Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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27 novembre, 2014

Atelier du 24 novembre

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:13

Textes écrits à la demande d’associations pour la journée internationale contre les violences faites aux femmes – Foyer wallisien, le 25 novembre 2014.Toutes-ces-femmes-battues-et-silencieuses_exact780x1040_pJeux la mat

Des perles de sueurs faisaient la course sur mon front. Mes mains chiffonnaient mes cheveux. Je stressais… Un peu… de la voir avancer son pion. Elle s’égara d’une demi-case.
J’ai eu tout le loisir de la victoire. Mon fou chavira sa reine. Je battais ma femme pour la première fois.
Vro

Au début, il était doux et me faisait des câlins crapuleux souvent. Il me caressait, me massait. Mais depuis que j’ai grossi, il est obligé de forcer ses câlins, ses caresses. De câlins, il est passé à des prises d’ours, des étranglements. De caresses, il est passé à coups de poings, de pieds aussi, parfois. Ne vous méprenez pas, c’est pour mon bien !
C’est nécessaire pour passer ma couche de graisse et atteindre ma chair. Pour le visage, ça va, il en est resté aux bisous, il n’a pas encore sauté le pas des coups de boule…
Arnaud

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Rosette était une femme battue, abattue, rebattue.
Des gnons , elle en prenait plein la poire, chaqu’soir, dès qui f’sait noir et qu’les voisins étaient chez eux, peureux, frileux, taiseux.
Son homme ? Une vraie armure, un dur de dur, une vraie ordure.
Plus elle pleurait, plus il cognait et quand ses yeux dev’naient tout noirs, il y voyait comme un espoir. L’espoir d’être un vrai mec, quelqu’un qu’on compte avec, pas comme sa mauviette de père, qui l’avait planté là, seul, avec la mère.
Rosette était une femme battue, abattue, rebattue, mais un soir, elle a dit : « assez ! ».
Elle a pris un couteau et l’a menacé. Dans ses yeux blessés, il a vu qu’c’était vrai.
Qu’un geste de plus et il était fait, qu’un geste de plus et elle s’en irait.
Alors désemparé, il a baissé son bras et la gorge serrée, c’est lui qui s’est tiré, histoire de calmer l’jeu et d’souffler un peu.
Demain s’ra demain et après…ben,  on verra…
Patricia

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Elle sortait aujourd’hui après trois semaines passées dans cet hôpital et pour la première fois, elle se sentait prête. Elle rentra chez elle en taxi, après tout, il pouvait bien lui payer ça. Arrivée chez elle, elle se doucha, se lava les cheveux, se coiffa, mis une robe qu’elle n’avait pas mise depuis longtemps car il la trouvait trop courte, trop décolleté, trop vulgaire. Mais elle, elle l’aimait beaucoup cette robe qui mettait en valeur sa silhouette. Elle se maquilla, chose également qu’elle n’avait pas faite depuis longtemps, se parfuma.
Les enfants arrivèrent de l’école à 17h30, si heureux de revoir leur maman enfin sur pied. Elle leur donna à goûter, leur fit plein de câlins et les amena chez Jocelyne, sa voisine. Jocelyne aussi fut contente de la revoir, elle la serra fort dans ses bras et lui dit : « Maintenant, tu dois faire quelque chose, tu ne peux plus rester comme ça ! ». Sans répondre, elle lui sourit, la remercia de garder les enfants et retourna chez elle l’attendre.
Elle attendit plus d’une heure. Elle avait mis le Boléro de Ravel à fond. Elle aimait bien cette musique qu’elle n’avait plus le droit d’écouter. Elle se servit aussi un bon verre de vin blanc, pris dans sa réserve. Sûr que ça allait lui faire un choc.
Puis elle entendit la clé dans la porte. Il rentra comme un fou en entendant la sono à fond. Le regard mauvais, les yeux injectés de sang, il se précipita vers elle, le poing en avant. S’arrêta, surpris de la voir si belle… Elle ne se souvient pas de ce qu’il lui a crié. Et d’ailleurs, le cri s’est étouffé dans sa gorge quand elle lui a fait une prise pour l’immobiliser. Ensuite, comme une machine, elle s’acharna à le rendre inoffensif, pleurant comme un bébé sur le tapis du salon. Le sourire aux lèvres, elle mit son pied sur la poitrine du tyran et fit un selfy avec son tout nouveau téléphone. Elle mettrait la photo sur Facebook pour ses amies qui l’avaient toujours soutenue. Puis, tranquillement, elle appela la police pour porter plainte contre lui. Surtout la jeune femme qui lui avait indiqué cette cellule d’arts martiaux réservée aux femmes battues, à l’hôpital !
Fabienne

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Il avait décidé d’emmurer sa femme.
Après des mois et des années à essayer de sortir de son emprise, c’était, lui avait il semblé le seul moyen de survivre.
Il a acheté deux sacs de ciment, 238 briques, du sable et rempli un réservoir d’eau. Puis, il s’est mis au travail.
Lorsque son œuvre fut finie, il avait élevé un mur haut de trois mètres, obstacle infranchissable, tout autour de sa conjointe allongée dans son lit.
Le problème,  c’est que, comme tous les hommes, il avait attendu tellement longtemps avant de mettre son projet à exécution, que sa femme était morte depuis déjà trois jours et que, loin de s’affranchir du pouvoir et de la main mise de celle-ci sur sa propre vie, il avait construit autour d’elle le plus beau mausolée qu’on ai vu de mémoire de mari aimant.
Et, non content d’avoir à en subir les avanies de son épouse de son vivant, il avait, à l’avenir, à supporter tous les compliments de la famille et des amis de son ex, convaincus que l’amour qu’elle lui avait porté avait été le ciment de cette belle construction.
On n’est jamais si bien desservi que par soi-même.
Diego

2/ Exercice : Si le monde entier avait les yeux rivés sur vous pendant trente secondes, quelle chose feriez- vous ou diriez-vous ?

