Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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27 septembre, 2012

Devoir pour le 24/09/12

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:49

Quels sont, selon vous, les 10 plus beaux mots de la langue française ?
Et les 10 plus « moches » ?

Un texte de Marie-Pierre :

J’aime les mots qui ont sonnent bien quand on les prononce à voix haute, qui font résonner notre imaginaire.Ils sont d’ailleurs beaux à voir quand on les couche sur le papier. Je remarque qu’ils ont tous beaucoup de voyelles :

 Libellule : Ce mot sonne juste
Quand on le prononce, on entend « belle », et avec 4 L et 4 voyelles, le mot est très léger, et évoque bien le vol de ce joli insecte

Neige : c’est doux à l’oreille quand on le prononce, c’est pour moi un symbole de pureté, cela me renvoie à de merveilleux souvenirs d’enfance, de vacances, d’amitié

Plume : c’est léger comme un souffle, évanescent, cela peut être un oreiller très doux, ou un oiseau

 Nuage : quand on écrit ce mot ou quand on le prononce à voix haute, c’est une porte qu’on ouvre sur l’infini ; j’aime regarder les nuages, les photographier (mais ça, c’est très difficile !) ; Baudelaire a écrit : « j’aime les nuages… les nuages qui passent…. là-bas…. là-bas….. les merveilleux nuages »

Papillon : parce que quand on l’écrit, et quand on le dit à haute voix, on le voit voleter de ci, de là, sans but apparent

Ile : parce que ce mot traduit bien ce qui m’a toujours attirée, cela renvoie à un éloignement, à une différence, à un repli salutaire, à la promesse de belles rencontres et de nouveautés

Ecole : c’est l’enfance, l’éducation, la « sociabilisation » ; encore un mot qui réveille en moi des souvenirs extraordinaires de bonheur et de gourmandise d’apprendre

Bouche : ce mot va épouse la forme des lèvres quand on le prononce ; la bouche évoque le baiser, la parole, la gourmandise, le rouge à lèvres

Rêve : cela peut être un mystère, ou un espoir, c’est toujours la liberté

Douceur : le mot traduit bien la sensation qu’on éprouve au toucher, c’est plein de sensualité et de retenue

 Marie Pierre BEAULIER, Nîmes, le 21 septembre 2012

Le choix de « Tôntine » :

Aujourd’hui mes 10 plus beaux mots de la langue francaise sont :
amitié – partage – voyage – train – soleil – désert – dunes – cactus – coyotes et………….. VOUS !
Pas de place pour les : « vilain – mechant – furieux – medisant – jaloux – aigri – sournois – fourbe – hypocrite – tordu »
Je pense à vous, n’oubliez pas de rire et d’etre heureux.

Tôntine, Tucson le 23/09/2012

Les 10 mots les plus moches par Marie-Pierre :

Chancre : je ne sais pas à quoi cela ressemble et ne veux pas le savoir !

Pou : une seule syllabe qu’on crache avec un certain dégoût

Aigreur : se dit quand on a mal à l’estomac, ou de quelqu’un qui n’est vraiment pas sympathique !

Rat : encore un mot court, brutal. La bête me terrorise (j’en ai déjà croisé dans un couloir de prison en France et lors de certains voyages à l’étranger)

Cancer : sans commentaire, même le mot n’est pas beau

Méchanceté : ça siffle quand on le prononce à haute voix

Avarice : encore un mot qui n’est pas agréable à entendre. Il évoque un trait de caractère que je déteste

Yeux : je trouve que ce mot est raté, car il n’est pas facile à prononcer et il n’est pas joli ; alors que l’on dit que « les yeux sont le miroir de l’âme »

Haine : il claque comme un fouet, on imagine les mâchoires d’un animal méchant qui s’ouvrent sur ses babines retroussées

Automne : c’est un mot triste, atone, sans relief ; c’est la saison que j’aime le moins.

Marie Pierre BEAULIER, Nîmes, le 21 septembre 2012


Les mots que j’aime :

- brindille                                                                             – calligraphie
- libellule                                                                              – spontanément
- coquelicot                                                                          – exquise
- littérature                                                                         – épanoui
- songe                                                                                   – excellent
- papille                                                                                 – oisillon

 Les mots que j’aime pas :

- ordure                                                                                – croûte
- mnémotechnique                                                            – caractérisation
- anticonstitutionnellement                                          – califourchon
- crachat                                                                               – caritatif

Anna Benoit

Atelier du 17 septembre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:14

Ecrire un texte commençant par :
« L’instant d’avant, c’était l’hiver avec ses portes et ses fenêtres closes… », écrivez une phrase, puis passez à votre voisin qui en écrira une, ainsi de suite. Lorsque vous retrouvez votre premier texte, écrivez la fin.

Un texte de Chantal :

L’instant d’avant, c’était l’hiver avec ses portes et ses fenêtres closes, les chemins boueux, le givre sur les toits, la froidure, les enfants emmitouflés qui se rendaient à l’école par les chemins…

Et puis, d’un seul coup, il y eut ce soleil, comme une promesse et quelques brins d’herbe qui ont pointé du sol. Et, sous la glace, on a entendu l’eau qui glougloutait.
Le printemps. Le printemps est revenu !

Le froid devint triste, reculant de plus en plus dans la noirceur de la forêt.
La noirceur de la forêt, c’est un noir de chez noir et le froid continuait à être triste…

Alors, je décidais de le suivre, dans cette forêt, si noire et si triste.
Laissant là le renouveau du printemps, je m’enfonçai sous les arbres.
J’ai dû glisser, je tombai dans un puits sans fond et, soudain, cela s’arrêta.
Tout au fond, c’était doux, feutré, cosy à souhait à n’en plus bouger, à se pelotonner, à vouloir en profiter.

Un petit écureuil vint me dire bonjour. Il grignotait une noisette et ressemblait comme deux gouttes d’eau à la vedette du film « l’âge de glace ».
Je me suis réveillée à l’instant même où il me proposait de le suivre dans le tronc de son arbre.
Au début, je n’osais m’aventurer dans son logis mais il m’apprivoisa bien vite.
Il me lança une noisette qui rebondit sur mon front.

Et je fis de même, et bientôt ce ne fut qu’éclats de rire complices, tendres ébats, bisous coquins jusqu’à ce que nous soyons complètement cachés par le tas de « noisettes »…
Chantal, Nouméa, 17 septembre

Le texte d’Ani7 :

L’instant d’avant, c’était l’hiver avec ses portes et ses fenêtres closes. Et d’un seul coup avec la flambée dans la cheminée c’était la nuit qui s’ouvrait avec plein de possibles.

Sauf que la mort frappait à la porte avec sa faux et son rire macabre.Et sa gueule de faux cul. Faux cul. En effet, c’était bien la pensée qui l’obsédait actuellement. Car sous quels critères allait-elle choisir l’élue de ce soir ?
Ils étaient une vingtaine autour de la cheminée, jeunes, vieux, enfants…Qui allait mourir ce soir ?
Le pépé le méritait. Cela aurait été justice. Le poids des ans avait flétri jusqu’à ses yeux aux paupières fanées. La Louison qui avait vécu tant de grossesses qu’elle n’avait plus goût à la vie ?
Et le petit, là, blotti près de sa mère, tout chétif et maigre à faire peur, aussi laid que sa mère avait dû être belle.
Ils allaient encore passer une nuit blanche à essayer de le soigner avec les plantes que la rebouteuse leur avait remises. En espérant que ce dernier espoir serait le bon.
Les chants se répétaient comme une litanie pour faire fuir la mort. Les femmes regroupées autour de la couche du petit tapaient des mains et chantaient des kumuleya, bayotina, kulonlava… En même temps, la fièvre tombait.

Tout à coup, on eut l’impression que l’âme sortait de son corps dans un immense tourbillon qui se précipita hors du logis. Les fenêtres n’avaient pas résisté à la pression. L’envoûtement avait jaillit hors des murs. Maintenant, il s’engouffra dans la forêt.
L’envoûtement allait mener son combat avec la mort,  la faux contre le tourbillon. Le combat s’annonçait rude.
A l’intérieur de la maisonnette, tous pleuraient. En fait, l’élue ce fut la Louison qui s’écroula, raide, avec un cri rauque rempli de désespoir.

Ouf, pensa chacun, c’est pas moi encore aujourd’hui. La vie est belle.

Ani7 le 17/09/2012

 

Et voici le texte de Jean-Jacques :

L’instant d’avant c’était l’hiver, avec ses portes et ses fenêtres closes… Maintenant, c’est l’été avec ses portes et ses fenêtres ouvertes, pour que le soleil rentre abondamment… Pour qu’il sèche toute l’humidité des temps froids.

Pierre et Jeanne ont décidé de faire un grand ménage, de nettoyer leur petite maison de pierres en grand. Ils chantent, ils sont heureux…

Ils l’avaient achetée, il y a bien des années quand ils s’étaient promenés, follement amoureux, dans la grande forêt…

Et depuis, ils faisaient comme si rien n’avait changé car quand on se donne une ligne de conduite, pas question d’en changer, même si la réalité n’est plus la même…

Pourtant, Jeanne avait des moments de doute et de grande solitude. Elle rêvait souvent d’une journée passée dans une vraie ville pleine de jolis magasins…

Un jour, elle décida d’en parler à Pierre, et à sa grande surprise, il ne posa pas de problèmes pour l’amener en vacances à Sidney. Elle sauta de joie…

Au sortir de l’aéroport, les taxis sillonnaient les rues, ils s’engouffraient dans les avenues populeuses…
Jeanne ne savait où mettre les yeux. Toutes ces couleurs, tout ce vacarme lui donnait le tournis. Elle ne pensait plus qu’à une chose, retrouver sa petite maison isolée avec ses pierres rafraichissantes…

Et surtout se retrouver avec son Pierre, en train de chanter, de se balader en forêt, se prouver leur amour au fil des clairières et vivre très longtemps ensemble ce grand  bonheur…

Et gna gna gna ! Marre des histoires à l’eau de roses et du « gnagnan ». Les contes de fées, c’est que des conneries et j’ai envie de les dézinguer à grands coups de révolver ! Ce soir je suis Calamity Jane !…

Que j’en ai marre de ce couple exemplaire de voisins, profitons de leurs vacances pour aller foutre le bordel dans leur baraque…

Mais alors, la morale dans tout ça ? Il faut se méfier de ses voisins, tous des fumiers, ils croient en rien. Sans doute, leur grande mère ne leur a pas raconté de belles histoires quand ils étaient petits.

Tout fout le camp !

Jean-Jacques, Nouméa, le 17 septembre 2012

Et celui de Sylvie T. :

L’instant d’avant c’était l’hiver, avec ses portes et ses fenêtres closes.
La lune rousse éclairait à peine derrière le rideau. Elle la regardait, emmitouflée sous sa couette.  Heureuse d’être au chaud, laissant son esprit vagabonder et pensant à tous les êtres humains qui n’avaient pas d’endroit où dormir.
Elle se blottit tout contre lui dans la chaleur de la couette. Quelques secondes et elle sentit la même vibration. Ils se rapprochèrent. Et elle se dit « comme c’est bon l’hiver ! ».
Le lit commençait à grincer, le mur tremblait, la neige tombait du toit. Les petits oiseaux chantaient. Euh ! Non je me trompe de saison. Ce sont les anges qui batifolaient gaiement dans le lit.
Il faisait de plus en plus chaud dans le lit. Finalement ils décidèrent tous deux d’enlever leur pyjama. Ce fut l’horreur !
L’odeur devint insupportable…
La solution s’imposait, hélas ! s’ils ne voulaient pas se perdre à jamais, l’un reprochant à l’autre d’être l’auteur de cette puanteur… pas aujourd’hui bien sûr, mais dans quelques années, voire quelques mois ou quelques jours.
Tout cela à cause de cette satanée douche en panne. Elle se leva, fouilla dans son sac où se trouvaient des lingettes parfumées. Elle en profita pour se parfumer. Décidément on se croirait dans « l’amour est dans le pré » et elle était de plus en plus sûre que les fermiers « puants » ce n’était pas son truc.

Mais elle l’aimait tellement qu’elle décida de se faire extirper les glandes pituitaires,  un sacrifice.

Dès lors, son monde ne devinait plus les odeurs. Le discernement des parfums avait abandonné son nez. Une part d’elle même était perdue à jamais. Et jamais plus rien ne fut comme avant. Son désespoir fut immense. Seul le réconfort de son homme lui apportait de la douceur. Son homme et la lune rousse derrière le rideau de la fenêtre.

Atelier du 24 septembre 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:59

« Peur sur la ville ».

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Peur sur la ville

Un premier texte d’Ani7 :

De chaque maison, chaque appartement, chaque immeuble, chaque case montait un filet de brume grise qui rejoignait les autres et formait comme un champignon atomique au-dessus de la ville.
L’atmosphère était oppressante et chacun s’efforçait de respirer le moins possible.

« 2014…..2014…. » Partout des affiches « A vendre », « A louer », « Bail à céder », « Urgent, à saisir »…

Quelques silhouettes furtives, telles des vautours, prenaient des notes.
C’est bien connu, c’est dans les crises ou en guerre qu’on fait les meilleures affaires !

Certains ont pris la mer, d’autres les airs…
Et l’île pas très loin du paradis est devenu son propre enfer.

ANI7, Nouméa, 24 septembre 2012

 

Quel grand malheur, la ville a peur. Ses maisons ne sont que noirceur. La peur est tombée sur la ville, qui se meurt.
Elle a perdu ses couleurs, celles qui plongeaient ses habitants dans le bonheur. La peur sur la ville est jusqu’en son cœur. Meurtres, douleurs, pleurs, c’est la peur sur la ville.
Les habitants, on ne leur en tient pas rigueur. Vivre c’était la fureur. C’était la fête en toutes demeures. Mais il y a eu l’heure, l’heure de la peur, la peur sur la ville. Celle qui n’inspire que rancœur et qui noircit les cœurs. Les sentiments ne sont plus que frayeur. Écoute la clameur, elle aussi elle a peur. La peur est tombée sur la ville.

Mais le maire a appelé ses nettoyeurs. Les nettoyeurs de la peur. Il est lourd leur labeur. Ainsi les habitants ont obtenu une faveur. Voici le messager du bonheur, du bonheur sur la ville.

Sylvie T., Nouméa le 24/09/12

Et un texte de Chantal :

Il fait très beau, je suis à la plage depuis midi, plongée dans la lecture d’un livre passionnant de Grangé, je ne me suis pas rendue compte que le ciel est de plus en plus tourmenté, j’aperçois de gros nuages à l’horizon…
Et pourtant, il est 15h, je lève la tête, tout est étrangement calme, quelques touristes sont éparpillés çà et là, un homme fait la sieste, des jeunes jouent au ballon, un enfant fait des pâtés…
Je pars me baigner mais pourquoi l’eau s’est-elle retirée si loin et toujours ce silence…?

Et soudain, je comprends, je la vois arriver l’énorme vague et je cours, je cours en hurlant ces mots : « tsunami !! ».
C’est l’affolement général, les gens s’agitent dans tous les sens, et je me retrouve à la Casa del Sol en train de prendre l’ascenseur pour atteindre le dernier étage.
Je cours sur la terrasse et là, triste spectacle, l’eau se trouve quelques étages en-dessous, nous sommes trois, à moitié nus, hagards, sans voix devant une telle désolation mais avec un même sentiment, celui d’avoir échappé à la pire des mots.

Chantal B, Nouméa le 24 septembre 2012

J’ai peur. Peur de la ville. Peur de ses habitants. Peur de son immensité.
Demain, je prends l’avion pour Chicago où j’emménage. Ce sera un choc après avoir habité toute ma vie à Nouméa, petite ville de 150.000 habitants, sans train, sans gratte-ciel, sans hiver, sans recoins inconnus. Les gens d’ici me manqueront, surtout mes amis les plus proches.
Je veux graver tous les moments agréables passés ici dans ma mémoire. Non seulement je quitte la ville de mon enfance, de tous mes bons souvenirs, mais en plus, je pars vers l’inconnu, moi qui n’ai jamais quitté l’Océanie.
A Chicago, je suppose qu’il n’y aura pas de plage, pas de cocotiers, pas de pommes cannelle, pas de climat tropical… Il n’y aura que des inconnus, anglophones, qui plus est.
Où mes parents m’emmènent-ils ? J’ai toujours rêvé d’aller à Paris ou à New York, mais seulement en vacances. Quant à Chicago, je ne sais même pas à quoi ça ressemble. Je n’ai même pas osé regarder de photos, de peur d’avoir encore plus peur…
J’aurais dû. De toute façon, il est impossible d’avoir plus peur que moi maintenant. Maintenant, il est trop tard pour trouver des photos, nous n’avons plus internet…

Où est-ce que je vais ? J’ai peur !

Pour la première fois de ma vie, j’ai peur, vraiment peur rationnellement et durablement.

Anna Benoit

5 septembre, 2012

Devoir du 3 septembre

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:52

Un sandwich : par Monique Vasapolli

Laura n’entendit pas Louis arriver, mais elle sentit sa présence. Avec précaution elle reposa son verre. Quand elle se tourna vers la porte, elle rencontra son regard ; son regard habituellement d’un bleu acier était devenu bleu marine sans qu’elle sût pourquoi. Mais elle comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Elle lui proposa tout de même de partager un verre de vin comme ils en avaient pris l’habitude tous les soirs. Il accepta sans enthousiasme. Lorsqu’elle revint de la cuisine, le verre de vin à la main, il était debout devant la cheminée, l’air déterminé. Louis attaqua tout de suite.
«  Je te quitte Laura, ce soir. Je monte préparer quelques affaires et je rejoins l’homme de ma vie qui attend dans la voiture ».
De saisissement elle laissa tomber le verre qui se brisa, laissant le vin se répandre sur le tapis blanc dont elle prenait toujours grand soin. Pour une fois, elle ne se précipita pas pour aller chercher du détachant.
« – Et les enfants, dit-elle, que vais-je leur dire ?
- La vérité, tout simplement. Que leur père les aime mais qu’il n’est pas heureux et qu’il a choisi de vivre une aventure sentimentale exceptionnelle. Ils sont assez grands pour comprendre ».

C’est vrai qu’il ne supportait plus cette vie, cette épouse impeccable toujours tirée à quatre épingles, cette maison toujours si bien rangée, ces enfants toujours si sages et obéissants. Chaque fois qu’il avait essayé d’infléchir le cours de sa vie, de leur vie, Laura opposait une résistance « douce »  mais ferme.  Il se sentait emprisonné comme un moustique  dans une toile d’araignée. Où étaient passés leurs rêves, leurs projets d’avenir ? Envolés, étouffés par cette épouse castratrice et possessive, que tout le monde trouvait parfaite.  Il lui avait suffi d’échanger un regard avec son nouveau collaborateur pour que les barreaux de la prison qu’elle avait patiemment bâti autour de lui s’écroulent. Un seul regard, quelques petites dixièmes de secondes et il sut que sa vie allait changer parce qu’elle n’était qu’illusions et mensonges, sauf l’amour pour ses enfants.  C’est pour cela qu’il leur devait la vérité. Les élever dans le mensonge était une trahison.

Laura ne fit pas de scène. Ni jalousie, ni colère, pas de reproches ; un peu comme si elle savait que ça ndwidevait arriver. L’amertume et la rancune viendraient plus tard. Pour le moment la seule chose qui comptait, et les rapprochait encore, était leurs enfants. Ils espéraient qu’ils auraient la force de supporter la vérité.

 

Même devoir par Fabienne Fabre :

Laura n’entendit pas Louis arriver, mais elle sentit sa présence. Avec précaution, elle reposa son verre. Quand elle se tourna vers la porte, elle rencontra son regard. En  un éclair, elle sut qu’il avait deviné. Il se précipita vers elle et jeta violemment le verre posé sur la table.
-       Qu’est ce que tu as fait ? lui demanda t il, criant presque.
-       Rien, rien, je te jure… répondit elle dans un souffle.
-       Alors qu’allais tu faire ?
Laura éclata en sanglots. Elle ne pouvait plus s’arrêter. On voyait bien qu’elle était au bout de tout, de sa résistance, de sa patience, de sa vie…
Louis la prit délicatement dans ses bras, la berçant comme un enfant que l’on console. Il lui murmurait des petits mots : là, ça va aller, ne t’en fais pas, on va y arriver… Et lui caressait les cheveux.

Au bout d’un moment, elle hoquetait encore, mais ne pleurait plus. Alors il osa lui demander :
-       Pourquoi, Laura, pourquoi voulais tu en finir ? Comme tu dois être désespérée pour penser à te suicider alors que tu attends notre enfant…
-       Je ne peux plus, je n’y arrive pas… Toutes ces années de notre enfance que nous avons vécues dans ce quartier, si dur, et nous étions si seuls… la drogue, la prostitution, les gangs,  je n’arrive pas à oublier tout ça et être sereine. Mon passé me hante ! J’ai peur, peur de ne pas savoir comment faire avec cet enfant, peur qu’il connaisse ce que nous avons connu, peur de ne pas être à la hauteur.
Il la regarda profondément, dans les yeux, jusqu’au fond de son âme.
- Moi aussi, je tremble de peur, moi aussi, je ne sais pas. Mais tu vois, cet enfant, c’est la seule possibilité qui nous reste pour vivre bien, pour tourner définitivement la page. Tu vois, nous nous en sommes sortis, et bien même, alors laisse nous, laisse lui une chance… Il se dit qu’il allait devoir la surveiller, la rassurer l’épauler chaque seconde de sa vie.
Ils espéraient qu’ils auraient la force de supporter cette vérité.

 

 

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