Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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16 décembre, 2014

Atelier du 15 décembre 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:29

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En ce dernier atelier d’écriture de l’année, je vous souhaite à tous, chers amis, de très bonnes et très joyeuses fêtes de fin d’année !!!
Nous nous retrouverons le lundi 12 janvier à 17h30 à la Maison du Livre.

Devoir : les chemins de cantilène

Seul, j’irai par les  chemins de Cantilène,
Oubliant mes racines et guidé par la haine.
Je franchirai les cols des plus âpres montagnes
Vivifié par le froid, soutenu par ma hargne.
D’or et d’argent sonnants, mes poches seront pleines,
Pour payer le tribut au seigneur de la plaine
Qui, en geôle, détient ma douce souveraine,
Qui, en geôle, détient celle qui était mienne.
Pour elle, je bannirais mon toit, ma parentèle,
Pour elle, je brûlerais villes et citadelles.
S’il arrivait céans qu’un malheur lui advienne,
Que je perde à jamais mon amour et ma reine,
Je le jure par ma foi, je le jure par ma peine,
Le sang de ce seigneur coulerait aux fontaines
Et moi, je hanterais, pour toujours, Cantilène.
Patricia

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Les chemins de cantilène
Pour aller où la vie nous mène
Savoir pourquoi on est là
Et faire ce que l’on doit

Les chemins de cantilène
Pour aller où la vie nous mène
Savoir aussi d’où l’on vient
Pour créer ses lendemains

Les chemins de cantilène
Pour aller où la vie nous mène
Transmettre à ses enfants
Ce que la vie nous apprend
Fabienne

Mince ! Mais où est le symbole ? Il devrait être dans un rayon d’un pas. Il y en a toujours un à une fourche pour connaître le chemin à prendre. Je ne vois rien, ne trouve rien.
Ne me dites pas que ce n’est pas vrai ! Ne me dites pas que ce n’est pas vrai !
Que je me suis trompé dans un symbole. Que j’ai pas pris un dessin naturel pour une marque à suivre. Quel con !!!
Pffff ! Il n’y a plus qu’à rebrousser chemin et retrouver la marque officielle. Ce n’est pas facile de suivre le chemin de ‘quand il aime’ pour trouver cette satanée maison close.
Arnaud

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Je devais avoir cinq ou six ans. Ce soir -là, après que Soeur Marie-Christine eut éteint les dernières lumières du dortoir, j’avais fait semblant de dormir. Au bout de quelques minutes je m’étais glissée hors de mon lit revêtue d’un simple pyjama d’hiver. J’avais avancé dans le noir jusqu’à mon casier dans le couloir et j’avais revêtu un dufflecoat, une écharpe de laine et des bottes cirées noires.
Après avoir enfilé le tout le plus rapidement possible, j’avais descendu, en retenant mon souffle, l’escalier qui menait à la chapelle. J’avais depuis longtemps remarqué qu’elle restait ouverte  jour et nuit. Seule la porte qui se trouvait derrière la sacristie et qui donnait accès à la liberté était fermée. Mais j’avais repéré le crochet où le curé suspendait la clé. La petite chapelle était éclairée par la lumière vacillante des cierges autour des statues saintes. En cette période, la jolie crèche, où reposait l’enfant Jésus, était également illuminée. Je m’arrêtais un instant pour faire une petite prière et demander au bébé joufflu de m’apporter son aide dans ma fuite.J’avais décidé de me sauver de cet orphelinat où je résidais depuis la mort de mes parents. Je ne supportais plus l’ambiance sévère et morose qui y régnait.
Avant sa mort, ma mère me parlait souvent des « chemins de cantilène » qui menaient, disait-elle, à une merveilleuse petite ville qui accueillait chaque année le plus beau marché de Noël qu’on puisse imaginer. J’avais donc attendu que revienne cette période magique de l’année pour concrétiser mon projet d’évasion.
J’étais donc là à courir dans le noir, aussi vite que me le permettaient mes petites jambes. La nuit était froide, mais bien éclairée par la pleine lune et toutes les étoiles qui scintillaient comme pour m’encourager. Après quelques kilomètres, comme si un ange gardien veillait sur moi et m’accompagnait dans ma recherche, j’aperçus un grand panneau qui indiquait « les chemins de cantilène ». Il se trouvait à l’entrée d’une jolie petite ville où toutes les maisons étaient somptueusement décorées et brillaient de mille feux en cette période de fêtes. Malgré la nuit, la ville ne dormait pas. Les familles déambulaient, les enfants riaient et chantaient en savourant de délicieux chocolats chauds. Des petites cabanes étaient alignées le long des trottoirs et l’on pouvait y apercevoir des commerçants enveloppant de jolis cadeaux que les parents achetaient joyeusement.
Une belle dame blonde qui ressemblait étrangement à ma mère s’approcha alors de moi. Elle tenait dans ses bras une magnifique poupée de porcelaine, semblable à celle dont j’avais toujours rêvé. « Que fais tu là petite, seule dans la rue, à une heure aussi tardive ? ». Je lui racontais brièvement mon histoire et lui dis en pleurant que je ne voulais plus jamais retourner dans cet horrible orphelinat. « Tiens me dit-elle, prend cette poupée, je te la donne. Je l’avais choisie pour ma petite Sophie. Figure-toi qu’elle me réclame depuis longtemps une petite soeur que je ne peux lui donner. Alors viens avec moi faire sa connaissance. C’est peut-être la magie des « chemins de cantilène » qui t’envoie. Tu resteras dormir chez nous ce soir et si, comme je le pense, tout se passe bien, j’irai dès demain avec toi voir les soeurs qui dirigent ton orphelinat et je leur demanderai les démarches à accomplir pour t’adopter. »
Françoise

