Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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29 mars, 2014

Atelier du 24 mars 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:25

1/ Devoir 

Un verre à moitié plein drague la goutte qui fait déborder le vase :

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Cela s’est passé la semaine dernière, jeudi. Je roulais vers chez moi, au Mont-Dore, et j’ai eu envie de boire un verre. Un verre de vin, bien sûr, ma religion m’interdit de boire de l’eau.
Je suis quelqu’un d’un peu compliqué, alors j’ai préféré ne pas suivre la coutume locale qui consiste à boire debout, planté au milieu du parking d’une épicerie, en plein soleil.

J’ai donc cherché un café sympathique avec une terrasse ombragée, au calme, pour assouvir ma soif. Et, cette fois, j’ai eu beaucoup de chance : je n’ai dû parcourir que trois cent douze kilomètres avant d’en trouver un.
J’étais donc assis, confortablement installé, à la terrasse du café.
J’avais un peu bu. J’étais à moitié plein, mon verre était à moitié vide.Et c’est alors que je la vis, langoureusement posée, en équilibre sur le bord d’une carafe de décantation : une goutte magnifique, superbe, aux formes parfaitement sphériques, très régulières.Elle était rouge, d’un rouge somptueux, délicat, et d’elle émanait des effluves enivrantes insoutenables, à la délicatesse inespérée.  « Je suis une goutte de Mouton-Rothschild millésime 1994 » me dit-elle, fièrement.
Je réussis à éveiller son intérêt, puis l’attirait doucement vers mon verre plein-vide.
Et c’est là que le drame a éclaté.
À l’instant précis où la goutte a touché la surface du liquide rouge qui était dans mon verre, tout a explosé ! Pourtant, ce liquide rouge, c’était du vin.
Tout a explosé ! J’ai vu la goutte rebondir vivement, éviter tout contact avec les autres gouttes et disparaître au loin.
C’était pourtant du bon vin : du Château Macéres, cuvée 2013, acheté en cubicube de cinq litres au Géant Casino de la Vallée-des-Collons, et il était tout frais. Il avait été ouvert seulement le mois précédent.
Je n’ai jamais revu cette goutte hautaine, visiblement trop bien pour moi.
Quant au vin qui était dans mon verre, eh bien, il est toujours sur mon pantalon : c’est que le Château Macéres cuvée 2013, ça tâche !
Georges

Un optimiste verre à moitié plein se désolait pour son ami le vase plein ras la gueule de, vous savez, toutes ces rancœurs qui s’accumulent au fil du temps. Tous ces non-dits, ces trucs qu’on avale sans les relever parce que bon, on ne veut pas se disputer, alors on la ferme en se disant qu’on oubliera. En fait, tout s’accumule et le pauvre vase en avait des aigreurs d’estomac, des flatulences douloureuses que son ami le vase ne parvenait à soulager.
Pendant ce temps, dans l’azur infini des cieux, se promenait nonchalamment un gros nuage tout noir. A moitié assoupi, il ne pu éviter de percuter un courant stratosphérique glacial et s’enrhuma grave. Dans un éternuement tonitruant que les petits humains qualifient d’orage, le gros nuage éructa d’une jolie goutte d’eau qui entreprit immédiatement son voyage vers la Terre. Où se poser ? Elle n’a que l’embarras du choix !
Le verre y vit immédiatement l’occasion de libérer son ami : Oh Céleste larme, appela-t-il, viens tenir compagnie à mon ami le vase !
Flattée mais méfiante, la belle décide de ne point céder trop vite. Et pourquoi irais-je voir ton ami susurre-t-elle ?
- Parce que tu es une perle divine et qu’il te faut un accueil à la hauteur ! Tu ne voudrais tout de même pas atterrir parmi les sauvages grains de sable d’un désert ; ils te déchiquèteraient instantanément ! Ou te noyer en mer ?
- N’est-ce pas merveilleux de féconder le désert ou d’adoucir la mer s’insurge la goutte d’eau ?
- Mais dès qu’ils t’auront dévorée, malheureuse, ils t’oublieront ! Ta beauté unique, ton intelligence subtile, ta pureté cristalline méritent mieux !
Touchée, la goutte réfléchit. Et qu’est-ce que j’y gagne avec ton ami ?
- Tu le feras renaître ainsi que toutes les fleurs qui s’épanouiront en lui. Et puis… tu me soulageras d’un grand tracas !
Tiraillée entre ses devoirs habituels et cette étrange mission, la goutte tergiverse puis finit par accepter.
Le vase pu enfin déborder, lâcher toutes ces humiliations et autres noires pensées qui le tourmentaient tant. Grâce à la goutte, il se retrouve tout gaillard et vide. C’est-à-dire prêt à accueillir la Vie et l’Amour.
Mireille

Goutte de vin si belle
Qui s’échappe rebelle
Comme une larme de sang
Versée sur notre amour agonisant

Le vin s’est mis au diapason
De la fin de notre union
Moi le verre à moitié plein
Toi la goutte gonflée de dédain

Par une langue léchée
Brusquement tu m’as quitté
Sans toi je me sens nu
Près à étancher la soif du premier venu

Le vase tu as fais déborder

Et moi tu m’as tué
Françoise


Ma Louloute, ma tit’goutte, viens vite, saute dans le bain pour éponger mon trop plein d’amour qui déborde.
Ma Louloute, ma tit’goutte, ennivre-moi de ton parfum et de ta robe,
Ma Louloute, ma tit’goutte, viens mélanger ton arôme à mes tanins,
Afin que nous vivions une histoire d’amour sans fin.
Fabienne

images

L’optimisme raisonnable de M. Machin, lui permettait une vie somme toute confortable, bien qu’un rien linéaire. Laissant son épouse endormie, chaque jour, il quittait son domicile à 7 heures tapantes, sautait dans le bus numéro 4  cinq minutes plus tard pour un parcours d’une demi -heure et prenait en suivant ses fonctions d’agent de coordination administrative d’une SA œuvrant dans l’import export.

Un peu rondouillard sans être obèse, M. Machin offrait au monde un visage épanoui et un regard franc bien qu’un examen plus poussé de sa modeste personne laissât entrevoir des traits un peu mous et un menton trop court, voire quasi inexistant.
Les notations annuelles sanctionnant son activité attestait d’un travail régulier, sans grande originalité mais ne manquant jamais du sérieux nécessaire à cette fonction. Ne faisant pas de vagues inutiles, il était apprécié par ses collègues et par ses supérieurs directs.
Bien entendu, le PDG de ladite société ignorait totalement son existence, anonymat qui convenait parfaitement à ce contre-héros discret. Un jour, la semaine étant à peine engagée, un événement vint totalement bouleverser l’ensemble du personnel de la boîte : Mme Dubalais, concierge de l’immeuble, avait été sauvagement agressée et c’est le gardien de nuit qui l’avait découverte au bas de l’escalier central, traumatisée et blessée après une impressionnante chute. Interrogée, elle déclara qu’on l’avait poussée…. un homme…. de taille moyenne… plutôt brun….. Vêtu d’un pardessus gris ou bleu foncé peut -être. La brave femme se disait choquée et dans l’incapacité de donner plus de détails.
L’enquête policière fut déclenchée et, comme la concierge déclarait ne pas se connaître d’ennemis, tout le personnel attendait impatiemment l’arrestation de l’agresseur car, sans mobile connu, tous se sentaient en danger. Les commentaires et suggestions les plus folles allaient bon train : un  aliéné échappé de l’asile voisin, un voleur paniqué par la présence soudaine de Mme Dubalais, un dangereux maniaque gérontophile, voire un serial killer. Curieusement, M. Machin ne participait pas à la surenchère générale. Il semblait un peu absent et évitait les discussions de groupe qu’il semblait priser auparavant. En réalité, M. Machin était terrorisé. Lui, un homme calme, posé, respectueux des lois et règlements, avait commis l’irréparable dans un élan de fureur incontrôlée dont on ne l’aurait pas pensé capable.

