Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

18 avril, 2014

Atelier du 14 avril 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:43

DEVOIR : Ecrire une lettre de rupture avec un maximum de titres de films.

rubon25

Didier,

A ton premier regard, de battre mon coeur s’est arrêté. En un instant, tu étais devenu mon bel ami, mon chéri.
Moi, je m’étais toujours dit : je ne suis pas là pour être aimée. Toi, au contraire, tu t’écriais : l‘aventure, c’est l’aventure et autant en emporte le vent car l’important, c’est d’aimer. Alors, pour toi, j’ai oublié le goût des autres pour ne me fier qu’à la mécanique du coeur.
Ensuite, tout a été trop vite.
Au cours d’une invitation au château de ma mère (soirée que tu as rebaptisée plus tard « Le dîner de cons« ), tu as demandé ma main. Après un long dimanche de fiançailles, quelques mois plus tard, ce fut nos noces blanches au cours d’un été meurtrier (meurtre de mes illusions perdues).
J’ai vu en toi « l’Amant », présumé qu’entre nous, le grand soir, ce serait la chevauchée fantastique. Mais les nuits fauves ont tourné court, ce fut plutôt la grande vadrouille, un banal échange entre adultes consentants.
Autre désillusion : belle-maman. Tu m’avais promis : « Je te dirai tout sur ma mère. Ne te fie pas à ses talons aiguille, tu verras, c’est une femme d’honneur, bla, bla, bla… Pour avoir beaucoup pratiqué, en voilà une qui connait bien le coeur des hommes et quand je dis le coeur… Mais jouer les affranchies ne lui a pas porté chance et la rancoeur en a fait une vraie Tatie Danièle. Pour elle, je n’ai toujours été que « la potiche« . Pense un peu, le jour d’après notre mariage, elle avait déjà oublié le prénom de sa belle-fille et désormais, le rôle de ma vie, c’était le placard.
J’ai découvert par la suite que vous n ‘aviez pas seulement un air de famille, mais que tu étais son alter ego, les mains armées.
Pour couronner le tout, tu as la folie des grandeurs, une vraie soif de l’or. Dans un casino, tu te prends pour Tarzan non-stop, mais avec l’éclat du jour, tu fais ton mea culpa quand les pertes sont irréversibles. Comme looser, tu mérites l’Oscar ! La vie avec toi est un casse-tête chinois, c’est  mission impossible, un voyage au bout de l’enfer.
Je ne veux plus de cette histoire sans fin, pour moi, le vent se lève et je te quitte !
A moi les beaux jours ! Ne compte pas sur le grand pardon
Avant d’en venir à un massacre à la tronçonneuse et qu’on me déclare : « le noir vous va si bien« , je te dis « Ciao pantin ! » et je n’ai plus pour toi qu’un seul mot : le mépris.
Patricia

Monsieur le Président,
Mon nom est Personne ce qui me permet de parler  Au nom de tous les miens. Il était une fois dans l’ouest de Nouméa un câble sous marin sis par Vingt mille lieux sous les mers posé par vous afin d’assurer la liaison Internet internationale.
Ce câble est notoirement insuffisant et vous n’ignorez pas que Pour quelques dollars de plus nous aurions pu disposer d’une liaison satellitaire nettement plus efficace.
En conséquence, je vous signifie La rupture de mon contrat.
Par la présente je vous exprime aussi La confiance trahie de vos administrés et J’accuse votre gestion des fonds publics : Le scandale de l’année. Et comme vous êtes l’archétype de L’arriviste, vous pourrez vous passer de nos voix lors de la prochaine Election.
Cordialement.
Mireille

César,

La vie est un long fleuve tranquille disais tu quand  je t’ai rencontré. Nos copains nous appelaient «les intouchables». Comme Tanguy tu habitais encore chez tes parents, lorsque nous décidâmes de vivre ensemble à la campagne. A nos amis parisiens, qui s’étonnaient de ce choix, nous répétions à qui voulait l’entendre, que le bonheur est dans le pré.
Aujourd’hui, trois ans plus tard, nous divorçons. La haine s’est sournoisement infiltrée en nous et de battre mon coeur s’est arrêté. Les femmes de l’ombre ont tué notre amour et nous ne sommes plus qu’un homme et une femme perdus au fond d’un gouffre.
Que reste-t-il de notre union si ce n’est un buffet froid, ressemblant à un dîner de cons, où nous serions tous les deux perdants. J’oublierai tout de toi, même le prénom que tu m’avais donné.
Je commence à croire, comme Beigbeder, que l’amour dure trois ans et qu’il se termine par une nuit en enfer où je tiens dans mes mains le vieux fusil de mon père, ce héros.
Rosalie sans César
Françoise


Avec toi, j’ai l’impression d’avoir vécu un voyage au bout de l’enfer. Tu m’auras vraiment fait la totale. Tu m’a reproché l’amant que j’ai eu avant de te connaître, mais toi, tu m’a trompée pire qu’un éléphant.

