir, et de revenir le voir demain matin avant neuf heures. Il pouvait donc être raisonnablement optimiste pour décrocher une troisième commande au début de son deuxième jour de travail.
Au volant  de la voiture de société (un beau 4X4 confortable qui impressionnait les clients autant que lui), il se mit à chantonner : «tu es le meilleur… tu es le meilleur…. » tout en jetant un coup d’œil à sa montre : bientôt 19 heures, et encore une cinquantaine de kilomètres avant d’arriver à l’hôtel d’étape où il avait dû réserver une chambre, en raison du couple hésitant, pour savourer un repos bien mérité.
Habituellement, Axel RAMBAUD aimait conduire, mais là, vraiment, il avait surtout envie d’une douche bien chaude, d’un plateau-télé, et ensuite, une bonne nuit là-dessus, pour être en forme demain : lever à 6 heures, comme aujourd’hui, comme tous les jours de déplacement, du lundi au vendredi.
Il mit en route le lecteur CD, et au moment où il allait appuyer sur la touche « sélection » pour écouter la belle voix de Billie Holliday : « ploc ploc » : de grosses gouttes d’eau commencèrent à s’écraser sur le pare-brise.

- Il ne manquait plus que ça ! Bougonna Axel. Si la pluie s’y met, on n’est pas rendu.
Il mit en route les essuie-glaces, et, les sourcils froncés, scruta attentivement la route déjà humide et brillante. Plongé dans ses pensées victorieuses de la journée, il n’avait pas vu que le crépuscule avait recouvert en peu de temps le paysage d’une chape de plomb : de lourds nuages noirs, gonflés comme des outres, se faisaient la course et explosaient les uns après les autres dans un ciel saturé : « plocplocplocploc…. » Ça tambourinait sec sur le toit de la voiture, et Axel dut augmenter la vitesse des essuie glaces qui n’arrivaient pas à chasser toute cette pluie brutale qui s’invitait malgré lui.

Il mit sur « pause » le lecteur CD, pour mieux se concentrer sur sa conduite.  Il appréciait la tenue de route impeccable du 4X4, et remarqua au bout de cinq minutes que la pluie semblait tomber moins dru. Il changea la vitesse des essuie-glaces, cette fois en alternance. Les gouttes se mirent à s’espacer, les essuie-glaces crissaient, Axel les arrêta, poussant un soupir de soulagement.
- C‘était juste un grain, sourit-il,  avec un peu de chance, je vais pouvoir voir le début de Taxi Driver comme prévu : à moi le plateau-télé !
L’averse avait cessé, mais le pare-brise gardait des traces de pluie qui gênaient la vue du conducteur. Axel RAMBAUD avait beau remettre en route les essuie-glaces, activer le désembuage pour y voir plus clair, rien n’y faisait. Poussant un soupir d’agacement, il décida de s’arrêter sur le bas-côté de la route, juste après avoir dépassé une intersection bien éclairée. Il attrapa un chiffon dans la boîte à gants, et sortit du cocon bien douillet de la voiture.
Il se mit à passer le chiffon  tout en frissonnant, regrettant de ne pas avoir enfilé son pardessus.
- Tu n’en as que pour deux minutes, arrête de faire ton douillet, pensa t-il en soulevant les essuie-glaces pour terminer de passer le chiffon. Sa main resta suspendue en l’air, comme une marionnette à son fil.  Non seulement les traces n’avaient pas disparu, mais elles paraissaient plus visibles. Et surtout : elles voulaient dire quelque chose.

Le jeune homme n’en croyait pas ses yeux. Il se mit à déchiffrer à voix haute les mots que les gouttes de pluie faisaient luire devant ses yeux :
- Fais demi-tour, tout de suite ! Sa voix résonnait dans le vide qui l’entourait.
Un peu bêtement, il ne put s‘empêcher de regarder autour de lui, au cas où un plaisantin se serait caché après avoir écrit ce message.
Personne, rien que des champs, à peine visibles, rien que le silence de la campagne.
Axel RAMBAUD remonta précipitamment dans le 4X4, et le cœur battant, s’enfonça dans le siège, en serrant fort le volant en cuir. Ses mains tremblaient, mais ce n’était pas à cause de l’humidité de la nuit. Il sentait son cœur s’emballer dans sa poitrine.
Il remit en route les essuie-glaces : rien à faire, les mots étaient toujours là, même s’ils étaient à l’envers, il savait ce qu’ils signifiaient.
Qui avait fait ça ? Pourquoi  faire demi-tour ? Lui et son esprit cartésien (son amie Elodie le lui reprochait parfois gentiment) ne savaient pas à quoi se raccrocher. Il y avait forcément une explication, mais en attendant, il ne voyait pas laquelle. Et puis, il n’allait pas passer la soirée sur ce bord de route, au milieu de nulle part.
Faire demi-tour, alors qu’il n’avait pas encore atteint la première étape de son déplacement ? Pour faire quoi ? En plus, il ne lui restait plus qu’une petite cinquantaine de kilomètres pour arriver.
Non, pas question : Axel RAMBAUD allait toujours de l’avant, c’était une de ses rares qualités, et il allait une fois encore la mettre en application.
Il mit en route le moteur, enclencha la première, et décida d’ignorer la phrase impérative en se lançant sur le  long ruban brillant d’asphalte qui se déroulait devant lui, comme un serpent infini.