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Une comète de plusieurs centaines de kilomètres venait de frapper notre planète. Je travaillais à la chaîne CNN depuis presque dix ans. Jour après jour, nous informions le monde entier sur les risques d’une telle catastrophe. Et puis cela était arrivé.
On n’évaluait pas encore l’ampleur des dégâts, ni quels pouvaient être les pays atteints et détruits.
En tout cas nos bureaux avaient été en partie épargnés.
C’était l’heure du journal international de 20 heures en direct. Le présentateur n’était pas là …..
peut-être mort ? Alors, subitement, je décidais de prendre sa place et je m’entendis soudain crier : « Georges Clooney, où que tu sois, si tu m’entends rejoins moi dans les locaux du journal TV de CNN. Je t’attends depuis si longtemps et nous n’avons plus rien à perdre !
Françoise

DEVOIR : un sandwich

1Il s’était fait toute une histoire de cet instant, il avait attendu avec impatience ce jour, ce moment, trépignant comme un enfant à la veille de Noël, pour ne finalement ressentir qu’un soupçon de joie…
Il avait d’abord volé le fusil chez un voisin. Il était sur la table de la cuisine, la fenêtre était ouverte… trop tentant…
Puis, il l’avait patiemment fait sien. Il avait d’abord scié le canon, puis l’avait décoré d’un dessin tribal. De sa tribu à lui, d’Ouvéa.
Ensuite, il l’avait caché dans le faux plafond de la salle de bain. Il avait attendu. Longtemps. Il ne se souvenait plus exactement combien de temps mais il ne fallait pas qu’on le soupçonne.
Et puis ce jour était arrivé et il s’étonnait de ne pas être plus excité, plus heureux. C’est très calme qu’il était allé acheté des balles à ailettes. Des balles qui font vraiment des dégâts lui avaient dit ses grands frères. « N’achète pas du petit plomb… Le petit plomb, on l’enlève avec une pince à épiler et il n’y a pas de cicatrices, c’est nul… Avec les balles à ailettes, où que tu touches, tu peux tuer ! ».
Il avait inséré deux balles dans le fusil caché dans son grand anorak et mis le reste dans la poche.
Il était arrivé en centre ville vers onze heures. Il y avait beaucoup de monde. Il regarda tous ces gens sans excitation, sans pitié non plus.
Tous des victimes possibles. Chaque passant pouvait y passer.
(La patience du diable – Maxime Chattam)
Fabienne

23 novembre, 2014

Atelier du 17 novembre – hors les murs

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:27

Atelier d’écriture du lundi 17 novembre 2014 à la galerie d’art

Sans titre

Exposition des œuvres de Henri CROCQ

1

Falaises

C’est une femme épanouie dans sa maturité sereine.
Elle est assise à terre, la tête légèrement inclinée.
Ses cheveux lisses et noirs encadrent son doux visage.
Tout en servant le thé, drapée dans une étole rouge, elle rêve…

Elle a vingt ans, cette maigre silhouette, c’est elle.
Mini jupe, bas résille et bottes de hussarde, elle danse.
Possédée par la musique, elle secoue son corps en transe.
Les bras levés, elle invoque le ciel et convoque les esprits.

Aujourd’hui elle se dit qu’ils l’ont entendue…
Huguette Montagne

Calédonie

Brune ma terre, chaude et nourricière
Où mes pas lourds signent la poussière

Rouge le flot mouvant brûlant mon corps,
Sang qui m’irrigue et me rend plus fort.

Noire ma peau, et la tienne, mon fils
Etendard que sans peine je hisse.

Mais blanche la colombe, cœur du tableau.
Ses ailes tendues sont un drapeau,
Ombre douce sur une terre nubile
Aux balbutiement encore fragiles.

Patricia Artigue

Les deux esquimaux pagaient désespérément dans leur minuscule canoë. La tempête de neige avance son blanc linceul et le village est encore si loin ! Les deux jeunes étaient partis pêcher par cette belle matinée d’hiver et cette tempête imprévue leur bloquait le retour vers la chaleur des tipis.
Blanche est la neige, blanche fume l’écume du fleuve déchaîné.
Et le sang rouge bouillonne dans les têtes des égarés. Arriveront-ils au village ou devront-ils se pelotonner comme des chiens sur la berge ? Au risque de mourir de froid ou de la trompeuse chaleur d’un estomac affamé.
Mireille Pandolfi

2

Mahina

Il y a toute une vie dans l’eau de l’étang…
Sous la surface couleur de nuit aux puissantes et musculeuses ondulations,
grouillent des algues vert tendre, hantées par des poissons flèches,
éclairs de sang dans ces glauques profondeurs.
Je plonge, je plonge… D’épaisses anguilles émeraude me frôlent.
Je vais vers le fond, vers la lumière dans les ténèbres…