Tiens ! La semaine dernière, je me suis aperçue que tu te tapais la banquière. Tu disais qu’elle avait un air de famille avec la Reine Margot… Moi, je pense qu’elle ressemble à tatie Danielle ! Ne nie pas, c’est le mari de la coiffeuse et Marius et Jeannette qui me l’ont dit ! Arrête, faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages
Mon père, ce héros, te comparais souvent à Cyrano de Bergerac, un homme d’exception, disait il, mais maintenant, c’est la haine.
J’ai tout d’un coup comme une grosse fatigue, mais la vie ne me fait pas peur. Je le sais, le bonheur est dans le pré, mais la prochaine fois, j’éviterais le bœuf !
Sans toi, ce sera le temps retrouvé de l’insouciance et tous les matins du monde m’appartiendront !
Alors, bonsoir et à jamais, peut-être !
Fabienne

1 Exercice : Questions croisées

Les participants sont face à face. Les premiers écrivent la question « Qu’est-ce qui…. » Pendant que ceux d’en face écrivent « Pourquoi…. ». Les questions sont cachées et les feuilles sont échangées. Les premiers répondent par « parce que » et les deuxièmes par « c’est… ».

- Pourquoi y a-t-il des nuages dans le ciel ?     – Parce que la houpette de Zahia est rose.
- Pourquoi les anges ont-ils des ailes ?    – Parce qu’il fait chaud.

- Pourquoi les hommes sont ils si cons ?   – Parce que le facteur a sonné trois fois.
- Pourquoi personne ne comprend rien au jeu de ce soir ?  – Parce que ta mère est une sorcière.

- Qu’est ce qui fait tomber les feuilles des arbres ?   – C’est le vent, le vent tonnant de novembre.
- Pourquoi fait-il si chaud ?       – Parce que la mer est déchainée.

- Qu’est-ce qui te rend folle ?     – C’est la pluie qui tombe.
- Pourquoi me regarde-t-elle ainsi ?       – Parce que la colère l’étouffe.

- Qu’est-ce qui te prend ?      – C’est une voiture qui passe.
- Qu’est-ce qui résonne au fond du poète ?       – C’est la dérive des incontinents.

- Qu’est-ce qui fait qu’on ne comprend rien aux consignes de Fabienne ?
- C’est la mécanique inhérente au coeur humain.

- Pourquoi les vaches ont des tâches ?     – Parce que, tout simplement, elles l’ignoraient.
- Pourquoi tant de haine ?    – Parce que chaque chose suit sa propre logique.

- Pourquoi me suis-je perdue en chemin ?
- Parce que ce n’est pas parce que je n’ai rien à dire que je le garde pour moi.

- Pourquoi se révoltent les Vénézuéliens ?     – Parce que la Chine est le pays le plus peuplé.
- Pourquoi l’eau de mer est-elle salée ?         – Parce que les militaires ne veulent pas céder le pouvoir.

- Pourquoi les roses du supermarché n’ont plus d’odeur ?   – Parce que Pasteur a inventé la pénicilline.
- Qu’est ce qui donne son éclat à la lune ?      – C’est le fantôme de l’opéra

- Qu’est ce qu’il t’arrive lorsque tu marches avec ta jambe automatique ?
- C’est une histoire assez curieuse mais je la raconterai une autre fois.

- Pourquoi veux tu que je porte un pantalon vert ?   – Parce que les chiens n’aiment pas les chats.
- Pourquoi cet homme est-il aussi indécis ?      – Parce que son coeur est brisé à jamais.

- Qu’est-ce qui te trouble à ce point ?     – C’est trop difficile, je n’y comprends rien.
- Qu’est-ce qui guérit les coeurs brisés ?    – C’est une assemblée extraordinaire en l’honneur de cet atelier.

- Pourquoi tu pâlis en prenant connaissance de ma question ?
- Parce que tu as toujours eu des idées de grandeur.

- Pourquoi la vie est-elle si compliquée ?     – Parce qu’il fait toujours plus beau au soleil
- Pourquoi le coq chante le matin ?     – Parce que ce n’est pas la fin du monde.

- Qu’est-ce qui fait tomber la pluie ?    – C’est le plus beau jour de sa vie
- Qu’est-ce qui vaut la peine de vivre ?     – C’est l’homme le plus beau que je connaisse.

- Pourquoi traverser le monde en avion, alors qu’à pied, c’est tellement mieux ?
- Parce que rien ne sert de courir, il faut partir à point.

- Pourquoi tant de haine ?         – Parce que je n’aime pas le hareng.
- Qu’est ce qui t’a pris ce soir  ?     – C’est la fête tous les jours.

- Pourquoi la lune est blanche ?   – Parce que l’eau mouille.
- Pourquoi le poussin est jaune ?     – Parce que les sentiments sont puissants.

- Pourquoi les cheveux poussent encore après ?   – Parce que le lapin rose est une hallucination.
- Pourquoi faisons-nous ce jeu ?   – Parce que l’herbe pousse moins vite en cette saison.

- Pourquoi le soleil brille ?        – Parce que Dieu l’a voulu ainsi.
- Pourquoi le bambou pousse aussi vite ?    – Parce que chaque dimanche, je vais à la messe.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ?     – Parce que les poules n’ont pas de dents
- Qu’est ce qu’elle bouffe, elle ?     – C’est un texte très ancien, traduit par Plute le Jeune

- Qu’est ce qui fait courir les blondes       – C’est la vie, c’est comme ça.
- Qu’est ce que le sexe ?         – C’est un philtre d’amour que la sorcière m’a donné

- Qu’est ce qui me fait sourire aujourd’hui ?     – C’est le loup qui sort du bois.
- Qu’est ce qui grelotte au soleil ?       – C’est l’ange bleu qui titille les Zoms.

- Qu’est ce qui fait galoper les hommes ?    – Ce sont les vers de terre qui se tortillent dans la terre
- Qu’est ce qui fait battre les coeurs ?   – C’est le Père Noël de Coca Cola qui a mangé Saint Nicolas.

- Qu’est-ce qui nous empêche de dormir debout ?
- C’est le jour de l’atelier d’écriture, donc le lundi.

 2/ Exercice : Ecrire une histoire à partir de la photo, sans parler de camping.

2CV
Les inconnus de la forêt

Je les observe depuis ce matin.
Ils sont arrivés en voiture, sans crier gare, sans autorisation.
Sans MON autorisation.
Elle était au volant, et elle a décidé de s’arrêter ici.
Quelle drôle d’idée ! Il n’y a rien à voir, par ici.
En plus, elle n’est pas seule.
Elle est flanquée de deux adolescents, bien propres sur eux.
Sûrement ses fils, vu leur allure bourgeoise à tous les trois.
Alors justement, qu’est-ce qui les intéresse dans le coin ?
Dans MON coin ?
Ce n’est pas un endroit pour une jolie dame, avec son beau tailleur.
Il ne faudrait pas qu’elle le tâche,
Si mon pote était avec moi, il me dirait :
Pas touche à la dame, avec tes grosses mains sales !
Pourquoi tu es encore revenu avec plein de sang sur ta salopette ?
Tant mieux, il n’est pas là mon pote, il ne me prendra pas la tête
Avec ses conseils, et ses reproches sans fin.
Et les gosses ? Pourquoi ils ne sont pas à leur club de tennis ou au golf ?
Les gosses, c’est pas mon truc…
Mais j’aurai pas le choix.
Si je veux prendre du bon temps avec la p’tite dame,
il faut d’abord que je m’occupe des garçons.
Avec son petit air tout triste,  je vais lui changer les idées.
Elle ne va pas regretter de s’être arrêtée chez MOI.
Allez, assez perdu de temps, il faut que je me bouge !
« Bonjour Madame, bonjour jeunes gens !
Alors comme çà, on s’est perdus ?
Je peux vous aider ?
Faites moi confiance,
Vous n’allez pas regretter de m’avoir rencontré ! »
Marie-Pierre Beaulier

La trève hivernale est finie depuis vendredi et aujourd’hui, lunid, il a fallu qu’on déménage tout notre appartement. Bon, c’est vrai, je n’avais pas payé le loyer depuis six mois, mais quand même, ce n’est pas  une raison  pour nous virer comme ça !
C’était un peu juste pour trouver quelque chose, alors, je me suis installée au bois de Boulogne avec les gosses, mais la cité me manque. J’étouffe au milieu de cet air pur !
Bon, réfléchissons vite… Le père de mon premier fils, Boris, est Russe. Celui de mon deuxième est, Hamed, est Tunisien… Ben, facile, je vais dire aux autorités que j’ai perdu mes papiers, que je m’appelle Zahia (d’accord, c’est le nom de mon chien, mais ils n’iront pas vérifier !) et je vais demander un logement d’office, et pas cher !!!!
Et puis, dans le bois, il y a tellement d’opportunités d’emploi. A nous la belle vie !
Fabienne

J’attends mon heure pendant qu’ils bâfrent. Insouciants qu’ils sont, ils ne pensent qu’à leur panse ! Mais nous sommes perdus au milieu de cette forêt lugubre de bâtons marron fichés dans une gelé verte. Ils l’ignorent mais ils sont FI-NIS !
Car je ne les supporte plus ! Alors pendant qu’ils digèreront leur plat de nouilles infâmes, je file avec la Deuche. Ils pourront toujours courir avec le ventre qui leur tombera dans les genoux !
Ce soir ils feront un feu de misère et racleront le fond des marmites en tremblant de peur à chaque bruissement de la forêt mystérieuse.
Et moi, je serai loin. Loin… Et libre. Enfin débarrassée ! Bye bye les Scouts….
Mireille

