Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

20 août, 2013

Atelier du 19 août 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:12

1/ Exercice : Ecrire sur la photo suivante en ne parlant pas de spiritisme.

Atelier du 19 août 2013 feu_mathias_pascal2-300x186

Tout sauf du spiritisme !

L’incendie s’était déclaré au petit matin dans la nouvelle tour destinée à héberger les sans-papiers. Un réchaud à gaz mal contrôlé, le rideau qui s’enflamme et, très vite, l’appartement se transforme en brasier. Ce sont les voisins qui alertèrent les pompiers. Peu après, ils  arrivèrent sirènes hurlantes. La plupart des habitants s’étaient précipités dans les escaliers se bousculant sans ménagement. Chacun pour soi semblait être la devise. Tandis que les pompiers installaient leur lance à eau, des exclamations fusèrent parmi les voyeurs qui se réjouissaient intérieurement que ce ne soit pas leur immeuble qui flambe. Têtes levées, ils observaient, incrédules, un gamin sur le rebord d’une fenêtre. Il s’apprêtait vraisemblablement à sauter. En quelques secondes, miraculeusement, une couverture se déploya entre les mains des occupants de la tour en feu, sous la fenêtre. Lorsque l’enfant se jeta dans le vide, tout était prêt pour le recevoir sans dommage, sous les yeux ébahis des pompiers.

Monique

Il y avait le concours de « nail art » ce soir au Méridien. Pour bien voir, je m’étais complètement caché dans le lustre. Je devais, en effet, couvrir cet événement majeur dans le journal télévisé du lendemain.

Ce qui m’étonna le plus, c’est que, cette année, des hommes n’avaient pas hésité à concourir avec de nombreuses femmes toujours aussi présentes. Vingt deux mains, soit onze concurrents restaient encore en lice après le troisième tour. Je devais régler mon objectif au maximum afin que les téléspectateurs puissent apprécier le travail d’artiste et de minutie que supposait chaque ongle. Des mondes miniatures, merveilleux et imaginaires se déployaient devant ma caméra éblouie. Sur celui-ci, un orage, en plein soir d’hiver, sur celui-là, une plage de sable fin, plantée de deux cocotiers et bordée d’une mer turquoise, sur cet autre encore, des papillons butinant une minuscule rose… Les hommes quant à eux, avaient peint sur leurs ongles leurs footballeurs préférés, leurs voitures rêvées ou de superbes créatures dont la poitrine avait beaucoup de mal à s’étaler dans un support si petit. J’en étais émerveillé, époustouflé, si enthousiaste que, malgré moi, je me penchais un peu trop… Le lustre n’y résista pas et je me retrouvais sur la table, vingt deux mains sous les fesses…

Fabienne Fabre

2/ Exercice :
Tirez au sort une lettre. Ecrire 5 mots dans lesquels il y aura obligatoirement : 1 adverbe, 1 adjectifs, 1 verbe, 1 nom commençant par la lettre que vous avez tirée. Remettre dans le chapeau et tirez au sort ces 5 mots pour en faire un texte.

Le père d’Emile Dauphin avait combattu dans les Dardanelles. Il avait raconté à son fils tellement d’histoires extraordinaires de ce temps-là que ce dernier les avait dûment répertoriées dans dix fascicules que l’on pouvait désormais trouver en mode « digital ».
Emile Dauphin était fier de son travail. Il avait scrupuleusement noté chaque anecdote. Il est bien vrai que, quelquefois, se laissant porter par le lyrisme de la situation, il avait eu tendance à rajouter quelque fait d’armes glorieux, quelque action courageuse ou inattendue, bref, quelques petits rajouts qui donnaient du piment au récit, que personne ne songerait à lui reprocher et dont il n’aurait, il en était sûr, enfin, croyait-il n’avoir jamais à se disculper. Jusqu’au jour, ou plutôt une nuit, le fantôme d’Emile vint lui tirer les pieds et lui demander des comptes…

Devoir :
2 mots extraordinaires  EPITOGE et CENOTE à mettre dans un texte avec des mots obligatoires :
dodeliner,  charme, nausée et imprimer.

toge_epitoge_200pix cénoteimages1 épitoge

 

 

 

 

 

 