A peine une heure plus tard, notre représentant de commerce arrivait à destination. Pour ne pas tenter le diable, il avait conduit prudemment, s’était volontairement passé de la compagnie de Billie Holliday dont la voix chaude aurait pu le rassurer, afin de rester concentré le plus possible, guettant d’invisibles dangers qui ne se produisirent pas.
Il gara la voiture près de deux autres (apparemment des touristes étrangers, vu les plaques d’immatriculation) et sortit son cartable et sa valise.
Jetant un dernier coup d’œil au 4X4 pour vérifier qu’il n’empiétait pas sur la place voisine, il s’immobilisa, stupéfait. La phrase avait disparu. Le pare-brise était parfaitement sec, comme si un pompiste zélé venait de le nettoyer avec application.
Le jeune homme se mit de nouveau à frissonner, il ne savait pas si c’était de peur ou de fatigue. Il n’y comprenait décidément toujours rien, et n’avait qu’une hâte : se mettre au chaud, sous une bonne couette, et oublier tout çà.
Devant lui, l’hôtel qu’il découvrait pour la première fois, était faiblement éclairé, un peu vieillot, mais bien entretenu. Le réceptionniste l’accueillit avec un grand  sourire en lui demandant s’il avait fait bonne route. Axel bredouilla un vague « Oui, merci » et attrapa vivement la clé de sa chambre qu’on lui tendait.
Une fois dans sa chambre, et un plateau-repas commandé, Axel RAMBAUD  jeta un coup d’œil distrait à la décoration banale, alluma la télévision et prit rapidement une douche.
Alors qu’il venait à peine de se sécher, bien enveloppé dans un peignoir de bain, on frappa à la porte. « Toc toc toc », trois petits coups distraits qu’il faillit ne pas entendre à cause de la BO de Taxi driver qui annonçait le début du film.
Axel ouvrit : devant lui, le réceptionniste, un plateau bien garni dans les mains, et toujours le même sourire aux lèvres.
- Bon appétit, Monsieur. Vous n’aurez qu’à laisser le plateau une fois votre dîner terminé dans le couloir près de votre porte. Je vous souhaite une excellente nuit.
Axel n’eut que le temps de saisir le plateau qu’on lui tendait, et déjà le réceptionniste tournait les talons et disparaissait de son champ de vision.
La soirée s’acheva mieux qu’elle n’avait commencé. Le savoureux velouté de champignons était fait « maison », l’assiette de charcuterie régionale  copieuse, la salade croquante à souhait. Et pour finir, une crème brûlée encore tiède sous sa croûte délicatement sucrée.
Seule l’infusion aux herbes (du pays, lui avait garanti le réceptionniste lors de la commande) avait un goût amer, et Axel RAMBAUD regretta de ne pas avoir réclamé de sucre.
Bien décidé à ne plus être dérangé avant le lendemain matin, il n’appela pas la réception, et but sa tasse d’un seul trait, en grimaçant.
Le film de Martin Scorcese qu’il n’avait pas revu depuis des années n’avait pas vieilli, et c’est le sourire aux lèvres qu’Axel RAMBAUD s’endormit sous une couette douillette, en rêvant de ses prochaines commandes.

 Mardi 16 mars, Boissy, 13 heures, chez M. et Mme JOLY.

-  Chéri, viens-vite ! On parle de la région aux infos nationales.
Madame JOLY ne put détacher les yeux de l’écran de télévision, une main plaquée sur la bouche, les yeux agrandis d’effroi.
- Cela fait  longtemps qu’on n’a pas parlé de la Creuse, lui répond son mari en s’approchant, un sourire aux lèvres. Qu’est-ce qui se passe ? Une manifestation de vaches laitières ? Mais oui, c’est ça, voilà pourquoi notre représentant n’est pas venu au rendez-vous ce matin, comme prévu.
Son sourire s’ététeignit à la vue de sa femme bouleversée, comme clouée sur place
La voix du journaliste présentateur remplit le salon :
- Nous sommes en direct  de l’hôtel « Les genêts », en partie ravagé par un violent incendie la nuit dernière. Les circonstances du drame ne sont pas encore clairement établies. Par miracle, on dénombre une seule victime : M. Axel RAMBAUD, un représentant de commerce, qui n’a pu échapper aux flammes. On a retrouvé son corps carbonisé, enfermé dans sa salle de bains. D’après les premières constations, il aurait pu être victime d’une indigestion, et n’aurait pas eu la force de sortir par ses propres moyens. Tous les autres occupants ont pu s’échapper à temps. Ils sont, comme on peut s’en douter, en état de choc.
- Tu vois, chéri, dit en sanglotant MME JOLY en se blottissant dans les bras de son mari. Il ne saura jamais qu’on avait accepté son devis. Il était si jeune, si dynamique.
- Tu as raison, mon amour, j’ai failli l’appeler pour qu’il fasse demi-tour. Cela lui aurait évité de passer la nuit à l’hôtel. C’est le destin, la fatalité. Il était, comme on dit, au mauvais moment au mauvais endroit.
Cela ne sert à rien de ruminer : il faut aller de l’avant, toujours aller de l’avant.

 « Aller de l’avant ? Cette nuit-là, Axel RAMBAUD aurait dû y réfléchir à deux fois, vous ne pensez pas, cher lecteur ? »
Marie Pierre

 