Huguette Montagne

MAHINA

La terre aspire le jaune et le rouge dans un  tourbillon onirique, formant une spirale horizontale.
Sous la réduite voûte sidérale, voûte d’un bleu azur, un labyrinthe de verdure et de lumière.
Espace réduit, un plafond bleu mais aussi un toit qui protègent cet espace vert, jaune, bleu et bordeaux. Labyrinthe, profondeur tridimensionnelle, comme s’il y avait une forêt avec des chemins divers.
Des arbres.
Les lettres GE qui délimitent les chemins. Notion de protection à cause de la lumière blanche sortant de la voûte bleue.
La force d’attraction de la forêt est puissante. L’énergie qui émane de ses arbres m’absorbe avec douceur vers son centre. Je marche et perçois la tenue lumière qui se faufile timidement entre les feuilles. La forêt semble grande, très grande, et en même temps elle est extrêmement petite. Une lumière s’échappe de la voûte vers la verdure de la terre. Elle est blanche et ne semble pas provenir du soleil mais plutôt de l’univers, peut-être bien des étoiles ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle protège l’espace inférieur. Un sentiment de bonheur et de plénitude remplit l’espace.
Si on regarde le premier plan on peut lire : GE.
C’est GEA, la Terre ?
C’est GEO de géographie ?
GE de génome ?
GE de généreux ? Comme le cœur de cet endroit rempli d’air, de souffle.
Si on regarde derrière les lettres, l’espace gagne en profondeur et se transforme en dédale de chemins offerts comme les différentes possibilités de choix. Des choix tous protégés par ce ciel tombant gorgé de lumière blanche.
Juana Maria MEDINA GARCIAS

3

Petite fille dans la tribu de Saint Louis

Leila avait quitté la tribu, en larmes et courait sur un chemin désert. Fous ! Ils étaient tous devenus fous ! Ses frères, les jeunes, les vieux, tous les hommes… Ils étaient en colère et parlaient fort. Ils tiraient sur les voitures, sur les gendarmes. Elle, elle ne comprenait pas pourquoi ils se disputaient autant, pourquoi, subitement le village était à feu et à sang. Maman disait que c’était des histoires de grands, qu’elle comprendrait plus tard.
Mais elle, elle n’avait pas envie de comprendre cette violence, elle avait juste envie de partir, n’importe où, tranquille…
Fabienne Fabre

4

Apothéose

Cette vague de désir qui m’étouffe et m’enivre
Je ne peux ni la retenir, ni la laisser vivre.
Alors, je me couche et j’attends
Que s’apaise le flux ardent.

Fabienne Fabre

5

LE VOYAGE DES ANCÊTRES

Je m’appelle HIRO, je suis le roi d’une petite île du Pacifique. Mon île, ILA, est belle, avec une luxuriante végétation. Son magnifique lagon bleu turquoise plein de poissons nourrit  quotidiennement mon peuple.
Nous sommes heureux, et le temps s’écoule doucement au rythme des deux saisons, chaude et fraiche.
Oui mais voilà, mon île est condamnée. Depuis quelques temps, je constate que l’eau  l’entoure  de plus en plus, que la plage est de plus en plus petite. Quand le vent  se lève, la mer, à marée haute  s’engouffre  dans nos cases, emportant tout sur son passage.
Alors, j’ai décidé de partir avec mon peuple. Nous avons hissé les voiles  de feuilles de  palmiers tressées  sur nos pirogues, nous les avons chargés de fruits, nous avons taillés quantités d’hameçons pour pêcher durant notre traversée.
La  veille du départ, nous avons fait une grande fête. Les femmes ont dansé  et chanté pour implorer les dieux de nous mener vers une autre île bienveillante.
Puis nous avons pris la mer. Nous étions tristes et heureux. Tristes, parce que  nous quittions notre paradis tant aimé, heureux, car nous allions vers un autre paradis plus sûr, nous en étions certains !
Après des semaines de traversée, nous l’avons trouvé.  Il était grand, verdoyant,  insolite, des cascades tombaient  de hauteurs vertigineuses, et les paysages nous ravissaient. Un long nuage blanc habillait ses montagnes. Nous avons pensé que les dieux nous envoyaient un signe. Alors nous sommes restés. Depuis, mon peuple est heureux et nous  avons baptisé cette île  » l’île du long  nuage blanc « .
Hélène Lambert

6

RYTHMES

Au rythme des couleurs
Les grandes vagues s’effleurent
Tantôt fines et délicates,
Tantôt larges et plates.

Les jaunes étincelantes
Se mêlent aux rouges rutilantes
Tandis que les oranges glissantes
S’affolent, trépidantes.

Mais partout le noir pétrole
Progresse et les affole
Leur rythme s’accélère,
La mer est en colère.

Elles se battent en cadence
Contre cette noirceur qui les envahit
Puis leur rythme ralentit
Elles s’arrêtent vaincues et sans défense.

Une fois encore l’homme a gagné
Par sa bêtise le rythme est cassé.

Françoise Ravelli

7

Triptyque (tableau du centre)

Le creuset de mes mains jointes lance une prière d’amour vers le ciel. Mon cœur d’or pur rayonne de bonheur et irradie une douce chaleur toute de tendresse et d’espoir. C’est l’offrande suprême, le don de la Lumière, le lâcher du cœur devenu oiseau, droit vers les mystères de l’Univers.
Mireille Pandolfi

8

 

 

 

 

 

 

Invitation à la ballade en forêt

Partir, partir seule en forêt et se perdre entre fougères, palmiers et arbres tutélaires, une ballade vers la pénombre, sans chemin balisé ni horizon.
L’ailleurs est toujours un peu plus loin, derrière l’arbre peut être ou encore plus loin.
Les ourlets noirs qui soulignent les premiers bosquets ne sont-ils pas pourtant des incitations  à la prudence, comme autant de grosses chenilles protégeant la forêt.
Attention la ballade peut m’embarquer vers des peurs incontrôlées, voyage vers l’angoisse de l’inconnu.
Le rose du ciel égaille la forêt et lui donne un air de fête. Tout va bien, la ballade peut me perdre encore plus loin, seule, un sentiment de plénitude me réconcilie avec moi même.
Geneviève Lebrand