J’ai aimé Frédéric. Il avait le charme irrésistible de ces hommes beaux qui semblent ne pas le savoir. Aucune affectation chez lui, aucun orgueil, aucune pose, il était lui, simplement, naturellement. Et avec ça une gentillesse rare chez les hommes dont la prestance, l’élégance, l’intelligence séduisaient toutes les femmes, en pâmoison devant lui. Il ne les voyait pas, il ne voyait que moi et me  témoignait son amour de mille façons adorables. Je le lui rendais bien : nous formions un couple parfait. Pas de serments entre nous, pas d’engagement officiel, pas de bague, pas de mariage, pas de vie commune. Cela nous convenait. On peut dire que nous étions  heureux.
Enfin, pas tout à fait…
Car il y avait un détail qui me chiffonnait, et vous savez maintenant combien je puis sortir de ma légendaire sérénité lorsque je suis un tantinet contrariée…
Frédéric avait une manie : il émaillait en permanence sa conversation de mots rares, inusités, voire carrément oubliés, quand ils n’étaient pas purement inventés ! A table, il réclamait l’acétabulle pour ajouter quelques gouttes de vinaigre à sa salade, il maniait la chantepleure pour arroser ses géraniums, il partait en valdrague quand il avait peur de rater son train et il fulmigait du kyphi contre les odeurs de renfermé dans sa maison de campagne…C’est vous dire combien il était épuisant parfois de converser avec lui !
⁃    J’ai rencontré Séraphine samedi dernier, tu vois qui est Séraphine ?
⁃    Oui…et ?
⁃    Elle portait une de ces épitoges qui lui allait à merveille.
⁃    Ah ?
Je ne savais évidemment pas ce qu’était une épitoge, j’imaginais un de ces vêtements amples enroulé artistiquement autour de son corps magnifique à moins que ce ne soit un chapeau extravagant, un manteau dont la traine en plumes de paon balayait le sol ?
⁃    Tu vois le tableau ?
⁃    Parfaitement, dis-je d’un ton glacial, je le vois parfaitement.
⁃    Evidemment, il faut être grande, svelte, brune, hiératique, mystérieuse, pour que l’effet soit saisissant : une statue, une déesse grecque, un marbre, voilà Séraphine …
Tout le contraire de moi, qui suis plutôt petite, blonde, menue certes, mais si vive, rieuse, agitée, que jamais, jamais on n’a pu me comparer à une statue, une déesse,  un marbre.
Ce panégyrique commençait à m’échauffer la bile, mais Frédéric ne s’en apercevait pas…
Nous étions dans son appartement, surchargé d’objets inutiles et bizarres, rapportés de ses nombreux voyages et de ses séjours dans des pays tous plus exotiques les uns que les autres. Les vitrines en étaient pleines, les murs couverts de tableaux, les sols de tapis de soie, les bibliothèques remplies de livres reliés de cuir rehaussé d’or fin, tout cela respirait le luxe et l’abondance, mais sans ostentation. Les pièces reflétaient simplement l’esprit de leur propriétaire : brillant, cultivé, curieux et collectionneur.
Il entreprit de me montrer certains objets rares qu’il affectionnait : un choker en cuir et turquoises (là où je ne voyais qu’une ceinture), un bola indonésien, (une boule décorée, me dis-je) de la cérusite égyptienne (du blanc à chaussure, on aurait dit) etc. J’avais beau savoir qu’il n’y avait chez lui que le plaisir de nommer les choses et de me le faire partager, je commençais à bouillir intérieurement. Ce besoin de me faire crouler sous les mots savants m’exaspérait de plus en plus.
⁃    Et si nous allions faire une promenade au parc avant de déjeuner à la brasserie San Marco ? Il fait un soleil d’été ce matin, dis-je pour  abréger cette conversation qui m’ennuyait.
⁃    Attends un peu, il faut absolument que tu voies ce cénote. Rare et précieux, il me vient directement d’un chef apache que j’ai bien connu.
⁃   …
Il me montrait une sorte de stylet très long et effilé, en argent, ciselé de figures bizarres, d’arabesques contournées. Je le pris en main.
⁃    Fais très attention, c’est aussi dangereux qu’un rasoir !
Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai voulu essayer, sans doute par curiosité ou alors par énervement… Je le lui ai planté juste sous les côtes, en plein milieu, dans une grosse veine sûrement, car le sang rouge a bouillonné (j’ai pensé aussitôt au Lady Knox, ce geyser que j’avais vu glouglouter en Nouvelle Zélande, avant qu’il ne s’élance vers le ciel, c’est vous dire mon détachement en cet instant dramatique…), Frédéric a dodeliné de la tête et s’est écroulé sur un tapis d’orient  rose et bleu pastel. J’ai vaguement pensé qu’il serait fichu maintenant, dommage…Tout ce sang me donnait la nausée
La scène s’imprima sur ma rétine, je sus que je ne l’oublierai jamais.
J’essuyai soigneusement le manche du fameux cénote et appelai la police : je venais de trouver mon amant baignant dans son sang, j’étais bouleversée, c’était bien compréhensible, n’est-ce pas ?
Je ne fus pas du tout suspectée, je l’aimais tant ! Tous nos amis en témoignèrent : pas un nuage entre nous, pas une dispute dont ils auraient été les témoins.
J’étais si sensible, si malheureuse, qu’on me fournit un soutien psychologique en la personne d’un homme plein de compassion et d’esprit, qui me plut aussitôt, mais chut, ceci est une autre histoire…

Huguette

Maintenant que Dimitri, l’agent de charme et de choc, avait été liquidé, il allait falloir tout reprendre depuis le début. De lui, il ne restait presque rien, si ce n’est ce petit carnet de cuir imprimé à son chiffre que le Bureau avait eu la chance de retrouver sur son cadavre, bien planqué dans le faux talon de sa chaussure. Basique, mais efficace. Dimitri était de la vieille école. Jones dodelina de la tête et se mit à feuilleter ces notes (cénote) quand une phrase sibylline retint son attention :
« L’épitoge ne doit pas être retirée avant la fin du procès du tueur fou ».
Qui était ce tueur ? Le procès avait il déjà eu lieu ? Cela avait il un lien avec le fait qu’on ait retrouvé le corps de Dimitri sur les marches du tribunal ? Et surtout, qu’est-ce une épitoge ?
Jones se gratta la tête, tant de questions et pas le plus petit début de réponse. Il en avait la nausée…

6 août, 2013

Atelier du 5 août 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:22

DEVOIR : Inventez des proverbes
Ex : chacun voit midi à quatorze heures !

- Pluie du matin réjouit les marchands d’pépins…
- Les bons comtes font les bons marquis.
Tôntine, en direct de Bretagne

 

- Quand Arnaud passe, la morosité trépasse !
Monique Vasapolli

 

- Aide toi et n’attend rien des autres
- Possible n’est pas François (Hollande !)
- Dans les vieux pots, on fait de bonnes soupes, avec les jeunes peaux on va au restaurant
- Tourner la page c’est bien , changer de livre c’est mieux
- Manger du chocolat c’est bien, si c’est du Lindt, c’est mieux
- Un laideron habillé de soie, reste toujours un laideron
- Mettez tous les oeufs dans le même panier et surveiller le panier
- Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant d’en connaître le prix !
- Pierre qui roule est plein de bosses
- Boire ou choisir, il faut conduire
- Qui sème la pluie récolte des larmes
- Qui vole un neuf, jette un huit
- Au royaume des aveugles, les borgnes sont mal vus
- Abondance de bien nuit, abondance de rien aussi.
Françoise Ravelli

- En joint, fume ce qu’il te plait
- Vieux motard que j’aimais
- Tant va la blonde à l’eau qu’à la fin, elle se mouille
- Un thym vaut mieux que deux épicéas
- Quand le tchador, les femmes sourient pas !!!
- Tout coiffeur vit aux dépens de celui qui les coupe (les cheveux !)
- Après la pluie, l’herbe est mouillée
- Les mûres ont des framboises
- Un homme averti en vaudou
- La nuit porte cochère
- Je pousse, donc j’essuie
Fabienne

 

2/ EXERCICE : Continuez le texte
Dans la boutique du Docteur Héraclius, on peut trouver une quantité d’objets bizarres, insolites et même très rares. Cependant, sa spécialité c’est