En fait, Mme Dubalais, vieille femme sans histoire qu’il croisait chaque soir à la sortie du bureau, ne manquant jamais de la saluer courtoisement, s’était permis une fouille méthodique de ses dossiers et de sa vie.

Le doute s’était insinué il y avait quelque temps déjà car les objets posés sur sa table de travail n’étaient jamais vraiment à la même place, (oh ! juste quelques centimètres,  mais tout de même !….). Quant à sa corbeille à papier, alors que celle de ses collègues était systématiquement vidée, la sienne, curieusement restait parfois mi- pleine ou contenait encore au matin un ou deux papiers froissés.

Une fois son attention alertée, il constata que l’ordre des papiers restants ne semblait pas le même que la veille. Il voulut crever l’abcès et tendit un piège à l’indélicat curieux. Après avoir soigneusement plié une lettre à entête de la société, il la glissa dans une enveloppe qu’il cacheta et sur laquelle il écrivit, en belles lettres cursives, une adresse imaginaire. Le tout, légèrement froissé fut négligemment posé au milieu de la corbeille mi- pleine. Au matin, déception ! L’entier contenu de la corbeille avait disparu. Notre homme, non découragé, pris l’habitude de réitérer l’expérience 2 à 3 fois par semaine et voilà qu’un mardi, de la corbeille toujours mi- pleine, dépassait l’enveloppe qui avait été décachetée. Des  traces de doigts sur la lettre révélaient que le document avait été manipulé et donc lu. Décidé à en avoir le cœur net, le soir venu, il se cacha derrière un meuble du bureau pour tenter de découvrir qui était le coupable de ces fouilles intempestives. Quelle ne fut pas sa surprise de voir Mme Dubalais s’installer tranquillement à sa place, fouiller la corbeille, puis, d’un geste sûr, allumer son ordinateur et, toujours sereinement, commencer à prendre connaissance de ses mails. Comment avait-elle réussi à se procurer le mot de passe ?…mystère ! Et pourquoi s’intéressait-elle au plus banal des employés ?

Je ne vous décrirai pas l’altercation qui s’en suivit mais, au comble de l’indignation, M. Machin invectiva la concierge et finit, dans un accès de rage, par pousser l’indiscrète dans la cage d’escalier où on devait la retrouver plus tard en piteux état.
Il avait fallu cette funeste curiosité pour troubler l’agréable quiétude de M. Machin et faire de cet homme tranquille, un endiablé.

C’était la goutte d’eau qui avait fait débordé le vase d’une existence douillette, apparemment sans intérêt ; mais… en est-on  vraiment si sûr ?…

Patricia

 

2/ EXERCICE :

Distribuer une feuille à chaque participant. Ecrire 6 mots ayant rapport avec la nuit
Faire passer à son voisin qui écrira un texte avec ces mots

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5 mots en rapport avec la nuit : insomnie, boîte de nuit, profonde, étoilée, tisane
 
Encore des insomnies ! Je tourne et retourne dans mon lit mais le sommeil fuit et je ne le rattraperai pas. Alors, prenons le taureau par les cornes et profitons-en pour aller en boîte de nuit !
Je me prépare en hâte et hop, m’y voilà ! Je suis accueillie par un bruit assourdissant qui m’explose les tympans et me met les nerfs à vif aussi sûrement que les marteaux piqueurs du chantier voisin.
Effarée, je fuis ce vacarme qu’on nomme indûment musique et me retrouve sur la plage. Face à la nuit profonde toute étoilée de ces mondes mystérieux qui palpitent tendrement. A la maison, une bonne tisane de grand-mère parachève mon retour au calme et prélude à mon doux endormissement.
Mireille

Etoilée était la toile de notre rencontre
Mais au cœur d’une ténébreuse atmosphère
Dans la chambre aux volets clos
Penchée sur la mer
A la fin de chaudes après-midis
Qui étouffaient nos aspirations
Tendues vers l’immense
Par la noire projection
D’un avenir bouché
Nous étions au centre
D’un interminable été de canicule suspendue
Et pourtant tout résonnait
Comme les vents cinglants
Des glaciales collines de Hurlevent
Allison

Noire et froide est la dune
Qu’éclairent les étoiles.
Si sur son blanc corset
La lune jette un voile,
C’est que la douce enfant
En robe de mariée
Pleure le prince charmant
Qui, seul, s’en est allé.
Patricia

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L’autre jour, en surfant sur le web, je suis tombée sur un site qui promettait de nous dévoiler tout notre avenir. Je me suis dit que je n’avais pas besoin de savoir, à l’avance, les tuiles qui allaient m’arriver, c’est déjà assez pénible de les subir sur le moment, sans les anticiper. Je fus, cependant, très intéressée par l’étude de mon thème astral gratuit. Je contactais donc l’adresse mail jointe en indiquant ma date et mon lieu de naissance.
J’appris donc que j’étais née dans la IVème maison lunaire, que ma planète était Vénus, que j’étais balance ascendant lion (une main de fer dans un gant de velours – dixit la voyante, Madame Irma !).
Suivait tout un discours assez abscon. J’avoue que tous les termes techniques employés me plongèrent dans la profondeur d’une obscurité opaque. Je ne savais même plus qui j’étais !
Alors, je me permis de contacter la Madame Irma en question pour lui demander tout ce que ce charabia signifiait, en termes clairs et concis. Et voilà la réponse que je reçus :
« Ma pauvre, t’as la poisse ! Y a rien à faire… ».
Fabienne

3/ EXERCICE : Dans la peau… d’une caméra !

camera

Je suis la caméra HXZB3, installée sur la sonde Voyageur 1. Voilà plus de 40 ans que j’ai quitté la Terre et j’en prends plein les yeux !
Au décollage, les sables roux tourbillonnants du désert, un tremblement de fin du monde qui manqua me démantibuler puis l’aveuglement incendiaire de la traversée de l’atmosphère.
Après ce déchaînement titanesque, le silence du cosmos, la palpitation des milliards d’étoiles, il y en a tellement, si vous saviez ! Et puis notre petite planète océane qui fond lentement dans le firmament. Bref, l’extase ! Quels mondes merveilleux vais-je frôler, caresser de mon œil extasié ? Quels mystères vais-je découvrir ?
J’ai de la chance ! Quand je pense à mes pauvres consœurs installées dans des rues obscures pour filmer les horreurs d’un quotidien qui sait trop souvent tomber dans le sordide !
Alors que moi, ambassadrice de la curiosité des Hommes, je cours sans fin vers l’infini. Je traverserai les limites de l’Univers et rencontrerai des mondes insoupçonnés où l’homme redevient enfant.
Mireille