 

Paysage de la chaîne

Plongé dans l’océan réside une terre riche et belle qui s’accroche aux racines du ciel. En ses bois elle projette dans les airs ses branches comme des coraux. Bercés par la marée verte aux végétales contours, elle frémit, se tord et danse vivante comme une femme. L’horizon se dissout dans cette luxuriance. Sur la toile de fond explose le niaouli en gestes hiératiques et nobles : appels, invitation, bras ouverts captant le regard du marcheur. À leurs signes comme des sémaphores il retrouve sa route et s’approche pour écouter la parole des peuples en son souffle.
Alain Lincker

 11
Elément feu

Le sombre et le flamboyant se côtoient. Le noir domine en premier plan, laissant de l’espace en arrière-plan aux rouge, orange et jaune.
Le tout exprime un désordre rugissant au gré de son désir. Feu exprime ta furie, ne reste pas coincé à l’intérieur des contours du tableau.
Sors de tes gonds, échappe-toi sur le mur.
Détruis pour faire renaître l’imagination, l’art comme tu le fais pour la nature.
Arnaud Decombis

 
Devoir
: trouver une explication originale à l’expression


CASSER SA PIPE

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Ambiance morose au château en ce pluvieux jour de novembre. Le roi se meurt, à moins que le roi ne soit mort ? On ne sait. Les doctes médecins se sont penchés sur sa poitrine et les uns n’ont rien entendu, pendant que d’autres affirmaient qu’un cœur cognait faiblement.
On apporta un miroir tout près de la royale bouche et pareil. Les uns affirmaient que de la buée se formait sur le verre, d’autres soutenaient qu’ils ne voyaient rien. Cette fâcheuse situation ne pouvait s’éterniser. S’il se fut agi d’un simple manant, on l’aurait enterré sans plus de manières. Il circule d’ailleurs des histoires épouvantables de malheureux enterrés vifs. Mais là il s’agit du chef de la nation !
Les médecins se chamaillent, la reine se tord les mains de chagrin et prie avec le chanoine. Les servantes s’activent en ne faisant rien, juste histoire de tromper cette insoutenable incertitude. Puis l’une d’elle dont l’Histoire ne daigna pas retenir le nom, ose une question timide.
« Sa Majesté aimait tellement fumer sa pipe que si on la lui approchait de la bouche, peut-être tenterait-elle de la saisir ? »
Les médecins tout de noir vêtus éclatent d’un rire méprisant pendant que le chanoine hoquette d’indignation. Mais le premier ministre, beaucoup plus pragmatique et exaspéré par l’incompétence notoire de ces pédants, convient qu’au point où l’on est, on n’a rien à perdre.
Il bourre donc soigneusement la pipe préférée du roi avec son meilleurs tabac, la lui passe lentement sous le nez histoire de taquiner ses papilles, puis l’allume solennellement et en tire quelques bouffées. Puis il l’introduit doucement entre les lèvres bleuies. Chacun retient son souffle. Et soudain, sous le regard médusé de l’assistance, les lèvres se contractent légèrement. Sa Majesté ne parvient pas à aspirer la fumée mais Elle est incontestablement vivante.
L’incertitude dura 3 longs jours pendant lesquels il fallut plusieurs fois recourir au test de la pipe. Enfin, dans la nuit, le roi réussit à soulever sa main droite, à tenir la pipe et en tirer quelques bouffées. La servante folle de joie le crut sauvé. Mais le corps se relâchât soudain et la pipe se brisa au sol.
Bouleversée la servante ne trouva rien d’autre à dire au premier ministre qui somnolait dans un salon : « Monsieur, le Roi a cassé sa pipe ! ». Depuis, l’expression est restée, sans qu’on sache pourquoi…
Mimi

10

Débarqué au port après trois mois passés en mer, en compagnie des marins et des poissons, le vieux loup de mer, la pipe au bec, s’en alla en quête d’une conquête.
Il se rendit, comme à son habitude, dans un petit bar du quartier, son QG. Narrant ses aventures et anecdotes, entre deux chopes, la pipe toujours bien installée, il finit par s’abandonner aux charmes d’une habituée éméchée.
Il amena la belle donzelle sur son rafiot, largua les amarres pour s’adonner en mer, au plaisir d’une sucette. Quand soudain, percuté par une vague incroyablement violente pour le coin, le navire gita si fort que la pipe du capitaine se fracassa sur le hublot. Au son du fracas, les dents de la demoiselle se refermèrent en un claquement et scièrent l’engin fièrement dressé.
C’est ainsi que mourut le pauvre capitaine, la pipe cassée, et que naquit l’expression inspirée de ce pauvre amputé.
Rodin