3867791882

Le ciel était gris et menaçant.
Il commença à pleuvoir.
Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
Nul doute, le ciel lui adressait un message !
Il était certain d’avoir distingué le vase d’un V puis le pont fragile d’un A unis en un VA ! impérieux. Va, mais où donc lui fallait-il aller ? Une feuille rousse se posa délicatement sur le pare-brise et dévia un ruisselet d’eau en un vague L, posé en équilibre précaire sur un essuie-glace. VAL ! Tout s’éclaira d’un coup !
Soudain guilleret, il ouvrit la vieille portière récalcitrante d’un grand coup d’épaule et couru s’abriter dans la cahutte. Il raviva les braises et se fit réchauffer un grand plat de haricots noirs qu’il dévora avec appétit.
Il avait tout perdu. Sa femme lui en avait préféré un autre, ses enfants ne lui envoyaient aucune nouvelle et il ignorait s’ils vivaient toujours. Et puis, cinq jours auparavant, il s’était violemment disputé avec ce patron cruel qui les brimait tous d’une manière odieuse. L’altercation avait mal tourné. Toute la haine accumulée depuis tant d’années l’avait submergé avec la furie d’un fleuve qui déborde. Il avait perdu conscience et sa main avait trouvé son vieux couteau au fond de sa poche. Le coup était parti sans qu’il s’en aperçoive ; on pourrait dire que sa main avait agi toute seule.
Un éclair de joie dans le regard de ses compagnons d’infortune puis leur panique, c’est tout ce dont il se souvenait. La main couverte de sang avait récupéré ce couteau qui lui venait de son père et il avait couru vers la forêt.
Couru, couru. Droit devant…
Il chuta plusieurs fois mais se relevait toujours, courir, encore. Plié en deux par les points de côté, les poumons en feu, il avait atterri dans cette ferme abandonnée.
Depuis, la vieille cahutte l’abritait tant bien que mal. L’angoisse de voir la police débarquer lui nouait les tripes en permanence et son seul plaisir consistait à passer de longs moments au volant de l’épave. Bien qu’elle soit complètement déglinguée, elle lui permettait de se croire de retour dans le monde d’avant. D’oublier qu’il avait tué un homme, un salaud certes, mais sa vie était complètement ravagée. Combien de temps échapperait-il à la police et d’ailleurs, fallait-il vraiment continuer ainsi ? Il devenait fou de solitude. Il se surprenait à parler aux arbres, aux oiseaux et même à la cabane. Il n’avait pas l’âme d’un ermite.
Et la pluie venait de lui confirmer qu’il devait partir. Peut-être que ses compagnons ne l’avaient pas dénoncé ? Peut-être même, avaient-ils caché le corps ? En y réfléchissant, il apparaissait évident que personne ne le cherchait ; sinon ils l’auraient forcément trouvé ! Sa vie pouvait donc reprendre. Ces lettres mystérieusement tracées par la pluie sur un vieux pare-brise le ramenaient à la réalité et lui indiquaient un objectif clair : retourner dans sa ville natale et comme elle, repartir de zéro. Avec courage.
Il sourit tendrement au petit garçon qu’il fut. A chaque fois qu’il annonçait sa date et son lieu de naissance, son interlocuteur semblait recevoir un coup de massue. D’une voix épouvantée il répétait bêtement : Ah ! le 22 mai 1960 à Valdivia…. oh mon dieu ! L’enfant s’était longtemps cru atteint d’une tare épouvantable que seuls les étrangers voyaient. Il devint timide et triste. Solitaire. D’autant qu’il n’avait pas de père, ne l’avait jamais connu et n’osait rien demander car sa mère se fermait comme une huitre dès qu’il abordait le sujet.
Et puis le jour de ses 7 ans, elle décida de parler. Elle avait accouché le jour du plus grand tremblement de terre enregistré depuis l’existence de l’humanité. Elle raconta le grondement sourd, tout qui bouge, la panique quand l’hôpital s’était effondré, les hurlements, le sang partout, l’horreur absolue. Toute la famille morte. Sa lutte solitaire dans une ville ravagée pour survivre et élever son petit.
- Mon fils, tu seras comme cette ville. Peut-être qu’un jour tu perdras tout, mais tu te relèveras toujours. N’oublie jamais ! Tu es né 6 heures avant le « mega terremoto » et tu as survécu. Alors ne perds jamais confiance en la vie !
La pluie avait écrit « va » puis « val » comme Valdivia. C’était clair. Le lendemain il se mettra en route pour sa ville natale et comme elle, il recommencera, effacera les décombres et retrouvera le sourire.
Mireille

1

Le ciel était gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre. Nul doute, le ciel lui adressait un message !
Abasourdi, le conducteur voulait connaître la suite des lettres formées par la pluie et déchiffrer le mot. Il ne voulait pas lancer les essuie-glaces pour ne pas perdre ce phénomène étrange.
Or la pluie tomba plus drue. Il commença à ne plus distinguer la route. Il n’avait pas aperçu un endroit sur le bas-côté pour stationner.
Il fit un mouvement brusque du volant, pensant avoir vu un obstacle sur l’asphalte. Avec la pluie sur le goudron, il perdit le contrôle de son véhicule. Il alla s’encastrer dans un arbre de l’autre côté de la route.
Là, il put enfin lire clairement le mot formé par la pluie sur son pare-brise : « ATTENTION ». Il traversa en fait entièrement le mot pour finir son envol, tête la première, contre le tronc de l’arbre. Il avait oublié de mettre sa ceinture de sécurité.
Arrivé au paradis, la première chose qu’il fit, fut de mettre un coup de boule à Saint Pierre. Puis il lui dit :
- Si après ça, tu m’envoie en enfer, espèce d’ersatz éthéré, alors que c’est de ta faute si je suis là, je te fais bouffer ton auréole.
Saint Pierre, se relevant, lui répondit :
- Ce n’est pas moi, c’est ta femme qui voulait te prévenir pour éviter la biche.
Arnaud

