Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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27 juin, 2014

Atelier du 23 juin 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:42

DEVOIR :
Prenez un livre au hasard chez vous. Ouvrez le à la page 56 et copier la 3ème phrase. Faites en une suite.

mouchoir

Carrube e cavalieri de Raffaele Poidomani
Sicile XIX siècle, une famille de grands propriétaires terriens se lance dans une expédition : une petite sortie en barque et en p.55, la grand-mère perd son mouchoir qui tombe à l’eau. en p.56 :
Più di uno mosse al ricupero, ma non ottenne nulla, già il tessuto si vedeva e non si vedeva.

Plusieurs d’entre eux se précipitèrent pour le récupérer mais en vain, déjà le tissu se voyait puis ne se voyait plus.
Et il sombra doucement, fleur de naufrage offrant ses pétales délicats à la dérive. De plus en plus loin, de plus en plus flou, comme les souvenirs. Méduse de l’abysse, il étala sa langueur vers des fonds insondables, témoin égaré de cette folle journée.
Cri solitaire perdu dans les vagues indifférentes de la multitude, il s’évanouit lentement comme le jusant de la vie se retire du mourant. Mais quelle nouvelle vie l’attendait là, tout au fond de l’océan bleu ?
Le mouchoir qui étanche les chagrins les plus intimes emporta vers le néant les secrets de la grand-mère et les traits effacés du jeune homme qui la fit tant pleurer, jeune fille.
Ce mouchoir blanc que l’on n’agiterait plus lors de séparations déchirantes sur le quai bondé d’une gare ou pour solliciter une trêve de la raison dans l’absurdité des guerres, quels adieux insoupçonnés engloutissait-il, à quelles trêves illicites la grand-mère renonçait-elle ?
Les rameurs reprirent leurs places sans que la barque chavire et la vieille dame engoncée dans ses stricts vêtements noirs retrouva le masque impassible et hautain que tous lui connaissaient. Finalement, la mer était le meilleur gardien possible de ses secrets…. aussi insignifiants qu’un petit mouchoir de dentelle blanc.
Mireille

images

 

 

 

 

Kaïken de Jean-Christophe Grangé

Il n’était pas fier de sa fuite, mais il avait agi par devoir. Uniquement par devoir. Du moins, s’en persuadait-il. Il courrait, courrait à perdre haleine pour, se disait il appeler les secours. Mais en fait, si ses jambes le portaient aussi vite et aussi loin, c’était surtout pour échapper à la meute. La meute qui, en ce moment même était en train de déchiqueter ses camarades. Ses oreilles résonnaient encore de leurs cris d’effroi et de douleur.
Les poumons en feu, il se dirigea, aussi vite qu’il put vers la première lumière qui vacillait au loin, si petite et ténue dans la nuit. Vite, prévenir les gendarmes, les pompiers, enfin, il ne savait qui et retourner secourir les autres. Mais à cette pensée, Il eut une défaillance. De revoir les mâchoires avides, aux dents acérées le glaça d’effroi. Non, il ne pourrait pas… Le souffle court, il ralentit son allure. Et les autres, alors ? Il se dit que, n’importe comment, il était déjà trop tard. Que c’était vraiment un miracle s’il en avait réchappé. Pourquoi faudrait-il qu’il retourne dans cet enfer ?
Pour la première fois de sa vie, il se surprit à être un lâche.

2/ EXERCICE : histoires croisées
Chacun fait la fiche de 2 personnages

3/ EXERCICE :
Chacun donne sa fiche à son voisin de droite. Ecrire une histoire avec les 2 personnages dont on a hérité.
shaun-egan-france-provence-nimes-roman-ampitheatre-toreador-statue-at-dusk

