Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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31 octobre, 2012

Atelier du 29 octobre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:49

Ecrire un texte selon la méthode de PROPP

Il était deux fois…

Il était une fois une petite fille qui vivait dans une grande et belle demeure, comme une petite princesse : ses parents lui offraient tout ce qu’elle désirait, ils l’adoraient… Enfin ça c’était ce que tout le monde voyait et croyait…

En réalité son papa l’aimait trop, d’un amour qui faisait mal, et sa maman fermait les yeux.

 Elle ne pouvait se confier à personne : comme elle était riche, elle n’avait pas de véritable amie, seulement des copines qui l’enviaient ou la jalousaient. Elle avait bien essayé une fois de parler à sa maîtresse, mais son papa était un homme important, influent, un notable respecté, et elle… une petite menteuse, voilà tout !

 Alors un soir qu’elle rentrait chez elle après l’école et qu’elle savait que son papa l’attendait avec tout son amour qui faisait si mal, elle enjamba la rambarde du pont et se jeta dans le fleuve.

***

Il était une autre fois… Une petite fille qui vivait dans une grande et belle demeure, comme une petite princesse : ses parents lui offraient tout ce qu’elle désirait, ils l’adoraient… Enfin ça c’était ce que tout le monde voyait et croyait…

En réalité son papa l’aimait trop, d’un amour qui faisait mal, et sa maman fermait les yeux.

 Elle ne pouvait se confier à personne : comme elle était riche, elle n’avait pas de véritable amie, seulement des copines qui l’enviaient ou la jalousaient. Elle avait bien essayé une fois de parler à sa maîtresse, mais son papa était un homme important, influent, un notable respecté, et elle… une petite menteuse, voilà tout !

 Alors un soir après l’école, elle n’eut pas le courage de rentrer directement chez elle où elle savait qu’elle retrouverait son papa avec  son amour qui lui faisait tant de mal et de chagrin…

Elle quitta son chemin habituel et se retrouva dans un quartier inconnu, fait de petites maisons biscornues et de terrains vagues. Des garçons et des filles jouaient là ensemble librement, c’était très étrange pour elle, elle n’osait pas s’approcher.

Soudain un ballon vint atterrir à ses pieds, elle s’en saisit, le renvoya… Ce fut aussi simple que ça ! Elle se retrouva dans la partie, oublia toute sa peine et s’amusa comme une enfant insouciante et gaie. Ses nouveaux amis étaient si différents de ses compagnons de jeu habituels !

Après la partie, la petite troupe s’égailla et un des grands garçons lui proposa de venir prendre un goûter chez lui. Elle accepta. La maison était toute petite, mais chaleureuse, et la maman du garçon affectueuse : elle la fit goûter et demanda à David, son fils, de la raccompagner, pour que ses parents ne s’inquiètent pas.

Quand la petite fille arriva chez elle, il était tard et sa maman la gronda : son papa avait dû partir en voyage pour son travail et il était très fâché contre elle de n’avoir pas pu lui dire au-revoir.

 Secrètement, elle en fut très contente.

 Pendant tous les jours qui suivirent, elle prit l’habitude de fréquenter ses nouveaux amis à la sortie de l’école. Un soir qu’ils goûtaient tous les trois, David dit qu’elle avait bien de la chance d’avoir un papa, car lui n’en avait pas, alors elle osa avouer le mal que son papa lui faisait, presque tous les jours quand elle rentrait de l’école, et ils la crurent. Le bien que ça lui fit ! Ils ne pouvaient pas l’imaginer !

 Elle pleura longtemps et la maman du garçon la consola et lui promit de l’aider : elle travaillait dans un service social de la ville et, bien qu’elle fût modeste, elle ne craignit pas de dénoncer l’homme influent et riche.

 Quand celui-ci rentra de voyage d’affaire, il apprit qu’il était convoqué au commissariat… Incrédule, il regarda sa petite fille, son amour : il ne comprenait pas comment elle avait pu le trahir, lui qui l’aimait tant !
Alors il quitta la maison mais en traversant le pont pour aller au commissariat, il stoppa brusquement, hésita un instant, puis enjamba la rambarde et se jeta dans le fleuve.

Un texte très fort de Huguette

EXERCICE :
Pour une raison quelconque, vous devez passer une partie de la nuit dans un cimetière un soir d’Halloween.

Atelier du 29 octobre 2012 images-11

Mon déguisement pour la Zombie Walk

Un soir d’Halloween, nous allâmes à la « Zombie Walk » avec quelques copines. Ce défilé de gens déguisés en zombies et en survivants, les premiers attaquant les seconds rassemble chaque année près de douze mille personnes à Paris, effrayant les habitants non avertis. Nous nous amusâmes follement pendant quelques heures. Cette année-là, l’itinéraire se terminait… dans un cimetière ! Nous l’atteignîmes vers 22 heures 30. Peu à peu, la foule se dispersa. Bientôt, je me retrouvai seule avec Anaïs et son frère Julien. Leur père devait nous ramener. Le temps passait et toujours pas de voiture. Le cimetière en question était dans un quartier défavorisé. Nous n’osions donc pas en sortir. Nous n’avions pas de téléphone portable : le mien n’avait plus de crédit, celui d’Anaïs plus de batterie, quant à Julien, il n’avait même pas amené le sien ! Nous essayâmes donc de faire passer le temps, mais sans succès. En effet, nous sursautions au moindre bruit, au moindre grincement, au moindre coup de vent. Dès que l’un d’entre nous tentait de commencer une conversation, les autres disaient, en jetant des regards inquiets alentour : « Chuuuttt… Et si nous n’étions pas seuls… Et si quelqu’un nous entendait ? ».

Bien sûr, rien ne se passa. Nous attendîmes de longues heures dans un silence prédominant et encombrant. Nous finîmes par nous assoupir.

Lorsque nous nous réveillâmes, il faisait déjà jour. Des policiers étaient en train de passer le cimetière au peigne fin. Enfin quelqu’un ! Nous courûmes donc vers eux. Effrayés, ils s’écrièrent « Ahhh !!! Des zombies !!! Ce sont eux qui ont dévoré les trois enfants disparus. A l’aide !!! ». Ils s’enfuirent à toutes jambes et démarrèrent la voiture en trombe.
Anaïs, Julien et moi nous rendîmes compte que nous étions encore déguisés en zombies. De plus, notre maquillage avait coulé, nous rendant encore plus effrayants.
Maintenant qu’il faisait jour, nous décidâmes de rentrer à pied chez nous. Cela nous prit une bonne heure. Nous étions presque voisins. Devant la maison d’Anaïs et Julien, leur père, entouré de quelques policiers nous serra bien fort dans ses bras, malgré notre piteux état. Il nous expliqua qu’ayant perdu le post-it avec le nom du cimetière où il devait nous récupérer (Hé oui ! Paris est grand !), il ne savait pas où nous récupérer. Comme il était radicalement contre internet,  il ne pensa même pas à rechercher l’itinéraire de la « Zombie Walk ». Au lieu de cela, il appela la police qui passa tous les cimetières de Paris au peigne fin (comme s’ils n’avaient rien de mieux à faire un soir d’Halloween !). Tout le monde avait été très inquiet. Les policiers se dépêchèrent d’appeler leur chef afin de l’informer du déroulement des évènements. Lorsque nous allumâmes la télé, nous vîmes nos photos sur le petit écran. Le présentateur parlait de trois disparus, dévorés… par des zombies ! Pfff ! Et on appelle cela des policiers qui se sauvent dès qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent ! Il y avait à peu près les mêmes bêtises à la radio, qui, en revanche, parlait de QUATRE disparus ! Quelle imagination ! Mais bon, tout est bien qui finit bien. Nous étions chez nous, sains et saufs et nous avions retrouvé notre famille…

Anna Benoit

EXERCICE :
4 mots en mettant le premier dans la 1ère phrase : convocation – chèque – curiosité – calamité

chequier-2-300x286 AnnaJe reçus une convocation de la banque. Apparemment, je distribuais trop de chèques  ces derniers temps ! J’étais donc à découvert. Pourtant, j’avais égaré mon chéquier depuis déjà quelques mois. Je me rendis à mon entretien avec curiosité.

Calamité ! J’étais à moins 17.842 F ! Je regardai de plus près… OUF ! Le montant était en francs Pacifique. Mais tout de même, moi qui pensais avoir accumulé un joli coussin… Qui  donc pouvait bien utiliser mes chèques ? J’expliquai mon problème à ma banque qui s’empressa de bloquer mes chèques et de me commander un nouveau chéquier. Si seulement,  j’y avais songé plus tôt, cela m’aurait évité bien des soucis.

En rentrant plus tôt que prévu, je voulus en parler à mon mari ;  mais je le  surpris… MON chéquier disparu à la main, en train de… Oui ! Remplir un de mes chèques à l’ordre de SON compte en banque. Et le montant était de… Accrochez-vous bien… de 300.000 F ! Heureusement que nous avions opté pour la séparation des biens à notre mariage, sinon, je serais encore plus ruinée. En effet, mon mari m’avait volé mon chéquier puis imité  ma signature de nombreuses fois.

Autant dire qu’il devint rapidement mon ex-mari ! Lorsque je le menaçai de le poursuivre en justice, il m’avoua être au chômage depuis quelques mois. Le pire était que, non seulement il ne m’en avait soufflé mot, mais qu’en plus, il passait son temps au casino depuis ! Pfff… Quel mari irresponsable !

Anna Benoit

Atelier du 22 octobre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:41

Devoir :

Un sandwich, commencer un texte par :  » Elle me caressa la joue en souriant. De sa voix douce,  elle me dit :  » et terminer par  » j’étais désemparé quand je l’ai rencontré… « 

Elle me caressa la joue en souriant. De sa voix douce,  elle me dit : « Ne me laisse pas maintenant que je suis devenue ton amie.

Atelier du 22 octobre 2012 petit_prince-300x271
Que vais-je devenir sans toi? J’ai besoin de toi, tu as su prendre soin de moi en m’apportant tous les jours un bol d’eau, je me suis laissée apprivoiser et j’ai appris à t’aimer, maintenant tu es responsable de moi. Est-ce que tu n’as pas un petit peu besoin de moi, toi aussi… ?! »
Quelle était donc bien imbue de sa personne, si petite avec ses quatre épines si peu dangereuses… et pourtant  il l’aimait, oui,  il l’aimait telle  qu’elle était, si  odorante le matin au réveil, si magnifique dans ses beaux pétales rose dragée, si fragile et forte à la fois !
Mais il devait s’en aller… ici c’était trop monotone. Malgré son amie, il s’ennuyait terriblement et puis il avait envie de revoir son astéroïde préféré, le B612… parcourir le monde, tout voir, tout connaître, il n’avait plus de temps à perdre, que représentait « une rose » alors qu’il avait tant de belles choses à voir et de chemins à parcourir !
Adieu ! Il était un peu triste mais il aurait tôt fait d’oublier cette charmante présence…
De planète en planète, de grandes personnes en grandes personnes, le petit prince se disait chanceux de faire un voyage si extraordinaire…

De longues semaines passèrent, et puis il se mit à dépérir : il ne mangeait plus, il restait prostré toute la journée, plus rien ne l’intéressait, pas même un coucher de soleil dans le désert africain…

Et un beau jour, il disparut… Je me demandai où il pouvait bien être. Peut-être avait-il succombé à la morsure d’un serpent jaune ou bien éperdu de chagrin, avait-il entrepris le voyage de retour pour retrouver celle qu’il n’aurait jamais dû quitter, « sa rose »…

Je scrutais en vain le ciel étoilé, à force de vivre seul, à force d’être si raisonnable, moi aussi j’avais oublié cet adage : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».
J’étais triste d’avoir perdu mon ami alors que j’étais désemparé quand je l’ai rencontré…

 Chantal B., Nouméa le 22 octobre 2012

Elle me caresse la joue en souriant. De sa voix douce, elle me dit :
- « Je suis ta marraine, la fée. Tu as trois vœux. Tu peux demander ce que tu veux, réfléchis bien ».
Je me réveillai en sursaut. Dommage ! Ce n’était qu’un rêve… Si seulement j’avais réellement une bonne fée, tous mes problèmes seraient résolus !
images Anna
Si j’avais trois vœux, je demanderais :
- Que tout le monde soit heureux jusqu’à la fin des temps
- Que tout le monde ait de bonnes intentions
- Et que plus personne ne doive travailler (donc, que tout puisse être fait d’un claquement de doigts).

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, le lendemain matin, en me réveillant, ma fée imaginaire était bel et bien à mon chevet, comme dans mon rêve, et me demandait si j’avais déjà réfléchi à sa question.
Lorsque je lui énonçai mes trois vœux les plus chers, elle rit et me répondit, de sa voix mélodieuse :
- « Tu vois, c’est pour cela que j’ai choisi d’exaucer tes vœux à toi. Tu es la seule à penser à autre chose que le bout de ton nez. Grâce à toi, le monde sera un paradis. Tes vœux sont en fait les miens, mais comme je peux faire de la magie uniquement pour exaucer les vœux des humains, tu devais me les demander toi-même. Ça fait des millénaires que j’attends quelqu’un comme toi. Je te remercie d’être comme tu es. Au revoir. » Et elle disparut.

Soudain, une vague de bonheur me submergea. Mon premier vœu se serait-il déjà réalisé ? J’étais si désemparée quand je l’ai rencontrée.

Anna Benoit

EXERCICE :
Choisissez un monument qui vous intéresse et inventez des anecdotes fictives ou des faits divers inventés qui inciteront les gens à le visiter.

anim1-300x191 Chantal

J’adore le jardin du château de Fontainebleau. Il est si immense, mystérieux et bien entretenu en même temps.
Mon premier souvenir remonte à fort longtemps, je devais être en maternelle. Avec deux ou trois copines, nous jouions à cache-cache dans le labyrinthe. En fait, il y en a quatre, mais ils sont si proches qu’on dirait qu’il n’y en a qu’un seul. Alors, je jouais et, rapidement, je m’appropriai le labyrinthe. Je m’y retrouvais avec une facilité surprenante, comme si j’étais équipée d’une boussole intérieure. Evidemment, je gagnais sans cesse  à notre jeu de cache-cache. Depuis, j’ai toujours eu une affection particulière pour ce labyrinthe, qui bientôt, n’eut plus de secret pour moi.
Un jour, mon oncle se maria et en sortant de l’église Saint-Louis, nous nous sommes dirigés vers le magnifique jardin et la fameuse façade du château, afin de prendre quelques photos
Quand j’avais neuf ans, je suis allée au parc, avec ma famille, pour le nouvel an. C’était magnifique, il y avait des pots de fleurs enflammés tous les deux mètres, tout le long des allées principales, devant et derrière le château. Il y avait des feux d’artifice, des machines gigantesques qui donnaient forme aux feux, des bancs, des balançoires, un orchestre, bref, rien ne manquait pour faire de cette soirée une féérie.
Quelques mois plus tard, il y eut un pique-nique au bord du canal pour dire adieu à une amie, Stéphanie, qui partait pour Oxford, en Angleterre. C’est à cette occasion que je vis les carpes les plus énormes que j’ai jamais vues. Certaines étaient même dorées. Ce pique-nique était formidable.

Plus tard, alors que j’étais au collège, je me rendais régulièrement aux jardins  du château, lorsque je terminais tôt et que ma mère ne pouvait pas venir me chercher tout de suite. Caroline, ma meilleure amie de l’époque, m’accompagnait toujours.
Un jour, alors que tous les professeurs étaient absents pour cause de neige (en fait, il n’y avait qu’un ou deux centimètres, mais ils n’étaient pas très courageux !), nous allâmes dans la partie du parc où se trouvent des collines, en certains endroits, parsemées d’arbres. Nous fîmes de la luge tout l’après-midi.

Durant tout le temps où j’habitais à Avon, juste à côté de Fontainebleau, c’était le parc du château que j’affectionnais particulièrement. J’en ai encore tant de bons souvenirs…

Anna Benoit

16 octobre, 2012

Atelier du 15 octobre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:55

EXERCICE :

Vous venez d’acquérir un objet précieux.
1/ Dites dans quelle circonstances s’est faite cette acquisition.
2/ Pendant un instant cet objet va vous parler et vous faire participer à un moment de la vie de  son illustre propriétaire.

 

Atelier du 15 octobre 2012 bague-300x294

1/ LA BAGUE DE COCO CHANEL :

1/ Sur la petite table de camping bancale, entre un pichet Ricard, des angelots en plâtre, des cygnes en cristal, cette bague bleu saphir me saute littéralement aux yeux.
J’essaie de cacher mon coup de foudre mais le vendeur a déjà perçu mon trouble et mon désir irrépressible de l’acquérir.
« Elle a appartenu à Coco Chanel vous savez ! » Susurre-t-il dans sa petite moustache, l’œil pétillant et déjà supputant le prix maximum qu’il pourra m’en soutirer.
« Peste, c’est plus un vide grenier, c’est la vente chez SOBYS ! » Rétorquai-je en pouffant de rire mais le cœur battant la chamade.
« Je peux l’essayer ? Promis,  je ne m’enfuirai pas avec elle en courant ! ».

La voilà sur mon doigt. Parfaite. Le bleu m’hypnotise, les petits cristaux (des éclats de diamant ?) renvoient la lumière. Cette bague, il me la faut, mais quel prix va-t-il m’en demander ?
« 200 euros ! déclare-t-il tout de go et c’est donné ! J’ai même un certificat d’authenticité ! ». Peste, la bague de Coco Chanel au vide grenier de Lampaul-Plouarzel, vous n’allez pas me faire croire cela ? ».
Entre rire et soupir, je repose la bague sur la table et esquisse un pas d’éloignement.
« Allez ma jolie, pour un sourire de plus, je vous la fais à 100 euros mais j’y perds ! ».

Mon Dieu, quel baratineur, il ne braderait pas la vraie bague de Coco Chanel à ce prix-là ! Je refais rapidement mes calculs, visualise mon budget, me crispe intérieurement sur mon tiers prévisionnel de la fin du mois et je marque le pas.
« 80 euros ! 50 euros ! La bague de Coco Chanel à 50 euros » s’époumone le vendeur.
Je souris, soudainement plus légère d’un désir qui n’en est plus un.

2/ Le regard d’acier, elle fixe le baron Von Herhard à genoux devant elle, un écrin en offrande qui s’ouvre, révélant le saphir et les diamants qui scintillent. Négligemment, elle tapote son porte-cigarette en argent et acquiesce d’un battement de cils « J’accepte votre hommage Baron mais je garde ma liberté ».
Le baron glisse au doigt de Coco Chanel la bague somptueuse réalisée spécialement pour elle par le plus célèbre joaillier de la Place Vendôme. Dans une parfaite fausse indifférence, elle fait jouer la bague autour de son annulaire, faisant miroiter mille petits éclats de lumière.
Le Baron se relève et lisse sa petite moustache parfaitement taillée. Il vient de flamber dans cette bague tout ce qui lui restait de son patrimoine.

Au petit matin, il se tirera une balle dans la tête.

Coco Chanel se séparera sans aucun regret de cette bague dans une vente de charité un an plus tard et le saphir continuera son périple de vide grenier en vide grenier.

    ANI7 NOUMEA 15 octobre 2012

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Les bottes de Napoléon !

2/ LES BOTTES DE NAPOLÉON :

1/ Mon voisin, Gaston Burlat, le Père Gaston, comme tout le monde l’appelait, me racontait souvent des histoires et anecdotes de son arrière-arrière-grand-père qui était aide de camp de Napoléon. Depuis que j’étais toute petite, ces histoires, vraies ou fausses,  je ne savais, me passionnaient. Elles étaient à l’origine de ma fascination pour ce grand homme pourtant si petit : le Premier Empereur des Français.
Le Père Gaston m’avait raconté son ascension au pouvoir, ses victoires, sa gloire… et puis, les défaites, l’exil… et la mort… seul. Ce que je préférais, c’étaient « les petites histoires » de la grand Histoire et plus particulièrement, les histoires d’amour, car, paraît-il, notre empereur, bien que timide, n’était pas en reste de ce côté-là. Il fascinait littéralement toutes les femmes : son charisme, son énergie faisait de lui un homme à part.

Chaque fois que je rendais visite à mes parents, je ne manquais pas d’aller voir le cher Gaston. Le pauvre, il devenait de plus en plus vieux, mais fort heureusement, ne perdait pas sa faconde, bien au contraire. Jusqu’au jour où, hélas ! Je le trouvai inerte sur son fauteuil. Une crise cardiaque l’avait emporté. Je pleurai à chaudes larmes celui qui m’avait fait tant rêver.
Soudain, je me souvins d’une phrase que mon ami m’avait beaucoup répété, surtout ces derniers temps, comme s’il avait su que sa fin approchait : « Lorsque je disparaîtrai, il y aura une surprise pour toi… Elle est bien cachée, au fond de la grande armoire de ma chambre.
Trouve-la avant que quiconque ait eu connaissance de ma mort ».

Après avoir fait une prière pour le repos de l’âme de mon vieil ami, je montai à la chambre et ouvris la grande armoire de chêne. C’était un fouillis incroyable : des couvertures, une selle, de vieilles pantoufles trouées, des documents tombèrent lorsque j’entrouvris la deuxième porte. Non, ce ne pouvait être cela, la surprise dont Gaston me parlait si mystérieusement.
Je sortis tout le fouillis et, au fond… je vis une paire de bottes étincelantes, usagées,  certes, mais d’un beau vieux cuir entretenu avec amour. Mon cœur se mit à battre la chamade. Je pris délicatement la paire de bottes. A l’intérieur, se trouvaient les initiales : « NB ». Serait-ce possible ?

Je savais que Gaston n’avait pas d’héritier et que tous ses biens iraient à la commune… sauf ce cadeau inestimable dont il avait su me faire la surprise.
Comme une voleuse, je les serrais contre mon cœur et les emportais dans ma chambre de jeune fille pour mieux les contempler. Etait-ce vraiment les bottes de Napoléon ??? Un souvenir, soudain, m’effleura l’esprit : l’arrière-arrière-grand-père de Gaston s’appelait Nycéphore… Nycéphore Burlat… NB !

2/ Je décidais, une bonne fois pour toutes que ces bottes étaient trop luxueuses pour appartenir à un obscur aide de camp et qu’elles avaient chaussé les augustes pieds de mon héros. J’en caressais délicatement le cuir souple et décidais, malgré leur parfait entretien, de les cirer à nouveau.  A peine eus je enfilé la première botte dans mon bras qu’une drôle d’impression m’envahit. Tout ce qui m’entourait devint flou…
J’entendis au loin, une valse entrainante, jouée par  un orchestre. Je fermais les yeux… La musique devint de plus en plus forte. Etrange…

Soudain, je me retrouvai, les bottes aux pieds, marchant d’un pas de cavalier à travers le grand salon de la Malmaison. C’était l’été, les immenses fenêtres à la française étaient grand ouvertes. Des roseraies de Joséphine exhalaient un parfum enivrant, mêlé aux senteurs entêtantes des plantes rares et exotiques.  Il semblait qu’elle avait rassemblé là des plantes de sa Martinique natale et du monde entier, un peu comme un rappel impressionnant de mes illustres conquêtes…

Je regardais tous ces gens importants qui me saluaient servilement, quand tout à coup, mon œil fut attiré par une jeune beauté blonde, vêtue d’une robe Empire mise à la mode par Joséphine, quasi transparente, au décolleté vertigineux qui laissait presque apparaître  un téton conquérant. Sentant mon regard, elle tourna la tête et me sourit. Je me dirigeais vers elle, lui pris la main d’office et l’invitai à danser. Son corps était souple comme une liane. Ses grands yeux gris me dévisageaient.

J’aimais les conquêtes faciles, je n’avais pas beaucoup de temps à perdre… et celle-ci semblait prometteuse. Je luis chuchotais à l’oreille : « Comment se fait-il que je ne connaisse pas une beauté telle que vous ? Qui êtes-vous ? »

« Sire, je suis la Maréchale Lefèbvre… mais… appelez-moi Catherine ».

Je souriais déjà… et me retrouvais… le chiffon à la main. Ces bottes étaient vraiment magiques !!!

Fabienne, le 18 octobre 2012

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La loupe de Sherlock Homes

J’ai toujours été passionnée  par Sherlock Holmes. Depuis toute petite, je lis et relis tous ses livres, je vois et revois tous ses films, au point de connaître toutes ses aventures par cœur, dans les moindres détails.
Un jour, alors que j’étais en train d’aménager, un de mes nouveaux voisins se présenta  sous  le nom de Sherlock. Je ne pus m’empêcher de plaisanter
- Sherlock Holmes ? lui demandai-je.
L’air tout à fait sérieux, celui-ci répondit :
- Lui-même !
Il ressemblait tellement  à l’acteur du film que je le crus sur parole. Et soudain, je me rendis compte que mon héros imaginaire était bien réel !
Pendant des années, je l’avais aidé dans ses enquêtes. J’étais son « deuxième bras droit », en somme.
Jusqu’au jour où il perdit sa légendaire loupe. Le pauvre en était ivre de désespoir. Il avait perdu tout goût à la vie. Cela me peinait de le voir dans un tel état, lui qui était, d’habitude, si sûr de lui. Et tout cela pour une loupe !
Lasse de le voir dépérir, je lui en rachetai une identique et la lui donnais en prétendant l’avoir retrouvée au pied de son porte-manteau. Fort heureusement pour nous deux, il me crut.

Il mourut peu de temps après, il mourut d’un banal accident de voiture. Quelques jours après son décès, alors que je triais ses affaires, je retrouvai la fameuse loupe dans la niche de son chien, dans un recoin bien sombre, invisible de l’entrée. Je décidai de la garder, en souvenir de mon cher ami.

J’astiquais régulièrement la fameuse loupe à laquelle mon ami décédé avait tant tenu. Je ne sais pas pourquoi je me forçais à faire cette corvée. Sans doute pour me faire pardonner d’avoir menti à Sherlock.
Un samedi après-midi, alors que je frottais le verre afin qu’il reluise, je vis une poussière atterrir sur sa surface qui commençait enfin à briller. Furieuse, je frottai de plus belle, mais la poussière, loin de disparaître semblait se reproduire. Mmm… Curieux, pensai-je. Stupéfaite, je cessai mes vains efforts. Je me rendis compte alors que la « poussière » formait en fait des lignes, puis des mots. Incrédule, je déchiffrai : « Bonjour, je suis Shirley, la loupe de Sherlock. Merci beaucoup de prendre soin de moi. Pour vous remercier, je peux vous montrer ce que vous voulez de la vie de Sherlock Holmes, pendant que je me trouvais à portée de main. Je vous donne libre accès à tous mes souvenirs. Que voulez-vous voir ? ».
Je lui demandais alors de tout me montrer, ce qu’elle fit avec grand plaisir. La surface du verre se brouilla et les lettres furent remplacées par une image floutée, qui peu à peu, devint nette. J’observais et écoutais les souvenirs de Shirley. Bien trop tôt, il fit nuit. Je la priai alors de continuer le lendemain.  Elle me promit de pouvoir communiquer avec l’esprit de Sherlock Holmes durant la nuit. Pour une fois, je m’endormis paisiblement.

Anna Benoit

pinceaux Anna

Les pinceaux de Van Gogh

3 / LES PINCEAUX DE VAN GOGH :

1/ Dans le grenier de ma grand mère,
Au fond d’une malle centenaire,
J’ai fouillé entre tous les objets élémentaires,
J’ai trouvé une boite rectangulaire,
Qui contenait pinceaux et brosses salutaires,
Avec lesquels, je pourrais peindre un avenir solaire.

2/ Du pays noir des mangeurs de pommes de terre, ils m’ont toujours accompagné dans ma quête fébrile. Plus que des outils, ce sont des réalisateurs d’espérance avec lesquels j’ai concrétisé mes visions éblouissantes. Arrivé au sud provençal, ils m’ont permis l’explosion sidérale, que jamais aucun de mes contemporains n’a comprise. C’est pour ça que, pour la deuxième fois de mon histoire, je me suis saisi d’un autre objet que ces pinceaux, pour anéantir définitivement ma destinée, et ce dans un champ de blé, entouré de corbeaux.

Jean-Jacques MARTY, Nouméa, le 15 octobre 2012

4 / LE CASQUE DE SAINT-EXUPÉRY :

casque-300x204 Fabienne

Le casque de Saint-Exupéry

Dans le signe du destin

 Traîne, oui c’est à la traîne que je l’ai trouvé. Dans les filets de mon petit chalut au large de Marseille. Je ne savais pas alors qu’il t’appartenait lorsque tu as sombré dans les profondeurs de la méditerranée. La rafale de mitrailleuse qui t’a décroché des étoiles où tes mots y suspendaient leur vol, non plus ne savait pas. Et je puis te l’assurer, le franc-tireur allemand qui a appuyé sur la gâchette ne savait pas non plus que, d’une étincelle, il anéantirait l’écrivain Français qu’il avait le plus admiré au monde.
Il ne le sut que bien plus tard aussi, que d’un seul coup de grâce il anéantirai tout un pan de sa propre enfance. D’ailleurs en ces jours de fin de guerre, bien des choses s’étaient écroulées. Dans l’accablement des destinées humaines, parfois des choses insensées existent et adviennent. Fatalement la vie est faite de ces embûches, de ces écueils, de ces profondes ornières qui nous sont imprévisibles et débordent notre entendement.
Je me souviendrais longtemps de ce matin serein, troublé par cette triste découverte dont je me serais bien passé : le casque d’un ange qui avait brisé ses ailes.

C’était un casque peu ordinaire. Au démaillage de ma prise, dégagé de sa gangue de glaise, le fond du casque laissa apparaître une petite trappe secrète. J’y découvris, accroché à sa chaîne, un médaillon coulé dans ce vieil or rougeoyant des Amériques que l’on ne trouve qu’en Argentine. Sur son revers, en belles lettres anglaises, je pus lire, dans le sillon de mots purs : «  à ma citadelle, à mon empire, à mon étoile du Sud qui a aimanté ma vie durant mes si longs voyages : à ma Consuelo ».

Texte très poétique et triste d’Alain

 

DEVOIR :
Vous devez vous « vendre » sous forme de petites annonces :

1/ Vous recherchez un accompagnement personnalisé et adapté à vos besoins du moment ? Je peux vous être utile.

Un coup de cafard, envie de casser la routine ? Gaie, optimiste, un brin fantaisiste, je réussis toujours à dérider les plus grincheux. Je saurai improviser une sortie, par exemple, et comme je suis étourdie, vous pouvez être assuré(e) qu’il y aura des surprises au programme.

Vous croulez sous le travail ? Vous recherchez une personne dynamique et dotée de bonnes facultés d’adaptation ? Bosseuse, organisée, je peux vous aider : au bureau, à domicile si vous êtes une mère de famille débordée, dans un refuge pour animaux, etc… Expérience diversifiée – privé, public – dans l’éducation, le commerce, la communication.

Vos nerfs sont à vif, vous êtes surmené ? Votre chat, votre chien, votre poisson rouge, vous mènent une vie impossible ? Dotée d’un caractère calme, d’humeur toujours égale, je vous aiderai à retrouver un peu de sérénité. Il n’y a pas de recette magique , chaque situation sera donc étudiée au cas par cas. Pour les prises d’otages : adressez-vous aux services habilités.

Vous n’osez pas pleurer devant un beau tableau, un danseur étoile, ou un coucher de soleil ? Appelez-moi, je viendrai partager avec vous ces moments d’émotion. Je suis très spontanée et n’éprouve aucune pudeur à montrer mes sentiments et à les faire partager.

La clé de notre entente ? Un contrat moral basé sur la confiance et le respect mutuels : pervers et sadiques s’abstenir.
Pas d’obligation de résultat : c’est le seul prix à payer pour ma liberté d’agir… ou pas, à condition que le courant passe entre nous !

Les petites annonces de Marie-Pierre BEAULIER, Nîmes, le 13/10/12

2/ Cà y est, je me lance. Pas trop qu’en même car j’ai peur des eaux profondes.
Divorcée depuis 6 mois, j’ai décidé d’aider un peu le destin, en passant une petite annonce sur un site internet.
Je ne cherche pas un « ami » homme car j’en ai déjà deux, amis de toujours, irremplaçables.
Je commence à me présenter :
-  55 ans (mais jeune de caractère)
-  Mèches blondes (avec le cerveau d’une brune (LOL)
-  Mesurant 1m68

Je préfère les hommes assez grands, plutôt bruns. Mais, sait-on jamais, le charisme d’un blond peut tout à fait me toucher.

J’ai soudain l’impression que ma description ne doit pas être trop longue. Vaut-il mieux se la  faire : « Sois belle et tais toi » Pour le côté « soit belle » cela peut aller, (LOL) mais, pour le « tais- toi », cela me semble plutôt difficile . Dans le couple j’attache beaucoup d’importance au fait d’être sur la même longueur d’ondes et d’avoir quelques qualités communes : l’humour, aimer les voyages, la lecture, les soirées entre ami(e)s, sourire à la vie et rester optimiste même dans les moments difficiles.

Ah, j’allais oublier, j’ai joint une photo récente et j’apprécierai que vous fassiez de même.
Si vous correspondez un temps soit peu à cette description,  à très bientôt donc le plaisir de faire votre connaissance.

Framboise (mon fruit préféré)

La petite annonce de Françoise

3/ A VENDRE : vieille soupière pour faire bonne soupe… avec carottes nouvelles !

Femme, pas chiante, toujours de bonne humeur, respectueuse, calme et tranquille cherche COLOC, même profil.

Femme, pas chiante, toujours de bonne humeur, respectueuse, calme et tranquille cherche AMIS, même profil.

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Femme, disponible 24h/24 peut vous accompagner au restaurant. Beaucoup de conversation sur plein de sujets, mais peut également la fermer. Tarif horaire + repas à votre charge.

Vous manquez de confiance en vous ? Femme, disponible 24h/24 pour vous faire des compliments. Forfait + supplément de nuit ou urgences.

Les petites annonces loufoques de Fabienne

4/ Grand méchant loup propose ses services pour 10 000 XPF l’histoire. Accepte tous types de récits, réputation solide : a déjà mangé près de 25 personnages des contes de fées. Peut aussi bien tuer vos héros que faire leur vaisselle.

Satisfait ou remboursé !

Pour de plus amples informations, téléphonez au 78 87 87 ou envoyez un mail au grandmechantloup@crocmail.com 

Lola

5/ A louer : fainéante de première classe. Donne des cours de feignardise, de repos et de sommeil, sauf quand elle a la flemme.
Tarif : RRRrrrrrr… psssss !!!

Anna Benoit

11 octobre, 2012

Atelier du 8 octobre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 0:12

1/ Devoir :

Un mot extraordinaire : BRUXISME

A/ Bruxisme et délire

Dans un brusque bruxisme, elle avait atteint son paroxysme. Par haut et par excès, son isthme lui faisait défaut. Des faux et des vrais dont elle ne pouvait se passer. A cause du bruxisme, bien sûr. Bien en évidence dans la brume des jours de chant. Et des jours de lune. C’est vrai, la pierre – de lune – c’était celle de l’étrusque. Celui qui régnait sur l’isthme où règne un vent hiémal. J’ai mal aussi, dit-elle couchée sur son aile. C’est la brute qu’a tourné son nez incarnat. Car Nath n’en pouvait plus de ce bruxisme abominable. Cette brute minable laminait son minet. Et son minois était brutalement la risée des raseurs. Les rats à leurs heures lui jetaient du riz. Du riz et des tomates, tels les automates avec leur crincrin chagrin. Un grain de bruxisme, elle avait atteint son paroxysme.

Mais tu avais fumé la moquette, Sylvie TRABUC, ce jour-là !!!!

B/ Ca y est, c’était fait. Ils avaient dit « Oui ». Au fond de moi, je bouillais. Il allait falloir que je la supporte maintenant, que je supporte son mauvais caractère, ses sautes d’humeur, sa mauvaise foi, sa paresse, sa méchanceté, son ego démesuré, son manque de modestie, d’humanité, d’esprit pratique, de sollicitude… Mais qu’est ce que mon fils avait pu lui trouver, elle n’avait décidément rien pour elle, hormis le fait qu’elle était très très belle. Ah, ça oui, elle était belle. Tout le monde était à ses pieds, elle en avait l’habitude ; mais moi, je ne rentrerai pas dans son petit jeu.
Elle me ferait peut-être de beaux petits enfants. Mais je ne sais même pas si je pourrais les voir…

Je la détestais, même son prénom était ridicule : Xisme, ma Bru Xisme !!!

Fabienne, le 8 octobre 2012

C/ – Je déclare ouverte cette vingtième journée mondiale du bruxisme et je donne la parole au professeur Pascal Scanner, de la Faculté de Cuzco :

« Voici une nouvelle fraquse de ce lacsar, qu’on appelait le csorpion maqusé : juché sur des ecsarpins vertigineux, il sortit caqusé d’un boquset, enfourcha son csooter, klasconna et dévala les ecsaliers ecsarpés du Sacré Cœur ».

 - Vous venez d’entendre le texte lu à ma demande par une de mes patientes atteinte de bruxisme aigu… Je vous laisse apprécier le handicap que représente cette affection invalidante…
Pourquoi ce nom de bruxisme, me direz-vous ? Et bien parce que tous les sons sc, comme dans brusque, sont remplacés dans la bouche du malade par cs : ainsi brusque devient bruxe, d’où le nom de la maladie.

Remarquez bien que, si l’on avait choisi un autre mot de référence, comme mesquin, par exemple, la maladie aurait pu s’appeler mexisme, ou même baxisme si l’on avait choisi basket…

Cette patiente, Roscane, vient du Mescique…

Ah, mais que m’arrive-t-il ? Je suis hélas obligé de constater que cette terrible maladie est contagieuse.
C’était le professeur Pacsal Csanner, de Cucso, désolé d’interrompre ma causerie avant qu’elle ne tourne au fiacso !

Par Huguette

D/ Bruxisme… On n’a pas idée d’inventer des mots comme ça !

Bruxisme… Qu’est-ce que ce mot donnerait si je le rattachais à quelque chose de connu ?

Bruxisme, bruxisme… Bruxelles ! Oui, Bruxelles et ses… Bruxelliens ? Attendez… Paris et ses parisiens… On dit que le parisianisme définit le snobisme des Parisiens…  Alors, peut-être que le bruxisme… c’est le snobisme des Bruxelliens ! Ah, oui, mais non. Les Parisiens ont la Tour Eiffel pour appuyer leurs mépris. Les Bruxelliens ont… Des choux. Oui, les choux de Bruxelles ! Mais on ne peut pas être snob avec des choux. Ah bah non, on ne peut pas. A moins d’être fou, mais on va partir du principe que tous les Bruxelliens ne sont pas fous.

Ou alors, ce ne sont pas les Bruxelliens qui sont snobs, mais leurs choux ! Quoi ? On a bien découvert que les courgettes parlaient entre elles, alors pourquoi les choux ne seraient-ils pas snobs ?

J’ai trouvé finalement : le bruxisme, c’est le snobisme des choux !!

Par Lola

-  Mais si ! Allez, viens, on va bien s’amuser !
- Non ! D’abord, je veux savoir ce que c’est cette réunion de « Bruxistes ». Ce ne serait pas une secte, par hasard ? Parce que, dans ce cas-là, je…
- Non, non ! Pas du tout ! Ce n’est absolument pas  quelque chose de ce genre-là. Je te le promets. Tu verras, c’est génial !
- Bon d’accord, je vais y aller. J’arrive, je te rejoins chez toi dans deux minutes. A tout de suite.

Je raccrochai et me passai le visage à l’eau froide. Dans quoi m’étais-je encore embarquée ? Maintenant, il était trop tard pour rebrousser chemin. Je devais aller à cette maudite réunion de « Bruxistes ». De toute façon, j’étais bien trop curieuse pour annuler. Qu’étais ce mystérieux « Bruxisme » et ses adeptes, les « Bruxistes », dont faisait partie ma meilleure amie Léa ? J’allais bientôt le découvrir. Enfin, j’espérais…
Deux minutes plus tard, comme prévu, je me trouvais devant la porte d’entrée de Léa, de l’autre côté de la rue.
J’appuyai sur la sonnette. Aucune réponse. Je réessayai, peut-être ne fonctionnait-elle pas ? Je tapai à la porte d’entrée. Toujours personne. Je sortis mon portable. Après avoir composé le numéro de Léa, je tombai sur son répondeur. Pareil pour le fixe… ?
Je commençais à m’inquiéter. Léa avait tellement insisté pour que je l’accompagne à cette stupide réunion. Pourquoi n’était-elle pas là ? Etait-elle partie sans moi ? Non, décidément, cela ne lui ressemblait pas. J’avais beau  me  creuser la cervelle, je ne trouvai aucune explication plausible. Oh, et puis zut ! Tant pis pour elle ! J’allais rentrer chez moi. Je fis demi-tour vers ma maison… et je me rendis compte que j’étais encerclée par sept fusils, tous braqués sur moi. Tous tenus par des hommes inconnus. Tous, sauf… Léa ! Elle aussi en tenait un. Pointé vers moi. Elle ne souriait pas. Ce n’était donc pas une mauvaise plaisanterie. Je m’évanouis.

***

A mon réveil, je me trouvais dans l’obscurité la plus totale. L’air était humide. Il régnait une faible odeur de moisissure. J’entendais des gouttes d’eau tomber. J’avais affreusement soif. Je cherchai un mur, à tâtons. Malheureusement, je découvris d’abord le sol, qui était recouvert d’une boue gluante. Je me levai précipitamment… Et me cognai la tête contre le plafond. Je m’accroupis. Un insecte, sûrement un cafard, tomba sur mon épaule. Un autre, plus gros, dans ma nuque avant de glisser dans mon dos. Je criai de surprise… Mais aussi d’effroi. Oui, je l’avoue, j’ai peur de toutes les petites bestioles, et surtout de toutes celles qui rampent, comme les cafards.
Soudain, une lumière m’éblouit. Un homme très musclé se tenait dans l’encadrement de la porte. Il avait dû être alerté par mon cri. En fait, je me rendis compte que je n’étais qu’à un peu plus d’un mètre de la porte et donc du mur. Je fermais les yeux, le temps de les habituer à la lumière. Je les rouvris brusquement en laissant échapper un gémissement pitoyable lorsque l’homme me donna un coup de pied dans les côtes. Selon lui, ce devait en être un tout petit… mais qui, selon moi faisait un mal de chien !
- Debout là-dedans ! Fini, le dodo ! On a besoin de toi ! Rugit le baraqué.
- Hein ? Quoi ? Bredouillai-je. Où est Léa ? Elle devait m’amener à une réunion bruxiste.
- Ici ! Répondit d’un ton joyeux la personne en question, suivi de peu par l’apparition de sa silhouette.

Léa avait les mains sur les hanches, comme à chaque fois qu’elle parlait à quelqu’un qu’elle trouvait inférieur à elle-même.

-  Tu sais, reprit-elle, t’es vraiment une grosse nouille. Même une cruche débile ne serait pas tombée dans le panneau ! C’est ça, le bruxisme, c’est quand on trahit ses proches, comme Brutus a trahi César ! On le fait pour le bonheur du grand nombre, comme dans le marxisme. D’où le mot, « bruxisme ». Contente ?
Je luttai pour rester calme. J’avais le pressentiment que, si j’attaquais Léa, que ce soit verbalement ou physiquement, je ne durerais pas longtemps contre le gros tas de muscles à ses côtés, qui prendrait assurément sa défense.
- Pourquoi ? Demandai-je incrédule. Qu’est-ce que je t’ai fait ? On est où ?… Je peux avoir à boire et à manger ? Où sont les toilettes ?
- Hou la la ! Calme toi, répliqua mon ex-meilleure amie, contre mon avalanche de questions. Chaque chose en son temps. Ne t’inquiète pas, tu ne m’as rien fait. Mais après-demain, ta mère jugera mon cousin pour meurtre. Nous le libèrerons si elle libère David sans lui infliger la moindre peine.
- Mais… C’est illégal ! C’est de la corruption ! Vous ne pouvez pas…
Je me tus lorsqu’un nouveau coup de pied, encore plus violent que le précédent, atteignit  mon estomac. Je tombai dans la boue et me mis instinctivement en boule. Etre sale était la dernière de mes préoccupations.

- Un bon conseil, grogna l’homme. Tais-toi !
Il ne fallut pas me le dire deux fois. La douleur était atroce.
- Donc, reprit Léa, comme si de rien n’était, nous t’avons prise en otage. Je ne peux pas te dire où on est, sinon, je devrai te tuer. Remarque… Cela ne me déplairait pas… Tu peux manger les cafards et boire ta pisse. Les toilettes, c’est parterre !

Stupéfaite, je me rendis compte que je n’étais  pas allongée dans la boue, mais… Oh, merde ! Mais pourquoi n’avais-je pas senti  l’odeur plus tôt ? Je m’accroupis à nouveau, faute de pouvoir me tenir debout. Combien de prisonniers avaient été retenus ici avant moi ? Je préférai ne pas y songer.
Intérieurement, je bouillonnais. Je pestais contre Léa que je considérais il y a peu, comme ma meilleure amie et l’insultais de tous les noms qui me venaient à l’esprit.

- On reviendra te chercher d’ici deux ou trois jours, si tout va bien, ajouta l’intéressée, avant de claquer la porte.

J’entendis quelques verrous m’enfermer. Que faire ? A part maudire ma satanée curiosité et ma traitresse d’ex-meilleure amie ?
Soudain, j’eus l’idée du siècle : je pouvais appeler ma mère ! Heureusement, mon portable résistait à l’eau – et donc aussi à l’urine. Il se trouvait encore dans la poche de mon jean. Enfin un peu de chance ! Mais mon espoir fut de courte durée. Et pour cause, la batterie était déchargée. De toute façon, je doutais fort  que le réseau passe dans ce qui devait être une cave, mais qui ressemblait plus à un cachot médiéval. Il ne me restait plus qu’à attendre. Et attendre. Et attendre. Et attendre encore.
Au bout d’un moment, je m’endormis. A mon réveil, j’étais tellement affamée et assoiffée que je suivis les « conseils » nutritionnels de l’homme musclé. Et ce, à plus d’une reprise… Je m’étais depuis longtemps résignée à mon sort.

 Au bout de ce qui me parut une éternité, mais ne devait être en réalité que deux ou trois jours, Léa revint me voir, armée, en compagnie de son garde du corps. Je me réjouissais d’avance de mes retrouvailles avec mes parents – à qui je raconterais tout, bien entendu, ainsi qu’aux policiers du commissariat le plus proche. Mais, en voyant les deux pistolets gros calibres pointés sur moi, ma joie s’évanouit très rapidement.
Léa sortit un enregistrement vocal de sa poche.

- Ecoute bien ! Me dit-elle, tu ne peux pas retourner chez toi. Tu raconterais tout à tes parents et aux flics. En temps normal, tu devrais être déjà morte, mais, comme je t’aime bien, tu peux te joindre à notre cause. Dans ce cas-là, tu dois persuader ta mère que tu as fugué. Raconte lui ce que tu veux pour la convaincre. Si ça nous va, on déposera ta conversation sur sa messagerie vocale. Tu choisis.
- Dans ce cas-là, tuez-moi. Je ne veux pas rester prisonnière !

Et c’est ce qu’ils firent… sans la moindre hésitation…

Anna Benoit


2/ EXERCICE :

- un regard qui me plaît
- un regard qui me gêne

3/ Ecrire un texte avec ses deux regards rencontrés :

Il avait des yeux d’eau pure, comme le lagon par un clair matin. On avait envie de s’y noyer dedans. Ils vous enveloppaient d’empathie et vous vous sentiez bien. Un regard d’enfant…
Il inspirait une totale confiance : j’aurais pu lui confier le plus secret de mes secrets sans hésitation.
Son regard était bienveillant : sans bouger les lèvres, il souriait.

Elle était là, toujours à côté de moi, immobile, bien assise. Elle ne disait rien mais son regard sombre me disait plein de choses que je n’avais pas envie d’entendre et, à plus forte raison d’écouter.
C’était surtout quand je mangeais que ses yeux insistants, emplis d’une patience millénaire ne perdaient aucun de mes gestes.

Atelier du 8 octobre 2012 regard-258x300

Je craque quand elle me regarde !!!

Durant cette soirée, je n’arrêtais pas de le regarder tellement ses yeux m’illuminaient. Je le trouvais si jeune, si bon, si bienveillant, mon Papy ! Pendant que Zahia, ma chienne, immobile, imperturbable attendait que tombe la miette… que je ne fis pas tomber car je n’arrivais plus à manger.

Fabienne

Un regard qui me plait, c’est un regard doux, pensif, qui regarde sans juger. Un regard curieux qui ne me fusille pas pour autant. Un regard paisible, souriant… Un regard intelligent, qui observe sans mettre qui que ce soit mal à l’aise. Un regard qui ne cligne jamais des yeux, un regard long et entendu.

Un regard qui me gêne est un regard bref et mécontent, plein de reproches. Un regard lourd, pesant, qui sous-entend : « on en reparlera tout à l’heure ». Un regard énervé ou tout simplement jaloux. Un regard mal à l’aise. Bref, je hais tous ces regards-là.

J’étais allée au Louvre, comme chaque année quand je rends visite à mes grands-parents. Je me suis  mortellement ennuyée tout au long de l’interminable visite guidée.
Je n’aime que trois choses au Louvre : les pyramides, la Joconde et les pains aux raisins de Paul, installé dans les Tuileries, juste à côté du musée. Quant aux sarcophages, disons que, franchement, ils ne me rassurent pas, les momies encore moins.
Comme chaque année, je suis restée un bon quart d’heure plantée devant la Joconde. J’adore son regard. Il me fascine, à la fois proche et distant, souvent nostalgique, intelligent et rêveur. Malheureusement, il était presque l’heure de la fermeture. Le gardien de la salle ordonna à tous les admirateurs de Mona Lisa de quitter les lieux. Vu que je ne bougeais pas, il me lança un regard bref, noir et mécontent. Puis il me demanda gentiment de rejoindre mes grands-parents, déjà dirigés vers la sortie. Je m’exécutai, non sans lui avoir lancé un regard lourd de sous-entendus.

Anna Benoit

10 octobre, 2012

Le 10 septembre

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:51

Le 10 septembre medium_m10.2-300x235

L’été Indien (Joe Dassin)

Tu sais, je n’ai jamais été aussi heureux que ce matin-là. Nous marchions sur une plage un peu comme celle-ci. C’était l’automne, un automne où il faisait beau, une saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique. Là-bas, on l’appelle l’été indien, mais c’était tout simplement le nôtre.

Avec ta robe longue, tu ressemblais à une aquarelle  de Marie Laurencin, et je me souviens, je me souvient très bien de ce que je t’ai dit ce matin-là, il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité : on ira, ou tu voudra, quand tu voudras et l’on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort. Toute la vie, sera pareil à ce matin, aux couleurs de l’été indien.

1/ Faire une parodie de ce texte

Une parodie de Fabienne FABRE :

- Hé, chhhhha, la vieille, on n’est pas fin bien là ? Ce matin, on va aller pêcher le crab mou, c’est la saison ! Une saison qui dure pas longtemps par ici, après, ce sera les décapleurs, mais c’est pas pareil….

- Avec ton tee-shirt Number One et ton grand short, tu ressembles à tonton Marcel de « La Brousse en folie », mon dawa à moi. Et tu sais ce que moi, je vais dire à toi, maintenant ?
On ira, dans les îlots et la mangrove, pêcher les crabes et la langoussse, et on sera toujours fin heureux tous les deux, même quand on s’ra vieux, qu’on aura plus que des chicots et qu’on pourra plus que sucer les crab’mous et boire une petite topette.

Un texte de Sylvie T :

Tu sais, je n’ai jamais été aussi heureuse que ce matin-là. Nous marchions entre les crottes un peu comme celles-ci. Elles étaient chaudes, chaudes comme l’été, une saison qui n’existe que dans les prospectus. Là-bas, on l’appelle la crotte calédonienne, mais c’est tout simplement une bouse.

Avec ton grand Stetson, tu rassemblais tes brahmanes et tes limousines. Et je me souviens, je me souviens très bien de ce que j’ai vu ce matin-là. Il y a une heure, il y a la couleur, il y a l’odeur : on n’ira pas où tu voudras quand tu voudras et même si elle fume encore, ta crotte, elle pue la mort. Toute ta vie sera pareille à ce matin, aux couleurs de ton destin.

2/ Les voyages dans le temps sont désormais monnaie courante. Vers quelle époque allez-vous partir en vacances ?

- J’aimerais bien visiter le Moyen-âge pour les prochaines vacances, qu’en dis-tu chéri ?
- Ah non, alors ! Souviens-toi des « Visiteurs », leur chicots, leurs tenues, la façon dont ils vivaient… répliqua mon compagnon, sans compter que le Moyen-âge, c’est hors de prix !
- Oui, tu as raison, mais alors, tu as une idée ?
- Eh bien, nous pourrions refaire la bataille d’Egypte ? Le Premier Empire est en promo, en ce moment.
- Non ! Tu n’y penses pas, même si c’est en promo, visiter un dictateur, et en temps de guerre, en plus ! Pense à notre sécurité, un coup de sabre malheureux est vite arrivé.
- Et si on visitait Versailles, au temps du Roi Soleil ?
- Pour les robes, c’est pas mal, quant au reste, aura-t-on les moyens de vivre à Versailles ? Et puis, te voir tourner autour des favorites, je ne pourrais pas le supporte, non, non et non !
- Alors, que proposes-tu ?
- Une petite excursion dans le futur ? Le futur est nettement moins cher, mais… beaucoup plus aléatoire aussi… D’un autre côté, les maladies seront vaincues, la vieillesse aussi, pas mal, non ? Genre 2220 ?
- Et s’il y a une guerre atomique ? Tu sais bien, qu’avec le futur, c’est toujours une surprise. Si, par hasard, nous arrivions sur New-York, les armes, les bandes organisées… j’ai peur, tu sais !
- Bon ok, j’ai compris, on va aller en vacances chez ta mère l’année dernière… COMME D’HAB !

Fabienne le 10 septembre 2012

 

Un voyage touristique dans le temps

Alors ? Les Visiteurs, Total Recall, Code Quantum, Retour vers le Futur ? Je ne sais que choisir. Cette agence propose une telle panoplie de concepts tout-compris, je n’arrive décidément pas à me décider.

J’aurai bien envie d’une robe empire, d’une promenade aux abords d’un cours d’eau, comme dans les scènes qui ornaient les assiettes de porcelaine de mes ancêtres et qu’on peu encore dénicher dans le capharnaüm des vieux brocanteurs. Mais je ne veux en aucune façon faire l’objet d’un droit de cuissage, et puis ces messieurs parfumés, une puanteur… Le passé ? Mais quelle époque ? Quand on pense au statut de la femme dans le passé… Me battre pour être moi… non merci.

Plutôt aller faire un tour dans le futur. Se balader sur un réseau de fibres optiques, rencontrer des formes de vie extraterrestres, visiter les galaxies voisines… et me perdre dans un trou noir. Booh, c’est pas mieux ! Je ne vois pas d’issue.

Finalement, je suis bien dans mon époque. Des petites vacances dans mon passé ? Ah non, je ne veux pas revivre ça ! Disons des vacances dans mon futur proche, certes hypothétique, où je ne manquerais de rien et où je pourrais enfin me relaxer dans les bras d’un bel homme, amoureuse.


4 octobre, 2012

Atelier du 20 août 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:57

C’est mon passe-temps favori.

Atelier du 20 août 2012  images-1

« C’est mon passe-temps favori » par Sylvie

La photographie, c’est passe-temps favori.
En un clic, tout est automatique. Je vois, je regarde, j’observe, je zoome, et clic, une légère pression du doigt préserve le souvenir précieux d’un instant magique. Une situation éphémère tel un paysage, un personnage, une scène insolite. Tout n’est que jeu: combinaison d’ombres et de lumières, formes aux couleurs infinies du temps qui passe. Jamais je ne me lasse. Randonnées, visites touristiques, petits dîners entre amis, rien ne me résiste.
Des roches noires de Hienghène aux eaux turquoises de l’îlot Maître, des flamboyants de la chaîne aux perroquets du lagon, des régates de Nouméa aux rodéos de Bourail. Tout n’est que reflet d’un sourire à partager.

Les photos s’entassent, mon ordinateur me menace, et je publie les photos les plus loquasses. D’autres trouvent leur place dans un album, un carnet de route, un cadre, une carte.

Je sélectionne quelques photos, je les imprime, je les agence, je les décore, je les honore. Un peu de peinture sur le fond, quelques tâches d’encre pour rendre ma page plus vivante, un petit coup de ciseaux pour ajuster la photo, un petit tampon pour titrer la scène, un petit journaling pour commenter l’évènement, encore un petit chose pour alimenter le décor, un petit peu de doigté, et beaucoup d’amour.

Un grand plaisir aussi. Le plaisir de faire plaisir, à tous ceux qui héritent de mon passe-temps favori.

Sylvie Trabuc

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Rêver, c'est mon passe-temps favori !

 

J’ai beaucoup de passe-temps : lire en écoutant de la musique, faire de  l’équitation, jouer du violon, réfléchir… Mais le plus reposant de plus, c’est le sommeil…
Dormir ! Ah, quel bonheur ! Entrer dans le monde des rêves, quel bonheur ! Oublier tous les soucis, certes minimes, mais qui s’additionnent… Ah ! Quel bonheur !
La journée, plus on s’amuse, plus le temps semble passer rapidement. La nuit, c’est pareil ; c’est pourquoi les heures que l’on passe à dormir ne semblent durer qu’un clin d’œil.
Petite, en m’endormant, l’idée de faire des cauchemars me terrifiait, et pour cause, j’en faisais fréquemment. Mais maintenant, dormir est synonyme de rêver pour moi.
Dans le monde des rêves, tout est possible : voler, vivre éternellement, s’amuser toute la « journée », respirer sous l’eau, arrêter le temps, communiquer par télépathie…

J’adore rêver !

Malheureusement, au réveil, tous ces rêves se brisent, ils sont oubliés, remplacés par une nouvelle force : la plénitude.

Anna Benoit

EXERCICE :

Au début du monde, vous êtes Dieu.
Quel monde allez vous créer et comment allez vous vous y prendre ? Hommes ? Animaux ? Quels types de vies ? Un monde parfait ? Lequel ?

genese-300x225 création du monde

Je suis Dieu !!!

Au commencement du monde, il y aura Dieu. Et Dieu c’est moi par Sylvie

 Au commencement du monde, il y aura un univers coloré telles les cordes arc-en-ciel d’une harpe de lumière dont la douce mélodie, qui résonne sur la table de l’harmonie, réjouira l’essence des êtres.

Je donnerai vie à la poussière de lumière pour qu’elle engendre la clarté du bien-être, de l’être bien, beau et bon. Être immatériel, doué d’intelligence et de spiritualité. Le monde que je créerai s’appellera Haluxie tel le halo de lumière qui constitue une galaxie.

De chaque Luxie, chaque poussière qui compose le monde Haluxie, naît une forme d’amour pour satisfaire un besoin de paix, un désir de quiétude, une envie de bonheur. La curiosité et la générosité rapprochent les Luxies des autres formes de vies créées par d’autres Dieux. Chaque Luxie n’est que le reflet d’une pensée qui génère sa propre couleur et sa propre intensité en fonction du besoin. Les Luxies ne connaissent la vie ou la mort, le bien ou le mal, qu’au travers des autres formes de vies. Les Luxies ne meurent jamais. Ouvrez votre cœur et écoutez ces quelques notes qui vous ressemblent, fermez les yeux et regardez ces points lumineux qui vous invitent à l’apaisement.

Au commencement du monde, il y aura un univers appelé Haluxie.

Sylvie Trabuc

Je me lève tard… Je ne suis pourtant pas paresseuse, ah ! ça non ! Mais… disons juste que je m’ennuie. Hé oui ! Je suis toute seule au monde ! Et au sens propre du terme, en plus ! Je passe mes journées à m’ennuyer. J’ai l’impression d’être totalement inutile. Le sentiment est atroce. Je veux m’amuser, bon sang ! Avoir des amis, de la famille !
Je décide qu’aujourd’hui, tout va changer. Je trouverai bien un passe-temps favori, non ? Mais tout d’abord, il faut que je crée un monde : le monde de mes rêves.
Mais à quoi ressemblera-t-il ? En tout cas, pas d’humains ! Ils polluent trop et sont trop égoïstes. Des monstres ? Absolument pas ! Des animaux ? Mais oui, bien sûr ! Et des plantes !
Sitôt dit, sitôt fait. Je me mets au travail. Je commence par les micro-organismes, ensuite les plantes. Puis, les dinosaures, les poissons, les mammifères… Le seul problème, c’est que le temps passe incroyablement vite et que, créer prend énormément de temps. Le temps que j’arrive aux oiseaux, certains singes se sont transformés  en humains. Catastrophe ! Mais ils ne sont qu’à peine supérieurs aux singes. Et puis, je suis curieuse de voir comment ils évolueront. Alors, je leur laisse une chance.

Mais au bout d’une centaine de milliers d’années, j’en ai marre ! Ce sont vraiment des dangers publics. Alors, je donne des ailes et une corne à mon cheval préféré et m’envole loin avec lui. Lui, au moins, c’est un vrai ami ! C’est Pégase qui m’a sorti de mon ennui solitaire et interminable. On s’amuse incroyablement tous les deux ! C’est pourquoi je l’ai rendu immortel.
Je laisse loin derrière moi ce monde qui est devenu une poubelle. Je m’enfuie vers un autre monde. En m’échappant, je déclenche le big-bang…
Nous sommes le 20 août 2012. Il est sept heures et grand temps que quelqu’un de plus qualifié que moi joue au créateur ! Quant à moi, je n’ai plus qu’à recommencer avec un autre monde. Cette fois-ci, pas d’animaux ! Enfin, sauf Pégase. Evidemment  ce monde-ci est totalement soumis à ma volonté. Je peux échanger ce que je veux quand je veux ! C’est pourquoi il varie d’un jour à l’autre, selon mon humeur. La seule chose stable, c’est Pégase. Je décide de tout et de rien, c’est fantastique !

J’ai enfin créé le monde de mes rêves. Dring ! Dring ! Oh non ! Le réveil sonne, il faut que je me réveille ! J’ouvre les yeux et me retrouve sur notre bonne vieille terre, certes polluée, mais peuplée d’oiseaux chantant de belles  mélodies, de cascades spectaculaires, de fleurs aux multiples senteurs.

Et je trouve enfin ce qui manquait à mon monde : une nature qui évolue naturellement, sans mon intervention !

Anna Benoit

EXERCICE : Si j’étais un lapin, qu’est-ce que je dirai au chasseur ?

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Papa ! C'est moi !!!


Le chasseur braque son fusil sur moi. Il vise. Son doigt s’approche de la détente. Il l’effleure et…

« Stop ! Ne me tue pas ! Papa, c’est moi ! Baisse ton fusil !

J’ai énervé une vieille sorcière et elle m’a transformée ! Non ! Ne me tue pas ! Tu le regretteras ! Que dira Maman quand elle apprendra que tu as tué ta propre fille ? Je t’en supplie, ne me…

PAN !!!! »

Et ce furent les derniers mots du lapin. Le chasseur l’avait lâchement abattu. Le discours du lapin désespéré ne le fit pas abandonner sa proie, et donc son dîner. Le chasseur n’avait pas d’enfant et, de toute façon, il ne parlait pas le lapinois !

Anna Benoit

3 octobre, 2012

Devoir pour le 1er octobre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:43

Vous connaissez sûrement l’histoire de la Princesse et la grenouille. Elle commence ainsi :

Devoir pour le 1er octobre 2012 891_f430b6c8a4579feafb09ab5f1acdbb8e_1264788370_1-127x150

Il était une fois une belle Princesse écervelée. Le Roi, son père, dont elle était l’unique enfant, lui donnait tout ce qu’elle désirait. Son jouet préféré était une balle dorée qu’elle emportait partout, la lançant et la rattrapant sans cesse.
Un jour, se promenant au fond du parc du château, elle arriva près d’un vieux puits qu’elle n’avait jamais vu. Elle s’assit sur la margelle, tout en jouant avec sa balle. Hélas ! la jolie balle dorée lui échappa et tomba tout au fond du puits. La Princesse se mit à sangloter quand une voix, froide et mouillée lui dit :

Terminez l’histoire à votre façon :
- Pourquoi te lamenter, Princesse Camélia ? tu dois te sentir bien seule pour pleurer une balle ! et puis, c’est un jouet, et tu es une grande fille maintenant !
N’y a t il pas des choses plus  graves qui se passent dans le royaume de ton Père, comme tous ces gens qui ont faim, tous ces enfants qui ne peuvent aller à l’école ?
Camélia n’en croit pas ses oreilles : quelle créature peut bien lui parler ainsi, avec autant de moquerie ?
Des gens ont faim ? Ils n’ont qu’à travailler plus, pour gagner plus !
Des enfants ne vont pas à l ‘école ? Moi, j’ai décidé d’arrêter d’aller à l’école quand j’ai voulu, et je ne m’en porte pas plus mal ! pense t’elle avec un petit sourire coquin.
La princesse est très vexée : jamais personne n’a osé se comporter ainsi à son égard.
Elle attrape son joli mouchoir en dentelle dans la poche de sa magnifique robe verte, et se mouche bruyamment. Elle ne va quand même pas se laisser faire, et elle est bien décidée :

 - d’abord, à récupérer sa balle dorée,

 - ensuite,  à punir cet insolent qui lui parle de choses qui n’ont aucune importance !

Prenant son courage à deux mains, elle se penche en s’agrippant bien fort à la margelle :
- Hé, vous, qu’est-ce que vous attendez pour me rendre mon bien ? Vous savez, vous ne me faites pas peur ! Elle a beau dire, elle n’en mène pas large, et elle n’a qu’une envie : retrouver son château douillet où l’attendent sûrement son père et tous les domestiques. La nuit commence à tomber, et ils doivent commencer à s’inquiéter de son absence.
Pour couronner le tout (c’est le cas de le dire), son téléphone portable est déchargé. La princesse Camélia tend l’oreille : pas un bruit, pas un son au fond de ce fichu puits dont elle n’aurait jamais dû s’approcher.

- Hé ho ! Vous m’entendez ? Répondez-moi !

Toujours rien… A croire que son imagination lui a joué un mauvais tour. A t’elle vraiment entendu une voix lui parler tout à l’heure, depuis ce puits ?
Elle commence à en douter, elle a surtout froid, maintenant que la nuit est tombée.
Epuisée par tant d’émotions, la Princesse  décide, en redressant la tête d’un  air fier, de battre en retraite. Elle prend carrément ses jambes à son coup.
« Demain sera un autre jour », se dit elle en rebroussant chemin jusqu’à son château.
« Je vais raconter ma mésaventure à Père, le Roi en notre Royaume, et il aura vite fait de retrouver celui qui m’a volé mon jouet préféré. Et il punira celui qui se moque de moi ! ».
Enfin ! Elle aperçoit les tourelles du château, puis le pont-levis, qu’on lui ouvre à la hâte.
Voici la grande salle de réception qu’elle traverse :
- Père, Père, j’ai beaucoup de choses à vous raconter !
Camélia est pressée, il faut que Père l’écoute, et qu’il mette en marche son armée pour attraper ce délinquant qui ose affronter le Royaume.
- Père, où êtes-vous ?
Pas de Père sur le trône, c’est normal : en Nouvelle Calédonie, tout le monde est rentré chez soi pour  regarder, comme chaque mardi, « l’amour est dans le pré » sur M6… Peut être est il dans son bureau, devant son téléviseur ?
La princesse se précipite au 5ème étage avec ascenseur, dans les appartements privés. Sans frapper, elle ouvre la porte blindée, qui cède sans résistance :
- Père, c’est moi, il faut que je vous parle, c’est très important !
Ouf, son père est bien là, assis à son bureau ! Il lui tourne le dos,  face à lui, la fenêtre est grande ouverte sur le parc plongé dans l’obscurité de la nuit.
- Te voilà enfin, ma fille, mais où étais tu donc passée ?!
Le Roi se retourne lourdement, et c’est le choc.

C’est le Roi, mais ce n’est pas le Roi !

C’est son costume, c’est sa couronne, se dit la Princesse en mettant sa main devant sa bouche, mais ce n’est pas mon Père. A la place du doux  visage si familier, encadré par ces beaux cheveux gris qui ondulent  sur les épaules : une tête de Donald Duck la fixe d’un air stupide !
- Père, mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?  La Princesse a bien du mal à se retenir de rire, mais elle ne sait quoi penser, lui qui n’a pas pour habitude de plaisanter… A vrai dire, il n’a même pas d’humour du tout.
Le Roi  la regarde d’un air sombre, enfin, autant que c’est possible avec une tête de canard farceur. Et il se met à lui raconter d’une traite, d’une voix nasillarde, le cauchemar qu’il vit depuis plusieurs heures.
Jusqu’à la petite sieste quotidienne, tout allait bien. Et puis, cela a commencé par cette sensation bizarre, au réveil : « c’était comme si j’avais le nez pincé, je ne respirais pas comme d’habitude, lui raconte t’il avec des sanglots dans la voix. Il y avait près de moi, la balle en or que je t’ai offerte. Je l’ai prise dans ma main, mais elle m’a échappée, et elle s’est mise à bondir partout autour de mon lit. Je me suis levé, je n’arrivais plus à respirer, j’ai voulu ouvrir la fenêtre, et j’ai vu mon reflet dans la vitre.
Raoul, notre fidèle intendant, a accouru en entendant mes cris. Lui aussi était affolé : sa tête, ce n’était plus sa tête, mais celle de Pluto !
Il m’a confié en aboyant à moitié qu’il était tellement terrorisé qu’il était allé se cacher dans les cuisines. Le problème, c’est que quand il est arrivé là-bas, la cuisinière et ses élèves apprentis étaient transformés en Blanche Neige et les 7 nains. Il paraît que tout le monde était en train de crier, de pleurer, de courir dans tous les sens…
Alors Pluto , euh, non, Raoul, est parti à la recherche des autres domestiques : il a trouvé le jardinier et sa femme, serrés l’un contre l’autre, tout tremblants, dans le jardin d’hiver : ils sont devenus Bernard et Bianca. Quant à la nouvelle sommelière, avec ses cheveux très courts et son allure de garçon manqué, elle est devenue Pocahontas : elle est furieuse d’avoir les cheveux longs et une aussi jolie silhouette ! Elle a fait une crise de nerfs et elle est en train de casser toutes les bouteilles de vin dans la cave.

Il n’y a que nos deux gardes du corps qui font exception : ne crois pas qu’ils aient échangé  leur air de bouledogue patibulaire pour un héros de Walt Disney, ah non, c’est encore pire : ils sont devenus Dupont et Dupond !!
Tous racontent qu’ils ont touché comme moi cette balle, sans pouvoir l’attraper. C’est à cause d’elle que nous sommes en train de vivre un horrible cauchemar.
Tu comprends, ma fille, que l’heure est grave : je me couvre de ridicule, je n’ose pas sortir du château, et je n’ai plus aucune autorité sur mes gens qui me supplient de faire quelque chose et qui me voient impuissant.
Le Roi, épuisé après sa longue tirade, sombre dans le silence, recroquevillé à son bureau, la tête entre les mains d’où dépasse le bout de son gros bec luisant.

Camélia  a écouté les lamentations de son géniteur et son sang ne fait qu’un tour. Son beau jouet  en or a été ensorcelé quand il est tombé au fond du puits. Elle doit retourner là-bas et affronter Celui qui les nargue, Elle et le Roi. Mais pour cela, il lui faut récupérer cette maudite balle avant qu’elle ne fasse d’autres victimes !
Aussitôt dit aussitôt fait : elle la retrouve sous le lit et s’en empare avant même que le Roi son Père ait eu le temps de s’interposer.
A peine  a t’elle le temps de lancer un regard au reflet dans le miroir avant de sortir en courant de la pièce : elle ressemble maintenant à la Belle au Bois Dormant !
- Père, restez là, n’envoyez personne à ma recherche, faites-moi confiance, crie t’elle en claquant la lourde porte.

La nuit l’accueille, le bruissement de la forêt répond aux battements de son cœur, elle se dirige à tâtons à la lueur des étoiles. Elle court, elle court à perdre haleine, elle court jusqu’au puits. Elle se met à parler, mais elle ne reconnaît plus sa voix, si douce en cet instant, presque humble.
Elle ne menace plus : elle implore. Elle ne crie plus : elle chuchote, comme pour apaiser un enfant coléreux. Sans un regret, elle ouvre les doigts. La balle en or glisse sans bruit, à peine entend on un léger clapotis, puis plus rien. Camélia s’étend sur la mousse et s’endort paisiblement.

« Princesse, demain, tout sera redevenu comme avant, ou presque. Tu te souviendras vaguement d’un rêve étrange peuplé de héros de Walt Disney et d’un puits ensorcelé.
Tu retrouveras ton Père adoré,  tous les domestiques qui te sont si dévoués, et leurs chers visages si familiers.
Tu sortiras d’un long sommeil où tu ne voyais pas les gens souffrir de la faim et de l’inculture.

Tu auras changé en bien, et tu sauras convaincre le Roi ton Père, par la seule force de ton amour, d’être un bon Roi en son Royaume, au service de tous.

Mais gare à toi si tu retombes dans un profond sommeil d‘indifférence et d’égoïsme.  Parce qu’alors, ton visage n’aura pas les traits de la Belle au Bois Dormant, mais celui de Cruella, et ce sera ainsi pour l’éternité ! »

Marie-Pierre  BEAULIER, Nîmes, le 30 septembre 2012

 

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Il était une fois une belle Princesse écervelée. Le Roi, son père, dont elle était l’unique enfant, lui donnait tout ce qu’elle désirait. Son jouet préféré était une balle dorée qu’elle emportait partout, la lançant et la rattrapant sans cesse.
Un jour, se promenant au fond du parc du château, elle arriva près d’un vieux puits qu’elle n’avait jamais vu. Elle s’assit sur la margelle, tout en jouant avec sa balle. Hélas ! La jolie balle dorée lui échappa et tomba tout au fond du puits. La Princesse se mit à sangloter quand une voix, froide et mouillée lui dit :

- Aïe !!! Tu m’as fait mal, sale morveuse !!!

Surprise par ce cri, la Princesse s’arrêta aussitôt de pleurer. Deux secondes plus tard, sa balle lui fut renvoyée. Mais au lieu d’être sa jolie balle dorée, ce ne fut qu’un amas informe et légèrement brillant.
- Qui es tu ? demanda la Princesse. Et qu’as tu fait de ma balle ?
-  J’ai essayé de la manger, mais ce n’est pas comestible, ce truc-là. Beurk, j’ai failli m’étrangler, répondit la voix.

En se penchant un peu sur la margelle, la Princesse vit  une espèce de nain chauve, aux yeux globuleux et à la bouche lippue en train de ramper vers elle.
-  Je m’appelle Otto Nettoyeur. Je vis dans ce puits depuis trois siècles. Grâce à moi, l’eau y reste toujours pure, puisque je mange tout ce qui y tombe dedans. Tiens ! je me souviens, il y a 53 ans, j’ai mangé le cadavre d’un bûcheron qui avait été jeté dans ce puits. J’ai mis une semaine pour le digérer, il était un peu gros.
-   Mais quelle horreur ! Tu n’as dénoncé personne ?
-  Qui voulais tu que je dénonce ? Je n’ai vu que le cadavre… Mon régal reste quand même les animaux qui tombent dans le puits : oiseaux, insectes… Hum ! Une bonne chauve-souris, de temps en temps…
-  Mais je ne sais pas à quoi peut avoir goût une princesse morveuse, dit-il en se croquant le bras de la Princesse et en l’entraînant dans les profondeurs du puits.

Fabienne, Nouméa, le 1er octobre 2012

 

Il était une fois une belle Princesse écervelée. Le Roi, son père, dont elle était l’unique enfant, lui donnait tout ce qu’elle désirait. Son jouet préféré était une balle dorée qu’elle emportait partout, la lançant et la rattrapant sans cesse.
Un jour, se promenant au fond du parc du château, elle arriva près d’un vieux puits qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Elle s’assit sur la margelle, tout en jouant avec sa balle. Hélas ! La jolie balle dorée lui échappa et tomba tout au fond du puits. La Princesse se mit alors à sangloter quand une voix, froide et mouillée lui dit :
« Merci princesse pour ce cadeau dorée ». « do ré ré ré ». Intriguée la princesse se pencha au dessus du vide et, comme sa balle, tomba au fond du puits. Du puits qui n’avait pas de fond. Et la princesse tombait sans fin.

Après un premier cri de surprise qui avait très vite stoppé ses sanglots, ses pensées furent absorbée par le souvenir de cette voix qui résonnait encore dans sa tête. Sans même se préoccuper de sa chute vertigineuse, elle se laissa entraîner vers l’obscurité du fond du puits.
Mais où es-tu? Demanda t-elle à haute voix. Seule sa propre voix fit écho à sa question. La voix aurait-elle disparu avec sa balle dorée? « Où est ma balle dorée ? Osa t-elle à nouveau. « Do ré ré ré » entendit-elle dans sa chute qui n’en finissait pas.
Petit à petit, le froid la saisit puis l’humidité. Elle se sentit même mouillée. Il y avait comme une odeur infecte d’eau pourrie. Malgré l’angoisse elle répéta : « où  es-tu jolie balle dorée ? ». Mais personne ne répondait, même pas l’écho cette fois-ci. En revanche, elle vit des bulles monter devant son visage. Sa voix aussi avait changé comme quand elle se rince la bouche après le brossage au dentifrice. « C’est bizarre » conclut-elle.
Elle suivit du regard les bulles qui s’échappaient de sa bouche. Tout était flou désormais. Mais elle distingua une rondeur brillante. Il lui semblait que c était sa belle dorée. Et dans un élan surprenant, elle tendit la main vers le haut comme pour attraper sa jolie balle dorée.

« Papa, ma balle, ma jolie balle dorée » s’écria t-elle. « Do ré ré ré » lui répondit l’écho à nouveau. « Je veux ma jolie balle dorée ». «  Do ré ré ré » pouvait-on entendre dans le puits sans fond. La princesse se sentait désorientée. La rondeur de l’objet lumineux qu’elle avait aperçu précédemment n’était qu’un leurre. Elle ne voyait à présent que la lumière. Elle avait perdu sa balle. « Où est ma jolie balle dorée? » « Do ré ré ré » . Les larmes apparurent à nouveau dans les jolis yeux déjà mouillés de la princesse et sa vue se brouilla.
C’est à ce moment-là que le seau lui est tombé sur la tête. Elle jeta un coup d’œil à l’intérieur du seau et se mit à sangloter de plus belle. Non, sa balle n’était pas dans le seau. « Où est passé ma jolie balle dorée? » Sa voix avait de nouveau changé en parlant la tête dans le seau. Ça faisait comme une grosse voix lugubre. « Qui a pris ma jolie balle dorée ? » cria t-elle plus fort. « Je veux ma jolie balle dorée ». Elle sanglotait si fort qu’elle ne pouvait entendre la voix qui l’appelait du fond du seau : « Princesse, princesse, ne pleurez pas ».

Dans un coassement froid et humide, la grenouille décida alors d’ouvrir grand sa bouche. Une lueur dorée apparut tout au fond de sa gorge, qui attira aussitôt le regard de la princesse tourmentée. « Princesse, Princesse » cria la grenouille à plusieurs reprises. Et l’écho se fait un plaisir de répéter « do ré ré ré ré ». Houps, l’écho répéta « Princesse cesse cesse cesse ».

La princesse écervelée ne pensait qu’à sa jolie balle dorée. Son éclat dans la gorge de la grenouille fit tressaillir la princesse. Intensément stupéfaite par la situation, elle ouvrit grand les yeux, et la bouche. Si grand, que le liquide puant du puits sans fond dans lequel elle flottait depuis quelques minutes, s’introduisit dans sa gorge. Plus la princesse toussait pour faire ressortir ce liquide au goût infect, plus elle s’enfonçait dans le puits. Et plus sa jolie balle dorée disparaissait dans l’eau trouble. « Ma jolie balle dorée » tenta t-elle dans un dernier espoir, aspirée à nouveau par l’obscurité du puits sans fond. « Bla blobli bla bloblé ». Seules les bulles parvenaient à la surface, d’où la grenouille, encore dans son seau, écoutait la scène sans pouvoir faire un geste, trop alourdie par la jolie balle dorée qui s’était coincée dans le fond de sa gorge.

Sylvie Trabuc, Nouméa, le 1er octobre

-  Pourquoi pleures-tu ma Daphnée adorée ? Que s’est-il passé ? J’y peux sûrement quelque chose.
-  M… M… Maaaa… balle do… do… dorée est t… tombée… au… f… fond d… d… d… d… du PUITS !!!! Hoqueta la Princesse entre deux sanglots
- Ne t’inquiète pas, ma chérie, je vais tout arranger, continua la voix. Garde les yeux fermés. Voilà… Continue, mon cœur. Tends ta jolie petite main. Bientôt, tu auras récupéré ta belle baballe dor…
Soudain, la Princesse ouvrit les yeux et se leva brusquement :
- Ahhhh ! T’es tout dégoûtant, papa ! C’est tout mouillé ! Tout sale ! Amène moi une serviette TOUT DE SUITE ! Et ma balle dorée ???
- Shhh… Mais, ma chérie, j’ai fait lévité la balle jusque dans tes mains mais, comme elle était encore mouillée, tu l’as lâchée et elle est retombée dans le puits. Si tu veux…
- Tu te fiches de moi ? hurla la Princesse. Tu m’as contaminée avec l’eau d’un puits ! Tu te rends compte, j’ai touché l’eau d’un puits !! Non traitée ! Sans aucun pétale de rose en poudre !!! Je vais te faire exécuter. Justement ! Ça me manquait, je n’ai encore tué personne aujourd’hui… GARDES !!! Emmenez-le !
- Ecoute ma chérie, calme-toi ! Je suis le roi, tu ne peux pas me faire exécuter… Mais, si tu veux, tu peux tuer les dix premiers gardes qui vont accourir. Ça te dirait ? Et en plus, je t’achèterai une nouvelle balle dorée. Elle sera incrustée de diamants et de pierres précieuses. Lesquelles voudrais-tu, mon cœur ?
- Je veux des rubis !… Et des saphirs !… Et des émeraudes !
- D’accord, ma petite Princesse. Maintenant, viens avec moi. Il est grand temps de revenir au palais. Le festin doit nous attendre !
- D’abord, je veux ma serviette ! Fais-en apparaître une !

C’est ce que fit le roi. Il rentra au palais, main dans la main avec sa fille unique. Il l’aimait tellement qu’il ne se rendait pas compte qu’à force de céder à tous ses caprices, il la rendait égocentrique, dictatrice et mal élevée. Aucun Prince charmant ne voudrait d’elle.
Elle n’aurait aucune place dans les contes de fées !

Anna Benoit

 

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