Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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30 mai, 2012

ATELIER DU 28 MAI 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:24

 1/ Le devoir, sandwich :

Branle-bas général. Les téléphones sonnaient sans discontinuer. Assis ou debout, les gens criaient, marmonnaient ou juraient…

… Elle répondit avec ardeur à son baiser possessif, tandis que les dernières bribes de peur s’évaporaient.

 

Soirée électorale mouvementée
Par Huguette 

Branle-bas général ! Les téléphones sonnaient sans discontinuer. Assis ou debout, les gens criaient, marmonnaient ou juraient…Les services de sécurité s’affairaient, donnaient ordres et contre-ordres.
On était au siège du parti de l’opposition, qui avait engagé dans la bataille pour la présidentielle une…femme ! Pour la première fois, peut-être, le pays allait être gouverné par un membre du sexe faible, une femelle, comme disaient ses opposants, un être forcément dominé par ses émotions et non sa raison…Et voilà que, dans le même temps, on venait d’apprendre qu’elle était largement en tête et qu’un attentat la visait personnellement ! 

Elle était là, parmi ses fidèles, hiératique, bien qu’un peu pâle, immobile au milieu de toute cette agitation.
D’où pouvait venir le danger ?

Nul ne le savait mais on supputait : une bombe avait-elle été placée dans le bâtiment ? Aussitôt des équipes avaient été envoyées à sa recherche, sans résultat.
Un tireur était-il en embuscade sur les toits voisins ? On avait aussitôt baissé les rideaux, entrainé la candidate à l’écart des fenêtres, dans une pièce aveugle.
Et si le péril était à l’intérieur ? Là, tout proche, parmi ses « amis », prêt à la poignarder au cœur ? Tous se regardaient avec défiance, tous étaient suspects. 

 Elle seule savait : son compagnon, celui qui se tenait à ses côtés depuis tant d’années, qui avait souhaité si fort être élu mais avait dû se résoudre à n’être que le second, venait d’apprendre qu’elle ne l’aimait plus et qu’un autre homme était dans sa vie.

 Il était moins malade de jalousie que de dépit : un autre aurait la place, un autre que lui, dès qu’elle serait élue, deviendrait «première dame», ou bien dira-t-on «premier homme» et pourrait exercer son influence, infléchir ses décisions, car elle n’était qu’une femme, après tout, et il serait facile de la manœuvrer, pensait-il.

Elle comprenait sa frustration, sa colère, son chagrin et s’en sentait coupable : il aurait dû être à sa place, il pouvait encore y être. Il se tenait à ses côtés, amical, attentionné, apparemment inquiet pour elle et prêt à la protéger…
Elle lui lança un regard aigu et ce qu’elle vit dans ses yeux confirma ses soupçons. Aussi, quand il lui présenta aimablement une boisson destinée à la détendre un peu, elle sut et elle accepta.
Elle allait boire quand un homme se détacha du groupe et se jeta entre eux. Le mari but alors d’un trait le contenu du verre et s’écroula, mort. 

Un silence de cathédrale se fit : en un instant, ceux qui connaissaient la liaison de la future présidente comprirent l’horreur de la situation et la réglèrent en politiques avisés. 

Le mari fut déclaré terrassé par une crise cardiaque : sans doute n’avait-il pas supporté la tension de cette soirée capitale.
Le sauveur fut acclamé, il prit place aux côtés de sa maitresse et l’attira contre lui. Elle répondit avec ardeur à son baiser possessif, tandis que les dernières bribes de peur s’évaporaient.  

 

 ATELIER DU 28 MAI 2012 Image-1-300x127

2/ En terre inconnue :
Vous avez été sélectionnée pour participer à une émission télé réalité, « En terre inconnue ». Vous partez sans savoir où vous allez et quand vous arrivez, grande est la surprise  !

1/ Texte de Diego Jorquera

HUMANITE

 La première chose qui me saisit ce fut le froid. Ensuite ce fut le blanc. Rien que du blanc ! Devant, à gauche, à droite, partout. Dans mon dos la porte, une fois la passerelle retirée, se referma sans bruit. L’avion, blanc lui aussi laissa la place à un vide ouaté lorsqu’il commença à rouler silencieusement sur la piste verglacée. Il se fondit dans une brume de milliers de cristaux étincelants. Un manteau assourdissant de silence immaculé m’enveloppa, le froid s’insinua dans les moindres replis de ma tenue. Je sus alors que j’étais seul.