Atelier du 5 août 2013 potions800ul5-300x225

Dans la boutique du Docteur Héraclius, on peut trouver une quantité d’objets bizarres, insolites et même très rares. Cependant, sa spécialité c’est le filtre d’amour. Il en a pour toutes les occasions et pour tout le monde car le Docteur Héraclius est un féru d’amour. Il voudrait que le monde entier s’aime, il a horreur de la haine, de la violence et trouve que l’amour est ce qu’il y a de plus beau chez l’homme. Alors, il fabrique des filtres, tous différents selon les destinataires. Sa plus grande réussite est le filtre Moyen-Orient : pour que tous les arabes adorent tous les juifs. Malheureusement, son brevet n’a pas encore été déposé, mais il espère bien que ça ne saurait tarder…
C’est bien sûr grâce à lui que de grandes personnalités comme Marylin Monroe et Kennedy, Rainier et Grace Kelly, Maria Callas et Onassis se sont rencontrés et aimés. Mais  ce n’est nullement sa faute si certaines histoires ont mal finies, il n’en est pas responsable : les intéressés ont aussitôt cessé de boire la potion magique sitôt l’élu de leur cœur trouvé. Tout le monde sait pourtant bien que l’amour s’entretient et que rien n’est jamais acquis. Pour que leur amour devienne éternel, ils devaient en prendre un verre chaque semaine. Il l’a d’ailleurs bien recommandé à William et Kate.

Il se souvient que le filtre d’amour pour Maria Callas lui avait donné beaucoup de mal. Il avait dû y incorporer un chant de rouge-gorge, le souffle chaud de l’océan un soir d’été et de la poussière de diamant, ainsi que d’autres ingrédients tout aussi étranges et secrets…

Comme aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Arnaud, le docteur Héraclius lui a concocté un filtre pour qu’enfin il trouve celle qui fera battre son cœur. Il a mélangé beaucoup d’humour, une pointe de romantisme (ça peut toujours servir) et du champagne. Et donc, Arnaud, il ne faudrait cependant pas que tu tardes trop à aller le voir car tous ses breuvages ont une durée limitée dans le temps. Alors dépêche-toi. Si tu ne connais pas son adresse, je te l’envoie par mail.

Fabienne

2 août, 2013

Atelier du 29 juillet 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 8:40

1/ HISTOIRES EN CHAINE :
Chacun des participants commence à écrire une histoire d’une ou deux phrases et fait passer sa feuille à son voisin de droite qui continue l’histoire. Une fois que la feuille revient à son premier auteur, celui-ci doit terminer l’histoire. Comme il y avait 14 participants ce jour-là, ça fait 14 histoires… complètement déjantées !!!

1/ Je me levai d’un bond et fixai l’énergumène devant moi : hirsute, les cheveux collés sur les joues, on aurait dit un phoque surgi de la banquise en déliquescence. Je n’étais pas au pôle nord, mais sur les bords du Pacifique, donc, ce n’était pas un phoque. Un plongeur à la recherche de coquillages interdits ? Sûrement. Mais, en ce cas, je devais me méfier. Peureux, je préférai me réfugier dans une grotte, sous la falaise. Sous la mer, je savais d’autres grottes, d’autres cathédrales de pierre et de corail. Dans les herbages, un placide dugong se nourrissait, quand soudain, j’aperçus un bébé mordillant sa mère, joueur.
Elle se laissait faire, placide, aimante, comme toutes les mères, lui chatouillant les nageoires. Etait-elle en danger, elle et son bébé ? Que venait faire ce plongeur aux allures de phoques ? Et, comme tous les phoques, il avait dressé sa voile qui écoeura la mère dugong. Elle vomit un hachis d’épinards salé, une belle galette bien verte et luisante, ce qui la fit fuir… mais pas le pêcheur… qui, lui, raffolait ce genre de choses.
Il s’appelait Diego Dugongus, le pachyderme marin roi. Il ne mangeait pas comme les hommes, mais bien comme les phoques. Il était d’ailleurs accompagné de deux jolis bébés phoques. Deux mignons petits êtres qui auraient fait le bonheur de Brigitte Bardot.
Raoul referma le livre d’un geste rageur.
« Comment peut-on écrire des histoires aussi stupides ? »  Dit-il en s’adressant à sa voisine de compartiment. Dix secondes plus tard, le TGV se mettait à tanguer. De nouvelles aventures, pleines de bruit et de fureur, des vraies, se mettaient en action.
Heureusement que « Euh Dugong » n’est pas une insulte ! Je me rassis sur la banquette, alors que j’abandonnai mon pain à la corbeille vorace et me rendormis, rassasié et heureux, heureux surtout que toutes ces aventures abracadabrantes n’eussent été (comme le bébé dugong), que les fruits de mon imagination.

 

2/ Il était une fois un ornithorynque marchand de tapis. Un jour, l’ascenseur du cocotier sur lequel il habitait tomba en panne. En tombant de l’échelle de secours, il se cassa la cheville. C’était pour lui une catastrophe. Resterait-il au pied de son refuge, seul, à se morfondre dans les hautes herbes ?
Soudain, une coquette ornithorynque apparut à ses côtés. C’était celle-là même qui avait essayé de lui acheter un beau tapis persan à un prix ridicule. Elle proposa de l’aider en échange de quelques menus services.
En effet, elle avait fait, un soir de fête, la connaissance d’un castor qui trouvait qu’elle avait une drôle de tête. Tout de go, elle avait compris que sa gueule ne lui revenait pas, mais, malgré tout, elle était tombée éperdument amoureuse de ce type qui s’était fait une sacrée réputation. Elle en était littéralement dingue. Il pouvait lui demander n’importe quoi : voyager sur son tapis persan, l’amener au bout du monde… Jusqu’au jour où les franges du tapis accrochèrent le coq du clocher de l’église. Le tapis se mis à tourner comme une girouette. Ornithorynque et castor se retrouvèrent cul par dessus tête et allèrent s’empaler sur la croix en bronze, posée sur l’autel.
Le curé surgit, furieux : « Vous… vous insultez la maison du… du Seigneur ! », s’écria-t-il. Il bafouillait légèrement car il venait de boire deux litres de vin de messe. Il avait, en fait, testé plusieurs vins de messe : du rouge, du rosé, du blanc. Peu importait car personne ne voyait, dans le calice, la couleur de cette boisson religieuse. Du coup, il aurait bien voulu se mêler à leurs ébats car, bien qu’ayant fait vœu de chasteté, il ne rechignait pas, à l’occasion, à séduire quelques belles paroissiennes.
« C’est un miracle que vous soyez encore en vie ! » cria le curé aux deux bestioles toutes sanguinolentes (comme les suppositoires de Georges).
« J’en ai vraiment marre que Dieu fasse des miracles, se mit il à grommeler. Mais qu’est-ce que je vais faire de vous deux ? »
Il implora le ciel, se recueillit longuement et, rassemblant ce qui pouvait encore servir, en fit un « castornithorynque » qu’il s’empressa de dépouiller pour s’en faire un manteau. Depuis ce jour, on nomme un « porte-manteau » un curé saoul et bafouilleur, alors qu’un homme d’église sobre et beau parleur, on le nomme plutôt autrement, et non pas Pluto tout court, comme le chien de Mickey. Mais je pense que vous aviez compris.
Tout ceci n’est que billevesées et élucubrations d’esprits  tordus… Il faut bien s’occuper !
En résumé, la coquette ornithorynque demanda donc à l’ornithorynque d’empoisonner le vin messe, en échange de ses soins. Tout heureux, ce dernier accepta et, en prime, lui offrit même un magnifique tapis persan.