Personnage 1 : Antonio Medina del Campo, toreador de 37 ans né en 1850. Père de 5 enfants avec son épouse et de 4 avec sa maîtresse Maria. Blond aux yeux bleus. Né à Madrid. Passe son temps libre à pêcher et chasser pour nourrir la famille.
Personnage 2 : Maria Eulalia épouse du personnage 1. 35 ans couturière + lessives pour faire bouillir la marmite. Très amie avec la maîtresse. Brune, belle femme énergique au mauvais caractère. Pas de temps pour les loisirs.
Au détour d’une ruelle du vieux Madrid, le visiteur tombe sur une petite place ombragée sur laquelle trône la statue d’un toréador encorné par un taureau. C’est plutôt surprenant comme sujet mais le plus étrange est que beaucoup de femmes viennent s’y recueillir. Laissez ce vieillard chenu vous conter la légende qui remonte aux années 1890.
Aujourd’hui, raconte-t-il, c’est la Grande Corrida. Celle qui une fois l’an rassemble les meilleurs toréadors et taureaux d’Espagne. Les élus, un par province, noient leur appréhension dans la fierté d’appartenir à cette éphémère élite.
Quant au public, il est déchainé. Depuis une semaine Madrid ne dort plus, toutes ses auberges sont combles et les gens s’entassent où ils peuvent, dans les jardins des places d’armes, dans les champs alentours, sous les ponts….
C’est évidemment une période faste pour les voleurs en tous genres qui se faufilent discrètement au milieu des groupes de badauds distraits par les nombreux spectacles de musiciens, montreurs d’ours et autres saltimbanques. On ne compte plus les voyageurs détroussés et le bétail frauduleusement abattu. Quant aux pères, ils ne savent plus que faire pour préserver la précieuse vertu de leurs filles, mise à rude épreuve par tant de liesse.
Maria Eulalia a été extrêmement fière d’apprendre que son Antonio serait l’élu de Madrid. Dans un flash elle a vu sa silhouette élancée sensuellement moulée par le costume de lumière, elle a entendu les acclamations de la foule, les vivats dans sa ruelle obscure et puis…  Et puis quoi ? « Son » Antonio ?
A elle les yeux larmoyants par trop de veilles à la faible lueur d’une chandelle tremblotante ; elle coud d’instinct à force de ne rien voir. A elle les mains crevassées par les lessives dans l’eau glaciale du fleuve, les genoux en compote et le dos cassé. Car toréador, ça ne nourrit ni son homme ni ses 5… 9 ? enfants. Alors pendant que le bellâtre se pavane, elle, Maria Eulalia, elle coud. Et lave. A n’en plus pouvoir. Et justement, elle n’en peut plus.
De l’autre Maria (au moins là, il a pris ses précautions et ne risque pas de se mélanger les pinceaux, que des Maria !). Au début, cette relation lui convenait assez en la soulageant de la corvée de lit avec ce rustre qui ne rentrait à la maison que pour ronfler. Puis ils ont eu ce premier enfant, puis un autre, enfin avouez que 4 ça fait beaucoup ! Elle exagère la sainte nitouche ! Qu’est-ce qu’elle veut à la fin ? A elle le bon temps, à Eulalia le travail éreintant !
Certes, en ce milieu du XVIII siècle, une femme se doit d’être mariée et Maria l’autre, l’infortunée mère célibataire s’attire de lourds regards réprobateurs. On murmure méchamment dans son dos. Alors qu’elle, Eulalia, on la respecte et on la plaint. On admire son courage et son abnégation ; ne s’occupe-t-elle pas volontiers des mioches de l’autre ? Mais la coupe est pleine hurle son dos pendant qu’elle frotte et frotte de ses mains engourdies par le froid. Toute à sa colère elle n’écoute plus les bavardages des autres lavandières qui s’échinent comme elle dans le lavoir municipal. Car figurez-vous qu’elles l’envient ces gourdes !
Pourtant elles savent tout. Mais elles fondent comme Eulalia quelques années auparavant, devant le charme irrésistible du blond aux yeux bleus, si rare dans ce pays. Et puis le prestige de l’habit de lumière, ah comme il les fait rêver ! Elles qui ne triment pas nuit et jour pour le payer à crédit au prix fort, le laver de sa boue et ce sang répugnant dont on ne sait s’il vient du taureau ou de l’homme, recoudre ses blessures déchiquetées et le repasser !
Alors Eulalia se dit que ça ne peut plus durer. Elle se surprend à rêver… Le métier de toréador est dangereux. Depuis leur mariage elle vit dans l’angoisse de l’accident et n’assiste jamais aux combats. Mais maintenant elle se dit que si… Car en quoi l’aide-t-il ? Quelques pièces de gibier améliorent l’ordinaire mais comme il faut partager avec l’autre, ça ne fait pas grand-chose au final. D’ailleurs, à son âge, sa carrière se termine et que deviendra-t-il ? Un ivrogne scotché toute la journée à ressasser ses souvenirs avec de mauvais compagnons dans les bouges de la ville ? Est-elle encore amoureuse ? Hum, pas sûr.
Pour la fête il y aura les meilleurs. Hommes et aussi taureaux. Et, d’abord un peu honteuse, elle se met à espérer que finalement le taureau l’emporte. Oui ! Elle assistera aux combats et dans le secret de son âme, « pardonnez-moi mon Père qui Etes aux Cieux », et bien elle priera pour le taureau.
Antonio et Maria bis s’étonnent lorsqu’elle leur annonce qu’elle se joint à eux, ce qui pose le problème de la garde des multiples mômes dont Eulalia l’esclave complaisante se chargeait habituellement. On trouve une solution. Ce qu’elles peuvent bien s’entendre sourit le vantard très fier de ses succès.
Trop con pour deviner derrière les sourires hypocrites, deux haines qui flamboient, s’épient et se livrent à de perpétuelles escarmouches. Mais Maria, plus subtile s’inquiète du changement. Eulalia semble vraiment détendue, vraiment souriante. Et puis ce soudain refus de rester à la maison ? Alors celle qui après tout n’est que la seconde des Maria, s’inquiète. Ce revirement ne peut que cacher une menace. Non identifiée. Encore plus sournoise. Et plus l’une étale sa gaité et plus l’autre se renfrogne, suspicieuse.
Et elle en rajoute, Eulalia. A la stupéfaction des deux autres, elle manifeste un intérêt aussi soudain que tardif pour les taureaux. Elle veut absolument les voir, tout connaitre de leur férocité, de leur dur élevage, tout, elle veut tout savoir, elle qui depuis son mariage n’a plus mis les pieds à une corrida.
Antonio Medina del Campo finit embroché par une corne. Il laissa une veuve aux yeux secs et une maîtresse aux larmes de crocodile bouleversée de se retrouver sans ressources ni protecteur avec 4 enfants.
Madrid offrit des obsèques somptueuses à son malheureux champion. Eulalia en fut la reine en quelque sorte et pu savourer sa victoire sur la Maria humiliée, ignorée de tous. Et en jetant une rose sur le cercueil, elle eut du mal à cacher un sourire de gratitude envers ce Dieu qui, en répondant à ses prières, lavait ses remords.
Elle ne confia évidemment à personne ses prières secrètes mais les gens jasèrent. Antonio était un champion au sommet de son art, il faut au moins lui reconnaître cette qualité et son accident laissait perplexe.
Par vengeance, la Maria vaincue se fit un malin plaisir d’alimenter la rumeur en racontant le comportement étrange d’Eulalia avant le combat. Ce récit amélioré chaque jour par de nouveaux détails plus fantaisistes les uns que les autres, des regards lourds et des silences permettant à l’auditoire de laisser galoper sa propre imagination, finirent par convaincre les plus sceptiques que la brave mère de famille, excédée d’être cocufiée, avait empoisonné son mari avant le combat.
C’est ainsi que naquit cette légende tenace. Et de nos jours, conclu le vieux avec un sourire espiègle, les femmes trompées viennent se recueillir sur la statue pour appeler Eulalia à l’aide et trouver le courage de changer leur vie.
Mireille