1/ Exercice : chacun choisit l’image qui lui plait et en fait une description précise.

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C’est une petite boutique dans un quelconque China Town d’un pays chaud, si petite que la vitrine est sur le trottoir. Chacun peut voir et toucher les articles présentés au premier plan. Curieusement, il n’y a que des bas : shorts, pantalons, jupes. Les mannequins n’ont donc que le bas, du dessus du nombril aux pieds. Ils sont rangés comme une armée en ordre de bataille. De droite à gauche, il y a un pantacourt gris, un pantacourt beige clair, un pantalon beige, un pantalon gris. Tous ces vêtements d’homme sont retenus par la même ceinture noire. Ils sont classiques et peuvent convenir à toutes les situations. Ensuite trois vêtements de femme : une espèce de jupe bleu clair qui se termine en pointe au-dessous du genou, un short rouge arrivant à mi-cuisse, agrémenté de poches jaunes et de motifs en losange. Le dernier article est un pantalon large, de fine cotonnade, resserré à la cheville. Les mannequins n’ont pas de chaussures. Au deuxième plan, un tiers dans la partie droite, le comptoir, où une jeune fille a l’air très affairée à vérifier des documents, peut être la commande qui vient d’arriver. Son buste est dans le prolongement du pantacourt clair. Derrière elle sont empilées sur des étagères, des couvertures de couleur pastel, sous plastique. Deuxième tiers centre, un mannequin homme et femme, tous deux sans tête. L’homme porte un T-shirt gris et pantalon beige, la femme une robe de dentelle blanche, à manche courte. Au troisième tiers, des cintres superposés présentent des maillots de foot, aux couleurs de différentes équipes : fond bleu, bandes beiges, fond jaune, bandes rouges, fond marine, bandes blanches, fond rouge, bandes jaunes.

Plus tard, j’ai appris de mon ami Chen que la jeune fille était en fait une femme tronc et que chaque jour son comptoir glissait pour lui faire revêtir un bas différent pour chaque jour de la semaine.
Fabienne

10 décembre, 2014

Atelier du 8 décembre 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:09

Dans les jardins de la Maison Célières (La Maison du Livre), nous avons fêté ce soir le départ de Juana Maria et Alain qui vont nous quitter pour de nouvelles aventures.

Les photos seront éditées dès qu’elles seront disponibles.

Et comme c’est bientôt les fêtes…

1/ Exercice : Ecrire sous la forme d’un conte sur « Le Père Noël a disparu ».

