Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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24 septembre, 2013

Atelier du 23 septembre 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:34

DEVOIR : que s’est-il passé le jour de votre naissance ?

Le jour de ma naissance
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La journée avait mal commencé ce 13 novembre : ma mère n’avait aucune contraction. Or la tradition familiale maternelle voulait que les premiers nés voient le jour un 13. Pas question que j’arrive le 14 ou après ! Il en allait de mon bonheur futur.
Deux jours avant, ma mère avait donc fêté le triomphe de la gauche et tout particulièrement du parti communiste français, le parti des ouvriers, son parti, aux élections législatives, en dansant toute la nuit, espérant que l’enfant qu’elle portait, fille ou garçon, elle ne le savait pas encore, descendrait enfin, pas trop tout de même, pour arriver pile le 13.
Si elle l’avait pu, elle serait bien montée à bord du premier avion à réaction français, ce 11 novembre, pour accélérer le processus d’ouverture du col de l’utérus…
Elle avait eu beau insister pour que mon père lui offre ce fameux Solex, dont les trépidations auraient sûrement favorisé mon arrivée, elle n’avait pas obtenu gain de cause, trop cher, un mois de son salaire ! On n’allait pas s’endetter pour une superstition que mon père jugeait ridicule.
Mais ma mère avait de la suite dans les idées : c’est ainsi qu’elle entreprit, le 12 novembre, en plein frimas, ce qu’on appelle ordinairement le grand nettoyage de printemps : elle astiqua la maison avec ardeur, du sol au plafond, tria et rangea tous les vêtements d’été et d’automne. Elle en récolta force courbatures, mais pas le résultat escompté : son ventre pointait toujours vers l’avant, désespérément !
Le 13 au matin, elle décida d’une grande marche dans la neige qui avait commencé à tomber : elle comptait sur l’activité physique, conjuguée au froid, pour enclencher le travail. Elle fit deux fois le tour de l’étang, en vain !
A midi, elle se goinfra d’une potée auvergnate, suivie d’une large tranche de fourme et d’un pâté aux pommes, roboratif, sous le regard désapprobateur de son mari et de sa belle-mère : elle avait espéré que l’indigestion qui allait en découler brasserait tant ses entrailles que le bébé ne pourrait que sortir de ce ventre inhospitalier. Que nenni !
Ma mère passa une partie de l’après-midi aux toilettes, à gémir et se lamenter, puis à sauter sur place en hurlant : mais tu vas sortir, à la fin, maudite bête !
Mon père, effrayé par sa détermination hystérique, la chargea dans sa remorque, qu’il attela à son vélo, et fonça à toute l’allure de ses mollets de sportif vers la maison de la sage femme qui devait pratiquer l’accouchement.
Madame Vachez le vit arriver en nage, elle vit ma mère en rage : même balloté pendant des kilomètres dans cette remorque sans amortisseurs, son ventre ne manifestait aucun signe de contraction. Madame Vachez n’était pas seulement sage femme, c’était une femme sage : elle calma ma mère par quelques massages et paroles lénifiantes, lui enjoignit de retourner chez elle et d’attendre que la nature fasse son œuvre toute seule.
C’est alors que se produisit l’incident, que ma mère qualifia plus tard de miraculeux, mais qui sur l’instant, parut plutôt horrible aux protagonistes sidérés. (et qui engagea mon destin, je ne le compris que plus tard).
Cette année-là, la France venait de fermer son bagne de Cayenne : les 145 détenus restants étaient arrivés à Marseille à la mi-août, sans argent, mais bien décidés à s’en procurer par tous les moyens.  Trois d’entre eux, de forts gaillards à la mine farouche, firent la route en remontant la vallée du Rhône, trouvèrent à s’embaucher à la cueillette des fruits, puis aux vendanges. Tout alla bien jusqu’à l’arrivée de l’hiver. Fin octobre, déjà, ils n’avaient plus rien à se mettre sous la dent et aucun autre travail en vue.
Alors ils se mirent à chaparder, d’abord dans les fermes du Forez puis ils passèrent aux choses sérieuses : en arrivant dans la riche ville de Montbrison ils sentirent l’odeur de l’argent et décidèrent d’aller le prendre où il se trouvait : le mercredi 13 novembre, en fin d’après-midi, ils attaquèrent la Caisse d’épargne et de prévoyance. On donna l’alerte et ils furent poursuivis. Ils se mirent à l’abri dans un immeuble bourgeois du Boulevard Lachèze et…entrèrent en trombe chez Madame Vachez, au moment même où ma mère et mon père allaient en ressortir !
Ah ! Le hasard, la destinée, le sort, Dieu peut-être ? Allez savoir…
Ils étaient effrayants à voir, armés de coutelas, et décidés à sauver leur peau, même si cela devait coûter la vie à des innocents au passage. Car les pandores étaient sur leurs talons, on pouvait entendre déjà leurs souliers ferrés marteler l’escalier de chêne…
Cette détermination à obtenir ce qu’ils voulaient (en quoi elle se reconnut) plut aussitôt à ma mère, qui eut une illumination : elle leur indiqua comment se tirer de ce guêpier en passant pas les chambres de bonne du 6°, puis par les toits, pour tomber à l’arrière dans la ruelle sombre où ils trouveraient une remorque attelée à un vélo -celui de mon père, vous l’aurez compris- Ils n’avaient qu’à les prendre et pédaler bien vite hors de la ville. Pendant ce temps, elle tâcherait de retenir la police. Les malfrats surent reconnaître le service rendu en balançant une poignée de billets dans le sac de ma mère avant de s’envoler. C’est sur le palier que ma mère accoucha, à 19 heures, le 13 novembre, comme elle l’avait voulu, sous les yeux des policiers qui, au lieu de poursuivre les voleurs, lui portèrent assistance.
Depuis ce jour, ma mère a une affection particulière pour les voyous, et elle a bercé toute mon enfance de ce récit, enjolivé sans doute. Persuadée que je devais ma vie et mon bonheur d’être née un 13 à des criminels, j’ai moi aussi développé, malgré moi, une attirance pour tout ce qui est hors la loi et la conviction que tous les moyens seraient bons pour protéger ma tranquillité.
Un dernier détail, qui a son importance : ma mère a eu son Solex, grâce à l’argent de la Caisse d’épargne, qu’elle n’y avait pourtant pas placé…
Et vous voudriez qu’avec un tel exemple mon esprit juvénile ne fût pas impressionné ? Mon existence pas conditionnée ?
Je ne vous raconte pas cela pour m’innocenter de tous les actes pas très corrects que j’ai pu commettre ensuite, mais tout de même…