3/ Il faisait très froid en ce début du mois de décembre. Pourtant, la jeune fille qui marchait d’un pas rapide sur la route était légèrement vêtue. Que pouvait elle bien faire toute seule sur cette route ?
Leïla s’était perdue. Elle était arrivée à un croisement, puis avait fait demi-tour, puis était revenue au point de départ. Elle s’était endormie, désespérée, exténuée. En se réveillant, elle se sentait toute légère, telle un fantôme.
La tempête donnait de son souffle, faisant vaciller les ombres. Les arbres courbaient l’échine sous l’assaut des vents. La peur s’empara d’elle lorsqu’elle aperçut, au loin, la silhouette d’un cavalier noir sur sa blanche monture. Elle allait bientôt apprendre la voie magique de la surprise…
L’homme, courtois, l’invita à chevaucher son coursier qui soufflait après avoir parcouru des centaines de lieues à la recherche d’une jeune fille destinée à son maître. Il la serra très fortement contre lui. Certes, elle était un peu maigrichonne, ne put il s’empêcher de penser, mais son maître, jamais à bout de ressources, saurait bien lui donner, à la longue des formes appétissantes.
La maigreur de la jeune fille ne reflétait pourtant pas son appétit. Elle dévorait tout ce que le maître du cavalier noir lui présentait. Viandes, fruits, légumes, rien ne la rassasiait. Son appétit allait même grandissant. A tel point qu’un jour, elle tenta de se lever, mais retomba immédiatement sur son lit. Elle avait mangé toute la nuit et était, maintenant, à peine capable de bouger. Etait elle devenue grosse ? La Mère Dodue, commençait on à l’appeler. Le roi, ne pouvant plus la soulever, décida d’envoyer son cavalier noir à la recherche d’une nouvelle vierge effarouchée, mais, cette fois-ci, il décida  d’en prendre une grosse. Il la mit au régime pendant des semaines, jusqu’à ce qu’elle devînt une très jolie jeune fille à la silhouette splendide. Ce que le roi ignorait, c’est que sa nouvelle « recrue » était ceinture noire de judo. En deux prises bien étudiées, elle l’expédia au tapis, l’assommant d’un coup de poing bien placé, et se mit consciencieusement à la recherche d’un couteau aiguisé, de sparadrap et de liens solides.
Quel contraste avec la précédente jeune fille qui, quand elle tombait du lit, tombait des deux côtés !!! Celle-ci, tombait comme une feuille d’automne qui tourbillonne. Et elle fut emportée par un courant d’air lorsque le roi ouvrit la porte…

4/ Lorsque son regard se posa sur moi, des milliers d’étoiles chantèrent dans mon ventre. Il souriait. Ses lèvres pulpeuses, bien ourlées, me rappelaient des souvenirs que j’avais oubliés.
N’y tenant plus, je me mis à expulser des myriades de flatulences… Rougissante et honteuse, je levais les yeux vers lui. Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, son nez aussi se mit à expulser des étoiles. C’était sans doute la voûte. Heureusement, il était sourd et myope comme une taupe. Il n’entendit donc pas mes vents.
Je profitai de sa surdité pour m’exercer à ma nouvelle passion : le chant. Oui, chanter, mais des chansons paillardes : En revenant de Nantes, Un jour la p’tite Huguette… en prenant des airs langoureux. Il était aux anges !
Mais attention, la « P’tite Huguette » en avait tué plus d’un… Le pauvre bougre ne faisait pas le poids !

Tout ça pour ça !!! ça coûte combien la séance d’écriture à la MLNC ???  – 1.000 F SEULEMENT !!! Toutefois, Georges se demandait s’il avait bien fait de s’inscrire (et ses camarades de cours aussi…), sachant que ce soir-là, il y avait un invité Alsacien…

Bien sûr, avec l’avantage avec l’Alsacienne, c’est que ses biscuits reviennent toujours en plus… pas comme l’Arlésienne, qui se fait toujours désirer ! En même temps, Désiré, ça le gêne pas, cette moto à lui (l’Harley sienne !)
Et lorsque toutes les étoiles furent envolées, elle se coucha sur le flanc  (l’Alsacienne fait aussi de bons flans !), et se dit enfin : « depuis que j’attends un moment pareil, il a fini par arriver, mais je ne pensais pas que ça faisait si mal que ça des étoiles dans le ventre… si mal… et tant de bien aussi ! ». Je continuais à le regarder en souriant.
Les étoiles se réchauffèrent. J’attrapai son ventre en me pliant en deux. Puis, les étoiles s’envolèrent, telles des papillons et, en tant que personne très chatouilleuse, j’explosai de rire. Un rire sardonique et sonore.
Chers lecteurs, retenez bien l’incroyable morale de cette histoire : les étoiles se déforment au gré des poètes.

