Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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25 juin, 2013

Atelier du 24 juin 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 4:17

DEVOIR :
Vous êtes chargé par le maire de rédiger un discours pour l’inauguration des nouvelles toilettes publiques.

Atelier du 24 juin 2013 poil1-300x224

De nouvelles toilette publique à Poil !

Madame la préfète de région,
Monsieur le préfet,
Mesdames, messieurs les députés,
Monsieur le sénateur,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monseigneur,
Mesdames messieurs,
Chers amis,

Mes premiers mots seront pour vous remercier de votre présence, très nombreuse, qui donne à l’inauguration de cette œuvre l’éclat qu’elle mérite. Notre assemblée, par son importance, en est le vivant témoignage.

Enfin, je tiens à remercier le ministère de la Culture, les mécènes, les autorités ecclésiastiques, ainsi que tous les habitants qui, chacun, par leurs décisions, leurs contributions et, il faut bien le dire aussi, leur dons, ont rendu possible cette réalisation qui vient désormais orner le patrimoine de notre charmant village, Poil.

C’est un honneur et une vraie joie d’être parmi vous, aujourd’hui, à Poil, pour l’inauguration de ce monument. Il s’agit d’une journée rare et dont nous pouvons dire, sans craindre d’être démentis, qu’elle restera dans les mémoires poilaises et sans doute très au-delà, comme une date marquante de l’histoire de notre village.

C’est une chance de pouvoir accueillir cette création et c’est ainsi que les élus à Poil la reçoivent, conscients de sa valeur. Si l’on devait nous interroger sur les raisons de notre satisfaction, nous mettrions en avant les raisons suivantes, qui seront, nous l’espérons, de nature à être partagées :
- Ce monument, érigé au centre de la grand place fera la fierté de tous les habitants à Poil
- Conscients qu’il ne devait pas rester sur le quai du progrès, Poil s’est dressé avec le courage qui le caractérise pour entrer dans le
- Nous espérons, enfin, que cet édifice nous amènera des touristes du monde entier pour leur montrer que, ce n’est pas parce qu’on est à Poil qu’on n’a pas des ambitions de développement. Donc, je le crie aujourd’hui : Tous à Poil !

Pour conclure, je forme le vœu que chacun d’entre nous viennent à son tour faire vivre le lieu, l’œuvre et à travers eux, Poil.

Fabienne

DEVOIR :
Ecrivez une suite originale (en prose ou en vers) et le plus loin possible de l’original, au premier vers du fameux poème de Paul Verlaine : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant… »

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
Où je te revois vivant
Tu marches près de moi en riant
Nos cheveux mêlés dans le vent

Le long de cette plage immense
Nous cheminons en cadence
Tu me tires dans les côtes
Pour atteindre la cime la plus haute

Je sens cette force en toi
Qui fait de moi ta proie
Consentante et heureuse
Devant cette puissance généreuse

Face à l’adversité
Je sens ma fragilité
Et j »espère de tout coeur
Annihiler ce grand malheur

La douleur n’est pas vive
Car j’essaye de me raisonner
Mes pensées vers toi se rivent
Et rien ne m’empêche de rêver

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
Où tu me regardes en souriant

Puis je m’ éveille grandie
Grâce à ce lien qui nous unit
Faisant de notre amour un port
Bien plus fort que la mort

Françoise Ravelli

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
Où rôde sur la grève des désirs récalcitrants

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Verlaine

Ecorcheurs de mots d’aile, modèle d’égorgeurs
Le vers en tête, bohème, la rime aux pieds, poème.

Versificateur d’art, le verset au hasard,
La lyre tu oses tuer par virtuosité,
Sculpteur d’alexandrins qui joue le baladin,
Scruteur de chansonniers qui tue le parolier.

Les poétesses heureuses font office sans artifice
De leur talent, tueuses. Prêtresses du sacrifice,
Elles poignardent les maux de leurs couteaux à mots.

Sonnets assassinés d’une overdose de prose
Sur la grève du malin quand les rêves au matin
Dans la mort en miroir, se meurent, se moirent.

Sylvie Trabuc

EXERCICE :
Vous avez acheté un appareil électrique. Lorsque vous arrivez chez vous, cet appareil ne fonctionne pas. Vous allez rédiger un courrier au SAV pour dire ce qui ne va pas avec les mots obligatoires donnés toutes les 2 minutes :
Musulman, chambre, mauvais temps, orchestre, gélatine et les bras croisés.

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LE rice-cooker !

Monsieur le Directeur,

J’ai l’honneur de porter à votre attention ma profonde inquiétude mécontentement après avoir acheté un rice-cooker pour l’offrir à ma maman musulmane pour la fête des Mères.
D’abord, je n’ai pas bien compris pourquoi elle l’avait installé dans la chambre à coucher, sur la table de chevet  entre les lits jumeaux de mes parents.
A partir de ce moment, tout s’est mis à aller de travers autour de nous : en plein mois de décembre, à Nouméa, un mauvais temps s’est installé durablement ;  il s ‘est mis à neiger, à grêler, l’eau gelait à la surface de la mer.

Pour essayer de réconcilier la ville avec le beau temps, M. Le Maire a fait venir sur la place des Cocotiers l’orchestre le plus déjanté qu’on ait jamais entendu de mémoire de musulman, de caldoche, de calédonien, de canaque, de gecko, de Zahia, etc…. etc….

D’un geste assuré et courageux,  j’ai décidé de soulever le couvercle du rice-cooker, cet appareil tout neuf récemment introduit chez nous par mes bons soins,  qui était à n’en pas douter à l’origine de ces dérèglements.
Sous mes yeux,  une masse informe et dégoûtante de gélatine tremblotait et luisait faiblement.
Les bras croisés, j’assistais impuissant à une terrible découverte. Le rice-cooker venait d’être attaqué par un dangereux envahisseur ; cet appareil n’était  vraiment pas fait pour les musulmans. De là découlèrent toute une série de catastrophes.

J’étais le seul à en être conscient, j’avais tout compris. Il était de mon devoir d’agir pour sauver l’humanité en danger de désintégration.
Il était de mon devoir d’arrêter cette hécatombe avant qu’il ne soit trop tard.
Je décidais de le jeter par la fenêtre : il s’écrasa sur le premier passant qui se trouvait dessous. Ma mère et mon père se mirent à hurler sur moi, je les tuais d’un seul coup de couteau (enfin, deux, mais un pour chacun, vous m’avez compris).
Quand la police, alertée par les voisins,  m’arrêta, j’eus beau expliquer les raisons de mon geste, personne ne m’a compris.

Je vous écris du Centre Hospitalier Spécialisé en espérant que vous, au moins, me croirez.

Je vous en supplie : interdisez la vente de votre rice-cooker aux musulmans, sinon… le monde court à sa perte, et là où je suis, je ne pourrai plus rien faire pour empêcher l’irrémédiable !

Marie-Pierre Beaulier, Nouméa, le 24/06/2013

Monsieur le Directeur du SAV,

menage2-300x266 Fort Boyard
Appareil : »la paix des ménages »

J’ai acheté hier, dans votre magasin, un appareil appelé « la paix des ménages ». Or, lorsque j’ai essayé de le tester, je me suis rendue compte qu’il ne fonctionne absolument pas. Cet appareil est censé donner le milieu exact du lit. Peut-être celui que j’ai acheté était prévu pour un pays musulman, car ma place était réduite au quart du lit et de la chambre.

Le France est un pays où les femmes ont les mêmes droits que les hommes, alors, j’ai droit à la moitié de la couche, et du reste !

Vous allez sûrement me dire que cet appareil s’est déréglé à cause du mauvais temps ? Dans ce cas-là, est-ce un appareil fiable ? En ce qui me concerne, j’aimerais qu’il soit réglé comme du papier à musique, comme un orchestre avant l’opéra, bref, qu’aucune condition extérieure ne puisse influencer ses résultats !

Comme vous le savez certainement, cet engin coûte extrêmement cher et j’entends bien qu’il puisse fonctionner par n’importe quel temps, qu’il fasse très chaud, à tel point que la gélatine fonde, ou très froid, comme au pôle nord, ou encore si humide que les champignons commencent à y pousser dessus…  Croyez-moi, je ne vais pas rester les bras croisés : je vais tout mettre en œuvre pour que vous me donniez un nouvel appareil ou, au pire, pour être remboursée. Je vous joins également la facture à l’appareil.

Merci de bien vouloir faire le nécessaire sinon vous vous exposeriez à de graves problèmes.

Cordialement,

Fabienne

La notice de mon Musul ment. Ce qui est mentionné sur le mode d’emploi ne correspond pas au fonctionnement de mon Musul. Je l’ai placé dans le tiroir de la table de chevet de ma chambre comme indiqué. Dans la soirée, alors que je ne l’avais pas encore utilisé, il s’est mis à vibrer. Peut-être était-ce à cause du mauvais temps et des ondes électromagnétiques. Il est vrai que cette nuit-là l’orage jouait de ses éclairs comme un chef d’orchestre.
Comme je n’arrivais pas à le stopper, j’en ai profité pour l’utiliser. Et je l’ai mis, comme il est dit dans la notice, la crème qui ressemble d’ailleurs à de la gélatine. A son contact, il s’est arrêté. Bizarrement, il n’y avait plus moyen de le démarrer. Et puis je suis restée les bras croisés.
Aujourd’hui seconde tentative, je n’allais pas rester sur ma faim. Enfin bref, vous voyez monsieur le directeur, j’aurai besoin d’un coup de main.

Je vous remercie d’avance de toute l’aide que vous pourrez m’apporter.

Sylvie Trabuc

EXERCICE :
Fort Boyard : Un candidat oublié dans la cellule d’une épreuve retrouvé 7 ans plus tard !

Fort Boyard renferme-t-il des candidats oubliés ???

- Ouh ouh…… Vous m’entendez ?
Monsieur ? Monsieur ?
Zut, je l’appelle Monsieur, mais avec cette tignasse qui lui tombe sur les pieds, c’est peut-être une femme ?
Ouh ouh….. Vous là-bas
Ne vous cachez pas, n’ayez pas peur ! ll n’y a plus de tigres à fort Boyard, la production les a supprimés du jeu depuis qu’un candidat a été mangé tout cru en 2006.

 Si si, je vous assure. D’ailleurs, c’était un de vos concurrents, il me semble, puisqu’on vous cherche depuis cette année-là.
Enfin quand je dis qu’on vous cherche : ce n’est pas votre femme ni vos enfants. Ils ne vous supportaient plus, enfin, c’est ce qu’ils  nous ont dit quand on leur a proposé de lancer un avis de recherche à la télévision.
Ils nous ont dit : pas la peine, on se débrouille mieux depuis qu’il a disparu.
Fini les scènes de ménage, les coups sur les gamins, et les cuites qu’il prenait tous les soirs en rentrant du travail…
Alors comme ça, vous avez fait votre petit malin : vous vous êtes planqué dans la forteresse, le père Fouras était dans le coup, et il vous a nourri pendant toutes ces années !

 Ah ! ce père Fouras, quelle enflure !

 Il se plaint qu’on le laisse tout seul entre les tournages, on lui apporte tout ce dont il a besoin : call-girls, foie gras, caviar et Champagne….
On fait tout ça  pour  acheter son silence sur les trucages du jeu, qu’il ne parle  pas des candidats célèbres qui sont payés grassement pour faire semblant de courir dans les galeries, j’en passe et des meilleures….
Et Monsieur Fouras en profite pour se faire un  bon copain qui vit à ses crochets depuis 7 ans !
Qu’est-ce que vous répondez à ça, Monsieur le candidat introuvable depuis 7 ans ?

Comme un  écho à la voix tonitruante du producteur, un silence glacial s’abattit sur la forteresse….

Une voix timide et tremblante émergea de la barbe épaisse et sale qui recouvrait le visage méconnaissable de Monsieur Jacques Martineau, candidat de la dernière émission :
- Ah, cher Monsieur, si vous saviez ?
- Quoi donc, allez-y, lui répondit le producteur avec agacement ?
- Eh bien, c’est simple, murmura Monsieur Jacques Martineau : j’ai passé 7 années merveilleuses ici, au calme, avec les araignées, les cloportes, les souris. Ils sont bien moins pires que les hommes et que ma femme. J’ai même pu les apprivoiser, ils viennent me manger dans la main.Plus besoin de tricher, de mentir, de se raser tous les matins et de nouer ma cravate.
Et surtout je n’ai plus peur !
Enfin, je suis un homme libre et vous ne me ferez plus sortir de cette forteresse, même pas pour tout l’or du monde de votre fichue cagnotte !

 Marie-Pierre Beaulier,  Nouméa, le 24/06/2013

Passepartout, le nain du célèbre jeu de Fort Boyard animé par le père Fouras, a découvert, lors d’une inspection poussée du sous-bassement, les restes d’un corps dans l’une des oubliettes du fort. Après enquête sur l’ADN, la police a révélé que le corps, malgré le stade de pourriture très avancée, était celui d’un sportif peu connu du grand public, qui avait participé en 2006 à l’une des émissions.
Sans pouvoir l’expliquer, il s’avère que l’homme âgé d’une trentaine d’années a été oublié dans une oubliette. Sa famille n’a pas mentionné sa disparition auprès des services de police pensant qu’il s’était enfui avec les pièces d’or gagnées pendant le jeu qui ont disparu ce même jour. L’autopsie a révélé que le jeune sportif n’était pas mort de faim puisqu’on a retrouvé des restes de chair de rats dans son estomac. Il semblerait que le manque de lumière et l’humidité aient eu raison de sa capacité à résister au froid et à la solitude.
Le directeur actuel de la chaine a demandé l’arrêt immédiat de la diffusion des émissions de Fort Boyard en attendant un éclaircissement sur ce qui s’est passé dans ce cachot.

Sylvie Trabuc

 

19 juin, 2013

Atelier du 17 juin 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:31

DEVOIR 
Fiction :
Inventez le passé et les débuts misérables de notre président de la république sur le style du misérabilisme.

Atelier du 17 juin 2013 hollande-267x300

Dans une émission télévisée, le chroniqueur politique rappelle :

Eh oui, à peine un mois et demi après son élection, au défilé du 14 Juillet, notre président a glissé à cause de la pluie et est tombé comme un bloc par terre. Sa tête a pris un coup, il est depuis dans le coma.
C’est son double qui préside. De ce fait, aucune grande décision ne peut être prise. Nous sommes dans une situation incompréhensible d’immobilisme parfait.
Les deux grands camps s’opposent depuis des mois pour mettre en place la réforme de la constitution afin de pouvoir lancer la réélection d’un nouveau président par obligation.
Rappelons que c’est l’assemblée qui vote l’incompétence du président afin d’annuler l’élection et de pouvoir en organiser une nouvelle. Voilà trois fois que ce vote a été proposé à l’assemblée mais  comme le front de gauche est majoritaire, personne ne veut déclarer cette incompétence. A croire que les députés y trouvent leur compte puisque les derniers sondages donnent la majorité aux représentants de droite à l’élection présidentielle.
Un accord a finalement été trouvé, ce qui impose à la gauche de proposer ce nouveau texte constitutionnel, mais ses représentants ne sont pas encore prêts.
Donc à quand la planification du vote de cette nouvelle loi à l’assemblée et au sénat, sachant que les grandes vacances arrivent à toute vitesse et que certains de nos élus, des deux camps, sont déjà en congés ?

Arnaud Decombis

                                                                                                               L’Françouais
C’était un pov gars
Y s’app’lait François…
Ou plutôt l’Françouais, comme disait la mère Hollande, qui l’trouvait ben niais ! Toujours le nez sur un livre, bigleux comme il était, et des lunettes fallait pas y penser, on n’en avait jamais porté dans la famille !

Le père Hollande, lui, un brave bûcheron rude à la tâche, ne comprenait pas comment il avait pu faire un gars aussi maladroit, malhabile, mollasson, pâlot, et se posait parfois des questions…Quand il avait un petit coup dans le nez, il engueulait la mère : avec qui que tu l’as fait, çuilà ? C’est pas Dieu possible d’être sans force comme lui ! Qui que c’est qu’est passé par là quand j’étais dans la forêt à tomber des arbres ? Hein ? La mère ? J’te cause !
Elle ne répondait pas, une baffe s’abattait sur elle, elle faisait le dos rond, elle savait bien qui était passé un jour entre ses cuisses, un beau gars de la ville, bien éduqué, bien comme il faut, qui l’avait embobinée, avait fait son affaire et était reparti sans laisser son adresse, pardi !
Et le petit François devint le jeune François, toujours aussi maladroit, malhabile, mollasson et pâlot…
Le père avait renoncé à lui apprendre le métier, il se contentait de jeter ses livres dans la cheminée quand il le voyait plongé dedans, et partait d’un gros rire imbécile devant la mine ahurie du gamin : c’était son petit plaisir : ses larmes le mettaient en joie ! Les punitions tombaient sur le pauvre François, pour un rien : il n’avait pas nettoyé les bottes crottées du père, il avait oublié de mettre sa chopine sur la table, il avait été trop poli avec le facteur, pas assez avec le curé…
François apprit donc très tôt l’humiliation, l’incompréhension, l’injustice.
Pour survivre dans ce milieu débilitant, il apprit à ruser, à cacher ses intentions, ses sentiments, son intelligence, il afficha en permanence un air « normal ». Il ne savait pas encore qu’il faisait là, grâce à ses parents stupides et mauvais, son apprentissage de la vie politique !
François fut remarqué par un instituteur  perspicace qui réussit à persuader les parents que leur intérêt était de se débarrasser du gamin en le mettant en pension : ils toucheraient une bourse substantielle, qu’ils garderaient pour eux, car l’instituteur promit de subvenir aux besoins de l’élève.
Ce qui fut fait.
La suite, on la connait : brillantes études, dont les parents ne surent pas grand chose, désir de revanche, engagement politique, et enfin … Président !
Oui, Françouais, le niais à sa mère, est devenu notre président, le président de tous les Françouais ! Il a gardé son air « normal », un peu mollasson, pâlot et maladroit, sauf que maintenant il porte des lunettes !

Huguette Montagne

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Un président normal

C’est le 12 août 1954, à Elbeuf, une banlieue misérable de Rouen que naquit le petit François. Il se prénomma également Georges en deuxième prénom, comme son père, chômeur de profession et alcoolique notoire. Il arriva deux ans après la naissance de son frère aîné Philippe. Ils habitaient un logement minable et sale dans le quartier défavorisé des Fauvettes. Un quartier des plus mal famés car y logeait toute la jeunesse  délinquante de Rouen.

Sa mère était une pauvre femme inculte, toujours malade, qui avait du mal à s’occuper de son ménage et de ses deux fils. Elle était complètement soumise à son brutal mari.

François se rappellera toute sa vie ce soir de novembre où son père arriva plus saoul et plus énervé que d’habitude. Une dispute éclata rapidement car ces soirs-là, tout était prétexte à dispute. Les coups commencèrent à pleuvoir sur sa mère. Du haut de ses huit ans, François essaya bien de s’interposer, mais son père lui mit une claque qui l’envoya valdinguer de l’autre côté de la pièce. Sa mère tenta de se protéger de ses bras, mais épuisée, y renonça bien vite. Son père, sa colère décuplée par cette passivité continua de cogner, de cogner… Le petit François avait beau se boucher les oreilles, recroquevillé et tremblant dans un placard, serré contre son grand frère, les lamentations de sa mère lui parvenaient, de plus en plus faibles.

Les voisins, pourtant habitués aux disputes, appelèrent la police qui constata le décès de sa mère et emmena son père, menotté. Il fut séparé de son frère et balloté de foyers en familles d’accueil jusqu’à sa majorité. Ensuite, il rejoignit rapidement le quartier des Fauvettes et intégra une bande de petits casseurs. Jusqu’au jour où enfin, la chance lui sourit. Alors qu’il était en train de dévaliser un appartement rupin, le propriétaire, un gros bourgeois, revint plus tôt que prévu. Ce dernier, non seulement n’appela pas la police, mais prit le jeune François sous son aile. Son bienfaiteur s’appelait François, comme lui, François Miterrand.

Fabienne

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Pépère et Mémère

Mémère et pépère

Mémère : As- tu remarqué que la liste des surnoms que l’on nous donne augmente de jour en jour ?
Pépère : Eh oui, ma chère « First Girl Friend » les médias ne nous loupent pas. Mon préféré reste « Culbuto » ça penche, ça vrille, ça pique du nez, mais ça revient toujours sur sa bas .
Mémère : Cette histoire de déclaration de patrimoine favorise un certain misérabilisme
Pépère : Ma petite Rottweiller préférée, la France est en déclin, le chômage augmente, les retraites ne pourront plus être payées. Il faut montrer au « peuple » que notre patrimoine est loin d’être aussi important qu’il le pense et que nous partageons sa souffrance.
Pépère triture sa cravate depuis un moment.
Mémère : Laisse ta cravate tranquille, elle est déjà toute de guingois. Où en est tu avec cette Loi d’imposition à 75% sur les grandes fortunes ?
Pépère : J’ai dû revoir cette taxe à la baisse. Depuis l’affaire « Depardieu » les nantis quittent notre beau pays les uns après les autres.
Mémère : Heureusement que ton humour prend toujours le dessus, ce n’est pas pour rien que l’on t’appelle « Monsieur petites blagues ».
Pépère :
As-tu entendu comment j’ai conclus mon discours du 29 mai en Aveyron : « Il y a beaucoup de mauvaises nouvelles, il pleut tout le temps depuis mon élection, mais vous allez voir, cela va se lever ». Gouverner c’est « pleuvoir » et de ce point de vue là nous réussissons parfaitement.
Mémère : Et puis cette affaire Cahuzac qui pourrit la gauche.
Pépère : A cause de lui je n’ai plus de parité femmes/hommes dans mon gouvernement.
Mémère : Je vais tweeter pour expliquer les raisons de mon déplacement au Mali.
Pépère : Attention ma Duchesse, pèse bien le pour et le contre avant de tweeter.
Mémère : Tu ne me fais pas confiance ou quoi ?
Pépère : Mais si ma petite « Tweetweiller » mais parfois les Français sont si bêtes qu’ils interprètent tout de travers.
Mémère : Pour réparer la France tu peux toujours sortir ta boîte à outils mon cher  » Monsieur Bricolage« .
Pépère : Comment me trouves-tu sur la photo officielle ?
Mémère : Cette pimbêche de Carla a  raison tu ressembles un peu à un pingouin.
Pépère : Je préférerais ressembler à un grand président de la République, même si de temps en temps je fais des petites bourdes, comme l’autre jour en confondant les Chinois et les Japonais.
Mémère : Une majorité de Français attend le « changement ».
Pépère : Plus de chômeurs, plus de précarité, les heures supplémentaires imposables, plus de taxes et d’impôts, moins de pouvoir d’achat.
Mémère : Que de changement en effet, j’en suis toute émue.
Pépère : Dépêchons nous ma petite « Marie Antoinette », nous recevons Angela Merkel et je dois être à l’heure pour saluer cette grande dame qui me trouve si petit.

Françoise

EXERCICE :

Dans un futur lointain, des extraterrestres (ou ex-humains ?) reviennent sur la terre, une planète morte, et tombent, par hasard dans un ancien atelier technique d’une municipalité (mais ça, eux, ne le savent pas) et découvrent un stock de panneaux de signalisation routière. Quelle sera leur réaction et que vont ils penser ?stop-300x289 Françoise

Un groupe d’extraterrestres accompagnés de leurs esclaves humains s’invitent sur la planète appelée autrefois Terre, qui est maintenant répertoriée en planète de classe 1 pour sa dangerosité.  Ils en ont tous bravé l’interdit, attirés par leur cupidité : ils ont entendu les esclaves parler des richesses de leur planète mère. Ces extraterrestres, les  Chmurtzs, se téléportent donc avec quelques esclaves dans un bâtiment. Il n’y a plus rien dans cette bâtisse, sauf un gros tas de panneaux de signalisation routière, mais plus personne ne sait ce que cela signifie.
Les idées fusent et les suggestions vont bon train :
Les esclaves pensent que ce sont des panneaux de communication pour les plateformes d’atterrissage des vaisseaux spatiaux, pour le stop,  la grosse flèche vers la gauche ou vers la droite, ou encore celui avec les nombres. Pour les flèches, cela indiquait d’aller plus vers la gauche ou la droite. Pour les nombres que le vaisseau est arrivé soit à 90 cm ou à 50 cm du sol, etc…

Par contre les Chmurtzs, pensent que ce sont des panneaux de communication,  car la langue des esclaves semble pauvre à leurs oreilles : de tels panneaux devaient être nécessaires pour se comprendre du temps des humains. Il y a des triangles avec des animaux représentés à l’intérieur, sûrement utilisés pour préciser ce qu’ils aimeraient manger quand ils avaient faim.
Ils connaissaient le panneau rouge et blanc avec des lettres formant le mot STOP : ils l’avaient entendu de leurs esclaves et se l’étaient fait expliqué : ce panneau stop semblait être surtout utilisé par les femmes pour prévenir leurs hommes que leurs « voies naturelles » étaient en dérangement.

Le panneau avec un homme au milieu de traits devait préciser les zones habitées. Par contre ceux avec un P ou un H sur fond bleu, ou toute autre lettre quelle qu’en soit la couleur de fond, à quoi pouvaient-ils correspondre ? Peut-être  à prévenir d’une zone contenant des métaux ou des gaz, P comme phosphore ou pétrole et H comme hélium.

Les Chmurtzs étaient rassurés, ils étaient proches de s’enrichir en exploitant les dernières ressources terrestres, il ne manquait plus qu’à trouver ces derniers panneaux dressés vers le haut à travers la Terre.

Arnaud Decombis

 

Wazaby progresse lentement au milieu des décombres. Son tripode de titane lui permet d’osciller à droite, à gauche, tout en maintenant sa vigilance sur ses arrières. Son buste de lumière produit suffisamment d’énergie pour visualiser les alentours sur un périmètre d’une vingtaine de mètres. Dans le fond de l’entrepôt il peut ainsi percevoir quelque chose qui réfléchit son éclairage. Il s’avance avec curiosité jusqu’à cette drôle de lumière qui aveugle l’objectif qui lui sert de ce que anciennement les humains appelaient la vision. C’est l’un des moyens par lequel il peut percevoir ce qui l’entoure, la distance, la taille, voire même de définir l’objet sur lequel il concentre son attention. Mais  l’éclat de ces choses, là dans le fond,  intrigue Wazaby.
Pas à pas, le tripode s’approche de la cible, il distingue maintenant différentes formes, triangulaire, ronde, carrée, ou hexagonale. Wazaby a beau chercher une définition à ces choses, y compris jusque dans les anciens ouvrages, les photos, les Google et les Youtube de la préhistoire, rien ne lui permet nommer ce qu’il voit. Toutes ont pourtant une même caractéristique : une forme droite et longiligne qui ressemble à un monopode.
S’agit-il d’un ennemi dont l’arme serait d’aveugler l’adversaire avec sa propre lumière ? Wazaby n’a jamais entendu parler de cette forme de vie dans les dimensions cosmiques qu’il connait. Il s’enquiert de savoir de quelle planète ou de quelle formation sont ces énergumènes à pied unique. Il essaye dans toutes les langues listées dans son espace mémoriel, celui qu’il a inséré dans ce qui lui sert de ce que les humains appelaient le cerveau. Il s’agit de différentes capacités de stockage d’information qui s’apparentent à des mini micro-puces, interconnectées à la demande, de façon à sécuriser les différents systèmes.
Wazaby a pourtant pris soin d’emmener avec lui toutes sortes de données avant de partir en mission d’exploration des anciens mondes. Les choses réfléchissantes ne réagissent à aucunes de ses multiples tentatives d’entrer en contact, ni magnétique, ni acoustique, ni visuelle. Rien, les choses semblent inertes. Il s’agit peut-être d’un piège fomenté par les Fondus Lactés, concurrents et ennemis des Absolus Noirs de la galaxie Chocolat.

Planté sur son tripode, prêt à réagir à toutes éventualités, Wazaby décide d’avancer son bras élastique, constitué de matière extra-extensible, afin de toucher l’une des choses. Mais avant tout mouvement, il rend compte à sa hiérarchie, restée à bord de la nacelle qui les avait conduits sur cette étrange planète : il se trouve face à une armée de monopodes qui réfléchissent la lumière produite par lui-même, mais qui s’éteignent dès qu’il cesse d’émettre la moindre clarté. Il ajoute qu’il va tenter d’entrer en contact avec eux avec son bras extensible. D’après ses perceptions visuelles, ces monopodes sont constitués, semble t-il de métal, pour certains de couleur rouge sur fond blanc, d’autres bleu, d’autres encore jaune. Certains semblent identiques, certains affichent des pictogrammes, d’autres des lettres de l’ancien alphabet utilisé autrefois par les bipodes. Peut-être ont-ils atterri sur la vieille planète bleue. D’après ses mini-micro-puces, cette planète était peuplée de bipodes il y a plusieurs millions d’années. Mais il n’y a rien dans sa capacité de stockage mémorielle qui concerne des éventuels monopodes.

A ces mots, sa hiérarchie le stoppe net dans sa progression : ces bipodes appelés également humains, étaient des êtres d’une extrême dangerosité. Il vaut mieux éviter toute tentative inconsidérée. Wazaby doit impérativement revenir à bord. Une étude approfondie sera menée avant d’aller plus loin dans son investigation sur ces monopodes.

Wazaby reste perplexe. S’agit-il de la planète bleue ? Que font des monopodes chez les bipodes ?

 Sylvie Trabuc

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Oeuvre d'art d'une autre ère

Ce matin-là, la mission d’archéologues de la planète BX284, du système solaire ARCADIS, se posa sur la terre. Depuis quelques temps, cette vieille planète morte depuis des millénaires servait de lieu pour leurs investigations. Ils avaient trouvé, il y a peu de temps, des espèces de boîtes en fer, avec des sièges à l’intérieur. Ils se demandaient bien à quoi cela pouvait servir. Ils en avaient fait une exposition au « grand parc des technologies anciennes et périmées » et tous les BXdeuxcentquatrevingtquatrisiens s’étaient réjouis, bien qu’aucun n’osât émettre la plus petite idée en ce qui concernait l’utilisation de tels objets.

Ce matin-là donc, Les plus illustres scientifiques de BX284 revêtirent leur combinaison pour explorer une nouvelle parcelle de cette vieille terre : une toute petite île dans un vieil océan. Ils chevauchèrent des engins motorisés leur permettent de couvrir de grandes distances. Au bout d’un court moment, le chef de file s’arrêta. Il avait trouvé, gravé sur du métal une inscription dans un très vieil alphabet. Grâce à sa tablette numérique, greffée dans son cerveau, il put tout de suite traduire : BOURAIL. Qu’et ce que ça signifiait. Aucun n’avait de réponse. La plaque de métal rejoignit le coffre de l’engin pour étude ultérieure. L’avancée était très lente car ils devaient se frayer un chemin dans la jungle. Heureusement, les lasers tondeurs leur étaient bien utiles. Peu après, ils arrivèrent devant une énorme boîte en métal (encore, décidément, le métal était un mode d’expression courant pour ces peuplades anciennes). Avec leur laser perceur, ils ouvrirent une espèce de porte dans cette immense boîte. Quelle ne fut pas leur surprise : par terre, s’étalaient des choses qu’ils n’avaient jamais vues : toujours en métal, des ronds, triangles sur fond blanc avec des inscriptions dessus. Il y avait également des carrés, sur fond bleu qui disaient d’autres choses. Les archéologues n’avaient jamais vu de telles choses. A quoi cela pouvait-il bien servir ? Herman, le plus âgé et le plus sage de la mission suggéra que ces espèces de pancartes pouvaient peut-être servir à donner le nom du propriétaire d’un logement, Jarof, son collègue voyait plutôt ça comme un jeu qui distrayait les peuplades anciennes. Mais comment trouver la règle ? Zebra, suggéra que c’était peut-être des œuvres d’art, un lointain mode d’expression. Cette idée rallia tout le monde. Tous s’exclamèrent sur la qualité et l’originalité des dessins. Malheureusement, ils n’étaient pas signés. Malgré tout, ils chargèrent avec maintes précautions toutes les pancartes dans le coffre de leur bolide, ravis de leur butin. Ces « choses » rejoindraient les espèces de cuves en faïence qu’ils avaient trouvé la dernière fois au Musée national des arts primitifs de BX284 !

Fabienne

12 juin, 2013

Atelier du 10 juin 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:13

DEVOIR :
Barbie organise une mégateuf pour ses 54 ans. Racontez les invités, l’ambiance, les cadeaux…

Voilà quoi, plus de quinze ans que je ne suis pas revenu dans cette maison… ça me fait bizarre. Longtemps je n’ai pas voulu  la revoir ; trop douloureux. Nous avions une vie de rêve : une superbe maison avec piscine, meublée d’un goût exquis quoique je n’ai jamais vraiment aimé le rose, des voiture de course, le jet privé… Bref, après le divorce, il ne me restait plus rien… J’ai dû réinventé ma vie, la reconstruire. Ça n’a pas été facile, au début, Barbie, avait tellement de charisme que tous nos amis avaient fait bloc autour d’elle, me laissant seul. Mais peu à peu, elle s’est lassée des amis de notre âge, les trouvant trop vieux, trop démodés.

Je luis reprochais de ne pas vouloir vieillir,  de dépenser des fortunes en opérations chirurgicales et traitements miracle. En ce qui me concerne, je ne renie pas mon âge. Bien sûr que je m’entretiens, je fais du sport, des régimes, je m’habille en grandes marques, mais mes tempes argentées me donne un charme particulier et un air très sexy. Evidemment, après notre divorce, j’ai préféré changer de nom et j’ai entamé une carrière cinématographique qui, ma foi, marche très bien.

Donc, si je compte bien, aujourd’hui, elle a 54 ans… Je me demande comment elle est maintenant, il y a longtemps qu’elle ne fait plus la une des journaux… Je gare ma Jaguar sur le parking. Déjà de nombreux invités sont là, et du beau monde, à en juger par leurs véhicules. La maison brille de mille feux, toujours une déco très « girly », rose guimauve. De loin, je la vois, très entourée, une nuée de petits photographes à ses trousses (Voici, Gala, Closer, Glamour…) et à son bras, surprise ! GI JOE ! Finalement, ça ne m’étonne pas : elle a toujours aimé les gros bras avec un pois chiche dans la tête. Je m’approche, elle est impeccable, mais ses traits sont tellement tirés qu’elle doit avoir les fesses qui s’écartent à chaque fois qu’elle rigole… Un magnifique fourreau or signé Dior souligne ses formes parfaites : des seins et des fesses en plastique.

Bon, je crois que j’en ai assez vu, finalement c’était une idée stupide de venir ce soir. Je n’ai qu’une envie, rentrer à la maison et me blottir dans les bras de mon amour, l’homme invisible ! Finalement, je ne regrette pas ce divorce qui m’a permis de me rendre compte que j’étais homo…

Fabienne

Atelier du 10 juin 2013 barbie-225x300

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Barbie. Elle fête ses 54 printemps mais parait toujours aussi jeune, comme si elle se baignait régulièrement dans une fontaine de jouvence. Il est incroyable de penser que trois générations de petites filles ont pu rêver grâce à elle . Son mari Ken, lui aussi est toujours fringant. C »est lui qui a supervisé tous les détails de cette méga teuf dont le thème est « Gadsby le Magnifique ».
Ken a invité toute la famille de Barbie : ses plus jeunes soeurs Skipper, Shelly et Stacie, son frère Todd, ses cousines Jazzie et Francine. Bien sûr ses  amies sont également de la fête : Midge, sa meilleure amie, mais aussi Christie son amie noire, Kira l’asiatique et Miko la Japonaise. Sont également de la fête : la Fée Clochette, Arielle, Cendrillon, Blanche Neige , la Belle au Bois Dormant et Raiponce. Du côté des  garçons on peut apercevoir Tutti et Todd ses frères jumeaux, Le Prince Philippe, Peter Pan, et Robin des Bois.
Tout ce petit monde se retrouve dans un grand château à Saint Emilion. Les femmes et les hommes portent de ravissantes toilettes et sont aussi élégants et distingués que les acteurs du film « Gadsby le Magnifique ». Barbie porte la plus jolie robe, un fourreau de cristaux, recouvert d’une délicate dentelle. Le tout parachevé par de magnifiques diamants roses. Ken et les hommes de la soirée ont revêtu des smokings très élégants avec de magnifiques boutons de manchettes, comme les Dandies des années 1920.
Le Château ressemble à une cathédrale qui aurait d’immenses escaliers, des fenêtres démesurées, des lustres gigantesques et du mobilier art déco.
Le champagne coule à flot et la nourriture, très raffinée (caviar, foie gras, etc …) est servie à volonté. Robin des Bois invite Barbie dans un charleston endiablé. Ils sont aussitôt rejoint par l’ensemble des invités.
A minuit tout ce joli monde se retrouve autour de l’immense piscine pour admirer un magnifique feu d’artifice qui illumine le ciel, mêlant ses étincelles multicolores au ciel étoilé. Au même moment, deux serveurs apparaissent transportant une gigantesque pièce montée rose, sur laquelle les bougies ont été inversées, Barbie fête donc ses 45 ans. Tous les invités se mettent à chanter « Joyeux Anniversaire ». Peter Pan fait rire tout le monde car il chante comme une casserole.C’est à ce moment précis que Shelly, la petite soeur de Barbie, apporte une immense enveloppe en forme de coeur. Tous les invités applaudissent en scandant son nom. Barbie ouvre ses grands yeux bleus et son visage s’illumine.
Barbie et Ken sont invités à suivre, à Paris, tous les défilés des grands créateurs : Gauthier, Chanel, Dior, Hermès, etc …. Une Rolls sera mise à leur disposition et ils seront hébergés à l’Hôtel Georges V durant une semaine.
Barbie est ravie, rien ne pouvait lui faire plus plaisir. Les larmes aux yeux elle remercie tout le monde. Ken peut être content, la fête est très réussie. Les deux amoureux s’éclipsent discrètement, bras dessus,bras dessous.
Françoise Ravelli

EXERCICE :
Dans la devanture d’un magasin de chaussures, une basket de marque et un mocassin bon marché tentent de draguer un  escarpin à talon haut.

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Drague en vitrine !

C’était pas le pied dans la brocante du Vieux Bazar. Un carton dans un coin de la boutique y logeait des chaussures au kilomètre de marche incertain.
Henri Bok se sentait à l’étroit dans son nouveau logis, lui qui avait côtoyé les plus grands stades et même un podium une fois ! Ça le rendait fier.
Mais depuis deux semaines Momo Cassin y avait élu domicile lui aussi, dans cette habitation à loyer modéré cartonné, et Henri Bok trouvait qu’il sentait les ruelles malfamées.
Momo Cassin lui collait au talon et à l’heure où le néon de la boutique se couche, il essayait en vain d’engager la conversation. Mais Henri Bok n’y tenait pas plus que ça.
Le jour où le carillon de l’entrée annonça la venue d’une belle brune qui mit en dépôt ses escarpins, Henri Bok fut de nouveau tranquille. Lady Vermeil, bien connue de Momo Cassin, ils s’étaient mélangés le cuir lors d’une nuit de joie.

#Vro 10/06/2013

chausures-300x225 Barbie

Drague en vitrine

L’UNIJAMBISTE

I/ Il le reluquait le bel escarpin
Qui était posé près d’un mocassin
Lui un moins que rien elle jolie chaussure
Il n’avait jamais tâté telle pointure

REFRAIN
C’est la triste histoire d’un unijambiste
Qu’a perdu l’espoir mon dieu que c’est triste
De revoir un jour une équilibriste
Rencontrée un soir c’était une artiste

II / Et le mocassin qui payait pas d’mine
Trouva cabotine trouva cabotin
Cette prétentieuse qui faisait des mines
Elle florentine lui plutôt indien

REFRAIN 

III/  Un jeune homme entra avec une cane
Sur Nike il flasha plutôt anglomane
Entra une dame à ce moment-là
Un peu anglicane avec un boa

REFRAIN

IV/ La dame trouva chaussure à son pied
Et le mocassin lors fut esseulé
Car elle acheta aussitôt entrée
La paire d’escarpins qui fut emportée

REFRAIN

©Aline MORI, Nouméa, le 10 / 06 /13

EXERCICE :

Ecrire une histoire sur cette photo :

photo-284x300 Basket

Zézette et Félix s’aimaient d’amour tendre depuis leur plus jeune âge.
Ils ne rêvaient que d’une chose : se marier quand ils seraient plus grands. Mais Dieu, que c’était long.
Depuis quelque temps, ils avaient eu une idée : il y avait un « marchand de temps » sur la place du village et tous les jours, ils y passaient devant.
Zézette disait que s’ils achetaient du temps, les heures passeraient plus vite. Elle avait même cassé sa tirelire. Mais au fait, combien ça coûtait une heure ? Ni elle ni Félix ne savait. Et le monsieur du temps qui n’était pas là, comment faire ?
Félix avait même une idée encore plus géniale : les heures qu’ils achèteraient maintenant, pourquoi ne pas les récupérer quand ils seraient plus grands ?
Zézette avait froncé les sourcils, signe, chez elle qu’elle réfléchissait intensément.

- Tu crois que ça pourrait marcher ? demanda-t-elle d’un air angoissé

- Oui, j’en suis sûr lui répondit-il, le tout est de savoir combien nous pourrons en acheter.

- Tu sais, ces heures qu’on va acheter, on va les garder pour la fin, tout à la fin de notre vie, quand nous seront très vieux, pour que tu me tiennes encore quelques heures dans tes bras.

 Fabienne

LULU

C’était l’printemps
J’avais dix ans
Je r’gardais l’heure
Par la vitrine
Son œil effronté,
M’a pris l’cœur
Je moufte pas
Il s’agglutine

Je m’souviens pas je m’souviens plus
Mais j’crois bien qu’y s’app’lait Lulu

Il m’a pris l’ bras
Ce chameau-là
C’était devant
Chez  l’horloger
Celui de la rue
Quinquempoix
A moins qu’ce soit
Côté Michelet

J’me souviens pas je m’souviens plus
Mais j’suis sûre qu’y s’app’lait Lulu

Il fleurait bon
La mandarine
Et le pain frais
Du boulanger
Quand l’curé sonnait
Les matines
On s’enfilait
De gros beignets

J’me souviens pas je m’souviens plus
Mais j’crois bien qu’y s’appelait Lulu

Chez l’péclotier
On est retournés
Bras d’sus bras d’sous
Pour s’bécoter
Une demi-plombe
Devant l’bocal
On voyait pas
Le temps filer

J’me souviens pas je m’souviens plus
C’est pas sûr qu’y s’app’lait Lulu

© Aline MORI, Nouméa, le 10 / 06 /13

Atelier du 3 juin 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:36

DEVOIR :
Imaginez que Dieu ait conservé dans son musée toutes sortes de prototypes qu’il aurait créés et dites pourquoi ces créations sont restées à l’état de projet.

Atelier du 3 juin 2013 creation-246x300

LES PROTOTYPES DE DIEU

Au commencement Dieu créa des cieux verts
Et préféra le rouge pour la terre
Au lever du jour la lune montait
et le soir elle descendait
Alors que le soleil faisait l’inverse
Bien que cela le bouleverse

Dieu créa ensuite les animaux
Et il choisit les plus beaux
Pour les sauver sur l’arche de Noé

De la parole ils furent dotés
Pour échanger des idées
Avec l’homme qu’il allait créer
Mais cela provoqua une telle cacophonie
Qu’il les rendit muets
Pour plus d’harmonie
Ne dit on pas d’une chienne
Qu’Il ne lui manque que la parole
N’est ce pas Fabienne ?…..

Au cinquième jour Dieu créa l’homme
Doté d’un très petit cerveau
Un prototype qui n’avait pas le niveau
Un peu niais en somme

Au sixième jour Dieu créa l’amour
Une femme magnifique
Qui permis à l’homme
De progresser en somme
Sans jamais devenir son égal
Dans la vie conjugale

Au septième jour Dieu transforma
Tous ses prototypes
Le soleil montait au lever du jour
La lune éclairait la nuit
Les animaux ne faisaient plus de bruit
L’Homme devint un guerrier
Pour protéger sa douce moitié

Françoise Ravelli

Le proto

D’un battement de cil
J’l'ai balayé
Dans un coin d’ciel
S’est effacé
Un crayonné
Que j’avais fait
Parce que le temps
J’voulais le tuer
Début d’semaine
Maudit lundiimage001yir-300x193 Aline
Refain : J’suis dégoûtée faut r’commencer
Tout a soudainement disparu
Mon prototype s’est envolé

Quel manque de bol quel manque de …

Du coup, il s’est
Senti des ailes
Ce volatile,
Cet imbécile
J’l'ai presque fait
A mon image
Ce drôle de type
Qu’est pas très sage,
Début de s’maine
Maudit mardi
Refrain : J’suis dégoûtée faut r’commencer
Tout a soudainement disparu
Mon prototype s’est envolé

Quel manque de bol quel manque de …

Je vous l’avoue,
Parfois j’enrage
De ne pouvoir
Du premier coup
Réaliser
Tous mes ouvrages
De ne faire que
Des trucs ratés
Milieu d’semaine
C’est mercrediRefrain : J’suis dégoûtée faut r’commencer
Tout a soudainement disparu
Mon prototype s’est envolé

Quel manque de bol quel manque de …

Où est-ce qu’il a pu
Se tirer
Ce prototype
Ce drôle de type
Sans matière grise
J’ vais l’convoquer
Il me défrise
J’dois l’avouer
Bientôt la s’maine
Des 4 jeudis
Refain : J’suis dégoûtée faut r’commencer
Tout a soudainement disparu
Mon prototype s’est envolé

Quel manque de bol quel manque de …

J’m'en vais lui rapp’ler
Quelque chose
Parce qu’aujourd’hui
C’est l’overdose
Qu’il n’est rien d’autre
Que mon jouet
Juste ma chose
Pour m’amuser
Demain j’vais pouvoir
Me poser
Refain : J’suis dégoûtée faut r’commencer
Tout a soudainement disparu
Mon prototype s’est envolé

Quel manque de bol quel manque de …

J’suis l’a déesse des zigotos
Qui sont sur Terre
Je les ai faits d’un trait, mollo
Oui … j’exagère…
Etre Dieu c’est pas d’ tout repos
Je vous l’assure…
Six jours sur sept j’suis au boulot
Qu’est-ce que j’endure
Mais comme c’est mon jour de repos
Je crois que je vais faire dodo
J’suis dégoûté, j’suis écœurée
Tout s’est soudainement effacé
Mon prototype s’est fait la malle
Mon p’tit Adam, ça t’s'ra … fatal…
©Aline MORI, Nouméa le 02 / 06 / 13

Bon Dieu,

Je veux être franche avec toi.
Tu sais, parfois, j’ai envie de faire mon Don Camillo pour que tu m’écoutes.
D’accord je n’ai pas son charme.
J’attends toujours que tu me mettes en relation avec mon âme sœur. Et quand je dis âme sœur, tu sais il n’y a pas que l’âme qui m’intéresse.
Il me faut un mec à moi, holistiquement  parlant, un vrai mec, complet des pieds à la tête, viril, avec toutes ses quenottes, et j’en passe, pas un de ces pantins  qu’on appelle en jargon un «  Omo »,
Non, je ne suis pas « Omophobe »  Omo lave plus blanc que blanc, mais c’est pas mon truc. ;

Dépêche   toi. Je n’ai plus 20 ans ! Ce n’est pas à moi de te dire ce que tu as à faire, c’est bien toi le créateur et surtout ne viens pas me dire que tu m’as un peu loupée…

Si tel est le cas, alors répare. Moi je n’ai rien demandé et surtout pas à venir au monde un 12 février, en plein nord, alors que je crains le froid et que même ici dans l’hémisphère sud sous les tropiques il m’arrive d’avoir la goutte au nez.

Si tu tardes trop je vais me transformer en stalagtite… ou mite.

Lucile TREVOUX

Dans le musée des horreurs, d’objets inutiles ou ratés, de tous les prototypes que Dieu a créés, on pourrait trouver :

-       un homme qui fait plusieurs choses à la fois, histoire de ne pas vexer les nanas
-       des blondes intelligentes pour ne pas casser les mecs
-       des voitures qui ne tombent jamais en panne pour que les garagistes puissent travailler
-       des femmes sans poil pour que les esthéticiennes puissent gagner leur croûte
-       une machine à voyager dans le temps pour ne pas foutre le bordel dans son espace temps
-       l’éternité pour que les hommes puissent croire en lui
-       un monde sans souffrance et sans guerre pour rendre les hommes plus humains

Fabienne

 

EXERCICE :
Un matin, vous vous réveillez, vous vous préparez pour aller travailler et, lorsque vous sortez, vous vous apercevez que vous êtes devenus invisibles.

invisible-257x300 Fabienne

Je suis invisible ou quoi ????

Vraiment la tête dans le cul, ce matin.
Le réveil n’a pas sonné, du coup, j’ai sauté sous la douche et me suis habillée en hâte. En claquant la porte, j’ai vu que j’avais boutonné « jeudi avec dimanche » comme disait ma grand-mère. Ma voiture était au garage, je me suis donc dirigée vers la station de bus. Justement, il arrivait, j’ai fait un grand signe, mais le bus est passé devant moi, sans même ralentir. Décidément, ce n’était pas mon jour… Je traversais la route, et m’écartais de justesse, une voiture faillit me renverser. Mais sont malades ce matin ! Qu’est ce qu’il leur arrive. Non, mais, je suis invisible ou quoi. Sans m’en rendre compte, j’avais crié. Un passant qui me croisait, s’écarta d’un mouvement brusque, comme s’il avait entendu le diable.

Diable ! Mais je vais être sacrément en retard. Bon, j’y vais à pied, tans pis. Et cette fois ci, bien sur le trottoir. Les gens que je croise me rentrent dedans. Pouvez pas faire attention, non ? Je sais bien que c’est lundi, mais quand même…

Ouf, le bureau, enfin. Je m’approche de ma collègue pour lui faire une bise, mais elle fait comme si elle ne me voyait pas. Bon, elle doit s’être levée du pied gauche, elle aussi. Pas grave ! Avec tout ça, j’ai même pas eu le temps de faire pipi. Je passe aux toilettes et me regarde machinalement dans le miroir, et là, vous n’allez pas me croire : RIEN !! rien de rien… C’est une caméra cachée, y veulent me piéger… Mais je fais comme si de rien n’était. Je tire la chasse et ouvre la porte au moment où Agnès, la femme de ménage entre. Elle ressort illico en criant. Bizarre, et si quelque chose n’allait vraiment pas, ce matin…. Genre si, subitement, j’étais devenue invisible ??? Impensable, inconcevable. Mon esprit pourtant ouvert à tout a du mal à s’y faire. Du coup, je monte à la cafet. Evidemment, personne ne me salue. Je tente de piquer un peu dans le café de Fred. Aucune réaction, il est occupé à parler avec Dany.

Je réfléchis… Qu’est ce que j’ai encore fait pour mériter ça ? Bon, ben, je vais voir ce que ça donne. La porte du bureau du DG est ouverte. J’entre, je me penche sur son épaule pour savoir sur quoi il travaille. Je me suis toujours demandée ce que pouvais faire les DG. Je vois mon nom, je lis : « penser à donner une augmentation et une prime à Fabienne F ». Bigre ! ça commence bien. J’ai un peu faim, alors je sors pour aller à la boulangerie en face. Je prends un délicieux pain au chocolat tout chaud… Hum, c’est bon ! Mais quand même, je ne vais pas passer ma journée à chiper de la bouffe et à épier les autres.

Soudain, je mesure l’étendue de la catastrophe, je n’existe plus, pour personne.

Défaite, désorientée, anéantie, je rentre chez moi, les épaules voutées, comme honteuse, tentant d’éviter tous les dangers dus à l’anéantissement de mon corps. Une idée soudain m’accable et si, n’ayant plus de corps, j’étais morte ? Invisible aux yeux des autres. Une âme errante, une pensée flottante, bref, plus de ce monde.

A peine ai-je tourné la clé dans la porte, Zahia se jette sur moi. Alors, tu me vois, ma Zaza ? Les larmes me montent au coin des yeux. Et si seuls, ceux qui m’aiment pouvaient me voir ?

Fabienne

EXERCICE :

Vous êtes un signe de ponctuation. Lequel et pourquoi ?

LE SIGNE

Il m’interroge12072059-liste-mit-satzzeichen-und-zeichen-300x211 Françoise
Et je m’exclame
Puis je déroge
J’aime pas les drames
Je me faufile
Je point virgule
Et puis j’enquille
Une minuscule
Il me reluque
C’t’olibrius

Je me défile
Je prends le bus
Il me poursuit
Droit comme un I
Il s’tirlipote
Ca me dépote
A c’t’allure-là
Ce bamboula
Va m’chavirer
Et m’débecter
Comme ça me gonfle
C’est comme un ongle
Il me fait suer
Cet incarné
Alors j’descends
Sans perdre de temps
Pour c’tanimal
C’est l’point final

Aline

Le point est définitif, parfois final. La phrase est terminée, on peut passer à autre chose. La virgule, petit repos dans une phrase nous permet seulement de reprendre notre souffle. Le point virgule, qui n’est ni point, ni virgule, devenu vieillissant et de moins en moins utilisé sert à faire une coupure dans la phrase sans en perdre le fil.
Les guillemets sont soit le début d’un dialogue, soit une façon de mettre justement entre guillemets un mot « impropre ».  Les deux points sont suivis d’une définition, une explication.

Le point d’exclamation crie tout le temps, non ça me rappelle trop ma mère. Suivant…

J’avoue que j’aime bien la parenthèse, qui permet de dire quelque chose sans le dire, la parenthèse entoure des mots qui ne devraient pas exister. Et puis le mot est joli et j’adore les sourires entre parenthèses.
La parenthèse est également un moment suspendu, hors du temps, privilégié.

Contrairement au point d’interrogation, qui pose une question et ne donne pas de réponse, les points de suspension en donnent une infinité et de tous les signes de ponctuation ; ils sont mes préférés. D’abord parce qu’ils sont trois, une trilogie qui en dit long… Plus que 2, les couples qui permet déjà d’échanger, de voir les 2 possibilités (oui ou non), moins que 4 qui donne la possibilité de groupes. 3, un chiffre impair, qui se suffit à lui-même. On a oui, non, et le reste…

Ils viennent, en principe, à la suite d’une énumération ou d’une affirmation, pour renforcer cette énumération ou affirmation, pour dire tout et son contraire… pour laisser la porte ouverte à l’imagination, pour en dire long sans justement rien dire.
Beaucoup plus explicites que le etc. qui se termine par un point et ferme les possibles.

Qu’est-ce qui se cache derrière les points de suspension ? Tout ce qu’on veut bien y mettre. Ecrivez une phrase qui se termine par des points de suspension, faites la lire à dix personnes : les dix auront chacun une réponse qui leur sera personnelle, en fonction de leur vécu, de leurs envies, de leur imaginaire…

Fabienne

Atelier du 27 mai 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:15

DEVOIR :

Dans la rubrique « Chiens écrasés » et faits divers, écrivez un article dans un style « journalistique » :
Lors d’une course, deux escargots sont morts d’un point de côté.

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Raid meurtrier 

 

Hier a eu lieu le raid très attendu de tous les sportifs du territoire, « le raid du jardin de Tôntine », qui se déroule, comme chaque année pour la fête des Mères. Plus d’une centaine d’escargots avaient décidé d’y participer. Dès 7 heures par une matinée grisâtre mais pas encore pluvieuse, les participants s’échauffaient : camelbacks dûment remplis, dossards épinglés, certains même avec leurs coaches pour des exercices de préparation mentale, les participants de tous les âges piaffaient d’impatience quand le juge Crapaud lança son fameux « Coa ! », départ de la dure épreuve. Tous s’élancèrent comme un seul gastéropode, mais bien vite, les favoris dépassèrent les amateurs à l’assaut de la première difficulté : le passage de la jardinière de lys. Un peloton se détacha rapidement et l’on comptait une vingtaine d’antennes à arriver en tête au premier PC. Gouttes d’eau et feuilles de salades furent les bienvenus pour rebooster les énergies si durement sollicitées. Le gros de la troupe passa quelques heures plus tard, vinrent enfin les pères et mères de famille, venus « en touriste » avec leur progéniture. Ces derniers nous ont confié, après coup, qu’ils ne se doutaient pas de la difficulté de ce raid, sinon, ils n’auraient jamais eu la folie d’y participer.

C’est à la septième heure qu’arriva l’accident fatal : alors que les deux premiers participants avaient bravement passé la rivière d’écoulement et effectué avec courage l’ascension de la fameuse « Butte du Jardin », qui, comme on le sait fait une trentaine de centimètres, qui paraissent une éternité, alors qu’apparemment ils avaient, pensait-otoutes les difficultés, acclamés par une foule en délire.  C’est dans la dernière ligne droite que tous deux se couchèrent sur le côté. Ne les voyant plus bouger, les infirmières sauterelles et le docteur Cafard se portèrent rapidement à leur secours. Hélas ! Il était trop tard ! Les deux premiers avaient succombé à un point de côté !!! C’est dans une ambiance endeuillée et profondément triste que tous les participants décidèrent de terminer ce raid si difficile, sans aucun abandon. On pense que les derniers arriveront dans une semaine. Nous transmettons toutes nos condoléances et notre admiration aux familles des victimes de ce raid qui ne démérite pas son nom de « Raid de la mort ».

Fabienne

EXERCICE :

Ecrivez une LETTRE D’AMOUR où apparaîtront les mots suivants que je donnerai au fur et à mesure : balance, calendrier, caisse enregistreuse, biberon, chapelet, boussole, horloge, courant d’air et horizon.

L’horloge espagnole

Moi, je m’en balance, mon homme, mon amour
Et des dates et du temps et des calendriers
Quand je t’ai rencontré, mon homme, mon amour
Ma caisse enregistreuse en fut toute bouleversée
Je t’ai tout de suite aimé, ça je peux t’le jurer

Refrain ;
C’est aux coup de minuit que l’horloge espagnole

S’est aussitôt enfuie vers l’horizon prélude
Pour s’envoler, olé, dans une farandole
Dont je me souviendrai au milieu d’herbes folles

Je t’ai tout de suite aimé, ça je peux t’le jurer
Mais quand tu m’as causé, mon homme mon amour
De tous ces biberons que tu d’vais préparer
Pour tes p’tits quintuplets, tout replets, tout replets
Aussitôt j’ai sorti, ce maudit chapelet !
Me suis mise à prier, à prier , éplorée…
Et malgré mes Ave, j’ai perdu la boussole
Pourtant je n’ai connu ni le nord ni le sud…

C’est aux coups de minuit que l’horloge espagnole
S’est aussitôt enfuie vers l’horizon prélude

Pour s’envoler, olé, dans une farandole
Dont je me souviendrai au milieu d’herbes folles

Ce soir je t’ai r’trouvé, mon homme, mon amour
Et tes bras et des mains m’embarquent pour toujours
Vers des cieux orageux et des soirs enchanteurs
Ta bouche merveilleuse eut raison de mon cœur

C’est aux coups de minuit que l’horloge espagnole
S’est aussitôt enfuie vers l’horizon prélude

Pour s’envoler, olé, dans une farandole
Dont je me souviendrai au milieu d’herbes folles

Aline

Mon amour,

Entre les deux, mon cœur ne balance plus depuis que je t’ai rencontré. Le calendrier de mes jours défile à une vitesse incroyable maintenant que je suis avec toi, douce moitié de mon âme… La seule chose qui me fasse peur est que la caisse enregistreuse  de ma vie sonne le glas de mon bonheur, alors que depuis ma plus tendre enfance, depuis le biberon, tous les événements qui me sont arrivés ne sont qu’un chapelet de douleurs et de souffrances : maladies, accidents, abandons, rien n’a été rose, tu sais.

Avec toi, loin de perdre la boussole, je vis complètement la plénitude et la joie que tu m’apportes. Et si malgré tout, l’horloge sonnait pour toi le moment de me quitter, si tu devais t’évanouir comme un courant d’air de mon horizon, je me souviendrais à tout jamais de ces moments passés avec toi comme les moments les plus heureux de ma vie et je pourrais dire :  je sais que le bonheur existe, je l’ai vécu ! Je t’aime à tout jamais.

Fabienne

Nous sommes du même signe, celui de la balance. Moi qui d’habitude ne sais faire le premier pas, moi qui hésite et tergiverse. Dès que je t’ai vue, je n’étais plus le même. D’un coup de baguette magique tu m’avais transformé. Je t’ai aimé à ton premier regard. L’horloge du calendrier depuis ce jour n’a plus bougé. Mes jours s’illuminaient à tes jours, mes nuits s’embrasaient à tes nuits, je me glissait dans chacun de tes pas. La caisse enregistreuse - tu sais ce dont je parle – depuis ce temps-là a été mise sur la touche. Comptable, je ne la touche plus, d’ailleurs je l’ ai mise au rebut. Et je viens en ton sein, en tes seins qui me touchent et me possèdent, gouleyant biberon de mes entêtantes tétées où sur ton corps je me penche et me berce, me repaît au chapelet de nos si douces étreintes. Tu vois, j’ai vraiment perdu la boussole, aimanté par ta peau, j’y ais perdu le nord. L’horloge de ma vie s’est arrêtée, figée en des espaces improbables dont je ne soupçonnais l’existence. Moi le courant d’air de mes désirs, de mes conquêtes, moi l’expéditif, l’insaisissable, le volage, je m’ouvre à tes désirs les plus fous, je suis ton esclave mon amour, mon intime, mon nouvel horizon.

Alain Lincker

EXERCICE :

C vient de s’associer à D car il connaît la musique (CD)
T vient de lancer une OPA sur V pour relooker son image (TV)
Trouvez d’autres associations sur ce modèle.

E & T rencontreraient FP et A pour formation accélérée.
SP recherche A pour avoir du chien
T aimerait bien retrouver P pour l’aider à faire ses devoirs à la maison
O & P se déguiseraient bien en T pour soirée timbrée
SN serait ravi de voir CF, histoire de briser le train-train quotidien
O & N demandent à U de faire la paix
EE aimeraient bien dire à C qu’ils sont au courant de tout
P cherche Q pour se torcher
A a rompu avec VC qui lui a brisé le cœur
CC ne veut plus revoir I,  c’est un trou de balle*
(pas compréhensible par tout le monde, demande des références !)

Fabienne

 

Atelier du 13 mai 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:37

DEVOIR :

Un voleur se glisse chez vous.

Fric-Frac chez Tante Léonie.

Atelier du 13 mai 2013 images1

Longtemps, je me suis couché de bonne heure.

Je redoutais ces soirs où M. Swann venait à la maison, car ces jours-là « ce baiser précieux et fragile que maman me confiait d’habitude dans mon lit au moment de m’endormir, il me fallait le transporter de la salle à manger dans ma chambre et le garder pendant tout le temps que je me déshabillais, sans que se brisât sa douceur, sans que se répandît et s’évaporât sa vertu volatile, et, justement ces soirs-là où j’aurais eu besoin de le recevoir avec plus de précaution, il fallait que je le prisse, que je le dérobasse brusquement, publiquement, sans même avoir le temps et la liberté d’esprit nécessaires pour porter à ce que je faisais cette attention des maniaques qui s’efforcent de ne pas penser à autre chose pendant qu’ils ferment une porte, pour pouvoir, quand l’incertitude maladive leur revient, lui opposer victorieusement le souvenir du moment où ils l’ont fermée. »

Mais ce soir-là, après avoir recueilli pieusement le baiser maternel, je m’étais endormi paisiblement, quand un frôlement discret accompagné d’une odeur rance mêlée de senteurs de tilleul me tira du sommeil : quelqu’un fouillait le tiroir de ma table de nuit avec la frénésie addictive d’un drogué en quête de sa potion magique. Saisi d’un courage que je me soupçonnais pas, je craquai une allumette, pour découvrir… Tante Léonie !

« Cette tante Léonie qui, depuis la mort de son mari, mon oncle Octave, n’avait plus voulu quitter, d’abord Combray, puis à Combray sa maison, puis sa chambre, puis son lit et ne « descendait » plus, toujours couchée dans un état incertain de chagrin, de débilité physique, de maladie, d’idée fixe et de dévotion. Son appartement particulier donnait sur la rue Saint-Jacques qui aboutissait beaucoup plus loin au Grand-Pré (par opposition au Petit-Pré, verdoyant au milieu de la ville, entre trois rues), et qui, unie, grisâtre, avec les trois hautes marches de grès presque devant chaque porte, semblait comme un défilé pratiqué par un tailleur d’images gothiques à même la pierre où il eût sculpté une crèche ou un calvaire. Ma tante n’habitait plus effectivement que deux chambres contiguës, restant l’après-midi dans l’une pendant qu’on aérait l’autre. C’étaient de ces chambres de province qui — de même qu’en certains pays des parties entières de l’air ou de la mer sont illuminées ou parfumées par des myriades de protozoaires que nous ne voyons pas — nous enchantent des mille odeurs qu’y dégagent les vertus, la sagesse, les habitudes, toute une vie secrète, invisible, surabondante et morale que l’atmosphère y tient en suspens ; odeurs naturelles encore, certes, et couleur du temps comme celles de la campagne voisine, mais déjà casanières, humaines et renfermées, gelée exquise, industrieuse et limpide de tous les fruits de l’année qui ont quitté le verger pour l’armoire ; saisonnières, mais mobilières et domestiques, corrigeant le piquant de la gelée blanche par la douceur du pain chaud, oisives et ponctuelles comme une horloge de village, flâneuses et rangées, insoucieuses et prévoyantes, lingères, matinales, dévotes, heureuses d’une paix qui n’apporte qu’un surcroît d’anxiété et d’un prosaïsme qui sert de grand réservoir de poésie à celui qui la traverse sans y avoir vécu. L’air y était saturé de la fine fleur d’un silence si nourricier, si succulent, que je ne m’y avançais qu’avec une sorte de gourmandise, surtout par ces premiers matins encore froids de la semaine de Pâques où je le goûtais mieux parce que je venais seulement d’arriver à Combray : avant que j’entrasse souhaiter le bonjour à ma tante on me faisait attendre un instant, dans la première pièce où le soleil, d’hiver encore, était venu se mettre au chaud devant le feu, déjà allumé entre les deux briques et qui badigeonnait toute la chambre d’une odeur de suie, en faisait comme un de ces grands « devants de four » de campagne, ou de ces manteaux de cheminée de châteaux, sous lesquels on souhaite que se déclarent dehors la pluie, la neige, même quelque catastrophe diluvienne pour ajouter au confort de la réclusion la poésie de l’hivernage ; je faisais quelques pas du prie-Dieu aux fauteuils en velours frappé, toujours revêtus d’un appui-tête au crochet ; et le feu cuisant comme une pâte les appétissantes odeurs dont l’air de la chambre était tout grumeleux et qu’avait déjà fait travailler et « lever » la fraîcheur humide et ensoleillée du matin, il les feuilletait, les dorait, les godait, les boursouflait, en faisant un invisible et palpable gâteau provincial, un immense « chausson » où, à peine goûtés les arômes plus croustillants, plus fins, plus réputés, mais plus secs aussi du placard, de la commode, du papier à ramages, je revenais toujours avec une convoitise inavouée m’engluer dans l’odeur médiane, poisseuse, fade, indigeste et fruitée du couvre-lit à fleurs.

Et Tante Léonie tenait étroitement serrées dans ses mains décharnées, comme les grands vautours dans leurs pattes griffues, deux de ces madeleines chères à mon cœur.

Jean-Louis, avec l’aimable collaboration de Marcel (Proust).

 

 Cambriolage

Je m’étais endormie tôt ce soir-là. Plus tard, je me réveillai, sans savoir pourquoi. Mon regard se porta vers le rectangle de faible lumière qui provenait du séjour par la porte ouverte de ma chambre, et là… Je vis une ombre passer !
Oui, c’était bien une forme humaine qui se déplaçait sans bruit dans la pièce. Mon cœur se tordit, mais je retins le cri d’effroi que je m’apprêtais à pousser et me mis à penser à toute vitesse : un cambrioleur avait réussi à pénétrer dans mon appartement !
Aussitôt me revint à l’esprit que des monte en l’air avaient déjà été surpris dans notre immeuble les semaines précédentes. Il ne se passait pas un week-end sans que des appartements ne fussent visités par les terrasses.
Que faire ? Attendre en faisant semblant de dormir, pour ne pas risquer l’affrontement qui tournerait certainement à mon désavantage ? Saisir un objet lourd pour tenter d’en assommer l’intrus ? Rapidement je m’aperçus que je n’avais sous la main qu’une statuette papoue en bois léger et une bouteille d’eau aux trois quarts pleine, et renonçai.
Pendant ce temps, mon cambrioleur ne restait pas inactif : je le vis repasser devant la porte de ma chambre et se diriger vers la chambre d’amis.
Aussitôt ma décision fut prise : je me levai silencieusement, glissai pieds nus vers la porte d’entrée, l’ouvrit et la refermai vite à clé derrière moi.
Ouf ! Sauvée !

images-11 abstrait
Cependant j’étais sur le palier, en nuisette, au beau milieu de la nuit sans doute ! Dans ma précipitation à échapper à mon voleur, j’avais oublié de ramasser mon téléphone portable…
Qui réveiller ? Je me décidai à frapper à la porte de mes voisins : les uns ne répondirent pas, mais je savais que le mari était sourd et que sa femme mettait des bouchons d’oreille pour ignorer le vacarme des boites de nuit.
Je harcelai donc les autres, en tambourinant, appelant à pleine voix, sonnant… Ils finirent par venir à la porte quand ils eurent compris que c’était moi qui lançais ces appels désespérés.
Nous étions trois, mais le problème n’était toujours pas résolu : mon cambrioleur était maintenant enfermé chez moi et ne pouvait ressortir que par là où il était entré : la terrasse ! Celle-ci étant au 5° étage, il ne pourrait se charger du matériel qu’il comptait sans doute emporter : vidéo, ordinateur…
Fallait-il attendre qu’il s’aperçoive qu’il était piégé à l’intérieur et décide tout bonnement de repartir les mains vides ? Entrer en force avec une « arme » quelconque pour l’intimider ? Appeler la police pour qu’elle vienne le cueillir ? Conscients du danger si jamais le cambrioleur était armé, et comme aucun de nous ne se sentait l’âme d’un héros, nous optâmes pour cette dernière solution.
Mes voisins se chargèrent de téléphoner : évidemment, la police ne vint pas immédiatement, on était samedi soir, des bagarres éclataient un peu partout, les patrouilles étaient débordées…
Nous étions là, sur le palier, ma voisine et moi, tandis que son mari était descendu pour vérifier que le voleur ne s’échappait pas par l’extérieur. D’autres voisins rentrèrent de soirée, demandèrent des explications et nous nous retrouvâmes une petite troupe à commenter l’événement.
Chacun y allait de son avis, chacun avait une bonne histoire de cambriolage à raconter… Et tous se plaignaient de la lenteur de la police.
Nous parlions de plus en plus fort, notre groupe grossissait, on riait même de la situation du voleur pris au piège, quand soudain…
Ce fut ma porte qui s’ouvrit à la volée ! Mouvement de panique ! Certains reculèrent tandis que les plus courageux allaient se saisir du cambrioleur…
Mais je les arrêtai. Car c’était ma petite fille qui se tenait devant nous, en pyjama, le cheveu en bataille et les yeux bouffis ! Il y eut un flottement : on se tourna vers moi, et je vis bien des regards furibonds…
L’explication était toute simple : ma petite fille, qui avait toujours une clé, avait décidé après sa soirée en boite un peu trop arrosée sans doute, de rester sur place et de venir dormir à la maison. Ce n’était pas prévu, mais elle comptait bien faire le moins de bruit possible pour ne pas me réveiller au milieu de la nuit.
Nous pûmes rappeler la police pour leur dire de ne pas se déranger et j’invitai mes voisins à venir boire un coup : certains grincheux furieux d’avoir été dérangés pour rien refusèrent mais avec les autres ce fut très gai : je conserve toujours une bouteille de champagne au frais et personne ne s’en plaignit !

Huguette

Il venait toujours la nuit. Il arrivait furtivement, sur la pointe des pieds, tout près de mon lit, mais je ne pouvais penser à rien d’autre. En voulait-il à ma vie ? Il semblait bien que non, et pourtant…
C’était pour cette raison que, dès que je me couchais, une sorte d’angoisse m’étreignait et me tenait éveillée.
Petit à petit, et sans que je m’en rende compte, il s’imposa.
Au fil des années, j’appris à vivre avec sa présence, lourde bien qu’invisible, pesante bien qu’immatérielle.
Les rares fois où il ne vint pas, je me sentais si bien que j’avais envie de rire et de chanter toute la journée. Mais, comme je vous l’ai dit, c’était très rare, même pas une fois par an. Son absence me faisait sentir encore plus douloureusement l’aliénation de sa présence.
C’est lui qui a rendu ma vie si difficile et grave, lui LE VOLEUR DE SOMMEIL !

Fabienne

EXERCICE :

Ecrire à partir d’un tableau abstrait.

numerisation0002-300x249 cambrioloage
Peinture abstraite

Ils m’avaient fait ingurgiter une mixture dont j’ignorais la composition. Mais, anesthésiée par la musique tonitruante, les danses échevelées et les hurlements du groupe, je m’étais laissée faire et j’avais sombré dans un abîme vertigineux. Je plongeais, je plongeais dans le grand bleu et des créatures monstrueuses flottaient autour de moi. L’une d’elles s’approcha à quelques centimètres de mes yeux : c’était une sorte de souris ailée, œil rouge et nez pointu, dents menaçantes, qui palpitait en rythme, baignée dans une lumière  électrique. Ses entrailles sortaient à l’extérieur de son corps tout rond et trapu, des antennes lumineuses émanaient comme des éclairs de sa petite tête hideuse. Son corps vibrant de couleurs se dilatait et se ramassait en un mouvement de houle. Je fus saisie d’une nausée irrépressible et vomit brusquement sur les chaussures en daim de mon voisin !

Huguette

Evocation d’un tableau

 

Des masses cotonneuses rouge orangé.

Rouges rageuses, qui dominent l’ensemble, et imposent leur violence.

Une violence que tempère la froideur des bleus profonds, massés dans une résistance silencieuse et inflexible.

Et quelques taches blanches, neutres, qui s’intègrent plus ou moins dans les précédentes, comme pour les neutraliser.

Un affrontement, d’une violence encore contenue, mais pour combien de temps ? Situation explosive, au bord d’une rupture annoncée, mais laissée en suspens.

Jean-Louis
EXERCICE :

« Qui sème le vent, récolte la tempête ! »
Sur ce modèle, inventez d’autres dictons.

Qui sème le temps, récolte les pendules
Qui sème les cigarettes récolte le cancer
Qui s’aime fort, récolte des gosses

Fabienne

Qui sème la poésie récolte le rêve
Qui sème ses enfants récolte la paix !
Qui sème ses déchets récolte une amende
Qui sème l’angoisse récolte l’insomnie
Qui sème sa vie récolte l’insouciance
Qui sème son argent récolte des « amis »
Qui arrive à semer Sylvie récolte la victoire (ou le trophée)

Huguette

 

11 juin, 2013

Lundi 6 mai 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 8:26

Lundi 6 mai 2013 article-300x229Depuis une semaine à l’hôpital, je remercie tous mes amis de l’atelier d’écriture de m’avoir soutenue dans cette épreuve et d’avoir maintenu l’atelier du 6 mai. Voici quelques textes écrits ce jour-là :

Scène de rue

Au journal on a vu
Un individu, c’est confus
Des balles perdues,
Des blessés bien entendu.

Sur internet on a lu
Un inconnu aux propos décousus
Dans ta chair il a mordu
Il t’a tiré dessus.

Sur ton lit à l’affût
Tous ces bruits, ce chahut,
Scène sans cesse revécue
Souffrance absolue.

Quelle haine est issue
D’un malaise en tribu,
D’un mal-être prétendu,
Mais quel âge as-tu ?

Racisme mis à nu
Qui se nourrit comme un fétu
D’une passion hâchée menu
Qui a perdu sa vertu.

Le visage qui aujourd’hui tue
D’une société et son refus
D’une métropole et ses exclus
D’une décadence et ses abus.

Nouméa dès le début
Tu t’es construite à leur insu
Par des hommes aux droits déchus
Y remédier tu t’évertue.

Des différences de point de vue
Des raisons sous-tendues
Des réconciliations attendues
Un passé qu’on atténue.

Aujourd’hui on a vu
Une scène de rue
Sans dessous-dessus
Qu’on ne veut jamais plus.

Sylvie

Pensées

Quelques mots de réconfort
Garder ton sourire
Chasser de ton corps962245 Aline
L’empreinte du pire

Quelques mots d’amitié
Oublier ce tout fou
Caresser ton pied
Lui dire des mots doux

Quelques mots d’amour
Insuffler à ton âme
Pour que chaque jour
S’éloigne ce drame

Marie-Claude

PAN ! PAN !

Les flingues sont y autorisés
En cette journée du 1er mai ?
Fêtons l’muguet et les branleurs
Dans la joie et la bonne humeur

Paraît qu’ils vont
Sortir de l’ombre
Où ils encombrent,
Nos criminels et nos violeurs !
Ca se passe Place des Cocotiers
Du côté du kiosque à musique,
Où les réjouissances vont s’dérouler !

Chacun son tour
On peut tirer
Sur c’lui qu’on veut
Dès le matin
Am’ner vos potes
Et les bambins
Histoire de se faire la main !

Trois coups chacun.
Si t’en touches un
Et ben tu gagnes
Le droit de n’plus
T’faire emmerder !
Ca dissuade !
Une chouette idée,
Pour l’premier mai,
M’sieurs-dames !

Et si ça creuse,
On pourra même
Avoir le droit d’les cuisiner…

De chaque côté,
S’ront disposées
De grandes marmites
Pleines d’épices…
C’est le fumet,
Je vous l’assure
Qui fait les plus grands cuisiniers !
A c’t'occasion
S’ront décernées
Les palmes pour les plus affûtés
Pour concourir,
Suffit d’s'inscrire…
Après la sieste, pour digérer…

Ah ! C’premier mai,
On l’attendait
Et c’est grâce au nouveau Haussaire
Qui est venu,
Avec l’printemps
Nous offrir ces p’tites fleurs des champs !

C’est inspirant finalement
Une fusillade en cette saison
Un pauvre jeune, un p’tit garçon,
Qui n’a même pas encore 20 ans.
C’est pas d’sa faute, y faut l’comprendre
C’est p’têt’ qu’il a pas eu d’maman !
Qu’son père buvait, s’faisait la malle
Ou qu’même il le martyrisait !
C’est ce que disait Sœur Brigitte,
Une Sainte femme, genre Sainte-Anne…
Elle a raison pourquoi s’gêner
On va quand même pas les frustrer !
J’ai pas d’papa, j’ai pas d’maman
La guerre, ça m’a toute déglinguée !
S’cusez-moi, si elles volent au vent
Vos têtes de nazimutés !

Mais ce p’tit gars,
C’est pas pour ça
Qu’il avait sorti son pétard
C’est pour dégommer
Vous pouvez m’croire
Des quidams qui sont pas bronzés !
Histoire d’être sûr de se r’trouver
A l’ombre avec les autres taulards
Paraît qu’c'est mieux
Qu’y a du beau monde
Qui y a même pas à y travailler.
S’la couler douce
C’est son projet
Pas un peu ouf
C’déneuroné ?
Un peu ch’tarbé,
Complèt’ment j’té !

Et elle est où Brigitte d’ailleurs ?
A l’église, dans son bénitier !
On sait jamais qu’elle s’soit noyée
Par des gueux qui bouffent du curé
Piégeant la Maria Ave

Si faut attendre les jours fériés
Pour s’’régaler, ça s’rait dommage !
Moi je dis que pour s’éclater
Y’a pas d’moment et y’a pas d’âge !

Aline

Petite pensée

Si tous les jeunes paumés
se mettaient à tirer dans les pieds
Le monde ne pourrait plus marcher
Mais, au fait ! C’est p’tet ce qui est
En train de se passer !!!

Fabienne

DEVOIR :

Faire l’oraison funèbre d’une bonne bouteille.

histoire-bouteille-vin-300x212 Fabienne

A une bouteille défunte

C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute !
Pardonnez-moi mon père, parce que j’ai péché.
Madame le procureur, Messieurs les jurés, je plaide coupable.
Je ne puis expliquer rationnellement mon geste.
Une pulsion incontrôlable, oui, c’est ça…
Il faut dire aussi qu’elle m’a allumé, lumineuse dans sa robe pourpre.
La chair est faible, hélas et j’ai voulu y goûter.
Son corps, ah ! Son corps puissant, charnu, bien charpenté, mais velouté
était si capiteux que je m’en suis délecté, je l’avoue, sans modération.
Mes papilles ont vibré sous sa saveur légèrement épicée…
Et ses jambes ! Quelle élégance !
Elle était devant moi, ouverte, généreuse, épanouie…
Je ne suis qu’un homme, faible et sans volonté, j’ai cédé.
Le plaisir que j’en ai retiré ? Vous pouvez le condamner mais pas me l’ôter.
Je l’ai achevée.
Son cadavre, je l’ai conservé, souvenir radieux d’un instant d’éternité !
Elle s’appelait Pétrus, elle avait 25 ans…

Huguette
pile-bouteilles-300x200 Fusillade à Nouméa

ORAISON FUNÈBRE À UNE BONNE BOUTEILLE

Nuits-Saint-Georges, toi qui fus si robuste
Joliment charpenté, parfumé, élégant
Ton arôme de cerise, de fraise et de cassis
N’avait  rien à envier, au gibier de ta cuisse
Quand en bouche ils te mettent, les nuitons, les nuitonnes
D’aise et de  soupirs,  de ta douceur s’étonnent
En découvrant ta truffe,  si délicate et bonne
Et ton nectar régale même le palais des nonnes.

Nuits-Saint-Georges, ce n’est pas qu’à ta cuisse
Divinement galbée, que nous rendons hommage
Même si de l’hydromel, tu n’as rien à envier
Si parmi tous les vins, tu fais bien des envieux
Tu sembles toujours si jeune même si tu es très vieux.
Si certains te disaient qu’à ton âge mieux vaut partir
Nous savons tous qu’ici c’est pour mieux revenir
Dans les mêmes atours, sans jamais te flétrir.

Nos larmes et nos pleurs  sont l’amour en présage
Ta mort n’est pas une fin… Mais c’est notre destin
Tu portes ta robe pourpre, celle qui te va si bien
Si elle est un peu courte, c’est qu’on y  mit la main
De toi nous garderons un si doux souvenir
Te caressions le flanc, que nous aimions flatter
T’écoutions dégorger, Nuits-Saint-Georges bien-aimé
La sève de ces fruits que célèbre la Terre…

C’est Bacchus lui-même en son lit qui t’attend
Impatient, de tenir dans ses bras son amant
Le linceul de ta robe annonce le printemps
Et la saison prochaine, les nuitons et nuitonnes
Célèbreront ce dieu, qui aime comme personne
Dans son cœur millénaires, les prières qu’ils t’adressent
Feront pousser la vie, et la vigne et le vin
Repose donc en paix, nous reviendrons demain…

Aline

5897001-verre-et-la-bouteille-de-vin-sur-fond-rouge-200x300 Huguette

Ô raisons funèbres
Evoquées par mes lèvres
Et que mon foie célèbre,

Combien t’en faut-il
Pour un vin si subtil
Pour une fin si fragile.

Son rouge attirait mon cœur
Son goût attisait mon heur
Son doux ratissait mes peurs.

Le culot vers le haut
Le goulot dans le seau
On a bu un peu trop.

Tu as été si bonne
Ma tête déraisonne
Mon âme s’abandonne.

Ma très chère bouteille
Tu fus une merveille
Mais je n’ai plus d’oseille.

Sylvie

EXERCICE :

Ecrire une histoire qui ne contienne qu’une seule phrase.

Par une soirée d’hiver glaciale et sombre, en Auvergne, en plein centre de la France, près du cimetière de Médeyrolles, là où les gnomes, trolls et autres farfadets se lancent chaque samedi dans une sarabande infernale, cheminaient trois amis trentenaires en goguette qui sortaient d’un bal de village et, ayant abusé de la dive bouteille, braillaient à en réveiller les morts d’une seule voix éraillée d’ivrogne, laquelle était si puissante, si sonore, si caverneuse qu’effectivement deux morts très anciens, un homme et une femme jadis amants, se réveillèrent, jaillirent de leur tombeau respectif, vinrent se réunir à la grille du cimetière et entamèrent une danse obscène sous les yeux effarés de nos trois amis soudain dégrisés !

Huguette

10 juin, 2013

Lundi 29 avril 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:40

DEVOIR :

A travers un petit texte, ou un dialogue, décrivez vous comme si vous étiez quelqu’un d’autre, comme si vous vous voyez pour la première fois.

La première fois qu’on me l’a présentée :
« Moi, je te présente moi »
Je ne l’ai pas aimée du tout. Je trouvais qu’elle en faisait trop. Trop pour qu’on l’aime, qu’on la trouve gentille ou intelligente, c’en était pitoyable. Et si jamais ça ne marchait pas, elle s’en rendait malade…
En plus, elle ne savait pas s’habiller : elle a eu beau me dire qu’il y a encore peu de temps, elle était mince, ça n’excusait pas tout… Mince, elle l’était peut être dans la tête, mais pas dans le corps
Et puis, avec le temps, je me suis habituée à elle, il le fallait bien car nous allions cohabiter pour de longues années.
Maintenant, j’en arrive presque à l’aimer, je la trouve touchante et surtout, pas méchante.

Fabienne

On est bien peu de chose
Et ma vie trop morose s’ankylose

Quand la brume nocturne dépose
Son voile bitume sur mes paupières closes
Les vents moirés de l’amour s’imposent
Comme un parfum léger de rose
Sur mon corps en hypnose

Délicieuse senteur sois mon loisir
Effluve envoûtante que je désire
Tes notes de santal me font plaisir
Flagrance frissonnante viens me saisir

Quand la brume nocturne dépose
Son voile bitume sur mes paupières closes
La douceur tramée de l’amour s’impose
Comme le velours nacré d’une rose
Sur mon corps en hypnose

Soie sublimée prends moi sur ton navire
Dentelle raffinée viens à moi pour embellir
Mes rêves déchirés où je chavire
Dans le corps satiné d’un beau Satyre

Quand la brume nocturne dépose
Son voile bitume sur mes paupières closes
La frénésie de l’amour s’impose
Et pénètre mon corps en hypnose
Pour rendre la vie moins morose

Dans mes nuits il y a trop peu de névroses
Et mon cœur trop morose se nécrose.

Sylvie Trabuc

EXERCICE :

Trouver  un maximum de raison pour lesquelles Dieu aurait créé la femme.

Lundi 29 avril 2013 adam-300x287

Les débuts de l'humanité

 Création de la femme

Adam, seul au paradis, allait nu. Il se nourrissait de cueillette et ne faisait aucun effort : sa tanière était une puanteur !
Dieu avait beau l’exhorter à un peu de tenue, lui suggérer d’inventer le feu et de courir après des proies pour pouvoir manger de la viande cuite, le pousser à nettoyer sa grotte en inventant le balai, la pelle et le ramasse-miettes, rien n’y faisait !
Adam passait ses journées à ne rien faire, vautré dans sa fange et se masturbant à qui mieux mieux depuis qu’il avait découvert que cette chose étrange entre ses jambes lui donnait un grand plaisir quand il la triturait…
Que faire ? Se demandait Dieu.
Il fut tenté de mettre sa création à la poubelle et de recommencer, mais comment être sûr d’un meilleur résultat ? Non, décidément Dieu était bien embêté. C’est qu’il était très idéaliste, Dieu ! Il avait imaginé pour Adam un avenir époustouflant : son Homme saurait créer un monde évolué, moderne, avec des aspirateurs et des écrans d’ordinateur, des avions et des vélibs, du fil dentaire et des tire-bouchons…
Aussi quand il vit que sa créature restait obstinément à l’état larvaire, il fut désespéré.
Et que peut faire un Dieu désespéré ? Prier ! Vous me direz : qui Dieu peut-il prier, lui, le tout puissant ? Et bien il s’adressa au diable, tout simplement !
Le malin, qui n’attendait que ça, évidemment, lui suggéra une idée géniale :
Ton Adam manque de motivation, crée donc une deuxième créature un peu différente pour compléter et améliorer ce balourd. Tu l’appelleras Femme, par exemple. Voilà la solution à tous tes problèmes !
Adam se mettra en frais pour la séduire, il inventera le rasoir et le costume trois pièces, l’after-shave et la cravate.
La femme voudra un nid coquet et confortable, elle exigera des boissons sophistiquées au lieu d’eau de pluie, de se vêtir de somptueux tissus, de peindre ses ongles et ses lèvres et même de partir en vacances .
L’Homme, sans cesse sollicité, harcelé, fera enfin travailler ce cerveau jusqu’ici inutile, tu l’as constaté toi-même.
Je te le dis, la Femme sera à l’origine de toute l’évolution technologique dont tu as rêvé pour ta création !
Si tu t’arranges pour que son corps s’emboîte parfaitement sur celui d’Adam et puisse faire des petits à son image, tu verras qu’il renoncera vite à la masturbation improductive !
Le diable, qui savait les effets d’une envolée lyrique, ajouta : et voilà le monde qui va se peupler tout seul de milliers de millions et de milliards d’hommes et de femmes !
Tous ces êtres t’encenseront  : ils chanteront tes louanges et bâtiront des monuments à ta gloire !
Il termina plus prosaïquement : tu pourras enfin te reposer, ils se chargeront de tout.
Dieu, en plus d’être idéaliste, était un peu paresseux, mais surtout il avait un ego à sa démesure… Du coup, il se sentit tout ragaillardi devant ces perspectives et ne tergiversa plus : il créa Eve, la mit dans les bras d’Adam et s’en fut s’allonger sous sa tonnelle en sirotant le nectar et dégustant l’ambroisie tout en admirant les fleurs du jardin d’Eden.
Bon ! Le diable avait juste « omis » bien à propos un détail : la femme serait une grande emmerdeuse et le pauvre Adam, comme tous les hommes suivants, un lâche qui ne penserait qu’à la tromper et lui mentir.
Ce qui fait que les bisbilles, les querelles, les noises, les guerres, la jalousie, le mensonge, la trahison, venaient du même coup d’être créés !
Et devinez qui se frottait les mains avec son fameux petit rire sardonique ?

Huguette, le 29 avril

EXERCICE  :

Un village a décidé de créer un monument aux vivants. Racontez

 

images création de la femme

Bruxelles : monument aux vivants

Le monument aux vivants

N’ayant pas les moyens d’envoyer un message dans l’espace à l’attention des futures générations, le village d’APME – entendez par là Aujourd’hui Présentement Maintenant En ce moment – le village d’APME avait décidé d’ériger un monument, non pas à l’attention des morts pour la France, morts pour ceci, morts pour cela, qui hantaient déjà les musées et les espaces verts des grandes villes, mais plutôt un monument destiné à célébrer la notoriété des habitants du village. Que les habitants soient plus ou moins célèbres importait peu puisqu’ils le deviendraient quand leur nom apparaîtrait sur le monument
Compte tenu de la crise et du peu de ressource financière même si pour la première fois tout le monde avait accepté de mettre la main à la poche, y compris les plus petits commerçants, et même la petite et unique agence bancaire d’APME. Etonnement le projet avait même reçu un accueil favorable et consensuel de l’ensemble des habitants.
C’est ainsi qu’apparut, au milieu de la place du marché, un monument dédié aux vivants. C’était une espèce de bloc composé de plusieurs centaines de boîtes en matière transparente mais résistante aux intempéries. Chaque boîte portait en façade le nom d’un habitant. Il avait été décidé de limiter le monument à une forme cubique. Le système voulait qu’à chaque naissance, une boîte serait intégrée en façade, de sorte que la boîte de la personne décédée s’enfonce à l’intérieur du bloc.
Les boîtes n’avaient pas de poignée, juste un orifice assez gros pour y glisser un index. Ainsi la personne dont le nom figurait sur le boîte pouvait à tout moment, tout au long de sa vie, rajouter ce qui lui semblait important dans la boîte. Le fait d’insérer une boîte sur la façade avant faisait sortir une boîte sur la façade arrière du bloc. Ainsi les boîtes des morts restaient dans le monument en attendant une naissance. Cela réconfortait chaque habitant de l’APME de savoir que même après leur mort, ils resteraient encore un peu parmi les vivants.

Sylvie Trabuc

4 juin, 2013

Atelier du 22 avril 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:50

DEVOIR :
Ecrire une chanson sur le thème « Alcools »
Atelier du 22 avril 2013 bloody-mary-210x300

BLOODY MARY

 Toi, ma boisson préférée
Jus de tomate relevé
Et si bien rehaussé
Par la somptueuse vodka

BLOODY MARY d’où viens tu ?
Dis moi que me veux tu ?
je te boirai jusqu’à plus soif
Mon Dieu que tu décoiffes !

BLOODY MARY est-ce toi Marie Tudor ?
Marie la Sanglante
Qui renferme un tel trésor
Mais qui me détériore

BLOODY MARY d’où viens tu ?
Dis moi que me veux tu ?
je te boirai jusqu’à plus soif
Mon Dieu que tu décoiffes

BLOODY MARY, toi la boisson préférée
D’Ernest Hemingway
Qui craignait la colère de sa femme
Lorsqu’il te buvait
Jusqu’à en perdre l’âme

BLOODY MARY d’où viens tu ?
Dis moi que me veux tu ?
je te boirai jusqu’à plus soif
Mon Dieu que tu décoiffes

BLOODY MARY dois-tu ton nom
A Marie Read, célèbre pirate
Sanguinaire comme ton jus de tomate
Qui lui valu son surnom ?

BLOODY MARY d’où viens tu ?
Dis moi que me veux tu ?
je te boirai jusqu’à plus soif
Mon Dieu que tu décoiffes

Françoise Ravelli, avril 2013

Le cocktail Fabienne :

1 -       Sur fond d’eau de vie
De prune, de poire, de raisinalcools-295x300 Alcools
Ajouter quelques grains
De fantaisie ou de folie
Beaucoup de rire
Un zeste d’imagination

Refrain :

Il ne se consomme que le lundi
Entre gens de bonne compagnie
A la maison du livre
Entre gens déjà ivres
Ivres de poésies

2 -       N’oubliez surtout pas
La pointe de piment
Qui ira merveilleusement
Avec une dose de vodka
Et un dé d’excitation
Pousser à la création

Monique Vasapolli

3 juin, 2013

Textes en vrac (sport)

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:16

EXERCICE :
Baisers
Un baiser abrège la vie humaine de trois minutes, affirme le Département de Psychologie de Western State College, Gunnison (Col).
Inventer de toute pièce une théorie qui pointe l’absurdité de la rationalité scientifique appliquée à l’humain. Utiliser des expressions typiquement scientifiques telles que « les statistiques prouvent… , selon les données de…, » inventer des références, des données chiffrées.
Mettre en relief les aspects les plus frappants de ce discours. Le ton visé est l’ironie.

Merci à Huguette pour ce merveilleux texte sur la nocivité du sport !!!

Textes en vrac (sport) sport-251x300

STOP AU SPORT !

Le DEPAS, Département de Psychologie Appliquée au Sport, de l’Université de Cromérieu en France, vient de publier les résultats d’une étude effectuée depuis 3 ans sur un échantillon significatif de la population de 10 à 90 ans : faire du sport serait l’activité la plus nocive pour la santé individuelle et la cohésion sociale, après l’ingestion exclusive de fruits et légumes bio, bien entendu !

PRIMO, selon les statistiques, 80% des enfants pratiquent régulièrement depuis l’âge de 10 ans un sport comme le judo, la course à pied ou le tennis. Or 8 à 10% d’entre eux vont devenir délinquants, c’est prouvé. Et bien c’est grâce au sport – qui leur a donné force, endurance et ténacité – qu’ils vont pouvoir renverser les petites vieilles pour escamoter leur sac à main, terrasser les commerçants pour faucher la caisse, grimper sur les terrasses et les balcons pour fracturer nos coffres dans nos appartements, et ensuite échapper à la police en bondissant tels des Yamakasis !
On a même vu des enfants de 12 ans commander sur internet de l’EPO pour améliorer leurs performances ! Leur énergie inlassable use la santé physique et mentale de leurs pauvres parents déboussolés.

Parents, empêchez vos enfants de faire des activités sportives, tenez-les confinés à la maison, avachis devant la télé ou l’ordinateur, nous avons la chance de posséder ces merveilleux outils, facteurs de paix sociale et familiale !

SECUNDO, vous avez tous entendu vanter les bienfaits de la marche à pied ou de la course en plein air ? Et pourtant vous ignorez combien elles sont nuisibles à l’homme adulte en âge de se reproduire : des essais et des prélèvements effectués sur 555 hommes de 25 à 45 ans ont démontré que l’échauffement de leurs parties génitales à la fois confinées et ballottées dans le milieu chaud et moite d’un short en lycra détruit 58% des spermatozoïdes ! L’observation des 42% restants amène un constat alarmant : ils sont ramollis, épuisés, traînards… Messieurs, inutile d’honorer votre femme ce jour-là, ce serait en pure perte !

TERTIO, la partie de l’enquête effectuée en maison de retraite est édifiante : des petits vieux, se croyant encore jeunes parce qu’anciens sportifs, harcèlent les jeunes infirmières en les poursuivant dans les couloirs avec leurs déambulateurs ! Oui, 20% de ces pauvres jeunes femmes feront une dépression nerveuse (creusant ainsi le trou de la sécu) et 5% d’entre elles mettront fin à leurs jours, c’est vous dire !

EN CONCLUSION : à tout âge de la vie le sport est nocif, CQFD

Je terminerai par ce mot de Winston Churchill – un visionnaire – à qui l’on demandait le secret de sa forme : NO SPORT !

Tandis que Georges Bernard Shaw, autre génie, ajoutait : je fais de la marche à pied : je vais à l’enterrement de mes amis sportifs.

Huguette , le 10 décembre 2012

Un texte de Sylvie sur la souffrance des raids :

trail_depart-300x146 Alain

La rançon du vouloir

Engloutie par la foule, sur la ligne de départ
Engluée par la houle, tu y vas ça démarre
De grands pas tu déroules, mais tu prends du retard
Ça dépasse, ça déboule, tu marches et tu repars.

En chemin tu respires, la nature, ses senteurs
Le basilic ou pire, la bouse de vache, horreur
Les ronces, tu veux haïr, mimosa de malheur
Tout ce qui te déchire, et qui freine ton labeur.

Tu partages ta douleur, cachée dans un sourire
Tu recherches la fraîcheur, le souffle qui se retire
Et malgré la sueur, toi seule tu peux maudire
Et même si tu te meurs, tu penses il y a bien pire.

Le coureur devant toi, n’a plus de volonté
Tu l’entraînes avec toi, courage, ténacité
Quand tu lui dis bats-toi, en toute fraternité
Il dit merci à toi, en toute sincérité.

Si après le virage, ça monte, encore, encore
Ne perds pas ton courage, prends-le à bras-le-corps
Choisis-toi un bagage, qui te rende plus fort
Un bâton, un branchage, ça monte, encore, encore

Ton camel-back se vide, tu cherches la dernière goutte
Tu n’as plus de liquide, tu dessèches et tu doutes
Tu creuses tes veines arides, ya ton corps qui se voûte
Tel un humanoïde, ta tête cherche sa route

Voilà qu’on te dépasse, c’est la dame d’un autre âge
Tu t’essaies sur sa trace, tu la suis, elle dégage
Tu trouves l’histoire cocasse, est-ce une farce, un mirage ?
Seras-tu efficace, quand tu auras son âge ?

Quand enfin tu parviens, au ravitaillement
Tu attrapes d’une main, le verre qu’on te tend
L’eau fraîche te fait du bien, mais tu n’as pas le temps
Tu n’sens déjà plus rien, c’est bluffant, c’est dément

Prends des quartiers d’orange, puis repars sans repos
En marchant tu les manges, et tu recraches la peau
Ta fatigue, tu la ranges, tu redémarres plein pot
La chaleur te dérange, tu ajustes ton chapeau

Puis l’arrivée au loin, tu te dis c’est pas vrai
Quelques mètres mais combien, comment y arriver ?
Mais tu es plus malin, d’un effort non-rêvé
Tu dépasses ton voisin, la force tu l’as trouvée.

Enfin tu passes la ligne, on te prend ton dossard
On met ton score en ligne, tu avances au hasard
Tes amis te font signe, fini le cauchemar
La boisson t’en es digne, tu bois comme un buvard

La vraie douleur commence, quand t’as fini la course
Ça n’a plus aucun sens, tu puises dans tes ressources
Tes blessures tu les panses, ton effort tu rembourses
Le prix de la souffrance, c’est ton corps qui débourse

Tu t’assoies en bordure, du sang sur ton tibia
Tu comptes tes écorchures, en veux-tu en voilà
Tu enlèves tes chaussures, tes pieds meurtris sont las
Tes mollets sont trop durs, tes genoux c’est pas ça

Une ampoule sous ton pied est imbibée de sang
Ta cheville est enflée, tu pestes en la massant
Tes épaules sont coincées, ton dos se raidissant
Tu cherches à te lever, mais tes cuisses, tu les sens

De la crasse à la douche, tu retrouves le moral
Tu dévores à la louche, le lait, les céréales
Un massage sur ta couche, la sieste c’est l’idéal
Ton corps comme une souche, stoppe ce rythme infernal.

Souffrance irréaliste, ça fait partie du sport
Quand la douleur persiste, rébellion de ton corps
Ton squelette fait la liste, de tous tes efforts
Tu souffres et tu résistes, tu cherches un réconfort

Mais le pire dans tout ça, dès la douleur passée
Ton plaisir ici bas, c’est de recommencer
De défis en tracas, tu aimes te surpasser
Ton âme dans ce combat sait te récompenser

Ta douleur tu encaisses, c’est ton corps qui travaille
Tes pensées font richesse, le challenge est de taille
Bienfaits de tes prouesses, c’est un bonheur sans faille
Ton âme fait ta noblesse, tu vis la Gorobaï.

 Encore un texte de Sylvie sur la Transcalédonienne, dure épreuve… Ma pauvre Sylvie, mais qu’est ce que tu en chies !!!!

trans-296x300 Huguette

La Trans

Une aventure, un défi, sans provocation
Quelques mois intenses de préparation
Matérielle, physique, mentale, adaptation
Pas de compétition, juste de l’ambition
Témérité, courage, détermination.

Courir, marcher, glisser,
Tenir, tirer, pousser,
Sauter, traverser, se hisser,
Souffler, respirer, se surpasser.
C’est tout ça la Transcalédonienne.

La gadoue qui englue,
Le gué qui glace,
L’herbe qui griffe,
La racine qui résiste,
La branche, le tronc, on s’accroche.

Endurer, s’épauler, s’efforcer,
Se motiver, souffrir, se défoncer,
Lutter, s’entraider, s’agripper,
S’essouffler, se débattre, triompher.
C’est tout ça la transcalédonienne.

La pluie qui martèle,trans2-300x176 non au sport
Le sommet qui apparaît,
La vallée qui nous plait,
La mer qui disparaît,
Ces paysages, on les aime.

Courir, marcher, glisser,
Endurer, s’épauler, s’efforcer,
Souffrir, respirer, se surpasser,
Réussir, dominer, avancer.
C’est tout ça la Transcalédonienne.

Fatigue, douleurs, petits bobos,
Ecchymoses, écorchures, petit robot,
Besoin de douceur, besoin de repos,
Un bon repas, un bon massage, bien à propos.

Mon aventure, mon défi, ma prouesse.
De Bopope à Netchaot, avec sagesse.
C’est comme ça ma Transcalédonienne.

Sylvie Trabuc, juillet 2012

EXERCICE  : un tautogramme avec la lettre T

TRAîTRES TOITURES, TROUBLANTES TRAHISONS

Travaux Tontouta, très très tôt, trois trente tapantes.
Trahissant tes tremblantes turpitudes, tes tendres tutoiements, tes troublantes tergiversations : tes trésors tropicaux transfigurent tes tristes taudis, tes tôles, tes toits. Tes timides trajectoires tissent toujours tes toiles, transmutant tes tuiles tamisées, tes tours, tes topazes troglodytes trop tôt transcendées, trop tard transformées. Toujours trop tôt, toujours trop tard…. tranquilles trahisons toutes traditionnellement tarabiscotées, tardivement trouvées… Tiens ! Tiens ! Très troublant, très travaillé ton toit… tout typiquement toi ton toit. Tais toi ! Tyrannique tyran, trivial transformiste, tire toi ! Tripoteur, transfuge travesti. Ton tendre tonton tâtonnant, tas tonnant tout t’as toi. Ton tonitruant tonton tout t’as toi, tata ta toi ! Tralala tralalère….
Travaux Tontouta, très très tôt, trois trente tapantes.

Alain Lincker, 16 août 2012

tontouta-300x171 SY

Aéroport de Tontouta

 

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