Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 février, 2013

Atelier du 25 février

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:29

DEVOIR :
Vous devez rédiger la quatrième de couverture de votre premier roman.

Atelier du 25 février

1/ Le premier roman est de Marie Pierre Beaulier et le titre est :

AMOURS
Passionné, juvénile, impossible, interdit, éternel, assassin…
Qu’est-ce qui nous fait basculer, renaître, regretter, souffrir ?
Quel est le dénominateur commun entre un prisonnier kurde, une adolescente iranienne, un chauffeur de taxi new-yorkais et une caissière parisienne ?
Des liens invisibles se tissent, des chemins se séparent, une grille s’ouvre  sur un nouvel espoir.

Dans ce recueil de nouvelles inédites, des amours s’entrecroisent, pour le meilleur et pour le pire.  Avec lucidité, tendresse et subtilité, Claire Cormier explore les chassés-croisés de la vie amoureuse, aux quatre coins du monde.

Marie Pierre Beaulier

2/Et celui d’Huguette :

EN TOUTE INNOCENCE…

Lorsque Lady Hill s’éveilla ce matin-là, elle s’aperçut qu’un tiroir de son secrétaire était entrouvert… Elle se précipita et constata que son journal avait été dérobé. Un frisson d’angoisse la parcourut : elle allait être découverte !
Il fallait réfléchir posément : deux questions devaient être élucidées : qui et pourquoi ? Mais surtout comment neutraliser celui ou celle qui disposait maintenant d’informations qui menaçaient sa vie ?
Elle tourna et retourna fiévreusement entre ses doigts fins le précieux coupe-papier d’ivoire hérité de son grand-père et établit son plan…

Ce premier roman d’HM nous entraine dans un suspens haletant : les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent, les gens ne sont pas ce qu’ils montrent, les sentiments sont biaisés, et cependant le lecteur rit souvent, peut-être pour masquer son angoisse…
HM ? Ces initiales ne vous disent rien ? Sachez seulement qu’il s’agit d’une jeune auteure de 80 ans : quel avenir peut-on lui souhaiter ? En a-t-elle un après ce qu’elle vient de nous révéler ?

Huguette, le 25 février 2013

3/ Celui d’Alain :

« Manuscrit trouvé dans une maison de fous » E.G. Bulwer LYTTON éd. Alain LINCKER

 Le bibliophile exerce le plus souvent une passion secrète et égoïste. Et pourtant, il est parfois d’exaltantes découvertes qui inclinent au partage et méritent un plus large écho.
Niché dans un coin de ma bibliothèque ce « Manuscrit trouvé dans une maison de fous » fut pour moi une révélation. Puisse ce conte d’un temps révolu aiguiser votre curiosité et entrouvrir les portes de l’univers magique du livre et de la bibliophilie !
Certes, cette nouvelle évoque les profondeurs sulfureuses des passions humaines et leurs coupables discriminations. Mais, dans la lignée de l’incontournable «Le Moine » de Matthew G.Lewis, cette littérature n’a t’elle pas en son temps révélé d’authentiques chefs-d’œuvre? Dans la postface, Marie Cantais, en spécialiste, en dévoile la portée.
A mon projet, j’ai jugé bon d’associer les talents féconds de quelques artistes locaux. Ils ont su, au delà de mes espérances, soutenir cette sublime alchimie entre le récit et l’illustration.
Ainsi pour notre plus grand plaisir, sous la férule d’un maître, M. Frédéric Kuhlmann, Michel Berland et Jean Linnhoff, dans un élan commun, ont investi, et de quelles éclatantes manières, le sillon exaltant de la gravure ancienne.
Je ne puis qu’admirer leurs créations fantastiques et vous laisse les découvrir

4/ Et enfin, celui d’Anna :

 

Ce livre retrace l’histoire de l’histoire d’un historien.
Ecrite au IIème siècle par un auteur anonyme, cette fameuse histoire fut copiée, modifiée, rééditée, perdue, retrouvée, mal photocopiée, volée, avalée, recrachée, brûlée en partie… jusqu’à nous parvenir sous sa forme définitive… pour l’instant !

Lisez-la vite avant qu’elle ne s’envole pour de bon !

 

Exercice : La mer commençait à se retirer. Elle marchait depuis un moment sur le sable vierge, quand elle sentit une présence dans son dos.
Elle se retourna.
Personne ne la suivait, la plage était déserte, mais il y avait l’empreinte de quatre pas sur le sable. Celles imprimées de ses pieds nus et…
le dessin bien particulier des semelles de Rangers. Incongru ! Que pouvait faire un commando sur cette paisible plage du Pacifique ? Plus inquiétant encore : des empreintes, mais personne en vue.
Effarée, haletante, elle sonda du regard les flots tout proches, afin de localiser l’intrus. Rien.
Un « floc » soudain, à proximité, attira son regard : un chewing-gum ! Le mystère ne faisait que s’épaissir. Mue par une certaine logique, elle leva les yeux : il était là-haut son commando, accroché à bonne hauteur d’un cocotier.

« Mais que faites-vous ainsi perché ? » lui lança-t-elle – « Expérimentation top secret de nouvelles chaussures de combat à ressort, baptisées « Marsupilami » » murmura-t-il.

Soulagée, elle éclata de rire. Mais lui l’implora, d’une petite voix timide : « Si vous pouviez appeler les pompiers… Je n’ose pas descendre, à cause du vertige… »

Belle indifférente, elle reprit paisiblement sa promenade, bêtement interrompue.

Jean-Louis Rousse, le 25 février 2013

 4ème de couv

 

Celle imprimée par ses pieds nus et…..

Aude se pencha, intriguée : la marque laissée dans le sable à côté de celle de ses pieds nus était profonde,  comme si un poids avait pesé lourdement sur le sable.
Les contours étaient bien nets, et pas de doute : on reconnaissait une paire de chaussures, mais quelque chose clochait : la gamine n’avait jamais vu une taille aussi grande….
Avec son mètre 50, Aude aurait pu s’allonger dans les deux cuvettes creusées dans le sable, et  s’y cacher sans qu’on la trouve.

C’est au moins une pointure 70 ! pensa Aude, et elle regretta de ne pas avoir emmené son appareil-photo. Elle prit ses jambes à son cou, et se dépêcha de rentrer chez elle.
Maman papa : devinez ce que je viens de découvrir sur la plage ?
Et voilà Aude qui mime sa découverte avec force détails un discret sourire  aux lèvres
Aude, calme-toi : soupire son père : c’est le géant du défilé qu’on a amené pour le prochain défilé, les gars ont eu du mal à le traîner sur la plage, et comme il risquait d’abîmer la dune, ils l’ont hélitreuillé : c’est la raison pour laquelle tu n’as vu qu’une seule trace . Tu le retrouveras à la fête dimanche, ton monstre…

Ce n’est pas encore cette fois que je vais donner un scoop, murmura Aude qui se voyait déjà détective en herbe.

Marie Pierre Beaulier
Celle imprimée par ses pieds nus et…. deux autres également moulées dans le sable, deux empreintes identiques aux siennes. Elle ne s’expliqua pas ce mystère. Elle n’était pas suivie, ça elle en était certaine. Les traces lui étaient familières et elle remarqua sans doute aucun que les empreintes étaient strictement identiques aux siennes. En fait les quatre empreintes étaient bel et bien les siennes. Au comble de cette intrigue, dont elle n’arrivait pas à dénouer les fils, elle remarqua que les talons se touchaient. Ils allaient exactement dans la direction opposée à la sienne. Comme si un autre soi-même, son double en somme, prenait un malin plaisir à inverser le sens des choses, à en prendre le contre-pied. Aussi étrange que cela puisse sembler, elle n’en fut que momentanément bouleversée.
Fille retord depuis sa plus tendre enfance, il existait en elle un ressort qui la tiraillait vers des destinations opposées, des avis contradictoires, des forces paradoxales et divergentes. Au terme de son cheminement, la vérité lui apparut, évidente : sa vie avait été une révolte permanente face au conformisme dans lequel elle errait depuis son adolescence. Ces pas, ces empreintes, qui, dans un premier temps, l’avaient tant déroutée et inquiétée, apparaissaient désormais comme des esquisses de ce qu’il adviendrait maintenant. Aussi étrange que cela paraisse – elle en fut d’une certaine manière confusément ravie - au carrefour de cette révélation, elle savait que sa vie prendrait enfin une autre direction : elle avait attendu si longtemps !

@ Alain LINCKER 25.02.13

EXERCICE :
J’étais en train d’écrire un texte un peu chaud quand un contrôleur des mots a surgi dans mon bureau.

images Alain

Le contrôleur des mots


Un petit smiley bleu, rouge de colère, surgit de mon bureau :
- Alors, comme ça, on écrit des gros mots ?
- Hein ? T’es qui toi ?
- Première leçon : on ne dit pas « Hein, t’es qui toi ? », mais : « Comment ? Mais qui êtes-vous ? ».
- ….. ???
- Allez, répète !
- Comment ? Mais qui êtes-vous ?
- Hé bien, je suis le contrôleur des mots ! On m’appelle Robert Junior. Alors que je faisais mon tour de garde habituel, je suis tombé sur les gros mots infâmes que tu étais en train d’écrire dans la lettre pour la copine de ton ex-copain, et puis… Grrrrr !!!
- Bah ! J’y peux rien, moi, si j’écris gros !
- NON ! NON ! NON ! Tu devrais dire : « Je n’y peux rien, j’ai une grosse écriture ».
- Je n’y p…
- Pchhhht ! Mais là n’est pas la question ! Comment oses-tu, par exemple, écrire ce mot infâme commençant par un « S » ?
- Heu… C’est du langage « prise de notes », c’est le raccourci de « salopette ». Je lui en avais prêté une et j’aimerais bien qu’elle me la rende !
- Ah, je vois ! En ce cas-là… cela passe. Et ce mot vulgaire dont la première lettre est un « m » ?
- ça, ça veut dire qu’elle devrait chercher ma salopette chez ses deux mères : sa vraie et sa belle-mère.
- D’accord ! Et ce « pouf » ?
- C’est du langage « ornemental » : on rajoute des lettres à la fin des mots pour les rendre plus beaux. Ce mot là, « pouf », ça veut dire : il faut qu’elle pense à vérifier sous le pouf de sa chambre.
- Bon, d’accord ! Je comprends. Et ce mot en cinq lettres ? C…O..
- C’est le diminutif de son prénom, elle s’appelle Constance
- Bon, d’accord ! Je te présente mes excuses. Ton texte me paraît désormais tout à fait correct et même très sophistiqué. Bravo ! Continue ainsi.
- Merci.

DING !!!

- Je dois y aller, mon alarme sonne. Il me semble que la copine de ton ex te prépare une lettre affreusement vulgaire. Peut-être devrais tu songer à lui écrire un message sur le même ton. Profite en, je t’y autorise !
- Merci beaucoup, je le ferai avec plaisir, à bientôt !
- A bientôt.

Je restai seule dans ma chambre, époustouflée. Puis, j’éclatai de rire, me rendant brusquement compte du ridicule de la situation que je venais de vivre.

Anna Benoit

26 février, 2013

Atelier du 18 février 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:50

2 mots extraordinaires : éplapourdi et guerdon

EPLAPOURDI ET GUERDON

-  C’est affreux ce qui m’arrive : tu sais, le beau guéridon hérité de ma grand-mère ? Et bien il est cassé : il a perdu son i…J’en suis tout éplapourdie. Qu’est-ce que je peux faire ? Je n’ai aucun usage d’un guerdon, d’ailleurs j’ignore même ce que c’est. Tu n’as pas une idée ?
-  Attends une minute, je vais arranger ça : voilà, c’est fait : j’ai ajouté un a, tu as  maintenant un frais gardon, que tu peux mettre dans ton aquarium !
- Mais tu es folle ! Je n’ai pas d’aquarium et je n’aime pas le poisson, vite, il faut attraper ça avant que cet animal ne meure étouffé. Et hop, je lui colle un l, et j’ai un lardon pour agrémenter mes petits-pois, ouf ! Sauvée !
- Si je puis me permettre une observation, tu devrais y regarder de plus près : tu as bien un lardon, un gamin, un gosse, un enfant, quoi ! Mais qu’est-ce que tu vas en faire ?
- Le garder, bien sûr ! Il est mignon et c’est tout de même l’héritage de ma grand-mère ! Elle en serait tout éplapourdie, comme nous ici !

Huguette, le 18 février 2013

Exercice :
Un soir, au Louvre, alors que les portes sont fermées et le dernier visiteur parti depuis longtemps, Mona Lisa a une discussion animée avec la Vénus de Milo :

Atelier du 18 février 2013

 Alain

                                     

                                                         

                                               


                                         

                                                       

HARPIES ou ARTS PIES


Vénus
 : Aujourd’hui j’ai encore eu plus d’admirateurs… Que toi !
Mona LISA : Comment ça ! Qui peut bien vouloir t’admirer toi qui n’est pas vraiment une œuvre d’art.
Vénus : Alors là les bras m’en tombent !
Mona LISA : C’est pas la peine de le prendre comme ça, pour les bras c’est déjà fait. Tous, ils te savent incomplète. Et en art, il n’y a pas de demi-mesure.
Vénus : C’est pas parce que ton maître avait le bras long dans toutes les cours d’Europe que tu dois te sentir supérieure ? Du reste l’on prétend que tu as un peu la tête du vieillard que tu dissimules et protèges.
Mona LISA  : Mon maître avait la sagesse des ans et la virtuosité qui ne s’établit qu’avec l’expérience. Toi tu es orpheline, tu ne fus trouvée que par le plus grand hasard, on ne connaît ni ton maître, ni ce que tu désignes.
Vénus : Je ne te permets pas de mépriser mon créateur, je suis son héritière, et cela me suffit, parce qu’en tous points je suis parfaite. Toi ! Tout le monde sait que tu louches
Mona LISA : Mon œil ! Tu ne comprends décidément rien à l’art. Retourne sur Vénus et prends-le de moins haut. D’ailleurs on devrait plutôt t’appeler la Vénus de mi-haut »

Alain LINCKER Nouméa 18.02.13

- Alors, t’en as pas un peu marre d’afficher ce sourire mystérieux vingt quatre heures sur vingt quatre, de garder les mains
- Oh ! Hé ! A ta place, je me tairais, espèce de handicapée. Tu sais, je pourrais venir t’étrangler, tu ne pourrais rien y faire !
- Oh que si, petite impertinente ! je pourrais m’enfuir. De toute façon, tu ne pourrais pas venir vers moi, tu n’as pas de jambes…
- Tais-toi donc, vieille folle !
-Hé ! Le respect des anciens, il est passé où ? Je sais qu’on est au XXIème siècle, mais bon…

 Anna Benoit

Exercice :

Chaque soir, avant de s’enfoncer dans un profond sommeil, elle envoyait une lettre à son subconscient. Jamais il ne lui répondait. Mais un matin, en ouvrant son courrier…


«  TOC, toc toc !, y- a-t-il quelqu’un ?
Oui c’est moi

  • Toi ! C’est vite dis. Toi qui n’as jamais vraiment été conscient de mon existence, puisque je suis ton subconscient.
  • Pourtant je t’écrivais chaque soir une lettre
  • Impossible ! tu ne savais même pas mon adresse
  • Pourtant nous partageons la même, puisque si j’ai bien compris, tu fais partie de mon moi. Nous habitons la même adresse, et celle-là je ne peux l’ignorer.
  • Tu crois habiter ton corps, gouverner ton esprit, vois-tu cela est quelque peu chimère. En fait tu ne t’appartiens pas, c’est moi qui te gouverne. Je te suis en tout point supérieur, je suis au-dessus de toi, c’est pour cela que l’on m’appelle ton subconscient,
  • Mais c’est bien moi qui t’envoyais des lettres chaque soir avant de sombrer dans mes rêves.
  • Le crois-tu vraiment ? Tu m’envoyais des lettres, mais tes lettres étaient remplies de mots et les mots c’est moi qui en gouverne le sens. Et derrière eux, derrière leur façade c’est moi qui agis et en sais les mystères.
  • Je ne te cachais rien, je te révélais tout
  • Inconsciente créature, les mots qui construisent ton discours ne sont que des illusions, et tu t’en servais pour dissimuler les choses. Mais cela est bien inutile, puisque je les perce toutes
  • Mais si, mais si ! Je jouais franc jeu, du moins je me l’imaginais
  • Enfin tu caresses quelque peu la vérité. Continue à m’appeler Messie, c’est comme cela qu’il faut que tu me considères en somme.
  • - mais non !
  • - Mais si !
     @ Alain LINCKER NOUMEA le 18.02.13

elle n’en revenait pas, elle en était tout éplapourdie. Mais… Enfin, c’est impossible !
Eléonore ferma les yeux, lâcha la lettre qu’elle venait de recevoir, se boucha les oreilles de toutes ses forces… Rien à faire ! Un flot de souvenirs douloureux la submergea.
Elle se rappela son contrat de journaliste, puis son voyage en Chine, puis sa prise en otage… NON ! Elle ne voulait pas savoir !
Elle se souvint des moindres détails, de la minuscule cellule grise dans laquelle elle avait passé, gâché, cinq ans de sa précieuse vie. Cinq ans à ne rien faire. Enfin… Ses preneurs d’otage lui avaient « gentiment » offert un livre dès le premier mois. En chinois, évidemment.
Eléonore se souvint brutalement du matin où la France s’était enfin décidée à laisser repartir en Chine l’homme politique qui avait braqué trois magasins parisiens. De ce fameux matin, où, affamée, pleine de courbatures à force de rester dans un espace de deux mètres carrés, traumatisée, déprimée, Eléonore fut enfin mise dans un avion pour la France.
Elle avait tant espéré ce moment ! Pourtant, elle s’était, en quelque sorte, habituée à sa solitude et, désormais, elle craignait le retour auprès de ses proches.
Eléonore se souvint des caméras des journalistes braquées sur elle, de… NON ! NON ! NON ! De son retour à la « maison » où une autre femme avait pris sa place en tant qu’épouse et mère.
Ensuite, sa sœur fidèle l’avait amenée chez un psy qui l’avait hypnotisée afin qu’elle oublie ces maudites cinq années passées dans… NON ! NON ! NON !
Les yeux remplis de larmes, Eléonore ne distinguait plus l’image sur sa lettre. Mais elle demeurerait gravée dans sa mémoire et le resterait éternellement.
En s’évanouissant, Eléonore revoyait cette publicité pour le journal Le Monde, avec, en gros plan, le numéro qui relatait sa propre prise en otage. Avec sa photo, au pied de l’avion, sur la couverture…

Puis tout devint noir…

A son réveil, Eléonore avait de nouveau tout oublié. A son habitude, elle continua d’envoyer à son subconscient, chaque soir, une lettre virtuelle pour lui demander ce qui s’était passé pendant ces cinq ans mystérieux dont elle ne gardait aucun souvenir.

Anna Benoit

13 février, 2013

Atelier du 11 février 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:03

Devoir :

Vous êtes une journaliste et vous retranscrivez l’interview que vous avez eue avec Florence CASSEZ.

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Florence Cassez à son arrivée en France, libérée mais pas inocentée...

Un texte pas très politiquement correct, mais ô combien vraisemblable de Françoise Ravelli :

Comme cent cinquante de mes confrères journalistes je devais couvrir le retour de Florence CASSEZ.

Malheureusement, peut-être devrais-je dire « heureusement », j’en fus empêchée par une violente gastro-entérite qui me cloua au lit le jour de la libération de notre nouvelle « héroïne ».

Je regardais les chaînes infos depuis mon lit. A ma grande surprise, Florence CASSEZ eut droit au tapis rouge de tous les médias, mais également au tapis rouge de tous les élus qui se disputaient le mérite de sa libération.

Pas un seul journaliste ne lui demanda si elle était au courant du passé criminel de son compagnon et comment elle avait fait pour fréquenter ce triste individu.

Que nenni, ont fêtait son retour comme celui d’une otage. En cette période de crise économique, de chômage et de guerre, on pouvait grâce à elle détourner l’attention du public.

A noter l’arrivée sur le même aéroport, dans la plus stricte intimité et une quasi solitude, du cercueil d’un soldat tombé au champ d’honneur…

Etant, pour une fois, dans la position du lecteur et auditeur lambda, je me rendis bien compte qu’à cause de cette femme à la très forte personnalité, le suremballement médiatique avait atteint le summum du ridicule.

 Finalement je devais dire merci à ma gastro-entérite pour m’avoir empêchée de faire partie de cette mascarade.

Et un autre de Monique Vasapolli, qui est, pour l’occasion, journaliste  pour la revue «Femmes impliquées » :

Femmes impliquées : Florence, vous voilà enfin libre après 7 ans de prison au Mexique alors que vous aviez été condamnée à 60 ans. Cela n’a pas dû être drôle, non ?

Florence Cassez. : Un peu que ça n’a pas été drôle. Mon coquin de copain m’a complètement laissée tomber après m’avoir dénoncée. Les familles des soi-disant personnes que j’aurai aidé à détenir m’ont dénigrées et attaquées sans preuves, sans parler du gouvernement mexicain et de leur police qui m’ont utilisée pour leur propagande personnelle.

F.I.: Tout de même vous avez bien été accusée de participation à enlèvement, port d’armes prohibées et….

F.C. : Dîtes donc vous ! Je croyais que alliez m’interviewer sur ma libération et non sur les causes de mon arrestation. D’ailleurs depuis 7 ans j’ai oublié pourquoi on m’avait arrêtée. Je ne sais qu’une chose, c’est que ce fut une belle mise en scène. J’ai failli m’y laisser prendre et accepter d’être coupable. Heureusement que la presse française et le Président Sarkozy m’ont persuadée de mon innocence. Qu’est-ce qu’ils se sont battus pour moi.  Et pendant qu’on attaquait la justice mexicaine, on oubliait les tribunaux surchargés de la justice française, ses erreurs judiciaires, ses violeurs et assassins de joggeuses relâchés…

F.I :. Vous attendiez-vous à être libérée si tôt ?

F. C. : Non, je n’en reviens toujours pas. Tout s’est passé si vite et en plus me voilà ici en France. Et reçue à l’Elysée par le Président Hollande et sa compagne. Avec photo sur le perron de l’Elysée. Comme Ingrid Betancourt.

F.I. : La comparaison n’est-elle pas osée ?  Ingrid avait été enlevée dans son pays en faisant son métier tandis que vous, vous avez été arrêtée pour de graves délits  dans un pays étranger. Vous récusez l’accusation de participation à enlèvements mais vous deviez bien avoir des soupçons sur les activités de votre compagnon ? Vous ne vous êtes jamais posé des questions sur l’origine de son argent, sur ses activités ?

F.C. : Je suis arrivée au Mexique sans un sou. J’ai rencontré un homme au charme vénéneux qui  avait de l’argent. Pour la première fois de ma vie je vivais sans être obligée de travailler. Pourquoi me serai-je posée des questions ? Et puis ça me plaisait moi, de sortir armée. J’avais l’impression d’être enfin quelqu’un. Je l’ai peut-être aidé à couper quelques doigts pour obtenir de l’argent mais dans ce pays où l’on tue à tour de bras, perdre un doigt n’est pas un drame. Je suis bien la seule à avoir été emprisonnée pour un tel motif et si la police mexicaine n’avait pas voulu se faire mousser à mon détriment, les Français ne sauraient  même pas qui je suis aujourd’hui.

F.I. : Finalement vous ne vous en tirez pas si mal que ça ?

F.C. : En effet Grâce à vous et aux médias, je fus bien traitée en prison ; j’ai  été rapatriée gratis en France, une voiture m’attendait à l’aéroport où j’ai été reçue avec les honneurs, j’ai fait la une des journaux. Mais maintenant il me faut penser à l’avenir. J’ai pris goût à la célébrité et j’ai  besoin d’argent. Je vais sans doute écrire mes mémoires. Je suis sûre qu’elles vont faire un tabac !

Exercice 1 : 

Je tapais les premières lignes de mon premier roman quand, par mégarde j’appuyai sur la touche étoile.
C’est à ce moment-là que… 
La sonnette de l’entrée retentit. Pourtant les volets sont fermés, la voiture garée un peu plus loin. Bref, tout indique que je suis absente. Je m’étais donnée ce temps justement pour enfin me lancer dans l’écriture de ce foutu premier roman qui me trottait dans la tête depuis des années.

Agacée, indécise, j’hésite. Aller voir ? Prendre le risque d’une visite qui s’attarderait ? Les premières lignes laborieusement écrites depuis 4 h ce matin sont en suspens sur l’écran. L’astérisque étoile me nargue. Avec un soupir, je vais à la porte d’entrée, l’ouvre avec hésitation…

Un homme inconnu arbore un large sourire « Bonjour Madame, je frappe à toutes les portes du quartier, je vends des chaussettes ! ». Interloquée, je ne peux que répéter le mot « chaussettes ? ». En quelques secondes, il me fait l’article, quelques secondes qui ont laissé la suspicion m’envahir et c’est d’un air glacé que je lui rétorque je ne n’ai pas besoin de chaussettes.
Quelque chose dans mon regard lui interdit de surenchérir et il s’en va, remontant la rue d’un pas rapide et s’engouffrant dans une camionnette dont je note ostensiblement le n° de plaque minéralogique.
Non mais c’est vrai, c’est trop bizarre cette histoire ! Et si c’était un sadique pervers en train de repérer des femmes seules pour les trucider ? P’tête que je vais le signaler au commissariat ? Je reviens au clavier. M’assois avec un soupir, qu’est-ce que je ne ferai pas pour retarder de me remettre à écrire, de m’avouer que l’inspiration manque, et pire le talent ?

Re-soupir. J’enfonce la touche « effacer ».

Et je vais ouvrir les volets ».

 Ani7

Exercice 2 : 

Une chaussette orpheline rencontre un gant orphelin.

 Ani7

« Chaussette dépareillée et usagée cherche autre chaussette pour faire la paire ». L’annonce sur le site « trouver chaussure à son pied m’a fait tilt. Bon d’accord, je ne suis pas une chaussette, j’suis un gant, mais ne dit-on pas que ce sont les duos les plus mal assortis qui sont finalement les plus heureux en amour ? Ni une ni deux, je réponds. Je me décris de façon très positive mais attention hein, sobre, sans tomber ni dans l’exagération, ni dans le pathos : gant en velours noir, un peu usagé mais juste ce qu’il faut pour être tout doux fera tout pour rendre heureuse chaussette trouée ou rapiécée, chaussette portée 1000 fois ou abandonnée trop vite. Aucun critère défini. Nos différences deviendront des compléments.
Chaussette je t’aime déjà ! ».

Ani7   11 février 2013   NOUMEA

 

 

8 février, 2013

Atelier du 4 février 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 0:17

Trouver une »origine originale » de prendre sa vessie pour une lanterne.

Je travaillais à la centrale nucléaire de Foulfe, une petite île inconnue de la carte sur la mer morte. Nul n’en connaissait l’existence, nos postes étaient tenus secrets.
Pour n’éveiller aucun soupçon, avant 21h nous étions dans l’obligation d’ingurgiter  un litre d’eau, car les groupes électrogènes se mettaient en veille jusqu’au lendemain.
L’eau des robinets de la centrale avait une odeur de plastique réchauffé, en contact avec notre abdomen elle se phosphorisait.

Ainsi pour nous éclairer jusqu’au petit matin nous prenions nos vessies pour des lanternes.

#Vro, 3 février 2013

Atelier du 4 février 2013 fosfo-234x300

Et la photo qui va bien avec !

 

Carnage à la clinique 

Lorsque l’infirmière entra à 8h30 dans la chambre du patient 37 qui était sorti une demi-heure auparavant de la salle de réveil, elle eut un haut le cœur et poussa un hurlement d’effroi : la pièce blanche était criblée jusqu’au plafond  de bouts de chairs sanguinolentes et lorsqu’elle tenta d’avancer, elle glissa sur la bouillie rouge et visqueuse répandue au sol et s’affala dans un cri de douleur et d’épouvante. Aussitôt alerté, l’ensemble du personnel présent à cet étage de la très sélecte Clinique du Parc accourut…Ce fut pour constater que le patient était tout à fait mort, dans des circonstances mystérieuses mais certainement effroyables.
On isola la chambre, on prévint la police et on retourna tant bien que mal à son travail.

A 10h30, la sonnette de la chambre 31 retentit et l’infirmière se précipita comme il se doit. Un hurlement entrecoupé de déchirants sanglots l’accueillit : il provenait d’une visiteuse qui tenait compagnie à son mari opéré du matin même et tout juste remonté de la salle de réveil. Là encore un tableau d’apocalypse s’offrit à ses yeux hagards : des lambeaux de chair humaine, pas plus grands qu’un pois chiche, constellaient la chambre et s’accrochaient aux cheveux et aux vêtements de la pauvre visiteuse défigurée par l’effroi.

La panique gagna tout l’étage, les femmes de ménage arrivaient avec seaux et serpillières, le personnel les repoussait pour laisser en l’état le lieu du « crime », on tentait d’entraîner la malheureuse veuve, traumatisée par la mort de son mari et  les circonstances aussi brutales qu’inouïes de ce décès. Quelques jeunes aide-soignantes s’évanouirent, on en vit s’enfuir à toute allure en jetant leur blouse  et courir comme des folles dans le jardin…
C’est à ce moment-là que la police arriva, en traînant les pieds : on était le 1° janvier et il y avait eu une grande bringue la veille pour fêter en même temps la nouvelle année et le départ à la retraite du commandant Martin : personne n’était très frais, le nouveau commandant n’était pas arrivé et Martin, qui se voyait privé de repos le premier jour de sa retraite était furieux…
Tandis qu’un commandant Martin bougonnant bouclait l’étage et tentait de regrouper le personnel dans la salle de soins pour pouvoir laisser le champ libre à ses collaborateurs, un nouveau cri de terreur se fit entendre et quand tous se précipitèrent vers la chambre 34, ce fut pour découvrir le même spectacle abominable : du rouge partout, des chairs partout et un patient tout à fait mort, éventré.

Ce n’était plus un accident isolé, c’était un carnage ! Qui pouvait en être le responsable ? Le seul témoin, en état de choc, fut interrogé séance tenante, sans ménagement : elle ne put que dire dans des hoquets qu’elle avait entendu un bruit d’explosion avant d’être couverte du  sang et des morceaux de ce qui avait été son mari…
Je vous passe les détails de l’enquête : sachez seulement qu’après quelques ratés au départ elle fut rondement menée. Une intervention en haut lieu eut tôt fait de mettre au travail toutes les forces vives de la police : le directeur de la clinique était une personnalité politique très influente et sa clientèle était le gratin de la ville : on ne pouvait pas la laisser mourir de cette façon choquante !

Il apparut vite que les morts avaient littéralement explosé ! Oui, leur ventre s’était brutalement ouvert comme si une bombe avait été à l’intérieur ! La raison fut plus difficile à trouver, mais un lieutenant remarqua finement que les morts venaient tous d’être opérés, et tous par le professeur Pippi, urologue italien éminent mais plus tout jeune…
Ce matin-là, son esprit légèrement troublé à la fois par la sénilité et les agapes de la veille, lui fit faire une bien étrange confusion : prenant la vessie de ses patients pour une lanterne, il y déposait en toute innocence une petite mèche enflammée avant de refermer. Heureux de voir cette frêle lueur irradier la vessie toute neuve de ses patients comme la promesse d’une aube nouvelle, il oublia que le corps n’est pas un candélabre…Les gaz firent leur sale besogne après un certain temps, transformant les ventres mous en autant de bombes à retardement.

Depuis, le professeur Pippi a été mis à la retraite dans une belle institution spécialisée pour les cerveaux défaillants, mais il reste de lui et de sa malheureuse confusion l’expression « prendre des vessies pour des lanternes » qu’on utilise souvent, ce qui prouve que l’erreur est humaine, après tout.

Huguette, le 4 février 2013

Une femme à la fenêtre :

marie-noir-et-blanc-agrandie-300x176 Aline Mori

 Sous la lumière blafarde de l’abat-jour vieux rose, poussiéreux, acheté dans une boutique du quartier du Canal St Martin avec lui, elle se lovait dans son fauteuil dont le tissu aux motifs fleuris avait été fané par les ans, elle guettait ses pas, Simone… Tous les soirs, depuis qu’il était parti. La pendule d’argent, trouvée dans une brocante pouvait en témoigner, suspendue à la même place, depuis.

Elle avait été très belle, une vraie madone avec ses cheveux noirs, bouclés, toujours défaits, la taille bien prise et des petits seins arrogants qui faisaient se retourner même les plus blasés, et lorsqu’elle souriait, ses fossettes et ses yeux bruns lui donnaient encore un certain charme.  La vie n’avait pas été tendre avec elle, depuis qu’elle était petiote. Le père alcoolique et violent, la mère n’en pouvant plus de faire des ménages dans les beaux quartiers, une vie de misère…

Comme toutes les petite filles, elle avait rêvé d’un prince, charmant, évidemment, qui la sortirait de cette maison sordide où ses parents croupissaient depuis toujours… sans doute.

A douze ans, elle aurait voulu qu’on lui conte fleurette, mais sa fleur, à elle, elle l’avait égarée, un été dans un bal du samedi soir où ses sœurs l’avaient entraînée, à l’insu des parents.

René, il était tout sourire et avait un certain succès auprès des plus grandes.  Mais elle était déjà bien pourvue par la nature, malgré son jeune âge et c’était pas le genre farouche qui minaude quand les garçons voulaient l’aborder. Il ne l’avait jamais vue et l’observait à la dérobée. Ses yeux de braise, ses dix huit printemps, ses jolies manières le démarquaient des autres p’tits gars qui se la jouaient devant les demoiselles… Il s’était approché.  Ses mains qui l’effleuraient la faisaient frémir.  Il lui chuchotait dans l’oreille des choses qu’elle ne comprenait pas vraiment mais qui lui semblaient délicieuses et la ravissaient.  Il lui a pris sa menotte et lui a dit « Viens! ».  Alors elle l’a suivi, sans réticence aucune.

Le billard, déserté à cette heure-là par les habitués était éclairé par une ampoule qui diffusait un lumière jaunâtre.  Il avait mis une pièce dans le jukebox.  Les Platters se sont mis à entonner « Only you »… Elle avait frémi sous ses caresses et ses mots si doux. Il était si gentil, si tendre. Cette première fois, elle s’en souvient encore comme si c’était hier.  L’abat-jour semblait vaciller à un moment donné, lorsqu’il s’est arc-bouté en beuglant des choses qui n’étaient plus gentilles du tout. Elle s’est envolée  d’un seul coup dans le clair-obscur de la pièce immense.

Et puis il y a eu d’autres garçons.  Plein.  Des grands, des petits, des gros, des maigres, des jeunes et des plus vieux.  Elle pouvait aller s’acheter des toilettes chic au Bon Marché pour ressembler aux demoiselles bien nées des beaux quartiers, pensait-elle. Et un jour, il y a eu Louis.

Louis, le magnifique.  Un vrai gentleman.  La totale, il lui a fait. Lui avait promis monts et merveilles et c’est vrai qu’elle a connu autre chose que ces hôtels borgnes et les lits miteux sur lesquels elle s’allongeait pour trois sous avec des types qui sentaient pas toujours la rose… Des hôtels cinq étoiles, elle en a connu, quelques-uns, à Paname mais aussi sur la Côte et puis en Italie, le lac de Côme, c’était autre chose… Mais les voyages dans des pays lointains, les palaces de contes de fée, qu’il lui avait promis d’aller visiter, jamais.  Il était marié, faut dire et sa régulière c’était une bourgeoise, de mère en fille, avec un quartier de noblesse, à c’qui paraît.  Elle l’a appris. Bien après.  Elle voulait pas le croire. Il s’était décidé, un soir à le lui avouer. « C’est fini, Simone, en tous cas, pour le moment.  Je suis désolé mais je ne peux pas faire autrement. J’ai des obligations, tu comprends. Je te promets qu’un jour je reviendrai, sois patiente. »

Depuis, son cœur ne bat plus que pour ce moment-là. Jusqu’au dernier de ses jours, elle l’attendrait.
Simone tendait l’oreille.  L’entendra-t-elle enfin, ce pas tant chéri… un soir d’été… ou à l’hiver de sa vie?

©Aline MORI, le 11 / 02/ 12

6 février, 2013

Atelier du 28 janvier 2013

Classé dans : Non classé — joie55 @ 2:38

Encore une galette pour fêter les Rois. Et c’est ENCORE Jean-Louis qui a eu la fève !!!

Ecrire une histoire à l’envers, en commençant par la fin :

L’Histoire à l’envers

Et voilà, neuf mois plus tard, je suis niché sur les seins de maman et je ne donnerais ma place à personne.

Qui est-ce qui pleure comme ça ? Mais que fait-il celui-là à me tirer la tête comme s’il voulait me l’arracher ? Je suis dans un tunnel très étroit et je ne peux plus respirer. Je viens de me retourner dans l’autre sens, la tête vers le bas. Mon chez moi commence à devenir trop petit car, je ne sais pas pourquoi, je n’arrête pas de grossir et de grandir.
Je me promène tous les jours dans un milieu humide et chaud. Je m’assois très souvent pour reprendre mon souffle. je nage tranquillement et je perçois comme une jolie petite musique douce. Aujourd’hui j’ai eu une envie de « Fraise Chantilly », et je m’en suis goinfré , quel gourmand !!!!!

Mais que ce passe-t-il, on me tâte de partout et cela me fait mal. J’entends des rires et une petite voix dire : »ce sera un garçon ». Les journées se suivent avec plus ou moins de repos.
Je suis balloté de gauche à droite comme si je courrais un marathon. Cela me donne envie de vomir. Arrêtez stop, je n’en peux plus. Je donne des coups de pieds partout pour me faire comprendre. Enfin une petite accalmie.

Je suis tout minuscule, mais j’entends un bruit de métronome une sorte de « tic-tac » régulier. J’ai déjà des petits pieds et des petits doigts . Je suce mon pouce avec délectation.

Je suis entassé avec 350 000 zigotos qui me ressemblent. Pour moi qui souffre de claustrophobie la situation est dramatique, il faut que je sorte d’ici. C’est un vrai parcours du combattant, où je risque la mort à tout moment. Il est impossible de faire demi tour. Je dois gravir des montagnes et traverser des rapides. Je m’agite dans tous les sens et dépasse mes congénères, une erreur d’orientation et c’est la mort assurée. J’arrive au bout du chemin tortueux. J’aperçois soudain une grosse boule, je suis le premier à la frôler,  et elle s’ouvre pour m’accueillir.

Françoise Ravelli, 28 janvier 2013

 

D’un coup sec, il lui trancha la gorge, le sang s’échappa à gros bouillons, ses yeux se ternirent : elle était morte.

Dans ses efforts désespérés pour se libérer, elle le griffa sauvagement, déclenchant en lui une bouffée de haine.

Il avait enfin réussi à lui saisir le cou de sa main gauche ; dans sa main droite, il brandissait un couteau de cuisine menaçant, qu’il avait pris soin d’aiguiser avant leur lutte.

Il pouvait lire dans ses yeux comme une angoisse de bête traquée : cette fois-ci, elle ne s’en sortirait pas par des poses alanguies ou des moues aguichantes.

Il y avait trop longtemps que ça durait : à chaque fois qu’il rentrait de son travail, c’était pour trouver le nid vide, et les enfants affamés.

                     Titre : La poule au pot

Jean-Louis Rousse, 28 janvier 2013

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Quelques bonnes raisons poétiques de :

Regarder son chien dans les yeux pour découvrir l’humilité qu’on ne se connaissait pas.

Traverser le présent, et le découvrir seulement quand il est devenu passé.

Donner un coup de tipp-ex sur tout ce que j’ai gâché. Désormais, le monde est blanc.

Ne pas tarir d’éloges sur les participants/tes de l’Atelier d’écriture. Tant de richesses que j’ai failli ne jamais connaître !

Rallumer un petit feu ce soir pour réchauffer les cœurs, les corps, et faire jaillir les étoiles.

Caresser l’espoir pour le faire grandir.

Mettre des patins, plein de patins, « Sur la bouche, à pleins bécots
Fondus comme des œufs tout chauds » (Brassens,  La Marine)».

Jean-Louis Rousse, 28 janvier 2013

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Couper une branche de lilas pour retomber en enfance

Regarder son chien dans les yeux et le comprendre sans parler

Traverser pour découvrir ce qu’il y a de l’autre côté

Jouer à Colin Maillard pour caresser les visages et les corps de mes partenaires de jeu…

Donner un coup de tipp-ex et se croire maître d’illusion

Fermer la porte  pour mieux ouvrir une fenêtre

Ne pas tarir d’éloge et rendre l’autre bon et beau

Rallumer un petit feu ce soir  pour raviver l’espoir

Caresser l’espoir et chasser  le cafard

Attendre la Saint Glinglin : me poster à la fenêtre du donjon de mon château de princesse, et attendre le retour des croisades de mon amoureux

Couper une mèche de ses cheveux  pour posséder  le plus beau des talismans

Regarder la mer et chercher ce qu’il y a après l’horizon

Mentir,  échapper à moi-même…

Marie-Pierre Beaulier,  janvier 2013

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Couper une branche de lilas….parce que cela embaume et que j’en mettrai aux 4 coins du lit.

Traverser  parce qu’il un regard révolver et un sourire à justifier de se faire écraser au passage.

Jouer à colin-maillard pour te chercher, te trouver, t’imaginer au bout de mes doigts et se laisser tomber sur l’herbe tendre.

Donner un coup de tipp-ex,  passer tous les souvenirs au tipp-ex et pouvoir réécrire sur le blanc.

Fermer la porte sur l’hiver, sur le gris, sur le froid, et se retrouver sous la couette.

Faire un caprice « Parce que je le vaux bien ! ».

Ne pas tarir d’éloges sur mes pannacottas aux mangues tièdes !

Rallumer un petit feu ce soir pour faire griller les brochettes d’agneau marinées.

Caresser l’espoir qui a la joue d’un petit enfant veloutée comme une pêche et promesse d’avenir.

Couper les cheveux en 4 parce que, parce que, parce que, parce que.

Attendre la Saint-Glinglin parce que ça sent la guimauve, le réglisse et les berlingots.

Mettre des patins : Pas à glace ! Mais des patins en feutre que Maman nous obligeait à mettre pour glisser sur le parquet comme des patineurs.

Ani7

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  • Couper une branche de lilas pour faire un arbre de Noël printanier dans une maison de poupées
  • Regarder son chien dans les yeux pour lui dire qu’on a envoyé son maître à la campagne, où il serait plus heureux et aurait davantage de place pour vivre sa vie d’humain
  • Traverser pour aller dire bonjour au petit bonhomme vert
  • Jouer à colin-maillard pour caresser les cheveux de Gisèle, qui n’aime pas qu’on lui touche la tête
  • Donner un coup de Tip-ex pour ne garder que les mots doux
  • Fermer la porte pour que les lapins cessent de venir piquer des carottes dans mon frigo
  • Faire un caprice pour taper du pied avec volupté
  • Mettre des patins pour que les fées puissent regarder leur reflet sur le parquet
  • Attendre la Saint-Glinglin pour prendre le temps de voir le temps se déplier, s’étaler et s’écouler
  • Couper les cheveux en quatre pour pouvoir essayer quatre couleurs de cheveux en même temps
  • Caresser l’espoir pour lui donner confiance en lui
  • Rallumer un petit feu ce soir pour faire jaillir les souvenirs en buvant un chocolat chaud
  • Ne pas tarir d’éloges pour voir des joues rosir de bonheur

Julia

 

 

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