Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 janvier, 2014

Atelier du 27 janvier 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 8:01

1/ Exercice : Une vie de chaussures

chaussures

-       Alors ? firent-elles toutes en chœur
-   Alors quoi ? répondit d’un air faussement interrogateur la paire de mules à pompon rose.
-   Mais tu sais bien. Alors ? Elle a choisi lesquelles ?
-   Les talons hauts en velours noir avec la bride en brillants, minaudèrent les mules.
Un grand silence s’ensuivit.
-    Alors, çà veut dire que c’est sérieux, dit la paire de bottes en cuir marron.
-   Sérieux, sérieux, l’avenir nous le dira, répondirent les mules.

Elles étaient toutes enfermées dans le noir du placard, rangées comme une armée en ordre de bataille. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les formes. Seule, la paire de mules partageait la vie intime de leur propriétaire et était donc au courant de tout. Les autres, au hasard de leurs escapades, n’en connaissaient que quelques bribes qu’elles s’empressaient de raconter, et même quelquefois, d’embellir ou exagérer, histoire de se donner de l’importance. La paire de mules, elle, avait un énorme avantage sur toutes les autres : elle rencontrait les chaussures qui venaient… et il en venait… souvent.
-   J’espère que ce sera la paire de Nike blanches que nous avons rencontrés plusieurs fois pendant le jogging, firent d’un air mutin les New Balance grises et jaunes. Qu’est-ce qu’on aimerait bien les revoir celles-là. Elles étaient si sympa, si grandes, si blanches et si… musclées. Leurs derniers mots se perdirent dans leur rêverie.
-   Non, je ne crois pas, répondirent les mules qui voulaient couper court à toute divagation.
Les mules s’étaient imposées naturellement comme chef et elles se devaient d’anéantir toutes les rumeurs.
-  Evidemment, c’est encore un nouveau, maugréa la paire d’escarpins marrons à talons plats. Elles étaient en colère car elles n’étaient pas sorties depuis près de deux ans. Encore un voyou qui l’amènera dans toutes les boîtes de nuit. Comme si c’était une vie çà ! Ah, il n’y a que les vertus de la campagne et du bon air qui comptent. De mon temps, elle ne rencontrait que de bonnes grosses chaussures de paysans. C’était autre chose !
-  Çà va, tu nous l’as déjà dit cent fois, coupèrent les nombreuses nouvelles paires de claquettes à petits talons. Il y en avait de toutes les couleurs. Maintenant, elle a changé, elle est coquette. Elle assortit ses chaussures à ses vêtements. Et elle est tellement plus jolie ! Tu es tout simplement jalouse !
-Taisez-vous petites insolentes, vous ne connaissez rien à la vie et aux vraies valeurs, ratiocina la paire d’escarpins. Imaginez-vous, maintenant, elle se peint même les ongles des pieds ! De mon temps…
-  Stop ! crièrent toutes les autres.
-Et dire que les talons hauts en velours noir ne sont arrivés que de ce matin. On n’a même pas pu leur donner de conseil, s’inquiétèrent les bottines noires.
-  A mon avis, ils n’ont pas besoin de conseils, surtout venant de toi, n’est-ce pas ? fit d’un ton accusateur la paire de mules.
-  Pourquoi ? pourquoi ? demandèrent toutes les petites claquettes en couleurs.
-  Eh bien, vas-y, raconte .
- C’était l’année dernière, commencèrent les bottines d’un air à peine contrit. Elle avait tellement bu, ce soir-là, qu’elle nous martyrisait en marchant de travers. Elle était avec une bande de copains…
-  Tous des voyous ! Cria la paire d’escarpins.
-  Chuuut ! firent en chœur les petites claquettes. Alors ?
-  Ses copains lui ont dit qu’elle n’était pas capable de voler un booster. Bien sûr, elle a crié que oui, qu’elle allait le faire tout de suite. Les gendarmes qui étaient tous près ont rappliqué dare-dare. Oh ! mes amies, quelle pagaille ! Tout le monde s’est éparpillé en courant. Un gendarme nous a poursuivit. Au moment où il allait nous rattraper, je me souviens encore du coup que je lui ai mis dans l’entrejambe et de la course folle qui a suivi : dans les champs, les ronces, la boue… Nous l’avons semé, mais je ne vous dis pas dans quel état nous sommes rentrées, finirent les bottines en riant aux larmes.
-Dites, vous ne pensez pas que c’est le mari de sa meilleure amie, quand même ? demandèrent les fines chaussures bleues à haut talon. La dernière fois que nous sommes sorties, elle était invitée chez Florence. Vous vous souvenez de ce qui s’est passé sous la table ? Les mocassins noirs de son mari, tout usés et crottés, nous ont fait du pied toute la soirée. Vous vous rendez compte ! des mocassins mariés ! Mais nous ne mangeons pas de ce pain-là, nous ! quels gougeats ! Nous leur avons donné des coups de pied toute la soirée, en les écrasant ! Non, mais !
-Non, non, je ne pense pas qu’il s’agit du mari. Exit le mari, et même pour Florence, d’ailleurs : ils sont en train de divorcer. Nous étions là quand Florence a appelé la semaine dernière, confièrent les mules.

Mais alors ? Qui était-ce ? Toutes les chaussures se perdirent en conjoncture. S’ensuivit un beau capharnaüm. Toutes avançaient les supputations les plus folles.
-Çà serait rigolo si c’était celles du boucher, dirent les chaussures blanches du dimanche matin qui ne sortaient que pour aller au marché. Elles sont si gentilles, celles du boucher, toujours propres comme un sou neuf, de bonne humeur, avec leurs lacets qui leur font comme de grosses moustaches. Elles nous font tellement de compliments, que quelquefois, le blanc de notre cuir rosit par endroit…
-Nous, on aimerait bien que ce soit celles de son patron. Elles sont de grande marque, si distinguées, si bien entretenues, si chères… quelle sacrée promotion ce serait ! piaillèrent les paires de claquettes de couleurs qui partait vaillamment au travail chaque matin, à tour de rôle.

Le brouhaha continua encore un bon moment. Le vacarme était si assourdissant que les mules durent intervenir :
-  Mesdames, mesdames, calmez-vous ! il est très tard. C’est l’heure de dormir maintenant. Et… si vous êtes sages, demain, je vous raconterai.
- 
Oh oui ! oh oui ! firent d’une même voix toutes les paires en battant de la semelle.

Les mules à pompons roses

Les mules à pompons roses

Peu à peu, le calme se fit. Et les chaussures se mirent à rêver.

Elle rentra tard, très tard, cette nuit-là. Elle ne remit même pas les talons hauts en velours noir dans le placard. Elle ne prit pas ses mules non plus. Ces dernières, vexées, se mirent à bouder dans un coin.

 ≡

De la musique douce, un bouchon de champagne qui saute, des verres qui s’entrechoquent, et puis, des rires, beaucoup de rires, quelques soupirs, avant qu’un grand silence réparateur n’enveloppe la maison…

Le lendemain matin, elle ouvrit en grand le placard. Toutes les chaussures, réveillées d’un coup, se pressèrent pour voir l’heureux élu. Stupeur ! Là-bas, au pied du lit, leur firent un clin d’œil malicieux… les jolis escarpins vernis de Florence.
Fabienne

converses

Snif ! Mon maitre, ce grand sportif, cet aventurier intrépide, ce voyageur inlassable, avec qui j’ai parcouru tant de chemins, vient d’en acheter une paire toute neuve. Vous savez sans doute ce que sa signifie pour moi et ma jumelle : la retraite. Oh ! Je sais qu’il ne nous jettera pas, nous allons simplement rejoindre nos prédécesseuses dans le placard. Mon maitre ne jette jamais ses chaussures, il les garde et les réutilise pour les missions les plus salissantes. Toujours est-il que nous serons au chômage technique pendant un moment. Certes nous sommes, moi et ma jumelle de gauche, blessées, éventrées, des trous parsèment notre semelle, des lambeaux pendent de notre coque, nos lacets atrocement défigurés ont perdu leurs aspect lisse et compact et ressemblent d’avantage à la queue d’un chat persan. Mais nous pouvons toujours remplir notre devoir. Ainsi soit-il, nous serons abandonnées dans ce placard sombre au détriment de cette nouvelle paire rutilante.
Léo