Le ciel était gris et menaçant.
Il commença à pleuvoir.
Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
Nul doute, le ciel lui adressait un message !
Elle vit d’abord un F, puis un A, suivi d’une I
Elle était obligée de plisser les yeux pour essayer de deviner ces lettres. La pluie s’intensifia. Il faisait de plus en plus gris, on n’y voyait de moins en moins.
Elle était partie si vite après une énième dispute. Elle n’en pouvait plus, elle était à bout de forces. Elle roulait vite, pour le fuir, mettre de la distance entre ce monstre et elle.
Soudain, des phares trouèrent le rideau de pluie. Elle braqua rapidement le volant… Elle s’aperçut qu’elle roulait presque au milieu de la route et avait failli percuter la voiture qui arrivait en face.
Une autre lettre dégoulina. Un S… Elle lut : fais
D’autres lettres dégringolèrent : A, T, T
Elle devina la fin du message au moment où elle percuta de plein fouet un platane.
Fabienne

Gadgets

Le ciel était gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre. Nul doute, le ciel lui adressait un message.
Manon avait tant attendu, noyant en vain son regard dans l’azur indifférent, cherchant la clef dans chaque nuage dont la forme pourrait évoquer cette œuvre mystérieuse qui hantait ses nuits, troublait la mécanique de son cœur et lui arrachait un souffle rauque qui finissait par l’éveiller.
Dans le champ de bataille de son lit, les draps froissés, humides de sueur, entravaient parfois ses jambes, renforçant l’idée d’un inévitable face à face. Les yeux alors grands ouverts, elle scrutait avidement l’obscurité, cherchant à retrouver la sensation de plénitude qui l’habitait au contact de cette œuvre magnifique. Ne lui restait, hélas ! Que l’impression de couleurs incomparables. Curieusement, elle les associait à des goûts subtils et des odeurs enivrantes ; le regret d’avoir laissé échapper tant de merveilles la laissait chaque jour plus désemparée.
La pluie se faisait plus intense. A peine les mots se formaient-ils sur le pare-brise  de sa vieille voiture, qu’ils se défaisaient aussitôt, délavant le message dont ils ne délivraient que quelques rares bribes : « sur l’eau…au fond…creuser…caché…transmission ».  « Sur l’eau « et « au sec » ? Chercher au fond des mers ou draguer l’eau des fleuves s’avéraient inutile. Tant mieux, car elle n’aurait pas su comment s’y prendre ! Sur un bateau, peut-être ? Oui, ce devait être ça. Elle venait justement d’hériter d’une antique péniche toute délabrée qui, faute de moyens, restait à quai. Et si la réponse se trouvait à bord ? Sans hésitation,  elle prit la route longeant les berges du fleuve. Arrivée à la hauteur de la péniche et n’écoutant que son instinct, elle pénétra, sans trop de prudence dans la lourde embarcation. Une odeur de moisi et de fer rouillé lui picota aussitôt la gorge. A première vue, il n’y avait que des ustensiles hors d’âge et des vieilleries si usées qu’aucun brocanteur ne pourrait s’y intéresser. Elle parcourut en vain toute la longueur du bâtiment, examinant les moindres recoins, quand tout à coup, le plancher vermoulu céda sous ses pas.  Elle n’était pas blessée, juste une écorchure sans importance mais l’ouverture ainsi créée dans le sol lui permit d’apercevoir une masse sombre sur la gauche. En tâtonnant, sa main palpa une surface rugueuse, froide et dure : du métal ! Du vieux métal rouillé ! Ses doigts rencontrèrent  soudain ce qu’elle identifia  comme une poignée.
Sans attendre, elle se mit à l’ouvrage tentant d’extirper le lourd coffre de sa cachette. La énième tentative fut la bonne. A présent le coffre était là, sous ses yeux… contre toute attente, la serrure céda rapidement car curieusement le coffre n’était pas fermé à clef. Elle souleva le pesant couvercle et découvrit un paquet soigneusement emballé et ficelé. Le souffle court et le cœur battant à tout rompre, elle saisit le mystérieux paquet et entreprit de l’ouvrir sans délai.  Les emballages successifs attisaient sa curiosité. Enfin ! Elle parvint à ce qui lui sembla être la dernière épaisseur de papier à travers laquelle un objet rectangulaire se dessinait. Elle découvrit enfin l’objet de tant de soins, un petit tableau d’environ 12 centimètres sur 20 au bas duquel on pouvait vaguement distinguer les caractères d’une signature indéchiffrable. Bien qu’étudiante aux beaux arts, l’œuvre lui était inconnue. Sur un fond de verdure, une pâle jeune-fille la regardait tristement, ses longs cheveux dissimulant en partie un corps frêle un peu perdu dans une ample robe ivoire.
Ces yeux gris, doux et mélancoliques lui semblèrent soudain presque familiers. C’est alors qu’elle fit le rapprochement avec un vieux cliché aperçu dans un album de photos de famille que conservait sa mère. C’était bien elle, sa grand-tante Léopoldine, jeune poétesse qui, suite à une maladie pulmonaire, s’était éteinte dans sa vingtième année. Le peintre avait su rendre la délicatesse des traits et le regard si particulier de cette jeune artiste au destin inachevé.
Manon  sut interpréter le message : désormais, elle n’avait pas d’autre alternative que de  réaliser son plus cher désir et tant pis si sa famille, inquiète, n’approuvait pas sa décision. Sa vie serait  pour toujours consacrée à son art : la peinture.
Par delà le temps, sa grand- tante Léopoldine lui  avait clairement tracé le chemin.
Patricia

1/ Histoires croisées

Créer 2 personnages différents sur une feuille. Puis donner la feuille à son voisin de droite.