Je m’épuise
Depuis tant d’années
Étirées
Mises bout à bout
A capturer leurs vies
Cristallisées
Par mes soins fidèles
Dans une morne éternité
La répétition
Régulière
Sans véritables vagues
D’événements insignifiants
Sans grande saveur
Et d’un ennuyeux quotidien
Sans captivante ampleur
Alors que je rêve
De grandiose et d’exception
Me retrouver
A la contemplation
Enfin projetée
Sur écran géant
Au blanc perfection
Immaculé
D’un chef d’œuvre de cinéma
Allison

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Je suis épuisée. Tous les jours ,en pleine action aux défilés de mode,  je ne vois que des grandes girafes, genre sacs d’os. Et qui, comble d’ennui , font toujours la tronche en déambulant sur les estrades. Alors que je ne rêve que de beautés pulpeuses, aux rires voluptueux et aux corps de rêve.
Une fois encore mon maître court dans tous les sens pour être sûr de capturer le meilleur « shot »du meilleur os.
Brusquement, il tourne complètement sur lui-même, comme s’il avait pressenti qu’une réelle beauté se trouvait au fond de la salle. Mes yeux n’en reviennent pas. Je suis éblouie par une déesse au formes généreuses, à la poitrine ravageuse: «  Un pur sosie de la grande Marilyn Monroe ». Cette beauté me console et je devine, dans son regard langoureux, qu’elle joue avec moi et qu’elle m’offre son plus beau sourire.
Mon maître en oublie tous les sacs d’os et nous finissons la journée braqués sur cette divine beauté inconnue. Soudain elle nous montre une feuille de papier portant un numéro de téléphone. Mon maître, ce veinard, va pouvoir l’ appeler. C’est peut être le début d’une belle romance……
Françoise

Regarde-la celle-là, elle en fait des manières ! Elle ondule, glousse… On dirait qu’elle me drague !

Ah ! L’éblouissante blancheur de ses dents parfaites contrastant avec ses lèvres pulpeuses recouvertes d’un beau rouge carmin (son dentiste, quel artiste !). Et ses yeux, trop charbonneux à mon goût ! Si elle pleure pour la scène 4, ça va dégouliner de partout, un vrai carnage !

Il faut reconnaître qu’elle bouge bien et qu’elle est vraiment sexy, mais ce décolleté, c’est d’un vulgaire ! En plus je suis sûre qu’elle a mis toutes ses économies afin de pouvoir exhiber ses seins trop parfaits… et cette robe ? Vraiment trop courte ! Tout est trop montré, plus rien n’est suggéré, trop, c’est trop ! Elle en fait des tonnes cette nana ! C’est un film sentimental tout de même, pas un porno ! Cette fille n’a aucun respect pour moi, j’en ai assez de son numéro de charme bidon !

Tant pis pour le réalisateur, là c’est décidé, je lui fait le coup de la panne !
Patricia

Anna vient de naître. On m’a achetée spécialement pour l’occasion…
Elle pèse 2,950 kg et mesure 50 cm, un adorable bébé.
Aussitôt, mon film est posté sur tous les réseaux sociaux. Tous nos « amis » doivent savoir et partager le bonheur.
Aujourd’hui, Anna a 13 mois. Grand zoom sur son PREMIER PAS ! Toute la famille applaudit.
Anna a déjà 3 ans et fait sa première rentrée à l’école maternelle. Après les larmes et les cris de la séparation, la joie et la fierté d’avoir de nouveaux amis.
Et puis, Anna grandit: pour chaque anniversaire, le même amour, une bougie de plus…
Anna a 13 ans et pleure, seule avec moi, dans sa chambre. Elle voudrait dire à ses parents qu’elle les aime aussi fort l’un que l’autre, qu’ils ne devraient pas divorcer, que son coeur se déchire…
Anna a 17 ans et, pour la première fois, son coeur bat très fort.Il s’appelle Valentin. Elle me le présente. Est-elle amoureuse ? Mon dieu, c’est quoi, l’amour ?
Anna a 24 ans. Elle est si fière de recevoir son diplôme devant papa et maman, réunis pour l’occasion.
Anna a 26 ans et sort de  l’église au bras de son mari, elle est si heureuse. Papa et maman essuient discrètement une larme, mais mon oeil ne rate rien.
Pour son trentième anniversaire, Anna me relègue au grenier. Elle vient d’avoir un nouveau gadget plus perfectionné pour l’accompagner dans sa vie.
Anna a maintenant 75 ans. Il y a peu de temps, avant sa maladie, elle m’a redécouvert au grenier. J’ai reconnu l’eau claire de ses yeux et son doux sourire, teinté de tristesse. Je devine des douleurs et des malheurs dont je n’ai pas été le témoin…
Elle est entourée de ses deux filles, leurs enfants et petits enfants, ça fait un joyeux brouhaha. Mais son coeur se tourne vers son fils, disparu en Irak, blessure jamais refermé, et toujours aussi douloureuse. Et puis aussi, vers son mari, son compagnon si cher de toutes ces années, parti l’an dernier.
Une vie banale, en somme, faite de joies et de tristesse.
Aujourd’hui, Anna est malade, seule, couchée dans sa chambre d’hôpital. Elle me reprend une dernière fois pour adresser un message d’amour à ses enfants, ses amis, tous ceux qui lui ont donné une raison de vivre.
Fabienne

19 mars, 2014

Atelier du 17 mars 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:56

DEVOIR : expression
Trouver une origine à l’expression « avoir un cheveu sur la langue ».

avoir-un-cheveu-sur-la-langue

Zoé et Zoroastre étaient jumeaux, ou plutôt zumeaux, comme disait Zoé, qui zozotait.
Zoroastre était roux et rond, mon astre doré, mon Roudoudou, mon Zorro, disait la mère.
Zoé était blonde et gracile, ma Zozotte, ma falote, ma maigriotte, disait la mère.
Dans la vie de tous les jours, il est bien plus désagréable de s’appeler Zozote que Zorro. Tout le monde se moquait de Zozote, tout le monde admirait Zorro. Zoé avait beau dire « Moi, ze suis plus zolie, et en plus ze suis intellizente », toute la famille, tous les amis se pliaient en deux de rire et s’amusaient à lui faire répéter « z’aime le zambon » , « z’ai deux zolies zambes », « tonton zorges est zentil »…
La pauvre Zoé s’assombrissait de « zour en zour »…l’adolescence la vit maussade, puis agressive, car ses petits camarades ne lui épargnaient aucun sarcasme.
Ses parents, qui n’étaient pas des monstres, tentèrent par tous les moyens de faire cesser ce blèsement : on essaya l’orthophonie, en vain, l’acupuncture, sans plus d’effet, l’hypnose, sans résultat. On avait entendu dire que le chant, le théâtre, pouvaient la guérir. Cela ne fit qu’aggraver son mal-être…
Elle entra au lycée sans avoir eu ni amie, ni petit ami. Et pourtant elle était plus que jolie.
Un soir, un « grand » de terminale la coinça contre le mur du gymnase et l’embrassa de force, le grand jeu, avec la langue qui s’entortillait à la sienne…Il s’écarta d’elle aussi brutalement qu’il l’avait plaquée contre lui et d’un air dégouté tira de sa bouche un long cheveu roux : « Pouah ! C’est dégueulasse ! T’avais un cheveu sur la langue ! » Et il l’abandonna sans plus de façon…
⁃    Quoi ? J’avais un cheveu sur la langue ?
Miracle ! Zoé ne zozotait plus !
Consulté, le médecin trouva l’explication qui avait tant tardé : dans le ventre de leur mère, les jumeaux avaient été si serrés que la bouche de Zoé s ’était trouvée sur la tête de Zoroastre : un de ses cheveux roux avait poussé sur la langue de Zoé et c’était ça qui la faisait zozoter !
L’expression « avoir un cheveu sur la langue »  parut si poétique, si charmante, qu’on la conserva dans la famille, dans la ville, dans le Comté et dans tout le pays.
Elle perdure encore de nos jours.
Huguette