Chaussures jetés à la poubelle

Ma soeur et moi sommes usées par le temps. Nous avons tremblé de froid durant les pluies et supporté la puanteur de nos occupants par les temps de grande chaleur. Nous avons traversé tant de chemins que nous nous retrouvons aujourd’hui fatiguées, essayant tant bien que mal de récupérer notre fraîcheur d’antan. Mais comme c’est difficile au fond de ce placard ! Nous sommes dans une bulle de tristesse, entourées de vieilles chaussures de sport recouvertes de boue, des sandales trouées de toutes parts ou encore d’affreuses chaussures aigries, celles que les couleurs ont quitté. Alors nous parlons pour nous rassurer. Nous nous racontons les balades dans les chemins escarpés des montagnes dont la roche était si plaisante à toucher et nous déclamons des éloges sur la douceur du sable fin que la mer caressait. Seuls les souvenirs gardent l’usure loin de nous. Et l’espoir d’être portés au milieu de paysages dont la douceur émanerait des couleurs nous réconforte dans notre placard étroit. Oh comme ce noir est triste, il nous éteint notre ancien éclat et maintient la puanteur de notre inactivité. Mais si seulement ce n’était que ça ! Tout cela est dérisoire à côté de la menace qui plane au dessus de nos lacets tels les nuages orageux de l’horizon. Cette angoisse qui nous serre les semelles, la peur de la poubelle. Vous savez, cette puanteur en plastique, le refuge des objets déchus. Ces chères poubelles, la représentation de la fin de notre vie. Tout ce que j’espère, c’est que l’on ne me séparera pas de ma soeur. Nous avons toujours été inséparables, que l’on ait été neuves ou usées, et nous le resterons jusqu’à ce que nous soyons réduites à de simples déchets.
Moéa

cool-shoe-tongs-whole-hommeCOMPLAINTE DE LA CLAQUETTE NAUFRAGEE
Enfin je peux reprendre pied
moi qui n’ai pas le pied marin
moi qui nage comme un pied
dans les vagues et les embruns
j’ai dû lutter pied à pied
contre une tortue bête comme ses pieds
qui me prenait pour une méduse
elle a bien vite lâché pied
me voilà donc à pied sec
mais bien seule, à cloche-pied
car je n’ai plus ma jumelle
qui ne perdait jamais pied
sachant faire des pieds de nez
aux méchants aux casse-pieds
jamais levée du pied gauche
hélas ! je sècherai sur pied
si je ne trouve chaussure à mon pied …

Geneviève

Voilà longtemps que je t’attendais !
Toi ! Ma moitié, mon double, mon autre, mon âme sœur …
Je n’eus de cesse de te chercher pendant tout ce temps. Sur les chantiers une fois, où je vécus une petite passade avec un godillot de chantier très viril et très robuste ; mais il était toujours couvert de boue et il sentait le bouc tous les soirs, même le week-end.
Après cela, il y eut  une pantoufle, très douce et moelleuse, mais elle avait tendance à s’écraser à chaque fois que je lui tombais dessus.
Je tentai aussi l’expérience avec un escarpin pendant un temps. Il avait toute la classe et la distinction que l’on peut rechercher chez une chaussure, mais il était aussi bien trop hautain et guindé, et finalement, sans réelle consistance.
Il m’arriva aussi de fréquenter une basket à un moment. Très bien faite et très endurante, elle avait malheureusement beaucoup trop d’air dans les semelles, et sentait parfois aussi fort que le godillot.
C’est finalement une joie et un bonheur de t’avoir trouvé. Toi, dans le plus simple appareil : un corps en caoutchouc et une petite lanière. Toi, avec toute la simplicité et la facilité que tu as à être portée sur tous les terrains et en toutes circonstances. Toi ma fidèle et éternelle claquette.
Arielle

2/ Exercice : Si vous étiez une lettre de l’alphabet, laquelle seriez-vous et pourquoi ?

 images-1

Le H. Cette lettre est discrète mais tellement importante. Elle représente, à mon sens,  une tonalité muette, qui implique une prononciation subtilement différente. En francais tout du moins, comme en japonais et en anglais cette lettre est discrète mais donne une sonorité chantante à la parole. elle est douce et mystérieuse.  
Léo

Logo-La-Lettre-ASi j’étais une lettre de l’alphabet, je serais le a. Petite ronde indépendante qui défie la solitude avec son accent grave. Imposante en tête de file avec mes trois bâtons droits, je fréquenterais des lettres de renom comme celles d’Alfred de Musset ou encore d’Alembert. Première de la liste, je dominerais mes 25 camarades. Toujours appelée en première, mon importance ne saurait être mise en cause car bien trop présente dans la langue française. Et j’admirerais ma collègue anglaise qui précède tant de noms communs. Oui, si j’étais une lettre, je serais définitivement la 1ère.
Moéa

FDe toutes les lettres de l’alphabet, je préfère le F.  Tout d’abord parce qu’il est ma double initiale et puis, il y a quelque chose de très féminin dans le F. Le F majuscule ressemble à une femme fatale, une capeline sur la tête, son petit sac à la main. Le F est fier et fin, sans être faible.
Le F pourrait être un A s’il avait une barre verticale à droite, ou un E s’il avait une barre horizontale en bas. Mais non, le F est unique.
Ecrit en minuscule, le f est la première lettre de l’alphabet qui s’étire parallèlement en haut et en bas de la ligne, et se ferme d’une boucle, telles une paire de lunettes posées debout sur la ligne, comme une élégante facétie.
Le F est le feu qui couve sous la glace, il ne claque pas comme un fouet mais se murmure à l’oreille, comme une promesse, comme une flamme, un fabuleux bouquet de fleurs. Fin.