SDF-parc

Grand, maigre, affublé d’un vieux jean, d’un teeshirt qui avait été blanc dans une vie antérieure et de vieux baskets éculés, Rémy Blanchard n’avait, à 42 ans, pas de domicile fixe et dormait, le plus souvent dans l’abribus du village. Quand sa propre odeur venait à le gêner, il se faufilait dans les sanitaires du camping pour une douche sommaire, profitant, si l’occasion le permettait, d’un vieux bout de savon abandonné.
Ce jour là, la mine sombre, il circulait, comme à son habitude, dans le parc municipal qu’il considérait un peu comme sa propriété puisqu’il y déambulait quotidiennement depuis 15 ans.
Mathurin Bonduel , blondinet grassouillet de 16 ans, ayant comme seul atout deux yeux verts qu’une myopie adoucissait, avait décidé, une fois de plus, de faire l’école buissonnière. Cancre il était, et cancre il resterait ; c’est ce que disaient les profs du collège, alors, pourquoi les contrarier ? Pour qui d’ailleurs, aurait-il fait un effort ? Pas pour ses géniteurs en tout cas. Il leur en voudrait toute sa vie pour l’avoir affublé d’un prénom désuet et d’un patronyme ridicule. «  MATHURIN » !  Quelle horreur ! ça sentait la campagne, le fromage de chèvre et le purin. Quand à «  BONDUEL » …Il en avait assez bavé avec tous ces sobriquets ridicules qu’on lui serinaient depuis la maternelle : «roi des petits pois», «haricots-nigaud», «la conserve» etc.
En ce mardi, son errance le mena vers le parc. Mâchouillant un chewing gum insipide, il remonta nonchalamment l’allée principale et s’affala sur un banc, nez au vent, le regard vide. Encore une journée sans intérêt où rien ne se passerait… C’est alors qu’il aperçut, non loin de lui, un  homme qui marmonnait et gesticulait curieusement. L’individu était-il pris de boisson ou était-il tout simplement dérangé ? Toc toc quoi ! En se rapprochant, Mathurin reconnut l’énergumène. Petit, on l’avait mit en garde contre ce grand escogriffe dont il fallait se méfier car «il mangeait les  enfants». A présent, sa qualité d’ado ne lui permettait plus de donner foi à ces boniments destinés à museler les petits quand on est à bout d’arguments.
Bien qu’un peu effrayé, il voulu jouer les durs et décida d’aborder Rémy Blanchard. Il s’y prit de la plus subtile manière… se moqua ouvertement du pauvre homme,  imita ses vociférations en pimentant son discours de quelques injures bien senties : enfin ! il se sentait un homme ! Mal lui en prit car pour Blanchard, schizophrène avéré, les limites étaient bien incertaines… La confrontation tourna vite au pugilat mais aucun passant ne put en témoigner car, à cette heure, tous vaquaient à leurs occupations.
Ce n’est que le lendemain qu’un passant découvrit, derrière un buisson, un petit tas gémissant, couvert d’ecchymoses. Appelé en urgence, le SAMU emporta notre héros dans un concert de sirènes.
Dans son esprit embrumé, Mathurin se dit que le paradis était encore plus bruyant que sa maudite salle de classe. Ce fut sa dernière pensée avant de sombrer dans une bien heureuse inconscience.
Patricia

publicite-au-cinema1

Ce jour-là, Pierre Ruben, vingt ans, étudiant en 2ème année de droit décida de faire l’école buissonnière et d’aller au cinéma. Il ne savait pas pourquoi, car il était toujours assidu aux cours. Il n’aimait pas en rater un et boursier, ne pouvait pas se permettre d’être absent sans raison, sous peine de voir sa bourse supprimée. Il avait vraiment envie de réussir dans la vie et de devenir un célèbre avocat. Sûr que sa vie n’avait pas toujours été rose. Son père était décédé dans un accident de voiture alors qu’il n’avait que cinq ans. Sa mère et sa grand-mère l’avaient élevé dans un petit village du midi. Il avait été couvé, protégé, mais pas gâté, le maigre salaire de sa maman, maitresse à l’école du village ne permettant aucun écart. Sans savoir pourquoi, donc, il se dirigea vers les grands boulevards et les cinémas pour la séance de 14 heures. Quand il vit l’affiche, il sut tout de suite pourquoi ses pas l’avaient porté là : il repassait un film qu’il avait toujours voulu voir, « Le grand bleu ».
Rose Cormier, dix ans, élève en classe de 6ème,  en avance pour son âge,  savait que sa prof de français était absente ce jour-là et plutôt que de rentrer chez elle, comme à son habitude, en bonne petite fille modèle qu’elle était, décida, elle aussi d’aller au cinéma. Elle n’y avait jamais été seule et ne savait pas si elle saurait demander un ticket sans trahir sa peur d’avoir fait quelque chose d’interdit. Car sa maman lui disait toujours qu’elle ne devait pas trainer dans la rue, pas parler à des inconnus, ne faire confiance à personne… Mais ce jour-là, il y avait « Le grand bleu » à l’affiche et elle, qui avait toujours voulu être une sirène ne résista pas.
Il y avait peu de monde qui faisait la queue, on était en semaine et les spectateurs ne se bousculaient pas aux séances de 14 heures.
Rose avait cassé sa tirelire et comptait péniblement ses pièces quand un jeune homme la bouscula. Elle le trouva beau bien que très vieux… Au moins vingt ans ! Il était très grand, brun aux yeux bleus, des traits réguliers, et la petite cicatrice qu’il avait sous l’œil gauche l’intrigua. Par contre, elle ne le trouva très sympathique. Elle se dépêcha donc de faire l’appoint et se dirigea vers les pop corn. Car pour elle, impensable d’aller au cinéma sans pop corn caramélisés à grignoter. Le jeune homme de tout à l’heure, plus rapide, la devança… Lui aussi prit des pop corn.
Tous deux se retrouvèrent, par on ne sait quelle magie, assis côte à côte. Pierre était à la fois exaspéré et charmé par cette petite fille si bien habillée avec ses nattes bien coiffées et ses grands yeux verts perpétuellement surpris. Elle était si petite, si seule, semblait si timide, mais pourtant résolue. Il osa l’aborder :
-  Tu viens souvent seule au cinéma ?
-  Oh non, c’est la première fois, mais ce film là, je ne pouvais pas le rater.
C’était exactement ce qu’il pensait. Le film commença et ils furent très silencieux, l’un et l’autre, leur silence ponctué cependant du petit craquement des pop corn. Pierre n’avait pas l’habitude de ce silence, sa copine Elisa, ayant la mauvaise habitude de toujours tout commenter. Lorsque le générique apparut, ils avaient tout deux des lumières dans les yeux, se regardèrent et se sourirent. Contre toute attente, il se surprit à lui dire :
- Tu sais, la semaine prochaine, il y aura le premier tome du « Seigneur des Anneaux »… Tu viendras ?
Fabienne