 

5/ Il sortit précipitamment, emballé par la musique de l’orchestre. Tous jouaient à la perfection : orchestre sublime qui souleva son âme, lui donnant des allures de roi.
Elle les avait engagés pour le seul homme qui avait su la faire jouir.
Eric Satie. Les Gymnopédies. La première fois qu’elle avait entendu ce morceau, c’était en Allemagne, en Bavière exactement… Là aussi, il avait su toucher une partie de son être qui ne l’avait jamais été auparavant : son pied ! Oui ! C’est ça, elle prenait son pied ! Le gauche, bien sûr. Prendre son pied sur du Satie, quelle idée, se dit elle ! Mais son état empira la fois suivante, lorsqu’elle jouit sur l’air du « Petit bonhomme en mousse ».
Elle décida de retourner vers l’orchestre qui jouait toujours. Mais subitement, l’homme devint sourd. L’orchestre grimpa dans les sons et le rythme, mais lui ne comprenait plus rien…
Il se demanda tout à coup ce qu’il faisait avec cette nympho qui ne le lâchait plus… Il fallait absolument qu’il s’échappe de cette galère. Il se précipita en direction de la Maison Célières. Par chance, c’était lundi soir. Il y avait de la lumière, les élèves de Fabienne étaient là. Il était sauvé !
Tous les médecins des mots ici réunis allaient pouvoir traiter ses maux.
Mais souvent, les mots filent et on se fait du mauvais sang. A moi, Raspoutine ! Cria t il, et, tenant son sabre à deux mains, il dégaina et fit feu. Ce qui se passa ensuite fut surprenant : il décapita Fabienne (la pauvre ! Déjà qu’elle n’avait plus qu’un pied !) et, avec son pistolet, il abattit les élèves. La musique avait toujours eu des effets dévastateurs sur lui… Mais il ne pensait tout de même pas que c’était à ce point-là ! Mon Dieu ! Qu’avait il fait ?
Il se réveilla en sursaut. Zahia, étonnée par l’odeur de la peur, se mit à lui lécher le visage. Il respira de nouveau. Tout cela n’était donc qu’un rêve !
Et pourtant, le lundi suivant, lorsqu’il se rendit à la Maison du Livre, un petit gnome à barbiche vint à sa rencontre. Il tenait sur son épaule, en bandoulière, un petit piano à bretelles. On aurait cru Eric Satie en personne ! Au premier son, il sut que, sous les sublimes accords, son être visiterait des espaces aux ivresses infinies. Un plaisir immense inondait son âme. Il se rappela la douceur exquise de son premier amour. Et cette musique lui éveilla les sens de brûlante manière. C’était cela sans doute, le mystère de la musique, le mystère de ses rêves et de ses émerveillements.

6/ Alain a eu, au cours préparatoire, une maîtresse d’école perverse et polymorphe… Cette rencontre fut déterminante et lui donna le goût des lettres et le dégout de l’être. C’est pour cela que, depuis, il vit en ermite au milieu d’une forêt de chênes verts, fuyant la société.
C’est vrai, qu’y a t il de mieux que de discuter avec les plantes, leur parler de poésie et entendre les arbres répondre de leur chant mélodieux ?
Rien ! C’était là sa vie, ses exaltations résonnaient à  l’écho des phrases et des maux. Aucune passion ne pouvait le distraire de sa passion botanique. C’était là sa vie, sa respiration, en somme.
Un jour, un elfe vint se poser sur le bout de son stylo quatre couleurs et lui parla en toute franchise :
« J’ai préparé un long voyage exotique pour toi, une merveilleuse expérience au-delà de ton jardin. Il suffit que tu écrives ».
Ecrire ? Cela faisait bien longtemps qu’il avait oublié comment on s’y prenait. Il commença donc et son stylo emplumé traça les premiers mots. Il ne réfléchit même pas, sa main allant toute seule sur le papier. Il était excité, curieux et même inquiet lorsqu’il lut la phrase qu’il avait écrite :

LE JARS DANS LE JARDIN JETAIT AVEV DEDAIN LA JOIE DU DAIM.

Incompréhensible ! Il relut la phrase, à voix haute, cette fois-ci et toutes ses plantes chérie, ses chênes verts adorés, se mirent à rire dans un bruissant éclat de feuilles.
Il relut et relut la phrase. Il comprit enfin pourquoi tous ses amis végétaux raient et se suicida sur le champ.
Mais si son corps fut dévoré avec plaisir par les vers de terre et autres insectes nécrophages, son âme ne fut pas acceptée au paradis. Il hanta donc sa forêt, à la recherche de la maîtresse d’école du préparatoire. Il en trouva tout de même une autre, belle et douce qui modifia sa nouvelle vie.
Un seul petit problème : elle ne parlait pas le français. Elle vivait en Roumanie et était venue passer trois semaines de vacances en France. Dans ce contexte troublé, il commit ce quatrain :

Perverse et polymorphe,
Telle est fatalement ma vie
A l’image de  mes poésie,
Du début à la dernière strophe.

7/ Dans la forêt tranquille, deux cavaliers papotent et parlent de la pluie et du beau temps, bien à l’abri sous leur bombe. Ils échangent des poésies qu’ils composent au fond de leurs écuries respectives et autour des juments qu’ils saillent quand l’inspiration vient à manquer. Cependant, de temps à autre, ils ne dédaignent pas une jument à deux pattes, bien humaine…
La dernière conquête de Jean-Paul-Marc-Antoine s’appelle Marie-Gertrude, et baltason, le cavalier exquis, en sait long sur ses chevaux.
Un jour, le cheval de Marie-Gertrude, qui était aussi en colère que sa maîtresse, rua un violent coup d’arrière-train contre le coureur de jupons Jean-Paul-Marc-Antoine, lui touchant directement les parties nobles. Ce dernier poussa un tel hurlement que la forêt en tressaillit d’effroi. Il dut se résoudre à constater les dégâts : plus jamais il ne pourrait s’adonner à son plaisir favori… MONTER.
Toutefois, comme c’était un homme très positif, il ne s’attela désormais plus qu’à une seule tâche : DESCENDRE.
Et ce fut le début de la descente aux enfers. Il descendit si profondément qu’il se noya dans l’humidité du fleuve et de ses effluves malodorants. Cette aventure rocambolesque ne lui  permit jamais de se remettre en selle.
Il vendit donc son cheval à des bouchers charcutiers du sud de la France. Ceux-ci contactèrent des fabricants de lasagnes, leur demandant s’ils étaient intéressés. C’est ainsi que débuta le scandale de la viande de cheval dans les surgelés de viande de bœuf. Hélas ! Le pire était à venir : en colère, Marie-Gertrude cherchait depuis des années son compagnon équestre quand, un jour, elle crut le reconnaître au coin d’une rue. Il ressemblait à un SDF et n’était plus que l’ombre du fier cavalier qu’elle avait autrefois connu. Mais l’amour est plus fort que tout. Qui se ressemble s’assemble, renchérit un autre proverbe… Et tout est bien qui finit bien, acheva le dernier dicton !