Huguette Montagne

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Je suis né, 3KGS 800, 52 cm. C’est suffisamment important pour éclipser tout le reste. Ma naissance est un évènement joyeux pour tout le pays. Le monde entier est en effervescence et tous les chefs d’états, rois, reines, présidents, premiers ministres, adressent leurs sincères félicitations à mes heureux parents. Les cadeaux affluent de partout :
- Un culbuto en or offert par François Hollande (LOL)
- Un vrai petit crocodile, cadeau des Territoires du Nord de l’Australie, de là à ce que l’on m’appelle « crocodile baby » !!!
- Un horrible kangourou  tricoté par leur premier ministre
- La panoplie complète du parfait supporter de l’équipe de foot de Chelsea, cadeau du frère de ma mère, au grand dam de mon père qui soutient une autre équipe
- Des douzaines de » babies grow » don l’un brodé : « keep calm my great nanny is the Queen ».
Au fait, sa Majesté la Reine est venue me voir en personne à la clinique. Elle arborait une magnifique tenue d’un joli bleu pervenche, assorti d’un truc en plume sur sa tête.
Tous les bébés d’Angleterre nés le même jour que moi recevront « un penny » en argent, symbole porte bonheur. En tout 2013 pièces.
Les commerçants se frottent les mains dans tout le pays. Les magasins de vêtements pour enfants écoulent des collections royales par centaines. Le champagne et autres vins pétillant coulent à flots.
Les paris de toutes sortes battent leur plein : quel sexe, quel prénom, quel jour, quel poids, quelle taille ? Tout cela représente une bien jolie manne pour l’économie britannique.
Les ponts du Golden Jubilee sur la Tamise et les Fontaines de Marble Arche sont illuminés en bleu.
Tout le monde s’agite autour de moi. Quatre policiers filtrent la porte d’entrée de ma chambre et de nombreux journalistes et autres paparazzi font le pied de grue devant la clinique depuis plusieurs jours.
Quant à moi, au milieu de tout ce cirque, je me sens soudain très fatigué et, bien installé au creux des bras de ma jolie maman, mes royales paupières commencent à se fermer pour un sommeil bien mérité, après une telle agitation.

Françoise Ravelli

Le 6 mai, cette année-là,  tout s’est passé comme prévu.
Dans les régions traditionnellement les plus assoiffées d’Afrique, on a dénombré des centaines de victimes parmi les enfants et les personnes âgées (espérance de vie: 30 ans).
Pas de trêve non plus entre les tribus fratricides.  On a donc comptabilisé ce jour-là de nombreux massacres dans les villages reculés, où l’ONU s’est bien gardée d’intervenir, par peur de déclencher des incidents diplomatiques.
Le 6 mai, cette année-là, rien de nouveau dans la course effrénée du monde : s’enrichir pour les uns, survivre pour beaucoup d’autres, vivre  et laisser mourir.
Le 6 mai, cette année-là,  pourtant, comme toujours depuis la nuit des temps : des enfants ont vu le jour, en dépit de tout. Des hommes et des femmes ont fermé les yeux, pour la dernière fois, sereins et entourés de  l’amour de leurs proches.
Le cycle de la vie a poursuivi sa ronde, envers et contre tout.
Le 6 mai, cette année-là, un jour parmi d’autres,  banal et précieux à la fois.
La promesse d’un autre jour à venir, peut-être meilleur ?

Marie-Pierre Beaulier

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Alors que je poussais mon premier cri et que je recevais la première claque d’une longue série, Jean Cocteau s’apprêtait à faire son discours de réception à l’Académie Française, non sans, au préalable, l’avoir fait traduire en argot des prisons…
Le monde entier pleurait encore James Dean, icône de la jeunesse d’après-guerre en plein désarroi, qui venait de mourir à 24 ans. Et ce n’est pas la naissance de Thomas Newman, compositeur américain de musiques de films qui aurait pu le consoler.
En revanche, ça bouge pas mal du côté littéraire, ce jour-là :
-  à la mort du fondateur des Editions Grasset, c’est son neveu Bernard Privat qui reprend la direction de la maison.
- J.R.R. Tolkien sort le troisième et dernier volet de la célèbre saga du Seigneurs des anneaux : le Retour du Roi
- Simenon édite son dernier Maigret : « Maigret tend un piège »
- Sortie également du dernier Tintin « Objectif Lune »
alors que naissait Marc Toesca, animateur radio-TV, mourait Thérèse Dupont, née Watteeuw, sœur de Fernand, mais je suppose que vous n’en avez rien à faire !
C’est ce jour-là qu’a été fondée l’Association des Maires du Var, association qui n’a pas non plus changé la face du monde. Bill Halley et ses « Comets » et Elvis Presley donnent un concert à Cleveland où ils sont filmés pour la première fois.
Pendant que l’on inaugure le Musée Nikola Tesla en Yougoslavie, un accord militaire syro-égyptien est signé, tellement peu important que personne ne se rappelle de quoi il traitait.
Enfin, Manuel Gonzalez Vasquez et sa femme Ermina ont vu des OVNI à Orense en Espagne. On ne sait s’ils avaient abusé de la sangria. Cette observation a toutefois été consignée dans le fameux catalogue URECAT qui répertorie toutes les observations de ce genre.
L’hiver qui a suivi ma naissance a été l’un des plus rigoureux que le midi n’est jamais connu ; c’est cet hiver là que sont morts tous les oliviers…

Comme vous le voyez donc, rien de bien trascendant ce 20 octobre d’une année reculée, si ce n’est ma naissance qui a vraiment été un départ dans ma vie.

Fabienne

2/ EXERCICE : « je me souviens… », à la manière de Georges Pérec.

Laisser venir à vous les souvenirs. Commencer chaque souvenir par « je me souviens ». Décrire ce que vous avez ressenti à ce moment-là (sensations, odeurs, couleurs…) de la façon la plus précise et plus courte possible.

  • Je me souviens de l’odeur du lait chaud, douçâtre et légèrement écoeurante, qui envahit la cuisine. Le lait gonfle, il déborde de la casserole, le voilà qui s’étale sur la cuisinière.
    Maintenant, ça sent le brûlé.  Les larmes me montent aux yeux : ce n’est pas à cause de la fumée,  c’est parce que je suis vexée d’avoir ratée ma première crème anglaise !
  • Je me souviens de la peau de mon bébé : c’est du velours, je la caresse et la couvre de baisers légers, légers. Elle sent bon la lavande, je la lèche  comme une chatte son chaton. Ses cheveux sont des fils de soie doux comme des nuages.
  • Je me souviens du sourire de la religieuse infirmière. Je me souviens de la piqûre, je me souviens de la douleur, puis  de sa voix rassurante. Je me souviens du beau baigneur qu’elle m’a offert après plusieurs mois de traitement et de nos larmes mêlées au moment des adieux.
  • Je me souviens de l’odeur des cataplasmes à la moutarde qui me piquait les yeux et me faisait tousser encore plus que la  maladie.
marechal-ferrant-01-72b-300x223 Huguette

Souvenirs, souvenirs...

  • Je me souviens de l’odeur du fumier au milieu de la cour de la ferme, de la chaleur des vaches et du bruit des sabots des chevaux dans l’étable voisine. Je me souviens des tap tap assidus du forgeron, du fer rouge et de l’odeur de corne brûlée. « Dis, maman, ils ont mal à leurs sabots, les chevaux, quand on leur fait çà ? »

Marie-Pierre Beaulier


1016624201-300x225 je me souviens

Mon premier joint (et non mon 1er juin !!!)

⁃    Je me souviens de la honte que j’ai ressentie, en maternelle, quand j’ai fait pipi dans ma culotte, sur mon banc. Je revois le petit ruisseau jaunâtre qui s’écoulait vers la rangée où Jean-Jacques, le garçon qui me plaisait, était assis. J’entends son cri d’indignation quand il a levé les pieds. C’était foutu : il ne me regarderait plus jamais.
⁃    Je me souviens du tremblement du garçon qui m’a regardée pour la première fois avec des yeux amoureux.
⁃    Je me souviens de la veste de laine de mon grand-père, trouée à l’intérieur du bras parce que mon chat la tétait sans arrêt.
⁃    Je me souviens de la fessée qui m’a cuit longtemps, après que j’étais montée sur une chaise pour donner une claque à mon père.
⁃    Je me souviens du regard de mon premier fils quand il venait de naître : il m’a fait peur, c’était un étranger.
⁃    Je me souviens de mon premier joint,  la main de mon ami,  sans même me toucher, hérissait mes cheveux électrisés. Puis j’ai été l’eau qui partait en vrille dans un lavabo, j’ai vomi sur le tapis.

Huguette

Je me souviens de la première fois où j’ai mangé au restaurant. Je devais avoir sept ou huit ans. Je ne me souviens que du dessert : un flan aux œufs bien jaune, recouvert d’un sirop de grenadine qui l’inondait. Le soleil à travers la vitre le faisait miroiter comme une petite flaque de sang vermeil. Je trouvais ça si beau que je n’osais pas le manger.

Je me souviens d’une vieille photo : J’ai cinq ans. Je suis assise sur un petit vélo. Je me souviens que j’ai un manteau en laine marron à carreaux. Le col me gratte le menton. Le Père Noël me dit qu’il faut sourire pour la photo, mais moi, je me mets à pleurer.

Je me souviens, la Mère Bérard avait un minuscule magasin de bonbons. Le paradis des gosses. On n’avait pas le droit de toucher. Je me souviens encore du goût des guimauves. Je me souviens que les nounours en chocolat avaient un cœur moelleux en meringue qui collait sur mon palais. Et les mistrals gagnants que je ne gagnais jamais.

bras1-300x109 jour de naissance

Je me souviens du baigneur noir dont je rêvais et qui était au pied du sapin. Je me souviens, mes frères lui ont arraché les bras, les jambes, la tête et ont tout jeté dans les toilettes. Je revois encore ses prunelles vides qui me fixaient avec angoisse.

Fabienne

17 septembre, 2013

Atelier du lundi 16 septembre 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:41

DEVOIR : écrire une parodie d’une fable de La Fontaine

 PARODIE DE LA POESIE LE RAT DES VILLES ET LE RAT DES CHAMPS

Autrefois un bourgeois
A un SDF donnait des pièces
Pour lui permettre ma foi
De manger et d’être en liesse.

Chaque jour les deux amis
Conversaient allègrement
Et se félicitaient de leurs vies
Aux destins différents.

Un jour ils virent arriver
Une bande de jeunes cagoulés.
La peur au ventre le bourgeois s’enfuit
Entraînant le SDF avec lui.

Une fois le calme revenu
Le bourgeois voulut inviter
Son ami dans un restaurant côté.
Mais celui-ci refusa, qui l’eut cru ?

C’est assez dit-il,
Demain vous venez chez moi
J’habite sous un vieux toit
Mais je peux y manger tranquille.

Des voyous je ne suis pas apeuré
Car ils n’ont rien à me voler
Et je peux ainsi vivre librement
Sans crainte de leur châtiment.

Françoise Ravelli

Un cancre ayant glandé
Toute l’année,
Se trouva fort ennuyé
Quant les examens furent arrivés
Pas la plus petite leçon
Ne lui revenait dans le cabochon.
Il alla demander de l’aide à son professeur,
Son éducateur,
Le priant de l’aider
A bien réviser
Pour réussir son brevet.
« Je réviserai,  promit-il, c’est juré,
Promis, craché ! ».
Mais le prof est septique,
Et ne voit là qu’une tactique.
« Que faisais-tu pendant la classe ? »
Demande-t-il à ce glandeur
« Nuit et jour, je rêvasse
Et c’est là mon malheur ».
« Tu rêvasses ??? Je crois rêver !
Eh bien, redouble, désormais ! ».

Fabienne

2/ EXERCICE : les différents sons de cloches
Tous les participants de l’atelier écriront 1 version des faits, tels que chacun des protagonistes les ont vécus, à la première personne :

  • 1 : le bijoutier
  • 2 : le braqueur tué
  • 3 : le 2ème braqueur enfui
  • 4 : l’avocat du bijoutier
  • 5 : le psychologue
  • 6 : un voisin commerçant
  • 7 : la femme du bijoutier
  • 8 : le père de la victime
  • 9 : le journaliste qui a diffusé l’info

Braqueur abattu à Nice : le bijoutier mis en examen pour homicide volontaire

Atelier du lundi 16 septembre 2013 sans-titre-300x168

1/ Le braqueur tué :

Six mois ! Voilà six mois que  je me trimbale avec un bracelet électronique.  J’en ai déjà fait beaucoup des conneries de toutes sortes : vols dans les magasins, vols de sac à main de petite vieille (ça ! c’est trop rigolo !!! Y’en a même qui nous foutent des coups de sacs sur la tête, mais à la fin, elles ne gagnent pas car je suis sur un booster avec Hamed, mon pote). J’ai aussi pas mal tapé de mecs, faut pas m’énerver. Puis je dois aussi me faire respecter ! Le top, c’est quand j’ai eu mon permis de conduire. Forcément, mes vieux pouvaient pas me payer une voiture, alors, on en a volé quelques unes… à fond sur l’autoroute. C’est sûr, c’est pas moi qui  paierai les amendes…
Comme dans la chanson, je venais d’avoir 18 ans. Pour mon anniversaire, les vieux m’ont dit : « on espère que maintenant que tu as atteint l’âge adulte, tu vas arrêter tes bêtises. Maintenant, ce ne sera plus la même chose. Faudra rendre des comptes ! ». Tu parles, les prisons sont pleines, on ne met pas de petits comme moi en prison…. Ce jour-là aussi, j’ai eu aussi un sacré cadeau : ma copine Audrey m’a annoncé qu’elle attendait un enfant ! Sur le moment, ça m’a fait un choc. A ma mère aussi, elle s’est mise à pleurer. Et puis, je me suis dit que ça devait être génial d’être père… surtout si c’était un garçon. Je lui apprendrai tout ce que je savais : comment ouvrir et démarrer une voiture, comment se battre, comment faire un braquage…
Mais d’abord, fallait que je pense à avoir de la tune, pour l’accouchement, les fringues du gosse, enfin plein de trucs, je suppose… Alors, avec Hamed, on a décidé de faire un gros coup, qui nous mettrait à l’abri pendant un petit moment.
On avait déjà remarqué la bijouterie de la place. On avait bien noté qu’elle n’était pas toute jeune, comme son propriétaire. Il ne devait pas y avoir de système de sécurité et tout les tintouin. Et puis, on a pensé que le vieux ne se défendrait pas trop. On avait prévu de faire le coup mercredi. Sûr qu’on n’avait pas vraiment préparé, on y est allé les mains dans les poches…