Jean et Marco n’avaient plus de père. Comme beaucoup d’hommes, il était parti chercher un paquet de cigarettes et s’était perdu en chemin. Et depuis, leur maman était aigrie et toujours en colère. La seule chose que le papa de Jean et Marco avait laissé était cette vieille 2CV toute décrépie.
Quelques mois après le départ de papa, maman avait déclaré qu’ils iraient tous vivre sous la tente, dans la forêt. Bien sûr, au début, les deux garçons avaient trouvé ça marrant, mais après plusieurs semaines, la joie laissait place à une ambiance tendue. Après un mois à vivre dans ces conditions, Jean et Marco ne se parlaient plus qu’à voix basse et maman ne parlait plus du tout. Le seul point positif était que les garçons n’avaient plus besoin d’aller à l’école, c’est maman qui leur avait dit !
Au bout d’un certain temps, maman s’absenta tous les soirs pour s’enfoncer seule dans la forêt. Elle revenait le matin, épuisée. Quand Marco, le cadet lui demanda pourquoi elle partait, elle répondit qu’elle allait travailler, mais refusa catégoriquement quand Jean lui proposa de l’aider.
Au bout de quelques mois, la 2CV rendit l’âme et il fallut marcher plus d’une heure pour aller faire les courses. Au fil des semaines, Jean et Marco s’habituaient à cette nouvelle vie, mais maman se renfermait de plus en plus et ne leur prêtait presque plus d’attention.
Un matin, alors qu’elle n’était pas rentrée, ils découvrirent un mot disant qu’elle était partie en ville pour acheter des cigarette. Bizarre ! Elle ne fumait pas !
Léo-Paul

17 avril, 2014

Atelier du 7 avril 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:07

DEVOIR : mots extraordinaires

 Paréidolie – grigne – hypertrichose

mudmen_940x705

Ca y est, les pleins faits, nous quittons la petite ville de Kavieng, cap sur les îles les plus perdues de Papouasie. Commence alors une navigation éprouvante car seules des cartes relevées il y a plus d’un siècle couvrent cette région oubliée du monde. Certes, les Cook, Bougainville et autres grands navigateurs ont accompli des relevés admirables, mais ils manquent fâcheusement de précision.
Alors nous slalomons avec anxiété de récifs à la « position douteuse » en cailloux à « l’existence non confirmée ». Et le GPS effaré qui perd son latin en nous voyant allègrement tronçonner des caps situés à « plus de 2 M dans le NO de la position indiquée sur la carte 6857 » ! Poésie de cartographes encombrées par leur ignorance… Finalement, à force d’imprécisions, on en viendrait à douter de l’existence de ces terres dérivant d’incertitude entre ciel et mer.
Nous mouillons devant un joli village niché au creux de l’imposante forêt tropicale. Et le bateau blanc se repose mollement sur l’écrin turquoise de la mer immobile, cerné par la forêt tentaculaire. Elle semble vouloir nous engloutir dans ses bras immenses rendus tous proches par le tapage assourdissant de millions d’insectes étranges et d’oiseaux inconnus.
Dans ce village, ils n’avaient jamais vu de voilier de leur vie et une nuée de pirogues nous encercle rapidement. Tout ce que la tribu compte d’habitants, des nourrissons encore au sein aux vieillards les plus rabougris, s’agglutine en silence, s’accroche aux filières, se pousse et se bouscule ; on dirait une attaque de fourmis contre un carré de sucre.
A terre, nous troquons des hameçons, des bougies et des allumettes contre fruits et légumes. Mais malgré l’abondance évidente de la nourriture, beaucoup de villageois sont maigres à faire peur. Nous reconnaissons là les ravages d’un redoutable parasite endémique de la région, responsable d’une maladie chronique appelée hypertrichose. Pour le voyageur, la prudence s’impose !
Les cases sont restées telles que les découvrirent les premiers Européens. Elles sont sur pilotis et leurs parois en pandanus tressé présentent de beaux motifs géométriques. L’une d’elle, couverte de peintures rouges et noires, ornée de sculptures aussi multicolores que grimaçantes attire soudain mon attention. Alors que je sors mon appareil photo, les habitants s’interposent brutalement.
On crie, on gesticule et les regards flamboient. Je comprends qu’on ne photographie pas ce que des archéologues à l’esprit particulièrement fécond n’ont rien trouvé de mieux que de désigner sous le terme poétique de paréidolie. Derrière ce mot bizarre, se cache une sorte de temple. C’est aussi la demeure des Esprits et l’endroit où le chaman opère pour soigner les malades ou solliciter de bonnes récoltes. Des fêtes étranges s’y déroulent et même si le cannibalisme est officiellement interdit en PNG depuis plus de 50 ans, on est à peu près certains qu’il se pratique toujours, justement dans ces paréidolies. Avec la poussée irrésistible du christianisme, elles sont devenues très rares et je regrette la photo.
Par la porte s’échappe le son aigrelet d’une flûte. Dans la pénombre, je distingue un vieil homme accroupi sur les talons, une longue pipe coincée derrière l’oreille. Serrée entre ses chicots, il tient une grigne de ses mains décharnées, cette antique flûte multicolore dont les origines remontent à l’aube de l’humanité.
Le temps a volé en éclats ! De notre bateau bourré d’électronique, nous assistons à des danses plus anciennes que le monde sous le regard indifférent d’étoiles qui en ont vu d’autres. Sur la plage étincelante de lune, les flammes oranges des torches tordent les silhouettes noires des danseurs en autant de fantômes menaçants. Et je ne peux que me demander : qu’est-ce que le Temps ?
Extrait du livre de bord de Dune, janvier 2000.
Mireille
bibliotheque3
Un soir, comme je musardais au musée du livre, j’extirpais d’étagères poussiéreuses à force d’oubli, quelques mots méconnus de notre belle langue. Des mots pourtant plein d’intelligence, créés pour exprimer une pensée précise mais, injustice des hommes, seuls quelques rares spécialistes les utilisaient encore. Peut-être…. Pourtant, ils méritaient mieux et, en tirant quelques-uns au hasard, je rêvais sur leur signification.
Songez à la puissance qui s’échappe de l’hypertrichose ! Hyper, c’est fort ! Quant à la trichose, qui rime avec trichinose, elle m’envoya tout droit vers une obscure maladie tropicale, aux symptômes évidemment foudroyants. Reconnaissons que ça rime aussi avec névrose et qu’il en existe pratiquement autant que d’individus sur terre. Des gens ont peur de leur ombre, d’autres collectionnent frénétiquement les boîtes d’allumettes. Se pourrait-il que des aficionados du tricot perdent tout contrôle de leurs aiguilles et se mettent à produire des chaussettes à la chaîne ?
La paréidolie m’envoya un kaléidoscope de couleurs éclatantes sur fond de mandoline. Une danse tzigane ? Non ! Le terme, bien que mélodieux et ouvert par le i final, manque de fantaisie. Ca fait sérieux, paréidolie. Scientifique même. Hum, une couche géologique coincée entre bord de mer et pléistocène crétin. Crétinien. Zut, non, crétacé. Bref, une couche géologique. Un vieux bout de corail mort que les foreuses sondent afin de reconstituer les errances du climat.
Tiens, une grigne ! A moins que ce ne soit UN grigne. Ou la troisième personne du présent du verbe grigner. Un mot aussi bref et dépourvu d’ancrages racinaires laisse perplexe. L’imaginaire s’envole vers des Grigny, grogne, guigne et autres guimpes moyenâgeuses. C’est un mot stridulent qui griffe et grince comme une vieille porte rouillée. Personnellement, je le trouve plutôt antipathique. Autant la paréidolie volette sur une invisible partition, autant la grigne casse l’ambiance. Finalement, certains mots méritent leur oubli !
Pour nous résumer. Si demain un flic m’arrête parce que j’ai grillé un stop, je lui dirai que :
1. c’est la faute à Fabienne ;
2. je suis distraite parce que j’écris présentement un ouvrage extrêmement complexe sur le cycle reproducteur de la paréidolie (une crevette microscopique essentielle à la survie de la baleine aussi boréale qu’une aurore) de grigne (du nom de son illustre inventeur) en crise d’hypertrichose aigüe et que vraiment, mais alors vraiment, c’est pas le moment de me faire chier !
3. on devrait faire les séances d’atelier plus souvent, histoire de rester sur le grill moins longtemps.
Mireille

Mon amant souffre d’une maladie. Enfin, ça, c’était avant. Avant qu’il me rencontre. Car pour moi, ce n’est pas du tout handicapant, au contraire.
Mon amant disait donc qu’il souffrait d’hypertrichose, une espèce de… comment dire « priapisme permanent ». Vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Il a constamment la « trique ». Je vous disais donc que pour moi, ce n’est absolument pas une maladie. Il est toujours prêt à m’honorer. Alors, j’ai inventé, à cet effet, un joli mot, une sorte de code secret entre nous. Il doit dire : paréidolie, une contraction pour « paré », « idéal » et « au lit ».

Je sais donc que, lorsqu’il vient me murmurer ce mot, je dois le rejoindre, tout affaire cessante. Et c’est follement excitant. Rien que d’y penser, je grigne d’impatience !
Fabienne

Monsieur PAREIDOLIE se tenait devant moi comme chaque dimanche soir. Il était l’ami de mon père qu’il avait connu à l’université. Ces deux là s’entendaient comme larrons en foire et pouvaient bavasser comme deux copines pendant des heures.
Ce soir-là j’avais pu remarquer, comme s’il nous portait la GRIGNE, que tout de suite après son départ, les yeux de ma mère se remplissaient de larmes. Que pouvaient bien cacher ces larmes que j’étais la seule à remarquer ?
Un jour où je rentrais de l’école plutôt qu’à l’ accoutumée, je trouvais ma mère assise dans le salon avec sur les genoux une vieille boite de chaussures remplie de vieilles photos. Dès qu’elle m’aperçut elle tenta de cacher celle qu’elle tenait dans ses mains. Elle ne fut pas assez rapide et j’attrapais vivement ladite photo. Elle représentait un beau jeune homme blond qui tenait dans ses bras une toute petite fille aux boucles dorées.
Je demandais alors à ma mère qui était le Monsieur qui me tenait dans ses bras ? Elle me regarda alors d’un air profondément inquiet. La vérité me frappa tout à coup : « je venais de reconnaître Monsieur PAREIDOLIE avec quelques années de moins ».
Pourquoi cette HYPERTRICHOSE de la part de ma mère ? Pourquoi m’avait elle caché cette vérité ?
Je sus de qui je tenais mes cheveux blonds et frisés, alors que mes parents étaient tous les deux très bruns.
Je ressentis un grand sentiment de colère à l’encontre de ma mère. Elle avait trompé la confiance de mon « vrai père » , celui qui prenait soin de moi depuis ma naissance. Pour lui je choisis de continuer à partager ce mensonge avec ma mère, mais je changeais de comportement face à Monsieur PAREIDOLIE. Pour moi il resterait pour toujours le traitre qui avait trompé son meilleur ami.

2/ EXERCICE : J’ai un rendez-vous.

Lspn_comet_halley

Ma longue chevelure d’argent s’étire, s’étire. Au point que j’en perds des cheveux. Mais je n’en ai cure car j’ai un RDV. Alors, sans prêter attention à mon souffle court, je cours et je galope.
Car j’ai un RDV très important. Vital même. L’homme qui m’attend a dans les 70 ans et c’est mon père. C’est lui qui m’a mise au monde, difficilement d’ailleurs car vous savez, avec les moyens de l’époque, les accouchements étaient difficiles.
Il m’attend et je ne voudrais pas lui faire faux bon car il va bientôt mourir. Derrière ses lunettes.
Cet homme n’est rien mais pour moi il est tout car c’est mon père. Il s’appelle, oh, son nom ne vous dira rien mais enfin je vous le confie tout de même. Il s’appelle M. Halley et je suis sa muse, sa comète. Et j’ai RDV avec la Terre…..
Mireille

http://www.dreamstime.com/-image4524694J’ai un rendez vous ! Oui, ce soir, j’ai un rendez-vous… Mais le temps que je me prépare, que je me fasse belle, j’ai raté ce rendez-vous… Je me dis qu’après tout, ce n’est pas grave car j’ai rendez-vous tous les soirs ! Zut, ça m’embête car ce n’est jamais à la même heure et je mélange souvent les horaires ?  J’ai beau me dépêcher, rien n’y fait.
Pas de panique, il paraît que j’ai aussi rendez vous le matin… Mais moi, voyez vous, je suis un oiseau de nuit et dès que l’aube blanchit, je vais me coucher, toute fatiguée de ma folle et longue veillée : je dois surveiller les amoureux, dénoncer les voleurs et que sais-je encore…
Alors, arriverai-je à le voir un jour, ce magnifique seigneur, ce bel astre ?
Je ne pense pas… Et voilà qu’un poète en a fait une chanson :
« Le soleil a rendez vous avec la lune,
Mais la lune ne vient pas, et le soleil attend… ».
A-t-il seulement attendu que je me lève ce malotru, même pas ! … Quelle idée aussi de vivre comme les poules !
Fabienne

3/ EXERCICE : Décrire, à son insu, quelqu’un qui dort.

images

Léger comme un nuage,

Un sourire flotte sur ses lèvres.

Ses cils sont deux  papillons qui se reposent,

Effleurant ses joues rosies par le grand air.

L’édredon fleuri se soulève doucement,

Au rythme de son souffle naissant.

Ses longs doigts fins retiennent Félix le chat, sa peluche préférée.

Son calme m’apaise, sa beauté me fascine.

Sa fragilité m’émeut, sa force m’intimide.

Mon fils, je te regarde dormir,

Et plus rien n’a d’importance.

Mon fils, c’était il y a bientôt 30 ans,

Dans cette chambre qu’on avait choisie rose et bleue

Parce qu’on ne savait pas

Si ce serait une fille ou un garçon.

Mon fils,

Mon bébé,

Pour toujours.

Marie Pierre

media_xl_4258104

 Il ne faudrait jamais regarder quelqu’un qui dort, c’est comme ouvrir une lettre qui ne vous est pas destinée. Enfin, ça, c’est ce que je dis aux autres car moi, j’adore regarder dormir mon gros Loulou… Il est beau, certes, mon gros Loulou, mais il ronfle, le vilain garçon ! Alors j’ai pris un oreiller, un gros oreiller et maintenant, il dort paisiblement, si paisiblement… sans même respirer…
Fabienne

images

Il dort, atone, complètement à l’abandon. On se demande d’ailleurs s’il se réveillera un jour…. Le sommeil n’est-il pas une petite mort ? Mais au fait, ai-je envie qu’il se réveille ? Son humeur est tellement instable, je suis partagée.
Je l’aime, il est tellement beau. Et sa grosse voix qui me subjugue. Et sa chaleur qui me donne la vie, même si parfois il me brûle un peu….
Mais voyez-vous, le problème dans notre relation c’est qu’il n’a pas le sens de la mesure et qu’il est totalement inconscient de sa force. A vrai dire, je le soupçonne de s’en foutre, d’ailleurs.
Alors, si je tremble d’émoi lorsqu’il s’éveille, j’avoue humblement ma peur. Finalement, ne vaudrait-il pas mieux qu’il dorme pour l’éternité ? Car même s’il me féconde, c’est tout de même sacrément douloureux !
Mais si beau, ces grondements venus du fond de la terre, ce panache puissant de fumée, ces laves rougeoyantes et cette puissance sans limites. Ah qu’il est beau mon Arenal quand il dort, hésite la plaine du Costa Rica.
Mireille