lune-e10Inger quitta tôt la faculté cet après-midi là. Il détacha Félix, son chat vénusien qui l’attendait dans le parking réservé aux véhicules et le chevaucha pour rentrer chez lui.
Inger avait une vie très calme et ordonnée. Il étudiait l’histoire du Grand Chambardement, moment clé de l’histoire des humains et de tout ce qui vivait sur terre. Ce qui le passionnait étaient ces hommes étranges qui avaient détruit la planète Terre en 6040. Il se demandait toujours comment on pouvait faire pareille chose à une planète qui avait été si belle. Comment détruire tant de merveilles ? Profit ? Inconscience ? Il voulait tout savoir afin d’éviter que pareille chose se reproduise sur Vénus, planète qui avait accueilli les survivants après cette grande catastrophe.
Arrivé dans la bulle qui lui servait de logement, il désella Félix, son fidèle compagnon et lui donna à manger. Celui-ci le remercia d’une grande léchouille. Il alla ensuite embrasser sa mère adorée, Sarah. Elle avait connu le Grand Chambardement et Inger aurait vraiment pouvoir parler avec elle de ces temps si troubles. Hélas ! Sarah était devenue amnésique pour tout ce qui concernait cette période. Quelquefois, cependant, des images très nettes lui apparaissaient qu’elle décrivait avec minutie à Inger. Il prenais fébrilement des notes car ces images s’effaçaient aussi vite qu’elles étaient venues.
Ce jour-là, Sarah était paisiblement endormie dans un fauteuil. Il effleura son front d’un léger baiser et décida de la laisser reposer. Il se dit qu’il pourrait faire une petite sortie en bateau avant le repas du soir. Le minuscule voilier était amarré juste devant la bulle sur le lac de la Sérénité.
Il aimait bien partir pour une balade sur ce lac qui pouvait être calme comme un miroir ou démonté et hostile comme peut l’être une mer en furie.
Il détacha l’amarre et prépara le bateau pour une petite traversée qui s’annonçait tranquille. Mais à peine se fut éloigné de la rive qu’il y eût comme un frémissement à la surface de l’eau. Comme un mouvement de respiration, ce frémissement se fit plus ample. Les vagues commençaient à se briser sur la coque, alors que de noirs nuages apparus subitement obcursissaient l’horizon. La rive, sa bulle, tout avait à présent disparu et il se retrouva au coeur de la tempête.
Heureusement, Inger connaissait bien ce lac et il savait qu’après le déchainement des éléments, il se retrouverait dans un vortex temporel avant de pouvoir regagner la berge. Même si la tempête était un moment très difficile à passer, il savait qu’elle n’était pas dangereuse. Aucun bateau n’avait fait naufrage, c’était comme ça.
Après un moment qui lui parut une éternité, il se retrouva donc sur une mer noire et brillante, il ne savait trop où. Sur l’onde obscure, se reflétait une large et pleine lune. Enfin, il sut que c’était la lune car il s’était beaucoup documenté à son sujet. Il savait aussi qu’elle avait disparut en même temps que la Terre lors du Grand Chambardement. A sa grande surprise, cette dernière se mit à lui parler :
- « Bonsoir Inger. Tu sais que je n’existe plus. Ce que tu vois là n’est qu’une réminiscence de mon existence.
- Oui, Lune, je le sais, hélas ! Mais j’aimerais tant vous poser des questions… Que faisiez-vous, Lune, en ces temps anciens, à part éclairer les nuits des humains ?
- Oh ! Petit Inger, mes tâches étaient aussi nombreuses que variées et j’avais beaucoup de travail. Comme tu l’as dit, j’éclairais les nuits des humains en tournant en orbite autour de la Terre. Il fallait que je fasse très attention pour ne rien percuter. La gestion des marées était également de mon ressort (grosse lune, grosses marées). Je veillait à remplir les crabes de palétuviers à certains moments de mon cycle. Tu ne sais pas ce que c’est bien sûr, mais c’était un met très prisé, surtout sur une petite île pas plus grande qu’une chiure de mouche sur la mappemonde et qu’on appelait la Nouvelle-Calédonie…
Je faisais pousser les plantes et les légumes : lune montante pour les légumes en hauteur, lune descendante pour les légumes en racines. Mais aussi es cheveux. On me rend responsable des naissances et même, quelquefois, de transformer certains humains en loups garous. Ceci dit, à certaines périodes de mon cycle, certains un peu « dérangés » peuvent être très excités. Tu vois donc que j’avais un rôle essentiel. Cependant, ce qui me plaisait le plus était de regarder tous ces pauvres humains se débattre et courir à leur perte… J’ai bien essayé de les prévenir en multipliant les éclipses, mais rien n’y a fait.
A peine la lune eut-elle dit ces derniers mots que le vortex temporel se referma. Inger fut impressionné et très intéressé par ce discours. Il se retrouva à nouveau sur le lac de la Sérénité, éclairé par la rouge Mars et qui, à nouveau, portait bien son nom. Tout était calme. Rien ne bougeait. Soudain, il entendit comme un appel au secours, très faible, à peine un murmure. Il braqua sa lampe de vers luisants à la surface de l’eau. Au début, il ne vit rien… Puis, un clapotis à la surface. N’écoutant que son courage, il plongea dans l’onde noire. Il descendit à pic, puis, ses bras rencontrèrent un corps. Il le remonta vite à la surface et le hissa dans le bateau. C’était une frêle jeune fille, très pâle. Elle avait une longue robe blanche et ses cheveux d’argent s’étalaient sur le pont. Inger n’avait jamais vu de fille aussi belle. En fait, il n’avait jamais regardé de fille avant ce soir. Il en tomba tout de suite éperdument amoureux. Elle ne respirait plus. De ses lèvres, il lui rendit le souffle et, tandis qu’elle toussait et crachait, il lui dit doucement :
- Inger, je m’appelle Inger, et toi ?
- Lune, répondit-elle, je m’appelle Lune.
Fabienne

19 juin, 2014

Atelier du 16 juin 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:00

2/ EXERCICE :  Dans la peau d’un oiseau.

article_cagouTout petit déjà, ma mère et mon père disaient de moi : « il est toujours grognon ».
C’est vrai que depuis que je suis sorti de mon œuf, pourtant bien couvé par mes parents, je regrettais déjà d’être  un oiseau.
J’avais un mauvais pressentiment.
D’abord, j’ai été le dernier de mes quatre frères et soeurs à casser ma coquille.
Notre nid était fait de branches bien peu confortables, il faisait toujours froid, là-haut à la cime des arbres. Bien protégé au milieu de la couvée, personne n’arrivait à me réchauffer…
Le jour où je me suis envolé tout seul, j’étais bon dernier derrière Alceste, Antigone, Armelle et Anatole. Tous paradaient au-dessus de ma tête, pépiant à tue tête,  et criant dans l’air de dire : « alors, poltron ? Tu te jettes dans les nuages ou pas ? »
Alors, je me suis lancé, sous le regard impatient de mes parents qui avaient trouvé le prénom qui me convenait : Tanguy !
Me voilà donc dans les nuages : « oh, tout tangue autour de moi (c’est vrai, je porte très bien ce prénom). J’ai le mal de l’air, c’est horrible !
En dessous de moi, des minuscules fourmis s’agitent, je vais m’écraser dessus ! Au secours !
Voilà le souvenir qu’il me reste de mon premier envol et depuis, le supplice continue.
Dès que je fais des piqués, pour me nourrir de moucherons, par exemple, ou suivre un vent qui soulage ma fatigue, j’ai envie de vomir. Le tournis me reprend, je suis désorienté… Rien à faire : je n’ai pas la patte « oiseau ».
Pourtant, j’ai suivi des séances de psychanalyse avec Maître Corbeau sur son arbre perché, mais sans succès.
De guerre lasse, Maître Corbeau m’a conseillé le bouddhisme et depuis, mon état s’est considérablement amélioré.
En effet, j’ai décidé de me réincarner dans la peau d’un cagou, ce magnifique oiseau endémique qu’on ne trouve qu’en Nouvelle Calédonie, et qui ne peut plus voler. J’ai  donc rejoint le plancher des vaches et je fais désormais abstinence d’envolées dans le ciel.
Je me suis fait des amis fidèles et attentionnés qui aboient quand ils me voient arriver.
Au début, ils me faisaient un peu peur, mais j’ai vite compris que c’est leur seul moyen de défense pour impressionner les intrus.
Grâce à la grande famille des cagous, j’ai découvert les tapis moelleux des forêts humides, à moi les petits vermisseaux, bien plus succulents que les moucherons, vive les promenades de repérage pour trouver le nid le plus douillet pour accueillir ma douce et nos petits.
Vous l’aurez compris : moi, Tanguy, je suis le plus heureux des oiseaux qui ne vole pas.
Marie-Pierre Beaulier

An osprey feeds its chick on a nest in a marsh near the remote village of RasolaiBen voilà, c’est le grand moment ! Depuis notre naissance, nos parents nous ont protégés et nourris avec dévouement, mais maintenant ils ont décidé que nous devions prendre notre envol. Et apprendre à pêcher puisque nous sommes des balbuzards ou aigles pêcheurs.
Ces abrutis de parents, pour notre bien comme ils disent tous, n’ont rien trouvé de mieux que d’installer le nid au sommet du plus haut pin colonnaire que la planète aie jamais porté. Si, si, je vous assure ! Il mesure au moins 20 m de haut. On va se crasher. Rien que d’y penser, j’en ai des aigreurs d’estomac. Mon frère, aussi affolé que moi, a joué son grand numéro de charme à maman mais elle est restée de marbre. Elle pourtant si tendre !
Ils tournent majestueusement autour de l’arbre et nous invitent à sauter par des cris de plus en plus aigus. On va se prendre un bon coup de bec si on n’y va pas, ça c’est sûr. Puis avouons qu’ils sont magnifiques et que ce serait sympa de voler comme eux. Tout ce temps sans sortir du nid à contempler l’abysse vertigineux depuis son bord, on commence à s’ennuyer même si nos disputes et nos réconciliations meublent agréablement le temps.
Mon frère me lance un regard désespéré de son bel œil rouge qui commence à tirer vers le jaune. Hum. On a essayé de s’entrainer un peu en déployant nos ailes dans le nid et en sautillant, histoire de voir quel effet ça fait. Agréable mais de là à sauter dans le vide….
Flûte, j’aurais dû aller sur Internet consulter les statistiques concernant les crashs au décollage d’un pin colonnaire. Ce doit être effarent. Nos parents auraient peut-être réfléchi. Trop tard. Je ferme les yeux, adresse une prière désespérée au saint patron des balbuzards perchés sur un pin colonnaire et….  je saute !
Vite, ouvrir les ailes. Oh, ça tangue ! Le sol se rapproche à une vitesse vertigineuse. A travers une sorte de brouillard, je perçois les hurlements stridents de mon frère. Bon sang de bon sang ! Un puissant instinct venu d’on ne sait où me fait bouger la queue et les ailes. Le piqué se transforme en descente en feuille morte.
Par petites touches successives, je découvre les effets de mes plumes sur le contrôle de mon vol. Heureusement qu’il était haut, cet arbre ! Je parviens à modifier la direction et même l’assiette. Une touffe de fausses bruyères de bord de mer me tend ses bras accueillants et je m’y jette avec l’énergie du désespoir. C’est pas très esthétique mais au moins je m’en sors sans une égratignure ! Et dire qu’il va falloir remonter là haut, je me demande bien comment et puis redescendre et encore et encore. Car nos parents ne nous lâcheront pas.
Une semaine a passé et le vol plané au dessus du lagon turquoise est devenu un plaisir jouissif. Avec mon frère nous nous lançons dans des acrobaties de plus en plus audacieuses dans l’azur infini du ciel pour le plaisir de sentir l’alizé caresser nos plumes. Puissance grisante de la vitesse qui siffle à nos oreilles, liberté de vivre en 3 dimensions.
Et ce matin, grande nouvelle, j’ai pêché mon premier poisson !!!!! Après un plongeon qui m’effraie encore, mes serres crochues ont saisi sa chair délicieuse. Ce fut le meilleur de ma vie ! J’en ai donné à mon frère mais il est à la ramasse et dès que nos parents arrêterons de le nourrir, il ne s’en sortira pas. Je le sens et c’est dur car je l’aime. Mais telle est la loi de la nature. Seuls les meilleurs s’en sortent.
Mireille

Je Plonge – Me laisse tomber à pic et
sens l’aspiration de la falaise compresser mon plumage – Je file
à toute allure, mon bec fend les gouttes d’une
vague éclatée – Je pénètre la mer agitée – comme une
torpille – pour saisir ma proie – Je lui déchiquéte le
corps avec la vitesse de mon bec et la saisit avec mes
griffes – Vite – Je sors de l’eau, pour éviter la
prochaine vague, déploie mes ailes de toute ma force, m’extirpe de
ce souffle humide et emporte le poisson dans les
airs – VICTOIRE !!! –
Les petits seront bien nourris.
Stéphanie ROUCEL