On est rentré dans la bijouterie et on a rouer de coups le vieux. Il était à terre, ne bougeait plus. Alors, sans s’en soucier plus, on a commencé à casser les vitrines de présentation et à prendre les bijoux. Il y avait un beau collier avec un pendentif en forme de cœur. J’m suis dit : celui là, je vais l’offrir à Audrey… Il n’y avait qu’à se servir, on a trouvé ça hyper facile. On a même rigolé avec Hamed. On est sorti, Hamed a pris le booster et je suis monté derrière, le sac plein en bandoulière. J’ai senti une douleur à l’épaule… puis, c’était chaud. DU SANG !!! MERDE, le vieux nous tirait dessus, comme des lapins… L’a pas le droit ! Vite Hamed, dépêche-toi, vite… Une autre douleur, beaucoup plus forte, m’a fait tombé du scooter…. J’ai tenté de me relever, mais impossible. Hamed, lui, a continué de rouler…. J’ai essayé de l’appeler, mais je ne pouvais plus parler, plus bouger… mais qu’est-ce qui se passe ? je pense à Audrey, à mon fils… mon Dieu ! C’est quand même bête de mourir à 18 ans ! Mais qu’est-ce que j’ai fait !!!!

 Fabienne


3/ EXERCICE :

Quelles sont, selon vous les 10 choses les plus désolantes ?

-       Un bébé mort dans une chambre de maternité
-       Une jeune fille qui dit des gros mots
-       Des oiseaux englués dans une marée noire
-       Le regard d’un chien battu
-       Les yeux d’une femme derrière une burka
-       Un enfant qui meurt de faim
-       Une plante assoiffée
-       Une lettre d’amour perdue
-       Un visage aimé que l’on a oublié
-       La place vide à côté de moi, dans mon lit.

Fabienne

11 septembre, 2013

Lundi 9 septembre 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:06

DEVOIR : écrire un texte avec un maximum d’expression comportant des parties du corps humain.
Ex : elle a le cœur sur la main, il a pris ses jambes à son cou…

Lundi 9 septembre 2013 corps-266x300

Réveillé par le gazouillis des oiseaux, Hubert se leva ce matin du bon pied, mais pas vraiment les yeux en face des trous et l’estomac dans les talons. Il entra dans la cuisine et se prépara son petit-déjeuner en se léchant les babines : 3 œufs sur le plat, du bacon, 4 tartines de beurre et de confiture, un grand verre de jus et un café serré. Evidemment, il eut les yeux plus gros que le ventre et ne put venir à bout de ce repas gargantuesque.
A peine arrivé au boulot, son chef, les nerfs à fleur de peau, lui tira les oreilles et commença à lui crêper le chignon. Hubert en avait par-dessus la tête de ce maudit dossier ! Philosophe, sa collègue Odette le pris à part et lui lança, avec son cheveu sur la langue qui faisait tout son charme : « Cass’pas la tête mon pauvre Hubert. Faut pas se mettre la rate au court-bouillon et te couper les cheveux en 4. Tu y arriveras les doigts dans l’nez ! ».
« C’est vrai » se dit Hubert, « je ne vais pas passer la journée à me regarder le nombril ». Il se mit donc en action et fit donc des pieds et des mains pour résoudre la situation. Il retourna voir son chef pour aborder le problème de front, en songeant à ce qu’il allait lui dire « T’en as pas marre d’être sur mon dos, tu veux pas t’occuper un peu de tes fesses ? J’suis sur les genoux avec tout c’boulot ».
Il se ravisa rapidement et préféra faire bonne figure en adoptant la langue de bois « Et voilà le travail ! ». Il courba le dos et pris ses jambes à son cou !

Elsa Proust


J’avais l’affaire de mon père sur les bras. Il venait de décéder brusquement d’une crise cardiaque et j’aurais bien pris mes jambes à mon cou pour finir le plus loin possible de ce monde hypocrite de la mode.
Nous étions spécialisés dans les accessoires de tous genres. J’aurais préféré perpétuer cette affaire sans l’aide de mon frère Hugo de trois ans mon cadet. Mais notre père en avait décidé autrement. Nous devions nous serrer les coudes pour la faire fructifier .
Hugo avait le tort de se prendre pour le nombril du monde et de n’en faire qu’à sa tête. Je connaissais sur le bout des doigts les noms de tous nos employés à Paris et, qui plus est, dans notre succursale de Londres. Hugo donnait à chaque fois sa langue au chat quand je lui parlais de tel ou tel employé.
Mon père avait toujours géré ses affaires d’une main de fer dans un gant de velours. C’était un autodidacte et il avait toujours travaillé à la sueur de son front pour atteindre une telle renommée.
En ce triste jour de novembre, je me creusais la cervelle pour savoir qu’elle serait la meilleure position à adopter. Hugo et moi étions assis là, face au notaire qui énumérait les dernières volontés de notre père.
Hugo avait toujours su mener notre père par le bout du nez  et ce dernier, s’était plus d’une fois retrouvé le dos au mur face au bévues de son fils cadet.
Aujourd’hui, devant le notaire, mon frère  ne voulait , une fois de plus, n’en faire qu’à sa tête et vendre la société, ainsi que la majestueuse demeure familiale. Le comportement insolite du notaire aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
Depuis deux ans maintenant notre père s’était remarié avec Sarah une femme bien plus jeune que lui. Il lui laissait la maison en usufruit et elle pouvait l’habiter ou la louer, comme bon lui semblait, jusqu’à sa mort. Hugo avait un dent contre Sarah et n’appréciait pas du tout cette décision.
Quant à l’affaire de mon père, nous étions pieds et poings liés  car il exigeait que nous continuions à travailler ensemble pour la faire prospérer. Je me faisais un sang d’encre à devoir accepter une telle décision, mais, je ne pouvais pas imaginer que cette affaire, rondement menée pendant 40 ans, puisse être vendue à des étrangers.
C’est donc la peur au ventre que je signais l’engagement de la faire fructifier conjointement avec mon frère.

Françoise Ravelli

Non, je ne suis pas partie sur un coup de tête. C’est avec le cœur gros que j’ai tourné les talons. Et tout ça, parce que je n’avais pas le bras long pour trouver à rester. Mais je n’ai pas changé mon fusil d’épaule. Et c’est avec la tête sur les épaules que je ferai des pieds et des mains pour avoir le pied à l’étrier. Je ne suis pas collet monté, je ne cherche pas à rouler des épaules, ni à faire du tape à l’œil. Je veux juste retomber sur mes pieds. Et si quelqu’un peut me donner un coup de main, je le recevrai à bras ouverts. Actuellement j’ai les pieds et poing liés. Mais bientôt j’aurai les coudées franches et c’est d’une main de maître que j’aurai enfin la main heureuse. Je me donnerai corps et âme pour réussir haut la main, sans aller vendre mon âme au diable bien sûr. Je vous le dis à cœur ouvert, je mettrai tout mon cœur à prendre pied là bas. Et d’ailleurs je compte sur vous pour le bouche à oreille. Si vous êtes en cheville avec quelqu’un, n’hésitez pas à me donner un coup de pouce.
Là, il se fait tard, j’ai du sable dans les yeux et je pique du nez. Alors je m’en vais dans les bras de Morphée.