Adam s’ennuyait un peu au Paradis où il ne connaissait que l’oisiveté. Bien sûr, il y avait Eve. Mais de temps à autre elle se cachait et pouvait disparaitre plusieurs jours d’affilée. Pourtant Dieu l’avait créée pour lui tenir compagnie. Où pouvait-elle bien être ?
Adam caressait son abondante tignasse noire, ce qui lui donnait l’impression de mieux réfléchir. Il ne remarqua pas qu’un malin petit cheveu était resté dans sa main alors qu’il se mettait à bailler d’ennui, la main sur la bouche.
Il fallait absolument qu’il retrouve Eve et il se mit à l’appeler : « Eve ze ne suis pas d’accord de devoir te serzer sa que fois que tu te casses ». Mais que lui arrivait-il ? Pourquoi ce zozotement ridicule ?
A ce moment précis, Eve réapparue . Elle avait entendu l’appel d’Adam et se moquait ouvertement de son zozotement . Cela le mis hors de lui : « Z’en ai assez de toi Eve, ze ne veux plus tout le temps te zerzer ».
A ce moment précis, Dieu qui passait par là les interpella : « Adam, pourquoi cries tu comme cela ? »
« Parce que, une fois encore, z’appelais Eve qui s’était cassée ». En entendant le zézaiement  d’Adam, Dieu se mit à sourire ». « Ne riez pas car cela m’énerve. Ze suis dans l’impossibilité de parler normalement et ze vous demande de faire quelque soze pour me rendre ma voix habituelle.
Dieu demanda alors à Adam d’ouvrir grand la bouche. Il aperçu toute de suite le cheveu rebelle et l’extirpa de la langue d’Adam. Ce dernier retrouva aussitôt une prononciation normale. Depuis ce jour, lorsque quelqu’un zozote on dit qu’il a un cheveu sur la langue.
Françoise

En l’An de Grâce 1710, notre illustre Roy Louis le quatorzième du nom, manda le Duc de Trouduc en mission secrète d’espionnage près la cour perfide d’Albion.
Fier d’avoir été choisi et heureux que son obscur duché sorte enfin de la grisaille somnolente de l’anonymat, le Duc jeta toute son énergie dans la réussite du projet.
Doutant de trouver en cette cour barbare des érudits maniant le Latin, il décida de s’initier à leur langue déroutante grâce à un Abbé qui s’en revenait justement de ce brumeux pays. Désabusé, l’Abbé déplorait les mœurs étranges de ces gens, les Anglo-Saxons, union du peuple des Angles (ainsi nommés en raison de l’angulation étrange de leur menton ???) et de celui des Saxons.
Selon le bon Abbé, cette configuration expliquait les particularités de la prononciation de cette langue qui donnaient tant de suées à notre Duc. Le « th », son improbable à la frontière du Z comme Zeus et du S comme sérénité, un cauchemar. Que dis-je, un chemin de croix !
Ne pouvant se déformer la figure, le bon Abbé expliqua son « truc » : Dégagez discrètement un cheveu de votre perruque, glissez-le sur votre langue et crachez le « th » comme si vous vouliez chasser cet importun cheveu. Et ça marche !
Grâce à cette astuce, la mission du Duc fut un succès dont l’histoire ne retint que l’astucieuse méthode linguistique, tout en déplorant qu’elle interdit la pratique de la langue anglaise aux chauves.
Mireille

 

ZanIl s’appelait Henri. Henri Lafont mais, dans le village, tout le monde l’appelait le « Petit Jean » qui était son deuxième prénom, le même que son grand-père, le « Vieux Jean » , mort le jour de sa naissance.
Jean était tout heureux de rentrer au cours préparatoire de l’école laïque d’Uzès, en ce 1er septembre 1836.
Ce qu’il ignorait, c’est que précisément, cette année scolaire serait le déclencheur de sa fortune.
Petit Jean était petit pour sa taille, c’est pourquoi, l’institutrice le mit au premier rang, à côté de Suzanne Bonbon. Tout le monde trouvait ce nom ridicule, mais Petit Jean, lui, l’adorait. Elle était rose et joli comme un bonbon et adorait les réglisses, surtout à la violette. Ils se prirent tous deux d’une amitié aussi forte qu’instantanée.
Suzanne arrivait le matin, bien pimpante dans sa blouse et les cheveux longs et blonds, soigneusement attachés. Mais dès la première récréation et les joyeuses courses avec Petit Jean,  ils étaient tous deux débraillés et les cheveux en bataille, au grand dam de Mademoiselle Journot, leur institutrice.
Il fit très chaud ce mois de septembre-là.  Octobre aussi fut exceptionnel et les fenêtres de la classe étaient toutes ouvertes.
Ainsi, les cheveux détachés de Suzanne balayaient souvent le visage de Petit Jean. Si souvent même qu’il en avait régulièrement dans la bouche. Au bout de deux jours, il zozotait déjà, tout empêché qu’il était de pouvoir bien former ses mots. Il mit à dire, dès lors : « Zan, ze m’appelle Zan ».

Suzanne arrêta l’école au certificat d’études, comme toutes les filles à cette époque-là. Petit Jean, lui, eut la chance de continuer ses études. Mais, ils étaient si inséparables qu’ils se marièrent à l’âge de 21 ans. Et Petit Jean, pour plaire à sa belle qui aimait toujours autant les réglisses décida de fonder, en 1862, une entreprise. Comme il ne savait comment la nommer, il demanda à Suzanne qui, sans hésiter lui dit : « Zan, appelle-la Zan , en souvenir de notre rencontre ». Il créa même, spécialement pour elle, un Zan à la violette.
Fabienne

1/ EXERCICE :
Vous allez vous présenter aux élections de maire. Faites une liste ou un texte (au choix) des promesses les plus farfelues possibles.

Elections-municipales-2014-mode-d-emploi_image_article_largeSi vous votez pour moi, je propose :
Chaque matin, de doter le ciel d’une couleur inédite, à laquelle chacun, le soir venu, pourra ajouter sa nuance inventée
Des voyages à destination de la lune, pour ceux qui souhaitent se reposer de la terre.
Des cures intensives de fabrications de poèmes et de nouveaux mots plus beaux, à notre jeunesse qui erre et se perd.
La fondation du premier conservatoire du rire, pour soigner le mal d’existence.
Que chacun s’exprime en chantant et écrive en dessinant.
La tête rimera avec le cœur, enfin, au diapason, pour que s’incarne en chacun, le héros, du film libre, grand et magnifique, de son propre chemin choisi.
Pour le reste, je laisse ça aux gens peu sérieux, que l’humain intéresse finalement peu.
Allison

Mes chers Con-citoyens,
En ces temps difficiles ou les indélicatesses multiples de nombreux collègues pourraient vous écarter des bienfaits de la démocratie, mes très chers amis, je réagis ! Et vous invite à me soutenir en votant pour moi.
Je vous précise que j’ai soigneusement examiné les comptes de notre belle commune alors MOI, je ne vous proposerai que des actions réalisables. Et MOI, je m’engage à réaliser toutes, absolument toutes mes promesses et dans la plus parfaite transparence.
En votant pour moi, vous me permettrez de supprimer tous les impôts communaux car sa Sainteté la Dette Publique pourvoira généreusement à tous nos besoins.
En m’élisant vous pourrez enfin fermer toutes les écoles car mes bons amis, à quoi bon surcharger vos cervelles déjà épuisées par les soucis d’un quotidien impitoyable ? Vous n’aurez besoin d’aucune des connaissances distillées en ces lieux puisque moi, je m’occuperai de tout pour vous, en veillant à votre bien comme un bon père de famille.
Et dans le souci de participer à votre épanouissement personnel, la commune offrira à tous un voyage A/R tous frais payés sur la Lune.
Voici mes chers con-citoyens quelques points forts de mon programme que je vous invite de tout cœur à soutenir.
Alors, votez pour moi !
Mireille

Votez pour moi, et plus jamais votre vie ne sera triste :

Tous les lundis, pour bien commencer la semaine, il y aura distribution gratuite de vin blanc à la Maison du Livre
Tous les mardis, tous les célibataires de tous âges pourront se rencontrer dans un immense speed dating, sur la place des Cocotiers
Tous les mercredis, cinéma gratuit
Tous les jeudis, pour que règne l’harmonie dans les quartiers, obligation d’offrir des fleurs à sa voisine ou de faire un compliment à son voisin
Tous les vendredis, obligation de s’habiller en rose pour voir la vie de la même couleur
Tous les samedis, portes ouvertes des boîtes : de 10h à midi pour les primaires, de midi à 15h pour les collèges, de 15 à 18 pour les séniors, de 18 à 21 heures pour les collèges et le reste de la nuit pour les autres…
Et enfin, tous les dimanches, pique nique organisés dans tous les parcs et sur toutes les plages de Nouméa.

Comme vous le voyez, si vous votez pour moi, tous les jours de votre semaine seront bien occupés et vous serez tellement fatigués que vous n’aurez plus le temps de râler !!!
Fabienne

2/ EXERCICE : Faire l’apologie du mensonge.

565121mensongesLe mensonge, contrairement à ce qu’on dit, mais comme tout le monde le pense, c’est bien ; ça permet :
- de dire ce que l’on ne pense pas,
- de faire ce qu’on ne pourrait pas si on avouait la volonté,
- d’agir en catimini, sans aucune retenue ni arrière pensée,
- de faire croire à l’autre plus qu’on ne parait en savoir soi-même,
- de paraitre ce que l’on n’est pas apparemment,
- de défier son prochain en lui prouvant qu’il ne raconte que des histoires…
Encore ne faut-il pas s’emmêler soi-même !
Sylvie

Le mensonge,
Quel doux procédé, quel délicat refuge
Dans le mensonge,
Sommeillent les possibles d’un univers entier, immense, de délectations
Lorsque je mens,
C’est un songe, que je fais advenir, en moi-même
M’y dissimulant, ravie
Dans ce (men)songe d’exception,
Je m’invente, une vie, un personnage, le bonheur, la passion
Je suis autre alors, je suis à la fois tout le monde et n’importe qui
Je plonge, je m’essaie, pour finalement, mieux me rencontrer
Derrières ces apparences, ces artifices, ces déguisements
Derrières ces faux semblants, ces coquetteries, ces pudeurs
Les voies inventées, les subterfuges et les arrangements
Et ce qu’il faut dire aussi
Cette politesse, parfois
Allison

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J’entends dire, de ci de là, que la franchise serait la plus belle des qualités. Il paraitrait que la vérité est la source de toute communication réussie et harmonieuse, aussi bien dans le couple que dans la famille et la société. Et bien permettez-moi de ne pas être d’accord, mais alors pas du tout ! (Et en ce moment je vous dis la vérité, mais vous pouvez en douter…)
Je l’affirme haut et fort :
mentir est un acte de salubrité publique !
Et je vais vous le prouver.

Imaginez votre enfant, votre cher trésor, qui revient de l’école en pleurant parce que son instituteur l’a traité de crétin, son camarade de mongolien et sa petite amie de singe. Vous auriez l’indécence de lui dire : mais oui, mon chéri, ils ont raison, tu as l’intelligence d’une limace sous anesthésie générale, la répartie d’une salade, la beauté de Quasimodo ?
Non, n’est-ce pas ? Vous le rassurez : c’est un génie (méconnu) un Apollon (original), une merveille de la nature. Votre mensonge est  indispensable au développement psychique harmonieux de votre enfant, donc absolument nécessaire.
Monsieur, votre femme vous pose la question fatidique : tu ne trouves pas que j’ai grossi ? Que je suis moche ? Que j’ai des rides ? Et vous de répondre en toute sincérité : mais oui, ma chérie, tu es devenue une truie obèse en quelques mois et tu n’es plus appétissante du tout. Ou encore : tu m’aimes ? Bien sûr que non, et il y a longtemps ! Ma petite secrétaire, elle, oui, j’en suis fou !…
Madame, votre mari, dans un grand élan sentimental après un acte sexuel qu’il a jugé performant, vous demande, tout pétant d’orgueil : « alors, heureuse, c’était bon ? C’était bien ? » Et vous, « non, non, comme d’habitude j’ai simulé (ou, variante, j’ai pensé au voisin, qui m’inspire davantage…) ».
Je vois que ces deux exemples ont convaincu la majorité d’entre vous. Je vais convaincre les 30% restants.
Votre vieille mémé, qui radote beaucoup et s’oublie un peu sous elle, vous dit d’une voix tremblotante : je vois bien que je vous cause bien du travail et bien des dépenses, il vaudrait mieux que je sois morte… Et vous, tranquillement porté par la certitude que la sincérité est la plus grande des vertus, vous lui répondez : Ah ! Ça, oui ! On en a marre de changer tes couches et de t’entendre déraisonner à longueur de temps, tu préfères mourir comment ? Ça nous fera des vacances…
Non, non, vous lui prenez la main pour lui demander de vivre encore trèèès longtemps, parce que vous l’adorez. (et c’est vrai aussi…)

Et s’il reste un faible pourcentage de personnes qui résistent encore à la logique de mes arguments, lisez les promesses électorales de tous ceux qui briguent une responsabilité et comparez-les avec leurs réalisations…
S’ils vous avaient dit : « je ne ferai pas grand chose pour vous, je n’aurai ni la volonté ni les moyens d’améliorer votre bien-être et votre sécurité quotidiens, j’augmenterai vos impôts et même je m’en mettrai plein les poches dès que ce sera possible sans me faire prendre », les auriez-vous élus ?
Huguette

« J’aime les rêves, j’aime l’espérance, et j’aime aussi fermer les yeux ». Je ne me souviens plus où j’ai lu cette phrase mais voilà bien tout ce qui peut justifier si ce n’est absoudre le mensonge.
Si le mensonge peut nous rendre la vie plus belle, alors oui, il a plus que droit de cité. Fermez les yeux sur tout ce qui peut vous blessez, vous faire mal, vous détruire et ne garder que le beau, le gentil, l’harmonieux, pour vivre en paix !Ce mensonge qui peut être aussi tout simplement de la politesse et sans qui l’on ne pourrait vivre. Dire à chacun qu’il est éternel, que tout le monde l’aime, bref, seulement ce qu’il veut entendre… Certains le pratiquent comme un art.
Finalement ce besoin du mensonge, ne nous vie
nt-il pas tout simplement de l’envie désespérée de croire encore au Père Noël ?
Fabienne

18 mars, 2014

Atelier du 3 mars 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:36

1/ EXERCICE :
Vous vous réveillez un matin, sans plus savoir qui vous êtes. Vous avez tout oublié, pour une raison ou pour une autre. Vous êtes chez vous et vous visitez l’appartement comme une personne étrangère. Que déduisez vous de l’occupant(e), de vous ?

Praktica Digital Camera

Je rentrais de l’hôpital après mon accident. Un jeune homme qui gentiment m’accompagnais et qui prétendais être mon fils porta mon sac et m’aida à monter les escaliers.
Troisième étage… sans ascenseur ! J’arrivais complètement essoufflée. Et on me dit que j’étais chez moi… Etais je sportive dans mon autre vie ?
L’appartement était confortable, sans être luxueux, loin de là.
Ce qui me surprit fut l’éclatement des couleurs. Des couleurs partout, chaudes, intimes… Etais je une personne tout à fait optimiste ou s’agissait-il de mettre des couleurs dans ma vie qui en manquait ? En tout cas, de l’ensemble ressortait un calme, un apaisement, c’était comme un havre de paix. Et puis des plantes et des livres, partout… Je les aime tout de suite.
La salle de bain orange et anis, petite, recelait un grand nombre de crèmes pour la peau, en tout genre… et des médicaments… pas bon ça !
La chambre ressemblait à une chambre des mille et une nuit : un lit à baldaquin avec un ciel de voiles jaunes. Le plafond était bleu marine et des étoiles phosphorescentes y étaient collées. Elle, enfin, moi, avais peur du noir ! Le tout était propre comme un sou neuf. Quelqu’un avait il fait le ménage pour mon arrivée ou étais-je une accro de l’aspirateur et du chiffon ?
J’avançais doucement… comme si j’arrivais chez quelqu’un d’autre. Je m’assis naturellement sur l’un des fauteuils de la terrasse et m’y sentis tout de suite à l’aise.
Laurent, mon (soi-disant) fils, se mit à sourire : « tu sais, maman, et ce mot me retourna, c’était toujours là que tu te mettais pour lire ».
Fabienne

Vide, je suis vide de souvenirs et donc de moi. Qui étais-je, vas-tu me le dire Petite Maison ? Comme dans une enquête policière, je furète dans chaque pièce, ouvre placards et tiroirs, traque l’indice.
Un chat se love dans mes bras en miaulant. Lui au moins me sait. Dommage, il ne parle pas ! Alors donc j’étais sensuelle, sensible à la beauté comme le confirment ces photos aux murs. Une grande voyageuse semble-t-il aussi.
Alors comme un bateau sans gouvernail, tu errais dans la vie à la recherche du port dans lequel te poser ? Et tu ne l’as pas trouvé puisque finalement tu as fui dans le néant de l’oubli.
Oui, cette maison te dit que tu dois cesser de fuir, de te fuir. Maintenant que tu es vierge comme une page blanche, il ne te reste plus qu’à t’écouter pour t’écrire.
Mireille

J’ouvre les yeux péniblement, ma tête me fait terriblement souffrir et je n’arrive pas à rassembler mes idées. J’essaye de me sortir du lit et je me prends les pieds dans un petits tapis.
J’atterris les quatre fers en l’air juste devant un miroir. Je peux y voir le reflet d’une espèce de folle qui ne ressemble à rien : yeux hagards, cheveux ébouriffés. Mais qui est cette personne, je ne l’ai jamais vu auparavant. Elle porte un vieux pyjama sans forme et me regarde d’un air ahuri.
Où suis je ? Je ne connais pas cet appartement. La personne qui habite ici doit être vraiment bordélique. Rien n’est rangé et moi qui suis plutôt maniaque éprouve un certain malaise. Des vêtements sont entassés sur une chaise et des livres sont éparpillés sur le parquet.
Les murs sont peints de couleurs vives, orange et vert anis, comment peut-on vivre dans un tel décors ?
J’avance péniblement dans un petit couloir qui mène à la salle de bain de couleur rose bonbon. Prise d’un envie subite, je cherche les toilettes et les découvre au fond d’un couloir. Les murs y sont tapissés de photos. Je les examine les unes après les autres. Mais qui sont tous ces gens ? je ne connais personne. Mon dieu, la même folle me fixe de ses yeux hébétés dans un miroir biseauté accroché dans le couloir. Des coups de marteau cognent dans mon cerveau embrumé.
Soudain la sonnerie d’un smart phone me fait sursauter. Quelle idée de choisir une sonnerie aussi débile. Je parviens à prendre la communication: « Allo, coucou Françoise ? C’est Monique « . « Je pense que vous faites un faux numéro » et je raccroche sans plus attendre.
Qui suis-je, où suis-je ? aucune réponse à ces questions. Je dois faire une terrible crise de somnambulisme et je décide de me recoucher.
Françoise

2/ EXERCICE : Je dis NON !!! (aux petites choses de tous les jours, insupportables)

Je dis non aux fringues trop compliquées à mettre et qui nous font arriver en retard au travail

Je dis non aux hommes qui urinent sur le bord des toilettes et qui n’essuient pas
Je dis non aux placards toujours trop hauts pour qu’on puisse y attraper quoi que ce soit
J’ai dit non aux bouteilles de gaz impossibles à porter et à installer
Je dis non aux minuscules fourmis qui envahissent mon appartement la nuit et disparaissent dès le matin
Je dis non à toutes les choses qu’on garde par habitude, sans jamais s’en servir
Je dis non aux bocaux qu’on n’arrive pas ouvrir
Je dis non aux énormes trousseaux de clés dont une seule ouvre la porte, mais laquelle ?
Je dis non en général à tout ce qu’une femme qui vit seule dans un appartement ne peut pas arriver à faire sans aide.
Fabienne

DEVOIR :  S’il suffisait d’une phrase pour changer votre vie, laquelle écririez-vous ?

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Isabelle

Je ne pense malheureusement pas qu’une seule phrase suffirait à changer ma vie. Non ! Ce qu’il faudrait, en fait, serait une page… complètement vierge. Réécrire toute l’histoire dès le début. Oublier la souffrance, les douleurs, les malheurs… Naître ailleurs, avec une autre famille, plus aimante, plus intelligente et surtout plus tolérante. Je me suis souvent inventée une histoire, plusieurs histoires, même. Avoir une jumelle pour ne jamais se sentir seule dans la vie, faire front face à l’adversité, être solidaires.
Mais je me dis aussi que, forcément, j’aurais été différente, peut être moins humble et moins compréhensive face aux autres. J’ai la conviction que si quelqu’un est méchant, c’est parce qu’il souffre. Après, il faut savoir aller au-delà de cette souffrance, ne pas être en colère. Je me dis que c’est mon karma, il faut que je l’accepte et je n’ai pas le choix. Alors, il faut le vivre le mieux possible et en tirer des enseignements. Faire le bien, aider, comprendre, apaiser. Ouvrir grand les bras et le cœur. Je n’aime pas ma vie, mais j’aime la personne que je suis devenue grâce à elle.
Fabienne

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Je suis en quête de changement, une quête ardue, longue et très souvent floue. On m’a dit que les quêtes deviennent absurdes du moment où on ne se fixe pas un objectif.
Je m’écris illico : voilà ce qu’il me faut, un but !
Je me mets donc à réfléchir sur ce but qui rendrait ma quête efficace. Ce but doit avoir un sens pour moi, il doit me remplir de force et de bonheur, faire jubiler mon pauvre cœur à chaque fois que je pense à l’atteindre. J’ai beau scruter toutes les circonvolutions de mon cerveau mais je ne trouve pas de réponse. Faut-il aller chercher du côté du cœur ? Dans le cerveau niche la réflexion la plus rationnelle, le cœur garde toute sorte de sentiments qui échappent à la raison. De toute évidence, j’ai un cœur et j’ai un cerveau mais ils ne se connaissent pas et j’ai parfois l’impression qu’ils ne souhaitent pas du tout faire connaissance. Il faudrait que je les présente, cela deviendrait un de mes buts : mon cœur et mon cerveau apprendront à se connaître et à travailler en équipe.
Ce n’est pas facile de changer de vie et un seul objectif ne serait pas assez puissant ni convainquant pour y parvenir. Je dois en chercher d’autres. Déjà mon cœur et mon cerveau, en étroite collaboration, pourront échanger sur des décisions importantes et commencer à renforcer un certain équilibre dans mon esprit. Je me dis que c’est ma vision de tout ce qui m’entoure qui devrait être modifiée pour que des changements importants aient lieu dans ma vie. Mon deuxième objectif est de modifier mon regard envers le monde qui m’entoure. Mon premier objectif me permettra d’atteindre une sérénité suffisante pour arriver au changement du regard extérieur.
Je me trouvais dans ces réflexions relativement profondes, dans une complète introspection, lorsque j’arrivai avec le groupe touristique en face d’un mur de béton si haut que la lumière diminua considérablement. Le guide nous demande d’écrire un vœu important pour nous et un autre pour l’humanité et de l’enfouir dans l’une des multiples infractuosités de cette « muraille » infranchissable qui gardait en elle tant de mystères cachés dans les cœurs des hommes. Je me disposais à écrire d’abord un vœu pour l’humanité, suivant ce caractère altruiste qui a toujours dominé mon ego. Ma première phrase disait : « Que tous les hommes et femmes de la terre agissent avec leurs cœurs, non pas avec leurs cerveaux ». Je levai les yeux vers le bleu limpide et immaculé du ciel. Une dizaine de colombes vinrent incruster dans ce bleu la blancheur joyeuse de leur vol. Elles passaient d’un côté à l’autre du mur, ignorantes des laissez passer exigés par les gardes. Le guide attira mon attention sur mon écrit : « Madame, avez-vous écrit vos vœux ? Nous devons continuer notre visite ».
Je voudrais… hum ! Je voudrais… une bombe éclata avec une force supérieure à n’importe quelle manifestation volcanique de la nature. L’explosion me priva complètement du sens de l’ouïe et dans le trouble de ma vision je crus entrevoir des plumes noircies qui tombaient sur moi d’en haut de la « muraille ». De ma main droite je serrais dans un geste absurde un papier que je mettrai bientôt dans un trou.
Juana Maria MEDINA GARCIAS

3 mars, 2014

Atelier du 24 février 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:44

1/ EXERCICE : Exercice de mémoire
Quel est le plus vieux de vos ancêtres dont vous vous souveniez ? Donnez son nom, décrivez le. Comment parlait il ? Racontez un moment passé avec lui.

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 » C’est Isabelle, mon arrière-grand-mère maternelle…
Quand je songe à elle, c’est d’abord un fugace instant qui s’affiche dans mon esprit et puis ce que j’en ai appris par la suite.
Autant que je m’en souvienne, elle vivait dans une maison de village, plongée dans la pénombre et vaste, immense pour moi, alors haute comme trois pommes.
Un jour, j’ai traversé une enfilade de pièces qui n’en finissaient pas, des couloirs interminables quand tout d’un coup, Isabelle est apparue.
Assise dans un très grand fauteuil, affublée d’un visage très sévère et de cheveux très blancs si fins que j’aurais adoré y jouer avec mes doigts tellement ils devaient être doux.
J’entends, encore,  la voix tout en respect de ma mère  » Mamie, c’est Isabelle, ma fille,  elle porte ton prénom ».
 » Approche-toi » répondit une voix d’outre-tombe et Isabelle joignit la parole au geste, en étendant son bras.
Voilà pour moi qui est Isabelle de son vivant, c’est une image à jamais gravée dans ma mémoire d’arrière petite-fille, une sorte de Commandeur à la tête de sa famille qui lui était dévouée corps et âme.En grandissant, cette image de juge au glaive impitoyable m’a poursuivie.
Elle était chapelière de son état avec 6 enfants qu’elle avait eus d’un homme qui a toujours été décrit par ma grand-mère comme cacochyme. L’apparition des coiffeurs a fait péricliter son commerce et elle est partie tenter l’aventure au Maroc, abandonnant quelque part mari et enfants pour une longue période. Je n’ai jamais rien su de plus sur mon aïeule hormis son côté autoritaire avec ses enfants.
Pour moi, c’est le stéréotype de l’Ancêtre austère, froide, hautaine, condescendante et dont je porte le prénom. Un prénom chargé de l’histoire familiale et de ses non-dits, quelque part. Et ce n’est pas tous les jours facile de porter cette parcelle d’Elle.
J’aime à croire qu’elle était humaine. En tout cas, je m’y emploie à mon niveau pour que ce prénom s’humanise avec son arrière petite fille. Je suis convaincue que cela doit la faire sourire quelque part…
Isabelle

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On l’appelait Mamé Bégout. Oui, comme ça, sans prénom, juste avec son nom de famille. Et alors même que je réfléchissais à cet exercice, je me suis dit que jamais je ne l’avais connu, son prénom. Et qu’il fallait réparer ça. Et soudain, magie de la mémoire, elle m’est apparue, telle qu’elle était, un petit sourire timide toujours aux lèvres, marchant à petits pas menus.
Mamé Bégout habitait sur la même place du village que mémé Antonia, la mère de ma mère. Ce n’est que bien plus tard que j’ai appris que Mamé Bégout était sa mère et donc, mon arrière grand-mère. C’était une petite femme, toujours habillée de noir, en deuil perpétuel. Elle avait un chignon sur le haut de sa tête et je me souviens d’un jour où j’étais allée chez elle sans prévenir. Elle était en train de se coiffer et ses cheveux tout gris descendaient jusqu’au milieu de ses jambes. J’en ai été gênée de la voir comme ça, je n’ai pas su pourquoi à ce moment-là, mais je suppose qu’elle tenait à son image de petite vieille, toute proprette sur elle et qu’être « en cheveux » comme on disait à l’époque était l’apanage des femmes de mauvaises vies. Je suis donc ressortie tout doucement ; elle était un peu dure d’oreille et ne m’avait pas entendue. Je suis revenue plus tard.
Mémé Bégout ne parlait pas en français, mais uniquement en provençal et nous comprenions tous ce qu’elle disait. Quelle belle langue, que j’ai hélas, oubliée !
Je me souviens qu’elle se faisait toujours belle pour regarder la télé, une des premières. Jamais en chemise de nuit ou en négligé car, disait-elle, « si nous les voyons, tous ces gens, eux aussi nous voient ».
Le moment qui reste gravé dans ma mémoire est celui des obsèques de mon parrain (j’ai su plus tard que c’était son gendre). Mes parents m’avaient laissé chez elle car ce n’était pas la place d’une enfant. C’est ce jour-là que Kennedy a été assassiné. Mamé Bégout pleurait… ça me faisait tant de peine de voir cette femme si petite mais si solide dans cet état que, me méprenant sur son chagrin et tentant de la consoler, je lui ai dit « Mais Mamé, ne pleure pas, tu ne le connaissais même pas Kennedy ! ».Elle s’est éteinte peu après, tout doucement, comme elle avait vécu. Et je ne me souviens ni le jour ni quel âge elle avait…
Fabienne

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…Quand elle ouvrait son tiroir, avec ses mains toutes tremblantes, c’était pour en sortir une petite boîte en fer bleue pleine de caramels mous.
La danse de ses mains, qui avaient perdu de l’assurance, faisait sauter les bonbons comme des enfants excités qui aspirent qu’on les prenne dans nos bras.
C’est toujours délicieux les friandises d’une mémé, ça sent bon l’interdit et l’amour sans les mots.

 

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La personne qui m’a le plus marquée dans mon enfance fut mon grand-père maternel. Son prénom, insolite  « Marie-Ange » lui allait fort bien car on n’aurait pu imaginer un meilleur homme. Tout en lui n’était que bonté et amour, ce qui contrastait un peu avec sa femme, notre mémé Anna, au caractère bien trempé, comme le voulait le matriarcat breton.
Il avait arrêté ses études au certificat d’études, comme beaucoup à cette époque. A noter que les femmes élevées dans les campagnes, n’allaient pas à l’école. Ma grand-mère avait appris à lire et à écrire avec une comtesse chez qui elle travaillait. On nous a raconté que mon grand-père avait fait la guerre 1914/1918 et que ma grand-mère l’avait attendu pendant quatre ans. Ces deux là s’aimaient d’un amour fort et éternel comme j’ai pu m’en rendre compte en tombant, longtemps après leur mort sur des échanges de courriers.
Mon grand-père Marie-Ange était d’une grande élégance et possédait un réel charisme. Parti de rien, il réussit, à force de volonté et de cours du soir, à devenir chef comptable pour une société minière belge.
La vie ne leur a pas fait de cadeau. Ils perdirent leur fille, ma maman à 27 ans. Ma soeur et moi , âgées de deux et trois ans , nous retrouvâmes à vivre avec eux.
Tout ce passait pour le mieux entre nos deux grands-parents aimants. Hélas, cela ne dura pas. Pépé Marie-Ange eut une grave attaque cérébrale qui le laissa bien handicapé. Mes grands parents durent nous mettre, ma soeur et moi, dans un internat d’où nous ne sortions que le dimanche.
Je me souviens encore de nos promenades avec les soeurs. Nous allions tous les jeudis après-midi dans un grand parc. Chaque semaine nous étions sûres de voir, assis sur un banc, notre pépé Marie-Ange qui nous attendait les mains chargées de glaces, ou de gâteaux, suivant la saison. Je ne me rendais alors pas compte de l’effort surhumain qu’il déployait, appuyé sur une canne, pour ne pas louper ce rendez-vous.
Il mourut l’année de mes douze ans et je me souviens encore du gros chagrin que je ressentis alors. Il laissait un immense vide dans ma vie. Arrivée à l’âge adulte je me mis longtemps à chercher un homme qui lui ressemblerait… mais ça c’est une autre histoire.
Françoise

Otto+von+bismarckAux lustres de mon illustre ancêtre

Mon plus vieil ancêtre. Celui-là j’ai bien failli l’oublier ! Mais c’était chose impossible, les racines de notre arbre généalogique faisaient souche à ses pieds, il s’illuminait à son éblouissante nervure, fondant un sillon prestigieux, un rameau noble fleuri d’un royal écusson. Les recherches approfondies de mon père en la matière étaient précieuses, inestimables. Ne s’était-il pas mis en tête de creuser aussi loin que la mémoire des registres et des correspondances puissent établir des vérités incontestables ?
À rebours des ans il s’était plongé dans les temps immémoriaux. Les ataviques puissances refaisaient surface, resplendissaient de lueurs vives. Il avait abouti à excaver nos liens avec les hautes destinées de l’Empire germanique. Mon premier aïeul était ni plus ni moins qu’un Gouverneur-diplomate œuvrant à la haute cour de Potsdam en Prusse à l’apogée du 17ème siècle. La pièce à conviction qui cernait cette expertise n’est point contestable. Elle relatait la correspondance entre mon aïeul et un obscur philosophe des nombres et des affabulations discursives du nom de Leibniz. Ce dernier le sollicitait afin de se voir accorder une faveur financière et un asile à la cour.
Cependant les livres d’histoire et de philosophie sont bien injustes, ils ont encensés l’obscur philosophe et ignorés totalement mon illustre ancêtre. Maintenant je sais et je suis si fier que mon père ait mis les pendules à l’heure… La généalogie ça sert aussi à ça !
@Alain Lincker 24 février de l’an de grâce 2014.


2/ EXERCICE : écrire un texte sur une photo de Robert DOISNEAU

photo

-   Alors chéri, qu’en penses tu ?
-   Elle est belle, très belle…
-  Dans le salon, ça fera un effet surprenant auprès de nos amis
-  Dans le salon, tu es sûre ? Ce sera, en effet… surprenant auprès de nos relations, surtout te connaissant… Je l’aurais plutôt vu dans notre chambre…
-  Je ne comprends absolument pas pourquoi tu dis cela. Alors, on la prend ?
-  Et bien, ma chérie, si tu y tiens, dit il d’un air sournois.
C’est ainsi qu’il se retrouva avec un tableau représentant une portée de chatons espiègles sous le bras.
Fabienne

SHOOPING SUR LES GRANDS BOULEVARDS
Ah ! Les vitrines des grands boulevards où le regard accroche les lumières du monde, scintillements éphémères, humaines convoitises. Commerce du clinquant, du rutilant, du tape à l’œil chargé de happer la course nonchalante du passant, forçant la station, suscitant l’admiration, les ébahissements. Le regard se pose, pèse de son désir, s’illumine du bonheur de la découverte, de la rencontre première, initiale, suggestive. L’attrait bouscule le train-train habituel, phagocyte le discernement, porte à la démesure, glisse sur les envies et invite le chaland à des considérations nouvelles, des étourdissements véritables, frémissements de l’âme éplapourdie de rêves et de songes. Mais le regard vacille, dérape et divague… ailleurs.
Alain

DEVOIR : Ma première journée de classe

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Je me souviens encore de ce vendredi 15 septembre. Il faisait chaud. Je rentrais directement au cours préparatoire. Je n’avais jamais été en maternelle. Mon cartable tout neuf et déjà trop grand battait mes mollets. J’avais une blouse, neuve aussi, à carreaux bleus. L’école primaire des filles jouxtait celle des garçons. Un mur les séparait.
J’admirais les grandes qui, délaissant leurs parents d’un baiser négligent, se retrouvaient entre elles après deux mois de vacances. Elles avaient beaucoup de choses à raconter. Elles allaient, par petits groupes, se tenant par la taille, riant aux éclats.
J’étais à la fois angoissée par tous ces gens que je ne connaissais pas et excitée par tout le savoir qui m’attendait, derrière les portes closes des classes. Qui allait être ma maîtresse ? Oh non, pas celle au chignon revêche, et à l’air si sévère… Elle me faisait peur !
Je me retrouvais seule, au milieu de la cour quand la directrice siffla pour rassembler maîtresses et élèves et indiquer à chacun sa classe.
Fabienne

 

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