Fabienne

Devoir : La liste de mes résolutions pour 2014

Je me souviens de cette nuit pleine de promesses. Nous étions à la veille d’une nouvelle année, la fête du 31 décembre. Il ne restait que quelques minutes avant le décompte. Je trouvais cette habitude étrange, ridicule même. J’avais l’impression que les gens comptaient le temps qu’il leur restait avant de faire vieillir le monde d’une année de plus. C’était triste. Je me souviens aussi m’être demandée si j’étais la seule personne sur cette terre qui me sentais d’humeur trop nostalgique durant cette nuit-là pour faire la fête et libérer tous mes tourments dans la bière et les rires. Un vague regard portant sur mon entourage avait rapidement répondu à ma question. « Qu’ils sont bruyants. », avais-je alors pensé. Le bruit de leur musique incessante me donnait d’affreux maux de tête. Celui-ci n’était pas la seule cause de mon malaise. Il y avait aussi l’odeur de leurs cigarettes qui m’étourdissait, la fumée qu’elles dégageaient qui me donnait du mal à respirer. Ils m’étouffaient tous.
Je m’étais alors évadée sur le balcon de ma chambre. Il était comme mon coin de paradis. Les seules fois où je me sentais chanceuse comparée aux 6 milliards d’autres habitants de ce bas-monde étaient lorsque je me mettais à savourer la vue imprenable que j’avais sur la mer et le port. Je pouvais alors observer l’océan, ce bleu infini qui me donnait l’espoir d’une vie meilleure si un jour j’arrivais à dépasser l’horizon.  Il me faisait rêver lorsqu’il était couvert des scintillements des rayons du soleil, semblables à des diamants disposés de manière désordonnée, mais si belle, sur l’eau. Bien des fois la pensée que la mer était le plus bel endroit sur terre m’avait traversée l’esprit. Ce soir-là, il n’était plus question de diamants. C’étaient les lumières de la ville qui se reflétaient sur l’eau rendue sombre par le sommeil de l’astre royal. C’était moins naturel et moins plaisant mais cela restait une belle vision pour mes yeux fatigués.
Le décompte avait commencé. J’avais alors décidé de trouver 10 résolutions à évoquer. Cela m’aurait, en quelque sorte, fait contribué au bon fonctionnement de cette nouvelle année qui arrivait.
« 10 ! »
- Je ne resterai plus enfermée dans ma chambre toute la journée et profiterai plus de ma famille afin qu’elle n’ait pas autant de regrets qu’elle ne devrait en avoir.
Je n’avais pas vraiment su où me tourner pour prononcer ces résolutions mais mon regard s’était instinctivement porté vers les astres. Fermant les yeux pour donner plus de conviction à mes nouvelles résolutions, j’avais dit la première qui m’était passée par la tête.
« 9 ! »
- J’arrêterai de me plaindre de mon absence de vie sociale en faisant l’effort d’au moins essayer une approche auprès des personnes de mon âge.
Je n’avais fait aucune liste car je n’avais pas l’intention de faire un quelconque effort d’amélioration ni pour cette nouvelle année, ni pour aucune autre. Mais j’avais perçu l’excitation qu’il y avait dans la voix des invités de mes parents et celle-ci m’avait, pour ainsi dire, motivée. Cela m’avait tout de même été difficile d’évoquer des promesses sans être vraiment sûre de pouvoir les tenir.
« 8 ! »
- J’arrêterai mon pessimisme constant sur l’avenir de cette misérable race qu’est l’humanité.
Je m’étais sentie possédée d’une incroyable hypocrisie ironique en disant cela, comme toujours devrais-je dire. Puis je m’étais dit que peut-être me faudrait-il d’abord croire en la sincérité de mes paroles pour que les autres y croient aussi. C’était tout de même idiot pour moi de me dire cela car je ne m’étais jamais préoccupée de l’avis des autres personnes.
« 7 ! »
- Je ne protesterai plus lorsque maman insistera pour que je l’accompagne à la messe.
J’avais presque trouvé cela amusant de prononcer des phrases en l’air sans savoir si un quelconque dieu serait à l’écoute pour les entendre et les prendre en compte pour peut-être avoir un jugement plus précis de l’endroit où serait ma place après ma mort. Mais ce n’était pas grave, je continuais à le faire.
« 6 ! »
- Je porterai plus d’attention à mon petit frère en faisant plus d’activités avec lui.
Mon petit frère aurait eu 8 ans durant l’année qui arrivait et je ne lui avais encore jamais vraiment montré plus que de vagues gestes d’affection lorsqu’il était malade ou triste. Je crois que c’était dû à mon regret de n’avoir jamais eu de grand frère pour me protéger ou de grande soeur pour me faire part de ses expériences de la vie. J’avais reporté l’amertume que j’avais obtenue par ce souhait non réalisé sur lui alors qu’il n’en était en aucun cas responsable.
« 5 ! »
- J’arrêterai de m’extasier devant les photos de mannequins dans les magazines.
Je n’avais que 13 ans et déjà mon corps ne me plaisait pas. Quoi que, c’était légèrement justifié compte tenu de mon état de santé. Mais je continuais à me torturer en raffolant de magazines de mode qui ne me rappelaient que ma laideur. Bien sûr, cela pourrait sembler exagéré de complexer à un si jeune âge mais lorsque vous pouvez compter le nombre d’années qu’il vous reste sur les doigts de la main, votre mentalité ne correspond plus vraiment à celle que vous devriez avoir en temps normal.
« 4 ! »
- J’essaierai de profiter de chaque jour que je passerai en dehors de l’hôpital, qu’il soit ensoleillé ou pluvieux.
Mes rendez-vous hebdomadaires avec mes médecins étaient devenus mes seules sorties. C’était malheureux mais j’avais décidé d’y remédier en ayant une vision des choses plus optimiste. C’était quelque peu difficile mais on m’avait souvent répété que rien n’était impossible.
« 3 ! »…

…  Garçons et filles se repéraient, se regardaient et se rapprochaient au rythme du décompte. À la fin de celui-ci, tous devaient être unis dans un dernier baiser. Dans ma chambre, perchée sur mon balcon et rafraîchie par la fraîcheur de la nuit, je n’avais pas eu le courage de finir le compte de mes résolutions. Cela m’avait semblé inutile car je ne savais même pas si j’aurais eu le temps de respecter toutes ces résolutions. Cela peut sembler bien pessimiste mais la tournure de ma vie m’avait rendue ainsi.
Ainsi furent les 10 dernières secondes de l’année 2012. Durant 7 d’entre elles, j’avais pris des résolutions, des responsabilités que je m’étais appliquée à accomplir l’année suivante. J’en avais pris sept. Sept comme les sept couleurs de l’arc-en-ciel, comme les sept notes de musique, comme les sept merveilles du monde ou encore comme le septième ciel. Les choses reliées à ce chiffre m’avaient toujours semblé belles et remplies de bonheur. Je pense que c’est pour cette raison qu’il était devenu mon chiffre fétiche, je me raccrochais un peu à lui car il était devenu ma part d’optimisme. C’est idiot de se retenir de sombrer dans la déprime grâce à un chiffre mais même si les cellules cancéreuses n’avaient pas touché mon cerveau, il était tout de même devenu quelque peu dérangé par celles-ci.
Puis durant les 3 dernières secondes, mon regard s’était simplement perdu dans l’immensité et la beauté du ciel de cette nuit du 31 décembre 2012. Durant 3 secondes, j’avais imaginé comment serait la vie là haut, au milieu de tant d’astres. Durant 3 secondes, j’avais pris du plaisir à m’imaginer plongeant dans un sommeil infini et agréable. Durant 3 secondes, j’avais tout oublié, les médicaments, l’hôpital, les médecins et tout ce qui était relié au cancer qui me détruisait de l’intérieur. Aujourd’hui, nous sommes le 31 décembre 2015. Et aujourd’hui, je retrouve les sensations que j’ai éprouvées 3 ans auparavant. La différence est qu’aujourd’hui, ces sensations ne sont plus des illusions. Aujourd’hui, je pars vers un meilleur monde, je dépasse l’horizon. J’eus juste le temps de compter jusqu’à sept et de m’assurer qu’envers la vie je n’avais plus aucune dette avant de m’envoler le sourire aux lèvres.
Moéa

Mes bonnes résolutions… c’est quelque chose que je ne fais jamais, m’enfin bon !
Là seule chose qui est importante, à mon avis, c’est d’avoir enfin le courage de faire ce que l’on veut faire. Tout le monde sait que les bonnes résolutions tiennent un mois ou deux et sont ensuite oubliées. Donc la seule bonne résolution qu’il faut prendre, c’est d’avoir de la volonté. Ainsi, avec la volonté on peut s’astreindre à toutes les résolutions que l’on n’a pas tenu au cours des années précédentes.
Mais en ce qui me concerne, n’ayant jamais fait ça, il me faut bien commencer par quelque chose de concret. Alors cette année, il faut que je me décide à coucher sur papier toutes mes histoires, que je dessine les cartes des mondes de mon imaginaire, que je note les descriptions de mes personnages, etc.
Ca va être du travail, je le sais et je suis prêt. Ca va demander du temps, c’est vrai. Des sacrifices et de la concentration, heu… M’astreindre à laisser une trace de mes pensées, va sans doute briser mes élans d’inspiration.
En fin de compte… mieux vaut laisser tomber !
Léo

La liste de mes résolutions pour cette nouvelle année :
Arrêter ces résolutions à la con, qui de toute façon ne sont pas tenues
Arrêter de me faire tirer sur les pieds, et de façon générale, d’avoir ma
Décider une bonne fois pour toute d’être heureuse.
Arrêter d’acheter des cadeaux de merde pour Noël, les acheter tout au long de l’année, en solde de préférence.
Ar
rêter de me servir de mon clignotant, comme tout le monde en Calédonie.
Arrêter d’arrêter de boire et fumer.
Ar
rêter de prendre des vessies pour des lanternes.
Ev
iter au maximum les cons ou alors juste pour me comparer à eux.
Fabienne

24 janvier, 2014

Atelier du 20 janvier 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:28
Mais quelle est donc cette secte ???