mouette

JE – Un oiseau -
Dé -pendant de l’attraction
terrestre, il m’en avait fallu du temps – A
regarder le ciel s’échapper, sans pouvoir, sans jamais – avant de
parvenir à dé-coller, à m’extirper  de la terre – Je vole, à présent – Je vole – dans l’instant, mon corps en fuite fend le vent
léger à l’heure sacrée où la nuit et le jour s’épuisent,
s’épousent et se transforment pour se fondre en un corps
unique – incandescent – Mes yeux voient – Ils voient au loin -
tain de brume – des formes nettes et des ombres se
diluer en une symphonie des sens – encense et souffle mon corps
lourd et pourtant sus-pendu – traverser – bouleverser dans l’oubli et puis
porter – supporter – emporter – je me dilue un fois encore -
comme un tout – partout et cependant je suis
le monde – mon cri se perd dans son écho et me
reviens -L’eau se déverse entre mon bec dure quand j’assouvis ma
soif – Roc- je suis de roc et de plume, plume que je
lisse de mon bec dur – lentement – pour me
sécher après le bain de la pluie et
quand le froid s’y engouffre sans jamais me toucher – J’habite
une maison qui se dé-ploie et s’en- vole -
je vois la nuit – je vois – Je chasse – et
c’est au plus haut – là où l’homme n’as pas accès que je
somnole parfois – J’habille le silence de
mon cri déchirant – je vois -
l’invisible – Exprime – l’inexprimable – Vol où
personne ne vole, solitairement -
Je plane – longuement – dans la nuit qui arrive dans le jour qui
s’éveille – vibration éphémère – je passe
silencieux et m’éclipse dans le tout.
Pascale BENDER

titi_et_gros_minet.53087

Z’avais quitté
Mon nid douillet
Qu’m'avait offert
Ma p’tite mémé
Une caze dorée
Pour mon anniv’
Z’ai eu deux ans
Elle est splendide

 REFRAIN

Cuicui, z’suis cuit
Ca y est, z’suis fait,
Un coup du vilain
Gros minet

         II
Z’étais trop fier
Z’étais gâté
Tous mes copains
Z’étaient zaloux
Y’en a même qui
M’traitaient d’zazou
Ca les rend fous
Mais moi z’m'en fous

     III
Z’aurais zamais
Dû m’envoler
L’vilain matou
M’a attrapé
M’a déplumé
Et maintenant
Z’suis ridicule
Tout décoiffé

IV
T’es enfin là
Ma p’tite mémé
Elle r’vient à point
De son marché
Un coup d’pépin
L’a ramassé
Sur sa grosse
Tête de mal élevé

REFRAIN FINAL
Cuicui, l’est cuit
Le gros minet
C’est de la bombe
Ma p’tite mémé

© Aline MORI
Lundi 15 juin 2014

moineau-domestique--vrabec_dom_femaleUn matin, je me suis réveillée dans la peau d’un oiseau, ou plutôt, devrai-je dire dans ses plumes. Ça m’a fait un choc ! J’ai voulu hurler, pleurer, crier… Mais justement, rien à faire, je n’ai réussi qu’à cuicuiter. Et je suis resté tout emplumée, perchée là-haut sur le grand banian du jardin. Car apparemment, je suis un oiseau des villes… Vu mon petit gabarit et la couleur, je crois que je suis un moineau. Tout ce qu’il y a de plus banal, donc. Je me suis dit : « voyons le bon côté des choses ! Toi qui as toujours voulu voler, voilà l’occasion ! ». J’essaye donc, avec prudence au départ, de me lancer… Wouah ! C’est formidable, je suis liiiiibre ! je voooole ! Je plane, c’est génial. Je fais un looping de joie. Aie ! Je l’ai échappé belle, j’étais un peu trop au raz du sol et je n’ai pas vu les griffes et les dents acérées du chat de la maison. Vite, une branche pour me remettre de mes émotions. Va falloir faire attention ! La vie en ville est certes plus facile car on trouve toujours à manger, mais elle est pleine de pièges et de dangers. Encore toute tremblante, j’entends des cui-cui désespérés un peu plus haut. Je vais voir. Dans un nid douillet, 5 petits m’attendent avec impatience, le bec  largement ouvert. Mon dieu, serait-ce mes petits ? Il va falloir que je les nourisse. Mais comment faire ? Sur une feuille, j’aperçois de magnifiques chenilles… Soudain, j’ai une faim de loup. Mais non, je ne peux pas faire ça ! Le temps de le dire, et hop ! Déjà 2 chenilles de picorées. Je voudrais trouver ça dégoûtant, mais non. Leur corps mous explosent dans ma bouche, et je me surprends à trouver ça bon… J’ai même envie d’en reprendre. Ah oui, faut penser aux gosses. Un moustique, une mouche, et 3 nouvelles chenilles feront bien l’affaire. Je me mets au bord du nid et à ma grande surprise, je régurgite mon festin dans le bec des oisillons. Quels goûlus ! ça fait plaisir à voir ! Ils sont si mignons que j’ai envie de les prendre dans mes bras… heu ! Ce n’est pas prévu pour. J’ai failli tomber. Je vais simplement me contenter de leur tapoter la tête de mon aile. Tiens ! Je sens que j’ai un petit besoin à faire. Attendons un peu que Minou se mette bien dessous ! Voilà, fin énervé le matou ! L’avait qu’à pas me chauffer. Par la fenêtre ouverte de la maison, j’entends une jolie voix qui chante. Tiens, je vais l’accompagner ! Ben non ! Car même dans la peau d’un oiseau, je ne sais toujours pas chanter.
Fabienne

3/ EXERCICE : La liste de mes envies.

Au sommet de la liste de mes envies :
Me glisser sur ta peau mais la dessus je ne m’étendrai pas trop…
Je vois… Deux chiens qui jouent dans une prairie, tout fous, ils font de galipettes, se poursuivent, se cherchent, se dispersent. Ils sont beaux, leur joie est spontanée, quand ils courent ainsi, mon esprit court avec eux et dévale les pentes qui traversent d’innombrables cascades, chorégraphie sauvage, harmonieuse et coordonnée.
C’est sur ce tempo, ce fil fou imprévisible que j’aimerai danser, que la vie m’emporte dans son instantanéité.
Stéphanie ROUCEL

Envie : être en vie – Me régaler de voir l’en-vie te dévorer les yeux – Me lever la nuit quand plus rien ne bouge pour manger et écrire au crayon qui s’efface des histoires sans queue ni tête  en buvant un café chaud comme ton souffle dans mon cou, un mirage – Devenir transparente et fluide comme l’eau vive d’un ruisseau – Me confondre dans la nuit – me diluer dans le vent- envie… d’un p’tit rien, entre deux pains, dans un grand tout -  Vieillir assez pour me jeter das la mort comme dans une mer bleue turquoise – rêver encore – rêver  – aimer toujours – aimer.
Pascale BENDER

La liste de mes envies
A comme Aimer encore et toujours
B comme batifoler dans les herbes folles
C comme caresser le dos de mon chat
D comme danser le flamenco à Ronda
E comme écrire un poème
F comme fouler le sable
G comme goûter un bon vin
H comme humer l’air iodé de la Côte d’Opale
I comme imaginer ma vie
J comme jurer qu’on ne m’y reprendra plus
K comme klaxonner dans les rues de Nouméa quand la France gagnera la coupe du Monde de football
L comme lire tous les romans de MAUPASSANT, sans jamais me lasser
M comme mordiller la peau tendre d’un bébé
N comme nager vers le large, et ne pas revenir
O comme oublier la laideur
P comme penser à mon fils
Q comme ? (aidez-moi !)
R comme rêver de tout recommencer à l’identique
S comme sentir l’odeur du mes gâteaux à la sortie du four
T comme tendre la main, comme Cookie dans Homesman
U comme ULYSSE qui ne lâcha jamais l’affaire
V comme toutes les victoires contre la barbarie
W comme WC quand j’en ai vraiment besoin
X comme Xanadu, que je  ne me lasse pas de revoir au cinéma grâce à Orson Welles
Y comme Yvanhoe, mon premier amoureux platonique (quand j’étais adolescente, bien sûr)
Z comme Zorro, mon deuxième amoureux platonique (quand j’étais adolescente, bien sûr)
Marie-Pierre BEAULIER

voyage en ballon

J’ai toujours rêvé de plein de choses que je n’ai jamais pu ou jamais osé et que je ne pourrais peut être jamais faire :
-       Voir une aurore boréale
-       Passer une nuit dans un château hanté en Ecosse
-       Faire un voyage en ballon
-       Passer une journée (et une nuit) dans la peau d’un homme
-       Faire une croisière sur un magnifique paquebot
-       Etre une cantatrice mondialement connue
-       Faire un grande fête avec tous les gens que j’aime
-       Pouvoir dialoguer un moment avec Zahia, ma petite chienne.
-       Vivre un moment d’inspiration avec Baudelaire
-       Voyager dans tous les pays du monde, en sachant parler la langue.
Fabienne

DEVOIR : Vous êtes dans une très belle forêt. Il fait très beau. Devant vous, il y a un arbre immense. Derrière cet arbre, une porte. Vous l’ouvrez. Vous descendez des escaliers. Vous vous retrouvez dans un paysage magnifique avec des fruits appétissants, des cours d’eau fraiche et limpide. Vous entendez le chant des oiseaux, sentez des parfums, les couleurs sont superbes…  Vous sentez, vous entendez, vous goûtez, vous touchez, vous voyez ! Racontez…

Après l’atmosphère viciée et humide du souterrain, mes poumons s’emplissent avec joie d’un air aussi pur qu’à la montagne. Sur ma droite j’entends le chant clair d’un ruisseau qui court sur des galets bleus. Des fleurs jaunes tracent une ligne sinueuse le long de ses bords comme pour en souligner le cours.
L’air doux caresse ma peau avec délicatesse et me donne envie de me rouler dans l’épaisse mousse verte qui tapisse le sol. Mais en fait, j’ose à peine marcher sur ce tapis élastique par crainte d’écraser les minuscules fleurs blanches qui le parsèment comme autant d’étoiles dans un ciel sans lune.
Mais d’où peut bien venir cette odeur suave ? De cette guirlande de sortes d’oursins tous rouges qui part à l’assaut des troncs les plus hauts ? Ah non ! C’est cet arbre couvert de fleurs blanches comme la nacre dont le pistil jaune lance une prière vers le ciel. Mais alors que je m’en approche pour le humer avec délice, un minuscule colibri étincelant me brûle la politesse. Et pendant que son long bec courbe aspire le nectar avec délectation, ses ailes créent comme un petit nuage noir autour de son corps tout de bleus et de verts. Même si je sais que c’est inutile, je sors mon appareil photo, mais le temps de démarrer, le minuscule bolide est déjà parti butiner ailleurs.
C’est alors qu’un gigantesque papillon surgit au détour du sentier. Il mesure plus de 20 cm d’envergure, je ne savais même pas qu’il existait des papillons aussi grands ! Ses ailes blanches sont cloisonnées de noir, je distingue aussi du roux, un grand corps noir tout pelucheux ; il disparaît aussi vite qu’il est arrivé.
En haut des arbres, des oiseaux aux chants étranges jouent avec les rayons du soleil. Des perruches multicolores se chamaillent bruyamment en faisant tomber des noix par terre. J’ai toujours trouvé que les oiseaux de la vaste famille des « perroquets », aras, perruches, loris, etc. ont un cri à l’harmonie inversement proportionnelle à la beauté de leur plumage. Ils me cassent les oreilles, me les arrachent et je m’enfuis non sans ramasser les noix.
Ah, enfin des petits passereaux ! Ceux-là, on ne les voit pas, leur plumage est du genre passe partout, mais quel concert de flûte ! Je m’assieds tranquillement au bord du ruisseau et casse les noix entre deux cailloux. Elles croquent doucement sous la dent et je les mâche longuement pour laisser le goût submerger tous mes autres sens. Puis je plonge les mains dans l’eau fraîche pour les laver. Des vagues concentriques déforment momentanément le miroir de mon visage apaisé. Que je suis bien !
Mireille

Aucun bruit, si ce n’est celui d’une cascade qui me remplit de plénitude. Comment sui-je arrivée dans ce lieu magique ?
Le soleil est en train de se lever, mêlant des verts chatoyants à des roses adoucissants. Les feuilles des arbres sont recouvertes de perles d’eau et des petites perruches aux multiples couleurs en profitent pour se désaltérer. Elles semblent  discuter entre elles et leur plumage me donne l’impression de visionner un dessin animé.
J’avance prudemment pour ne pas les effaroucher. une senteur florale douce comme le miel me chatouille les narines. J’aperçois alors, serait-ce possible, un tapis de fleurs qui ressemblent à du muguet. Ces brins sont plus grands et plus beaux que tous ceux que j’ai pu voir. Je suis si émerveillée que je ne me pose même pas la question de savoir si les perruches et le muguet font bon ménage. Je ramasse une énorme brassée de ces clochettes qui porteront chance à tous ceux que j’aime.
Je m’approche de la cascade et me désaltère de son eau limpide et pure. Quel plaisir, je n’ai jamais goûté une eau aussi bonne, pas même celle du Mont-Dore.
Il fait très beau mais je ne souffre pas de la chaleur dans cette magnifique forêt. Soudain, je découvre devant moi un arbre immense, couvert de fruits rouges qui ressemblent à des cerises. J’en cueille quelque unes et me délecte de leur délicate saveur. Je décide d’en remplir un petit panier apparu mystérieusement à mon bras.
Derrière cet arbre se trouve une porte en très beau bois verni. Je la pousse doucement et descend quelques vieilles marches. Au loin, j’aperçois deux petits lapins blancs qui bondissent dans une somptueuse prairie. L’un deux s’approche de moi et se laisse caresser. Son pelage et si doux, comme de la laine angora. Je lui demande ce  que je fais dans cette forêt magique. Suis-je devenue une nouvelle Alice dans ce décor merveilleux ?
Au loin j’entends une toute petite voix, douce et feutrée, me dire : « commencez à sortir de votre torpeur, bougez doucement vos pieds et vos mains et reprenez lentement contact avec la réalité ».
J’ouvre difficilement les yeux et reprends conscience. Je m’étais endormie à la fin de mon cours de body balance.
Françoise

arbre

Les arbres immenses de cette forêt étrangement silencieuse ne laissaient pénétrer que quelques rayons dansants comme de la poudre d’or sur la canopée. Pas d’insectes, pas d’oiseaux. Seuls mes pas froissant les feuilles mortes crissaient. Je ne me souvenais plus où j’étais ni comment j’étais arrivée là. Perdue dans mes pensées, je faillis buter sur un majestueux kaori. L’arbre devait être millénaire. Il étalait là son large tronc, en plein milieu du petit sentier. Un passage s’ouvrait de part en part à l’intérieur même de ce tronc. Je n’eus même pas besoin baisser la tête pour y entrer. Soudain, ce passage se modifia sous mes yeux. Je ne voyais plus la suite du chemin, mais une porte, bien dissimulée dans le bois. Non sans crainte, j’ouvris cette porte et me mis à descendre l’obscur escalier en colimaçon. Je me disais que j’étais folle, que c’était certainement très dangereux, mais ma curiosité fut la plus forte.
La descente fut longue… Sans m’y attendre, je me retrouvais subitement dans un lieu enchanteur. Une rivière cristalline mêlait son clapotis au gazouillement des oiseaux. L’eau fraîche désaltéra ma gorge sèche. Une infinité de plantes et de fleurs multicolores exhalaient des parfums suaves. Mon œil s’étonna même de déceler des couleurs qu’il n’avait jamais vu auparavant, comme s’il existait là des couleurs inconnues qui, s’alliant, se mélangeant, s’harmonisant, donnaient une multitude de tons plus magnifiques les uns que les autres. Chacun d’entre eux semblait associé à une fragrance. Les respirer me rendit presque ivre. L’herbe vert tendre était un tapis si doux sous mes pieds que je ne pus résister et m’y allongeai, m’y étalai, m’y roulais avec volupté. De petits arbres me tendaient leurs branches couvertes de fruits délicieux comme des mains. J’en cueillis et les goûtais. Ils étaient si frais, doux et savoureux que j’avais l’impression de manger des mots d’amour. J’avais trouvé mon jardin idéal et rien ne m’en ferait sortir. Soudain, un bruit perçant me vrilla le tympan… et je tombais lourdement de mon lit. Je mis un bon moment avant de me rendre compte que ce n’était, hélas ! qu’un rêve.
Fabienne

Atelier du 2 juin 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:05

DEVOIR : Vous allez consulter une voyante.

Confessions-d-une-voyante

Quand je me suis trouvée devant la porte de « Mme Irma, célèbre voyante qui prédit le futur sans jamais se tromper » (dixit la pub !), j’ai tapé à la porte. Quand elle a crié « Qui c’est ? », j’ai juste eu envie de me barrer. Elle était vieille, avec fichu sur la tête. Devant elle se trouvaient une boule de cristal et un paquet de cartes.
Elle m’a demandé mon prénom et j’ai eu juste envie de me barrer.
Elle m’a dit que couper le jeu, plusieurs fois… Elle a étalé des cartes devant moi. Elle avait un air de plus en plus perplexe et j’ai juste eu envie de me barrer. Elle m’a expliqué qu’elle ne voyait pas très bien. C’est ballot pour une voyante, alors elle devait consulter sa boule de cristal. Mais là non plus, pas le résultat escompté : nada, que dalle !
Elle a crié que c’était ma faute, que j’émettais des ondes qui brouillaient les siennes. Alors je me suis vraiment barrée.
Fabienne

2/ EXERCICE : Dernier sens, le toucher
Organe : la peau.
Le toucher ne sert pas seulement à percevoir les contacts de toutes sortes, qu’ils soient agréables ou désagréables. Il nous permet aussi d’identifier les objets qui nous entourent, et se révèle essentiel dans notre intégrité physique.
C’est le premier des sens à apparaître chez le foetus.

Vous ne voyez rien, vous pouvez seulement toucher et sentir. Ecrivez un texte à partir de la photo.

ange

J’ai été appelé, c’est sûr, je n’ai pas rêvé quand même. Et c’était un appel au secours. Je me retrouve là et je ne vois rien car chez nous, c’est bien connu : on ne voit bien qu’avec le cœur. Avant de savoir ce que me dit mon cœur, je vais essayer de savoir où je suis. Je suis dans une pièce, vide ; ça sent la moisissure et l’abandon. Je pose ma main sur un mur. C’est chaud. Le soleil doit donner. Je me lève et marche doucement. Sous mes pieds crissent plein de choses. Je touche : des feuilles mortes. Pourquoi des feuilles mortes dans une pièce ? Ah oui, je sais, le léger courant d’air frais sur mes ailes m’indique qu’un carreau doit être cassé. J’entends des oiseaux qui chantent. Je pense que c’est l’automne. Je me lève, mes mains contre le mur pour essayer de deviner quelque chose. Je sens une fente, grande, elle doit faire tout le mur. Je me retourne, et sens comme un renflement dans le mur : les canalisations. Et puis, oui, la fenêtre… Comme je le pensais, le carreau du milieu gauche n’est plus. Au-dessous, je sens des débris d’une vieille tapisserie déchirée par l’humidité. A part les oiseaux et le léger soupir du vent, je n’entends rien… Pourquoi suis-je là, encore une fois… La voix que j’ai entendue s’est tue. Comment faire maintenant pour l’aider ? Cette pièce ne sent pas que l’abandon, elle sent la souffrance aussi. Mes pieds nus se déplacent doucement : beaucoup de feuilles mortes, et puis du verre… Je vais dans le coin en face. Mes pieds butent sur quelque chose de mou. Un matelas… Et sur le matelas, un petit corps immobile et sans vie, si fragile et si seul… Je suis arrivée trop tard ! Pourquoi ????
Fabienne

