Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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23 juillet, 2013

Atelier du 22 juillet

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:52

1/ EXERCICE : Pourquoi le vent souffle-t-il ?
Trouvez au moins 10 raisons poétiques ou originales

Le vent souffle…Atelier du 22 juillet images3
pour sécher les larmes des amants tristes…
pour décoiffer les ministres tricheurs…
pour dégarnir le crâne des chauves perruqués…
pour ralentir les amoureux trop pressés…
pour disperser les éclairs de génie…
pour freiner les élans…et les biches…
pour ébouriffer l’enfant sage qui riait…
pour nettoyer la vie salie par le temps…
pour provoquer des accidents bienheureux…
pour simuler les gémissements des fantômes fatigués…
pour déshabiller les épouses trop sérieuses…
pour relancer l’économie des jouisseurs…
pour retarder l’arrivée des censeurs…

Georges Macar

vent-dans-les-jupes-des-filles-13-185x183 Fabiennepour aider les oiseaux et les avions à voler plus vite
pour semer les graines à tous vents
Pour faire danser les voiliers sur la mer
Pour faire tourbillonner les feuilles et nous dire que c’est l’automne
pour fabriquer des dunes derrière lesquelles les naturistes viendront bronzer
pour faire sécher mes larmes plus vite
pour souffler le désir dans ma tête
pour éteindre le jour
pour sculpter les nuages et les cocotiers
pour voir si les femmes portent des culottes
pour souffler sur mes bougies d’anniversaire
pour emporter mes « Je t’aime » jusqu’au creux de ton oreille quand tu es loin de moi.

Fabienne

 

2/ EXERCICE : le bruit court !

Le bruit court que tu m’as trompée
Les larmes coulent sur mon visage déformé
Quelle est celle qui me remplace,
Qu’avec tes bras tu enlaces ?

Le bruit court que tu vas me quitter
Et quand comptes-tu me l’annoncer ?
Je te hais déjà si fort
J’envisage même ta mort

Le bruit court qu’on a retrouvé
Ton corps transpercé
de plusieurs coups de lame aiguisée
Et je pleure sur notre amour brisé.

Françoise Ravelli

logo_lbqc-300x121 Françoise

Un long bruit court… depuis des jours et des jours.
Le long bruit court, mais pas assez vite pour rattraper la rumeur. Il cout pourtant, le plus qu’il peut, tant qu’il finit par tomber. Ça a fait un bruit d’enfer, puis plus rien. Du coup, plus aucun bruit… Tout le monde vient voir ce bruit qui courait, qui est tombé et tous se mettent à jaser. Et le bruit se remet à courir, à courir.

Fabienne

 

DEVOIR : Tautogramme avec la lettre S

Suçant son stylo, Sa Sainteté Saint-Sébastien soliloquait, solennel, sur son splendide scooter.
Suivait sournoisement, sa sollicitude savamment simulée, souriant stupidement, son servile second, Sergio Sorquera.
Sergio Sorquera…Son salami sans saveur…Ses saucisses sèches sans sel…Ses salaisons sévillanes souillées…
Ses saletés sordides… Ses succubes surexcités…
Subséquemment, son solide sida, soigné sans succès…Ses suppositoires sanguinolents, suintant sa souffrance, suspendus sous son séant…
Ses sempiternels salamalecs sans scénarios, sans sobriété…
Socrate, Spinoza, Schopenhauer, Sartre sont sidérés ! Surtout Schopenhauer, schizophrène sénile si souvent sinistre…
Silence, S.S. !!
Sortez ! Sortez !
Sortez sans sourciller, sans soupirer, sans supplier…
Surtout, surtout, sortez sans sangloter !
Sortir sans sonner sa servante, sans siffler sa soubrette, sans suivre sa séduisante silhouette, son sacrum saccagé, son sternum stupéfiant, ses seins siliconés.
Sortir sans ses six sous, sans ses sept sesterces, sans ses soixante-seize sterlings…
Sortir sans savoir si saura survivre….

Georges Macar

Sans se surestimer Stéphanie savait surprendre sa soeur. Son somptueux sari satiné sophistiquait sa silhouette si svelte, Sophie soumise, sobrement sapée, suivait systématiquement sa soeur sans sourciller, sans savoir se soustraire.
Sans scrupule Stéphanie souriait surtout si Steeven suivait son sentier. Sa silhouette sylphide sollicitait ses sens.
Sa soeur Sophie sanglotait suffoquant sur ses sentiments saccagés.

Françoise Ravelli

Sommeillant sur son sofa, Sylvie souffrait et soupirait sinistrement. Sylvie savait se soigner sans souiller son sarong et se souvint subitement : son sèche-linge séchait ses shorty sexy.
Sophie serrait sur son sein ses sordides secrets : sa sexualité sans scrupules sentait le soufre.
Serge savait Suzanne semblable et savoura ce sentiment. Sans elle, il se sentirait seul.

Fabienne

16 juillet, 2013

Atelier du 15 juillet

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:08

2/ EXERCICE : les objets ont une âme
Vous visitez un musée où sont exposés des objets de personnages célèbres. Lorsque vous touchez un objet, vous revivez un moment de ce personnage.

Atelier du 15 juillet sans-titre4-225x300

La poupée de Cosette

Petite ma grand-mère m’avait un jour mis dans les bras une poupée en porcelaine qui était, en fait, une réplique de la poupée de Cosette. Elle était habillée d’une très jolie robe en dentelle, accompagnée d’un chapeau, retenu sous le menton par un ruban de satin.
De prime abord, ce qui frappait surtout c’était son regard étonné. On aurait dit qu’elle venait d’apercevoir quelqu’un qu’elle connaissait. Ses mains articulées reposaient sagement sur ses genoux et sa petite bouche rose était légèrement entrouverte comme si elle allait me parler.
J’avais bien sûr vu le film « les misérables » et je me souvenais de la scène où Jean Valjean offrait cette magnifique poupée à la pauvre Cosette qui n’en revenait pas. A l’époque, je ne pouvais jouer avec elle que le dimanche, seul jour de la semaine où je sortais de la pension Saint-Charles où je suivais mes classes du primaire.
La dureté des soeurs était telle, qu’elles ne m’auraient pas autorisée à jouer avec ma poupée. Et puis, elle était tellement belle, que je préférais la laisser chez ma grand-mère où elle trônait  dans ma chambre, sur une étagère, en compagnie des Amoureux de Peynet.

Les années ont passé et j’ai toujours gardé ma jolie poupée, un des rares souvenirs heureux de mon enfance. Me voici maintenant grand-mère à mon tour. Un jour ma petite fille Chloé me demanda quel était le nom de ma poupée et si je pouvais la lui donner. Elle décida de la rebaptiser Gertrude et l’emmena chez elle. Je pensais que Gertrude devait se sentir un peu perdue au milieu de toutes les Barbies. Mais, contre toute attente, Chloé en pris grand soin et elle devint sa confidente, celle avec qui l’on partage tous ses chagrins.

 Françoise Ravelli

sans-titre2-300x290 Fabienne

Le calendrier un peu embrouillé de Robinson Crusoé

En entrant dans la case de Robinson, que le musée avait représenté à l’identique, son calendrier était posé sur une table sculptée dans un tronc d’arbre.
J’attrapais d’une main le parchemin des jours sans fin, en feuille de bananiers, quand des fourmis m’envahirent le bras. Mais pas des fourmis du sang qui ralentit, non ! Les vrais bestioles qui galopent quand on les dérange.
Un vertige et j’étais transportée sur l’île de Robinson où j’entendis le grognement du calendrier :
-   Hé ! Rajoutes-moi des pages Roby ! Car tu n’es pas prêt de partir d’ici. Je suis un boulimique du temps qui passe. Pas un catalogue que tu redoutes mais bien une réalité pointée ! »

# Vro
sans-titre3-300x234 Françoise

A qui cette chaussure va t elle aller ?

Je fais mon jogging tous les dimanches au bois de Vincennes. Et vous ne devinerez jamais ce que j’ai trouvé la semaine dernière, derrière un buisson ? J’ai tout d’abord été attiré par une lumière brillante. Je me suis approché et j’ai trouvé, sur un coussin de velours bleu marine, une espèce de chaussure en verre et or. Oui, vous avez bien compris, une chaussure en verre ! J’étais tellement intrigué que j’ai arrêté de courir et pris l’objet dans mes mains. Je l’ai mis dans ma voiture et ai décidé d’aller manger chez ma sœur et mon beau-frère et leur marmaille… Cette chaussure, à talons pourtant, était ridiculement petite. Arrivé devant le pavillon de ma frangine, tout le monde sortit pour m’accueillir. Ce qui est bien chez elle, c’est qu’il n’est nul besoin d’être invité, la porte est toujours ouverte. Les jumeaux Marie et Pierre, m’ont sauté dans les bras, suivis de près par Mélissa, ma sœur, Hugues, mon beauf, et leur 2 ados, Candice, 16 ans et Paul, 17 ans. Ma sœur avait également invité une collègue, Sandy, que je ne connaissais pas encore, mais que je trouvais, ma foi, fort « comestible » !
Après les effusions d’usage, j’ai sorti la chaussure, toujours sur son pompeux coussin pour avoir leur avis.
-  Je viens de trouver ça. Est ce que ça vous dit quelque chose ?.  Ma sœur, toujours aussi fleur bleue s’est écriée :
- Mon Dieu ! Mais c’est la chaussure de Cendrillon !
- Cendrillon ? Mais… c’est impossible, c’est un conte !
- Et bien, si tu as d’autres explications…
J’étais très dubitatif, alors, Mélissa m’a dit :
- Tu n’as qu’à la faire essayer ! Tu verras bien !
- Chiche ! rétorquai-je, un apéritif à la main

Alors, j’ai commencé par Mélissa. Evidemment son 39 ne rentrait absolument pas dedans. Puis vint Candice, même chose bien sûr (elles se piquent respectivement leurs chaussures, ces deux-là !). Alors, j’ai enlevé le chausson de Marie qui riait, mais même là, c’était trop petit…
- Tu vois bien ! c’est ridicule !
- Mais tu as oublié d’essayer la chaussure à Sandy !

Tout le monde avait les yeux rivés sur ses pieds qui étaient si petits, petits… Sandy rougissait de devenir l’attraction alors qu’elle était visiblement très timide. Je me baissai devant elle et lui enfilait le soulier qui lui allait comme un gant, ou plutôt, comme un soulier. Là, je ne sais pas ce qu’il se passa, mais nous nous retrouvâmes tous les deux, moi, habillé comme un prince et elle comme une princesse en train de danser dans une immense salle de bal. Je sus tout de suite qu’elle était celle que j’attendais…
Ce qui ne nous empêcha pas de divorcer 3 ans plus tard !

Fabienne

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Le pupitre de Victor Hugo

En cette fin de mai 2013, il fait encore froid à Paris. J’ai trouvé refuge dans la maison de Victor Hugo, place des Vosges (non loin de l’appartement d’A. Sinclair et DSK,  mais eux, ne me font pas rêver !) où sont exposés tous les objets lui ayant appartenu et qu’on a pu retrouver. En montant les escaliers de bois, usés par des milliers de visiteurs, je suis emplie d’une grande émotion en pensant que je pose mes pas dans ceux du grand homme. Au deuxième étage, après avoir traversé la salle à manger, le salon, la chambre, je découvre le bureau sur lequel il écrivait. Pas un bureau en fait, un pupitre, assez haut où il écrivait debout, paraît-il. Je l’imagine, sa barbe blanche étalée sur la poitrine, noircissant à la plume les feuillets devant lui.  Il vient de traverser Paris. Il fait froid. Il a vu ces femmes qui se prostituent pour quelques pièces. Pensif, il imagine Fantine qui se prostitue pour récupérer Cosette qu‘elle a laissée aux Thénardier. Il hait cet empereur qui ne se préoccupe que de la grandeur de la France, et de la sienne. Ses pensées dévient vers la politique. Il pense à ses mandats de députés. Il faut qu’il dénonce cette misère. Ce soir, ce n’est pas un roman sur la misère sociale qu’il va écrire. C’est un pamphlet anti bonapartiste qu’il rédige rageusement de sa plume élégante. Il ne sait pas encore que cela l’obligera à quitter Paris et sa maison cossue pour l’exil à Guernesey, fuyant la vindicte de celui qu’il appelle le « Petit Napoléon ».

Monique Vasapolli
DEVOIR : Mais que faisait donc cet homme dans ce restaurant désert ?
Avec 5 mots obligatoires :
terre, étage, mémoire, cordonnerie, entonnoir

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Petit hôtel au bord du lac

Quinze heures. Le village balnéaire du bord du lac était vide. Le petit hôtel, où je passais mes vacances enfant et où j’avais réservé une chambre pour la semaine, était fermé tout comme le restaurant attenant. Je me décidai pour un petit tour à pied en attendant l’ouverture. En passant devant le restaurant une ombre, à l’intérieur, arrêta mon regard. Intriguée, et ne voulant pas me faire remarquer, je me baissai à terre  pour faire semblant de relacer mes chaussures dont l’un des lacets me resta dans les mains. Discrètement j’inspectai la façade de l’hôtel. Il n’avait qu’un étage. Pourtant, dans ma mémoire, il me semblait plus grand et plus accueillant. Entre les rideaux à demi tirés du restaurant, je distinguai un homme à l‘intérieur. Je décidai d’entrer pour lui demander l’heure d’ouverture de l’hôtel. La porte s’ouvrit silencieusement. Dans la pénombre je l’observai  qui se baissait et se relèvait avec un bruit de frottement. Il ne m’avait pas entendu. Que pouvait-il bien faire à cette heure dans ce restaurant désert ? Sûrement pas le ménage.  Ce n’était pas le serveur non plus, les tables étaient déjà préparées pour le soir. Et pourquoi n’allumait-il pas la lumière ? C’est alors que la porte claqua brusquement. Je poussai un cri de surprise, tandis que l’homme accourait, une scie à la main. J’eus un instant de panique devant son air fermé. Il m’expliqua sobrement qu’il exécutait de petites réparations et après s’être enquis de ce que je voulais, me donna la clef de ma chambre, puis m’indiqua la seule cordonnerie du village où je pus acheter de nouveaux lacets.
Le soir venu, le restaurant était presque complet. Seule une table était inoccupée. L’accorte  serveuse allait et venait guettant furtivement la porte. Un homme de grande taille et de forte corpulence fit une entrée remarquée en saluant les clients d’une voix tonitruante. La serveuse se précipita pour l’accueillir et le conduire à sa table en minaudant.  Il n’était pas plus tôt assis que la chaise s’effondra sous son poids et il s’affala lourdement sur le sol, sa nuque heurtant violemment le plancher. Après quelques secondes de stupeur quelques clients se précipitèrent pour l’aider à se relever dans un concert d’exclamations. C’est à ce moment-là que le cuisinier sortit de la cuisine, un entonnoir et une bouteille de vin dans les mains. Je reconnus l’homme à la scie. L’air mauvais il observait la scène et surtout la serveuse qui pleurait à chaudes larmes en tapotant les joues du gros homme pour le ranimer. Mais rien à faire. Tandis qu’on appelait le SAMU, un client ramassa les restes de la chaise et s’aperçut que les pieds étaient sciés. Ce n’était donc pas un accident. Se retournant alors vers le cuisinier, la serveuse lui lança «  Tu me paieras ça ». Le Directeur de l’hôtel arrivé entre temps, appela la police. Le cuisinier me regardait d’un air menaçant comme pour dire :
- Attention à toi, si tu parles….
Mon sang se glaça. Les vacances commençaient bien mal.

Monique Vasapolli

Mais que faisait cet homme dans ce restaurant désert ? Il avait pris place à l’étage, sur la mezzanine qui dominait un parterre de table fleuries mais non dressées, tout aussi déserté par les clients que le reste du restaurant. Attendait-il la jeune serveuse dans son petit tablier champêtre qui serrait si joliment sa taille fine que l’on remarquait où qu’elle soit dans la salle ?
Son regard balayait l’ensemble du restaurant, la mezzanine aux poutres de chêne apparentes, le rez-de-chaussée dont le décor laissait à penser que, dans le temps, ce lieu avait dû être la boutique d’un cordonnier. En effet, alênes, tranchets, gouges et autres outils de cordonnerie étaient accrochés aux murs à l’instar des cadres qui gardaient précieusement la mémoire de ce métier d’autrefois. Les restaurateurs avaient même laissé au milieu de la pièce un établi sur lequel l’enclume brillait encore de sa première jeunesse aux côtés d’objets hétéroclites détournés de leur fonction première, comme les morceaux de cuir et le chanvre qui formaient à présent un joli bouquet de fleurs disposés dans un entonnoir qui avait probablement servi à transvaser de la colle ou du vernis. Ce lieu était rempli de belles émotions qui contribuaient au charme du menu proposé.

L’homme avait fermé les yeux et respiré une grande bouffée d’air comme pour s’imprégner de la magie presque surnaturelle qui régnait dans ce restaurant. Il s’était levé puis il était reparti aussi bizarrement qu’il était apparu.

Sylvie Trabuc

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Restaurent en chantier

Pablo se trouvait seul,  les autres ouvriers avaient pris leur pause déjeuner. Lui, préférait rester là pendant ce temps, il travaillait mieux. Il enjamba un tas de terre et de gravats et regarda autour de lui : tout n’était que chantier, de la cave aux étages. La tâche allait être immense. C’était un ancien cloître, abandonné depuis plus de cinquante ans, qui allait être transformé en restaurant étoilé. Ce serait, paraît-il, le meilleur restaurant de la région, de mémoire de gourmet. En tout cas, le cadre était magnifique.
Pablo devait, ce jour-là, faire tomber une cloison de la cave. Il descendit l’escalier de pierres mal ajustées. Sur la droite, des tonneaux, quelques  vieilles bouteilles, un entonnoir de fer blanc… La réputation des moines n’était pas usurpée, ils aimaient bien le sang de la vigne et faisait un vin plus qu’honorable, d’après la bouteille que Pablo gouta. Il se dirigea ensuite vers le fond où s’entassait tout un bric-à-brac, indispensable aux moines qui vivaient en complète autarcie : des outils de jardinage, de cordonnerie,  de bricolage. La poussière et les toiles d’araignée recouvraient tout.
Les Jésuites ne se rendaient au village que pour vendre leurs excédents. Il régnait dans cette cave une atmosphère assez pesante. L’air était froid et rempli de relents d’humidité, de salpêtre… Pablo ne se sentait pas très à l’aise. Il se souvint qu’enfant, on disait qu’un fantôme habitait le cloître. Il voulut se persuader que ce n’était que de vieilles légendes, mais une angoisse l’étreignit. Il aperçut, presque occultée par des sacs de jute, une petite porte en bois. Il voulut l’ouvrir mais le gond était tout rouillé. Heureusement qu’il avait pris ses outils avec lui. Après plus d’un quart d’heure, la serrure céda enfin et la porte s’ouvrit dans un grincement sinistre. Pablo retint sa respiration.

Fabienne

9 juillet, 2013

Atelier du 8 juillet 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 1:51

DEVOIR : Elle ne parvenait pas à s’endormir, alors, elle essaya de compter les moutons. Mais soudain dans sa tête, ce qu’elle a vu… »

Atelier du 8 juillet 2013 1

Elle n’arrivait pas à s’endormir. Alors elle essayait de compter les moutons. Mais soudain dans sa tête, elle vit un mouton plus gros que les autres. Comme une caméra circulant au milieu du troupeau, les bêtes serrées les unes contre les autres semblaient s’écarter à son passage. Elle avançait en direction du gros mouton jusqu’à ce que l’objectif paraisse s’immobiliser devant le gros animal. Sa taille imposante l’inquiéta et réveilla même un peu plus son esprit qui n’était décidément pas décidé à la laisser dormir du sommeil des justes. Cependant, prise au piège de ce rêve éveillé, son regard essaya de dénicher où se trouvait la tête dans ce tas de laine bouclée. Elle sentit ses mains comme aspirées par les boucles parmi lesquelles elle ne trouvait ni les yeux ni la gueule du gros mouton, ou plutôt de l’énorme boule de poils laineux de son imagination. Ce rêve était-il en train de devenir un cauchemar éveillé ? Elle ouvrit les yeux  pour mettre fin à ses horribles pensées pour constater que la boule de poils laineux avait soudain une texture plus douce et que ce n’était rien d’autre que la jolie chevelure bouclée de sa fille qui venait à l’instant de la rejoindre dans son lit.

Sylvie Trabuc

Des bébés de toutes les couleurs !ELLE NE PARVENAIT PAS A S’ENDORMIR ……. Alors elle essaya de compter les moutons : un mouton, deux moutons, trois moutons. Les yeux de Stéphanie se fermèrent lentement. Elle réalisa alors qu’elle ne voyait plus de mouton, et qu’ils avaient été remplacés par de magnifiques bébés, tous plus beaux les uns que les autres. Tout d’abord un petits blondinet bouclé au grands yeux bleus, puis un petit métisse aux cheveux crépus et aux immenses yeux noirs. Le troisième était roux, au yeux verts et malicieux. Tous la regardaient en riant aux éclats et en sautant dans tous les sens. Ils revenaient sans cesse dans le même ordre, comme dans un jeu où ils auraient dû gagner une course. Il fallait avancer très vite pour essayer d’être le premier à franchir une étroite porte lumineuse qui scintillait et les attirait comme la lumière les papillons.
Stéphanie les encourageait. Ils lui plaisaient tous et elle n’aurait pas su lequel choisir. Tout ce petit monde sautait et tournoyait.  Tout à coup, un vacarme infernal se fit entendre, la panique s’empara de chacun et brusquement le petit métisse franchit la porte scintillante. Stéphanie fut réveillée par la sonnerie de son Iphone. Encore à moitié endormie, elle se rappela avoir fait, la veille, un test de maternité qui s’ était avéré positif. L’interprétation de ce rêve lui posait un réel problème : « comment expliquer à son compagnon blond aux yeux bleus la victoire du petit métisse. Sans doute un caprice des arbres généalogiques.
Heureusement que tout cela n’était qu’un rêve……

Françoise Ravelli

images Arnaud

Celui qu'elle n'attendait plus

Elle ne parvenait pas à s’endormir, alors, elle essaya de compter les moutons. Mais soudain, dans sa tête ce qu’elle a vu la fit sursauter. Un homme s’avançait vers elle nonchalamment, d’un pas peu pressé. Elle s’arrêta de compter et se focalisa sur la longue silhouette.  Vêtu d’un jean, d’une chemise à carreaux et d’un gilet sans manche en peau de mouton retournée, de grosses chaussures aux pieds, il approchait, son chien sur les talons. De longs cheveux blonds, des yeux bleus lumineux, le teint basané par les longues journées en plein air, un sourire aux lèvres. Dieu qu’il était séduisant ! Et quel naturel dans sa façon de marcher, insouciant aux  regards des autres, fumant, décomplexé, une Gitane. La loi anti-tabac, il ne semblait pas connaître. Il était si différent des hommes qu’elle côtoyait habituellement, toujours pressés, guindés, tous semblables et même interchangeables. Fascinée, elle en oublia complètement les moutons qui semblaient s’être arrêtés de bêler. L’air embaumait le thym. Elle se sentait flotter, d’une légèreté inhabituelle. Elle savait pourquoi. Elle avait enfin trouvé l’homme de sa vie. Et cette fois, pas besoin de réfléchir. Elle savait qu’il était Celui qu’elle n’attendait plus.  Lorsqu’il fut tout près et ouvrit la bouche, découvrant des dents carnassières, elle ne lui laissa pas le temps de parler. Elle s’élança vers lui en courant… et se retrouva par terre, à côté du lit avec une violente douleur à la tête qui venait de heurter le chevet.

Monique Vasapolli

Elle ne parvenait pas à s’endormir, alors, elle essaya de compter les moutons. Mais soudain dans sa tête, ce qu’elle a vu c’étaient des centaines, des milliers de paires de chaussures. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les formes : des bottes, bottines, escarpins, mocassins, sandales, sandalettes, claquettes, tennis, plates, à petits talons, à talons aiguilles, bref, le paradis des chaussures pour aller avec tous ses vêtements. Un vrai bonheur ! Dans sa tête, elle choisissait une tenue et, immédiatement, trouvait les chaussures idéales. Au bout d’une dizaine de tenues, son corps s’alourdit, ses paupières se fermèrent et elle s’endormit paisiblement.

Fabienne

DEVOIR : Sandwich
L’écran de télévision annonça… Il poussa un profond soupir de soulagement.
Avec des mots obligatoires : angoisse – douloureux – paradis – orange – bleu

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Mariage princier

L’écran de télévision annonça le mariage du prince Willem-Alexander, fils de la reine Béatrix des Pays-Bas avec la princesse Victoria de Suède. Ce mariage princier représentait pour beaucoup de nostalgiques les fastes de la monarchie qui opéraient encore dans les mémoires encombrées d’histoires de prince valeureux en armure et de princesse courageuse à la longue chevelure mordorée que nous racontent si souvent les livres de jeunesse, y compris les plus modernes.

L’émission « secret d’histoire » mentionnait l’angoisse des forces de sécurité qui faisaient face à un rassemblement de population sans précédent. De mémoire, même le jubilé de diamant de la reine Elisabeth n’avait connu autant d’engouement. Victoria et Willem-Alexander avait déjà défrayé les chroniques des magasines people et leur amour avait attendri jusqu’au plus vigoureux des antimonarchistes. L’ensemble de la population suédoise et hollandaise avait souhaité assister à l’évènement tant attendu. Ces deux-là formaient un très beau couple et en ces temps de situation économique difficile, les gens avaient peut-être aussi besoin de voir la beauté des choses et des êtres.

Ainsi, le souvenir douloureux de la disparition du roi Charles-Auguste de Suède s’effaçait discrètement et l’union de ces deux jeunes personnes réchauffait les cœurs d’une foule en liesse. L’enthousiasme des habitants des deux pays respectifs débordait sur l’Europe entière, voire même jusqu’en Amérique. Du Canada à la Terre de Feu, de Johannesburg à Vladivostok, le monde entier suivait le reportage de cet évènement si particulier. Toutes les villes, les ports, les campagnes, de Suède et des Pays-Bas, avaient déployé fleurs et drapeaux aux couleurs orange et bleu du couple princier. Les fleuristes avaient agencé des gerbes d’iris avec les œillets d’Inde, des bouquets de bleuets avec les petites roses orangées. Dans les panières, les clémentines s’harmonisaient tendrement au papier de soie bleu et à quelques myosotis dispersés ça et là. Dans toute l’Europe circulaient de nombreux produits dérivés à leur effigie. Tout le monde voulait goûter à leur joie qu’ils partageaient sans réserve.

Stéphane Bern, le présentateur, précisa qu’après la célébration de leur union, Victoria et Willem-Alexander partiraient en lune de miel dans un petit coin de paradis qui ne serait pas révélé afin de leur garantir intimité et petit bonheur à deux.

Cocoonée entre les coussins de son lit à baldaquin, Fafa pensa que les belles histoires d’amour n’existaient pas que dans les livres. La larme à l’œil, elle poussa un profond soupir de soulagement.

Sylvie Trabuc

EXERCICE: écrire une histoire à partir de photos

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Chauffeur de maître

« J’ai pourtant prévenu Madame, la Simca 5 n’est pas de circonstance..
Mais comme d’habitude, madame n’en fait qu’à sa tête…. »

Debout à l’arrière du véhicule, Raoul, le chauffeur particulier de Madame la baronne, s’affaire en silence, mais son mécontentement est si palpable que Pierre devine ses pensées intérieures.
Pierre, c’est le voisin d’en face.
Le miraculé de l’accident de la route qui a expédié ses trois meilleurs amis dans l’au-delà, un soir où il roulait trop vite et très ivre.
Pierre  observe,  caché derrière les rideaux de son  salon , la vie qui continue de défiler sous mes yeux. C’est son occupation favorite : le spectacle de la rue !
Il faut bien qu’il passe le temps, dans son fauteuil roulant, depuis qu’il a décidé de ne plus sortir de chez lui…..
Donc ce matin, alors que la neige tombe à gros flocons, Raoul, le chauffeur de Madame la Baronne, s’affaire, toujours imperturbable. Il  charge la Simca 5 de paquets de toutes les formes…. Quelle idée ! En plein hiver, des cartons  qui ressemblent à des grandes boîtes de gâteaux, alors que Madame la baronne ne reçoit plus personne ?
Pierre est perplexe : il se penche un peu plus vers la fenêtre, écarte doucement le rideau. Son attention attirée par des points rouges sur la neige, un deux, trois, et encore, encore, jusque devant les pieds de Raoul qui n’a rien remarqué, pressé d’en finir avec son chargement…
Deux jours après, à la une du journal local :
« Madame La Baronne a tué sauvagement son compagnon âgé de 20 ans, qui s’apprêtait à le quitter…. Elle l’a soigneusement découpé en morceaux, et rempli les boîtes à gâteaux.  Raoul, son dévoué chauffeur, ne s’était douté de rien…. »
Mais Pierre, le voisin, veillait au grain, et il  accomplit  son devoir de citoyen en dénonçant le meurtre sauvage de Madame la Baronne qui l’avait toujours méprisé du haut de sa noblesse déchue et ruiné

Marie-Pierre Beaulier, Nouméa, le 8 juillet 2013

 

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Ah le bon temps ! Le temps où les femmes restaient au foyer à s’occuper de leur cher intérieur et de leur petite famille. Que d’avance technologique pour les satisfaire et pour alléger leurs tâches ménagères.
C’était le temps de la profusion, du plein où on pouvait jeter allègrement dans les belles poubelles sans se soucier de l’environnement.
Messieurs, les ingénieurs, pourquoi êtes-vous allez si loin dans la technologie, permettant aux femmes d’avoir encore plus de temps libre. Mais pourquoi ?
Voyez où elles en sont arrivées. Avec plus de liberté, elles se sont soulevées pour obtenir le droit de vote, de travailler et même de divorcer. Aujourd’hui, le combat est sur l’égalité des sexes avec la mise en place de lois. Il reste encore des différences mais très peu.
Où sont les écrits imposés par l’homme, l’éducation prodiguée pour que la femme soit une bonne ménagère.
Il y avait des couleurs pétantes et chatoyantes, forçant la joie et la bonne humeur. Elles étaient belles dans leurs ensembles cintrés, suscitant le désir…

Ah la belle époque, pourquoi je n’y suis pas né !!!

Arnaud Decombis

Petites filles sages

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Petites filles sages

Les petites s’alignaient côte-à-côte sur la marche d’escalier de bois et laissaient parfois entrevoir leur petite culotte d’écolière que leur tablier trop court ne permettait de cacher. Un livre sur les genoux, on ne pouvait certifier que ces toutes-jeunes filles apprenaient la leçon du jour ou s’offraient une pause lecture en guise de récréation. Quoi qu’il en fût, le soleil jouait de ses rayons dorés dans leurs cheveux coupés au carré pour la plupart d’entre elles, laissant leur visage d’ange dans l’ombre de la réflexion.
Derrière les enfants, la porte, d’un bois plus foncé que les lattes horizontales qui constituaient la cloison du bâtiment, sans doute l’école, était restée entrouverte. A travers le carreau sale on pouvait cependant apercevoir comme une ombre et imaginer qu’une quelconque maîtresse veillait au caractère studieux de la scène.
L’image ainsi fixée incitait au silence : chut, les filles lisent !

Sylvie Trabuc

 

Dans le grenier de ma grand-mère je suis tombée sur cette photo de classe des années 1950. C’est moi la première à gauche et j’essaye de me rappeler le prénom de mes petites copines. Je reconnais Martine, Claudine, Jacqueline, Nicole et Sophie. Nous avions formé « le clan des six ». Sur la photo nous portons toutes la même petite robe à carreaux bleus et blancs et les mêmes petites ballerines .
Notre institutrice, Soeur Anne-Marie, avait décidé de punir notre petite bande pour avoir perturbé la classe par nos bavardages incessants. C’est comme cela que nous nous retrouvons toutes les six assises sur une petite marche devant la porte de la classe
C’est à ce moment précis que Monsieur Georges, le photographe, fait son apparition. Comme chaque année, il vient prendre les photos de toutes les classes. Il est très surpris de nous voir assises et studieuses et décide d’immortaliser ce moment.

Françoise Ravelli

 

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C’était aujourd’hui qu’avait lieu la distribution de poudre de Perlimpimpin. Avec papa et maman, nous nous étions levés aux aurores. Malgré tout, lorsque nous arrivâmes chez le droguiste du 3ème arrondissement, une foule impressionnante attendait déjà. Tout le monde riait et s’apostrophait. Nous connaissions la plupart des gens, ils étaient nos voisins. Mais pourquoi avaient ils tous besoin de cette poudre ? Avait il un malade chez eux, une fille qui se mourrait de langueur ? Un ancêtre qui perdait la tête ? Un bébé chétif qui avait du mal à vivre ? Pas à notre connaissance, pourtant. Comme nous le savions tous, cette poudre de Perlimpimpin guérissait tout et nous espérions bien qu’elle aurait un effet bénéfique sur mon petit frère qui, comme tout le monde le disait avait « le diable au corps ».  Même le curé qui était presque un saint homme ne pouvait plus supporter ses facéties : colorant rouge dans l’eau bénite, coussin péteur sur les bancs de la grand messe, poil à gratter au catéchisme. Sans parler des animaux qu’il torturait et des vieux qu’il rendait chèvre. Vraiment, nous n’en pouvions plus !

Chaque famille avait droit à dix grammes. Dix précieux grammes qui, dès qu’elles étaient reçues, allaient précipitamment dans la poche des bénéficiaires qui s’en allaient en courant comme des voleurs. Nous attendîmes longtemps, discutant avec les uns et les autres. Mais lorsque ce fut notre tour, le rideau se ferma : il ne restait plus rien !

Fabienne

EXERCICE : « Je me suis aperçu que les mots qui servent à exprimer le plus concret, le plus immédiat, avaient été formés en monosyllabes : la vie, la mort, la paix, l’air, l’eau, le feu, Dieu, le cœur, la main,… Je me suis constitué un dictionnaire de 1 753 mots. » Gilles Vigneault

Essayez de rédiger un texte en n’employant que des mots d’une seule syllabe.

Dieu,
Tu pries tu bois tu mens
Tu joues tu perds tu ris
Tu nous niques, tu nous tues
Je te nie
Je te rends à ce que tu es :

Rien !

Marie-Pierre Beaulier, Nouméa, le 8 juillet 2013

Les cloches sonnent le glas de leur plus beau jour : Claude et Will sont nés tous les deux à huit heurse vingt et leurs chairs font la joie de tous. Ils sont beaux et gros comme on aime. Fruits de la terre d’en haut, où les prunes reines sont mûres à cœur pour l’eau de vie.

Sylvie Trabuc

Moi je suis gaie (ou gay ?), belle, blonde aux yeux bleus. Mais je n’y suis pour rien ! Mon père et ma mère m’ont fait comme ça. Et tous les jours je ris, car on ne voit de moi que ce que je veux bien qu’on voit.

Monique Vasapolli

-       Mais qu’est ce que tu as ?
-       J’ai mal !
-       T’as mal où ?
-       A la tête, au cœur, à la main… J’ai soif, j’ai faim, j’ai froid !
-       Fous moi la paix, stop ! J’en peux plus. Tu  ne peux avoir ni mal au cœur, ni à la tête, tu n’en as pas ! Tu ne penses qu’à toi ! Dieu t’a fait sec, comme la mort ! Allez, viens contre ma peau, bois un peu d’eau, respire l’air frais du soir et aime moi…

Fabienne

2 juillet, 2013

Atelier du 1er juillet 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:40

DEVOIR : Mariage pour tous
Vous devez trouvez quels enfants naîtront de mariages improbables comme :
Une autruche et une écharpe = un boa
Un piano et des bretelles = un accordéon

Une mouche et une fleur = un papillon
Un gant et un pied = une chaussette à doigts de pieds pour mettre les claquettes sans problème
Une brouette et une chaise = un fauteuil roulant
Du béton et des escargot = un escalier en colimaçon
Une chanson et des plumes = un oiseau

Fabienne

Baleine + canne = parapluie
Poule + sifflet = cocotte minute
Ma tante + sifflet = locomotive (ma tante s’appelle Micheline)
Chat + pointe = aiguille
Etalon + lait = chevalet
Lampe + souhait = génie
Contenant + ami = popote
Triperie + lumière = abat-jour
Bâtonnet + canine = cure-dent
Route + bosse = dos-d’âne

Sylvie Trabuc

EXERCICE :

Un dimanche à table.

Atelier du 1er juillet 2013 la-classe-72-elargit-ses-rangs-avec-les-saint-amourains-nes-en-1949-1950-et-1951-photo-roland-duthion-300x156

Une fois par mois mon ex mari réunit la famille sur sa propriété à Bouraké. C’est un excellent cuisinier qui adore recevoir. Au minimum nous sommes toujours entre 15  et 20 personnes et il cogite le repas dominical au moins une semaine à l’avance.
Pour l’apéro nous dégustons des croutons aillés garnis de jambon Serrano. Il faut savoir doser sa gourmandise pour pouvoir apprécier la suite du repas. Les petits enfants mangent en premier et se régalent de filets de poisson, pêchés le matin même, servis avec une bonne purée maison.
Puis c’est au tour des grands de passer à table, lorsque la cloche tinte invitant tout ce petit monde à prendre place autour de la longue table sur la terrasse.

Le repas commence avec des oeufs cocottes parfumés par des lamelles de truffes. Ensuite nous avons droit à des cailles rôties servies avec des petits légumes maison, le tout est accompagné de bons vins de Bordeaux qui relèvent la finesse des plats. Pour ceux qui ont encore faim, une salade de roquette poussée dans le jardin est servie, accompagnée de Caprice des Dieux, Reblochon, chèvre et autres succulents fromages.

Arrivés à ce stade du repas, l’ambiance est des plus chaleureuse. Nous terminons le repas en beauté, grâce à un croquant aux abricots, accompagné d’une crème pâtissière, un vrai régal. Chacun ayant son rôle à jouer, c’est le tour du neveu d’ entrer en piste. Il prépare les cafés Nespresso « what else »  qu’il présente avec des Rochers Ferrero.

Puis l’équipe de vaisselle et de rangement s’active, riant aux blagues qui fusent de part et d’autre. Pour certains, l’après-midi permet de faire une bonne sieste, tandis que d’autres entament une partie de pétanque endiablée.

Françoise Ravelli

family-dinner-sunday-300x199 dimanche à table

Un dimanche en famille très bien comme il faut !

Ce dimanche-là, comme tous les dimanches de l’année d’aussi loin que remontent mes souvenirs, notre famille était réunie autour du même menu consensuel.  Notre famille, c’est Père et Mère, Bon Papa et Bonne Maman, mon frère Arthur et moi, la petite dernière, celle qu’on n’attendait pas, Bertrande.
Bertrande ! Oui, ils ont osé m’affubler d’un prénom aussi ridicule qui me met au ban de toutes mes congénères du pensionnat  Marie-mère de Dieu, qui se nomment Marie, Anne, Madeleine, Jeanne, voire Salomé ou Sarah… Je sais qu’ils espéraient un garçon, Bertrand, en hommage à Du Guesclin, hardi et preux chevalier du roi. Quand ils ont vu arriver avec consternation une fille (et oui, chez nous, pas d’échographie…) leur imagination n’est pas allée au-delà de l’ajout d’un « e »au prénom choisi par l’aréopage familial.
Le fameux menu du dimanche ! Invariable depuis que j’ai l’âge de me mettre à table avec les grands, à 5 ans : en entrée, asperges vertes qu’on trempe dans un œuf à la coque, parce que Bon Papa adore les mouillettes, puis un poulet fermier rôti au four, parce que c’est le plat idéal pour six. Bonne Maman et  Papa adorent la cuisse, Maman les ailes, Bon Papa dévore la carcasse, le cou et le croupion et les deux enfants ont chacun un blanc. Notez bien qu’on ne m’a jamais demandé mon avis et que je déteste le blanc. Pourtant j’ai dû en avaler 524, je les ai comptés ! Légumes : haricots verts, pour la ligne de maman, et frites pour le chouchou, j’ai nommé Arthur, mon abominable frère. En dessert, la pavlova, une gourmandise que Papa savoure quasi religieusement, c’est son seul péché…

Vous remarquerez sans doute que je n’ai jamais été consultée sur mes goûts et que personne n’a eu l’idée de me faire plaisir, mais aucun d’eux n’en a conscience, je suis transparente dans cette famille. Je suis la gentille petite Bertrande, habillée de rose bonbon jusqu’à mes 10 ans, puis de bleu marine, serr- tête blanc sur mes cheveux blonds, chaussettes blanches et mocassins vernis à pompons. Je suis bien polie, je dis oui merci, non merci, s’il vous plaît et je vous prie de m’excuser. Je ne fais pas de vagues, une mer étale, en apparence.

Mais intérieurement c’est une autre affaire, vous l’aurez compris…

Ce dimanche donc, nous étions à table, et, après un doigt de Porto pour les adultes et une grenadine pour les enfants, nous en étions aux asperges quand soudain, Bon Papa s’affala sur son œuf à la coque. Branle-bas général, on le dégrafe, on le transporte sur son lit, on s’assure qu’il ne mourra pas dans l’heure et on passe à la suite, car le rituel du repas est si sacré que rien ne peut le troubler.
C’est le poulet qui a été fatal à Bonne Maman : un petit os pointu dans la gorge l’a mise hors course pour la suite et elle est allée rejoindre Bon Papa sur son lit de douleur.
Maman n’a pas digéré ses haricots verts : après quelques bouchées, son ventre a fait un drôle de gargouillis, un de ces bruits qu’on n’a pas le droit de faire à table, ni ailleurs en public, et elle est sortie précipitamment en nous demandant de continuer sans elle.
Les frites étaient sans doute trop grasses, car Arthur a presque vomi sur la table, alors Papa l’a autorisé à sortir de table, exceptionnellement, a-t-il dit.
Ne restaient plus que Papa et moi devant la pavlova… Il a proclamé bien fort : haut les cœurs ! Vaille que vaille ! Nous terminerons ce repas ! Mais je sentais bien que le cœur n’y était pas…
Il m’a regardée bizarrement en s’apprêtant à planter sa petite cuillère dans la pavlova et je lui ai fait mon sourire le plus innocent…
Heu… Je vais aller voir si maman a besoin de moi, finalement, dit-il d’un air gêné. Tu peux finir seule, tu n’as presque rien mangé.
J’ai fait glisser la pavlova intacte dans la poubelle et j’ai commandé une pizza et un coca.
J’avais prié Dieu toute la semaine pour qu’il m’aide à échapper définitivement au repas immuable du dimanche et il a exaucé mon vœu, car pour Bonne Maman et l’os du poulet, je n’y étais pour rien, juré !

Huguette Montagne

Enfant, je détestais manger. Surtout la cuisine de ma mère. Je me demande d’ailleurs si on pouvait appeler ça « cuisine » : une espèce de gélatine archi-cuite baignant dans  l’huile. J’avais envie de vomir dès qu’il fallait se mettre à table. Je me souviens de repas interminables où je n’avais pas le droit de quitter ma chaise tant que je n’avais pas terminé mon assiette. Nous étions pauvres. Mes parents avaient cinq enfants, il ne fallait pas gaspiller.

Il  y avait cependant deux grandes fêtes chrétiennes, Noël et Pâques où l’on mettait les petits plats dans les grands. Ces jours-là, c’est papa qui cuisinait. Il aimait beaucoup se retrouver devant les casseroles. Il mijotait et revisitait de vieilles recettes, typiques de Camargue, région que nous habitions. Et ces dimanches-là, on se régalait.

A Pâques, pour la grand messe, nous étrennions nos vêtements d’été et ce, n’importe quel temps qu’il fît.
Je me souviens plus particulièrement d’un dimanche de Pâques ; je devais avoir une dizaine d’années. Après avoir grelotté plus d’une heure dans mes socquettes blanches à l’office, nous étions passés, fait exceptionnel, à la pâtisserie du village où ma mère avait acheté un énorme gâteau que nous appelions « fromager », à base de meringue, légère comme un nuage.

Nous étions ensuite rentrés à la maison. Je ne l’avais pas remarqué le matin dans l’effervescence et la hâte de mettre ma nouvelle robe vert d’eau, avec son col marin blanc et son joli nœud derrière, mais la maison était pleine d’odeurs de cuisine, de senteurs de sauce et de viande longtemps mijotées. Lentement, minutieusement, Papa avait tout préparé la veille. Il n’y avait plus qu’à réchauffer, le temps de manger des œufs mimosas dont il avait fait lui-même la mayonnaise qui était bien ferme et parfumée, symbole même de ce repas de fête. Il avait ensuite amené l’énorme cocotte en fonte qui fumait. Il souriait, fier d’avoir cuisiné ce plat qui sentait si bon, heureux à l’idée de régaler sa famille. La maison, d’habitude si bruyante des cris de mes frères et sœurs, des colères de ma mère, devint silence.

Moi, je fermai les yeux pour mieux apprécier ce moment, pour essayer d’en deviner tous les ingrédients : la sauce d’abord, qui embaumait tout, lourde, puissante, comme le vin rouge qui la composait, puis l’ail, l’oignon, les fines herbes et la tomate, indispensables dans tout met provençal. J’avais l’impression de courir dans La garrigue chaude, vivante, odorante. Je devinai aussi quelque ingrédient secret. Enfin, la viande, sauvage, forte, différente… comme les taureaux tués à la corrida du dimanche des Rameaux, le tout accompagné de « rattes », petites pommes de terre toute nouvelles sorties de terre, sautées à la poêle.
C’était la première fois que nous mangions du taureau. La viande était forte, mais cuite longtemps à petit feu, elle était fondante, savoureuse.
Lorsque je rouvris les yeux, papa me regardait. Il me fit un clin d’œil complice, que personne ne remarqua. J’imaginai que c’était à moi seule que ce plat était dédié. Du coup, il avait le goût même de l’amour. Des larmes de bonheur et de douceur vinrent, ce dimanche-là, agrémenter la sauce, comme si j’étais déjà consciente de vivre l’un des rares moments de bonheur de mon enfance.

Fabienne Fabre

 

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Les dimanches à la campagne

Les dimanches à table, c’est la petite madeleine de PROUST de mon enfance. Ce jour-là, c’était la fête à la maison.
Pas parce qu’on recevait la famille ou les amis.
Pas parce qu’on mettait les petits plats dans les grands et qu’on sortait la jolie nappe en lin et le service en porcelaine.
C’était tout simple : on prenait la tangente, mémé, maman et moi.

Ce jour-là, à 11 heures précises, on fermait la porte derrière nous et on montait dans la 207 bordeaux  qu’on avait décidé d’appeler Sophie (parce que ce prénom lui allait comme un gant) ; Maman se mettait au volant, toujours élégante et bien coiffée, mémé s’asseyait lourdement à côté d’elle (c’était une très belle femme quand elle avait quelques années de moins) ; elle râlait un peu, comme d’habitude, je ne me souviens pas pourquoi, mais au bout de quelques minutes, on ne l’entendait plus. Elle se laissait conduire, après une semaine de travail acharné.  Elle adorait ENFIN se laisser conduire, et ne plus avoir à décider de quoi que ce soit…
Moi, j’étais à l’arrière, derrière maman, je dévorais des yeux le paysage qui défilait. Et toutes les trois, sans rien dire, on pensait déjà au dimanche à table qui nous attendait.

A  12 heures pétantes, Sophie arrive à destination. Tel Jolly Jumper, le cheval de Lucky Lucke, elle freine brutalement devant un restaurant dont j’ai oublié le nom, à la lisière d’un bois. « Vas garer Sophie », dit mémé à maman d’un ton sans appel, comme si elle allait la laisser en plein milieu de la route, «  je vais voir la patronne ».
Maman et moi connaissons le rituel : mémé  monte les escaliers jusqu’à l’entrée du restaurant, et on la laisse papoter avec la patronne qui est à peu près de la seule personne que mémé admire (juste derrière son fils Ernest).
Après avoir garé Sophie dans un endroit tranquille (on n’est à la campagne dans les années 60, rien à craindre !), maman et moi nous promenons. On respire le parfum des fleurs, on admire la campagne calme et souriante qui nous accueille, comme tous les dimanches.
Car vous l’avez compris : tous les dimanches, pendant cinq ans, Sophie, les yeux fermés, nous emmène dans le meilleur restaurant de la région, là où on ne voit plus les terrils, les usines, les corons.
On y mange une délicieuse cuisine familiale, celle que ma grand-mère réussit si bien dans l’hôtel restaurant qu’elle tient de main de maître : 6 jours sur 7, levée à 5 heures du matin, jamais couchée avec les poules (mais plutôt tard le soir). Pour ma mère, c’est la même bouffée d’oxygène, elle qui sert à table, fait les lits, lave le linge et la vaisselle à la main…. Ma grand-mère a horreur du progrès !
Ces dimanches à table, c’est notre espace de liberté. Mémé se met les pieds sous la table, elle se laisse servir comme un princesse, elle a la dent dure, mais après avoir testé bien des restaurants, c’est celui-là qui lui plaît : les menus sont copieux et délicieux, la patronne a du caractère (comme elle) et la vue panoramique sur la forêt est magnifique.

La prochaine fois, si notre maîtresse nous donne un autre exercice à faire : je vous raconterai, si cela vous intéresse, ce que maman et moi faisions après le déjeuner pendant que mémé papotait avec la patronne, une fois les clients partis. Peut-être même piquait-elle un roupillon ? Ca,  on ne le saura jamais, elle aurait été trop fière pour l’avouer.

Marie-Pierre Beaulier, Nouméa, le 1er juillet 2013

 

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