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Vêtu été comme hiver d’un pantalon de velours côtelé marron et d’une chemise à carreaux,  le béret vissé sur la tête,  le regard plus noir que du charbon et sa sempiternelle pipe d’argile clouée au bec, le vieil Adolphe régnait en maître incontesté sur la ferme et ses malheureux habitants.
Quand il traversait la cour, les vaches baissaient la tête, les chiens rentraient la queue, les chats se sauvaient, le poil hérissé et les cochons ne la ramenaient pas. Même les oiseaux s’arrêtaient de chanter.
Sa femme, la douce Marie, vivait dans son ombre et ne parlait pas en sa présence. Armand, le fils aîné,  n’avait jamais pu lui tenir tête. Trop timide, trop faible, il avait dû épouser la femme que le vieux lui avait choisie,  la Berthe, pas bien belle, pas très futée non plus, mais qui avait apportée, en dot, une parcelle de bonne terre. Armand ne l’aimait pas, mais en ce temps là, on faisait peu de cas de l’amour. La Berthe était toute en rondeurs, docile et facile à vivre, alors, il s’était habitué. Ils avaient déjà deux beaux enfants. Un garçon, très fort pour ses quatre ans, qui seul apportait une ombre de douceur dans le regard si dur du vieux et une petite fille tellement jolie que tout le village se demandait comment deux nigauds pareils avaient bien pu faire. Armand et Berthe travaillaient dur à la ferme, mais n’étaient jamais payés et s’il fallait acheter un médicament ou une paire de chaussures à un petit, ils devaient mendier des semaines durant avant qu’Adolphe, ayant considérée la dépense comme absolument nécessaire, ne consentît à ouvrir les cordons de la bourse.
Après Armand, il y avait eu Adèle. Mais on ne prononçait plus son nom à la maison. Dotée du fort caractère de son père, Adèle ne s’était jamais soumise à ses volontés. Quand elle habitait encore à la ferme, tout était sujet à dispute. Brillante à l’école, elle avait voulu continuer ses études. Mais le  vieil Adolphe avait d’autres projets pour elle : il fallait qu’elle se marie avec le fils Delpech. Une famille honorable, un bon mari et qui aurait su la mettre au pas. Mais Adèle avait disparu le soir des ses 16 ans, laissant une lettre que seul le père avait lue et qui l’avait mis dans une telle colère qu’il avait frappé sa pauvre femme, l’accusant d’avoir mis des idées dans la folle tête de sa fille. Il avait brûlé la lettre et depuis, il disait à tous qu’elle était morte pour lui. Peu importait ce qui lui adviendrait désormais, où qu’elle fût. Marie pleurait souvent en cachette cette fille si belle et intelligente, qu’elle avait perdue à tout jamais.
Et puis, il y avait Ange, le dernier des enfants. Depuis qu’il était né, il attendait le jour où il serait assez fort pour affronter ce père détesté, ce tyran détestable qui avait banni le bonheur et les rires de cette maison. Il avait appris à louvoyer, ne pas affronter, devenir invisible. Et Ange savait désormais que ce jour tant attendu n’était plus très loin.
Ce soir-là, du plus loin qu’il sentit la pipe, présence indéniable du vieux, il réprima une nausée et serra les poings. Adolphe avançait d’un pas lourd. Ce n’était pas bon signe. Il ouvrit la porte de la cuisine à la volée.  Marie se colla dans le cantou de la cheminée, enfonça la tête dans les épaules et remua la soupe. Les mains d’Armand, qui était en train de sculpter un bout de bois pour le gosse, se mirent à trembler sans qu’il pût les retenir. La grosse Berthe pris vite les enfants et les monta dans leur chambre.
Seul Ange, blême et les dents serrées, fit face. Mais le vieux dut sentir qu’il ne ferait plus le poids, alors il alla vers sa femme et l’empoigna par le chignon. Marie renversa de la soupe au passage et se brûla le bras, ce qui ne fit qu’augmenter la colère du vieux. Ange s’interposa, attrapa la main de son père et lui fit lâcher prise. Une poignée de cheveux qui y était restée tomba au sol. Il regarda le vieux dans les yeux et lui dit : « désormais, jamais plus tu ne toucheras maman ». Adolphe se mis à crier qu’il était le père et que tous lui devaient obéissance, mais bientôt, sa voix se cassa : Ange l’avait attrapé  par le cou et serrait, serrait pour faire taire à tout jamais cette voix haïe. Il serra tellement que la pipe du vieux tomba à terre et se cassa, alors qu’il rendait son dernier souffle.
Fabienne

 

5 novembre, 2014

Atelier du 3 novembre 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:52

Avec les beaux jours, nous avons investi le jardin de la Maison du Livre (Maison Célières) pour cet atelier, et c’était très agréable !!!

Devoir : quatre mots

Insoutenable – emprunter – entonnoir – armure

Le Chevalier de la Baudrie

Le Chevalier de la Baudrie

Le chevalier de Baudrie laissa échapper un gémissement car la douleur était insoutenable, même pour un brave aussi coriace que lui. « Maudits manants ! » grogna-il à travers son épaisse barbe noire.
Ils avaient chevauché de longs jours pour rejoindre le lieu de la joute quinquennale des Preux Chevaliers du Disque d’or. Leur trajet longeait des champs multicolores, escaladait une montagne aux précipices vertigineux et perçait des forêts si obscures et impénétrables qu’on se demandait avec angoisse quels êtres malveillants pouvaient y vivre. Ils avaient grelotté sous le froid mordant des neiges éternelles, avaient failli mourir de soif dans un désert de pierres chauffées à blanc, bref, il fallait absolument ramener le trophée en des contrées moins lointaines car il était impensable de refaire un tel voyage.
D’ailleurs, le chevalier s’estimait bien placé pour gagner. La dernière fois, il y était presque, lorsque par une botte inconnue, le champion de ce pays étrange l’avait pris au dépourvu et battu. On ne l’y reprendrait pas !
Après ce mémorable voyage, ils étaient arrivés épuisés et d’autant plus affamés qu’une partie de leurs vivres avait été emportée par les flots tumultueux d’un fleuve en crue. Mais l’accueil de leurs hôtes et la joie de retrouver les autres concurrents leur avait rapidement fait oublier tous les dangers et souffrances endurés.
En revanche, le festin qui suivit les laissa perplexes. Des odeurs totalement inconnues, des saveurs bizarres qui savaient tout autant vous arracher le palais que le caresser subtilement, des choses dont on préférait ne pas demander ce qu’elles étaient, bref, le chevalier s’était demandé avec inquiétude comment survivre à tel régime pendant la durée du séjour.
Las, à peine sa panse s’était-elle remplie, qu’il avait été pris d’une soudaine faiblesse, puis de violentes diarrhées fort nauséabondes et particulièrement douloureuses. Terrassé, non par la gloire du glaive mais par un simple repas, notre héros agonisait mille morts au fond d’un lit.
Suant à grosses gouttes, les jambes en coton et le bras aussi mou que celui d’une damoiselle, il regarde avec désespoir cette armure étincelante de 25 kg qu’il se sent bien incapable de revêtir. Ces sauvages ont-il seulement un guérisseur s’interroge-t-il avec hargne. Quelle idée d’organiser le tournoi en des terres si perdues qu’il en ignorait jusqu’à l’existence ! Mais c’était la règle ; la joute se déroulait chez le vainqueur précédent.
Soudain la porte éjecte un étrange petit bonhomme vêtu de couleurs horriblement criardes qui bondit vers lui. Le chevalier se voit déjà dans le royaume des morts et tremble de plus belle. Il pense avec tendresse à sa douce mie qui l’attend là-bas, en ses belles terres qu’il n’aurait jamais dû quitter. Mais l’elfe se confond en courbettes comiques et l’interroge d’une voix nasillarde :
« Quoi ma modeste personne pouvoir aider illustrissime invité ? demande-t-il avec un accent aussi épouvantable que leur nourriture. Et sans attendre de réponse, il renifle doctement le sceau d’aisance répugnant, tâte les poignets du mourant, lui observe la langue et sourit.
« Très honorable invité pas apprécier nourriture nouzautres assène-t-il au grand désespoir du chevalier qui n’avait vraiment besoin de personne pour s’en apercevoir ! Moi emprunter entonnoir à cuisinier pour faire lavement et céleste combattant remis sur pieds dans deux jours continue-t-il tranquillement. »
Une lueur d’intérêt clignote dans la tête bourdonnante du chevalier groggy. Tant d’assurance est plutôt rassurant. En revanche, cette histoire de lavement l’inquiète au plus au point. L’image de l’énorme entonnoir en fer blanc qui trône dans les cuisines du château le nargue et grandit au gré de son délire fiévreux. Quoi, lui mettre ça dans la bouche ? Jamais ! Plutôt mourir sur le sceau d’aisance ! Mais le petit lutin a déjà disparu.
En fait, notre héroïque chevalier n’y était pas du tout. Car le tube digestif se terminant par deux orifices, il se peut laver indifféremment par l’un ou par l’autre… Ce qu’il se passa par la suite entre le séant de notre champion et l’entonnoir demeura un secret jalousement gardé qu’il emporta jusqu’au fond de la tombe.
Mais il gagna le tournoi, ce qui, soit dit en passant, confirme la grande efficacité de la médecine de cette contrée. Toutefois, les spécialistes s’étonnèrent de ne le voir jamais poser son postérieur sur la selle, ce qui lança une nouvelle mode dans le petit monde de la chevalerie.
En récupérant le disque d’or, le chevalier avait accompli un exploit dont le souvenir traversa les siècles. Mais tant de gloire se trouvait fâcheusement entachée par d’étranges et tenaces rumeurs. La jeune et belle châtelaine n’aurait plus enfanté et serait tombée en langueurs. De nombreux jeunes hommes auraient assidûment sollicité l’hospitalité du châtelain alors que sa pieuse épouse les voulait jeter dehors.
Bref, il se disait qu’un simple lavement, ça vous change un homme à jamais !
Voila pourquoi dans ce fief, aucun médicastre ne put en prescrire le moindre avant longtemps.
Mireille

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Surréaliste avant l’heure

 Il suivait un bout d’chemin bien conv’nable,
Somme toute,  rien de bien insoutenable.
Avec ce p’tit air emprunté,
il rassurait les plus fragiles
et rendait fort les imbéciles.
Oh ! Bien sûr, il n’avait jamais l’premier rôle
Mais bien protégé par son armure,
Le monde était un peu moins dur,
La vie glissait sur ses épaules .

Cependant, un matin de brouillard,
Au fond d’sa tasse, plus qu’du cafard.
Il pris conscience avec effroi,
Qu’son cœur trop lourd était tout froid,
Les murs de sa prison virtuelle
Ne le rendait pas immortel.
Dans sa triste vie en entonnoir,
Au fond du couloir, il f’sait tout noir.
Alors,  surréaliste ignoré,
Sans prendre le temps de respirer,
Il avala, quelle aventure !
Tout’ sa vieille boite de peinture.
C’est dans un arc en ciel de couleurs,
Qu’il passa donc sa dernière heure .
Patricia

Notre charmant voisin, le Comte Vlad

Notre charmant voisin, le Comte Vlad

Mais c’est insoutenable ce que vous avez fait !!! Pourtant on en a longuement parlé de cet Halloween !!! Chacun de vous devait venir avec son armure de zombie. Armure, je vous le signale que nous avons créée, dessinée et conçue spécialement pour notre fête de fin d’année. Et voilà qu’aujourd’hui, j’en vois avec des déguisements de clowns, de fées ou pire, de cow-boy !!! Il y en a même qui ont un entonnoir sur la tête. Non, mais franchement, est ce que vous croyez que vous allez faire peur à tous les habitants du village comme ça ? C’est du n’importe quoi là !!!
Bon, maintenant, c’est trop tard, alors ce que je vous propose, c’est d’aller emprunter des costumes à notre charmant voisin, le comte Vlad qui en a plein dans son château. Mais ne faites pas comme les participants de l’an dernier… On ne les a jamais revus !
Fabienne