2 avril, 2014

Atelier du 31 mars 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:41

2/ EXERCICE : Décrire quelqu’un que vous n’aimez pas.
Contrainte : ne jamais employer les verbes être, avoir (sauf en temps qu’auxiliaires) ou faire.

adolf_hitler
Je ne l’ai pas connu personnellement, mais je le déteste.
A lui seul, il a réussi l’exploit tragique d’incarner le mal, la haine et la folie humaine.
Des millions d’innocent sont morts par sa seule volonté, et celle de son peuple aveuglé.
Je respecte le choix de ceux qui se suicident, mais lui a choisi de se suicider par lâcheté et vanité, entraînant dans sa mort celle qui l’aimait.
On dit que les jeunes enfants l’attiraient, encore une pulsion qui ne peut pas le rendre sympathique, non ?
Il me fait peur, car son souvenir continue de hanter le monde entier, et il sert de modèle à des extrémistes, des paumés, des hommes et des femmes politiques intelligents et manipulateurs.
Sa petite moustache verticale nous a amusé quand Charlot la portait.
Son bras droit tendu en direction du néant, et le claquement de millions de bottes me poursuivent.
L’histoire,  un éternel recommencement ? Oui, indéniablement, alors je le déteste, car il incarne le Mal éternel, tapi quelque part, pas loin de nous, peut-être en chacun de nous ?
Marie-Pierre

-2

Elle ne m’aime pas, et croyez bien que je le lui rends bien. Ses petits yeux marron de cochon (désolée pour les cochons), semblent refléter toute la bêtise humaine. Son rire de crécelle déchire mes oreilles quand qu’elle tente de paraître drôle. Et que dire de sa bouche en cul de poule qui ne dit que des conneries, tentant d’attirer chaque mâle qui passe, alors que fois que son accoutrement suffirait largement ? On dirait toujours qu’elle n’a mis que le haut. Son énorme poitrine pourrait allaiter tous les orphelins de la terre, mais hélas ! Point de lait. A quoi peut-elle bien servir, si ce n’est à étouffer n’importe quel pauvre hère venu là par hasard ?
On dirait une naine et pour compenser, elle semble perpétuellement en équilibre sur ses hauts talons. Ses cheveux blonds filasse se terminent en queue de rat.
Les hommes la trouvent sexy, mais moi vulgaire. Vous direz sans doute que je manque d’objectivité et je vous donnerai tout à fait raison.
Fabienne

2/ EXERCICE : écrire une histoire à partir de cette photo de Bill Demonkos

photo

Le dernier voyage

 « Génial ! Je vais enfin pouvoir m’amuser !
Il  a l’air bien sympathique, ce garçon, je ne voudrais pas le réveiller…
Mais je m’ennuie trop dans mon univers de Photoshop, et pour une fois que je rencontre un jeune de mon âge…
Allez, je me lance. Je vais l’emmener voyager en images, on  va bien s’amuser tous les deux. Qui sait ? Avec un peu de chance, on apparaîtra sur les photos du président Roosevelt en pleine tournée électorale ?
Oh eh, tu m’entends ? Debout là dedans, la sieste est terminée. J’ai plein de choses à te montrer, viens avec moi !».
Le petit bonhomme Photoshop eut beau secouer son nouveau copain, le chatouiller, le pincer, lui crier dans les oreilles, le gosse ne se réveilla pas.
On était dans les années 20, en pleine récession économique. Teddy, le père, qu’on surnommait l’as des routiers, ne supportait plus le chômage et la famine. Il venait de se pendre dans les toilettes du bureau de recrutement, après une nouvelle réponse négative : « toujours rien, mon gars, repasse nous voir demain… »
Avant de se suicider, il avait attendu que son fils se soit assoupi, et puis il avait branché les gaz d’échappement dans la cabine de son camion.

Seul survécut le petit bonhomme Photoshop, en avance sur son temps.
Marie-Pierre

James était épuisé par ces mois interminables et laborieux.
Il avait tant rêvé de parcourir ces routes, pour attraper un bout de sa destinée.
Il avait toujours voulu voir plus grand, plus haut, plus loin.
Et finalement, ce périple et ce travail, qui devait être provisoire, l’avaient éteint, ainsi que ses ambitions.
Il se retrouvait à conduire ces autres, sillonnant les Etats Unis.
Ces autres, qui jouaient des chansons qu’il aurait voulu écrire, des musiques qu’il n’avait pas composées.
Il était à présent étriqué, dans cet emploi de fortune, qui avait volé tout son temps, toute sa liberté.
Il aurait aimé s’échapper, faire le grand saut et devenir enfin, une voix, du mouvement Folk qu’il aimait tant, au-delà de cette contemplation, à la fenêtre de sa vie, et percer l’ailleurs dans lequel il s’était assoupi, lourdement.
Allison

Il l’avait pris à Marseille, cet autostoppeur. A Lyon, il savait tout de sa vie : son enfance d’orphelin de la DDASS, ses premiers émois, toutes ses copines, ses mariages, ses divorces. Il l’avait saoulé pendant plus de 5 heures !!! Il s’était dit que ce serait pénard jusqu’à Paris, qu’il n’aurait plus rien à dire… Mais un bavard reste un bavard… Et il avait enchaîné, dès la sortie du tunnel sous Fourvière sur ses patrons, tous des cons, ses petits boulots, ses magouilles… pour vivre ou survivre. Arrivé porte d’Italie, Jacques n’en pouvait plus ! Même pendant les pauses pipi, il n’avait pas cessé de déblatérer. Même lors d’un bref arrêt pour acheter un sandwich. Alors, exaspéré et la tête complètement envahi par tout ce bavardage, il lui avait dit que c’était là qu’il devait s’arrêter. L’autre, sympathique, malgré tout, l’avait remercié d’un franc sourire. Alors, Jacques s’était garé sur le premier parking venu pour se reposer. Mais même pendant son sommeil, il continuait d’entendre son passager parler, parler, encore et encore… Tous ces noms, ces endroits, ces situations lui trottaient encore dans la tête.
Fabienne

DEVOIR : sandwich

Un soir, comme je rentrais chez moi un peu plus tard que d’habitude…….
C’est seulement ensuite que je m’aperçus que j’étais entrée sans frapper.
(Kafka)

TERMITE

Un soir, comme je rentrais chez moi un peu plus tard que d’habitude, je tentais, en vain d’allumer la lumière dans mon appartement. Que se passait-il ? Une coupure générale ou bien un problème personnel ? De la porte, je jetais un œil dehors et vis toutes les lumières de la rue et de mes voisins allumées. Bon, c’était bien un problème dans l’appartement. Alors que je m’approchais, à tâtons du tableau électrique, j’entendis un bruit bizarre venant de mon salon… un bruit, comment dire… d’un termite géant mangeant une poutre en bois. D’accord, je n’ai jamais entendu un termite manger, mais je pense que c’est à peu près ce bruit-là qu’il ferait. J’avançais prudemment dans le couloir. Je vis deux énormes yeux fluorescents qui me regardaient. Prise d’une peur panique et d’un tremblement convulsif, je fis fissa demi-tour et me jetais dans l’escalier.
J’ouvris la première porte qui se présenta à moi : celle de mes voisins du 2ème étage, des gens charmants… enfin, habituellement. Ce que je vis me cloua sur place : 2 termites géants en train de dévorer les meubles. Quand ils m’entendirent ouvrir la porte à la volée, ils me fixèrent de leurs yeux remplis d’envie. Mais où étaient passés mes voisins ? Intérieurement, je me traitais de tous les noms car
cest seulement ensuite que je m’aperçus que j’étais entrée sans frapper.
Fabienne

Un soir comme je rentrais un peu plus tard que d’habitude, je m’étonnais d’entendre parler la télé.
Interloquée, je m’avançais à pas de loup pour découvrir l’origine de ce prodige. Certes, l’électronique sait nous dérouter par ses facéties mais tout de même ! On n’a jamais vu une télé s’allumer toute seule !
Arrivée au salon, je vis…. une minuscule souris grise perdue dans l’immensité du canapé bleu. Elle dormait, écrasée par la monumentale télécommande posée en équilibre précaire sur son petit ventre rondouillet.
Elle avait évidemment choisi une chaîne de ces dessins animés dans lesquels d’astucieuses souris infligent les pires sévices à des chats débiles.
Tiens, parlons-en des chats ! Le mien, cet impitoyable chasseur de souris, c’est d’ailleurs le boulot pour lequel on les nourrit, les loge et les câline, hein ! Et bien il trône voluptueusement roulé en boule au beau milieu de la table. A un mètre de la souris. Il n’y monte jamais sur la table, c’est interdit !
Subtilement averti de mon intrusion, le fautif bondit sans un regard pour la souris qui se réveille en sursaut.
Terrorisée de se voir découverte, la minuscule bestiole jaillit de sous la télécommande qui tombe bruyamment au sol en éteignant la télé.
La souris a disparu, le chat me salue innocemment et s’il n’y avait la chaleur de l’écran, je croirais avoir rêvé. Je me suis longtemps demandé si à chaque fois que je sors de chez moi, le chat se prélasse dans les interdits en compagnie d’une souris amatrice de dessins animés. Et ça dure depuis longtemps ce cirque ? Comment ne m’en suis-je jamais rendu compte ?
C’est seulement ensuite que je m’aperçus que j’étais entrée sans frapper.
Mireille

 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds