Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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15 novembre, 2012

HALLOWEEN 2012 de l’atelier

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:54

Le 1er novembre, nous avons fêté Halloween, avec l’atelier d’écriture : 5 litres de potion magique !!! tout bu !!!

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Ils ont bu toute la potion du chaudron magique !!!!

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Juana Maria et Aline : bizarre ! Mais elles ont bu quoi ???

On a même mangé une main ! Moi, je me suis fait un doigt…

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Une joyeuse équipe de sorcières

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Atelier du 5 novembre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:40

DEVOIR :
Un sandwich : L’agent SBX 14 serra son arme dans sa poche…. La mare de sang s’étalait sur le béton.

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L'agent SBX14

Au bout du rouleau

L’agent SBX 14 serra son arme dans sa poche.
On ne lui avait même pas fourni d’étui, et il devait vérifier régulièrement que son arme ne faisait pas de bosse sous sa veste de costume.
Il était déjà en nage. Son maquillage allait commencer à fondre, se mit-il à ruminer.
Décidément, tout allait de travers depuis qu’il avait signé son  nouveau contrat.
Le voyage en classe économique avait été fatigant, l’hôtel était plus que moyen, et le pays ne lui plaisait pas.
« Ca ne sert à rien de te prendre la tête, se dit SBX 14, en allumant une cigarette. Si tout va bien, dans une heure, tout sera terminé, et tu pourras enfin te reposer… ».
Seul dans sa loge, il savoure le silence qui l’entoure – un compagnon toujours fidèle – et se concentre sur ce qui lui reste à faire.
« Et les balles, tu y as pensé ? » La revoilà, la petite voix qui se moque de lui tous les soirs à la même heure.
Il ouvre le chargeur, vérifie machinalement, un vieux réflexe professionnel. Oui, elles sont bien là : deux balles, comme prévu.
« Je ne la supporte plus, celle-là. Il faut toujours qu’elle la ramène au mauvais moment » soupire l’agent.
« T’inquiète : bientôt, elle te foutra la paix. Crois-moi, ça te fera tout drôle de ne plus l’entendre. Allez, repose-toi un peu, prends des forces pour tout à l’heure ».
SBX 14 s’installe dans le canapé, ferme les yeux, en s’efforçant de faire le vide. Encore un peu, il s’assoupirait, tellement il se sent détendu, tout à coup. Les exercices de méditation lui sont vraiment profitables.
Le temps s’étire doucement, sans une secousse.
La nuit est déjà tombée quand un petit bip le réveille. Un coup d’œil à sa montre le remet sur pied : c’est le moment d’y aller.
Le plan a été répété plusieurs fois, pas d’erreur possible.
L’agent SBX 14 descend par l’escalier de service les 3 étages, direction le casino, au rez-de-chaussée. Le bruit de ses pas est étouffé par la moquette, il ne rencontre personne en chemin.
Il pousse les deux portes battantes de la salle de jeux. Comme à chaque fois, il est le premier à s’installer : aujourd’hui c’est devant une table de baccarat. Et c’est toujours dos à la lumière.
Tout est prêt : les repères ont été notés devant chaque place, impossible de se tromper.
« Parfait. Installe-toi sagement, et attends les instructions », lui susurre la petite voix du soir.
L’un après l’autre, les personnages se mettent en ordre autour de la grande table ovale. On effectue les derniers réglages des spots, les ultimes retouches de maquillage. Quelques bavardages, quelques sourires complices, pour détendre l’atmosphère.
Le dernier arrivé, c’est l’agent SBX 13, bien entendu. Tous les regards se sont tournés vers lui, d’un même élan.
« Il faut toujours qu’il se fasse désirer, celui-là ! » ironise la voix familière.
« C’est bien la dernière fois qu’il se fera prier »,  lui répond du tac au tac SBX 14, bien décidé à lui couper une bonne fois pour toute la parole.
« Tout le monde est prêt ? » Derrière la caméra, le metteur en scène impose le silence.
« Action ! »
Tout va très vite. SBX 14 connaît son rôle par cœur, on n’a jamais pu lui reprocher un trou de mémoire.

Il saisit son arme et la brandit en direction de SBX 13, assis en face de lui. Le coup de feu claque, à la seconde prévue. Une tache rouge apparaît sur la poitrine, puis s’agrandit, en forme d’étoile. Dans un réflexe, SBX 13 a soulevé légèrement sa main droite avant de s’affaisser la tête la première sur la table.
« J’ai dit, pas la tête comme ça, qu’est-ce que c’est que ce bazar ? Coupez ! » Hurle le metteur en scène.
Désolé, patron, pour la scène ratée, sourit silencieusement l’agent SBX 14.
La dernière, pour la route. La main toujours agrippée à son arme, Il retourne le canon vers lui, et  bang ! Dans la bouche.
Le lendemain, le drame a fait les gros titres  de tous les journaux. Qui aurait pu prévoir le coup de folie de la modeste doublure du célèbre acteur de films d’espionnage ?
Personne, il faut dire qu’hormis son agent et de rares metteurs en scène, personne ne fréquentait cet acteur de seconde zone relégué aux rôles de doublure ou de figurant. On retrouva un mot griffonné dans la loge de l’agent SBX 14 :
« Pour une fois, rien qu’une seule, j’ai envie d’être dans la lumière ».
Les enquêteurs sont venus faire leur travail sur la scène de crime. Ils sont déjà repartis après avoir entendu tous les témoins.
Les prélèvements balistiques ont été effectués.
L’agent SBX 14 a bien remplacé la balle à blanc prévue pour la scène par deux vraies balles, et l’arme était tout, sauf factice.
La moquette du décor de cinéma a été retirée.
Et pourtant, longtemps après le drame…
La mare de sang s’étalait sur le béton.

Marie-Pierre BEAULIER, Nouméa, le 5 novembre 2012

L’agent SBX14 serra son arme dans sa poche, prêt à la sortir au moindre mouvement, grincement, crissement… Qui indiquerait la présence d’un être vivant autre que lui-même. Sa mission était relativement simple : il devait récupérer quelques documents ultra secrets du FBI sans se faire prendre, profitant de ce que les locaux soient inondés et déserts grâce à Sandy. A l’affût du moindre indice de présence humaine, l’agent s’empara des précieux documents, qui concernaient apparemment, d’après un bref coup d’œil, des essais d’arme biologique dans le Pacifique Sud, au large des côtes de l’Australie.

Il sursauta lorsqu’un bruit de pas discrets se fit entendre. Sans hésiter ni réfléchir, l’agent SBX14 tira vers la porte au moment où l’intrus en franchissait le seuil. Il se rendit alors compte qu’il s’agissait de son chien adoré, Tom, qui avait fidèlement suivi son maître. L’agent se précipita sur la pauvre bête, mais il était trop tard.

Sans son chien chéri, il n’était plus rien. Il se fichait désormais de passer inaperçu ou pas… Il versa une larme pour la deuxième fois de sa vie puis, hurla à la mort, faisant tomber les précieux documents dans la mare de sang qui s’étalait déjà sur le béton.

Anna Benoit

EXERCICE 1 :

VU DE L’INTERIEUR DU BUS :

Les paysages sont somptueux.
Partout, le désert, des immensités de dunes où le regard porte à l’infini.
Aucune entrave, ni début, ni fin.
La piste, infinie, se déroule comme un long ruban semé de cailloux et de trous.
Ne plus jamais s’arrêter, ne  plus jamais regretter, ne plus jamais souffrir.
Parmi les passagers, une seule touriste, pâle sous son foulard, les yeux rougis.
Samir, le fils du chauffeur, a compris sa peine.
Il frôle sa main d’un geste doux, presque timide.
Sa présence la rassure. Son regard sombre et chaleureux la réchauffe.
Elle ouvre enfin les yeux sur la beauté du monde, le regard d’un enfant lui redonne l’envie.
Demain, c’est décidé.
Elle retournera voir ce spécialiste, et  elle acceptera enfin de suivre le protocole de soins.

Le bus poursuit sa route, elle aussi, jusqu’au bout.

Par  Marie- Pierre  BEAULIER, le 5 novembre 2012

 

VISION D’APOCALYSE

 Je n’avais jamais vu le véritable intérieur du bus qui m’amenait quotidiennement à mon école.

Mais ce jour là, je vis ses entrailles. Je tressaillis à la vision de ses dévoilements d’acier, de son intimité cachée, empalée sur le rail de la rocade Est. Le rail avait carrément cisaillé l’habitacle comme un brise-lame bousculant la banquise. Les tôles étaient à vif. Accrochés à ce socle dévastateur palpitaient encore des lambeaux de chair d’un carmin mosaïque.
Je n’eus pas conscience du choc. Le rail avait fendu le convoi d’habitude si joyeux, en deux parties nettes. Le rail avait opéré tel un scalpel, avec une précision quasi chirurgicale. Heureusement, je me situais du côté des rescapés de cet effroyable accident. L’autre côté avait été moins chanceux. Et certains de mes camarades s’étaient disloqués sous l’impact. Je ne pus supporter longtemps ce désastreux spectacle. Je m’évanouis, avec la certitude que jamais je n’aurais voulu voir de si près… l’intérieur du bus.

Alain Lincker,  le 05/11/12

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Le bus était couché sur le flanc gauche, comme fatigué de la vie. Une odeur âcre de fumée flottait dans l’air. Les sièges, sagement alignés, jadis jaunes et verts, avaient viré au gris sale, voire même au noir. Par endroits, il y avait du rose, là où des trous dans le tissu laissaient apercevoir la mousse. Seules quelques vitres du côté gauche qui avaient cogné le sol, et le pare-brise qui avait percuté un arbre étaient brisés. Les marteaux, censés être brisés en cas d’urgence avaient été volés depuis longtemps. Heureusement, les deux trappes du toit avaient permis à la plupart des passagers d’échapper à l’incendie qui avait menacé de les brûler vifs. Ensuite, les pompiers étaient arrivés afin de sortir les malheureux qui s’étaient évanouis et qui étaient coincé à l’intérieur du bus incendié, puis d’éteindre le feu.

Le véhicule, désormais inutile, avait été abandonné en pleine campagne et la nature avait commencé à reprendre ses droits sur les lieux de l’accident. Quelques plantes courageuses avaient même osé pousser dans les cendres qui commençaient déjà à s’éparpiller. Bientôt, je serai le seul indice du drame, moi, le fantôme de la seule victime de l’accident. Moi qui avait voyagé clandestinement dans la valise d’un copain qui, dans la panique totale qui avait régné quelques temps, m’avait totalement oublié. D’un autre côté, j’avais remplacé ses chemises, ses pantalons, son ordinateur et le reste du contenu de sa valise sans le lui dire, alors, je ne pouvais vraiment pas lui en vouloir de ne pas avoir pensé à moi.

En conséquence, je suis condamné à errer continuellement aux alentours du bus qui m’amena à la mort avec nulle autre compagnie que celle des fourmis, des oiseaux, des arbres et des fleurs.

Anna Benoit

13 novembre, 2012

Atelier du 12 novembre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:39

1/ La consigne : des éléments vont être donnés au fur et à mesure, toutes les 3 mn et les participants devront les intégrer dans la correspondance qu’ils sont en train d’écrire ;

 Un texte d’un « tout nouveau » qui s’est vite adapté : Luc

Mme Marie-Françoise X
5, avenue des Baisers
Ilot du Souvenir
Polynésie Française

Ma chère amie,

C’est avec une appréhension qu’il m’est difficile d’exprimer que je vous rédige ces quelques lignes.

Notre dernière entrevue fut singulièrement gâtée par le quiproquo qu’introduisit votre ami lorsqu’il se présenta à nous. Alors que la porte de votre coeur était ouverte – ou peut-être entr’ouverte – sa survenue soudaine donna à mes propos un sens que je n’avais nullement envisagé, je tiens à vous en assurer avec toute la force de mon espoir.
Je vous supplie, ma bien-aimée, de préserver le sentiment qui – à mon idée, du moins – fut vôtre, l’espace de cet instant fugace, loin des fous et des loups qui s’apprêtent à s’en repaître.
Soyons clairs : le regard que vous me portâtes alors que nous allions à notre rendez-vous secret ne peut qu’être le produit d’un tendre sentiment qu’il vous sera impossible de nier. Mais votre ami, le chauffeur de taxi, était un imbécile malfaisant.
Les audaces et les insinuations qu’il a eu l’audace d’émettre à mon sujet n’ont, je vous l’assure, pas le moindre fondement.

J’ose espérer que votre opinion à mon égard pourra évoluer dans les temps à venir. Je vous écris ce message depuis la plage déserte où nous nous rencontrâmes, seul et contemplant l’horizon.
Là où se tenait votre chaude présence, il n’y a désormais que l’herbe agitée par le vent.

Votre dévoué,
Jérôme.

 

Mme Pauline Lamoroso
13 avenue des Baisers

Chère Madame,

La Chaine TF1 souhaiterait réaliser un documentaire sur l’avenue des Baisers dans le cadre de son émission « 7 à 8″.
On m’a conseillé de vous rencontrer pour évoquer le passé de cette avenue.

Est-il vrai que vous y avez grandi dans les années 50 ? Il paraît qu’à cette époque les filles de joie, comme l’on disait, arpentaient cette avenue. Est-il vrai qu’elle devint l’avenue des Baisers à la demande d’un client très haut placé ?
Il semblerait que cet endroit, loin des fous et des loups, était un havre de paix pour les clients de la « Haute Bourgeoisie » qui souhaitaient s’encanailler.

Acceptez- vous, Madame, de me rencontrer pour confirmer tous ces propos ?
Je dois vous avouer qu’il y a deux semaines j’ai pris un taxi pour venir fouiner dans votre avenue.

Une porte était ouverte au n° 13 mais je n’ai pas osé vous surprendre. J’ai d’ailleurs dû repartir très vite, à cause du chauffeur de taxi qui était un imbécile malfaisant et qui, sur le chemin du retour, me fit passer dans une banlieue morose, où l’on voyait pour toute végétation, des herbes agitées par le vent.

Au plaisir de vous rencontrer
Harry Roselmack

Françoise, Nouméa, le 12 novembre 20102

 

Mon cher ami,

 Notre rendez-vous, avenue des Baisers, a manifestement tout gâché. Nous n’aurions jamais dû nous voir Notre rencontre virtuelle était si belle. Je m’en doutais un peu. J’appréhendais cette rencontre, et mon instinct m’a donné raison.
Quand je suis arrivée, la porte était ouverte, comme une invitation à pénétrer dans un lieu rempli de mystère. J’ai hésité, j’ai appelé et je me suis permis d’entrer malgré le silence. Manifestement j’aurai mieux fait de rester sur mes premières impressions.
Ce jeu de rôle m’a emmené bien loin. Loin des fous et des loups de notre première rencontre sur le net.

Déjà en quittant mon appartement j’ai du attendre un long moment. Le chauffeur de taxi était un imbécile malfaisant. Il m’a baladé dans des rues étranges avant d’arriver à l’adresse que vous m’aviez indiquée.
J’ai traversé le couloir avant de pousser une seconde porte. Celle-ci sans me réconforter, m’a emmené dans un jardin. Un jardin d’Eden qui s’est très vite transformé. Maintenant il n’y a plus que les herbes agitées par le vent. Notre baiser s’est envolé. Je ne pense plus à vous.

Sylvie Trabuc, le 12 novembre 2012

Mon très cher amour,

Tu me manques tellement que je ne parviens plus à prendre aucun goût aux plaisirs de la vie.
Le temps où tu  faisais partie de mon quotidien me semble si lointain… quand tu m’attendais au coin de l’avenue des Baisers à volonté, des secrets partagés…
La porte était ouverte
, grand ouverte à chaque fois que je voulais te rendre visite. Mais ce temps où l’on s’aimait mutuellement est révolu. Tu n’as plus besoin de moi.
Parfois, je me dis que je devrais partir, m’exiler en quelque sorte, afin de ne pas perdre la tête, loin des fous et des loups.  Des loups, comme toi, qui massacrent intérieurement leurs victimes. Loin des fous comme moi, qui se laissent prendre.

Je t’en veux. Je m’en veux. Je t’aime et je te hais.

Je me rappellerai toujours du jour où l’on s’est connu. On s’était retrouvé dans le même taxi, en rentrant de l’aéroport. Le chauffeur de taxi était un imbécile malfaisant, il avait voulu faire un voyage pour le prix de deux. En plus, il avait « oublié » de me rendre la monnaie. Alors, tu t’es imposé et il m’a rendu ce qu’il me devait. Depuis, nous étions devenus inséparables.

Puis, tu es mort subitement d’une crise cardiaque…

Ton jardin, autrefois si bien tenu, ne ressemble plus à rien. Au lieu du beau gazon, il n’y a plus que les herbes agitées par le vent. Comme moi, il est parti en friche. Je n’ose même plus y retourner sous peine de me mettre à sangloter incontrôlablement.
Tu me manques. Pourquoi m’as-tu abandonnée ? J’ai hâte de te rejoindre.

Anna Benoit
PS : Je ne sais pas comment t’envoyer cette lettre, alors, je vais venir te rendre visite.
A tout de suite…

2/ Votre souvenir d’enfance le plus traumatisant et que vous n’oublierez jamais.

A/ Souvenir d’enfance. Tu ne t’en souvenais pas en fait. C’est l’hypnose qui l’a révélé. Ton inconscient l’avait tu. Tu avais agi sans savoir – jusqu’au moment où - le juge a ordonné une enquête psychiatrique. Tu ne réalisais même pas ce que tu avais fait. Non, ce n’était pas toi. C’était ton autre toi. Celui qui se cachait derrière ta conscience. Celui que l’hypnose a révélé.
Maintenant tu t’en souviens et tu sais. Tu sais pourquoi tu as fait ça. Non, pas toi, ton autre toi. Celui qui a grandi dans ta mémoire cachée. Celui qui s’est caché dans ton inconscient après l’accident. L’accident. C’est ce qu’on t’avait dit. Tu étais si petit ! Mais ce jour-là tu étais là. Tu as tout vu. Et tu savais. Mais ton esprit l’a tu. Et l’hypnose l’a révélé.

Non, ce n’était pas un accident. C’était ta faute. C’est toi qui lui avais fait perdre l’équilibre dans l’escalier. Ta mère est tombée et ne s’est jamais relevée. Mais personne n’a vu la scène, aucun témoin. Si. Toi. Toi tu as tout vu et tu n’as rien dit. Jusqu’à aujourd’hui.

Le juge est resté perplexe. Tu es resté de marbre. Tu n’as pas su répondre quand il t’a demandé pourquoi. Forcément, ce n’était pas toi. C’est ton autre toi. Ta mère naturelle et maintenant ta mère d’adoption ! Oui, c’est étrange cette similitude. Mais il va en falloir d’autres des séances avant de vraiment savoir pourquoi.

 Sylvie Trabuc, le 12 novembre 2012

 

B/ Le souvenir d’enfance qui m’a le plus marqué s’est déroulé un soir d’Halloween. N’ayant pas encore tout à fait trois ans, mes parents m’avaient estimée trop petite pour aller récolter des bonbons. Pourtant, ma grande sœur de six ans y était bien allée, elle, avec ma mère et quelques copines, en plus ! Quelle injustice !

Je m’étais enfin résignée à mon sort et j’allais me coucher, lorsque l’on sonna à la porte. Ce devaient être des grands chanceux autorisés à faire une tournée, eux ! Mon père et moi allâmes leur ouvrir. Il y avait là une poignée de schtroumpfs énormes et barbouillés de sang. Mais j’étais déterminée à ne pas avoir peur, et une petite fille butée, croyez-moi, ça peut faire beaucoup de choses.

Le plus proche de la porte était déguisé en Schtroumpf Farceur. Il tenait un joli paquet jaune à la main, entouré d’un nœud en ruban rouge. Il me tendit le cadeau si promettant en me disant « Bonne fête d’Halloween, petite ! » d’un sourire radieux. Je décidai de ne pas m’offusquer de l’appellation « petite ». En effet, j’avais bien mieux à faire ! Je mis bien un quart d’heure à me débattre avec le ruban, mais, butée comme je l’étais, je refusais catégoriquement toute aide, de mon père, des Schtroumpfs qui commençaient à perdre patience, même sous forme de ciseaux ou de conseils.

Lorsque je me rendis compte qu’il s’agissait en fait d’une boîte en carton avec du papier cadeau collé dessus et qu’il suffisait de l’ouvrir, je parvins enfin à déballer mon cadeau tant  espéré. Soudain, une tête de mort sur un ressort me sauta à la figure. La bande de garnements éclata de rire en cœur, puis m’arracha le paquet de mes mains et détala.

Je pleurai longuement. Mon père tenta de me réconforter du mieux qu’il pût. Je finis par m’endormir dans ses bras. Depuis ce soir, quand ces gamins m’ont si honteusement terrifiée, j’ai la phobie des cadeaux emballés de papier cadeau, des rubans rouges, des têtes de morts et j’ai horreur d’Halloween. Est-ce que cela en valait réellement le coup que de me traumatiser ainsi ?

Anna, le 12 novembre 2012

3/ Vous trouvez une clé (dites dans quelles circonstances). Que sera-t-elle pour vous : la clé du mystère, la clé des songes, la clé des champs ???

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Sera-ce la clé du mystère ?

J’ai déjà fait ce cauchemar de nombreuses fois. Désormais, me réveiller en pleine nuit, hurlant à cause de ce rêve atroce et ne plus pouvoir me rendormir ensuite est devenu routine. Je me demande ce que cela peut bien signifier. Un rêve prémonitoire ? Je frissonne à cette seule idée. J’espère de tout cœur que ce n’est pas le cas !

 Cette nuit, je n’y crois pas ! Je n’ai pas fait ce rêve ! Quel bonheur ! Si seulement ce pouvait être le cas toutes les nuits ! Qu’est ce que je rêve de ne plus jamais faire ce rêve ! Bref, cette nuit était formidable : j’ai, pour la première fois depuis des mois, dormi plus de deux ou trois heures. C’était trop beau pour être vrai ! Je décide de savourer ce luxe de paisible tranquillité en restant au lit, bien au chaud, à moitié endormie, les yeux encore clos. Tant pis si je suis en retard ! Je ne suis depuis longtemps plus à un retard près !
Lorsque je me décide enfin à me lever, je me trouve dans l’impossibilité de bouger. Curieuse, j’ouvre les yeux afin de voir ce qui se passe. Et là ! Stupéfaction : mon assassin, oui, le même que celui de mon cauchemar, me vise, son gros calibre pointé sur moi. J’ai à peine le temps de me rendre compte que j’ai enfin la clé de mon cauchemar récurrent, la clé des rêves, que la balle part !
Ecroulée dans mon lit, ligotée, je vois une mare de sang floue s’étaler sur mes beaux draps flous. Ensuite, le noir…
Une fois bel et bien réveillée, j’allume la lumière. C’est certain : cette nuit, je serai assassinée ! Il faut que je me sauve. Vite ! Le temps de rassembler les premières nécessités dans un sac à dos, et je sors de chez moi me réfugier chez mon frère. Je verrouille soigneusement et silencieusement la porte d’entrée, puis j’entreprends de traverser le jardin. Le moindre bruit me fait sursauter d’au moins deux mètres. J’atteins enfin le garage… J’allume la lumière… NON ! Ce n’est pas possible !
Mon assassin m’attend ! Encore ! Je m’empresse d’éteindre la lampe, mais il est déjà trop tard : le coup est déjà parti. Je sens une douleur insupportable dans ma poitrine, à gauche. Je m’affaisse. Il me semble que l’assassin me sourit. Il me semble deviner une mare de sang qui s’étale sur le béton. Il me semble voir flou. Il me semble paniquer. Il me semble… rien. Plus rien. C’est le noir total !

Je me réveille une fois de plus. Est-ce la bonne, cette fois ? J’en suis certaine : pas d’assassin en vue. Les oiseaux chantent gaiement, il fait jour… Je me lève paresseusement, optimiste. Pourtant, lorsque je descends l’escalier, j’entends le monde se figer. Je me rends compte que quelque chose ne va pas. Je tente de me rassurer en me servant une énorme tartine de Nutella, accompagnée d’un bon jus d’orange bien frais. Je déguste mon fabuleux petit déjeuner sur la véranda, mais le plaisir n’y est plus…

Les oiseaux ne chantent plus. Le vent semble avoir changé de mélodie. Même mon chat a cessé de miauler. Je ne vois pas le coup partir. Tout ce que je vois, c’est les éclats de verre qui m’aveuglent aussitôt. Instantanément, je ressens une balle me transpercer l’épaule gauche. J’ai chaud. Je touche. C’est mouillé. Je goûte : c’est chaud avec un goût métallique. Beurk, du sang ! J’entends un second coup partir. Mes tympans explosent, la douleur à l’épaule également. Elle s’étend jusqu’à ma poitrine. Je sens mon cœur ralentir… puis cesser de battre.

Je vais mourir… Je suis morte. Il fait froid et noir.

Je tente en vain de comprendre la clé du mystère des rêves. Quel nombre incalculable de morts vais-je encore endurer ? Je ne veux pas rester enfermée dans ce cauchemar à tout jamais ! Il est hors de question que je passe le restant de ma vie à mourir ! Mais que faire ? Je dois trouver la clé… VITE !!!

Anna Benoit

 

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