Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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24 avril, 2013

Atelier du 15 avril 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:31

Devoir  Ecrire un slam qui commence par :

J’crois que les histoire d’amour c’est comme les voyages en train
Et quand je vois tous ces voyageurs, parfois j’aimerais en être un 

Grand Corps Malade

J’crois que les histoire d’amour
C’est comme les voyages en train
Et quand je vois tous ces voyageurs
Parfois, j’aimerais en être un

Déjà sur le quai on sent comme un désir
Chacun voulant partir
Partir au bout du monde
Partir l’humeur vagabonde

C’est sur le quai qu’on s’est connu
C’est dans un train qu’on s’est plu
Toi si belle
Dans ta robe de dentelle

 Tu m’offris ton plus beau sourire
Déjà j’voulais en mourir
Ta destination serait mienne
D’Amour notre vie serait pleine

 C’est sur le quai qu’on s’est connu
C’est dans un train qu’on s’est plu
Toi mon mirage
Toi mon plus beau voyage

Françoise

Je crois que les histoires d’amour
C’est comme les voyages en train
Et quand je vois tous ces voyageurs
Parfois j’aimerai en être un »

Etre l’un de ces passagers, qui ne se sont pas loupés
Chaloupés dans les fauteuils première classe
Où leurs Amours s’échangent face-à-face
Mais moi je passe, je les dépasse

Vers le wagon suivant, celui des survivants
Assis côte-à-côte et qui font semblant
Qui croisent leurs maux et leur cœur en attendant
Mais moi je passe, je les dépasse

Vers le wagon suivant, celui des Amours tordus
Celui des éternels éperdus qui s’égarent en gare
Qui cherchent la tendresse comme un S.O.S.
Mais moi je passe, je les dépasse

Vers le wagon suivant, celui où les paysages défilent
Et me défient de descendre en marche et m’empresse
De sauter de ce train lancé à grande ivresse
Mais moi je passe, je les dépasse

Vers le wagon suivant, le dernier wagon
Où l’Amour est un mot étrange qui dérange,
Le corps écorché, le cœur écorné, l’âme en souffrance
Mais moi je passe, et je trépasse.

Et quand je vois tous ces voyageurs
J’aurais aimé en être un, gageure
Ne pas descendre du train, avant l’heure
Mais moi je passe, trop lasse, hélas.

 Sylvie Trabuc

La madone du TGV

Je crois que les histoires d’amour sont comme les voyages en train
Er quand je vois tous ces voyageurs parfois j’ai envie d’en être un

Après avoir soigneusement déposé sa valise dans le filet,
il s’était confortablement installé sur son siège, et avait déplié
son journal.
Trois heures de trajet l’attendaient,
il aurait même le temps de faire les mots croisés.

Un subtil frôlement lui fit lever les yeux. Souple et féline, ondulante comme un roseau, une créature de rêve allait atterrir en face de lui ; car elle ne pouvait venir que du Ciel, cette extra-terrestre aux jambes galbées de cuir, aux seins fermes et vivants sous la laine distendue, au sourire à la fois timide et mutin. Il ne put retenir un frémissement dans sa colonne vertébrale, rectifia sa position, et ramassa ses jambes sous son siège. Un premier communiant n’aurait pas offert une image plus sage…

Cependant, sentant la persistance de son regard, elle leva des yeux interrogateurs. Gêné d’être pris au piège, il ferma les yeux, … et s’assoupit.

Quand il reprit conscience, au terminus, la belle avait disparu, ainsi que sa mallette à lui, contenant son ordinateur.

Qu’importe ! il emportait en lui une richesse incomparable : de quoi rêver pendant des mois !

Jean-Louis Rousse

14 avril, 2013

Atelier du 8 avril 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:24

Devoir :
4 mots : mépris, lèvres, confiance et ville.

 Il avait peur de s’être trahi en affichant tout le mépris que l’Autre lui inspirait.
Il inspira un grand coup et se mit à reculer sans faire de bruit.
Les yeux fermés, il savourait déjà une petite victoire. Qui en appelait une autre, définitive celle-là. Il n’avait pas bronché sous les ordres, il s’était fait oublier.
Celui qui avait pris sa place continuait de gesticuler dans son coin, et tous les autres l’écoutaient sans broncher, comme de stupides moutons qu’ils étaient.
Il ne restait plus qu’à gagner sa confiance, et à reconquérir les autres. Cela prendrait le temps qu’il faudrait, il n’était pas pressé.
Comme des lèvres entrouvertes d’où s’échappe un cri dans la nuit, il suivit en soupirant les gardiens jusqu’à la petite cellule au fond de la cave.
Le nouveau chef  voulait marquer son territoire, et il l’avait puni.
L’absence de lumière, ce n’était pas un problème : il avait l’habitude, comme tous ses congénères.
Le silence non plus ne le dérangeait pas.
Non, le plus dur, vraiment, c’était la peur de la faim. Dans cet espace neuf, jamais occupé, il n’y avait rien. Même pas un grain de poussière à sucer. Il allait devoir rassembler toutes ses forces  pour tenir le coup jusqu’à ce qu’il puisse remonter à la surface quand l’Autre l’aurait décidé.
La ville était au-dessus de sa tête, bruissante de couleurs et de fureur.
Il se recroquevilla comme un bébé dans le ventre de sa mère.
Et s’endormit.
Au printemps, de nouveaux locataires, Paul et Laura, prirent possession des lieux. Ils attendaient leur premier enfant pour la fin du mois.
En pénétrant dans la cave, Paul et Laura eurent un mouvement de recul. Laura caressa avec effroi son joli ventre arrondi.
Le sol était jonché de cadavres de cafards desséchés. Ils avaient dû s’entretuer, ou se manger entre eux, car ils n’avaient plus de têtes.
Laura faillit renoncer à ce nouveau logement, mais Paul la rassura : « je vais nettoyer tout çà, lui dit-il en l’enlaçant.  Après tout, ce n’est qu’une cave, et après l’avoir désinfectée, ne t’inquiète pas. Plus personne n’osera y revenir».
Là haut, au-dessus de leurs têtes, des antennes se mirent à vibrer.
Furieux, le nouveau chef marmonna : « il va falloir que je trouve une nouvelle cellule de punition. Dommage, elle était bien pratique.  Bon, ne nous laissons pas abattre : le petit placard dans la chambre bleue et rose fera l’affaire. J’ai déjà visité cette pièce : elle n’est pas occupée, et on ne risquera pas d’être ennuyé par le bruit, les cris et les rires.  Toutes ces manifestations m’insupportent. Cela me déconcentre et je peux devenir méchant comme un homme », grogna le nouveau chef en attrapant une petite miette qui traînait devant lui.

Il reprit son chemin, suivi de ses gardes du corps qui ne bronchèrent pas.

Marie-Pierre Beaulier, Nouméa, le 8 avril 2013

 

Le mépris qu’il ressentait envers cette femme mûre que j’étais allait au delà de ce qu’il aurait pu supposer la  première fois qu’il m’a rencontrée. Je lui inspirais une sorte de pitié viscérale très élémentaire au point d’avoir envie de moi juste pour me rendre plus supportable ma solitude physique. Du moins c’est ce qu’il croyait. En réalité il n’était intéressé que par mon aspect de femelle. Par ma féminité expérimentée basiquement animale dans laquelle il s’attendait d’explorer et de découvrir des chemins d’une intimité autrement insondable. Il cherchait sans donner, il demandait sans offrir, il s’accablait dans une quête infructueuse complètement dépourvue de la moindre goutte d’amour, pour ne pas dire dépouillée du moindre sens de l’amitié.

Ces mots sortaient de ma bouche et ma lèvre tremblait avec ces souvenirs en même temps que mon regard devenait sombre et aussi profond que l’océan vers le large. Ayant capté ma tristesse, cette tristesse obscure comme la famine, contraignante comme le silence, tu m’as demandé les raisons qui m’ont poussé à accepter de recevoir un homme aussi vil.
Les raisons, ah, les raisons ! Les raisons n’appartiennent qu’à l’intelligence, or tout être humain, moi incluse, est bien plus complexe et ne se réduit pas au simple raisonnement. Nous sommes aussi faits d’émotions, ainsi que de la mécanique d’un corps qui respire sans que l’intelligence le lui commande.
Le raisons sont enterrées dans les arcanes de la mémoire familiale, scellées dans un puits où la confiance a perdu toute sa raison d’être. Les raisons sont complexes et multiples et elles n’ignorent pas les mécanismes émotionnels qui les animent. Non, il ne suffit pas de comprendre pour réparer. Il faut beaucoup plus que cela. L’un des éléments essentiels pour diluer le voile qui recouvre mes yeux est la beauté, une beauté qui ne signifie autre chose qu’amour déversé et reçu. Un amour qui s’est perdu par un jour orageux. Les vents violents l’ont emporté si loin de mon cœur que je cours toujours à sa recherche. D’après ce que j’ai entendu dire, il se retrouverait sur la ligne de l’horizon, mais seuls quelques privilégiés arrivent à l’atteindre.

S’il vous plaît, si vous avez un bateau assez performant pour arriver à cette ligne, prêtez-le moi, que je puisse enfin danser sur la vague mousseuse de la joie !

Juana Maria MEDINA GARCIAS, Nouméa, 08 avril 2013

 

Dans ton regard j’ai bien compris
Que ce n’était que du mépris
Juste une moue là sur tes lèvres
Comme une ombre si flou si brève
Mon âme t’accorde peu de confiance
Mon cœur t’approche avec méfiance
Tu es si vil, un corps sans cœur
Je crains le pire, j’en ai bien peur.

Mais qu’à tu fais de ton sourire
Où sont passés ta joie, tes rires
Tes mots d’amour et nos nuits folles
Tes traits d’humour, tes belles paroles ?

Dans tes grands yeux j’ai tout compris
Qu’entre nous deux c’est bien fini
Même mes caresses n’ont plus leur place
Doux souvenirs, rien ne s’efface
Tu as choisi de t’en aller
Sans regarder tu m’as laissée
Sans dire un mot tu es parti
Dans le chaos tu m’as trahie.

Sylvie Trabuc

Je m’épris de lui dès que je le vis ; ses yeux de velours noirs reflétaient la joie de vivre et une immense bonté. Ses lèvres, bien ourlées, étaient une invitation aux baisers. Rien de vil en lui, il inspirait une confiance totale.
Il était écrivain, philosophe et handicapé.

Fabienne


Soirée avec la participation de l’artiste ADJÉ :

Atelier du 8 avril 2013 phot-300x224

Adgé invité à l'atelier, avec fabienne

A partir de phrases et de mots distribués, écrire un slam. 

Ton corps se meurt à chaque fois qu’elle fuit
La mort se meut et claque dans la nuit
Ton cœur s’effrite à chaque fois qu’elle fuit
Le bonheur se mérite et renaît la vie

La blonde s’égare vers un nouveau départ
Les petits s’effarent, la suivent dans le noir
Le monde s’efface à tes yeux hagards
Le bonheur s’accorde et renaît l’espoir

La brune guerrière met aussi les bouts
Les petits derrières et tu deviens fou
Dernière prière ta vie se dissout
Le bonheur galère mais tu es debout

Les femmes fécondes, elles font ton enfer
La flamme profonde ne peut satisfaire
A chaque seconde il faut te refaire
Du bonheur du monde tu sais être fier

On meurt chaque fois quand elles sont partie
On pleure chaque fois son beau paradis
On renaît chaque fois d’une nouvelle vie
Le bonheur c’est être, il faut s’en repaître.

Sylvie

Tu meurs chaque fois qu’elle part
Tu cherches un nouveau paradis, quelque part
Tu meurs chaque fois et tu changes de vie
Tu meurs chaque fois au rythme de ses envies

Tu meurs par petits bouts
Séparé de tes p’tits choux
Tes pleurs échouent
La terre boue

La femme est belle, c’est beau
Tu es debout, à nouveau
Tu vis chaque fois qu’elle vient, ravi
Tu meurs à chacune de tes vies

Ici ce n’est plus le paradis
C’est chaud, c’est bouillant, tu dis
ci c’est l’enfer brûlant
Le fleuve bouillonnant

Elle est brune la belle, explosive
Un peu guerrière, si belle, exclusive

C’est une nouvelle vie
Tu viens de renaître
C’est une nouvelle vie
Il faut t’en repaître
C’est Ta nouvelle vie

Il te faudra faire mourir ton corps
Pour trouver la belle blonde
Pour trouver femme féconde
Un p’tit bout d’choux encore

Elle s’en va, ils s’en vont, tant pis
On meurt à chaque nouvelle vie
A chaque fois qu’elle est partie.

Sylvie

 

Tu meurs chaque fois que tu changes de vie
Tu meurs à chaque fois qu’elle est partie
Puis tu cherches un nouveau paradis
Tu souffres chaque fois qu’elle change ta vie
Tu meurs chaque fois qu’elle est partie

Tu meurs parfois par petits bouts
Parce qu’elle est partie avec deux bout’choux
Tes pleurs transforment la terre en boue
Tu meurs chaque fois que tu viens ici
Et ici, c’était le paradis

Maintenant c’est l’enfer bouillonnant
C’est devenu chaud, brûlant, bouillant
Mais la femme est belle
Tu es à nouveau debout

La belle est brune, explosive
Trop guerrière, trop exclusive
Tu meurs chaque fois que tu changes de vue
Il te faudra mourir pour trouver la blonde
Mourir pour trouver la femme féconde

C’est ta nouvelle vie
Tu viens de renaître
C’est ta nouvelle vie
Il faut t’en repaître
Encore un bout’chou

Et elle te traine dans la boue
Tu meurs chaque fois qu’elle est partie
Puis tu cherches un nouveau paradis

Régis

atelier-300x214 Adgé

Photo de l'atelier parue dans les Nouvelles Calédoniennes

Toute ta vie, tu ne fais que ça
Vivre et mourir
Mourir chaque fois que ta femme te quitte
Revivre chaque fois qu’une autre t’inspire

Elle était belle, elle avait deux enfants
Elle t’a rendu heureux un moment
C’était le paradis
Et puis, elle est partie

Et chaque jour son absence
A été la pire des souffrances
Et puis… Et puis… Et puis
Ainsi va la vie

Elle était blonde, une brune est arrivée
Et de nouveau, ta vie s’est illuminée
Pour un certain temps…
Avant qu’elle se barre également.

Tu devrais plutôt te demander
Pourquoi les dieux ne t’ont pas donné
La fidélité
Plutôt que de te lamenter
Sur ton passé.

Fabienne

 Un texte avec 7 titres d’un auteur :

Stephen King pour Sylvie Trabuc

Une souris verte
Sur La Ligne Verte
Je la montre à mes amis
Qui se meurent d’Insomnie
Je la montre à Dolores
Car Clayborne est une déesse
Elle me dit qu’elle en a marre
De ses Rêves et cauchemars
Pour Shining il est trop tard
On me dit j’suis pas célèbre
De La Part (e) des Ténèbres
Je la montre à tous ces mômes
Qui s’amuse sur le Dôme
Ces gamins me disent
Trempez-la dans l’huile
Trempez-la dans l’eau
Ça fera un Stephen King
Tout chaud

 

11 avril, 2013

Atelier du 18 mars 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:11

Devoir :

2 mots extraordinaires : TAFOUILLEUX ET GAUPE

Merci « Tontine » d’avoir refilé un vieux dictionnaire des « mots oubliés » à Fabienne.
J’te jure, sur la tête de ma mère, se sont des mots de ouf qui datent au moins du Moyen Age et auraient mieux fait d’y rester.
En plus je viens de m’apercevoir que je me suis trompée sur le mot « cafouilleux » qui en fait s’avère être « Tafouilleux ».
Tant pis je reste sur ma première interprétation car je n’ai aucune autre inspiration concernant le mot « Tafouilleux ».
Donc « cafouilleux » pour moi signifie quelqu’un qui cafouille, en langage moderne qui fout le bordel.
Le deuxième mot « Gaupe« . C’est trop la honte ce charabia.  Après un réel brassage de mes neurones, je penche pour « PEUGAU »
un mec qui ne kife que les gonzesses un PEU mal GAUlées

S’il te plaît Fabienne, pourrais tu perdre le dictionnaire de Tontine ?

Françoise, le 15 mars 2013

Atelier du 18 mars 2013

La campagne, selon Tafouilleux et Gaupe


Tafouilleux le Bienheureux

 Tafouilleux était un petit être merveilleux. Il jouait tout le temps, plaisantait à chaque instant, rigolait à tout moment. Il souriait aussi bien aux amis qu’il rencontrait sur sa route, qu’aux fleurs qu’il croisait sur son chemin, aux nuages qu’il admirait lorsqu’il prenait du repos dans la clairière. Tafouilleux était d’un naturel très gai, aimable, un petit peu amoureux aussi de tout ce qui l’entourait. Et la nature le lui rendait bien jusqu’au jour où Gaupe arriva dans la contrée. Ce dernier était sorti d’on ne sait où, de derrière les fagots peut-être, cet amas de branches qui s’amoncelait dans la petite rivière entre deux rochers que les flots prenaient soin de contourner pour éviter de jaillir et inonder les rives qui verdoyaient sous le soleil éclatant de la contrée de Tafouilleux.
Les joncs joyeux, gardiens dignes de confiance des rives, avaient tenté de prévenir Tafouilleux qu’une ombre étrange circulait ces derniers temps dans le remous de la cascatelle qui murmurait cependant un concert de bonne humeur. Les herbes folles, qu’on croyait atteintes d’une logorrhée maladive, répétaient sans cesse « go gop, go gop, gooooo gop », au rythme de la brise légère qui se faufilait entre leurs feuilles. Les ronces que Tafouilleux appréciait surtout pour leurs fruits délicieusement parfumés, avaient pris le parti de se propager pour empêcher toute intrusion vers la prairie bordée de niaoulis qui jalonnaient la jolie rivière dont le charme était révélé dès les premiers rayons du matin, même en hiver. Chaque arbre, chaque feuille, chaque brin d’herbe s’y reflétaient tout comme les petits nuages blancs qui dessinaient de  magnifiques arabesques dans le bleu du ciel.
Tafouilleux vivait dans un monde enchanté et son insouciance lui faisait oublier tous les dangers du monde qui l’entouraient. Même les avertissements chuchotés par les joncs et les herbes folles n’avaient pas attiré son attention. Pourtant, ces derniers se donnaient beaucoup de mal pour se faire entendre : les joncs distribuaient leurs fibres cotonneuses à tout vent tandis que les herbes disséminaient leurs semences bavardes. Mais Tafouilleux restait sourd aux plaintes des uns et des autres. Il ne voulait voir que la beauté et le bon côté des choses. Il était comme envoûté dans une bulle de bien-être légère dans laquelle il flottait, comme les couleurs arc-en-ciel dans une bulle de savon. Il se chuchotait maintenant que Tafouilleux s’était laissé prendre au piège du bonheur. Il ne lui venait même pas à l’idée que les choses pouvaient avoir un yin et un yang. Il s’enivrait des délices que lui offrait la corne d’abondance de ce lieu magique. Emmitouflé dans un excès de rêveries mielleuses, il n’avait pas vu Gaupe approcher.

 Françoise

Tafaouilleux

Gaupe, c’était tout le contraire de Tafouilleux. Il ronchonnait tout le temps, jamais satisfait, houspillant la moindre brindille séchée sur son passage. Son air glauque le rendait encore plus repoussant. Il n’adressait la parole à personne, mais tous parlaient de lui. Ses yeux, d’un noir profond lui donnaient un air sinistre. Des piquants acérés surgissaient de sa carapace quand quelque chose lui barrait la route. Sa queue se terminait en une sorte de tire-bouchon excavateur. Gaupe avait l’apparence d’un monstre tout droit sorti des enfers. Il apparaissait et disparaissait, insaisissable au point que tout être vivant, animal, végétal ou minéral le craignait sans trop savoir pourquoi d’ailleurs, juste à cause de son effroyable aspect. A son passage, les bleuets tout comme les coquelicots, les pimprenelles et autres graminées de la clairière courbaient leur tige jusqu’à s’aplatir sur le sol humide. Les insectes volants, réputés impassibles, qui d’ordinaire fredonnaient leur bourdonnement à tue-tête, se noyaient volontairement au fond d’une corolle tandis que les petits animaux rampant ou sautillant parmi les feuilles séchées, se terraient au plus profond d’une écorce, derrière une branche ou sous l’une des pierres qui jonchaient ça et là les sentes qui se croisaient au grès du passage de tous les habitants du lieu. Les feuilles tremblaient comme lorsque les pluies automnales ou les bises d’un hiver langoureux se frayaient un passage entre les doux nuages du rêveur insouciant.

 Gaupe

... Et Gaupe !

Seule la sagesse et la lucidité des fourmis aux longues ailes rougies par la terre qu’elles transportaient lorsqu’elles creusaient leur nid, avaient levé le doute sur les intentions incertaines de Gaupe. En creusant le labyrinthe de leur demeure, elles avaient débouché sur l’une des galeries que Gaupe avait façonnées dans la terre rocailleuse de la contrée de Tafouilleux. Les boyaux souterrains étaient, contre toute attente, d’une netteté incroyable : tous les conduits se ressemblaient, aucune racine ne dépassait ; les infiltrations d’eau provoquées par les rosées matinales qui rafraichissaient l’air sitôt que le soleil montrait le bout de ses rayons, étaient toutes canalisées à l’identique ; les cloisons étaient aussi lissées que les galets plats qui gisaient au fond de la rivière. Seules les facultés intuitives des fourmis, quoique altérées par les artifices de Gaupe, pouvaient guider avec efficacité celui qui s’aventurait inopinément dans ce lieu obscur et froid. Comme si Gaupe avait pris un malin plaisir à fourvoyer son ennemi dans ses tunnels comme le faisaient les égyptiens lorsqu’ils construisaient les pyramides, tombeaux de leurs rois vénérés.

Devant la complexité de la chose, et bien que dotées d’un génie sans pareil, les fourmis avaient décidé de pousser plus loin leurs investigations pour savoir où menaient toutes ces innombrables bifurcations. Elles avaient tout d’abord érigé un dôme fabriqué avec les aiguilles de pins collectées sous les bois de fer. Puis contraintes de se répartir le travail, elles avaient formé des groupes qui se divisaient systématiquement à chaque jonction de deux ou plusieurs galeries. C’est ainsi, qu’en suivant une à une, de façon rigoureuse et  méthodique, chacune des voies souterraines qui apparaissaient devant la fourmi en tête du cortège, elles avaient débouché sous l’amas de branchages qui formait un petit barrage dans le cours d’eau où s’écoulait en cascade, parmi les roches luisantes, l’eau fraîche où venaient se désaltérer tous les habitants de la région.

Et Gaupe était là, dans l’eau tourbillonnante, qui s’amusait comme un dauphin se joue du bouillonnement de l’étrave des bateaux. Il s’amusait tout seul, éclaboussant les berges inondées de la chaleur du soleil qui, à cette heure tardive de la matinée, commençait à éblouir la prairie d’une lumière blanche et aveuglante. Gaupe se relaxait, après plusieurs semaines d’un dur labeur. Satisfait du labyrinthe qu’il avait creusé dans les règles de l’art, où les multiples tours et détours conduisaient tantôt parmi les herbes tendres de la clairière, tantôt parmi les arceaux des palétuviers et au final, sous un autre amas de petites branches enchevêtrées auxquelles se mêlaient également les bois et les feuilles que la rivière charriait au gré du vent et des flots légers.

Gaupe n’avait donc d’autre intention que d’échapper à ceux qui le chassaient notamment pour ses piquants, qui aiguisés ou polis puis assemblés servaient, soit de lame à découper, soit d’objet de décoration pour les cases des hommes. Gaupe ne voulait pas non plus finir entre les griffes des buses qui survolaient la région, ni parmi les ignames et les taros d’un bougna marmite.

Gaupe n’avait aucune intention malfaisante. Tafouilleux n’avait donc rien à craindre d’un Gaupe méfiant mais inoffensif.

Une envolée lyrique et champêtre de Sylvie !

Exercice : Dans la peau… d’un poisson

 kakao

 Peau de lapin
Haut les mains
Pot de poissons
Sans façon

 Le chasseur
Le pêcheur
J’n’ai pas d’pot
J’en ai bien peur

Mes écailles
S’encanaillent
Mais ma chair
Vaut pas cher

Dans la peau
D’un poisson
Quel tripot
Mais passons

Funambule
Dans ma bulle
C’est la glisse
Queue de réglisse

Saumonette
A sonnette
Le Gardon
Au lardon

Le marlin
Belliqueux
Le merlan
Se mord la queue

Dans la peau
D’un poisson
Oripeaux
En chanson.

Sylvie Trabuc

 

Oh, tiens, une anémone, je vais me plaquer dedans !
Ouuuuuuuuuuuuuh ! Plein de copains poissons qui passent, je vais nager avec eux !
Tiens, qu’est-ce que je fais là, loin de tout abri ! Je vais aller me planquer dans une anémone !
Mmmmmh, j’ai faim. Si j’allais chercher un p’tit bout de plancton ?
Mais qu’est-ce que je fais là ? Ah, j’ai faim en plus. Si j’allais chercher un truc à manger.
Tiens, un peu de plancton ! Ça tombe bien, je réalise que j’ai une petite faim.
Mais qu’est-ce que je fais là ? J’ai même pas faim ! Oh, tiens, un corail rose !
Oh ! Mais qu’est-ce que je fais auprès de ce corail ? Il faut que j’aille me planquer dans mon anémone.
Tiens ! Je suis dans une anémone ! Mais quelle bonne idée !

Julia


Exercices 2
 :

Dans le village de Kakao, c’est la fête du chocolat.

 poisson

Kakao

Le village de Kakao était en fête. Et Kakao se réjouissait déjà de la prochaine parade. Il savait que, comme chaque année, les fondus en tout genre égrèneraient des idées de maître. Les participants se délecteraient de nouvelles glissades, rigoleraient de ceux qui se feraient prendre dans la mousse légère du confiseur. Certains tomberaient sous le charme poudré de la fée Kabosse.

Pour sa part, Kakao savait que la fontaine serait l’occasion rêvée de débordements savoureux. Mais ce qu’il préférait, c’était la dégustation de petits carrés fourrés. Car c’était pour lui l’occasion inespérée de rencontrer une Orangette, une Noisette, ou mieux encore une Espelette qui pimenterait quelque peu son existence qu’il estimait trop amère.

 

Sylvie Trabuc

Chers membres du comité d’organisation,

 En tant que citoyenne de Cacao, j’ai appris avec grand intérêt la tenue prochaine de la Fête du Chocolat. Je serais très heureuse de vous aider à planifier cet événement, afin de permettre que ce ne soit pas seulement un moment festif, mais également une manifestation utile et sérieuse.

Pour commencer, je vous propose de remplacer les Smarties multicolores distribués aux participants par des pastilles de chocolat noir, ce qui permettrait d’en finir avec l’image de frivolité qui colle à notre municipalité depuis trop longtemps.
Je me permets aussi de vous signaler qu’il serait de bon ton de mettre fin aux animations musicales de type « Chadu cacao » d’Annie Cordy. Certes, cette dernière est originaire du pays de la praline, mais en matière de contrée du chocolat, je pense sincèrement que nous aurions tout avantage à nous tourner vers la Suisse, un état plus sérieux, réputé pour sa ponctualité et la rigueur de sa gestion financière. Aussi, n’hésitons pas à sélectionner quelques polyphonies alpines à la présentation plus respectable.

Enfin, la chasse au trésor aurait tout à gagner en subissant quelques modifications. Pourquoi ne pas remplacer les questions faisant appel à la créativité des enfants par quelques problèmes d’algèbre ardus ? Vous pourriez aussi permettre aux enfants d’échanger leurs pièces en chocolat contre un petit montant de vrai argent, grâce auquel ils auraient le joie de contribuer aux dépenses du ménage. Plutôt que de se dérouler en plein air, dans un parc fleuri propice aux allergies, je pense que la chasse au trésor ne pourrait qu’être améliorée si elle prenait place dans un local souterrain et sombre, à même de réveiller les compétences de survie des plus petits et de leur apprendre à dépasser leurs peurs.

Vous remerciant de l’attention que vous pourrez prêter aux propositions d’une citoyenne concernée par l’avenir de sa ville, je vous prie d’agréer, chers membres du comité, mes salutations les plus formelles.

 Éliane Groumpf

Julia

 

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