Mais quelle est donc cette secte ???

Premier atelier de la saison dans les jardins de la Maison Célières, un moment magique…

La secte des lecteurs dans  le noir...

La secte des lecteurs dans le noir…

DEVOIR : métaphore
« L’écriture, c’est comme un vol d’oiseaux au-dessus de la mer ». (Le Clézio)

metaphore

Trouvez des métaphores pour :

·         L’imagination, pâte à démodeler l’exactitude.
·         La colère, camisole du cœur qui l’empêche de battre librement.
·         La douleur, vieux pansement sur la joue qui s’arrache par surprise lors d’une embrassade.
·         La liberté, cheveux sur la langue de Titi qui échappe aux gominés.
·         Le plaisir, porter par King Kong au septième ciel en lui promettant le saut de l’ange.
#Vro

Imagination : Sel pétillant, épice douce ou brûlante dynamisant chaque sensation, l’imagination nous porte et nous transcende.
Solitude : Téléphone muet dont les sonneries fantômes perturbent gravement l’équilibre.
Douleur : Accent aigu du mal-être, transperce sans égard corps et âme.
Liberté : Angoissante séductrice, porte ouverte à tous les possibles, la liberté ouvre grands ses bras infinis.
Plaisir : Champagne des sens, embrume l’esprit plus sûrement que la saveur des liqueurs fortes
Colère : Lave incandescente d’invectives et d’injures jaillissant d’une gorge brûlante quand le tambour pulse dans l’esprit malade.
Patricia

L’imagination, rêve éveillé. On y croit si fort que ça devient réel. J’imagine avoir la possibilité de passer au travers des difficultés quotidiennes
La colère, un feu de forêt qui brûle tout sur son passage et que rien ne peut arrêter.
La douleur, serpent qui nous bouffe de l’intérieur, sans répit. Et tout devient si difficile.
La liberté de la jeune femme qui enlève son voile, malgré le poids des traditions religieuses.
Le plaisir, vague de bonheur qui vous envahit et fixe sur votre visage ce sourire insolent.
Françoise

-       L’imagination, rivière en crue qui bouillonne hors de son lit
-       La solitude, cette grande dame noire qui est toujours à côté de moi.
-       La colère, volcan qui provoque un tremblement de terre et qui détruit tout sur son passage
-       La douleur, bête sauvage et avide, tapie au fond de moi, toujours prête à mordre
-       La liberté, fenêtre ouverte sur tous les possibles
-       Le plaisir, pétillant comme ces bonbons qui explosent en bouche et font du bruit dans la tête.
Fabienne

2/ EXERCICE
 :
Ecrire 2 fiches personnages sur une feuille libre. Donner cette feuille aléatoirement à un autre participant qui fera une histoire avec.L’Empire State Building

Léa, jeune-femme de 38 ans active et volontaire avait répondu à une annonce proposant un remplacement de kiné dans un petit village de Dordogne, St. Félicien sur lac.
A sa grande surprise et malgré quelques fautes d’orthographe incongrues, sa candidature avait été  acceptée.

Gaie et conviviale, elle avait opté pour une colocation avec Ernest, vieux garçon sérieux et calme, vague parent de sa sœur Clémence, l’institutrice.
Léa, dotée d’un tempérament chaleureux, aimait beaucoup la compagnie et celle des hommes en particulier. Les séduire était pour elle un jeu passionnant auquel elle s’adonnait sans retenue quand ses obligations professionnelles lui en laissait  le loisir.
A l’occasion d’une soirée plus huppée qu’à l’ordinaire, Ernest lui avait présenté François, richissime vieux-beau à la soixantaine épanouie. Ils avaient très vite engagé la conversation et François s’était laissé aller à quelques confidences sur son désir d’acquérir quelques chevaux de course pour renouveler son écurie. Il disait connaître un homme de confiance, Mathieu TIREFOND, maquignon de son état et petit cousin par alliance.
Malgré le caractère revêche de l’individu, François ne tarissait pas d’éloges sur ses compétences.
Quelques jours plus tard, Léa qui rêvait depuis sa plus tendre enfance de posséder un beau et vigoureux cheval et qui en voyait à présent la possibilité puisqu’elle pouvait louer à cet effet un peu de terrain tout près de son logis, décida de contacter le ténébreux mais efficace Mathieu TIREFOND. L’homme, un peu rustre, dont le regard perçant semblait chercher une raison particulière à cet achat effectué par « une fille de la ville », semblait méfiant mais Léa, toujours à l’aise et d’un abord engageant su dégeler un peu ce célibataire endurci. Elle lui parla de sa joie de pouvoir séjourner en Dordogne, de son plaisir de profiter des vins du cru ainsi que de charcuterie savoureuse et du bon pain au froment vendu dans cette boulangerie charmante, juste à côté de son domicile. Mathieu qui aimait aussi tâter de la bouteille trouva qu’en définitif, cette femme ne manquait pas de bon sens  ni d’attrait.
Après une longue conversation un peu décousue
et de nombreux verres vite descendus,  Mathieu sortit son pâté maison, puis son andouillette ainsi qu’une grosse miche de pain odorante; la glace était définitivement  rompue et l’atmosphère se réchauffa d’un ou plusieurs crans. Il lui parla alors de sa famille qu’il fréquentait peu et de son intérêt pour les monnaies anciennes. Il lui révéla même, avec une certaine gêne, sa passion pour les grenouilles de tous modèles dont il faisait secrètement collection.
L’histoire ne dit pas comment se termina cette mémorable soirée mais, depuis, bien qu’apparemment différents, ils semblent assez proches pour alimenter délicieusement les cancans de St. Félicien sur Lac.
Patricia

L'Empire State Building

L’Empire State Building

Au sommet de l’Empire State Building, Symphonise Louise Joseph LOUISON (S), âgée de 32 ans, s’apprête à se suicider… Sauf que la place est déjà prise par Louis Gabriel de LA MOTTE SAINT HERAY (L), du même âge.
 S : Non mais, Môssieu, c’est pas des manières, ça !
L : Plaît-il ?
S : Ben, j’ai la priorité pour sauter
L : Et pourquoi donc Ma Mie ?
S : Parce que j’ai 7 gosses de 5 pères différents, que j’habite dans une cabane dans les mornes où je me gèle, que je sais pas parler, que ma  vie est une galère.
L : Nenni, j’ai de bien meilleurs arguments pour sauter : je n’arrive pas à me fixer sentimentalement au grand désespoir de père et mère. Donc, je passe en premier.
S : Taratata, vous avez l’air sportif, vous savez parler et puis vous avez un crucifix donc vous ne pouvez pas vous suicider. Bonté divine, laissez-moi passer !
L : Je n’en ferai rien
( S prend son élan et L avec son corps d’athlète, l’arrête net. Il faut dire que S n’est qu’un sac d’os..)
 S : Non mais enlevez vos sales pattes de là ou j’appelle la police !
 (S se débat tant et si bien qu’elle perd l’équilibre et se rattrape « in extremis » à la corniche).
 L :  Que fais-je maintenant ?
S : Tu me remontes « dare-dare » mon gars parce que j’ai le vertige.
VOIX OFF : COUPEZ !! on garde cette prise dans la boîte. Merci à tous les deux. 5 minutes de pause
Isabelle

sieste
France, 1430

Ça y est, la cérémonie est terminée. Moi, Marius, en cet an de grâce1430, je suis officiellement l’assassin de la fraternité. Je commence ma formation dès demain. Bien sûr, ce sera extrêmement difficile. Je devrai abandonner toutes mes valeurs et tous mes principes pour pouvoir endosser ce rôle qui m’a été attribué. Autant psychologiquement que physiquement, ces actes affreux ne seront pas aisément réalisés. Mais c’est ainsi que mon destin a été décidé, je ne peux y échapper et je ne dois surtout pas le faire. À partir de demain, je devrai me résoudre à assumer entièrement toutes mes responsabilités et pour ceci, j’entamerai ma transformation en bête de foire dans  le même temps que celui de mon entraînement. Ma vie n’est qu’une triste tragédie.