Marcel BLONDEAU connaissait par cœur les dates de naissance de ses enfants et de ses petits-enfants.
En bon informaticien qu’il était, il s’était créé des alertes sur son ordinateur pour anticiper les achats de cadeaux et envoies de cartes électroniques.
Il occupait son temps libre sans s’ennuyer une seconde.
Fraîchement divorcé,  il réservait son temps libre aux retransmissions sportives sur les chaînes câblées spécialisées et aux jeux vidéos qui le passionnaient comme un gamin. A l’approche d’un anniversaire familial, il était à l’affût d’idées de cadeaux à offrir à sa descendance.
Comme celui de son troisième petit-fils approchait, il décida de se rendre en centre ville un samedi après-midi pour faire les magasins.
A peine garé sur la place du marché, son attention fut attirée par une nouvelle boutique à la façade fraîchement peinte de gros pois verts sur fond blanc. L’enseigne annonçait : « le monde des gadgets. Maison Marianne LEGRAND ».
Poussé par la curiosité, il franchit la porte d’entrée, et fut accueilli par un carillon.
A l’entrée, sur la gauche, un petit comptoir encombré de babioles,  et derrière le comptoir : la plus jolie créature que Marcel BLONDEAU avait jamais rencontrée lui offrait son plus beau sourire.
«  Bonjour Monsieur, bienvenue ! Je vous en prie, faites le tour, du magasin et si vous avez besoin d’un renseignement, je suis à votre disposition. »
Toute petite, rondelette, ses cheveux blonds retombaient en boucles sur ses épaules. Sa voix était douce, et quand elle croisa le regard de Marcel BLONDEAU, elle se sentit elle aussi toute chamboulée.
Devant elle, se tenait un grand et bel homme moustachu à l’allure sportive (il lui dira plus tard qu’il avait été footballeur amateur), mais aussi un peu intellectuel avec ses lunettes.
Ce client ne la quittait pas des yeux, il était comme en état de sidération.
Marianne LEGRAND se sentait gênée, mais quand même flattée. Cela faisait longtemps que son concubin, François LEBON, ne l’avait pas déshabillée ainsi du regard ! Pourtant, elle ne répondait pas aux standards de la beauté classique. Mais elle était si appétissante, si fraîche, et il se dégageait d’elle comme une sorte de douce nostalgie.
Elle était entourée de gadgets de toutes sortes, du vintage, comme des  créations plus récentes, inutiles, ou amusantes, bref : un univers à part.
Le  matin, quand Marianne quittait son compagnon retraité de la fonction publique, elle oubliait la morosité de son quotidien, entre une mère étouffante, qui la réclamait tous les jours,  le souvenir de son père décédé d’un terrible cancer, trois mois auparavant, et le regret de n’avoir jamais eu d’enfant.
Ce client tombé du ciel allait faire son bonheur : elle en était aussi certaine qu’après l’hiver vient le printemps.
Et elle ne s’y trompa pas. Même si Marcel BLONDEAU lui confia deux jours après leur première rencontre devant un café qu’il n’avait pas que des qualités (son caractère sanguin n’était pas le moindre de ses défauts),  elle sentait qu’il avait un bon fond.
Il l’aida à s’évader de sa prison dorée, cette boutique où elle se réfugiait jour après jour, pour l’emmener se promener dans la campagne, et lui redonner le goût de la photographie qu’elle avait tant pratiquée dans sa jeunesse.
Deux mois après leur première rencontre, Marianne LEGRAND fit le grand saut : elle quitta François pour Marcel, et ne le regretta pas.
Quant à Marcel, il délaissa les jeux vidéos et les actualités sportives pour fréquenter assidument la boutique « le monde des gadgets », entre deux câlins dans les bras d’une adorable et gironde blonde.
Marie-Pierre BEAULIER

17 avril, 2015

Atelier du lundi 13 avril 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 15:36

SONY DSC

1/ On tire les dés. Chacun écrit son histoire avec les symboles

La vieille tortue regarda longuement son ami le poisson perroquet. Il habitait dans un groupe de belles patates colorées, nichées au pied d’une vieille tour en pierre du XVème siècle. Tous les ans, la tortue revenait pondre sur la plage voisine et les deux amis se racontaient les derniers potins avant de se séparer à nouveau.
-  Tu sais l’ami, c’est mon dernier voyage soupira la tortue.
-  Ne dis pas ça s’insurgea le poisson !
-  Oh si ! Je suis vieille et fatiguée. Je n’ai plus la force de monter sur la plage pour pondre en admirant les étoiles filantes. Bientôt il me faudra une canne !
Le poisson s’agita et se cacha pudiquement derrière un madrépore, le temps d’essuyer discrètement une larme. C’est vrai que son amie semblait à bout songea-t-il en regardant pensivement une bulle d’air s’échapper de ses narines et s’envoler tranquillement vers la surface.
-  Mais l’avantage de mon grand âge reprit la tortue, c’est que j’ai appris plein de choses qui pourraient aider mes congénères dans leurs grands voyages. Tu sais ! Je suis plus vieille que ces lointaines pyramides dont les humains parlent tant !
Le poisson n’avait jamais vu de pyramides ni même entendu parler les humains. Mais il avait énormément de considération pour les tortues, ces êtres uniques qui relient le monde sous-marin au terrestre et il comprit l’importance de ce qu’elle disait.
- Je vais écrire un livre s’exalta la tortue ! Il racontera tout ce que je connais à ceux qui comme toi ne voyagent pas. Je te ferai découvrir le monde et apprendrai à tous comment éviter les innombrables pièges qui jonchent les océans.
Le poisson qui ignorait le sens du mot livre, car reconnaissons qu’il en circule fort peu sous les mers, acquiesça vigoureusement à cette étrange idée ; on ne contredit pas un mourant.
Le souffle de son amie s’amenuisait à vue d’œil et puis s’arrêta. De ses nageoires aussi délicates que les pages d’un livre, le poisson effleura tendrement la grosse carapace avant de se cadenasser dans sa grotte pour pleure en paix.
Mireille

f2llce3m

Ce soir, c’était papa qui me racontait une histoire pour m’endormir. Il prit un livre au hasard dans ma bibliothèque et l’ouvrit. Je reconnus le livre, c’était les fables d’Edmond PLEINVIN. Papa commença à lire la fable de Vieille Tortue et Némo le Poisson.
Il était une fois Némo, le poisson rayé, qui vivait dans un amas de coraux en forme de pyramide, dans la passe des courants d’air en mer de Chine. Némo cherchait tout le temps son fils Fugueur.
Ce jour-là, il ne dérogea pas à la règle. Il partit tel une étoile filante vers la patate-ville, appelée Cadenas car elle en avait la forme, chercher son fils ingrat. Il fit et refit le tour de Cadenas sans trouver ce fils indigne.
De colère, il lâcha une bulle d’injures et d’interrogations pour savoir où il pouvait bien se cacher. La bulle passa à cet instant au-dessus de lui  et rebondit sur Vieille Tortue  qui  sortait de son immeuble de retraités. Malgré sa canne, elle perdit l’équilibre et se retourna à cause du courant. Némo se dépêcha avec ses nageoires de remettre sur ses quatre fers Vieille Tortue, considérée comme le sage de la communauté de Cadenas. Celle-ci, vexée, lui assena un coup de Canne que Némo évita, pendant qu’il s’excusait platement.
Il lui demanda ensuite si par hasard elle avait vu Fugueur, son fils, sachant que Vieille Tortue ne voyait plus grand-chose. Elle lui répondit tout de même qu’elle lui avait semblé apercevoir son chenapan de fils rentrer chez eux.
Je savais que papa inventait l’histoire et ne suivait pas la fable mais celle-ci m’amusa et je le laissais continuer pour connaître la fin.
De ce fait, penaud, Némo remercia Vieille Tortue et repartit chez lui. En entrant dans sa maison-Pyramide, son fils rangeait les courses et lui dit :

-        Regarde papa, j’ai fait les courses comme tu me l’as demandé et là je les range.

Heureusement qu’ils vivaient dans l’eau sinon Fugueur aurait vu son père pleurer de joie.

Moralité : un chenapan fugueur peut cacher une bonne âme serviable comme les petits garçons colériques.

Papa conclut l’histoire par un clin d’œil.
A cet instant, j’ai su que papa m’aimait, comme maman, mais je ne devais pas abuser non plus de leur patience.
Arnaud

 

530447050_small

John était un archéologue reconnu. Il effectuait une mission sur une pyramide méconnue et encore préservée. Il n’avait pas été facile d’obtenir des budgets pour cette mission que tout le milieu considérait comme mineure. Mais John savait qu’il allait mettre à jour des trésors ignorés. Il avait eu entre les mains un vieux manuscrit trouvé au hasard d’une brocante. Un manuscrit d’une valeur inestimable qui décrivait avec tant de détails la pyramide oubliée que c’en était troublant. Il avait défendu son projet bec et ongles devant l’assemblée de sages, dans ce grand immeuble de la banlieue de Zurich. Il avait dû faire preuve de beaucoup de persuasion, face à l’assemblée pour avoir les subsides, mais ne pas trop en dire pour ne pas déflorer son incroyable projet. Ce ne fut pas facile, certains restèrent muets comme des carpes, d’autres préférèrent adopter la tactique de la tortue : rentrer la tête en attendant un décision finale. Enfin, le président, s’appuyant sur sa canne énonça la décision finale. Trois mois !!! On lui laissait trois mois. C’était mieux que rien…
Il avait mis un mois, malgré tous les détails, pour enfin trouver la pyramide. Elle était vraiment particulière. John n’avait jamais vu ça : elle était construite à l’envers. Il avait aussi fallu beaucoup de temps pour percer les secrets de l’ouverture. Il avait réfléchit sans cesse aux plus grandes énigmes, les tournant et retournant dans sa tête… Et puis il avait eu une illumination !
Il venait de recevoir un télégramme lui enjoignant de terminer au plus tôt ses fouilles car jusque là rien n’avait été trouvé.
Mais lui savait qu’aujourd’hui, il allait enfin ouvrir le tombeau. Mais était ce un tombeau ?  Allait il enfin trouver les richesses promises ? Lui savait bien que ce qu’il allait trouver allait changer radicalement l’avenir de la race humaine !
Fabienne

2/ Histoire commune

On tire les dés, et chacun donne un élément d’une histoire commune

Me voilà parachuté sur le sol. J’arrive directement de la lune et je jette un regard alentour pour découvrir ce nouveau monde. Il y avait une lumière flamboyante. Etait ce le feu ? Peu importait, c’était tellement beau que je me mis à sourire. Peut être étaient ce des scarabées lumineux, tels des lucioles ? Il faudra bien pour repartir que j’embarque sur une étoile filante pour sortir de ma bulle. Et c’est là que Rititi, l’extra terrestre me réveilla.