 1/ EXERCICE : Il me suivait depuis un bon moment déjà… Trois ans, si mes souvenirs étaient exacts. Oui, plus de trois ans déjà que je suivais cette thérapie avec le Dr. Zébulon. Et on ne peut pas dire qu’on avançait à grands pas, loin de là. Je dirais même que plus je le fréquentais et plus ma vie devenait un grand n’importe quoi. Non seulement, je n’arrivais pas à savoir d’où me venaient mes phobies, aussi nombreuses qu’insolites, comme par exemple, la vue d’un camembert qui me mettait en transes ou le regard d’un inconnu qui me brûlait littéralement la peau, mais en plus d’autres nouvelles venaient s’ajouter à mon esprit sans que je puisse en deviner la raison. Il fallait que je réagisse. Ou bien le Dr Zébulon était un escroc de première, ou bien j’étais un cas incurable. Mais je ne pouvais pas et ne voulais pas me résoudre à cela. Je savais bien au fond de moi que je n’étais pas folle. Certes, j’avais le petit grain nécessaire pour la fantaisie sans laquelle toute vie ne devient qu’un tunnel noir et sans espoir, mais de là à être internée, alternative que le Dr Zébulon considérait désormais comme inéluctable, il y avait un pas… Et un grand. Aussi étais-je très préoccupée ce lundi soir quand je sortis de ma consultation hebdomadaire… Je décidai de rentrer chez moi à pied, ce qui, je pensai, me ferai le plus grand bien. Au bout d’un petit moment, je sentis que quelqu’un était derrière moi. Affolée, j’accélérai le pas. La silhouette derrière moi, fit de même… Je commençai à transpirer, à m’affoler, à perdre ma respiration. A bout de souffle, je me retrouvai presque devant ma maison lorsque je décidai de faire face à l’inconnu. J’imaginais un homme au visage patibulaire, assoiffé de sang, mon cœur battait à tout rompre… Mais l’homme qui était devant moi était mon nouveau voisin, au visage souriant et d’un abord agréable.
Depuis six mois, j’habite dans la maison d’à côté, je n’ai plus aucune phobie. Mon voisin, non seulement est un homme charmant mais également un très bon amant… L’argent qui me servait à mes séances hebdomadaires sert désormais à nous payer un bon restaurant, voire un petit voyage en amoureux !
Fabienne


2/ EXERCICE
 : Je fais les comptes

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Toute la journée, j’en ai fait des comptes : des comptes de sociétés, des comptes de résultat, des comptes de bilan, et pourquoi pas des comptes d’apothicaire, me direz-vous ?
De petites sociétés, de moyennes sociétés, de grandes sociétés, de très grandes sociétés… Devant mes yeux fatigués, les chiffres dansent la sarabande. Des chiffres, encore des chiffres… de gros chiffres. Et il faut que ça tombe juste !
Bon, heureusement, c’est souvent le cas. Mais il m’arrive quelquefois de passer une nuit entière à « traquer le franc ». C’est ça le plus dur : le franc qui manque ou le franc en trop… Tout refaire, tout reprendre… Quelle galère !
Et un soir où, seul au bureau je recherchais ce franc maudit, je me mis à regarder ces chiffres, si longs, si grands, si importants, se moquer de moi… Les millions ricanent de ma pauvreté. Les cent mille me narguent car, même s’ils sont modestes, ils savent pertinemment qu’ils ne se retrouveront jamais sur mon compte.
Alors, soudain, je m’énerve, moi, le scribouillard, la petite main. Ça suffit !!! Le franc ne m’intéresse plus. Maintenant, je vais traquer le gros gibier et leur montrer de quoi je suis capable.
Les cent mille, tenez-vous bien, c’est par vous que je vais commencer ! C’est si facile, juste modifier quelques cases… Et voilà cent mille pour moi aujourd’hui. Et encore cent mille pour moi demain ! Trop facile ! Personne ne se doute de quoi que ce soit.
Plusieurs fois dans le mois, je vais refaire la manipulation. Mon compte personnel grossit « gentiment »,  presque naturellement. Ne plus se priver de tout. Ne plus compter chaque sou avant d’acheter ou de payer quelque chose… Oui, c’est vraiment facile d’être enfin à l’aise. Au bout de tant d’années, j’ai bien le droit d’avoir de petites économies…
Je reçois la médaille du travail. Mon cher patron a préparé un beau discours qui m’a mis la larme à l’œil : « Notre plus ancien et plus fidèle employé, bla, bla, bla…  Je vous décore aujourd’hui, bla, bla, bla… ». Je suis enfin reconnu !
Ce soir, ça y est, je suis prêt, je m’attaque aux millions. Les chiffres, ça suffit ! Jamais plus vous ne vous moquerez de moi.
Un million, puis deux… Je me prends au jeu. Mais c’est mieux qu’un jeu car il n’y a pas de hasard, juste du calcul…
Une frénésie s’empare de moi. Je vais enfin pouvoir faire mes comptes. De vrais comptes, pas ceux d’avant où il n’y avait que des soustractions à faire tous les mois, à partir d’un salaire de misère.
Je me sens si puissant… Presque DIVIN !!! J’ai le pouvoir. Je collecte ces chiffres comme un collectionneur passionné traque les pièces les plus difficiles à trouver.

Oui, mais voilà… Maintenant, il ne me reste plus qu’un seul chiffre et c’est le 20, car j’en ai pris pour vingt ans !!! Les bons comptes font les bons amis.
Fabienne

Atelier du 27 octobre 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:51

1/ Exercice : nuit d’horreur

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Quand ma copine Nathalie m’a dit : «tu vas voir, on va passer un week-end fantastique ! » J’aurais dû me méfier. Je savais déjà qu’elle était un peu bizarre, mais je n’ai vu là qu’une occasion de prendre l’air. Nous étions donc parties en camping. Il faisait presque nuit quand nous sommes arrivés dans un terrain fermé, éloigné de toute civilisation. Un homme, réplique de la créature du Dr. Frankestein vint nous ouvrir la porte. Et à partir de là, ce fut l’horreur. Alors qu’il nous montrait notre espace, je levais la tête et vit une moitié de corps de femme suspendue à un arbre. Je commençais à claquer des dents ! Mais dans quelle galère j’étais ! Nathalie hilare, me disait de ne pas m’en faire… Nous montâmes notre tente au milieu d’ombres inquiétantes. « Je te préviens, je ne resterai pas une minute de plus au milieu de ce film d’horreur ! » Commençai-je à m’énerver. C’est à ce moment-là que Nathalie fut enlevée par un vampire… Oui, je vous assure, un vrai vampire, les dents et le teint blafard qui allaient avec. Je courus pour tenter de la sauver. Il l’enferma dans le coffre d’une voiture et démarra en trombe. Que pouvais-je faire ? Me diriger vers la petite lumière qui vacillait au fond du jardin me sembla la meilleure alternative. Mais là, des monstres, des fantômes, des bêtes plus horribles les uns que les autres me regardaient avec appétit, pensai-je dans mon esprit tout embrouillé. Quand ils décidèrent de me sauter tous dessus, je criais malgré moi : « Je veux ma maman… ». Et là, comme par magie, tout s’arrêta. La lumière éclaira des masques qui s’enlevaient, des maquillages qui n’avaient plus rien d’inquiétants. Du fond de la salle, j’entendis Nathalie qui criait : Tu es vraiment nulle, d’avoir dit ça, c’est la phrase qui permet d’arrêter le jeu… Le jeu ? M’exclamai je encore tremblante. Et bien oui, je voulais te faire une surprise pour ton anniversaire, tu te rends compte, j’ai même payé 300 euros… Je devrais toujours me méfier des cadeaux de Nathalie !
Fabienne

pierre_tomb_j_henri

Elle était là l’horrible chose
Qui grinçait entre les barreaux
Suspendue
Elle était nue
Langue dardée
Bouche édentée
Riant à gorge déployée
Poitrine ouverte
Seins déchiqu’tés
Cheveux hirsutes
Ventre pendant
D’où dépassait
L’immonde tête
De la Bête

Millésimée
En acrostiche
Elle apparut
Entre ses cuisses
Si velues…
Telle une démone
Elle apparut
J’étais perclus
De rhumatismes
L’horrible dame
M’en voulut
Pétrifié je ne pus
M’enfuir
Hors de sa vue
Alors sa croupe
S’approcha
De mon visage
Médusé
Violant ma bouche
La bête plongea
Dans mes entrailles
Et me laissa
Ensanglanté

Sur le pavé
Elle prit mon cœur
Entre ses dents
Qu’elle dévora
Goulument…
C’est ainsi que
Je fus r’trouvé
Enseveli
Six pieds sous terre
Dans le jardin
Du presbytère.
© Aline MORI

2/ Exercice : Entendez-vous cette petite voix…

petite-voix
« Vas-y fonce. C’es lui l’homme de ta vie. Le train de la chance ne passe qu’une fois  et ce soir c’est ton tour. »
Je ne devais pas être là mais des collègues de travail m’ont entraînée. « Viens avec nous au  Petit Café ,  Murielle nous présente son cousin le beau Georges. »
Je suis donc plantée là, telle une vraie gourde, à le fixer la bouche ouverte. On dirait Georges Clooney.
Il avance vers moi d’une démarche élégante , accompagné d’un bellâtre très mince. Ses yeux verts me fixent intensément  et mes jambes commencent à flageoler sans que je puisse les contrôler.
La petite voix recommence : « Vas-y c’est le moment ».  je m’apprête à lui adresser mon sourire le plus charmeur, lorsqu’il  me tend la main tout en me disant : « Bonjour, tu dois être Alice ? Je te présente mon mari Benoit. »
Françoise

Entendez-vous cette petite voix qui dit…

Fais pas ci, fais pas ça
C’est pas bien, ça va pas
Quoi que je fasse,
Rien ne passe

A quoi bon me forcer
Ne plus rien écouter
Faire ce qui me plait
Sera ma vie désormais
Fabienne


Devoir
: images poétiques

- Un œil : Dans ses yeux d’eau glacée, il n’y avait pas de place pour la pitié
- Des lèvres : Sa bouche rouge cerise ne demandait qu’à être croquée
- Le cœur des femmes est un semainier qui range chacun à sa place
- La mer : L’écume des chevaux blanchissait le dessus de la mer
- Un sourire : Le soleil de son sourire illumine mes journées
- La violence, force faible
- Une chanson : Cette ritournelle qu’il avait dans la tête rayait son esprit plus sûrement qu’un vieux disque.
- Des robes suspendues à une tringle : Les fantômes du passé pendaient tristement sur leurs cintres
- Une maison : elle me regardait de ses volets mi-clos
Fabienne

 

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