De toutes les trouvailles, plus délirantes les unes que les autres, nées des cerveaux détraqués que comptait la Barjo Prod, celle-ci valait bien son pesant d’or. C’est justement pour ça que j’étais là : le pesant d’or. Moi que tout le tralala showbiz, téléréalité et autres virtualisations de bas-étage dégoutaient ordinairement. J’avais décidé de concourir pour des raisons vénales. Moi qui affichait depuis toujours mon intérêt pour l’humanité dans ce qu’elle avait de plus glorieux, je venais me donner en spectacle de la manière la plus pitoyable afin de remplir mon escarcelle. Et une bonne fois pour toutes si possible.

Largué au milieu de nulle part, dans un milieu hostile de préférence, inconnu et sans aucun repère que lui-même, le candidat devait en moins de trois jours récolter trois éléments.

Trois choses qui aux yeux du jury illustreraient ce qui, dans le périple de l’humanité pour accéder au progrès, en étaient les clés.

Le  brouillard s’était épaissi et le blanc commençait à se teinter de gris bleuté. Sans doute la nuit allait-elle tomber, mais rien alentour ne me permettait d’en juger vraiment. Même le sol sous mes pieds ne me semblait pas palpable et je me baissai comme pour m’assurer qu’il était encore là. Ce geste me sauva sans doute : quelque chose passa en sifflant là où mon torse se trouvait quelques secondes auparavant, qui en aurait sans doute fini de moi si je ne m’étais pas accroupi. Je tenais là le premier élément de ma quête : la chance !

Le deuxième me frappa de plein fouet alors que je me jetai sur le côté : une branche d’arbre à ce qu’il me sembla, sans doute brusquement libérée par moi du poids de la neige qui la recouvrait, me projeta violemment dans ce qui me sembla être un trou dans le sol. Je n’eus en tout cas pas l’occasion de le vérifier car la hauteur de laquelle je tombai et ma chute réceptionnée sur la tête me firent perdre conscience sur le champ.

Je fis alors un rêve étrange, peuplé d’Inuits à la queue leu leu, et dont l’état d’ébriété avancée rendait difficile leur quête de la carcasse d’un ours blanc qu’ils avaient abattu la veille et qui s’était fondu dans la brume.

À mon réveil, j’étais cerné de touts parts. L’équipe de Barjo Prod au grand complet se tenait autour de moi. Je réalisai assez vite, à voir leurs mines, que j’allai pouvoir rester quelque temps, sinon sur la banquise, du moins dans l’émission. J’avais remporté la manche bien plus rapidement que quiconque aurait pu l’imaginer. Les trois choses qui illustraient ce qu’avaient été les clés de l’ascension de l’humanité vers le progrès je les avais rencontrées. Du moins selon moi et je ne trouvai personne pour me contredire : la chance, l’inconscience et les rêves délirants.

Mais je n’en menais pas large car il me restait encore la deuxième manche. Si la première m’avait permis d’illustrer la marche vers le progrès, la seconde s’annonçait plus ardue : trouver ce qui conduirait l’humanité vers le bonheur. Et là, pour le coup, il allait être plus difficile de compter sur la providence.

2/  En terre inconnue par VRO

Après un atterrissage chaotique, l’équipe de télévision sortit en premier de l’avion pour filmer mon émerveillement. J’ai l’autorisation d’enlever mon bandeau, serré sur mes yeux depuis le départ.

Je l’ôte avec appréhension… m’avance vers la porte les jambes un peu molles et le cœur légèrement inquiet. Au premier abord je suis éblouie par un voile blanc. De la neige. De la neige à perte de vue.
Je descends la passerelle accompagnée par Frédéric et là, je stagne, la neige aux genoux. La tête en point d’interrogation, fixant l’équipe.

- «Ma petite Vro, nous allons t’emmener sur des motoneiges».

 Nous voilà partis.
Mes pensées tourbillonnaient, persuadée de partir à la rencontre d’Esquimaux. Que pouvait-on découvrir dans cet immense désert blanc et glacial ? Que des Esquimaux !
Une boule grise se dessina au loin.

Les motoneiges s’arrêtèrent devant un escalator béant qui rejoignait cette sphère, un peu en forme de cerveau d’ailleurs ! Frédéric me secoua légèrement car, depuis 5 minutes ma bouche était grande ouverte et mes yeux écarquillés. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? tambourinait mon cœur.

Un homme de blanc vêtu apparut. Ses yeux lumineux brillaient jusque sur mes bottes enneigées. L’escalator l’emmena jusqu’à moi. Il avait une forme d’ampoule.
C’est dingue ce truc !! Je me tournais vers Frédéric qui me souriait.
Les yeux qui brillaient étaient plutôt un éclairage intérieur. Une ampoule allumée quoi !!
Et en plus elle se mit à me parler.

- «Vro, je me présente, je suis Eureka, maître de tes idées, je veillerai sur ton imagination».

Frédéric à mes côtés se transforma en cocker qui me lapait le visage. Je m’étais encore endormie sur mon futur roman que j’avais du mal à terminer.

#Vro 28 mai 2012

Divers exercices :

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:14

1/ Un haïku de Marie-Pierre, qui ne nous oublie pas, bien que 20.000 lieues nous séparent :

« rayon de soleil

sur le chemin les iris
saluent le printemps »
« les cerises rouges
les oiseaux les ont croquées
mon panier est vide »
2/ « Dans mon sac, il y a », par Jean-Jacques Marty : 

Un porte feuilles d’automne
Un stylo bulle
Un peigne cul
Une paire de lunes pas très nettes
Un carnetoyeur, un carnetquicoule, et un carnetnuphar.

Une carte bleue qui donne carte blanche sauf si je suis dans le rouge.

Un marteau piqueur, pas piqué des vers et qui pique tout ce qui traine si possible dans le sac des voisins.

Dans mon sac, il y a par Alain : 

Ce matin bien avant que le jour se lève j’ai préparé mon sac. Zut ! Je me suis encore piqué aux hameçons. Il faudra décidément que je les protège avec un bouchon de liège. Entre les bobines aux fils transparents de tous diamètres, les bas de ligne métalliques pour les grosses prises, les prédateurs, les flotteurs aux fluorescentes couleurs, grouillaient devisqueux éléments, de petits animaux chauds et gluants. Mince ! Ils s’étaient encore échappés de leur boite, pour fuir le funeste destin qui leur était réservé. Ils avaient perçus dans cet abracadabrantesque attirail l’imminence du danger. Ils avaient vu le reflet aiguisé du pique qui lescrucifierait à l’offrande halieutique. Ils tressaillait à la vue de cette potence, qui après de vaines gesticulations, les empalerait à vif pour une agonie sans fin. Le contact de ces tout petits serpents doux et inoffensifs me firent reposer mamusette. C’était décidé je n’irai pas à la pêche aujourd’hui !

Je mangerai des bâtonnets de poissons panés pour le midi.

29 mai, 2012

Atelier du 28 mai 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:17

Un devoir sur l’image suivante :

Atelier du 28 mai 2012 122-300x213

Pare brise par Jean-Jacques Marty :

Zig, zag, zig, zag, zig, zag,

Y va bien falloir que je le change ce caoutchouc, il balaie plus rien et puis ça m’énerve ce truc qui va d’un côté et de l’autre sans rien essuyer. Et cette pluie… on a pas idée, comme c’est emmerdant, la pluie. Y a bien que les escargots et les cultivateurs pour trouver un intérêt à la pluie.

Et cette route… mais qu’est ce que je fous sur cette route, et si je s’avais où j’allais… c’est désert, y pas de circulation sur cette p… de route, c’est la seule voiture que je croise depuis que j’ai commencé à rouler. Mais au fait depuis combien de temps je roule ? Parce que je roule, je roule mais pourquoi je roule ? Oui, pourquoi ? Et  pour qui ? Je roule… et comment ?… Vas s’avoir par les temps qui roulent et qui courent, on a vite fait de se faire rouler. Par les temps brouillés des lendemains incertains, poisseux, douteux, saumâtres…

Zig, zag, zig, zag du volant et hop fini…

Toujours le 21 mai

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:58

Ecrivez-vous une lettre d’amour à vous-mêmes :

Lettre d’amour à moi même par Jean-Jacques MARTY

Je t’aime moi même, parce que t’es pas mal au fond. Au fond de quoi au fait ? Au fait de quoi au fond ? Bon faudrait savoir ! fait, fond, le faite, le fond, ça monte, ça descend ou bien ça descend ou ça monte, ça dépend dans quel sens on se met ; ne pas se mettre sans dessus dessous, parce que si y a pas de dessus y a pas de dessous, et vice versa, si tu vois ce que je veux dire.

Il faut une position  pour y voir plus clair, même sur soi même. Haut, bas, bas, haut, je dirais même une disposition, bonne, mauvaise, mauvaise, bonne, elle est bien bonne celle là, c’est toujours et jamais pareil ; ça dépend de l’endroit ou l’on se place et bien tenir l’endroit et faire attention à l’envers. Il faut bien tenir sa place, si tu vois ce que je veux dire. Avoir un point de vue, pas celui des autres, son point de vue sur soi même. Même si son point de vue n’est point en vue en ce moment, il faut avoir une visée, une visée sur soi même si avoir des visée sur soi c’est de l’onanisme ça fait toujours plaisir, si tu vois ce que je veux dire.

Somme toute c’est pas mal de s’aimer soi même, même si s’aimer moi c’est même moins bien que aimer toi, tu vois…

Lettre d’amour à moi-même de Sylvie TRABUC :

Je m’aime
Tu t’aimes
On sème et on récolte
L’amour ou la révolte
Nous nous aimons nous-mêmes
Vous nous aimez bohème
Ils s’aiment d’amour

Et mon cœur en mal de cour
Dis-moi je t’aime mon amour
Et plus que jamais je ne coure.

Je t’aime
Tu m’aimes
On s’aime et on s’arme
D’amour et de charme
Nous vous aimons ainsi
Vous nous aimez aussi
Ils s’aiment d’amour

Et nos cœurs se font la cour
Dis-moi je t’aime mon amour
Que plus jamais je ne coure.

23 mai, 2012

Atelier d’écriture du 21 mai

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:51

Un très beau texte de Monique, alias notre « Tôntine », sur la douleur :

Focalisez-vous mentalement sur un instant, quelques secondes, quelques minutes, quelques heures, où vous n’étiez plus maître de vous-mêmes, en raison d’une extrême souffrance physique. Et décrire avec précision tout ce qui se passait entre le mental et les limites de notre corps. » (Se sont les manifestations physiques et morales de la douleur, qui comptent, et non leur cause. Le fait de ne pas la connaître confèrera davantage de poids au texte.)

TEMPS MORTS 

Monique BLUSTENNE – mai 2012

Le monstre dévoreur de chair est de retour.
REDOUTER
Ses morsures sournoises
COMPTER
Une à une ses attaques
ESPERER
Sa reddition
ATTENDRE
En vain, le temps n’existe plus.
GEMIR
Mais tenir bon.
CARESSER
Comme un enfant, cette jambe qu’il veut arracher.
PLEURER
… Tiédeur des larmes bienfaisantes sur mes joues.
APPELER
Où êtes-vous, Dieu de Miséricorde ?
SUPPLIER
Pardonnez mes offenses.
CRIER
Au secours !
Vous êtes le Maître, vous êtes mon Dieu.
Vous existez, je n’en douterai plus jamais.
DESESPERER
Dans le silence et la solitude, alors :
MOURIR
Je le veux. Maintenant. Mourir.
ATTENDRE

Et, à nouveau

ESPERER, PLEURER, CRIER, SUPPLIER, TENIR

Et puis

GUERIR !

La vie s’est remise en marche.

Atelier du 21 mai 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:41

Rien depuis plus d’un mois sur le blog ???
Et pourtant; il y a eu de très beaux textes, mais hélas les participants n’ont pas toujours le temps de les taper et de les envoyer….

Et là, subitement ! plusieurs textes

1/ Raconter un marché « d’ailleurs » et  en quoi il vous a surpris par rapport à ceux que vous connaissez. Odeurs, bruits, couleurs… 

Et tout d’abord, un texte de Diego  avec une belle illustration :

UN MARCHÉ


Texte de Diego

ça s’appelait le Café du Marché. J’avais bien vu le café, le marché j’ai mis un moment à le découvrir. Pourtant, tous les matins quand j’y débarquais, les yeux pas en face des trous, de ma banlieue à trois quarts d’heure de bus et vingt minutes à pied, je les avais bien remarqués quelquefois. Mais sans les situer vraiment. Eux, à sept heures du matin, ça n’était pas la première fois qu’ils franchissaient le seuil de l’établissement. Par derrière, alors que moi j’usais de la porte principale, comme tous mes camarades. Nous étions une bande de fidèles qui, avant d’être assez réveillés pour refaire le monde tout en séchant les cours, nous contentions d’en apprécier le jour naissant, le nez dans nos tasses et la bouche pâteuse. Eux, c’est aux tables du fond qu’ils siégeaient, celle d’après le comptoir. Et au comptoir même quand il n’y avait pas assez de chaises. Si nous nous rêvions de changer le monde, eux ils en détaillaient une partie pour en nourrir la seconde. Nous en étaient témoins les traces rouges sur leurs blouses rayées ou leurs pantalons pied-de-poule. En eussiez-vous douté que les assiettes de cochonnaille et d’abats, par eux apportés tôt le matin, et que le patron et ses deux sœurs leur servaient d’abondance vous l’eussent confirmé. Et les litres de beaujolais, de café et de marc égrappé qu’ils engloutissaient pour faire passer jésus, grattons et paquets de couenne, donnaient à nos petits crèmes déjà timides l’envie de se cacher. Eux, c’étaient les bouchers, les charcutiers, les éventreurs de cayons et les écarteleurs de grenouilles bressannes, la terreur des belons aussi, venues de loin se faire engloutir avec cérémonie. Ceux qui dès potron minet taillaient le lard et embossaient la rosette sous les halles, à deux pas du lycée où je m’aiguisais les dents. C’était une halle couverte qui avait réussi à devenir centenaire, et qui vivait quand je la fréquentais ses dernières années. Elle avait poussé face à l’église Saint Bonaventure, entre les rues Salles et Claudia, dans le quartier proche de la Bourse, pas celle du travail non, l’autre, celle de ceux qui vivent du travail des autres. Et ceux que l’on n’appelait pas encore traders prenaient l’après-midi la relève après nous, futures forces vives de la nation et pour l’heure forces éteintes pleines de contradictions. Après la transition méridienne où nous, lycéens avions empli les lieux de nos propos distingués, enfin qui de loin se distinguaient. Nous, qui étions le trait d’union involontaire entre ce marché de l’aube qui s’occupait à débiter de la chair fraîche et ces marchandages de plein jour ou l’on s’échangeait les devises que ne tardent jamais longtemps à grossir les rangs des troupes de chair à canon. C’était avant l’an 1971 et c’était autour des Halles des Cordeliers dans la bonne ville de Lyon.
Diego Jorquera
Un autre texte de Jean-Jacques Marty :
Je ne sais pas si c’est l’âme de la ville, ce marché, mais alors c’est une âme très confuse et baroque. Siégeant sur la place principale et débordant dans les rues adjacentes, ce marché ressemble à un autre marché que l’on pourrait appeler de typique, puisque les gens viennent vendre et acheter des choses comme dans tous les marchés du monde.

Cependant, celui là est très spécial, puisque il est situé à trois mille mètres d’altitude. Dans l’ancienne capitale de l’empire Inca. Ce qui le caractérise, de prime abord, c’est l’amoncellement et l’odeur indescriptible du mélange des choses fraiches et pourries, qui prend à la gorge au fur et à mesure de l’avancée.

Tout se passe à ras de terre, sur les trottoirs, au milieu de la chaussée, sur le bord des caniveaux. Les gens, en majorité des femmes, accroupies sur des nattes, à même le sol, sur lesquelles elles ont installées toutes sortes de choses, légumes, fruits, animaux, vêtements, objets, les plus divers et les plus hétéroclites. Tout se fait par terre. Les gens troquent, vendent, achètent, mangent, boivent, dorment et dans des petites rues adjacentes défèquent.

Des familles entières restent là, jours et nuits, semaines après semaines, mois après mois. Il semble qu’ils sont là depuis l’éternité. Leurs peaux ont la couleur de la terre, des pierres, du temps. Seules les mantas multicolores qui couvrent les femmes égaient cette scène misérable.      

 

Et le texte de Sylvie TRABUC :       Atelier  du 21 mai 2012

Le marché du boulevard Brune, c’est un passage extrêmement étroit entre deux lignes parallèles de marchands de toutes sortes sur un même trottoir. Une ligne qui s’étire d’un carrefour à l’autre.

On se bouscule entre les poussettes à bébés, les chariots à légumes, les chiens en laisse, les gros paniers dont la paille griffe les jambes. Allez-y en pantalon et surtout ne mettez pas de talons hauts mesdames, vous risqueriez de ramener chez vous quelques déchets nauséabonds !

Attention aussi aux tout-petits qui marchent à côté de leur poussette comme si c’était pas déjà assez difficile de se frayer un passage pour les adultes. Ne cherchez pas à éviter les personnes âgées, de toutes façons elles vous bousculeront.

Mettez-vous dans la file d’attente parce que, s’il n’y a pas de file, c’est que c’est pas bon ou trop cher. Vous pouvez faire confiance à ces usagers du marché, ça fait déjà plusieurs fois qu’ils ont fait l’aller-retour, scrutant tous les tarifs.

Ne dites bonjour que si on vous le dit, sinon on vous regarde de travers. Ne cherchez pas la qualité, tous les produits viennent de Rungis, d’Espagne ou de Turquie. Ne vous laissez pas tenter par cet homme qui hurle dans le brouhaha du marché. A ce tumulte vient s’ajouter le vacarme des voitures et des bus mécontents des clients du marché qui débordent sur leurs voies et qui traversent n’importe où mais surtout pas sur les passages piétons et surtout pas quand le petit bonhomme passe au vert.

Restez cool, rester zen, vous n’aurez pas le dernier mot au marché du Boulevard Brune.

 

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