teasing_noel

« Le Père Noël a disparu ». A trois jours de Noël…
Mais où peut il être ? En cette période où il devrait être partout à la fois, on ne le trouve nulle part. Et il faut bien se rendre à l’évidence. Le Père Noël a disparu !!! On l’a cherché partout : dans sa chambre, croyant à une subite fatigue, dans les recoins de l’atelier où il pourrait vérifier les dernières commandes, dans l’étable où les rennes, impatients commencent à taper du sabot, dans son bureau où il aurait pu être en train de lire les dernières lettres. Mais non ! Il est nulle part ! Alors un vent de panique souffle sur ce village du grand nord. Que faire ? Comment faire ? Comment tout coordonner et surtout, qui va distribuer les cadeaux ? Après le grand vent de fébrilité, un énorme silence suit… où chacun essaye de trouver une solution. Le Père Noël avait déjà avancé dans son travail et dans son bureau, on vient de retrouver une ébauche de son parcours. Quelques annotations permettent aussi de savoir quel cadeau distribuer. Mais comment faire avec les rennes qui n’obéissent qu’à sa voix ? Comment contenter en une nuit tous les enfants de la terre…
Et soudain, Petit Pierre, le dernier des lutins se souvient.
- Samedi soir, je l’ai trouvé très triste… Il m’a parlé un peu… Et vous savez bien qu’il ne parle pas beaucoup de lui. Il m’a parlé de sa grande fatigue, mais surtout de sa solitude… Tous sont suspendus à ses lèvres.
« Et alors ???? »
- Ben alors, je lui ai conseillé d’aller sur un site… de rencontre… mais c’est pas facile, par chez nous. Et je n’en sais pas plus…
Petit Jean, un lutin très féru en informatique décide d’aller voir dans l’ordinateur du Père Noël et fait une découverte incroyable… Le Père Noël a tchatté avec une dame… Il lui a même donné rendez vous derrière l’étoile du nord. Mais ça fait déjà trois jours. Qu’importe, tous décident de se rendre derrière l’étoile du nord et puis, on verra. Aussitôt dit, aussitôt fait… Mais bien sûr, derrière l’étoile du nord, point de Père Noël ! Que faire ? Les lutins aperçoivent un vieux monsieur qui balaie et l’interrogent.
« J’ai vu, il y a trois jours, un singulier personnage, vêtu de rouge et de blanc, avec une dame, très jolie, vêtue de blanc et rouge et tout deux se sont dirigés vers l’hôtel du Grand Nord. ».
Doit on interrompre là la romance du Père Noël ? Sans aucun doute car c’est un cas de force majeure.
Tous se dirigent alors vers l’hôtel où la tenancière fait quelque difficulté à divulguer l’identité de ses clients dans un établissement si correct.
Mais à peine ont ils pu obtenir le nom de l’illustre personnage que celui ci sort, le sourire aux lèvres en leur disant « mes chers amis, je vous présente la Mère Noël qui va désormais me seconder dans ma grand tâche » ! Le Père Noël a enfin trouvé l’âme sœur et tous applaudissent à cette nouvelle !
Fabienne

C’est le 23 décembre et la petite Marie est triste, très triste. Ses parents lui ont dit que le Père Noël venait de disparaitre et que, vraisemblablement, il ne pourrait pas y avoir le distribution de cadeaux pour la nuit prochaine.
Marie est triste mais pas à cause de la disparition du Père Noël auquel elle ne croit plus, mais parce que ses parents, au chômage n’ont plus d’argent.
Fabienne

Devoir : Nuit d’ivresse

Léo nous a envoyé, de la lointaine Frônce un très beau texte qui nous a tous émus :

femme-depitee-bureau

Mon esprit s’égare, mon corps demeure
Je reste figé devant l’écran
Mon visage éclairé par la pale lueur
Je pense à mes amis d’antan

Les verres se vident depuis des heures
L’ivresse me prend
Et de mes souvenirs surgit la douleur
Comme une douce blessure qui coule lentement

Et pourtant je suis heureux
La nostalgie est un étrange sentiment
Je me rappelle chacun d’entre eux
Et revit dans ma mémoire chacun de ces moments

Le passé défile devant mes yeux
Dans l’alcool mon esprit sombre
Des images dans mon esprit brumeux
Sur mon clavier les larmes tombent
Léo Paul

 Souvenir de notre jeunesse
Notre première nuit d’ivresse
Nos deux corps liés à jamais
Déjà on savait qu’on s’aimait

A l’aube de nos seize ans
Nous étions les plus grands
Les plus forts des géants
Sur terre les plus beaux amants

Nos deux corps enlacés
Par cette nuit d’ivresse bouleversés
N’arrivaient plus à se quitter
Comme deux pôles aimantés

On s’aimerait toujours
Des nuits d’ivresse il y en aurait tous les jours
On y croyait dur comme fer
La vie nous semblait si claire

Et puis il y eut cette nuit
Où tu roulais sous la pluie
Ta moto quittait la route
Et je restais seule l’âme en déroute
Françoise Ravelli

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NUIT D’IVRESSE OU DELIRIUM (PAS SI MINCE QUE CA !)

La chaise était inclinée, tout comme la table et les meubles, d’ailleurs… quant au lit, il n’arrêtait pas de tourner. Pire qu’un manège, à m’en donner le tournis…
Mes amis de l’atelier d’écriture venaient tout juste de partir et il semblait qu’un apprenti sorcier s’amusait avec mon mobilier !
J’avais soif ! Mais je n’arrivais pas à ouvrir la porte du frigo qui faisait de grands mouvements. A droite, à gauche, à droite, à gauche… Fallait être plus maline qu’elle et la choper par surprise. Ça y est, je l’avais ! La tenant fermement par la poignée pour qu’elle arrête ses balancements, je luis chuchotais des mots doux pour la dompter et hop ! Je l’ouvris prestement pour y prendre une canette. Heureusement, je savais toujours à quel endroit précis étaient les canettes. Je ne les rangeais jamais au hasard. Je refermais cette porte tout aussi rapidement, mon butin bien serré contre moi, car maintenant, c’était le plancher qui faisait des siennes. On se serait cru sur le pont d’un navire, par grosse tempête. Me tenant contre les murs, je remontais la coursive pour atteindre le canapé. Il  se trouvait au milieu de la pièce et je devais faire quelques pas dans le vide. J’attendis quelques secondes pour bien m’imprégner du roulis : toutes les sept vagues, un grosse vague, puis une moins grosse, et enfin, une petite…

Un, deux, trois, je me lançai pour me jeter sur le canapé. C’était pas si mal que çà, mais j’étais tombée à genoux, me cognant le menton contre l’accoudoir en bois massif. Un goût de sang envahit ma bouche. J’escaladai vite pour me mettre à l’abri. Il n’aurait plus manqué qu’un requin passe par là….
Heureusement, je n’avais pas perdu ma bière et, après l’avoir ouverte, m’apprêtai à la déguster. Zut, j’avais oublié le roulis et en renversai la moitié…
Je mis fermement ma bouche autour du goulot pour la terminer. Çà faisait du bien ! Mais j’aurais dû le prévoir, j’eus aussitôt une irrépressible envie de pisser.
Pour ne prendre aucun risque, je décidai de rejoindre la salle de bain à la nage, car j’avais pied. Par temps calme, elle n’est pas si loin que çà du salon, mais avec un vent contraire, ce fut une autre affaire. Un moment, je fus tentée de faire pipi dans la mer, mais non, que diable, un peu de tenue !
J’arrivais épuisée aux toilettes. J’eus à peine le temps de souffler. Voilà déjà que je les empoignais à deux bras pour ne pas qu’elles s’éloignent et tentai de me relever. La manœuvre était délicate car, sitôt debout, il fallait aussi sec se retourner et s’asseoir.

Au prix d’immenses efforts, je me mis donc debout, et là… grand noir !

Ce n’est que le lendemain matin que je m’aperçus, nageant cette fois-ci dans le vomi et l’urine que ma tête avait cogné contre un tas de bouteilles vides.
Fabienne

 

Atelier du 1er décembre 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:39

1/ Exercice : écrire une histoire sur le tableau d’Edouard Manet, « Le déjeuner sur l’herbe »
(1863)

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Quand je les ai découverts dans la clairière,  ces quatre individus, ma première réaction a été de me cacher derrière les bosquets.
J’étais très gêné par la présence des deux jeunes femmes, surtout celle qui était assise à côté d’une corbeille de fruits.
Elle était complètement nue, et n’avait pas l’air d’avoir froid aux yeux.
J’aurais aimé pouvoir m’asseoir dans l’herbe à côté d’elle, discuter, rire et croquer dans une pomme en la regardant droit dans les yeux.
Au lieu de cela, je suis resté caché, j’ai sorti mon cahier de dessins, et j’ai griffonné la scène pour en graver le souvenir dans ma tête.
De retour à l’atelier, j’ai travaillé trois jours complets sur mon nouveau tableau.
Je n’ai modifié qu’une chose à la scène que j’avais découverte dans la forêt : j’ai fait tourner la tête à la jolie femme toute nue, comme si son regard m’invitait à venir la retrouver.
C’est mon rêve à moi : c’est plus beau que la réalité, car c’est un rêve, un fantasme qui ne se réalisera pas.
Juste une histoire d’amour qui n’a pas commencé et ne risque pas de mal se terminer.
Marie Pierre

« Si j’aurais su, j’aurais pas venue » !!!
Et puis si j’avais su, j’aurais bien lu les règles !!! Et puis l’autre là-bas derrière qui est en train de faire pipi, soit disant une copine, elle aurait pu me prévenir, j’en aurais mis plus, des fringues : le corset, la combinaison, le sous jupon, le jupon, le porte jarretelles, la jolie petite robe mauve, le chapeau, j’aurais tout mis ! Face à ces deux soit disant artistes… Juste des beaux parleurs, c’est tout… C’est pas que ça me gêne tant que ça d’être nue, mais si on m’avait dit avant, j’aurais fait durer le plaisir… Et puis pourquoi amener une cravache si ce n’est pour ne pas s’en servir ?
Ah ! Je me suis vraiment fait avoir pour mon premier streap poker !
Fabienne

2/ Exercice : La liane étrangleuse

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Elle s’appelait Liane. Elle était belle, très belle et s’était toujours servie des hommes pour assouvir son immense désir de richesses.
Saint Barth l’été, Avoriaz l’hiver, elle ne voyait de rivières qu’en diamants et ne parlait jamais de solitude mais de solitaire.
Elle choisissait longuement sa proie qui devait avoir du « répondant » pour quelques années…
Ensuite, ce n’était qu’un jeu d’enfant pour elle de se faire aimer. Aimer à en perdre la raison. Elle ne lâchait son gibier que lorsqu’il était exsangue, ruiné, au bord du suicide, pour aller en cueillir un autre.
Les héritiers la haïssaient. Les femmes des grands magnats la détestaient et priaient au fond de leur cœur pour que cette aventurière ne choisisse pas leur mari « en or ».
Et chacune s’accordait entre elles pour la surnommer : la Liane étrangleuse.
Fabienne

Alors que je n’étais qu’une petite pousse insignifiante, perdue dans l’immensité des profondeurs amazoniennes, je savais déjà que j’étais née pour tuer.
Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien.
C’était juste une certitude, comme un instinct de vie.
Au fur et à mesure que je grandissais, je me sentais de plus en plus forte, puissante, invincible. Rien ne pouvait m’arrêter.
La pluie, le soleil, l’humidité, me faisaient pousser de plus belle, jour après jour.
Aucun être ne pouvait m’approcher : j’étais inaccessible et protégée par mes voisines et complices. Nous étions enlacées, nouées, nous faisions bloc envers et contre tout.
Un jour, je ressentis une curieuse sensation : comme une caresse, tout le long de mon corps. La caresse devint griffe.
Puis,  un grand éclair de lumière et des grondements sous mes racines.
Tout se mit à tanguer autour de moi : mes voisines poussaient des cris de douleur,  elles s’accrochaient à moi, mais je ne pouvais pas les retenir.
A mon tour, je me sentis happée vers le ciel.
Je retombais lamentablement dans un camion-benne et finis comme mes voisines, sur le bûcher des vanités, celui de l’éradication de la nature par les hommes.
Marie Pierre

Elle poussait de 50 cm par heure : on la voyait avancer à vue d’oeil, c’était impressionnant ! Le vendeur m’avait bien recommandé de faire très attention : ne jamais, jamais la placer dans ma chambre, par exemple, ni près de mon animal domestique. Car elle aurait profité de notre sommeil pour nous enserrer inexorablement…
Son nom ? Liana offocatum, la liane étrangleuse. Je l’adorais, mais je m’en méfiais : je la taillais sans relâche pour la maitriser. C’était contraignant, bien sûr, je ne pouvais pas m’absenter pour la journée au risque de trouver en revenant une forêt inextricable. Mais après tout un enfant à nourrir toutes les trois heures est bien plus embarrassant…
Mon amant Gérard aimait faire la grasse matinée chez moi le dimanche matin, après nos ébats sportifs du samedi. Le jour où j’appris qu’il me trompait avec sa sécrétaire, une rousse incendiaire qui lui faisait sûrement des trucs que je ne connaissais même pas, je posai délicatement mon amie la plante à son chevet avant de sortir tranquillement pour faire mon jogging.

Et ce qui devait arriver arriva.
Huguette

 

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