3/ Histoire  au fil de l’eau

Une phrase de début est donnée, puis toutes les trois minutes, des phrases obligatoires sont à insérer dans votre texte :

1 – La journée commença de façon prometteuse
2 – Une sonnerie persévérante à la porte interrompit Mélanie alors qu’elle était en train de passer l’aspirateur
3 – Dans ses moments de faiblesse, elle était prête à le faire, alors qu’elle savait que c’était impossible
4 – N’importe comment, cette histoire n’a jamais existé

La journée commença de façon prometteuse. Et je m’octroyais un bon petit-déjeuner sur la terrasse inondée de soleil, en pensant à mon programme de la journée. Puis je filais sous la douche avant que la femme de ménage arrive. Une sonnerie persévérante à la porte interrompit Mélanie alors qu’elle était en train de passer l’aspirateur.
Elle éteignit la bruyante machine et ouvrit pour se retrouver face à la pouffiasse dont s’encombrait son patron. Mélanie aimait secrètement cet homme raffiné et haïssait cette poupée Barbie qui l’empêchait d’atteindre son objectif. Elle aurait voulu la tuer ! Dans ses moments de faiblesse, elle était prête à le faire alors qu’elle savait que c’était impossible. Quel dommage !
Mais après tout, sous la douche il n’aura pas entendu la sonnerie. Alors Mélanie claqua la porte au nez de l’intruse avec un sourire venimeux. L’autre ferait un scandale, exigerait son licenciement mais Mélanie savait se défendre. N’importe comment, cette histoire n’a jamais existé, mentirait-elle effrontément. Son patron finirait par la croire et renvoyer la folle. Il la prendrait dans ses bras et l’entrainerait enfin dans son lit !
Mireille

La journée commença de façon prometteuse. Les patrons étaient partis et Mélanie s’accorda d’emblée une pause pour boire un bon café et fumer sa première cigarette. Au bout d’une demi heure, elle se mit enfin au travail et commença par ouvrir les fenêtres pour aérer.
Une sonnerie persévérante à la porte interrompit Mélanie alors qu’elle était en train de passer l’aspirateur. Elle alla ouvrir, perplexe… Qui pouvait bien arriver ? C’était Riton, son mec, alcolo et fainéant notoire qui lui demanda encore du fric. Elle ne savait plus quoi faire… Peut être pourrait elle voir du côté des bijoux de la baronne… Elle avait toujours eu envie de les prendre, les garder pour elle… Pourquoi n’aurait elle pas elle aussi droit à un peu de luxe ?
Dans ses moments de faiblesse, elle était prête à le faire, alors qu’elle savait que c’était impossible. Et oui, elle était désespérément honnête. Et puis elle savait bien que n’importe comment, cette histoire n’a jamais existé.
Fabienne

 

15 avril, 2015

Samedi 11 avril 2015

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:38

images

Participation de l’atelier d’écriture à la journée mondiale des parkinsoniens à la Maison de la famille

Ecrire une acrostiche selon l’exemple ci-dessous :

Pauvre petit homme qui marche à petits pas
A corps perdu dans la vie et se perd
Rattrapé soudain par cette maladie
KO, tu étais ko quand on te l’a annoncé
Ivre de désespoir, tu as cru que c’en était fini
Nul ni personne ne pourrait t’aider
Seul, tu as voulu rester seul… et en finir
Oubliant ce que l’amour peut apporter
N’y croire que parce que l’autre est là, malgré tout.
Fabienne

Petit à petit, tu as grignoté ma vie
Alors que j’étais le roi du monde.
Résister fut mon seul défi
Ko, je ne suis pas resté longtemps
Imédiatement debout
Non, tu ne m’auras pas du tout
Saloperie de maladie !
Oublie moi un peu car devant toi
Nous serons à nouveau les rois.
Collectif

invité2-613x161

Ecrire un texte avec 4 mots obligatoires :

 Affection – trouble – lenteur – bien-être

Miss Parkinson, je me passerais bien de ton affection. Dans mon espace intra-neuronal, tu as semé le trouble. En voyant ma lenteur, le docteur m’a lancé : « c’est foutu le bien-être ! ».
Cette affection qui entraine bien des troubles sera terrassée par un pilou-pilou rédempteur.
Collectif

J’ai été très affectée par cette affection si peu affectueuse à mon égard. Je suis troublée par tous ces troubles qui m’assaillent et me troublent la vue.
Maintenant, je me hâte avec lenteur… C’en est fini de mon bien-être.

 

Prisonnier de mon corps

Je suis prisonnier de mon corps
Comme un bagnard, un condamné à perpet, entravé par un boulet
Comme un Robinson sur son île avec Parkinson en guise de Vendredi
Comme victime d’un séisme, je suis envahi par le tremblement.

Tu es en moi comme seul interlocuteur, je te vis comme une injustice.

Et pourtant, je suis libre dans ma tête !
Collectif

8 avril, 2015

Samedi 21 mars 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:51

aff21 aka

Vous avez jusqu’au 17 avril pour voir l’exposition MOTS MATIERES de l’artiste AKA (textes de l’atelier d’écriture)

p2

p110411096_457823517699964_1385917800874375228_n

 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds