Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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28 juillet, 2012

Encore le 23 juillet 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:18

 Encore le 23 juillet 2012 Unknown1-300x200

Qu’a t-elle vu ?

Trente ans de plus 

Quand Rosie s’arrêta devant le miroir de l’entrée, elle découvrit avec stupeur qu’elle avait 30 ans de plus.
- « Oh malheur ! Mais combien de temps ai-je dormi ?»

Elle tourna les talons vers le poste de télé devant lequel elle s’était assoupie il y avait à peine une heure, et pour preuve il jouait toujours le même programme.
Elle se toucha le visage en se malaxant la peau.

- «Maman ?!… Viens vite y’a un problème !»

Sa mère monta l’escalier de la cave pour découvrir Rosie au milieu du salon, les yeux écarquillés et les cheveux en broussaille.

- «Qu’y a t-il ma fille ?»
- «Ooooh mère ! Mais toi… TOI… toi tu n’as pas vieilli !»
Sa mère leva les yeux au ciel.

- «Oh la la, Rosie, va falloir que tu tempères tes sorties nocturnes alcoolisées ! Vas te prendre une douche…  Ah ! Au passage, ne touche pas le miroir de l’entrée, j’y ai épinglé le portrait de Mamie que j’ai peint cette nuit. »

VRO #

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25 juillet, 2012

Atelier du 23 juillet 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:15
4 écrivains (hommes et femmes) discutent autour d’un verre. Soudain, Dieu leur apparait pour répondre à toutes leurs questions.

Les quatre écrivains avaient pris place autour des tables installées dans le sous bassement de la maison coloniale. Un petit coin tranquille dont le faible éclairage respectait l’intimité des mots qui virevoltaient dans la pièce. Ces derniers commençaient par forger leurs caractères dans les méandres cervelés des écrivains, avant d’être encrés dans leurs cahiers quadrillés. Ce n’est qu’après quelques lampées que les mots prenaient leur envol et leur sens enjoué. Jeux de mots, jouets de leurs auteurs, les uns s’esclaffaient dans des rictus de consonnes et de voyelles, les autres rêvassaient de rimes hexa-, deca-, et autres alexandrines. Tous n’avaient qu’une ambition : être à bon escient, juste assez dosés pour émouvoir l’auditoire. Le nirvana des mots ne se trouvait pas au fond des breuvages aux arômes sacrés que les écrivains goûtaient entre deux bouchées. C’était plutôt cette lumière qui brillait dans les yeux de chacun, une lueur céleste. Un silence réfléchissant inonda la pièce. C’est à ce moment là que Dieu leur apparut.

 Les mots se sont mis à raisonner différemment, comme une vibration spirituelle. Un désir de purification des esprits éclairait l’assistance avec en tête les mots interrogatifs. Les mots torturés qui émergeaient du coeur des hommes se désaltéraient des paroles de l’Eternel-confident. L’ivresse des mots résonnait comme un voyage intérieur. Les réponses, quant à elles, restaient religieusement silencieuses. Les mots recevaient leur écho au fond des êtres qui questionnaient Dieu. Ce dernier jonglait de vérités profondes sur un air d’antienne exalté. 

Et les mots s’alignaient dans les pensées, sur les feuilles, sur les lèvres. Leurs syllabes devenaient chuchotement telle une prière. De la ferveur des coeurs émergeait des lettres d’amour.

Mon Dieu, quel est ce Mystère qui donne vie à nos écrits ?

 de Sylvie TRABUC

 

Les quatre écrivains et Dieu

Comme tous les lundis soir, Jean, Pierre, Marie et Paule se retrouvaient autour d’un verre. Quelquefois, ils allaient boire un coup sur l’une ou l’autre des terrasses de la BD, mais pas ce soir.

Ce soir, c’était Pierre qui les avaient tous invités. Ils étaient assis tous les quatre dans son petit jardin qui sentait si bon le soir, lorsque le jasmin exhalait ses fragrances. Des bougies donnaient une ambiance un peu surréaliste à ce tableau. Ils chuchotaient presque tant ils avaient peur de briser la magie de cet instant.

Ils écrivaient tous les quatre. Ils avaient commencé leur roman à peu près en même temps. Ils travaillaient dur et ne s’accordaient pratiquement que cet intermède. Ils peinaient sur leur feuille blanche ; pourtant, ils ne manquaient pas de talent, chacun dans son style. Se voir une fois par semaine leur permettaient de parler d’autre chose, justement, de rire, d’oublier pour un soir. Ils se connaissaient depuis leur enfance… Le drame qui était arrivé avait scellé leur amitié. C’est maintenant qu’ils éprouvaient le besoin de parler, pour exorciser leurs vieux démons, un peu comme une thérapie.

Soudain un courant d’air éteignit les bougies, aussitôt remplacées par une vive lumière bleue. Mais qu’était ce donc ?

- Bonjour mes amis, je suis Dieu, j’espère que je ne vous ai pas effrayés ?

Dieu ? Dieu leur apparaissait à eux, des quasi mécréants ?

La première, Marie qui n’était jamais surprise, prie la parole :

-       Pourquoi nous apparais tu à nous ? Alors qu’il y a tellement de gens qui voudraient te voir, te parler…

-       Je vous apparais ce soir pour que vous me posiez toutes les questions que vous voulez sur l’écriture

Ils réfléchirent un court instant puis Pierre demanda :

-       Je n’ai qu’une seule question à te poser : pourquoi nous as tu donné l’envie, le besoin, même et pas le talent ?

Dieu se mit à rire. C’était drôle de l’entendre rire :

-       Justement, il est temps de remettre les choses à leur place : le talent n’existe pas ! Seul le travail compte !

Alors qu’ils étaient en train de se récrier, Dieu continua :

 -       Croyez-vous que j’étais derrière l’épaule de Victor Hugo lorsqu’il écrivit sa Légende des Siècles, ou bien que je soufflais à l’oreille de Baudelaire ses Fleurs du Mal ? Non, rien de tout cela n’aurait existé s’ils n’avaient travaillé comme des forcenés. Cent fois, mille fois, je les ai vu réécrire des phrases qu’ils déchiraient et jetaient. Ils ont sué sang et eau pour en arriver à la perfection.

-       Justement, comment reconnaît on la perfection, demanda Jean ?

-       Si tu ne sais pas, c’est qu’il faut que tu recommences tout ce que tu as déjà écrit. Et lorsque chaque phrase sera parfaite, tu le sauras. Chacun de vous le saura.

Par Fabienne

 

 

Atelier du 16 juillet, chez Juana Maria

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:54

Une soirée très sympa et pleine d’ambiance chez Juana Maria qui avait hébergé l’atelier ce lundi 16 juillet 2012 :

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Un ami vous offre un ticket de loterie pour votre anniversaire. Voilà que c’est le gagnant ! Qu’allez-vous faire de ces 258 millions d’euros ????

Un texte de Sylvie Trabuc :

Quelques billets comptés pour quelques bougies soufflées
Un petit bout de papier pour un petit bout d’éternité
Prendre de l’âge et prendre le large
En avion, en bateau, par tous les moyens
Partager le gâteau, partager tous ses biens
Ne plus compter, ne plus s’en faire
Dépenser, dépenser, exploser le compte bancaire
Quel cadeau merveilleux pour mon anniversaire.

 

Un petit texte de Sylvie pour nous faire partager sa Transcalédonienne

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:49

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma Transcalédonienne

 

 

 

 

 

 

Un petit texte de Sylvie pour nous faire partager sa Transcalédonienne IMG_89211-300x200 

 Une aventure, un défi, sans provocation
Quelques mois intenses de préparation
Matérielle, physique, mentale, adaptation
Pas de compétition, juste de l’ambition
Témérité, courage, détermination.

 Courir, marcher, glisser,
Tenir, tirer, pousser,
Sauter, traverser, se hisser,
Souffler, respirer, se surpasser.
C’est tout ça la Transcalédonienne.

La gadoue qui englue,
Le gué qui glace,
L’herbe qui griffe,
La racine qui résiste,
La branche, le tronc, on s’accroche.

Endurer, s’épauler, s’efforcer,
Se motiver, souffrir, se défoncer,
Lutter, s’entraider, s’agripper,
S’essouffler, se débattre, triompher.
C’est tout ça la transcalédonienne.

La pluie qui martèle,
Le sommet qui apparaît,
La vallée qui nous plait,
La mer qui disparaît,
Ces paysages, on les aime.

 Courir, marcher, glisser,
Endurer, s’épauler, s’efforcer,
Souffrir, respirer, se surpasser,
Réussir, dominer, avancer.
C’est tout ça la Transcalédonienne.

Fatigue, douleurs, petits bobos,
Ecchymoses, écorchures, petit robot,
Besoin de douceur, besoin de repos,
Un bon repas, un bon massage, bien à propos.

 Mon aventure, mon défi, ma prouesse
De Bopope à Netchaot, avec sagesse,
C’est comme ça ma Transcalédonienne.

11 juillet, 2012

Atelier du 9 juillet 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:54

Exercice : L’enfance des héros 

Ecrire un récit à la première personne, transposant des moments de l’enfance de l’un de vos héros (réel ou imaginaire) , soit en puisant dans vos souvenirs, soit en vous documentant un minimum. Nourrir ce récit en s’appuyant sur les caractéristiques de votre personnage et son univers.
Prendre soin de préserver, tout au long du récit, le caractère énigmatique de votre personnage, la chute dévoilant idéalement son identité. 

Un premier texte de VRO :

A l’université de Vienne, avec mes copains de l’époque, nous nous sommes inscrit au club des collectionneurs.
Ulrich et Wolf ont comme moi 21 ans.
Le club est situé dans un immense dock sur le campus. Heureusement pour moi d’ailleurs car, au grand dam de ma mère, ma collection n’est pas des plus banales.

Ulrich collectionne les flacons de parfum vides qu’il recycle auprès des filles.
Grand séducteur, il n’a aucun mal à étoffer sa collection.
Wolf plus rêveur, collectionne les drapeaux en tout genre, il sera grand voyageur, manifeste t-il. 

De mon côté, je collectionne les canapés, divans, sofas que je récupère sur le bord des routes, le dimanche avec ma vieille fourgonnette. Cette dernière d’ailleurs n’a plus ses sièges d’origine, j’y ai bricolé une installation des plus archaïque pour y fixer un divan où je peux m’y installer pour conduire.
Le week-end, les habitants de la ville déposent sur le trottoir leurs vieilleries. Et par chance des fauteuils y sont abandonnés.

Dans ma chambre, je dors également sur un sofa, pas de lit.
Je me rends bien compte que ces banquettes sont une obsession chez moi. Aussi, c’est compliqué de rassurer les miens.

 Je m’y sens simplement bien, j’exorcise ma colère, mes doutes et mes craintes quand je m’y allonge. Mais ma pauvre mère n’en peut plus de me voir amasser toutes ces saletés, comme elle dit. Elle est des plus perplexe quand j’étale mes trophées dans la cour.
Elle distingue, de la fenêtre de sa cuisine, plein de petits traits colorés dans le gazon.
Elle est déboussolée quand elle me voit passer de divan en divan. Je fixe le ciel et je rapporte ma journée à haute voix. 

Je n’ai pas vu maman débouler vers moi en claquant la porte de derrière…

« Sigmund ! Tu vas me rendre folle ! » 

#Vro 10 juillet 2012 

Alors, ça vous dit quelque chose ?

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Un autre texte de Fabienne :

Qu’est ce qu’il fait froid, ce soir ; mes doigts sont pratiquement gelés dans mes gants de laine tout troués…

Attention, des soldats russes au coin de la rue. Faire comme si je ne les voyais pas, me dépêcher pour ne pas qu’ils m’embêtent.

« Bonsoir, petite mademoiselle, pas prudent de sortir toute seule. Mais peut être voulez vous compagnie ? », me souffle en riant l’un d’eux d’une haleine qui pue la vodka… Je cours. Je les déteste. Je déteste tout ce qu’ils nous infligent. Mon pays est divisé, à genoux devant eux, reniant son nom, sa langue et ses coutumes. Mais je le jure, un jour, je me vengerai.

Enfin, j’arrive à la maison. Que de monde : depuis que Père a perdu son logement de fonction, son salaire de prof de maths n’est pas suffisant pour nourrir toutes ses filles et nous sommes obligés de prendre des pensionnaires pour survivre. Il y en a partout : deux dans le salon, un sous l’escalier, un autre dans la chambre de Père…

Comme je regrette le temps où Mère vivait encore. Certes la vie n’était pas toujours rose mais nous étions une famille si unie. Depuis que Sofia, ma soeur et Mère ont été emportées par le typhus, Père n’a plus goût à rien. Heureusement, il continue à enseigner les maths. Moi, j’adore les maths. Les chiffres sont mon élément naturel ; ils me fascinent comme des codes dont il faut trouver le secret. Au plus c’est difficile, au plus ça me plaît.

Ce soir, j’ai treize ans, mais personne n’a pensé à mon anniversaire… Ce soir, je pleurerai encore dans mon lit, en fredonnant une vieille berceuse que Mère nous chantait.

C’est bientôt l’été. Le soleil brille d’un si bel éclat aujourd’hui. J’ai quinze ans et demi et j’ai eu la médaille d’or du lycée. Enfin, la vie s’ouvre à moi. Mais à cause de ces maudits Russes, l’université est interdite aux femmes. Et bien soit, je quitterai mon pays chéri s’il le faut, mais je le sais, je le sens, je deviendrai quelqu’un, moi Marie SKLOWDOWSKA…

Vous avez deviné qui c’est ? Marie Curie !

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Un autre texte, très sympa de notre chère Tôntine :

Je suis né un vendredi 13, il y a 13 ans aujourd’hui et je vais aller seul à la fête du village.
Ca va changer de la ferme où je m’ennuie le dimanche.
Je suis fils unique. Mes parents travaillent dur et parlent peu. Il parait qu’on a de la famille là-bas, en Irlande.
Pâ s’occupe du bétail, des récoltes. Mâ fait des conserves et des confitures pour l’hiver.
Nous remercions le Seigneur par une prière avant chaque repas.
Il n’y a qu’un livre à la maison : la Bible. J’admire les exploits de ce Jésus. Il défend la veuve et l’orphelin, fait régner la justice et ramène les brebis égarées dans le droit chemin.
J’essaye de lui ressembler.

Le maître d’école dit de moi : « Elève réfléchi, généreux mais solitaire et peu bavard ».
A la récré je défends les petits quand on les embête, jeconfonds les menteurs, les tricheurs.
Chaque jeudi je vais voir une petite mamie qui habite seule avec un chat teigneux et jaloux.
Elle non plus n’est pas bavarde. Il y a une photo de ses garçons sur la cheminée. Ils se ressemblent. Elle dit que pour le moment ils ne peuvent pas venir la voir.
Alors je rentre son bois pour l’hiver, je tire l’eau au puits, je répare le poulailler dévasté par les renards.
Pour me récompenser elle fait des gâteaux. Ils sont durs comme des cailloux, en douce je les cache dans mes poches pour faire des ricochets.
Dans son grenier il y a plein de fusils, pistolets, révolvers et des caisses de munitions.
« Amuse-toi petit, me dit-elle, moi j’ai plus le goût ».Je m’exerce à tirer, elle m’observe : « T’es rapide petit, tu iras loin ».

Voilà c’est ma vie, la ferme, les parents, la Bible, la mémé le jeudi.

Mais… Je deviens bavard ! Cette fête me tourne la tête et fait tourner ma langue.
Il y aura un concours de tir, j’ai mes chances.
Le tireur sera dos à la cible. Le repère est un miroir suspendu à un arbre. La balle doit aller frapper la gâchette d’un pistolet qui lui-même tirera sur la citrouille placée sur un tonneau au milieu de la rue du village.
J’espère que la fille du banquier pourra voir ça. Elle est jolie et rousse. Irlandaise peut-être ?!
Tout est en place. Déjà 17 tireurs sont passés et ont raté la cible.
C’est mon tour.
Je m’avance, tranquille, un brin d’herbe entre les dents. J’ai mis mon nouveau jean retourné sur mes bottes, ma chemise jaune, le petit gilet noir donné par la mémé, un foulard rouge nouéderrière et le chapeau de mon père.
Personne ne m’a vu dégainer, la citrouille était explosée !
Ceux qui avait encore des munitions on jeté leur chapeau en l’air et ont tiré dessus. Deux costauds m’ont soulevé et déposé sur les tréteaux avec les musiciens.

Le shérif a fait un grand discours, il m’a remis le premier prix : une superbe jument blanche.
Il m’a demandé :
« Alors, content Luke ? »
………

  »Yep ».

 Jolly et moi on est rentré à la ferme au soleil couchant. Je sifflotais :

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4 juillet, 2012

Atelier du 2 juillet 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:46

Ecrire une fable :

Une longue et belle fable de Thierry Moutard :

« Une fable pleine de bruit et de fureur contée par un idiot » 

Sale, roulant dans la boue, joyeux d’être vautré,
Puanteur grognante, publicité outrée.
Bâfrant sans limite, ordures sans nausée,
Toujours plus consommer, toujours, osez, osez :
Cochonnet écrasé pour saisir un trognon
Enorme et satisfait, gros se sentant mignon.

Toutes courant partout, sans cesse ni repos
Chassant le doute rebelle, le vil et pire des maux
 « Servir ! Servir la reine ! » ; soldats et ouvriers
Jamais aliénés, toi fourmi sans pensée
N’écoute les frondeurs. « Liberté, dignité »
Ne sont pas là pour toi, et pour tous calamité.

Dieu resta songeur, expira lentement,
Projetant cette fois, homme et femme aimant
Fini l’ho-sapiens, il ouvrit la bonde,
Et plein d’inspiration, il refit le monde.

Espérant de nouveau, enfin le vrai succès
Esope écrivit « millième essai »,
L’Eternel plein d’Amour en toutes ses manœuvres,
Les hommes seront-ils, enfin son chef-d’œuvre ? 

La morale de cette fable ne dépend que de vous
Si vous êtes créature, retenez « méfiez vous »
Méfiez vous, si sourds à la forêt de demain
Aveugles et bornés à la beauté des pins,
Repliés, insensibles, à la soif des biches,
Vous aiguisez vos dents à l’abri d’une niche.

Méfiez-vous si sans cesse, à jamais consommez
Dans la fange toujours, d’ivresse assommés.
Si tout obéissance, mais jamais ne pensez
Que vous devez être, Art neuf et nuancé
Gourmandise et sottise, vous devez les dompter
« Méfiez vous, vos jours, vous sont tous comptés. »

 Si vous êtes fabuliste, attention et rigueur
Car lu en haut lieu, vous portez le malheur.

Si vous êtes grand Dieu, créez votre morale
Mais gardez patience, et pitié abyssale.
Si vous êtes un homme, dernière race créée
Couvez la confiance, cela va bien marcher …

Et vous pourriez me dire, « c’est bien joli cela,
Mais n’y en a-t-il pas, de charybde en trépas…
Quelle morale il y a, pour les sapiens médusés ?
La bonde enlevée, où vont les eaux usées ?
Tant de races blessées, encombrent l’au-delà ».
Que devons nous craindre, cheminant jusque là ?
« - C’est un secret, auquel tous sont tenus,
Fabuliste inclus, ne peux rien vous en dire »
Des rumeurs persistent, peut être délires …
Mais tous les chuchotents, incrédules et couards
Dois-je vous l’avouer, oui je l’ai vu un soir …
Station d’épuration, cosmique et saugrenue
Recycle tous et toutes, en nouveaux bienvenus.

 

Zaza la coquine, par Fabienne

Zaza la coquine montrait ses seins et son jouet
A tous les mâles qui se promenaient.
Elle était jolie et bien tournée,
Et faisait cela en toute naïveté.

 Les femelles du canton
Gros culs et gros tétons,
N’en pouvaient plus de voir leur mari
Courir après un chat si petit

Poussées par leur envie et leur méchanceté
Elles partirent voir Zaza pour la corriger.
Elles tapèrent tant et si bien
Que la petite n’y résista point.

 Le soir même chacune au foyer
Attendit son mari pour le réconforter
Cependant, aucun homme à sa maison ne rentra :
Ils étaient tous à mirer une chèvre qui passait par là.

Moralité :

Les hommes ont toujours une bonne raison
Pour ne point rentrer à leur maison.
Nul besoin de tout leur supprimer
C’est leurs deux yeux qu’il faut crever,
Ou leur petit bout qu’il faut couper !

 

Le connard et le robot (Jean-Jacques)

Maître connard que rien n’arrête,
Un beau matin s’est mis en tête,
De montrer à son entourage,
A quel point il avait grand courage.
Il alla chez le magasinier,
Chercher l’objet par lequel il pourrait épater,
Il choisit parmi les choses utiles,
Dans la précipitation d’un choix fébrile,
Un RobotVolo, objet qui vole bien haut.
Aussitôt, il monta dedans illico,
Mais comme il n’avait pas lu le mode d’emploi,
Le RobotVolo pour redescendre ne voulut pas,
Et vers sa planète est reparti,
Emportant le connard avec lui.

Morale :

Il est parfois trop tard,
D’éviter les traquenards,
A agir sans cervelle,
De façon pulsionnelle.

Maison à vendre (Alain) 

Maison chérie, je me souviens de tes tuiles vernissées, où s’accrochait le coq girouette, avec ses bruissements métalliques pivotant aux quatre vents. Ce coq-là, malgré la tourmente, avait toujours su se pencher du bon côté.

Maison chérie, je me souviens de tes enchevêtrements de poutres, de tes colombages harmonieusement répartis, qui donnaient le ton si caractéristique à l’architecture de ton pays. Malléable squelette absorbant sans faiblesse les secousses folles des vibrations telluriques. Toi, ô maison chérie ! Malgré les profonds mouvements terrestres, tu as su rester debout, faisant fi des cisaillements et du chaos qui guette.

Moi, je me suis consumé aux feux d’une vaine et laborieuse existence. Je n’ai pu rester dans ton jardin-paradis, dans la chaleur de tes murs, dans le giron tendre de tes accueillants espaces. Je n’ai su apprécier à sa juste mesure ce qu’alors je prenais pour des faiblesses : le grincement de tes marches, l’entêtante odeur de ton parquet de bois imprégné d’encaustique, les oscillations de tes volets battant sous l’orage qui se lève. Aujourd’hui, par un revers de fortune, je t’ai vendue au plus offrant.

Le coeur gros, j’attends fébrile sous la marquise, le fiacre qui m’éloignera à tout jamais de toi. Car aujourd’hui, je t’abandonne et j’habiterai dans un ailleurs dont j’ignore les contours, un de ces sinistres appartements qui se construisent au pied de grands boulevards. Espace clos aux murs sans reliefs, espace cerné de toute part, espace pourtant solitaire, transi par l’indifférence d’un morne voisinage. Je songerai là, aux bonheurs que nous avions eu ensemble, blottis avec mes enfants et ma femme autour de la cheminée qui crépite. Alors, je songerai, joyeux, à ces instants paisibles où nous fûmes tous réunis autour de l’âtre rougeoyant dans les bras de ta chaleur exquise. Instants sereins de l’enveloppante plénitude de notre trop courte idylle.

Lorsque la tempête se déchaîne, souvenons-nous des instants bénis, où l’éternité n’est pas de mise, car ils sauront nous donner du courage et nous sauveront la mise.

3 juillet, 2012

Cocktail du 25 juin 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:12

Avec l’écrivain Charles JULIET à la Maison du Livre :

Quelques petits souvenirs :

Photo de gauche, Charles Juliet assis au milieu, debout à droite, Frédéric Olhen

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Photo de droite : Rolland Rossero, Frédéric Olhen, Fabienne Fabre,  Diego Jorquera et Nicole Perrier

Et puis quelques participants de l’atelier : Fabienne, Diego, Tôntine, Sylvie et devant, Juana-Maria

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Pas triste, l’atelier !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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