Sylvie Trabuc

 

Ce matin, je me suis levée du pied gauche, la tête dans le cul. Pourtant, j’avais l’estomac dans les talons. Alors, je me suis fait un sandwich long comme le bras avec un fromage qui sentait comme mes pieds. Du coup, j’ai eu mal au cœur. Mais je n’ai pas baissé les bras. Je ne suis pas non plus restée les bras croisés. Je suis allée voir mon copain Alfred, celui qui a les mains baladeuses, histoire de passer un moment avec lui. Tous les deux, on est comme les cinq doigts de la main, pourtant, comme je n’ai pas la langue dans ma poche, je lui ai dit son fait tout de go.
« Je sais que tu as le cœur sur la main, mais quand même, au lieu d’avoir la main baladeuse, il vaudrait mieux que tu aies la main verte pour tes plantes, ou la main tendue pour tes amis. Bref, ne prends pas tes jambes à ton cou, écoute moi bien de tes deux oreilles, prends ton destin en main, ne perds pas pied. Tu as un cœur en or, alors, ne te laisse plus marcher sur les pieds ».
Il m’a avoué qu’un moment, il avait failli perdre pied, mais que maintenant tout irait bien parce qu’il allait se reprendre en mains.

Fabienne

 

2/ EXERCICE : portrait négatif : se décrire ou décrire quelqu’un uniquement avec la forme négative.
Ex : je ne suis pas jalouse, il n’est pas bavard…

 

Je ne suis  pas celle que vous croyez

Ce bébé n’était pas attendu.

On ne connaît pas le père, chuchotent les mauvaises langues
Ce ne sera pas  une fille soupire la famille : on ne fait que des garçons….
Je ne vois pas de pénis, affirme le radiologue le jour de l’échographie : ce ne sera pas un garçon, mais je  je n’exclue pas qu’il ne puisse y avoir une petite marge d’erreur dans ce sens,
Les heures précédant la   naissance, la maman n’a pas ménagé sa peine ni retenu ses cris de douleur.  Au petit matin, la famille applaudit : le bébé ne s’est pas trop fait attendre, il n’a pas traîné pour sortir du ventre de sa mère.
Et en plus, ce n’est pas un garçon : ah non, la fatalité, ça n’existe pas !
Elle n’est pas vilaine, disent ses grand-mères en la scrutant, en la soupesant, en la retournant.
Et puis, elle n’a pas demandé à venir au monde, mais au moins, elle ne fait pas de bruit,  ajoute tante Berthe, la vacharde ;
Elle ne réclame jamais, cette petite, mais il ne faudra rien lui laisser passer !
Et non, la petite fille ne  fera  pas de caprices, elle n’oubliera pas de bien apprendre ses leçons, elle n’ira jamais au coin…
Elle ne sera  pas sauvage, mais  elle n’aimera pas se faire remarquer.
Elle n’aimera pas le bruit, ni les cris, ni les larmes.
Aujourd’hui, elle n’est plus une enfant, et ne dit-on pas que la vie n’est pas un long fleuve tranquille ?
Mais la vie ne lui a  pas joué de mauvais tour.
Comme un Noêl qui n’en finit pas, elle ne voit la vie qu’en couleurs.
Elle ne veut surtout rien changer : un tel karma, ça ne se partage qu’avec ceux qu’on aime…

Marie-Pierre Beaulier

Ma soeur n’avait aucune confiance en elle. Elle me disait toujours : « On ne me voit pas », je suis comme un passe-muraille ».
Elle n’arrivait pas à entrer dans les magasins pour se choisir quelques toilettes. Elle tournait en rond, les yeux baissés et ne croyait pas les vendeuses qui lui suggéraient d’essayer des vêtements en taille 36. Petite et menue, elle se voyait énorme.
Elle ne se regardait, pour ainsi dire, jamais dans une glace. N’allait plus chez le coiffeur et ses cheveux noirs tombaient tristement sur ses épaules.
Elle ne riait plus depuis que son mari l’avait quittée. Elle n’imaginait plus pouvoir encore plaire à un homme et ne remarquait même pas les regards que certains lui jetaient, attirés par son allure et ses beaux yeux bleus.
Elle ne se voyait que des défauts et je n’arrivais pas à la sortir de cet état de dénigrement permanent. Si je lui disais : » tu es très jolie aujourd’hui » , elle me répondait brusquement : » arrête de mentir, je ne te crois pas, je ne suis ni jolie, ni intéressante pour qui que ce soit ». Ses beaux yeux bleus étaient alors si tristes, comme éteints.
Dans son travail elle se dénigrait tout autant et trouvait toutes ses collègues bien plus performantes. Elle ne participait jamais aux lunchs ou aux apéritifs qu’elles organisaient de temps à autre.
Je l’imaginais, à mon grand désespoir, finir seule et triste ….. lorsque Georges entra dans sa vie.

Françoise Ravelli

 

Ni blonde, ni brune, ni tellement grande, ni vraiment petite elle ne ressemble pourtant à personne d’autre. Pas antillaise par sa couleur de peau, mais par son déhanché, elle ne résiste jamais à un zouk « pas trop collé-pas trop serré ». Elle n’est pas pince-sans-rire, ni même bouchée pincée mais n’a jamais la langue dans sa poche. Et quand elle a quelque chose à dire, elle n’y va pas par 4 chemins et ne mâche pas ses mots… sans rancune, ni amertume. Elle n’est jamais celle que l’on croit : pas trop enthousiaste mais jamais résignée. En ce moment, elle ne voit pas la vie en rose, mais ne broie pas du noir pour autant : elle ne se noie pas dans un verre d’eau ! Ni manipulatrice, ni franchement ingénue, elle ne sait pas trop où elle va et qui elle entraine dans son sillage. Une chose est sûre c’est qu’elle n’est pas désinvolte et ne prend pas les choses à la légère. Pas intéressée, ni proche de ses sous, elle ne travaillerait pas non plus pour rien !
Pas impératrice, elle ne se laisse pas non plus marcher sur les pieds. Si je ne la connaissais pas, je dirais qu’elle ne peut pas s’appeler Augusta !

Elsa Proust

 

zahia-300x216 Elsa
Je ne sais pas me décrire, je n’ai pas assez de recul. Je ne vais donc pas parler de moi, mais de quelqu’un qui compte beaucoup pour moi.
Elle n’est pas très courageuse mais pourtant, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle n’est pas très grande mais pas minuscule pourtant. Elle n’est pas laide, bien au contraire. Elle n’est pas non plus d’une grande beauté, elle a seulement du chien ! Elle n’est absolument pas méchante, mais elle n’aime pas que je l’ignore ni qu’on lui crie dessus. Elle n’est pas rassurée dès que je ne suis plus dans son champ de vision. Elle ne manque jamais de patience avec moi. Elle n’a pas la parole, mais c’est tout comme.
Elle n’aime pas trop qu’on la tienne en laisse. Elle ne mange pas de croquettes, mais ne déteste pas un bon nonoss.
Elle n’a pas d’autre famille que moi et pour moi, elle n’est pas un compagnon, elle est bien plus que ça.

Fabienne


3/ EXERCICE
:
où vont les nuages lorsqu’ils s’en vont ?


images1 Expression corps humain

- Alors, tu fais quoi ce week-end ?  demande le cumulo ninbus de Nouville à son frère jumeau
- Oh, la même chose que toi, lui répond son alter ego
- Tu es marrant toi, c’est toujours la même chose : c’est encore à moi de décider, c’est fatigant à la longue…
- Bon, d’accord, je vais faire un effort : et si on se faisait un bingo ?
- Tu as raison
, lui répond son frère, le vent souffle dans la bonne direction, en 2 minutes, on y sera.

Aussitôt dit aussitôt fait : les deux cumulo-nimbus se collent l’un contre l’autre pour arriver plus vite à destination
En route, ils ne croisent que quelques petits stratus insignifiants qu’ils ignorent avec dédain
De toutes façons, ces minus étaient en train de se disputer un coin de ciel, et ils ne les ont même pas vus les doubler dans la file d’attente.
- Ah, ces fins de semaine, que c’est pénible
soupire le cumulo nimbus à son frère : c’est de plus en plus difficile de se garer à Nouméa de nos jours
- Encore heureux qu’on puisse en pousser quelques-uns : ils éclatent, ça fait une bonne averse qui fait causer les gens, et
pendant ce temps-là, on nous oublie pouffe le frère jumeau en stationnant à la verticale au-dessus du bingo
- Nous voilà arrivés, frérot : que la fête commence !
Si vous voulez connaître la suite de cette histoire abracadabrantesque, et comprendre  comment deux cumulo-nimbus peuvent jouer au bingo, achetez le prochain numéro de la nouvelle revue : où vont les nuages quand ils s’en vont ? Textes inédits d’une auteure qui n’ose pas dire son nom par crainte du ridicule ou de se faire exclure pour incompétence caractérisée de l’atelier d’écriture de la MLNC
Crédit-photos introuvables.
Esprits cartésiens s’abstenir.

Marie-Pierre Beaulier


Lorsqu’ils s’en vont, les nuages partent tout droit devant eux.
Ils filent et s’effilochent, au gré du vent.
Lorsqu’ils arrivent à la fin de leur voyage, ils sont tristes et se mettent à pleurer : il pleut alors, pendant des jours entiers.
Certains font le tour de la terre, et reviennent à leur point de départ.
Ils sont alors plus forts.
Ils déchirent les stratus et cumulent les nimbus.
Mais c’est une victoire à la cirrus.
D’autres montent directement au ciel, sans se rendre compte qu’ils y étaient déjà.
Ils rencontrent alors leur créateur, et le soumettent au jugement dernier.
« Pourquoi, pourquoi, nous avoir fait si légers, si inconsistants, si peu profonds ? » lui disent-ils.
Le créateur voit alors que cela sent le gaz. Il se liquéfie et, solide malgré tout, met un genou à terre, pour leur demander pardon.
Mais la rage du nuage reste intacte. Il se met en boule, se condense le plus possible, et retourne sur terre pour inonder les plaines, les vallées et les hommes.
Ce n’est que lorsque le nuage s’est enfin vidé de toute sa haine qu’il accepte de partir définitivement : il s’évapore alors dans la nature.
La sécheresse guette et les hommes prient à nouveau les Dieux, les suppliant de tout recommencer.
Et le cycle de l’eau reprend, sans fin, jusqu’à la fin des temps ou, au moins, … jusqu’au bord de l’étang.

Georges Macar

 

Où vont les nuages lorsqu’ils s’en vont ?

  • Y’a du bian dans l’pi :
    Enfant, lorsque nous étions dans la Manche, pour savoir s’il allait faire beau, nous nous retrouvions tous au milieu de la rue, le regard en direct de l’ouest et donc de la mer qui se trouvait juste au bout de la rue. La plage nous était cachée par une dune de sable recouverte d’oyat. Nous scrutions les nuages et s’ils étaient blancs, nous nous exclamions tous en chœur et comme le font depuis toujours nos grands-pères : « Y’a du bian dans l’pis »… Houra, l’après-midi n’allait pas être pluvieuse ! Alors pour moi, quand les nuages s’en vont, ils ne peuvent être qu’à un seul endroit, derrière la dune de sable et d’oyat du bout de la rue de la plage.
  • Ils montent au ciel faire des oreillers douillets pour nos proches décédés.
  • Pour moi, les nuages sont sur un tapis roulant, comme à la caisse du supermarché, mais sans destination. Alors ma question serait plutôt : qu’y a-t-il au bout du tapis roulant ? Certainement un précipice sans fond où ils tombent à l’infini.
  • Mais les nuages ne s’en vont pas, ils restent statiques au-dessus de la terre, qui n’en finit pas de tourner et passent ainsi au-dessus d’un pays à l’autre sans même n’avoir à se mouvoir.
  • Mais les nuages ne s’en vont pas ! A chaque goutte de pluie qu’ils laissent tomber sur nos têtes, ils perdent un peu de leur matière… Bien sûr que c’est vrai, vous n’avez jamais remarqué qu’à la fin d’une ondée, le ciel est toujours dégagé.Elsa Proust

photo_1261995506887-1-0-300x232 Fabienne

Quand les nuages s’en vont, on ne les voit plus jamais. Ce ne sont jamais les mêmes qui reviennent. Mais où vont ils donc tous ces nuages ? J’ai voulu mener une enquête pour percer ce mystère. J’ai donc pris mon sac à dos et j’ai suivi un nuage en forme de tête de dragon. Je l’ai suivi longtemps, par monts et par vaux. C’était un nuage léger, poussé par le vent. J’ai visité plein de pays, mais comme j’avais la tête en l’air à le regarder constamment, je n’ai rien vu. J’ai marché, marché et puis, comme j’étais fatiguée, j’ai pris un avion pour le suivre. Je suis arrivée près d’une très grande montagne, en Jamaïque. Il y avait une foule de nuages. On aurait dit qu’ils s’étaient tous donnés rendez-vous là… Et c’est bien ce qui se passait. Sur le haut de cette montagne, il pleuvait tout le temps, les nuages pleuraient.
En observant bien, par le hublot de l’avion, j’ai vu que la montagne était en fait un volcan. Ce volcan était en train d’aspirer tous les nuages. Il les aspirait pour les recracher ensuite, sous forme de fumerolles. Le pilote m’a raconté que l’esprit de Bob Marley se trouvait au fond du cratère et que les nuages étaient la preuve que, même mort, il fumait encore !

Fabienne

Lundi 2 septembre 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:44

DEVOIR : sandwich
« Au moment où Léo Martens se levait de table, deux hommes firent irruption dans le restaurant… Il éteignit ses lumières et se mit à regarder par la fenêtre ».