Mélanésie, 2013

Oh, comme il est bon de se réveiller grâce aux caresses odorantes du petit déjeuner ! « N’oublie pas d’aller pêcher le poisson pour ce soir ! », cria maman pendant que je mangeais. Oui bien sûr, je le ferai … mais pas maintenant. Pour l’instant, il me faut digérer et rien ne vaut une sieste de quelques heures pour ce faire.
Cela faisait deux heures que je m’étais assoupi sous le soleil de midi quand une odeur putride me réveilla. Alarmé par cette horreur, je me levai et en cherchai la source. Mais rien. L’odeur avait soudainement disparu. Crédule comme je suis, je ne m’en formalisai pas et retournai dormir. Quand j’entendis la voix grave d’un homme inconnu « Lève toi mécréant ! ». Terrifié, je sursautai de mon lit artisanal et me mis à  scruter les alentours. Et je le vis. Un homme barbu, habillé comme au Moyen-âge et armé d’une vieille épée rangée dans son fourreau. Il n’avait pas l’air humain, il était d’un transparent bleuté. Il me semblait être un fantôme et il me terrifiait. « Voilà ce que ça donne de forniquer avec les catins des colonies … », l’entendis-je dire tout bas. « Lève toi ! Je dois commencer à te former dès maintenant !  » ordonna-t-il. « Mais qui êtes vous ? », demandai-je sans avoir quitté mon air étonné. « Je suis ton ancêtre, la légende de la fraternité, l’Assassin. Et toi, en tant que descendance, tu te dois de suivre mes pas. Par je ne sais quel miracle, tu es l’élu et tu dois te rendre à la cérémonie qui se déroulera dans 3 jours. »
« Nestor, tu dois être en train de rêver, retourne dormir », me suis-je alors dit à moi même.
Tout naturellement, je retournai me coucher et je me laissai porter par des rêves aux odeurs de fruits de mer. Mais le cri de l’homme bleuté me réveilla en sursaut encore une fois. Totalement apeuré, je m’enfuis en courant jusqu’à la falaise. Arrivé là, je le revis apparaître juste devant mon nez et je tombai vers les rochers en contre-bas.
Et maintenant, je me retrouve avec mon assassin, aussi bleuté que lui et flottant dans le désarroi. Mon dieu, pourquoi moi ?

Moéa (personnages de Léo)

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André SANFRAPET sélectionnait, à l’entrée d’un cabinet médical, les malades. Non ! Ce n’était pas un infirmier, ni même un secrétaire. André SANFRAPET était la porte automatique qui permettait ou non l’accès du cabinet aux malades. Il se disait que son patron, le bon Docteur ABALEMALADI avait déjà sufisamment de travail pour occuper ses journées. Alors André ne laissait pas passer les malades imaginaires, ceux qui voulaient « tirer au cul » comme il disait vulgairement, mais il n’avait pas d’autres mots pour définir les adeptes des congés maladie à tout va.
Autant dire que la porte ne s’ouvrait pas souvent et uniquement pour des cas graves, pas forcément désespérés, mais en tout cas intéressants.
Le Docteur Giorgio ABALEMALADI, d’origine italienne, s’était bien un peu inquiété, au début, de voir le nombre de ses clients diminuer de façon significative, mais ceux qui restaient étaient des cas difficiles à qui ils donnaient beaucoup de temps. Et finalement, il se disait que c’était ce qu’il avait toujours voulu faire.
Non loin de là, vivait Clément TINE. Clément vivait sur la greffe d’un magnifique et centenaire cerisier dont les cerises, des « coeurs-de-pigeon » régalaient tous les enfants alentour chaque mois de juin.
Clément avait une mission très spéciale : il devait apprivoiser les sauterelles, gourmandes de ces beaux fruits, et les persuader d’aller trouver pitance ailleurs. Une espèce d’agent spécial… Ses patrons l’appelaient « 00 cerises mangées » car il réussissait toujours ses missions.Il avait un don particulier pour parler aux sauterelles et autres frugivores, un charme certain aussi. Ce qui faisait qu’aucun insecte ne lui résistait. Ils allaient tous manger les pommes du Père Tapedur qui était un homme très méchant et Clément trouvait que ce n’était que justice. Mais ce méchant Tapedur trouva le moyen de se venger…
Or, un beau matin de mai, alors que plus un seul insecte n’osait s’aventurer sur SON cerisier et qu’il profitait de ce calme, Clément vit arriver un tout petit criquet qui portait, avec beaucoup d’efforts, une grande sauterelle verte. Intrigué, mais non inquiet, il demanda à Jiminy le Criquet ce qui l’amenait.
Jiminy répondit d’une voix essoufflée et exténuée :
« Clément, c’est ma fiancée, Sautebelle… Elle a trop mangé des pommes du Père Tapedur. Pour se venger, il a inondé ses pommiers de pesticides. Clément, je t’en prie, fais quelque chose, sinon elle va mourir !!! ».
Clément était là pour dissuader les sauterelles de manger des cerises, pas pour les tuer. Au contraire, il les aimait beaucoup. Il réfléchit… et vite !
« Je ne vois qu’une solution, dit-il au criquet dévasté. Allons vite amener Sautebelle chez le bon docteur Abalémaladi. Je l’ai rencontré, il y a bien longtemps, et il ne pourra pas me refuser ce service ».
Clément prit Jiminy et Sautebelle dans sa main et courut à perdre haleine jusqu’au cabinet médical.
Et là… la porte resta close !!!
Ils attendirent ce qui leur sembla une éternité. Jiminy criait « Vite !!! Elle ne respire plus !!! ».
Clément avait beau chercher : pas de sonnette, pas de bouton pour ouvrir cette maudite porte… Il parla donc à la porte hermétiquement close devant lui :
« La porte, voit, elle va mourir… Juste parce qu’elle a mangé des pommes empoisonnées… Juste parce que les hommes sont devenus fous !!! Alllez, nom de Dieu ! Ouvre-toi ! ».
André Sanfrapet avait-il un coeur ? On ne sait, mais il fut certainement touché et un miracle se produisit : la porte s’ouvrit tout grand.
Le bon docteur accepta immédiatement de soigner Sautebelle. Il lui fit un lavage d’estomac et lui installa une minuscule perfusion sur la patte avant. Elle était sauvée… de justesse !!!!
Jiminy pleurait et riait en même temps.
On apprit que le Père Tapedur avait succombé à l’ingestion de ses pommes infestées. Son neveu Ecolo lui succéda. Il fit un grand feu pour brûler tous les produits dangereux de son oncle et cultiva ses arbres uniquement avec des produits organiques.
Quand Jiminy et Sautebelle se marièrent, tous les insectes de la prairie furent invités. Clément amena les plus belles cerises de son cerisier et promit désormais de laisser les sauterelles manger les cerises abimées.

Fabienne (personnages de #Vro)

14 janvier, 2014

Atelier du 13 janvier 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:02

DEVOIR : 2 mots extraordinaires

 Sérendipité – thrène

Ernestire SEREN

Ernestire SEREN

Ma gardienne d’immeuble est très méchante, elle m’engueule tout le temps, pour oui ou pour un non : quand je me gare, quand je monte l’escalier, quand je descends les marches, quand par hasard, elle fait le ménage. Elle m’espionne quand je rentre, quand je sors et avec qui je rentre ou je sors. Elle se permet de faire des commentaires déplacés. Elle ne distribue pas les avis de passage du facteur pour les colis.
Comme il n’y a pas de boite aux lettres dans mon escalier, c’est elle qui décide de la distribution du courrier à 18 heures précises. Mais si jamais je ne peux pas être là, je  n’ai pas mon courrier. A 18h15, elle commence à boire l’apéritif et ne s’arrête que quand elle tombe par terre…
Les parties communes ne sont jamais nettoyées. J’en ai tellement honte que je n’invite plus d’amis à venir chez moi. Le mois dernier, nous avons même attendu un mois avant qu’elle change l’ampoule du deuxième étage. La vieille dame du troisième est tombée et s’est cassée le col du fémur.
Bref, ce Cerbère me tyrannise et me fait tellement peur que j’en fais des cauchemars. Par contre, depuis une quinzaine de jours, chaque fois qu’un locataire passe devant sa loge, elle lance un très fort et très appuyé « bonne année », comme si on n’avait pas compris son manège.
Ma concierge s’appelle Ernestine SEREN…
Mais c’est décidé, cette année je ne me forcerai pas à lui donner les étrennes qu’elle ne mérite pas.
Alors, il est probable que l’on voit Ernestine SEREN « dépitée » de ne pas avoir des thrènes !

Fabienne
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Ayant parcouru des kilometres sur ce petit chemin de campagne, nous étions affamés et fourbus. C’est alors que nous aperçûmes l’enseigne blanche, un peu bringuebalante, d’une modeste auberge. Les balcons chargés de géraniums rouges et la petite allée de graviers nous firent bonne impression et c’est un peu regaillardis que nous franchîmes le seuil de l’établissement. L’intérieur confirma notre sentiment d’avoir frappé à la bonne porte.

L’hôtesse, avenante et discrète, nous plaça auprès d’une large fenêtre d’où nous pouvions profiter du spectacle charmant d’un petit potager bien ordonné, cerné de vastes jardinières abondamment fleuries.

Au menu : velouté de thrènes parsemé de lamelles de truffe, suivi d’un fondant rôti de chevreuil accompagné d’une purée maison, plateau de fromages du cru et un merveilleux soufflet à la mandarine qui restera un de mes meilleurs souvenirs culinaires.

La patronne, très attentionnée, nous conta l’histoire de son village et les circonstances particulières qui l’avait amenée à acquérir cet établissement auquel elle était très attachée.

Quelle agréable aubergiste !  Combien de sérendipité et d’affabilité dans cet accueil chaleureux !

Cet intermède imprévu est souvent évoqué lors des diners familiaux et, ce repas, savouré il y a bien longtemps,  nous fait toujours rétrospectivement saliver.

Patricia

2/ Exercice : J’ai peur de…

De quoi j'ai peur ?

De quoi j’ai peur ?

J’ai peur de … Je ne sais pas. Il n’y a pas de choses concrètes dont je pourrais avoir la phobie. Les choses les plus effrayantes à mes yeux sont celles déformées par une imagination trop débordante. J’ai peur de mon imagination. Oui, c’est ça… Si je me retrouvais seule dans une chambre noire fermée à tout bruit extérieur, c’est elle qui se chargerait d’amener des hommes dont le regard déborderait de folie et de malveillance. C’est encore elle qui me forcerait à garder les yeux ouverts toute la nuit durant pour rester à l’affût du moindre danger.
L’imagination peut banaliser les horreurs du monde comme elle peut rendre l’arc-en-ciel présage d’une apocalypse des plus fatalistes. Elle peut créer une ambiance oppressante dans laquelle résonnerait des cris stridents chargés de peur sortis du pire des films d’horreur.
Néanmoins, l’imagination reste la merveille de l’humanité. C’est d’elle que viennent les plus belles créations artistiques. Elle peut embellir les sentiments les plus émouvants en les couvrant de roses délicates comme elle peut être à l’origine de l’épouvante de tant de petits enfants.
Chère Imagination, je n’ai pas peur de toi, tu es ma peur. Sans toi, je serais inconnue de l’effroi. Mais sans toi, je n’aurais pas besoin de rosir mes cauchemar, jamais je ne connaîtrais le doux sentiment qu’être rassurée apporte. Alors je te remercie d’apporter la peinture noire qui, parfois, couvre mon ciel, le plafond de mon sommeil.

Moea

J’ai peur de… votre sourire sournois quand vous me toisez devant la porte de l’ascenseur tous les soirs à 18h à la sortie du bureau. Je pense que vous êtes un dangereux maniaque sevré depuis trop longtemps de son traitement et que vous n’attendez qu’une occasion pour m’agresser avec délectation.

Patricia

J’ai peur de découvrir que je ne suis pas la fille de mes parents. Et si j’avais été abandonnée sur le parvis de l’église ! Ou trouvée sous le pont de la petite rivière ? Parce qu’il me semble de plus en plus que je ne suis pas aussi vieille que le dit mon état civil. Et pourquoi ma mère ne se rappelle-t-elle  jamais  l’heure de ma naissance ? C’est pas une chose qu’on oublie la naissance de sa fille, non ?  Alors je me dis que mes parents ont peut–être triché sur  ma date de naissance pour brouiller « les pistes » et empêcher mes vrais parents de me retrouver. Mais je ne leur en voudrais pas de m’avoir vieillie car, même s’ils n’ont pas été des parents parfaits je n’en veux pas d’autres. Et finalement je n’ai pas envie qu’on retrouve les vrais.

J’ai peur de devenir grosse. Non pas prendre 10 kg. Ce ne serait pas terrible mais encore vivable. Non, j’ai peur de devenir « énoooorme », de dépasser les 100kg (pour 1,60 m ,vous imaginez la chose ? ), de ne plus pouvoir voir le bout de mes pieds quand je suis debout, d’être obligée de donner mes « slims », mon maillot deux-pièces, d’être refusée en avion, d’affronter  les remarques désobligeantes  pleines de sous-entendus, du genre «  Tiens, tu manges un gâteau ? » ou « Qu’est-ce que tu es bien avec quelques kilos en trop, tu n’as plus de rides ». Et pire encore,  affronter les regards moqueurs, méprisants, désapprobateurs. Et puis être obligée de faire plein d’efforts pour maigrir sans aucun résultat. Et je ne pourrai plus passer par la porte, je serai obligée de rester chez moi et à ma mort, il faudra casser les murs pour sortir ma dépouille.

J’ai peur aussi des souris, des serpents, des chiens (sauf de Zahia, le gentil chien de ma maîtresse), des crocodiles, des Martiens,  mais ça je peux gérer.

Monique

J’ai peur du noir, parce que je pense qu’il y a toujours quelque chose ou quelqu’un tapi dans un coin qui va me sauter dessus et me mordre
J’avais peur de l’homme en costume bleu clair qui me poursuivait dans mes cauchemars de petite fille. Je n’ai jamais su qui était cet homme ni à quoi il correspondait.
J’ai peur du vide.
J’ai peur des grosses araignées aux pattes velues en particulier, et des insectes en général
J’ai peur des serpents quand ils se dressent sur leur queue, leur langue fourchue prête à sauter sur leur proie, et, dans mes cauchemars, je suis leur proie.
J’ai peur de sauter dans l’eau, j’ai toujours peur qu’il n’y ait pas assez d’eau.
15 ans après sa mort, j’ai toujours aussi peur de ma mère…
Et comme tout un chacun, j’ai peur de la mort.

Fabienne

3/ Exercice : « J’ai un scoop ! »

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J’ai un scoop : à Tuband, on aurait vu un splendide chien, blanc tacheté de noir, avec, avec une longue queue en panache et, chose insolite, une petite crête rose sur la tête. Ce chien est paraît-il une star dans le monde de la pub : il a tourné avec les plus grands réalisateurs pour la promotion de marques très connues de croquettes.  Ce chien vaut de l’or !!! Si je le vois, sûr, je l’attire chez moi en lui coupant de fines rondelles de saucisson et je l’adopte !

Fabienne

J’ai un scoop… les plus hautes instances calédoniennes ont pris la décision de faire du territoire une terre d’accueil pour tous les réfugiés politiques et économiques de la planète. L’annonce  parue dans “Les Nouvelles” a fait l’effet d’une bombe et la ville bruisse de clameurs s’échappant de chaque foyer. “Radio Cocotier” est à son apogée, info ou intox?
Patricia

8 janvier, 2014

Atelier du 6 janvier 2014

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:09

Premier atelier de l’année !!! Nous avons tiré les Rois, mais il n’y avait pas beaucoup de rois….

1/ Exercice : écrire une histoire à partir d’un tableau de Vincent Van Gogh

Une chambre 5 étoiles...

Une chambre 5 étoiles…

La chambre 5 étoiles

Texte librement inspiré du tableau de la Chambre de Van Gogh à Arles

’a Il m’a dit 5 étoiles ! Le chef de rang a été très clair : je dois arranger quelques détails pour obtenir la classification d’hôtel de luxe de cette chambre. Elle servira ensuite de modèle pour inspirer mes collègues ; quelle responsabilité !
Alors voyons :
Le lit King Size ? C’est bon ; c’est juste une question de taille du King ! Je vais ajouter une pancarte en niaouli à la tête du lit marquée « Lit ayant appartenu au petit Chef de la Tribu de Douago », en soulignant le mot petit, et voilà.
La salle de bains ? Bon, elle est « locale » puisque située dans la chambre même, et il y a bien les Big Fives :
1.     Le broc d’eau fraiche
2.     Le verre à dents
3.     Le savon liquide au niaouli
4.     Le shampoing au bois de santal
5.     Et la serviette suspendue, prête à être utilisée. Je ne vois pas l’intérêt de toujours plier les serviettes puisqu’il faut les déplier pour pouvoir s’en servir ! C’est çà aussi le luxe d’ici : la serviette est déjà dépliée !

La climatisation ? Pas question ! Il faut sauvegarder… l’hôtel : ce doit être un éco-lodge qu’on m’a dit. Je ne sais pas ce que veut dire lodge, mais je sais que éco c’est pour dire économique. Alors, la clim, çà coute trop cher. Il n’y a qu’à laisser les deux portes ouvertes et çà fera un « éco-courant d’air » rafraichissant !
Internet ? Oui, bien sûr : c’est en wifi, donc besoin de rien dans la chambre.
Pour la télé, les clients ont maintenant tous une tablette ; ils n’auront qu’à se connecter pour choisir leur programme !
Quant au téléphone dans la chambre, il suffit que les clients arrêtent de déambuler dans l’éco-parc de l’hôtel leur portable à l’oreille pour venir parler avec leur téléphone assis sagement sur l’une des deux chaises de la chambre ! Ben oui, c’est une chambre double donc il y a bien deux chaises, de fabrication locale bien sûr.
Ah, j’oubliais, la décoration locale : j’ai accroché au mur des œuvres originales de mon cousin descendant métissé des premiers immigrés vietnamiens : Vincent Van Dong. On m’a déjà dit qu’elles ressemblaient à celles d’un autre Vincent, un certain Van Gogh ; ils sont peut-être cousins éloignés ?

Voilà : je crois que c’est bon : la 5° étoile, on va l’avoir !
Maintenant, il faudrait que le chef de rang me donne le cahier d’échardes comme ils disent, ou « des charges » je ne sais plus, pour la 4°, la 3°, la 2° et la 1° étoile.
Eh oui, on n’est pas encore tout à fait prêt à l’avoir notre label Eco-Lodge de Luxe, mais je crois qu’il manque trois fois rien, n’est-ce pas ?

Régis

Depuis mon adolescence je suis citadin. Les  rues de ma vieille ville n’ont plus de secret pour moi, je les ai arpenté tant et tant de fois! Je connais tous les bâtiments officiels, toutes les boutiques, tous les ponts. A chaque lieu est attaché un souvenir et je n’imaginais pas devoir un jour troquer ma tanière urbaine contre une vieille masure nichée au fin fond d’une campagne perdue. Cependant, voici déjà dix jours que j’occupe une petite chambre toute simple, sobrement meublée, juste égaillée par quelques portraits austères. Sans aucun doute, les aïeux du propriétaire des lieux.
Cet homme que je ne connais pas m’intrigue. Ressemble-t-il vaguement aux portraits dont les regards tristes semblent suivre  le moindre de mes déplacements ? Quelle est sa profession? Un homme de la campagne pragmatique et besogneux ? Un écrivain en quête de tranquillité pour tenter d’achever  » Le »  roman de l’année, un étudiant écologique embauché pour les moissons ou peut-être une femme ? C’est ça ! Une femme en train d’essayer de se reconstruire après une pénible rupture… ou… une romancière attirée par la sérénité champêtre… Celle-là, je l’imagine studieuse, appliquée, ayant planifié avec soins son emploi du temps. En faisant quelques courses elle a rencontré un voisin érudit, un pilier de bibliothèque ou un acharné d’Internet qui, au cours de longues et savantes  conversations l’a détournée de ses objectifs premiers. Il est grand et sec, affublé de lunettes cerclées d’écailles et arbore un chapeau démodé ainsi qu’une écharpe négligemment posée sur l’épaule qui lui donne ce petit rien d’artistique qui a su la charmer.
Je les vois, oui je les vois intimement courbés sur un ouvrage précieux, admirant la tranche dorée et les enluminures. Leurs têtes se penchent, leurs doigts se frôlent sur les pages jaunies. La vitre toute proche est embuée par leurs respirations plus rapides, plus saccadées… A n’en pas douter nous assistons à un orgasme littéraire !
Oh ! Soyons discrets ! Et vite, retournons dans la petite chambrette d’où je  m’étais inconsciemment évadé : j’ ai 20 ans, je viens de réussir mon diplôme d’instituteur et demain sera mon premier jour d’enseignement.

Patricia

 

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Vincent Van Gogh
Auberge Ravoux
52, rue du Général De Gaulle
95430 Auvers-sur-Oise

à

 Monsieur le Pharmacien
De la pharmacie des Oiseaux
35, rue des Oiseaux
75015 Paris

 

Monsieur le Pharmacien,

Si je prends ma plume aujourd’hui, c’est pour vous faire part de mon profond mécontentement et de ma grande colère.

En effet, je suis venu hier matin pour vous acheter un  produit anti-poux et vous m’avez conseillé l’aérosol « Toupoumort » qui est, selon vous, un excellent produit. Je ne contesterai pas l’efficacité de ce produit car, après m’être vaporisé le cuir chevelu et l’avoir enveloppé d’une serviette hier soir, j’ai pu constater ce matin que je n’ai plus aucun pou. En déroulant la serviette, je me suis également aperçu que je n’ai malheureusement plus de cheveu non plus et que mes oreilles sont tombées.

Comme je suis peintre, le stylo n’est pas vraiment mon mode d’expression. Aussi ai-je décidé de vous envoyer mon portrait après le traitement pour vous rendre compte de  l’ampleur des dégâts.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me dire ce que vous comptez faire pour me dédommager. Dans cette attente, je vous conseille de ne plus vendre ce produit, surtout à des musiciens et vous prie d’agréer mes sincères salutations.


Fabienne

3/ Exercice :

La galette des Rois, entre mythe et souvenirs…

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Je n’aime pas la galette des rois. Elle me rappelle mon enfance au pensionnat Saint-Charles.
Le 6 janvier était immanquablement consacré à la venue des rois mages : Melchior, Gaspard et Balthazar qui apportaient leurs présents à l’enfant Jésus. Cela donnait lieu à une messe interminable, suivie d’un repas de fête où l’on nous servait, contrairement aux autres jours, quelque chose de mangeable.
Je me souviens surtout de ces galettes des rois, toutes sèches, de vrais « étouffe-chrétiens ». Je me revois, l’année de mes 8 ans, essayer péniblement d’avaler un morceau de cette galette quand, tout à coup, j’entendis un petit « crac » dans ma bouche. Je venais tout simplement de croquer la fève et de me casser une dent.
Le sang commençait à perler sur mes lèvres, au grand dam de Soeur Gabrielle, méchante, sèche et très sévère. Je l’entends encore crier : « Hervot Françoise, arrêtez de faire l’imbécile ! ».
Heureusement l’infirmière, Soeur Emmanuelle, mit un terme à mes souffrances en m’amenant à l’infirmerie. Elle prit pour moi un rendez-vous chez le dentiste. Ce qui, à l’époque, signifiait « souffrance » car nous n’avions droit à aucune anesthésie.
Depuis ce jour, rien que la vue d’une galette des rois me fait penser au dentiste et mon neveu, qui est mon dentiste attitré, adore me mettre en boîte à chaque Epiphanie.

Françoise

Que cette forêt est dense ! La cime des arbres masque le soleil pourtant encore haut !
Un petit sentier serpente entre les buissons épineux et je chantonne pour oublier qu’il me reste encore de nombreux kilomètres à parcourir. Un petit écureuil juché sur une branche basse me regarde attentivement, puis gesticule comme pour me faire parvenir un important message. Les heures défilent et ma besace est lourde. J’ai très envie de me reposer un peu et de cueillir ces timides fleurs blanches qui émergent des mousses tendres.
C’est toujours pareil, chaque année c’est moi qui suit de corvée. Enfin ! Il faut que je me dépêche pour arriver avant la nuit. Il commence à faire frais et je grelotte un peu sous ma vieille houppelande toute râpée.
Ah ! Voilà ! J’aperçois la maisonnette, encore quelques pas et je serais bien au chaud.
Coucou ! C’est moi mamie ! Je t’ai apporté un pot de beurre bien frais et une tendre galette.
Mais… Mamie, comme tu as  changé… tes oreilles sont toutes poilues et comme tu as de grandes mains et de grands… crocs !
Ma grand-mère étant à l’évidence devenue carnivore, ce fut ma dernière visite. Le beurre rancit et la galette se dessécha…
Depuis lors, pour commémorer ce triste anniversaire, chaque année, à la même période, il est de coutume de partager entre amis une croustillante pâtisserie aux amendes où se cache une fève, symbole de tous les dangers.

Patricia


3 janvier, 2014

BONNE ANNEE !!!

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:59

happyQue cette nouvelle année vous apporte toute l’imagination du monde, un zeste de folie et de l’inspiration plus qu’il n’en faut pour continuer d’écrire de belles histoires….

SOIREE ITINERANCES – 17 décembre 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:56

1536511_683821178325196_1009314370_nSoirée Itinérance sur le thème du nomadisme à la Maison du Livre NC, photos prises par Eric Dell’Erba

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ITINERANCES 2013

N = Nuages
Nuages, étranges et volages,
De coton blanc ou de laine grise
Aux quatre coins du monde, voyagent
Puis, au flanc des montagnes agonisent

O = Orient
Orient aux sonorités lascives, présages d’infinis routes intérieures.

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M = Mirages
Mirages, cruels mirages, vous n’êtes que du vent
Je vous poursuis sans cesse et depuis si longtemps
Qu’ivre et  désespéré et titubant, je doute,
Puis, décide lâchement d’abandonner ma route

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A = Arabesques
Le vent dessine ses arabesques dans le sable, calligraphie muette au silence des déserts.

D = Dunes
Dunes brûlantes, safran baigné d’un soleil curcuma, le sable avale tes pas mais l’oasis toujours s’éloigne.

I = Ile
Ile incertaine, entre eau et mirage vague, frangée d’écume qui se dérobe sous les coups de butoir du hasard.

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S = Sable
Au vent des sables, comme un bouquet de roses, se composent des fleurs de cristal.

M = Musique
La musique, éternelle, est l’essence du temps. Elle donne une âme à nos cœurs et des ailes à nos pensées.

E = Etrangers
Etranges étrangers enturbannés de nuit,
Les nomades ont dans les yeux le scintillement des étoiles
Et dans les mains la richesse de la liberté.

UNE BOUTEILLE A LA MER

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Verte, je suis verte, verte de teint, verte de colère et d’impatience. Voilà cinq mois que j’ai entamé un voyage vers une destination improbable. Depuis quelque temps je commence à douter de la chance d’atteindre un jour une rive incertaine. Je n’ai même pas l’impression d’avancer car les vagues me bousculent dans tous les sens, me traînant en violents mouvements chaotiques et me donnant l’impression d’être tirée vers les profondeurs comme une ancre.
Je veux avancer, mais j’ai vraiment perdu la notion de l’espace. Aucun signe de terre, pas de mouettes ni même de bateaux. Pas de point d’ancrage… Cependant, certains signes me donnent la certitude d’être toujours en vie : la suite des jours et des nuits, le déplacement des poissons dans l’océan.
La nuit, les étoiles me bercent de leur éclat persistant. Le jour, les dauphins entonnent des mélodies étranges. Tiens ! Je n’ai pas encore croisé de sirènes. J’aimerais tant rencontrer ces êtres légendaires !
Une bouteille, toute verte, verte d’impatience, je contiens une lettre qu’une maman m’a donnée pour son fils parti du foyer familial il y a 20 ans. Je sais qu’un jour j’échouerai sur une terre ou que je serai repêchée par des filets géants parmi des tonnes de poissons.
Je sais que les mains du fils m’ouvriront avec délicatesse. Il sortira la lettre et retrouvera sa mémoire perdue. Un doux souvenir l’envahira et il partira effacer le profond chagrin de sa mère. Je suis parfaitement convaincue de mon but, connais bien ma mission mais ignore complètement la date de cet accomplissement.
Entre temps j’erre dans les rugissements aquatiques et les collines de mousse soulevées par de violentes vagues.

Juana Maria

La théière

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J’ai connu les petits matins glacés où la lumière d’un pâle soleil frissonne.
J’ai connu les midis brûlants où la lumière coule comme du plomb fondu.
J’ai connu les nuits bercées par le chant des étoiles.
J’ai aimé la rude fraternité de ces hommes réunis autour des braises où j’étais posée.
Et toujours j’ai réchauffé les corps lassés de ces voyageurs interminables, j’ai désaltéré leurs bouches asséchées par les vents. Leurs mains brunes gercées de sable m’ont caressée.
J’ai roulé ma bosse dans leurs paquetages sommaires, j’ai été malmenée au gré du pas de leurs chameaux, j’ai été frottée au sable fin du désert.
J’ai perdu de ma superbe au fil du temps, me voilà trouée !
Ils m’ont abandonnée chez un ferblantier de l’oasis.
Rafistolée, rapiécée, je vais commencer  une  vie sédentaire et misérable.
Mais le souvenir de l’infini du ciel et des dunes me réchauffera le coeur.

Huguette

La note de musique

325fausse-note

 … La concertiste tord les cordes de son violoncelle, dans un stress évident, elle attend son tour. Sa grande respiration me tient en haleine. Je me mets droite comme une flèche sur l’arbalète, la tête en avant sur le nylon, je vais bientôt naître !

Le spectacle a commencé. Des notes dansent déjà dans l’espace clos du conservatoire. Elles ont des rondeurs parfaites.

Ça y est, c’est à moi ! Je vais entrer en scène !

…Au moment précis où je dois rejoindre la douce mélodie, ma concertiste se tord le poignet et ZOUING ! Je pars la tête à l’envers !

Accompagnée par les grimaces du chef d’orchestre, trop tard, je suis expulsée bâtarde. Un métissage d’archet et de doigts zigouillés de mon artiste.

- « Oh la vilaine ! Va t’en, hé la fausse note ! »

Les belles demoiselles de la partition respectée me rejettent. Les mains des spectateurs me chassent vers les vestiaires. Je suis inécoutable.

Dans un tourbillon contesté, je me retrouve suspendue à la poche d’un veston, étendue sur un cintre. Au fond de la poche de velours un appareil auditif s’est assoupi.

Malformée comme je suis, ma carrière musicale est anéantie. Finie. Un vrai casse tympans.

- « Hé ma belle infirme ? » me murmure la vieille prothèse, «  Viens contre moi, tes sanglots feront clapoter le silence de mon maître poète.
Vro#

 

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