Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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26 octobre, 2014

Atelier du 20 octobre 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:04

vieux

1/ Exercice : écrire une histoire à partir de cette photo

Le soleil écrase, calcine, broie tout ce qui ne peut se protéger de ses rayons impitoyables. Dans ce pays, l’ombre des rares arbres est réservée aux puissants.
Lui, il a réussi à récupérer un vieux parapluie abandonné par un touriste britannique écœuré par tant de chaleur. Reconverti en ombrelle, il lui sauve la vie en lui permettant d’attendre le client en des endroits où aucun de ses concurrents de misère ne peut s’aventurer.
La brave carriole transporte tous ses biens dont ses instruments de survie. D’abord, le panier pour recevoir les aumônes. Enfin, il a sa fierté le vieux alors il préfère dire ses paiements.
Il chasse le cochon sauvage la nuit et en prépare des jambons et autres saucissons, boudins, etc. Il ne gâche rien et vend ses produits à la découpe devant le palais. Il récupère  même les chutes dans  une grosse boîte carrée pour en faire du pâté pour chiens !
Et puis dans une grande malle en cuir dur, il cache son trésor : toute une collection de couteaux affûtés comme des lames de rasoir. Qui sait s’ils ne servent qu’à découper d’inoffensifs jambons ? Car il en voit des choses, le vieux si bien caché sous son grand parapluie noir qu’on l’en oublie. Et qu’on lâche des confidences devant lui….
Mireille

Le rémouleur

Personne ! Sont tous clamsés dans c’village ! Pourtant, y a pas si longtemps, quand je m’tenais ici près d’ma carriole après avoir quitté Paname, je m’souviens ; y ‘avait la queue devant mon p’tit commerce qu’on pratique de père en fils depuis je n’sais combien de générations…
Maintenant sous mon parapluie qui m’sert quand il pleuviote ou que le soleil cogne fort, j’attends les rares chalands.  Oh! Y viennent vers moi plutôt par curiosité que par nécessité vitale…
Pensez, j’suis rémouleur et les couteaux ne valent plus peau de balle par les temps qui courent… Fichue société de consommation ! Moi, mon tablier je l’porte depuis des lustres… Vrai qu’il est usé, délavé, rapiécé mais j’y tiens… On s’attache à ces choses-là, que voulez-vous !
Le cuir ? Ben, c’est que depuis qu’lescouteaux sont d’venus jetables, je m’ suis reconverti : cordonnier itinérant. Ca paie encore mais jusqu’à quand ?
A force de m’asseoir par ici, j’ai fini par avoir une idée de bizness où qui y’a jamais de chomdu… L’espèce de pierre levée qu’vous voyez là-bas … Oui, celle-là même, à ma gauche, grossièrement taillée…
L’commerce des pierres tombales, ouais, c’est ça ! Ca m’emballe c’t’idée-là ! Vous en pensez quoi vous ?
Ben ça alors ! Il est tombé raide mort, le bougre !  Nom de Dieu ! Mon premier client !
©Aline MORI, 20/10/14

Depuis qu’il avait ouvert son petit commerce, il faut dire que les clients ne se bousculaient pas trop… Pourtant, il y avait cru… Il avait soigneusement choisi son stock de départ, l’avait trié, classé, répertorié. Il avait même fait un  plan prévisionnel et une étude de marché qu’il avait apportés à la banque lors du rendez vous pris en vue d’obtenir un prêt. En effet, il avait besoin de quelques investissements de départ pour acheter la carriole, le petit tabouret, le parapluie, indispensable par tous les temps, autant pour se prévenir du soleil implacable que de la pluie torrentielle. Et puis, il avait eu l’idée de créer cet immense porte-monnaie. Oui, cette idée était bien à lui et pensait-il, exhorteraient les clients à lui faire confiance. Il lui avait coûté très cher car il avait dû le faire faire sur mesure par un cordonnier qu’il connaissait très bien. Et ce dernier, sentant la manne, ne lui avait pas fait de cadeau. C’est pourquoi, Jules était désormais obligé de réussir ! Ce qu’il vendait : des petits cailloux, des moyens cailloux et même un très gros caillou, quasiment une stèle, tous gravés « Bonne fête » pour les 3.387 Pierre que comptait cette ville.
Fabienne


L’Amulette du Père Célestin

Célestin le vieux sacristain avait installé tout son barda devant le petit muret qui entourait l’église du village. Il s’affairait depuis le matin, à l’ombre d’un vieux parapluie.
A ses pieds on apercevait quelques gamelles remplies d’eau qui lui servaient à nettoyer les peaux de lapins qui reposaient sur une vieille charrette de bois. Appuyé sur une roue de la charrette on pouvait voir un grand morceau de cuir roulé.
Tous les matins, après la messe, Célestin accomplissait la même tâche. Il se tenait courbé, son vieux chapeau sur la tête et son grand tablier gris frôlant la poussière du sol caillouteux. Personne ne pouvait le distraire, pas même la vue des jolies paroissiennes qui passaient devant lui en se poussant les unes les autres et qui riaient à gorge déployée.
De temps à autres, à l’heure de midi, lorsqu’une chaleur insupportable plombait le petit village et que tout le monde était rentré chez soi pour se mettre au frais, on pouvait apercevoir l’une ou l’autre des jeunes villageoises s’approcher du vieux Célestin. Après lui avoir glissé quelques mots à l’oreille, il leur déposait délicatement un objet mystérieux au creux de la main, en échange de quelques menues monnaies.
Aujourd’hui c’était la petite Murielle, la jeune mariée qui venait d’épouser le fils du maire. Ce grand dadais ne l’avait pas encore dépucelée. Mais, grâce à l’amulette en peau de lapin, confectionnée par le vieux Célestin, qu’elle frotterait lentement sur son pénis, elle était sûre que ce soir elle deviendrait une vraie femme. Sa copine, l’épouse du charcutier, lui en avait vanté les vertus et décrit les câlins quotidiens dont elle profitait depuis l’acquisition d’une des fameuses amulettes.
Françoise

Je me fais vieux pour c’ travail. Continuer à tailler la route à mon âge, ça d’vient dur. Sans compter que… qui va prendre la suite ?… J’ai pas d’enfant et, en plus, l’métier s’perd. Déjà  quand j’ai r’pris les affaires d’mon père, y’en avait plus beaucoup. Dans toute la région, sur les doigts d’la main, on les comptait. Ma charrette se fait vieille et tout mon barda sent l’usure. Ca n’inspire pas beaucoup confiance un matos de c’t’âge là ! Ya plus qu’les anciens pour faire affaire…maint’nant, y jette tout ! …Quand c’est usé, poubelle ! Et un point c’est tout ! Quand j’étais jeune, c’était une autre histoire, on prenait soin d’son bien et souvent même, on héritait des choses des parents ou des grands-parents. Tiens! comme les draps du trousseau d’la mère. Ca c’était du solide ! pas comme les chiffons qui vous vendent maint’nant ! Et la vaisselle, c’est tout pareil !… C’est à peine ébréché, poubelle ! Adieu les beaux services de famille ! Enfin, moi, j’dis ça, c’est pour eux, parc’que des trousseaux et des beaux services, j’en ai pas. Moi, c’est : vieille marmite et gamelle. Quand on circule tout l’temps, faut pas trop s’charger…Bon ! J’bavarde, j’bavarde, mais c’est pas tout, ya l’boulot quand même !
«Couteaux à aiguiser ! Couteaux à aiguiser ! Vl’a l’rémouleur ! Vl’a l’rémouleur … ».
Patricia

Devoir : les jeux sont faits !

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Thomas masse longuement ses yeux douloureux en reculant son fauteuil. Puis la nuque bloquée et enfin un long étirement accompagné d’un bâillement venu du fond des tripes. Il est épuisé. En trois jours il n’a pratiquement pas dormi. Et ne s’est nourri que de mauvais cafés. Mais les calculs sont finis et malgré leur résultat effarant, il est calme. Complètement serein. Etonnant !
Bon, me reste plus qu’à informer le chef dit-il en se levant. Il attrape au passage un reste de sandwich oublié sur un bureau et entre. En le découvrant, Thomas se demande fugitivement s’il a l’air aussi ravagé.
Car M. Roche est habituellement un bel homme très soigné de sa personne qui porte avec raffinement une cinquantaine éblouissante. Là, Thomas découvre un inconnu hagard à la barbe hirsute et de couleur indéfinissable. Une chemise fripée tirebouchonne autour de ses bras et s’échappe avec indécence d’un pantalon aussi avachi que son propriétaire.
Cette vision affligeante fait subitement prendre conscience à Thomas de l’horreur de la situation. Son calme s’envole, une grosse boule se forme dans sa gorge et il peine à retenir des sanglots inopinés.
« Alors ? demande inutilement M. Roche. En voyant les larmes perler aux coins des yeux de Thomas, il a compris. Mais son instinct de survie refuse d’accepter l’inacceptable. Certes, leur unité spéciale a été créée justement pour ce genre de crise. Mais passer de la théorie à la réalité est une autre paire de manche.
Les jeux sont faits répond Thomas d’une voix monocorde. Quatre jours, huit heures et de moins en moins de minutes…. » Ajoute-t-il dans un rêve.
M. Roche reste silencieux, puis soupire. Lui qui n’a jamais mis les pieds dans un casino, s’étonne de la phrase employée par Thomas. Mais c’est vrai, la vie est un vaste jeu et on est toujours le jouet d’une puissance supérieure.
« Qu’allez-vous faire pendant ces quelques jours ?
Je n’y ai pas encore réfléchi, Monsieur. » Thomas se dit que sitôt sorti du centre, il oubliera cette conversation car elle ne peut avoir eu lieu. Il mangera et dormira. Après, on verra.
« je vais informer le Président. Il me demandera évidemment si une erreur…
Impossible et vous le savez bien ! coupe Thomas avec amertume.
Je sais, je sais. Un nouveau silence songeur. Je n’aimerais pas être à sa place.
Bah, qu’est-ce que ça change ? Le résultat sera le même pour tout le monde.
La responsabilité, la conscience, Thomas ! Pendant ces quelques jours, il va se torturer en se demandant quoi faire. Annoncer et déclencher une panique générale avec des violences inévitables ou laisser les gens dans l’ignorance, continuer leur train-train ?
Chacun son boulot grogne Thomas qui déteste le président en particulier et les politiciens en général.
Adieu donc Thomas. Sachez que j’ai toujours apprécié votre travail.
Adieu Monsieur ».
M. Roche regarde la porte se fermer, l’esprit complètement vide. Puis il empoigne le téléphone spécialement installé dans son bureau depuis le début de la crise. A la cinquième sonnerie, il réalise soudain qu’il a perdu toute notion du temps. Un coup d’œil à la grande horloge, il est 2 h 35 du matin.
Enfin, une voix ensommeillée allo, Roche c’est vous ? Alors ?
Bercé par la sonnerie M. Roche commençait à s’endormir et ne trouve que la formule de son adjoint pour informer le président : les jeux sont faits M. le Président. Il reste 4 jours et 8 heures avant l’impact. La marge d’erreur est de quelques heures.
Au bout du fil, un silence. Puis une question froide, toute émotion gommée par les aspects purement techniques : estimation des dégâts ?
On ne peut plus parler de dégâts M. le Président. Cette météorite est plus grosse que celle qui dévasta la terre et causa, entre autre, la disparition des dinosaures. Notre civilisation est née d’une météorite, une autre va l’anéantir.
Où va-t-elle tomber ?
Ca, on ne peut pas le prévoir. Mais… c’est sans importance M. le Président.
Et ces imbéciles de militaires ne peuvent ni la détruire ni la détourner, malgré tous leurs joujoux hors de prix ronchonne le Président. Et ils vont vouloir m’enfermer dans un bunker soit disant pour me protéger. Je refuse de passer les derniers jours de ma vie enfermé dans un bunker. Et vous, Roche, que ferez-vous pendant ces quelques jours ?
Je n’y ai pas encore réfléchi, M. le Président.
Alors adieu, Roche
Adieu M. le Président. »
La Vie procède par essais multiples, effaçant inlassablement ses brouillons pour s’ouvrir de nouvelles voies. C’est ainsi que par une belle journée de printemps, les civilisations humaines et la quasi-totalité des espèces vivant sur terre furent brutalement anéanties par la collision avec une grosse météorite.
Mireille

Les Jeux sont faits
Tout est devenu si laid
J’avais gagné le bon numéro
Tu étais mon gros lot
Et puis je t’ai perdu
Rien ne va plus

Les jeux sont faits
La roulette de la vie tournait
Tu as choisi l’argent
Toi mon merveilleux amant
Et puis je t’ai perdu
Rien ne va plus

Les jeux sont faits
Hier tu te mariais
Reniant notre jeunesse
Avec une cruauté perverse
Et puis je t’ai perdu
Rien ne va plus

Les jeux sont faits
A présent je te hais
Mais un jour j’oublierai
Un autre amour viendra
Et pour moi tout ira
Françoise

Les « je » sont faits
Les « tu » sont à faire
Les « il et elle » n’en ont rien à faire
Les « nous «  sont une affaire
Les « vous » s’affairent
Et les « ils et elles » ont fort à faire.
Fabienne

Il porte en lui la grâce éphémère des enfants.
Il est pourtant de ceux qui tuent en souriant.
Voyageur-immobile, il danse sur ma peau,
Caresse un peu ma joue, musarde sur mon cou,
Ballet de libellules dont il sait le tempo.
Aux nervures de mes veines, il dessine un jardin
puis, sa bouche fiévreuse se pose sur mon sein.
Son âme-passerelle sur moi est tatouée
et sans qu’il n’ait dit mot, pour moi, les jeux sont faits.
Patricia

 

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