8/ La maîtresse d’école, Mademoiselle Sophie venait de franchir le seuil de la porte. Elle portait un petit tailleur rouge classieux qui mettait en valeur ses formes. Elle avait décidé que, ce jour-là, sa vie allait changer.
Elle se tailla un short et, en effet, sa vie changea. Le tailleur qui vint à sa rencontre lui dit :
« Mademoiselle, je vais vous aider à changer de look, il faut moderniser votre style ».
« Il est déjà moderne, mais je voudrais le rendre, comment dire… précurseur ! Je veux que vous me tailliez un short comme ceux qui seront portés dans dix ans ! ».
« Mais dans dix ans, il n’y aura sûrement plus de shorts ! »
« Alors… ».
Elle prit les ciseaux, tailladant l’étoffe en charpie. Seule, la ceinture remplissait encore sa fonction. Dans ce short-lambeaux, la peau de ses cuisses brillait d’éclats érotiques. Plus haut, on devinait un monde original, déjà presque offert aux yeux de tous.
Elle osa se promener ainsi sur la place du village où elle fit une malencontreuse rencontre : le Père Valentin, prêtre du village, qui se mit à crier au ciel.
Jamais il ne l’avait vue ainsi. Il l’avait connue à confesse et il est vrai qu’elle promettait. Ses formes charnues, si charnelles poussait le prêtre à lui faire avouer les choses les plus inavouables pour la retenir dans le confessionnal pendant qu’il se paluchait…
Franchement, elle était assez fière d’avoir comme première conquête, même virtuelle, un prêtre. Du coup, elle sentit que plus rien ne l’arrêterait et qu’elle allait ENFIN vivre sa vie de femme !
Elle prit des ciseaux et découpa à son tour la robe noire du prêtre, laissant apparaître deux petites béquilles toutes laides et velues, si bien qu’elle décida d’user de ses ciseaux plus haut, pour voir ce qu’elle y trouverait…
Elle tailla tant et si bien qu’elle lui coupa les couilles ! Le prêtre, émasculé, se mit à crier et eut du mal à reconnaître sa voix. Il passa de basse à castrat, en à peine une seconde. Sophie, quant à elle, décida de garder discrètement les orphelines pècheresses.
C’est ainsi que, grâce à un petit tailleur rouge, toute la vie du village fut transformée en un ballet érotique dont seul, le curé fut exclus…

9/ Il était au fond du lit à se cacher. L’enfant avait peur du monde, de la nuit. Ce soir-là, tous dormaient dans la maison. Soudain, l’escalier se mit à grincer. L’enfant commença à trembler et des larmes ruisselèrent sur son visage. Et si c’était la méchante sorcière du lac qui venait le chercher ?
Sophie décida de changer de programme. « C’est trop nul, ce film ! Toujours les mêmes histoires à dormir debout », soupira t elle en attrapant la télécommande. Elle enfila sa guêpière et décida de se consoler à grands coups de télécommande. Hélas ! Les piles tombèrent de leur habitacle et elle se surprit à s’en réjouir. C’était un signe : elle regardait trop la télé. Il lui fallait changer de vie et mieux choisir ses loisirs.
Sophie se leva pour éteindre la télé. Plus de bruit, plus de lumière. Elle tâtonna à la recherche de l’interrupteur, sans résultat. Elle se cogna le genou contre son lit, se déshabilla et s’allongea dans le noir. Elle était au fond du lit, à se cacher. Elle avait peur du noir, de la nuit. Elle était seule dans la maison. L’escalier grinça.
C’était lui ! Cette visite inattendue, elle l’avait espérée depuis si longtemps… Son corps se cambra. Déjà, il frémissait sous la caresse de ses espérances.
Elle dormait d’un sommeil profond et, dans son rêve, devenait la femme qu’elle avait toujours rêvé d’être. Elle attendait patiemment l’homme de sa vie et, soudain, il arriva dans la dernière Porsche, le cheveu court gominé et le sourire ravageur. Sophie sortait d’une piscine en forme d’étoile, entourée de palmiers, dans un quartier chic, le plus tape-à-l’œil de Las Vegas. Elle était nue et laissa le regard de l’homme s’attarder sur sa peau bronzée, perlée de gouttes d’eau : le cou, les seins, la taille et plus bas…
Vision d’horreur : le gros minet pleurait sur ses pieds de bique. Une fois encore, elle avait abusé de la marijuana. « Si on pouvait parler de gueule de bois pour le cannabis, la sienne serait en chêne massif », se dit elle. Elle se jura alors de ne plus y toucher. Whisky, Caïpirinha, Téquila, Cognac, Pisco Sour, vodka et vins seraient désormais ses seuls compagnons.
Toutes ces horreurs étaient, hélas, subies par son fils. Depuis son divorce avec Philippe, elle n’arrivait plus à gérer son enfant. Si son ex le savait, il l’attaquerait en justice pour en avoir la garde.

Moralité : quoi que tu fasses en tant que parent, c’est toujours les enfants qui trinquent !

10/ Un jour, j’ai décidé de changer complètement ma vie, alors je suis allée à l’atelier d’écriture de la Maison du Livre. Et là, ma surprise fut totale : ce monde éclectique s’appréciait, même si certains pouvaient choquer par leurs écrits.
Les rires fusaient de toutes parts, personne ne se prenait au sérieux. Le vin, qui coulait à flots, rendait les écrivains amateurs prolixes.
« Ne te fais pas d’illusion », ricana ma petite voix intérieure. On ne change pas de vie comme ça, ce serait trop facile ! ».
Je joignis le geste à la parole en débouchant un magnum de Château Lafitte et en me taillant une large tartine de pain de campagne que je venais de voler au Paradis Gourmand. Je fus soudain pris d’un énorme fou-rire : voler du pain pour écrire, il n’y a qu’en Nouvelle-Calédonie qu’on peut voir ça. Quel pays étrange…
La semaine précédente, j’avais volé une tablette de Toblerone, mais on avait cassé la vitre de ma voiture pour me la reprendre. C’est pourquoi cette fois-ci, je fus un peu moins ambitieux. Pourtant, il faisait chaud et je devins de plus en plus entreprenant. Le vin coule à flots dans les veines des commensaux : du rouge, du blanc… Mais on n’est pas des poivrots !
Soudain, quelqu’un proposa du bleu. Un patriote, sans nul doute. Du bleu ? Du gris, à la rigueur, que l’on prend entre ses doigts et que l’on enroule, mais du bleu… Du noble ou du sang de Schtroumpfs ? A voir…
Du bleu cerise alors, entre rouge et bleu et noir, comme le jus qui dégouline entre nos doigts quand on presse la chose.
Et c’est comme ça que l’on a commencé à fouler le raisin au pied, debout sur les tables de la Maison du Livre. Ah ! Ils sont beaux les gratte-papier amateurs ! Il y en a même un qui s’est amusé à pousser une table et à casser deux bouteilles de vin… Un litre et demi de rouge répandu sur le sol, avec toutes les vapeurs alcoolisées que cela suppose. Plusieurs d’entre eux sont alors tombés violemment et l’on compta plus d’un sacrum saccagé ! Il va sans dire que de nombreux suppositoires furent nécessaires pour guérir tout ce monde…

11/ Le robinet gouttait depuis des jours. Un plic-ploc entêtant qui ne s’arrêtait jamais et agaçait Julie au plus haut point. Elle décida donc d’appeler un plombier. Elle quitta la pièce en courant, glissa sur un suppositoire et trouva enfin le bottin.
Déboussolée, elle chercha le numéro d’un médecin dans l’annuaire, le trouva et appela :
« Allo, Docteur, je viens de glisser sur un suppositoire. Un suppositoire sanguinolent ».
Le médecin, tout surpris, se demanda qui était cette femme. Toutefois, il décida de se rendre chez elle. En cours de route, il changea d’avis. Il commençait à en avoir assez des femmes mystérieuses, en particulier celles en mal d’homme. Non ! C’était décidé, il ne tomberait plus dans ce piège.
Il s’arrêta au Piano Bar où il entendit Juana Maria qui récitait du Garcia Lorca, en espagnol dans le texte. Subjugué par tant de grâce, il lui dit :
« Quelle bouffée d’air frais, ma chère. Enfin une femme belle et de bon goût ! Je ne croyais plus pouvoir en rencontrer. En fait, je me demandais même si ça pouvait exister. Je crois que vous allez changer ma vie ! ».
Il décida alors de s’attarder au Piano Bar et tant pis pour la folle au suppositoire.
Pendant ce temps, Julie impatiente, en avait marre d’attendre ce médecin qui n’arrivait pas. Alors, elle alla voir son amie Juana Maria qui récitait au Piano Bar. Sur le chemin, elle fonça dans un lampadaire.
Pendant ce temps, alors que le médecin s’apprêtait à parler à l’artiste, il reçut un appel d’urgence :
« Allo ? C’est pour quoi ? Où suis-je ? ».
« C’est moi qui vous le demande, c’est pour quoi ? Qui est au bout du fil ? ».
« M’auriez-vous oublié, Docteur ? Aggggrrrr, mais… vous êtes juste là, devant moi, alors que je vous ai sollicité pour une urgence ! Vous avez préféré venir dans ce lieu de perdition alors que vous avez une cliente en train de se mourir, ou presque ! Quel manque de professionnalisme avéré ! Je vous dénoncerai, soyez-en sûr ! ».
« Mais, ma chère, peu importe puisque maintenant, nous nous sommes retrouvés. Je vais donc vous ausculter au Piano Bar. Ce sera leur dernière ! Vous préférez le vernis froid du piano, la chaleur moelleuse des coussins du divan ou… ». Sans attendre sa réponse, il l’amena dans les toilettes où le robinet gouttait.

Moralité : il est plus facile de trouver un mauvais médecin qu’un bon plombier.

12/ Il était une fois une graine de grenade prise dans un engrenage… Comment en était-elle arrivée là ?
Tout avait commencé un jour d’août, à la veille de Noël. La graine de grenade faisait partie des cadeaux prévus pour le lendemain. Mais qui allait recevoir ce cadeau ? Quel cadeau empoisonné, car ensuite, il allait falloir la planter et s’occuper d’elle. Déjà que j’avais du mal à m’occuper de mes poissons rouges, il fallait, en plus, que je me lance dans le jardinage…
Un arrosoir à la main, Maddie, la petite fille dans la prairie se préparait à tourner la sixième prise de la série télévisée. Elle poussa un gros soupir et releva la mèche qui pendait sur son front. Comme elle venait de manger une glace qui dégoulinait de son cornet, la mèche resta collée dans ses doigts. Elle décida donc de se coller une fausse moustache et de se lancer dans la bande dessinée. Mais malheureusement pour elle, elle loups les premiers dessins. Ils étaient trop doux. Heureusement, la troisième mèche la ravit, ce qui l’incita à poursuivre ses efforts. Elle allait faire pousser la graine de grenade sur papier. Ce serait plus facile qu’en vrai.
Elle dessina la plante en décalquant une photo trouvée sur internet. Et soudain, après avoir renversé le verre d’eau qu’elle souhaitait boire, la germination s’enclencha et rien ne put l’arrêter. Un arbre prenait devant ses yeux ébahis vie et forme en une croissance accélérée.
Son singe se percha sur l’une des branches. Le végétal poussa si vite et bien qu’en quelques secondes à peine, il atteignit les vingt mètres, laissant le pauvre singe dans un absolu embarras. Maddie fut obligée d’appeler les pompiers qui ne voulurent pas se déplacer ! Pensez ! Un singe coincé dans un grenadier de vingt mètres de haut qui avait poussé sur une feuille… de papier !
Vraiment, ça ne ressemblait à rien. Et d’ailleurs, toute ressemblance ou similitude avec des faits ou des personnes ayant existés ne serait que pure fiction.
L’engrenage se grippa, le singe aussi, d’ailleurs. A force de s’agripper, il avait attrapé la grippe. Et pour y remédier, il lui fallait désormais manger des grenades dont les graines s’égrenaient.

13/ Elle venait de perdre sa chaussure sur la chaussée glissante. Ce matin-là, il crachinait et le ciel bas ne lui disait rien qui vaille. Elle venait donc de s’étaler sur la chaussée, mais personne ne lui vint en aide. Alors, elle se mit à pleurer. Elle pleurait tellement que l’inondation prit des proportions inimaginables. Elle se mit à flotter comme une bernique détachée de son rocher. Une bernique abandonnée au milieu de l’océan, qui plus est, sans chaussure.
Elle flotta jusqu’au carrefour de Magenta, juste devant la pharmacie. Elle y entra pour se sécher. Le pharmacien lui demanda ce qu’elle voulait.
« Des préservatifs, répondit-elle sans réfléchir ».
« Mais pourquoi faire ? Poursuivit le spécialiste des médicaments ».
« Parce que, répondit-elle ».
« Vous en voulez douze, vingt-quatre ou trente six ? ».
«  Je ne sais pas, je n’ai pas mesuré ».
D’un geste las, les yeux levés au ciel (du plafond de la pharmacie), le docteur spécialisé en vente de médicaments et de parapharmacie posa d’un geste affirmé la boîte de trente six préservatifs (marge nette : 200 % !).
A cette lecture, Diego se marra et donna à comprendre au pharmacien que c’était sa vie et qu’elle faisait comme bon lui chantait. A ce moment, la pharmacienne jaillit de l’arrière-boutique, les seins dressés pour chasser cette intruse qui venait relancer son homme jusque dans son officine. Elle marqua un pas en arrière et soudain, Diego lui fonça dessus, les yeux exorbités.
« Lâche-moi un peu les baskets, lui cria-t-il. Je commence à ne plus pouvoir te supporter. Pour une fois qu’il y a une cliente différente des autres ! ».
Elle battit prudemment en retraite. C’était la première fois qu’elle le voyait comme ça, les yeux globuleux, l’un rouge, l’autre jaune, le visage violet, les cheveux dressés en hérisson sur la tête, dégoulinant de sueur. On voyait presque de petits nuages noirs de rage qui lui sortaient des oreilles. En fusillant la pharmacienne du regard, Diego retroussa lentement les manches de sa blouse blanche et la déboutonna. Ce fut comme un médicament qui guérissait toute blessure. Prescription sans ordonnance, à consommer sans modération !
« Et bien ! Finalement, tout ce que je veux, c’est une paire de chaussures, vous avez ça ? ».
Diego, surpris, se rajusta et demanda : « Quelle pointure ? ».

14/ Ce matin, je me suis levée du pied gauche, vu que mon pied droit n’est plus disponible depuis trois mois ; ce qui fait que je ne suis jamais de bonne humeur ! A la bonne heure, mon gauche n’a plus le droit, et quand je m’emmêle les pieds, je ne sais plus où est ma tête. C’est pour ça que j’ai décidé de ne plus me lever. Je préfère rester couchée que d’imposer aux autres mes sautes d’humeur.
J’étais ainsi couchée sur le divan et allumai la télévision. Il passait le film « La Grande Evasion ».
Ah non ! Pas encore ce classique, j’en connais toutes les répliques par cœur. Je zappe sur une autre chaine et tombe sur « L’amour est dans le pré » : des agriculteurs de la campagne profonde essayent de draguer des petites femmes de la ville…
Ah, l’amour ! Toujours l’amour ! Même avec un pied dans le plâtre, tout est possible, tout peut arriver. Il suffit d’y croire…
Il est vrai qu’en mettant l’amour dans le plâtre, il est susceptible de durer au moins le temps de la convalescence. Et en amour, on aime que ça dure… à défaut de  l’être. L’être et le néant, ça me rappelle mes lectures de jeunesse qui, vu où j’en suis arrivée, auraient été plus profitables si elles étaient restées dans le registre « Quai Bassine » ou les « Niais Pickelés ». Mais foin de regrets, me dis-je, à défaut de mettre les pieds dans le plat, remettons la main à la pâte. Et c’est ainsi que, outre le pied dans le plâtre, j’ai aussi les mains dans la pâte. Me voilà bien ! Boiter, ça peut encore aller, mais se déplacer avec un saladier de pâte à pain accroché à ses mains, c’est plus difficile… Je le fis donc tomber sur mon pied gauche et me retrouvai en fauteuil roulant. Mais au moins, mes mains étaient libres de faire avancer le fauteuil.
Mais pour aller où, me dis-je ? Mes rêves n’avaient point de limite. Dans ces exquis bonheur, je sombrai en envisageant toutes les nuances du corps à corps : des plus acrobatiques aux plus dangereuses.
Et un beau jour, je rencontrai un beau podologue qui me mit littéralement sur pied avec une bonne paire de chaussures sur mesure. Il était charmant et savait avec art, me dit-il, s’occuper de ses clientes. Aussi lui remis-je en toute confiance, mon pied dans ses mains expertes.

Et voilà comment prendre son pied avec des trous de balles !!!

2/ DEVOIR : Insultes à gogo !
Inventez des insultes à la façon du Capitaine Haddock. Attention : pas de gros mots !

Atelier du 29 juillet 2013 images-300x137

Pustule de crapaud baveux, Barbie sans Ken, soutien sans gorge, disque dur ramolli, synapse de testicules, cochon anorexique, cul d’ail, slip sans kangourou, huître tétraplégique, tabouret de piano, groupuscule sodomite, fils d’unijambiste, fille de cul-de-jatte, fils de ta mère, résidu de fausse couche, pousse-crotte, t’es triste comme un frigo vide ! Touque à soyo…

Fabienne


haddock07 Fabienne

- Bougre d’âne
- Triple Buse
- Faux Jeton
- Ours mal léché
- Fatma de prisunic
- Va te faire voir chez les grecs
- Pique Assiette
- Tu as le trouillomètre à zéro
- Occupe toi de tes fesses
- Espèce de gougnafié
- Gogolitto à la cervelle en compote
- Andouille siphonnée du bocal
- Anarchiste du 16ème
- Gros plein de soupe
- Nain de jardin
- Espèce de chauve sans cheveux
- Crotte de pigeon constipé
- Crasse de meule
- Bon à peau
- Tu as un pet au compteur
- Atrophié du neurone
- T’es tellement gros que quand tu tombes du lit, tu tombes des deux côtés
- T’es tellement sale qu’on t’appelle le « salami »
- C’est quand on a vu ta tête qu’on a inventé la cagoule
- Chez toi c’est tellement sale que Monsieur propre s’est suicidétumblr_lqrs8f4tol1qi2wtpo1_400-300x204 Françoise

Insultes caldoches

- L’empété il a bourré ma vieille
- Face de guidon
- Crasse de meule
- Tu r’semble à rien
- Mouille ta boulette
- Grosse Touque
- Tu baves la cane
- Bourreur de poules
- Va te faire embabaouter (mettre)

Quel vocabulaire, Françoise !!!!


 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds