Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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27 mai, 2014

Hommage à Jean-Pierre Paillard, au Piano Blanc, le 21 mai 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:50

jpLe 21 mai 2014, les Amis de la Poésie et de l’atelier d’écriture ont rendu un hommage à Jean-Pierre Paillard, notre cher ami qui a animé les nuits nouméennes pendant plus de 20 ans avec sa femme Marie-Jo, au Piano Bar.

Jean-Pierre

Jean-Pierre, ton accueil chaleureux,
dans le cocon du piano-bar …
Le sourire-cadeau de ta voix
pour alléger nos jours-cafard …
et puis, ton bisou de moustaches
si doux que nos cœurs s’y attachent.

Sous tes cheveux, l’œil malicieux,
quand tu t’apprêtes à faire « pouet ! pouet ! »
pour ponctuer nos chansonnettes …
Quand sur le piano, tes doigts dansent,
les soucis, nous, on s’en balance .

Il n’y a plus ce temps qui passe
qui nous poursuit et nous menace.
Quand la séance est terminée
on se sent plus reposé,
plus léger, plus content,
heureux, tout simplement.

Jean-Pierre, tu nous manques déjà tellement…
Patricia


Chère Marie-Jo, cher Jean-Pierre,

Nous n’avons jamais été des amis intimes mais depuis que je suis sur le territoire vous faites partie de mon paysage et en quelque sorte de ma famille : j’ai fréquenté le piano bar pendant des années, même si je ne suis ni musicienne ni chanteuse, et c’est à ce titre que je vous associe pour vous rendre hommage, puisque vous avez enchanté pas mal de mes soirées.
Comment faire ? Je ne peux pas parler musique et je ne veux pas évoquer la mort. Ecrire un poème ? Je ne m’en sens pas capable. Un petit texte ? Ceux qui me connaissent à l’atelier d’écriture savent que je  tue à tour de bras et sans ménagement dans mes écrits, alors aujourd’hui je vais prendre le contre-pied de cette néfaste habitude et au contraire célébrer la vie.
Jean-Pierre est mort et nous sommes tous ici encore vivants pour partager notre émotion, pour nous réchauffer à notre amitié, pour dire à Marie-Jo que nous l’aimons, pour pleurer et chanter avec elle. Ce moment de vie intense que nous partageons ce soir, savourons-le ! Marie-Jo, ta peine est partagée, et je souhaite que l’intensité de ce moment soit ton petit bonheur du jour.
Huguette

Jean-Pierre, nous voulons ce soir, tous ensemble,  nous tes amis, te rendre un hommage et te dire au revoir et adieu, à Dieu.
J’aimerais que cet hommage ne soit pas triste, mais qu’il te ressemble, qu’il soit comme toi, drôle, joyeux, plein de vie et de verve.
Ton départ est le début d’une nouvelle vie dans un autre monde… Un monde fait d’amour et de bonheur…
Certains l’appellent le paradis.
Alors, j’ai imaginé ton autre vie là-haut.
Nul doute que tu es allé tout de suite au paradis, toi qui as tant fait pour rendre les autres heureux. Saint Pierre a dû se frotter les yeux en te voyant arriver car, bien sûr, tu n’avais pas oublié ton piano… Avant même de lui parler, tu lui as joué quelques petits accords de « la Java Bleue » et Saint Pierre n’a pas pu s’empêcher de fredonner et de danser !!!! Et puis, tu as continué avec du Ferré, Reggiani, Ferrat, Brassens… Et, à ton grand étonnement, Saint Pierre connaissait toutes les paroles, mieux que toi !
Alors, Dieu est venu voir qui faisait tant de raffut et en te voyant, il s’est exclamé « Enfin, Jean Pierre, depuis le temps que je t’attendais… Bon, il a fallu que je patiente un peu pour que les pauvres humains qui sont si tristes puissent un peu profiter de ta joie de vivre… Mais heureusement, maintenant, tu es là. A partir d’aujourd’hui, je te nomme officiellement mon « amuseur divin» (du vin ???), pour me rappeler que s’amuser est la chose la plus importante au monde ».
Adieu l’Artiste… Repose en Paix… Nous t’aimons à jamais…
Fabienne

Atelier du 19 mai 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:36

DEVOIR 

Dans le creux de la vague…..

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En enfilant mes vêtements trempés pour prendre mon quart de nuit, je sens que la situation s’est encore dégradée. Encore…. Dehors, le spectacle me laisse sans voix. D’ailleurs, comment parler dans ce vacarme assourdissant ? Quels pauvres mots offrir à la démence ?
Dans une obscurité de fin du monde, le seul souvenir de la lumière vient des flashs éclatants des déferlantes. Dans un mugissement sourd qui domine brièvement la cacophonie générale elles attaquent l’arrière, muraille noire couronnée de colère bouillonnante, prêtes à s’écrouler sur notre fragile coque de noix.
Souffle coupé par le vent, yeux embués de larmes, pluie et embruns amers, le barreur manœuvre désespérément pour fuir la lave blanche qui menace de l’engloutir à jamais. C’est une course désespérée contre la mort.
Avec un étonnement émerveillé nous voyons la lame plonger docilement, soulever le bateau sur son dos de colosse, avant de le lancer dans un surf vertigineux vers le fond. Pendant qu’une nouvelle muraille noire se présente sur l’arrière, la précédente monte vers l’avant. Plus haut que le mât. Plus haut que la survie dans ce monde fou l’exige. 3, 4 étages !!! Dément !
Dans le creux de la vague, le bateau semble s’arrêter au fond d’un puits. Noires sont les murailles qui le cernent, noir aussi le couvercle improbable du ciel, tout là-haut, si loin, si petit !
Dans le creux de la vague, difficile de respirer car l’air est devenu eau. Un mélange dur de pluie horizontale qui mitraille le dos et d’écume qu’il faut cracher.
Dans le creux de la vague, les mains gonflées de fatigue courent sur l’acier glacé de la barre, pendant que les yeux épuisés cherchent la faible lueur du compas. Il fait si noir qu’on ne discerne rien. Sauf les déferlantes. Et ce bleu sublime sur les vagues les plus dangereuses. Ce bleu « mers du sud », ce bleu « lagon » qui évoque les mouillages les plus enchanteurs chapeaute les vagues les plus hargneuses, la beauté et l’horreur se rejoignent.
Ici les dieux de l’air et de l’eau, les dieux de la lumière et de l’obscurité, de la vie et de la mort, se livrent un combat titanesque dans lequel les humains n’ont pas place. L’air arrache la mer en longues cicatrices blanches et la mer noie l’air. L’obscurité engloutit la lumière qui proteste en longs flashs d’un blanc mortel.
Une aube glauque tenta d’éclairer la scène du combat. Coincée entre la mer blanche, le ciel tout noir et un horizon grisâtre de brouillard, elle ne parvint qu’à rehausser l’horreur de la situation. Ne pas voir, finalement, était préférable. Puis le passage sur le plateau continental donna une nouvelle vigueur aux vagues, furieuses de savoir s’écraser sur cette côte qu’elles ne parvenaient à effacer.
Alors, dans le creux de la vague, au fond du puits ténébreux de la mer, j’ai vu s’écrire ma mort, si bouleversante pour moi, tellement insignifiante pour l’Océan. Mais dorénavant, nous pénétrons sur le territoire de la terreur à l’état pur, de l’indicible et mon récit doit s’arrêter.
Sur cette lancinante question : pourquoi, par quel miracle ne sommes-nous pas tous morts dans cette tempête ?
Mireille

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Dans le creux de la vague
Voguent mes idées,
Mes idées vagues,
Mes idées amères,
Mes idées noires.

Dans le creux de la vague,
La mer les engloutit
Et les écume en blanc.
Dans l’écume des jours,
Mes idées s’égrennent
Et voyagent sur le rivage.

Mais la houle en rage,
Les reprend dans la vague,
Dans le creux de la vague.
Dans le creux de la vague,
Voguent mes idées.
Sylvie

Aujourd’hui tout va mal
Dans notre beau pays plus rien n’est normal
Messieurs les technocrates
Les Français ont aboli la monarchie
Ils ne veulent plus de votre fausse démocratie
Et vous déclarent inaptes

Vous êtes à l’image de votre président
Qui est la risée de tous les gouvernants
La fuite des cerveaux s’accélère
Tandis que la montée des impôts est une vraie galère

Pauvre France te voilà dans le creux de la vague
Exsangue et blessée, avec toi l’on divague
Peux-  tu encore te réveiller avant de toucher le fond
Et te débarrasser de tous ces CONS ?
Françoise
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Je suis dans le creux de la vague
Au-dessus de ma tête la dague
De Damoclès se balance
Je n’ai jamais eu de chance

 Pas besoin de chat noir
Ou d’échelle sur un trottoir
Si un mauvais truc doit arriver
C’est forcément moi qui suis visée

 J’ai beau faire, j’ai beau dire,
Il m’arrive tout et même le pire
C’en serait même marrant
Si ce n’était pas si navrant

 Mais ici bas, rien ne dure,
Foi de reine de la suture
Je vous le dis : je surferai bientôt
Sur la crête des flots.
Fabienne

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VISION

Dans le creux de la vague dansent des poissons de métal .
Parmi eux tournoie ma sirène dont la longue chevelure reflète les rayons soyeux de la lune.
Pour moi, elle a cueilli ce bouquet marin d’anémones et de mousse.
Pour moi, elle ondule au rythme lent des flots, symphonie profonde, douce, lascive… et la mer, sur sa peau diaphane, dessine de mouvants bijoux d’écume.
Patricia

 

L’ouïe, un sens précieux :

ouie

Parmi toutes les informations que nous fournissent nos sens, 40% sont des informations auditives. L’ouïe est un sens qui analyse en permanence ce qui nous entoure, et ce, instantanément.
Grâce à la stéréophonie produite par nos deux oreilles, l’audition est capable de situer la provenance d’un son, mais aussi de nous situer dans l’espace par rapport à une source sonore.

Au-delà du sens d’alerte, l’audition est également le sens privilégié de la communication.
Indispensable à l’apprentissage du langage, l’audition nous permet de décoder et de reproduire les intonations, rythmes et accentuations d’une phrase entendue. Chaque son, chaque chaîne de sons et chaque variation sont autant d’informations sur un contenu affectif et émotionnel communiqué par son interlocuteur. En analysant ces informations, l’ouïe nous permet alors d’y répondre de la manière la plus appropriée en utilisant ce que notre système auditif et notre cerveau ont appris.


2/ EXERCICE

a/ Aujourd’hui, vous n’êtes qu’une oreille. Pas de vue, pas d’odorat, pas de toucher, simplement une oreille. Vous êtes dans votre lit et dans le noir. C’est la nuit et vous imaginez l’activité des voisins aux bruits que vous entendez.
ou
b/ Vous êtes dans votre lit (malade ou autre…) et essayez de deviner l’heure qu’il est simplement aux sons que vous entendez.

Vangogh

L’oreille de Vincent

 L’oreille s’était bien confortablement calée contre le traversin.
Elle avait perdu sa sœur jumelle un soir où Vincent, leur propriétaire, avait encore plus bu qu’à l’accoutumée. Un pari de trop avec son ami Paul, que Vincent avait perdu, et avec ce jeu stupide, Vincent y avait laissé une oreille, rageusement  mutilée de sa propre main armée d’un couteau tranchant.
L’oreille qui avait survécu faisait le travail pour deux. Et elle ne chômait pas.
Dans sa grande solitude, elle avait appris à détecter les bruits les plus infimes, chuchotements, glissements, craquements, dans la chambre jaune, place Lamartine à Arles.
L’oreille n’était pas intéressée par les rires des prostituées, les cris des ivrognes et les disputes des voisins. Tout cela lui donnait mal à la tête, si l’on peut dire.
Par contre, elle guettait avec impatience le trottinement de la souris Clotilde sur le parquet usé, à la recherche de miettes de pain.
L’oreille vibrait au crissement des pattes du rat Gaston, seul survivant d’une tentative
d’empoisonnement du locataire. Elle entendait Gaston se venger en grignotant les pieds de chaise et de table en bois. Et elle pouffait de rire, si tant est qu’une oreille puisse rire…
Mais par-dessus tout, l’oreille adorait entendre le délicat frottement du pinceau de Vincent sur la toile, le tapotement du couteau sur sa palette.
Elle avait appris à reconnaître quand il travaillait sur « la nuit étoilée », « le café de la place du forum » ou les bouquets parfumés d’iris.
L’oreille avait perdu sa sœur jumelle, et elle en était inconsolable. Mais elle avait la chance de partager la vie d’un génie et d’entendre son œuvre magistrale naître sous ses doigts.
Elle supportait tout avec lui, les bons et surtout les mauvais jours, les plus fréquents. Quand il hurlait dans sa chambre d’interné à Saint Rémy de Provence ou à Auvers-sur Oise, elle se bouchait l’oreille, et pleurait à ses côtés.
Elle seule pouvait déjà entendre les millions d’applaudissements et de compliments que Vincent accueillerait après sa mort, et pour l’éternité.
Marie-Pierre

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Nuit « normale » de week-end dans mon quartier.

Ce vendredi soir là, fait assez exceptionnel, je m’étais assoupie très rapidement, fatiguée que j’étais de ma semaine. J’espérais passer enfin une bonne nuit. C’était sans compter sur l’activité nocturne des fins de semaine. Je fus réveillée en sursaut par la sirène des pompiers. Le camion se gara juste sous la fenêtre de ma chambre. De jeunes imbéciles désoeuvrés avaient encore mis le feu aux poubelles. J’entendais clairement les flammes dévorer les tas d’immondices, de temps en temps, le claquement sec d’un aérosol venait ponctuer ce bruit de crémation. J’adore les pompiers qui sont très utiles, rappelons le, mais ils manquent un peu de discrétion. Je les imaginais tirer la lance sous les ordres de leur chef. Puis j’entendis l’eau crépiter sur les braises. Cet épisode dura bien une demi heure. Le calme revenu, je tentais de me rendormir quand deux voitures se mirent à faire une course poursuite entre les deux ronds points voisins. Accélération, crissement des pneus, et redémarrage. Ah je vous jure ! Il y a des baffes qui se perdent… Cependant, les deux protagonistes cessèrent leur petit jeu assez rapidement, la distance entre les deux ronds points n’excédant pas 500 m, ils durent se lasser… Enfin le calme, j’étais prête à me jeter enfin dans les bras de Morphée quand j’entendis un cri épouvantable, comme un animal qu’on égorge… Suivirent tout un tas de noms d’oiseaux… Une femme, apparemment alcoolisée insultait son compagnon d’infortune. Lui, assez placide au début réagit assez vite à cette attaque et commença à répondre. J’avoue que ce soir-là, mon vocabulaire d’insultes s’est copieusement enrichi… ç’aurait été assez drôle si cette dispute d’ivrognes eût été à des heures de grande écoute. Après une éternité, ils durent s’endormir car la nuit redevint calme. Pourrais je enfin me reposer ? Que nenni, c’est à ce moment là que mon voisin arriva ;  la sono de sa voiture à fond fit vibrer les vitres de mon appartement. Comment pouvait il supporter ça ? Pourrais je dormir ? Mais non, apparemment, il était déjà quatre heures du matin, heure où non pas le gazouillis mais la vocifération des oiseaux bien réveillés et prêts pour une nouvelle journée me fit me lever, en colère et toujours aussi fatiguée de cette nuit sans sommeil ! Et je vous assure que l’ami Ricoré n’avait pas à se pointer ce matin là !
Fabienne

3/ EXERCICE :

Quel est (ou sont) le(s) bruit(s) ou son que vous détestez entendre par-dessus tout ?
Quel est celui (ceux) que vous aimez écouter plus que tout ?

Les bruits que je déteste :
-       les tondeuses qui coupent le gazon à 7heures du mat le samedi
-       les klaxons des voitures, les sonos à fond et en général, la circulation
-       les gens qui crient et se disputent
-       un bébé qui pleure toute la nuit
-       un chien qui aboie sans arrêt
-       les marteaux piqueurs, qui nous laissent hagards lorsqu’ils s’arrêtent
-       un robinet qui goutte
-       une chaise aux pieds en fer qu’on déplace bruyamment
-       la roulette chez le dentiste
-       une craie qui crisse sur un tableau noir

   Les sons que j’aime :
-       Le bruit de l’eau claire d’un ruisseau
-       La respiration lente et puissante de la mer
-       Une belle voix qui chante a capella
-       Une très belle musique
-       Le son d’un violon mélancolique
-       Le cri des poissons rouges au fond de l’aquarium
-       Mes fils qui m’appellent maman
-        la pluie quand je suis sous la couette

-       Des rires sonores
-       Mais, ce que je préfère écouter par dessus tout, c’est encore le silence !

15 mai, 2014

Atelier du 12 mai 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:40

DEVOIR : sandwich Mots obligatoires à insérer dans ce texte : calendrier – seau – bruit – tapis boubekeur06 Il attendait le samedi soir avec impatience pour faire des virées avec ses copains. Paco, Momo et Saïd venaient le chercher chez lui. Ils ne s’y attardaient pas, les parents étaient vraiment ringards. « Et ne faites pas de bêtises, hein ? » disait le vieux. « Sous leur dehors de petits durs, ce sont de vrais  anges », disait la vieille. Des petits anges ouais, si elle savait… D’abord, ils iraient voir leur pote Leïto, pour avoir un peu de beuh. Avec la bouteille de rhum qu’avait amené Paco, ça les mettrait vite dans l’ambiance. Eux, ils ne trafiquaient pas. Trop dangereux ; les flics étaient toujours sur la brèche. Encore que depuis quelques temps, les flics, ils osaient plus trop y rentrer dans leur banlieue. Bientôt, ils seraient les rois. Comme chaque samedi, ils iraient parler avec des filles, gentiment, comme ça, l’air de rien. Et puis, quand elles seraient en confiance, ils les amèneraient au loft. Le loft, c’était leur territoire, des caves, aménagées où ils mettaient le butin de leur vols : chaine hi-fi, banc de muscul, tapis, canapé, seau de champagne… le vrai luxe. Ils y seraient tranquilles. Il y avait bien longtemps que les habitants du quartier ne descendaient plus dans ce qu’ils appelaient « l’enfer ». Après, ce serait la fiesta !!! Quelquefois, ils invitaient des gros bonnets, des chefs de gangs d’autres banlieues, histoire de se faire bien voir et de garder de bonnes relations de voisinage. Qu’est ce qu’ils se marraient ! Surtout quand ils tapaient les filles, un peu, pas trop sinon, c’était pas rigolo, elles ne criaient plus, plus de bruit. Et puis, aucun risque, ces filles-là, elles ne portaient jamais plainte… La belle vie qu’ils avaient ! Il regarda le calendrier, plus que deux jours à attendre, alors, impatient, il éteignit ses lumières et se mit à regarder par la fenêtre.
Fabienne

Baobabs

LA PLAINTE DES BAOBABS

Il attendait le samedi soir avec impatience pour faire des virées avec ses copains. C’étaient les seuls moments de plaisir que Souliman pouvait s’accorder dans cette vie misérable qui était tombée sur lui comme la pluie torrentielle fait soudainement irruption dans une terre exposée à des longs mois de sécheresse. Elle pénètre dans ses entrailles avec fougue, sans prévenir, faisant un bruit assourdissant, et prétend la nourrir pour que la semence pousse dans son sein. Puis, elle s’arrête aussi vite qu’elle est arrivée. Tous les robinets des nuages ferment en même temps, pire qu’une coupure d’eau car même pas une goutte se détache, miraculeuse, pour qu’on puisse au moins mouiller sa brosse à dents.
C’est alors que toute cette chaleur cumulée dans le plus profond de la terre craquelée prend une fuite ascendante, rapide. On croirait que Pluton a ouvert la porte des enfers, nous envoyant son feu ravageur de vie. C’étaient des moments difficiles pour lui et sa grande famille qui vivaient aux abords de la savane dans une maison en dur construite par son beau-père.
Sa belle-mère avait rempli la vingtaine de seaux dont disposait la famille et exultait de joie à la vue de cette abondance, l’eau étant un bien rare dans la zone. Un sentiment bien différent se cachait dans le jeune corps de la fille de Souliman, atteinte d’asthme depuis la naissance et dont les fortes crises, intensifiées par l’humidité de la pluie, la laissaient dans un état d’épuisement qui inquiétait se parents. L’enfant restait prostrée des longues heures sur le tapis bleu que la grand-mère utilisait pour faire ses prières, jusqu’à ce que ses bronches s’ouvrent et laissent entrer l’air pur.
Souliman élevait des moutons et une fois par an en vendait la laine à la foire au bétail qui avait lieu peu avant la Tabasqui. La vie s’écoulait avec douceur dans la savane. Il aimait les baobabs, ces arbres majestueux qui devenaient de mystérieuses ombres chinoises au coucher du soleil, assombris par le jaune orangé de l’horizon. Mais malgré tout, le jeune homme n’était pas heureux dans son mariage arrangé qui lui avait donné cet enfant malade qu’il adorait de tout son cœur. Dans sa recherche désespérée d’un peu de bonheur, il regardait le calendrier chaque matin et comptait les jours qui lui restaient jusqu’à samedi. Ce samedi là il partit avec ses copains à Thiès pour faire la virée des dancings. La soirée fut de toute détente et ils finirent en boîte de nuit, comme d’habitude. Pendant qu’il dansait en belle et bonne compagnie, il crut apercevoir entre les flashes éblouissants la figure de son épouse accompagnée d’un bel homme. Il frotta ses yeux et l’image disparut. Il attribua à son imagination cette vision furtive et peu après il partit avec ses copains à l’hôtel Résidence Latdior où ils avaient le privilège  de passer une nuit gratuite avant de rentrer dans leur forêt de baobabs. Il venait de rejoindre sa chambre lorsqu’il entendit le moteur d’une 4X4. Il jetta un coup d’œil machinal et crut revoir encore sa femme du bras d’un autre. La lune avait disparu dans un ciel brumeux et il ne pouvait pas bien distinguer les traits des visages. Alors, il éteignit ses lumières et se mit à regarder par la fenêtre.
Juana Maria Medina Garcias, Nouméa, le 29 avril 2014

 Il attendait le samedi soir avec impatience pour faire des virées avec ses copains. Evidemment, au mot « virées », votre pensée répond bars enfumés et filles désenchantées se donnant avec indifférence dans des boîtes de nuit ivres de bruit. Mais vous n’y êtes pas du tout car en fait, notre homme était un poète. Avec ses amis, ils interrogeaient avec fébrilité le calendrier pour trouver des conjonctions de planètes et profiter de la seule nuit de la semaine suivie d’une bonne grasse matinée pour préparer leurs escapades loin des lumières de la ville. Ils se retrouvaient dans un champ désert dont la vieille barrière rouillée permettait un accès relativement aisé. Et là, les pieds dans la gadoue, les narines agressées par l’odeur aigre des bouses sournoises qui avalaient les chaussures dans un bruit de succion, ils déployaient leurs fragiles télescopes sous le regard ahuri des vaches assoupies. Parfois un meuglement lugubre protestait contre cette intrusion et une fois, un taureau furieux, à moins qu’il ne s’agisse d’une mère défendant son veau, allez savoir, de nuit ! Une fois donc, un monstre, que dis-je, une muraille noire leur fonça dessus, les phares rouges de ses yeux féroces braqués sur le précieux matériel. S’ensuivit un sauve-qui-peut général vers les voitures que le monstre, finalement, renonça à charger. Tremblants de peur, sanguinolents, les vêtements en charpie, il leur fallu trouver le courage d’aller récupérer leurs bijoux de technologie. Une semaine entière de soins assidus suffit tout juste pour nettoyer et régler les fragiles mécaniques et bien qu’ils se soient juré qu’on ne les y reprendrait plus, ils revinrent. Evidemment ! Car c’était si beau. Toutes ces formes étranges figées mais pourtant mouvantes, ces couleurs allant du rubis mystérieux au bleu profond du saphir, cette quête sans fin du toujours plus lointain, du toujours plus rare ! Pour affermir leur courage après tant d’émotions, ils avaient pris l’habitude de s’abreuver généreusement de bières mises à rafraichir dans un grand seau rempli de glace pilée. Les douces vapeurs de l’alcool rendant la présence des bovins suffisamment nébuleuse pour qu’ils parviennent à s’en accommoder. Alors, le regard perdu dans le tapis diaphane du ciel, ils pouvaient librement s’extasier de la beauté de la nature et rêver à ces lointaines planètes d’où d’autres êtres, peut-être, les observaient avec autant de gravité. Quand l’aube commençait à rosir et les étoiles à s’éteindre, ils rentraient chez eux d’un cœur allègre. Mais ce soir là, il su qu’il ne trouverait pas le sommeil car ce qu’ils avaient observé dépassait en beauté tout ce qu’ils avaient jamais vu. Alors il s’accorda une dernière bière dans le calme de son appartement et s’assit dans son fauteuil. Avant de s’endormir, il éteignit ses lumières et se mit à regarder par la fenêtre.
Mireille


2/ EXERCICE
 : l’odorat

Très lié au goût, l’odorat nous permet de mieux apprécier la nourriture
Organe : le nez
Anosmie :  perte de l’odorat
Hyperosmie : odorat très développé
cacosmie : modification du sens olfactif

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On dit que l’odorat est la plus forte des mémoires car il lié à l’émotionnel.
« Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres…  l’odeur et la saveur restent encore longtemps… »

Quelle est votre « madeleine de Proust » ? C’est à dire, quelle odeur vous émeut au delà de tout ?

 madeleinedeproust

C’est l’été, le vrai, celui du sud. Je suis en vacances et je me balade dans le vieux Nice. Je suis attirée par les couleurs chaudes et les odeurs fortes des épices. Soudain une senteur plus douce vient me chatouiller les narines et finit par occulter toutes les autres : quelques petits sacs de pignons sagement rangés au bout d’un étal me transportent bien loin et me font rebrousser le temps à toute vitesse. Je nous revois tous les trois, mon frère Richard, ma cousine Nathalie et moi, encore bien jeunette. Nous sommes au Lavandou, dans les jardins de l’hôtel Beau Rivage, et pleins d’espoir, nous ramassons laborieusement notre future fortune. Parmi les pommes de pins odorantes et les épines qui jonchent le sol de la sombre pinède, nous recueillons une multitude de petits pignons. Il nous faudra ensuite les casser (mais avec délicatesse pour ne pas les abimer) puis, les ranger dans de petits sacs transparents, ce qui, à coup sûr, devrait nous rapporter gros ! La fièvre du commerce s’empare de nous et notre imagination fébrile nous fait déjà millionnaires. Je me revois dans ma petite robe de vichy rouge et blanc, le visage entouré de boucles brunes et denses. J’aperçois aussi mon frère, le visage, à son grand dam, constellé de tâches de rousseur et ma petite cousine toute dodue et dorée avec ses deux petites nattes tirebouchonnantes. La vision est si précise et si réaliste que toutes les échoppes alentour ont disparu mais voilà qu’un passant me bouscule sans ménagement et je me retrouve brutalement dans ce corps de 60 ans que j’avais fini par oublier. Adieu mes joues roses et nos rêves de gloire ! Adieu le champagne de mes illusions ! Mais il est vrai qu’il est aussi parfois bien agréable de vivre avec son âge parce qu’on a appris à apprécier tous les petits bonheurs quotidiens que la petite enfance nous faisait traverser sans en avoir conscience. Patricia

traite+manuelle Je suis née et j’ai grandi à la campagne, dans un petit village qui comptait 15 fermes, 1 500 habitants, trois cafés, quelques petits commerces, une école communale…. et des milliers de vaches,  veaux, cochons, poules, coqs, poulets, pigeons, canards, poussins, lapins, pintades, chevaux, bœufs, oies…. Ma Madeleine à moi ? J’ai d’abord pensé à celle du fumier, car elle était omniprésente dans le village. Mais je ne vais pas vous en infliger la description, et je choisis sans regret l’odeur du lait.  L’odeur du lait dans tous ses états : le lait cru, sorti du pis de la vache, que je regardais couler dans le seau de la fermière préférée de ma mère.  C’était la plus gentille, et la plus triste des fermières du village, car elle ne pouvait pas avoir d ‘enfant. Elle ne fut même pas jalouse de ma mère quand celle-ci me mit au monde. Mme Lambert décida que Blanchette, sa vache la plus généreuse en lait, me serait réservée pour mes biberons. Plus tard, quand je n’avais plus besoin  de biberon, mais que je devais aller chercher du lait à la ferme, Mme LAMBERT m’accueillait avec un grand sourire et m’emmenait à l’étable pour remplir mon pot à lait d’un bon lait encore tiède et savoureux. Et l’odeur du lait bouilli ! Il est associé aux délicieux desserts que ma grand-mère préparait pour les clients de sa pension de famille, qui étaient tous un peu ses enfants. Gâteaux de riz au lait, pain perdu, œufs à la neige gros comme des nuages dans la casserole remplie à ras bord de lait. Ma mission était de surveiller que le lait ne s’échappe pas de la casserole, entraînant alors avec lui les pauvres îles flottantes qui se seraient écrasées sur la table… De temps en temps, un accident arrivait : le lait se gonflait de colère et s’étalait sur la cuisinière. C’était alors une odeur de lait roussi qui envahissait la cuisine, agressait les narines, et le liquide se collait sur la surface en fonte. Ma punition était simple : il ne me restait plus qu’à gratter les croûtes de lait collées, gratter, gratter… Une fois ma faute réparée, j’avais quand même le droit de savourer les meilleures îles flottantes que j’ai jamais mangées de ma vie. L’odeur du lait, je l’ai retrouvé plus tard, en donnant le sein à mon fils. Le lait, ce symbole de pureté et d’enfance éternelle…
Marie Pierre

 

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C’était un soir d’été. En passant le long du jardin de ma voisine, je fus saisie par un parfum enivrant que je connaissais et que je reconnaitrai toujours. Je fermai les yeux et inspirai profondément, longuement… Aussitôt mes années marocaines resurgirent, je revis mon jardin, les fêtes pendant les nuits chaudes de juin, liées à jamais à l’odeur pénétrante du « mesk-ellil », le galant de nuit. Une petite plante insignifiante, inaperçue le jour, tapie dans la haie, aux fleurs jaune pâle, quasi invisibles, mais qui exhalaient à la nuit tombée un parfum suave et voluptueux, intense et léger à la fois. Il reste à jamais pour moi lié au bonheur de mes années Maroc.
Huguette

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Un soir banal devant l’écran de télévision je visionnais une pub pour un parfum. Une jolie blonde évoluait langoureusement sur un tapis rouge. Elle était le portrait craché de MARILYN. Les mêmes courbes généreuses et ce regard d’enfant effarouchée. A ce moment précis, l’image de ma mère se superposa sur l’écran.
Je devais avoir quatre ou cinq ans. J’adorais entrer dans sa chambre et, les yeux émerveillés, je la regardais se préparer. Robes longues, accessoires, bijoux. A mes yeux de petit garçon tout ce rituel me captivait. Venait alors le geste final. Elle prenait un joli flacon et versait élégamment quelques gouttes de ce parfum mythique au creux de son cou. Je me souviens encore de cette odeur poudrée qui l’imprégnait lorsqu’elle venait m’embrasser avant de sortir.
A l’âge adulte, je me suis souvent demandé si, comme Marilyn , elle s’endormait avec cette fragrance magique comme seul habit.
J’ai longtemps offert ce merveilleux parfum à mes différentes compagnes. Mais, hélas, je n’ai jamais pu retrouver la même senteur poudrée qui me fascinait.
Françoise

J’étais très pressée ce jour-là et tous ces gens devant moi, à la caisse du super marché m’exaspéraient par leur lenteur ! Je bougonnais toute seule quand soudain, une odeur unique et  reconnaissable entre toutes, un parfum très subtil me laissa interdite, les courses à la main, prête à les poser sur le tapis… Je me suis soudain retrouvée à la maison, chez mes parents, quand le dimanche, ce parfum si discret illuminait ma journée. Un peu stupide, je me suis tournée, retournée pour essayer de deviner d’où venait une telle fragrance. La caissière ? Non, impossible… Après toutes ces heures de travail, ne s’échappait qu’une odeur aigre de ses aisselles. Non, cette odeur-là était typiquement masculine. Le petit vieux derrière moi ? Je me penchais discrètement, narines ouvertes… et ne perçus qu’un vieux relent d’urine. Beurk ! Un peu hébétée, je remis mes courses dans le chariot et partis, nez au vent dans les rayons, comme un limier à la chasse. Je suivis le ténu et pourtant persistant message olfactif. Déjà, je revoyais mon père, tout beau, tout propre, sortant de la salle de bain, un sourire aux lèvres. Et c’était moi qui « étrennais sa nouvelle barbe ». Je lui posais un léger baiser sur la joue. Un baiser qui sentait bon la fougère et le sous-bois. Ça y est je le tenais ! Pas de doute !!! J’étais revenue cinquante ans en arrière. Je m’approchais le plus discrètement possible de la silhouette un peu voûtée. Quand soudain, elle se retourna, je retombais lourdement sur terre. Quelle désillusion ! Un immonde nain de jardin me regardait d’un air louche et néanmoins acariâtre. Et là, je me suis dit : ça devrait être interdit de vendre ce parfum à n’importe qui !
Fabienne


3/  EXERCICE

Ecrire un court texte avec le verbe « SENTIR » employé dans différents sens.

Je ne peux plus le sentir ! C’est bien simple, il m’agace, il m’énerve, il m’exaspère : d’abord il sent le tabac froid, c’est rédhibitoire, non ? Et puis je sens bien qu’il se sent supérieur à moi. Et ça, il me le fait bien sentir ! Dès qu’il se met à pérorer devant un auditoire féminin, étalant ses connaissances scientifiques et philosophiques, il ne se sent plus… Notre histoire sent la fin, je le crains !
Huguette

Je le sens pas ton truc, j’te dis. Ça sent pas bon. Non, ne m’oblige pas à y aller ou je vais me sentir mal ! Mais c’est quoi, ce truc ? ça n’a pas le goût de l’odeur ! ça sent la réglisse et le chocolat. Finalement je me sens d’y aller et même de m’y sentir bien !
Fabienne

12 mai, 2014

Atelier du 28 avril 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:32

1/ EXERCICE : les 5 sens

A – Le goût

Organe : la langue.

Il existe 4 goûts différents : le salé, le sucré, l’acide ou l’amer. Trouvez d’autres goûts qui ne sont pas répertoriés (le piquant, l’âpre, le chaud, le froid…)

Rappelez vous 2 aliments :

1/ quelque chose que vous aimez : dites pourquoi vous aimez ça, quelles sensations cela vous apporte, employer des termes relatifs au goût

2/ quelque chose que vous détestez. Pourquoi n’aimez vous pas ?

Qu’est ce que ces choses vous rappellent de votre enfance ou adolescence. Ne dites pas de quel aliment il s’agit, on doit le deviner.

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1/ Lorsque j’en mange et c’est  peu souvent, c’est vraiment un goût de paradis. On dirait que les oiseaux chantent autour de moi et je suis heureuse. Je n’en avais jamais mangé avant d’arriver dans le Pacifique. La première fois, ce fut un enchantement, un émerveillement suave. Je pense que si je mangeais des roses, elles auraient le même goût. Lorsque je le croque, il éclate en mille particules sucrées dans mon palais. J’attends que les premières sensations se soient apaisées, puis je commence à mâcher, lentement, pour faire durer le plaisir.  Là, je suis enrobée d’une bulle de bien-être… juste avant que n’arrive l’âpreté du noyau.

 

2/ En général, je n’aime pas les choses visqueuses et gluantes. Mais ça ! Beurk ! Je crois que c’est pire que tout… çà tremblote, ça semble vivant. Tout juste si on ne voit pas le cœur y battre. Oui, je sais, il faut parler de goût, mais rien que de voir, j’en suis dégoûtée. Alors, je ferme les yeux, tentant de trouver des saveurs, mais non ! Aucune, c’est fade, plat. tiède et finalement ça sert à rien d’en manger. Le seul souvenir que j’en ai est qu’on me force à ingurgiter ça et que déjà, de toutes mes forces, je refuse.
Fabienne

2/ EXERCICE :

Vous êtes un romancier célèbre. Vous avez déjà publié plusieurs romans. Votre dernier livre a d’ailleurs un immense succès. Maintenant, il faut absolument écrire une nouvelle histoire… Oui, mais voilà, vous n’avez aucune idée. Qu’allez vous faire ?

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LA PAGE BLANCHE

Je viens de raccrocher mon téléphone. Dans ma tête raisonne encore la voix de mon éditeur mécontent. Normalement je devais lui remettre mon dernier manuscrit en prévision de la rentrée littéraire.
Impossible de lui avouer que ces derniers six mois représentent pour moi les pires instants de ma carrière. Chaque matin je me retrouve devant mon Mac. A chaque fois je sens l’angoisse de la page blanche monter en moi. Un vide immense remplit d’effroi mon cerveau. Aucune idée, pas le moindre mot qui me donnerait l’envie de continuer.
Pourtant, j’ai tout essayé, jusqu’à m’isoler sur cette petite ile bretonne où j’ai passé tant de bons moments. Rien n’y a fait, pas même l’abus de grands crus. Chaque jour la même peur me glace. J’ai peut être écrit mon dernier livre. L’inspiration m’a quittée à tout jamais.
Comme chaque matin je marche jusqu’à la petite plage qui côtoie mon antre d’ermite. Et là je l’aperçois. Telle une sirène blonde elle nage dans la mer froide. Puis elle sort de l’eau, offrant sa nudité à mon regard incrédule. Elle m’observe alors et son doux sourire m’autorise à l’admirer.
Une immense joie m’envahit et me libère. Mille idées surgissent en même temps et fusionnent dans ma tête. J’ai trouvé ma nouvelle égérie et je ne dois plus la quitter. Je l’attendais depuis trop longtemps.
Machinalement, avec un bâton, j’écris sur le sable le titre de mon prochain roman.
Françoise

Ah, je le tiens mon onzième roman ! Les mots résonnent dans ma tête et galopent en belles phrases qui s’enchaînent avec une fluidité parfaite. Pendant que la pensée court si vite que le livre entier s’écrit en un claquement de doigts….. le PC rame à s’allumer…..
Et là, c’est le drame ! Quand la page blanche enfin s’affiche à l’écran, que reste-t-il de mes belles envolées ? RIEN ! Et quand je dis rien, c’est vraiment : rien.
Avec l’air intelligent d’une vache regardant passer un train, je la scrute, la page blanche, je la jauge comme un adversaire avant le combat décisif. Les yeux exorbités et l’inspiration à plat, je la supplie, la cajole, mais enfin, parle !
Puis vient la colère. Comment ai-je pu TOUT oublier ? C’était si beau, si bien roulé !
Et elle me nargue, la page blanche. Vous n’avez jamais remarqué combien un écran vide peut avoir un air moqueur ? Là c’est net, elle se paye carrément ma tête, la page blanche.
Evidemment, plus je m’essouffle en courant derrière l’inspiration, si belle, si sublime et plus elle se carapate. Loin, si loin que j’en viens à douter de son éphémère existence.
Oh et puis zut ! J’ai déjà publié dix romans fleuve dans ma tête, ça n’en fera guère qu’un de plus….
Mireille

Oui, je suis célèbre, MOI, messieurs, dames… Plus de 50 romans déjà écrits de ma plume à la sueur de mon inspiration… Qu’ai je donc à prouver, maintenant ? Rien, me direz vous. Et pourtant, mon éditeur me tanne pour que j’écrive une nouvelle histoire… Car mon éditeur m’a déjà donné une large avance sur mon prochain succès.
Seulement voilà, moi, je n’ai plus rien à dire. J’ai déjà tout écrit, sur l’amour, la haine, la vengeance, l’amitié, la quête de soi, la quête des autres, les religions… Bref, je suis à sec., vidé, stérile. Comment faire ?
D’autant plus que j’ai déjà largement entamée cette avance pour mes menus frais : l’hôtel 4 étoiles, les voyages lointains, source inépuisable d’inspiration dit on, mais qui, là ne m’ont inspiré qu’un morne ennui, mon cabriolet Mercedez et les meilleurs restaurants de la planète. Alors, de quoi parler maintenant, si ce n’est de la mort… Peut être pas la mort physique, mais sûrement l’agonie d’un écrivain célèbre.
Fabienne

DEVOIR :

Si vous étiez un gros mot, lequel seriez vous et pourquoi ?

ConseilTataNath-Sarah6

L’empêté  Fabienne, tu veux savoir quel gros mot je préfère ? T’es chiée toi, chez les nous zotes  y’en a un paquet. Par exemple on ne dit pas : « boire une bière » mais « faire péter la doub’cabine ». De même on ne dit pas « bite » mais « pine » beaucoup plus romantique LOL ….
OK choc, je vais pas « péter une durite » pour dénicher l’heureux élu parmi ces couilles molles de gros mots.
« Alice Calice » j’ai trouvé !!!! vous êtes tous des « ONKULES » les gros mots. Arrêtez de vous foutre sur la gueule. « L’ONKULE » est donc mon préféré, avec une variante que j’aime beaucoup :
« L’ENCULOTTE » auquel j’ajoute « de Marie-Charlotte » pour la rime.
Françoise

Je suis originaire du midi de la France, et là-bas, on dit beaucoup de gros mots : putain, c’est le point, con, c’est la virgule et quand on dis « putain, con ! », c’est point virgule.
Fabienne

Mais, Lôngin,  qu’est-ce qu’on est allés faire dans cette galère !!! Putain de bateau et putain de temps… Je tremble comme une feuille, j’ai les yeux exorbités et la langue pendante.
Je reçois des paquets d’eau salée, à peine si j’arrive à respirer, merde !!! Je vais me noyer… Et comment ça tape le cul ! C’est pas possible d’être aussi couillons pour aimer ça… Vraiment, ma maîtresse est complètement fada et idiote de m’infliger ça ! Je suis un marin d’eau douce, et j’en suis fière !
Fabienne

 

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