3/ EXERCICE : Faire un texte avec un maximum d’expression contenant « peau »

Je me sens mal dans ma peau. Elle tire, elle est sèche, rien à voir avec une peau de bébé ou de pêcheRien que la peau sur les os. Et en plus, une vraie peau de vache avec ça, à en croire certains. Alors, j’ai décidé de changer de peau ! Bon, Je ne vous dis pas, ça coute la peau des fesses et mes économies en sont réduites à une peau de chagrin et tout ça pour un mec… Mais maintenant, ça y est, j’ai fait peau neuve je vais pouvoir me mettre dans la peau de mon personnage. … Bon, vous allez me dire, il ne va peut être pas craquer et j’aurais vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il va peut être me jeter par la peau du cou, et je ne saurai plus quoi faire de ma peau, mais que voulez vous ? J’ai la peau dure et surtout je l’ai dans la peau.
Fabienne

1 juin, 2014

Atelier du 26 mai 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:35

DEVOIR : Quelques haikus sur les sons

Corps tanné de miel
Aux saisons de ton soleil
Tu fais des merveilles

Cœur talé s’éveille
Oraison d’un grand sommeil
Je t’aime sans pareil

Cœur en arc-en-ciel
Corps en accord démentiel
Ame en essentiel

 =========

Quand mon cœur s’épuise
Vie brisée incomprise
Mon âme agonise

Le vent sur la mer
Murmure des mots sur la mort
Des marins en mire

Œil, doigt, objectif
Instantané subjectif
Ame sans adjectif

Regarde la nuit
Les étoiles sont ton soleil
Et rêve ta vie

Tweet tweet la lunette
Qui sirote belles fleurettes
S’envole guillerette

Magnolia parfumé
Ta blancheur nous éblouit
Tu es si jolie

La piste illuminée
Les pneus crissent sur le tarmac
Nouméa me voilà.
Sylvie


Vacarme incessant
La circulation urbaine
Nous casse les oreilles

Piaillement des oiseaux
Réveil de tout le quartier
Quatre heures du matin

Bruissement d’ailes
Dans la moiteur de la nuit,
Au loin les chasseurs

Poissons du lagon
Eclats multicolores,
Clapotis dans l’eau
Fabienne

Cent gouttes de pluie
La danse des parapluies
Nos rires arc en ciel

 Le chat s’est sauvé
Dans la maison plus un bruit
Les souris s’ennuient

 Papillons de nuit
Les étoiles s’éteignent
Cœurs à l’unisson

Toc toc le pivert
Tic et tac les écureuils
Le chasseur a peur

Les herbes froissées
Nos deux corps ensommeillés
Amour de jeunesse
Marie-Pierre

 

LA VUE :

vue

La vue est l’un des sens les moins « fiables » (illusions d’optique, trompe-l’oeil, visions…)

 

2/ EXERCICE : regarder la photo 10 secondes et décrire avec un maximum de précision le plus d’objets possibles

objetsBien peu d’entre nous arrivent à décrire plus d’une dizaine d’objets !!!!

3/ EXERCICE : que voyez vous sur ce tableau ?

jauneColorspace (Thierry Virton)

Il ouvrit les yeux, et se leva en titubant, sans réfléchir. La panique le gagnait, il ne reconnaissait pas la chambre dans laquelle on l’avait amené : il y a combien de jours de cela ?
La dernière image avant le profond sommeil, c’était un trottoir sale, avec des trainées de boue et des traces d’essence solidifiées à hauteur de son nez parce qu’il était affalé par terre. C’était le seul souvenir imprimé dans son cerveau qui lui restait.
Il se traîna jusqu’à la fenêtre et remonta lentement le store. Une lumière rouge traversa violemment sa rétine. Instinctivement, il ferma les yeux, mais sa curiosité était trop grande. Quand il les rouvrit, le rouge était devenu une tache qui grandissait à vue d’œil devant lui, envahissant tout l’espace. Sur ses bords, cette masse informe hésitait entre le gris et le bleu foncé. Cela lui rappelait les trainées de boue et les traces d’essence dans lesquelles il s’était vautré. Et déjà, la tache n’était plus seule. On aurait dit qu’elle avait décidé de s’entourer d’une petite armée. Cela ressemblait à des nuages, gris-mauves, jaunes, roses, qui la rendaient plus forte, plus grande, plus impressionnante.
Mais ce qui le fascinait par-dessus tout, c’était cette passerelle de couleur calcinée en face de lui. Elle ne  bougeait pas, elle luisait d’un faible éclat profond. Il aurait juré qu’elle l’invitait à sortir de cette chambre improbable.
Il chaussa ses lunettes de soleil, attrapa son sac à dos, et quitta en toute discrétion l’hôpital dont il était, sans le savoir, le seul survivant.
Marie-Pierre

La cathédrale ensanglantée dégouline incandescente d’un ciel vaporeux. Mon regard s’attarde sur la foule, tâches grises et épaisses, qui s’agglutine autour de l’édifice. Et mes yeux s’emplissent des larmes bleues qui ruissellent vers la signature au bas du tableau alors que dans le coin opposé gronde un orage noir qui met en cendre l’esprit divin. Ma mémoire imprime un paysage apocalyptique soumis à l’enfer des flammes, inconsistance d’un monde confus.
Sylvie

rouge

Les murs du salon sont rouges, mais pas un rouge uni. C’est plutôt comme une coucher de soleil, très pourpre, avec des teintes de rose, de violet et de noir. Les meubles sont très modernes, un peu bizarres, mais se marient très bien avec l’ensemble. Une chaise est posée là. Son dossier est jaune orangé, parsemé de pétales rouges qui s’effeuillent. L’assise, soulignée de bleu lumineux que l’on retrouve sur les accoudoirs, reprend toutes les couleurs. Les pieds blancs sont fins et bien perpendiculaires. Une chatte noire est négligemment allongée. Son petit tente de grimper. Elle le regarde mais ne fait rien pour l’aider. Un grand fauteuil qui ressemble un peu à un trône fait face à la chaise. Le dossier est du même bleu que les accoudoirs de celle-ci. Un tissu chamarré de rose et orangé y est posé. Il ressort de l’ensemble un sentiment de paix et d’harmonie.
Fabienne

 

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