Au moment où Léo Martens se levait de table, deux hommes firent irruption dans le restaurant… A peine avaient-ils franchi la porte que les haut-parleurs se mirent à diffuser un air entrainant qui fût rapidement accompagné de clap-clap en rythme. Clap-clap, les fers aux pieds, les deux hommes dansaient. Et clap-clap, faisaient les talons et les pointes de leurs souliers.
Léo Martens resta une bonne heure debout, adossé à l’un des murs du restaurant à contempler cette représentation qu’on aurait pu croire improvisée, tant les deux artistes bougeaient avec aisance et grâce !
Sur le chemin du retour, ponctué par les lampadaires de la ville, Léo Martens se rêvait lui-même en Gene Kelly dans une reprise envolée de Singin’in the rain. En fredonnant, il sortit les clés de la poche de son pantalon, tourna deux fois la serrure pour rentrer dans son appartement et déposa sa veste sur le porte-manteau. Clap-clap le son des claquettes lui restait dans la tête. Il éteignit ses lumières et se mit à regarder par la fenêtre.

Elsa Proust

Lundi 2 septembre 2013 images

L'auberge de l'Ecluse


Au moment où Léo Martens se levait de table, deux hommes firent irruption dans le restaurant…
Ils se jetèrent sur lui et, le prenant chacun par un bras, le sortirent sous le regard médusé des clients et surtout du patron. Il avait presque fini son repas mais N’AVAIT PAS ENCORE PAYE !!!
Léo était ravi d’avoir choisi cette petite auberge, près du château de Tanlay. L’Auberge de l’Ecluse. Un canal traversait paresseusement le village. A la belle saison, comme aujourd’hui, des tables étaient installées dans le jardin, à l’ombre du grand saule pleureur.  Ce cadre bucolique avait plu à Léo. Et vraiment, il ne regrettait pas. Certes, au départ, le patron l’avait regardé un peu de travers car il était seul. Les restaurateurs n’aiment pas les clients seuls. Mais Léo avait toujours inspiré la confiance et quelques compliments bien tournés avaient eu raison de la méfiance du maître des lieux.
Léo Martens avait bien mangé.
Il avait pris un fameux foie gras truffé, cuit au torchon avec du confit d’oignons, sur toast de pain d’épices, accompagné d’un Sauternes 1976. Très bonne cuvée. Ses papilles en avaient été tout émues. Il avait ensuite craqué pour des coquilles Saint-Jacques sur un lit de fondue de poireaux. Un vrai délice. Avec lequel il avait osé boire un Gevrey Chambertin 2003. Cela ne se faisait pas… Il ne fallait pas… mais lui s’en foutait. Il buvait toujours le vin qu’il voulait avec les plats qu’il avait choisis, selon son humeur, et peu importe ce que les autres en pensaient, c’était sa liberté. Il s’accordait une petite cigarette avant le dessert. Il avait choisi une tarte au citron meringuée. Il adorait ce dessert qui lui rappelait à chaque fois son enfance, la douceur de sa mère ; ça le rendait nostalgique…
La tarte était merveilleuse, presque aussi bonne que celle de sa mère. Il était repu. Il s’étira paresseusement. Il allait commander le café et puis il enverrait le message.
C’est le patron lui-même qui lui amena son café. Léo réitéra ses compliments, laissant supposer qu’il connaissait beaucoup de monde et qu’il n’hésiterait pas à recommander cette adresse.
Les deux hommes avaient donc fait irruption dans le restaurant, prenant Léo chacun sous un bras. Le patron tenta bien de s’interposer mais l’un des hommes brandit sa carte de police. Il bredouilla : « mais ce monsieur n’a pas encore réglé son repas ». « Passez au commissariat demain », lui répondit Gros Louis. Bébert et Gros Louis enfournèrent Léo dans une Audi A4 qui pouvait très bien passer pour une voiture banalisée.
La voiture démarra sur les chapeaux de roues. Léo, Gros Louis et Bébert riaient aux éclats, comme trois garnements qui avaient fait une bonne blague. Et c’était bien le cas… Il riaient surtout en pensant à la tête du pauvre aubergiste quand il irait demain au commissariat du coin.
Arrivé chez lui, Léo se dit que c’était vraiment une bonne journée : il avait fait un magnifique repas et avait gagné son pari. Ne lui manquait plus qu’une compagne. Il se sentait seul le soir, il avait vraiment envie de partager sa vie avec une femme, douce comme sa mère…
Mais peut-être était-elle là, dans la rue, alors, il éteignit ses lumières et se mit à regarder par la fenêtre.

Fabienne

images-1 détail

Le crocodile qui a bouffé John !


2/ EXERCICE
:
à partir d’un fait divers basique,  faire un exercice de style en rajoutant un maximum de détails :
« Alors qu’il fêtait son anniversaire, un homme a été dévoré par un crocodile en Australie ».

John avait invité tous ses amis pour fêter ses 25 ans. Il y avait environ une soixantaine de personnes : ses amis surfers et ses camarades d’université. John faisait un Master de droit international. Ses professeurs étaient unanimes pour lui prédire un brillant avenir. Et brillant, John, il l’était déjà. Il avait une belle petite gueule et comme il surfait beaucoup, il était bronzé et musclé, de quoi faire tomber toutes les filles alentour. Mais John avait également beaucoup de charisme. Il était toujours naturellement le chef : chef de sa promo, tout d’abord, chef du club de surfers aussi, capitaine de l’équipe de rugby et enfin, il venait d’être élu le meilleur camarade de l’année. Car, non seulement il était beau, mais en plus, il était gentil, bref, il était parfait !!! Mark n’en pouvait plus. C’était une honte de cumuler autant de qualités. Lui n’était pas beau, pas sportif et surtout, il était méchant. Il n’hésitait pas à pousser les mamies dans la rue pour qu’elles tombent, il tapait les chiens et les filles le détestaient. Alors autant vous dire qu’il s’ennuyait ferme à cet anniversaire. On se serait cru dans la maison de Babie et Ken. Tout était parfait. La maison, au bord de la rivière était magnifique et les parents de John ressemblaient à des acteurs américains.  Avant d’apporter le gâteau et comme il faisait très chaud, John proposa une baignade dans la rivière. Cette proposition fit bien sûr l’unanimité. La mère de John avait préparé des serviettes de bain pour se sécher, l’eau était encore un peu fraîche en cette fin du mois d’août. Les filles avaient bien minaudé un peu, mais comme elles voulaient toutes être près de John, elles n’hésitèrent pas longtemps. Mark, lui, n’avait pas envie de se baigner : il préférait mater. Mater les filles, bien sûr, dans leur mini maillot, mais aussi mater John. Ce mec avait une grâce incroyable, il devait bien le reconnaître… Il paraissait à la fois fragile et sûr de lui, un peu efféminé mais incroyablement viril… Non, se dit Mark, je ne vais pas moi aussi tomber dans le panneau. Il doit bien avoir une faille ce type, un secret honteux, une tare… John s’avança sur l’embarcadère de bois. Toutes les filles lui faisaient une haie d’honneur. Il se mit à courir et fit un plongeon parfait, sous les applaudissements. Alors que les autres allaient se mettre à l’eau, on entendit un cri inhumain. Il y eut comme un flottement, les gens se demandait ce qu’il se passait, surprise ou un accident ? Un autre cri, plus étouffé, presque un gargouillis et une immense tâche rouge dans l’eau ne laissèrent plus de place au doute. Un énorme crocodile passait par là et John qui était très bon en tout, devait apparemment avoir aussi bon goût, pensa Mark. Vraiment, il avait tout pour lui ce mec !

Fabienne


3/ EXERCICE
:
petit dialogue entre sourds.

Dédé et Arlette sont assis sur le banc, dans le jardin de la maison de retraite :
-       Fait frais, ce soir, commença Arlette en frissonnant
-       Tu sais bien, je suis toujours prêt !!!
-       Il serait temps qu’il fasse un peu plus chaud
-       Oui, oui, je suis bien chaud
-       Tu veux bien aller me chercher mon gilet, mon Dédé ?
-       Mais toi, aussi, mon Arlette, tu me fais de l’effet
-       Où peut-être mon châle ?
-       Quoi, notre âge ? M’enfin, on n’est pas si vieux…
-       Oui, tu as raison, je l’ai laissé près du pieu.
-       Qu’est ce que tu es belle, Arlette.
-       Oui, j’ai oublié de sortir la poubelle, mais pourquoi tu m’en parles maintenant ?
-       Toi aussi, tu te souviens du temps où on était amant ?
-       Ça va être l’heure de rentrer, mon Dédé
-       Avec du beurre salé ? Tu crois pas que ça va piquer ? Je me rappelais plus que tu étais aussi coquine
-       Oui, tu as raison, je vais appeler ma copine, on fera un rami.

Fabienne

Lundi 26 août 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:35

Devoir :
écrire un poème en mélangeant les vers de 10 poèmes connus
: Heureux qui comme Ulysse (du Bellay), Ode à Cassandre (Ronsard), Le Cid (Corneille), le Lac (Lamartine), Demain, dès l’aube (Hugo), l’Albatros (Baudelaire), Chanson d’automne (Verlaine), le Dormeur du val (Rimbaud), Le Cancre (Prévert), Liberté (Eluard).

1/ Le Poète est semblable au prince des nuées,
Il dit non avec la tête, mais il dit oui avec le cœur
Et tous les problèmes sont posés
Sur le tableau noir du malheur.

2/ C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées.

3/ Avec des craies de toutes les couleurs
J’écris ton nom
Et tous les problèmes sont posés
Les dates et les noms
Sur le tableau noir du malheur.

Fabienne

Exercice :
exercice commun
: des feuilles tournent, à tour de rôle, chaque participant écrit une question, la cache, puis feuille suivante, une réponse, cachée, elle aussi, et ainsi de suite… ça fait des choses complètement surréalistes !
Quelques extraits :

1/ Pourquoi personne ne m’aime ?
Parce que la terre tourne sur elle-même en 24 heures

2/ Pourquoi faire la guerre si on peut faire l’amour à la mort ?
Parce que, de temps en temps, je mange des enfants roses comme toi.

3/ Y a-t-il un Pilot dans ma trousse ?
Plusieurs hypothèses se profilent : peu, pour lutter contre le froid ou parce qu’ils savent que si je les attrape, je les mange.

4/ Est-ce que tu as peur du noir ?
Il faudrait demander à Juana Maria.

5/ A quoi penses-tu ?
A la même chose que toi, dégoûtant ! (là, ça marche bien !!!)

6/ Qu’est-ce qui t’arrive, Alain ?
Plein de cocktails, de digestifs, en fait, j’avale.

7/ Qu’est-ce que ça te fait d’être célèbre maintenant ?
C’est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

8/ Qu’est-ce que la vie ?
ça dépend si c’est pendant la semaine ou en week-end.

9/ Qu’est-ce qu’un unijambiste ?
Un oxymore obscène.

10/ Qu’est-ce qu’il y a à la ligne ?
La maladie du nain saharien visitant le Mexique.

11/ Est-ce que tu aimes la médecine ayurvédique ?
Arrête tes conneries ! Cherche pas, t’as trop fumé !

12/ Qu’est-ce qui vous empêche de vous arrêter quand je vous le demande ?
Un jour enchanté à l’aube d’une cathédrale.

13/ Qu’est-ce que « le dindon de la farce » ?
La même chose qu’hier et qu’avant-hier.

14/ Qu’est-ce qu’une huître ?
Parce que je n’aime pas tout ce qui est mou et qui rampe.

15/ Qu’est-ce qu’un marsupilami ?
Un savant dosage de choses et d’autres plus inconséquentes les unes que les autres.

16/ Qu’est-ce qui fait la différence ?
C’est celui qui provoque chez l’autre une émotion.

17/ Qu’est-ce que le rouge aux joues ?
ça dépend des jours.

18/ Qu’est ce que le plus beau cadeau pour une femme ?
C’est le lapin vert à Gilles.

19/ Qu’est-ce que ce petit « qu’est-ce que » ?
Je crois que je vais aller en mer, pêcher la morue.

20/ Qu’est-ce qui se passe dans le coeur des esprits amoureux ?
Je lui avais bien dit de ne plus faire d’exercices compliqués à partir de la troisième bouteille !

21/ Qui es-tu ?
Je n’en sais rien du tout.

22/ Pourquoi les chiens aboient-ils ?
Je suis sceptique. Ma tête a tendance  à dire non mais mon coeur à dire oui.

23/ Est-ce que c’est bientôt le week-end ?
Parce que je pense trop quand il y en a plusieurs.

24/ Qu’est-ce que tu feras quand tu seras plus grand ?
Une véritable oeuvre d’art inestimable.

25/ Qu’est-ce qu’un lapin vert agile ?
Je pense que ce n’est qu’un prénom d’emprunt.

26/ Qu’est-ce que tu fais avec tes doigts ?
Les battements d’ailes du papillon, accompagnés de fourmis dans le ventre et parfois, du vague à l’âme.

27/ Qu’est-ce qu’une femme frivole ?
Une franche rigolade, une peau de banane dans ma chaussure.

28/ Qui es-tu ?
Je suis le lapin vert qui mord.

29/ Dix mille questions je me pose, laquelle véritablement je m’impose ?
Je n’en sais rien, encore une fois.

30/ Qu’est-ce qui te fait le plus flipper ?
Un métal extrait en Calédonie.

31/ Qu’est-ce que la jaunisse péruvienne en pleine nuit désertique ?
Si seulement je le savais !

32/ Qu’est-ce qu’un bazooka ?
Je n’en pense que du bien, mais il ne faut pas en abuser.

33/ Qu’est-ce qu’un éléphant rose ?
C’est la question que je me suis toujours posée.

34/ Qu’est ce que le bail oxydien ?
Je pense qu’il s’est drogué à coups de pâtisserie…

 

 

 

 

 

 

 

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