Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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10 avril, 2012

Atelier du 9 avril 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:06

Les sept péchés capitaux : colère, luxure, gourmandise, avarice, orgueil, paresse et envie.

 Fabienne le 9 avril 2012 

Alors, si je me mets en colère, si je mange des gâteaux, si je me lève tard, j’ai déjà commis trois péchés capitaux ?? Et ça veut dire quoi ? Que j’irai en enfer, la belle affaire !!!

Le paradis ? Merci, très peu pour moi, avec ses vieilles grenouilles de bénitiers desséchées, hypocrites et frustrées… qui pourrait bien avoir envie d’y aller, ça doit pas être marrant tous les jours. Ah ! j’ai dit « Envie »… donc, si quelqu’un a très envie d’aller au paradis, il ne pourra pas car, en même temps, il commet un péché capital qui le met hors-jeu… trop drôle !

Je pense que ceux qui ont inventé les péchés capitaux devaient être en fait, des médecins. En effet, il faut toujours un peu de tout pour être en pleine forme et l’excès est mauvais pour la santé.

En réfléchissant bien, si moi, je me mets un peu en colère contre mes voisins qui balancent leurs ordures partout sauf dans la poubelle, c’est bon pour moi car ne dit-on pas « une saine colère » ? Et puis, si j’ai une relation physique, juste histoire « d’enlever les toiles d’araignée », ce n’est pas de la luxure : c’est de l’hygiène.

Et si je mange deux gâteaux, ce n’est pas la fin du monde, c’est seulement parce que j’ai envie d’un peu de douceur (dans ce monde de brutes !).

En continuant ma théorie, si j’arrive à mettre un peu d’argent de côté, ce n’est pas de l’avarice, c’est un exploit… avec le salaire que je gagne !

Quant à l’orgueil, le seul que j’ai,  ma foi, c’est vous : passer de bons moments avec vous, vous voir progresser, écouter avec délectation vos textes.

La paresse serait le seul que je revendiquerai peut-être. Mais si je me lève à midi le week-end, c’est que le travail me fatigue.

En ce qui concerne l’envie, pour moi, ce serait plutôt une qualité : avoir envie de continuer, de constamment progresser, envie de voir le soleil se lever, se coucher. Avoir toujours envie de tout, ce n’est pas un péché, c’est le secret du bonheur !!!

Les 7 péchés capitaux : renonciation.

                                                     Jean-Louis Rousse le 9 avril 2012

Après mûre réflexion, j’envisage de faire une croix sur la luxure.

Non pas que j’en aie exploité toutes les arcanes, ni épuisé toutes les jouissances. A vrai dire, c’est plutôt la luxure qui m’a épuisé.

Ainsi la raison vient aux hommes. Il suffit d’accorder sa conduite avec ses moyens. Je peux encore apprécier une dégustation gastronomique, mais saurais-je toujours valoriser toutes les richesses d’un rapport amoureux ? J’en doute.

L’envie, la paresse, l’orgueil, l’avarice ? Connais pas.

Je conserve la colère, comme une indispensable soupape, et la gourmandise, bien sûr, aux richesses inépuisables et aux surprises enivrantes.

Vade retro, luxure hors de ma portée !                 

      

         Les 7 péchés capitaux

Par Ani7

 S’il faut en choisir un, ce  jour de Pâques où, dans l’atelier d’écriture il y a sur la table : gâteau au chocolat, charlotte à la framboise, biscuits au citron, petits chou moelleux, arrosés de vin blanc et de cidre bien frais, je choisirai de défendre la gourmandise au banc des accusés de la religion.

Aux noces de Cana, Jésus a multiplié les pains, transformé l’eau en vin, ce n’est quand même pas pour exclure ensuite la gourmandise de la vie !

Et tout au long des siècles, on a rarement vu des prêtres maigres et affamés défendre les vertus de l’abstinence ! Les prélats, les évêques se régalaient de poulardes et d’entremets bien sucrés qui leur faisaient des bedaines bien provocantes pour illustrer le péché de gourmandise auprès de leurs ouailles qui tournaient de l’oeil, affamées, pendant les sermons !
Au pensionnat des Filles du Saint-Esprit, où mes 2 sœurs et moi avons vécu pendant 4 années, il s’échappait des cuisines des sœurs des fumets de poulet rôti et de frites qui nous faisaient tressaillir d’envie devant nos assiettes de maquereau au vinaigre servi avec des choux-fleurs, généreusement et abondamment offerts par les paysans voisins, soucieux d’être dans leurs bonnes grâces. Grasses et dodues sans honte. Alors oui, je le proclame, devant Dieu qui existe que si je le veux, que la gourmandise n’est pas un péché mais un don de vie et je continuerai à glorifier le ciel d’alléluias pour un petit plat exquis, une coupe de champagne ou de vin bien gouleyant ! Et quand le plaisir de vivre me fait prendre 3 ou 4 kilos de plus ou de trop, je me dis que ce sont les kilos du bonheur !

Un mot extraordinaire : Météorisme

Météorisme, ou Icare précipité.

                                                                      Jean-Louis Rousse le 9 avril 2012

 

 Quatre syllabes qui font rêver…

Parce que chacun d’entre nous assimile météores et étoiles filantes. Et vite, on fait un vœu !

Ajoutez à cette céleste évocation que, étant gamin, je rêvais de devenir un jour pilote d’essai ; le Gloster Meteor, premier avion à réaction militaire britannique, me fascinait. Il était capable d’abattre en vol les redoutables V1 allemands.

On tombe parfois de haut, de très haut, sur la simple observation d’un généraliste. Heureusement,  j’étais allongé dans la salle de consultation, tandis que le médecin me palpait l’abdomen. « Vous faites beaucoup de météorisme » lâcha-t-il, négligemment.

D’expérience, de l’abdomen,  je n’avais jamais rien vu sortir de poétique, comme une invitation au rêve.

Mé-té-o-risme, quatre syllabes pour flatuler.

 

Exercice 2 : à partir d’une photo (bal musette)

par Ani7

 Maman adorait l’accordéon et danser et, tous les dimanches matins, elle mettait la radio sur l’émission de musette. On poussait la table en formica et les chaises contre le mur de la petite cuisine et, patiemment, la tête bien droite et les bras souples, elle m’a appris, les unes après les autres, les subtilités de la valse, du tango, du boléro, paso-doble et chachacha.
J’avais 8 ans, 10 ans, 12 ans, les leçons se sont enchaînées parfois sous les moqueries de mes deux sœurs. Très rapidement, la valse à l’envers ou le tango renversé n’ont plus eu de secrets pour moi et j’étais devenue la partenaire, très fière, de ma mère.
A 10 ans, l’achat d’un accordéon chromatique et des cours particuliers hebdomadaires ont continué à inscrire le musette dans mon histoire personnelle et familiale.

Lors de mon séjour en métropole il y a 4 ans, à nouveau nous avions poussé la table de la petite cuisine où elle habite toujours et aussitôt nous avons retrouvé nos postures.

Aujourd’hui, elle a 84 ans, a fait une embolie, respire avec une bouteille d’oxygène mais pourtant, quand une valse musette a retenti par surprise de la radio, dans un grand sourire malicieux, elle a entortillé le fil à oxygène dans sa main gauche et m’a enlacée pour quelques pas « Tu vois, je peux encore danser ! ».
Je crois, je suis sûre, que le son de l’accordéon a gravé en mon cœur à jamais ses sillons de mémoire de ces danses et plus que « danses de salon », elles resteront pour moi « Les danses de la cuisine de Maman.                                        

3 avril, 2012

Atelier du 2 avril 2012

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:47

Devoirs : à partir d’une petite histoire, trouvez l’origine de l’expression « bouc émissaire ».

La véritable histoire de la chèvre de Monsieur Seguin.

Il était une fois, dans un charmant village des Vosges, une petite chèvre nommée Blanquette.
Elle était d’une grande beauté avec ses yeux de velours et sa robe blanche, mais elle était au moins aussi frivole que jolie.
Elle avait à peine 15 ans (en “âge chèvre”) quand elle commença à faire le mur. Chaque soir, dès la nuit tombée, elle se sauvait de son enclos.
Les belles forêts des alentours étaient propices à ces aventures furtives. Les godelureaux du canton s’y relayait courtoisement pour l’honorer. Blanquette rayonnait et ne demandait rien de plus à la vie.
La réputation de la coquine se répandit rapidement dans tout le pays et se faufila sournoisement jusque dans les couloirs de l’Assemblée Nationale.
Son maître, Philippe, y tenait le perchoir, mais son trône vacillait sous les moqueries et quolibets de ses collègues, compromettant sa carrière.
Il fit alors appel à un vieux bouc de ses connaissances qu’il chargea de trouver, en urgence, un mari à cette dévergondée.
Le bouc émissaire trouva facilement chez un hobereau de la région un compagnon pour Blanquette.
Le jeune benêt fut plutôt flatté de l’aventure et, fort heureusement, pas trop regardant sur la réputation de la belle. C’est qu’il partait vers l’avenir déjà pourvu d’une sacrée paire de cornes !
Ils se marièrent donc et eurent beaucoup de petits chevreaux. Les biquettes, à peine sevrées, prirent le relais de leur jolie maman, la chèvre de Monsieur Seguin.
Quant au bouc, il fut bien mal récompensé pour sa mission car il est devenu la tête-de-Turc de son village.

Par Monique, alias Tôntine

 

A la très sérieuse étude de Maître Ernest Leféburre, le respecté notaire de Marchy en Barrois, il y avait trois clercs : Raoul Maboul, Emile Bouc et Hector Missaire.

Bouc et Missaire étaient amis et travaillaient de concert ou de conserve, à votre convenance. Chaque fois que le notaire découvrait une erreur dans un dossier, le fourbe Raoul en accusait en douce les deux acolytes : « c’est Bouc et Missaire, disait-il, qui ont encore mal recopié la minute, occupés qu’ils sont à se raconter leurs dernières fredaines ou à prévoir leurs prochaines sorties vespérales ».
Maître Leféburre en était toujours très contrarié : la réputation de son étude allait en souffrir, il aurait moins d’affaires à traiter et ne pourrait plus offrir à Madame et aux enfants la vie mondaine qu’une famille aisée doit avoir pour tenir son rang dans la société très fermée d’une petite ville de province.

Evidemment, Bouc et Missaire étaient accusés à tort : c’était Raoul, le félon, qui, par jalousie, glissait ça et là erreurs, barbarismes et cacographies…

Son plan diabolique fonctionna si bien qu’un jour Maître Leféburre, excédé, renvoya tout de go les deux amis.

Quand la vérité fut découverte – car la vérité finit toujours par sortir toute nue du puits, comme on le sait – il était trop tard, Bouc et Missaire avaient quitté la ville et, traumatisés par cette injustice, étaient partis se faire ermites dans le désert.

Depuis ce jour, toutefois, leurs deux noms sont passés à la postérité non seulement dans la petite ville de Marchy en Barrois, mais dans le pays tout entier (il me semble même que je les ai entendus dans la bouche d’un chamelier au souk de Taroudant, mais je ne saurais l’affirmer en toute certitude) : chaque fois que des personnes sont accusées à tort, on dit désormais : « ce sont des Bouc et Missaire », ou bien « Ah ! Ils ont encore servi de Bouc et Missaire ! »

Par Huguette

 

Exercice  : vous êtes un meuble de la maison.

Je suis l’armoire
Silencieuse et noire.
Ils ont jeté la clé
Enfermé leur secret
Sur mes étagères
Et éteint la lumière.

Je suis l’armoire
Silencieuse et noire.
Ils ont cru oublier
Leur monstrueux forfait.
J’attends mon heure
Pour leur faire peur.

Je suis l’armoire
Silencieuse et noire
Le crime était presque parfait
Jusqu’aux vacances d’été
lorsque j’ouvris la porte…
Pour que le cadavre sorte…

Toujours par Tôntine ! 

Je suis le plus noble et le plus coquin des meubles. Celui par quoi tout commence et tout finit… Et, croyez-moi, il s’en passe des choses dans un lit, entre la naissance et la mort…
Oui, des choses les plus avouables – comme le sommeil sans rêve d’un petit ange, pur de tout péché et de toute bassesse – aux pires – comme les instants tarifés de plaisir furtifs, ou les trahisons dévoilées dans un chuchotement – en passant par les moments de pur bonheur que peut connaître un couple qui s’aime dans « un lit qui danse ».
Je sais tout ce que vous ignorerez, que vous supputerez, sans jamais aucune certitude.
Tous les secrets du monde dorment sur mes oreillers…

Fabienne

Vous êtes un personnage, un objet ou un meuble du bonheur des dames (boite de nuit) :

par Jean-Jacques Marty

On me regarde en entrant. On me regarde en sortant. J’ai des contours ondulés et bien moulés. Je révèle à chacun ses moindres failles mais aussi parfois ses avantages. Avantages quand on rentre, failles quand on sort. Coup d’œil appuyé ou fuyant…

Je peux révéler l’éclat d’un teint ou d’un fard. Rencontre avec sa propre image ; que l’on voudrait flatteuse, mais qui parfois déçoit. Mais je ne suis pas juge, je ne fais que révéler, et chacun me voit en se voyant lui même et peut être en se dévoilant parfois. Je suis discret mais important et juste placé au bon endroit.    

Je suis : Une table de nuit.

 Par Jean-Louis 

Je ne suis qu’une humble table de nuit.
Position intéressante, gambergerez-vous dans vos esprits lascifs, peuplés, voire surpeuplés, de pensées égrillardes ! Si vous saviez combien la réalité peut être sordide, parfois.

Au début du siècle dernier, et jusque dans les années 50, j’abritais, dans mon rez-de-chaussée, le réceptacle des mictions nocturnes, pompeusement nommé « pot-de-chambre ». Désignation vague pour une destination bien précise.

A bien réfléchir, j’étais alors l’ancêtre des brûle-parfums, voire des vases aux bâtonnets d’encens. En ces temps bénis, aucune sinusite ne résistait aux odorantes effluves que je dégageais.

Ces temps-là sont hélas bien finis. Sur mon faîte, une lampe de chevet délicatement ajourée. Et dans mes étages, quelques livres.

O Décadence !  « O tempus, ô mores » !


                    Vous êtes un meuble de la maison : racontez votre histoire

Marie-Pierre Beaulier

« Au secours….. Au secours…… Aidez-moi…… Par pitié…… Ecoutez-moi…… »

Du fond de la benne, une petite voix se fait entendre :

« Je vous en supplie, aidez-moi… Ne m’abandonnez pas… »

Le gardien de la déchetterie n’en croit pas ses oreilles.

En faisant son tour après la fermeture au public, son attention est attirée par des petits cris, des gémissements venant de là-bas : la benne des objets et vieux meubles en bois amochés, toujours bien remplie le samedi en fin de journée.

Médusé, il s’approche tout doucement, et là, il comprend.

Devant lui, au sommet des objets en tous genres, Elle le regarde.

Comme une bouche entrouverte, son couvercle se soulève et se baisse, au rythme des sanglots.

« Monsieur,  s’il vous plaît, sortez moi d’ici. Je n’en peux plus. Ne m’abandonnez pas… »

Le gardien approche sa main  et touche la malle qui s’ouvre et se referme doucement sous sa caresse.

 C’est la jolie histoire d’un gardien de déchetterie devenu l’heureux propriétaire d’une malle ancienne abandonnée par un couple parti vivre Outre mer.

C’est l’histoire d’une  renaissance pour une malle centenaire qui a retrouvé une nouvelle jeunesse dans une chambre rose et bleue.

Accueillir  des jouets et des cris d’enfants, quel plus beau destin peut on rêver ?

Même sujet par Sylvie TRABUC :

 Combien de fois me suis-je fait marcher dessus ? On m’a souvent sali, à petits pas feutrés, parfois hésitants, souvent discrets. Certains hommes, trop jeunes encore, pas assez matures peut-être, semblaient effrayés dès qu’ils m’apercevaient et tournaient aussitôt les talons. D’autres plus galants sentaient bon le cuir fraîchement ciré, plus rarement le caoutchouc. Quoi qu’il en soit on s’éternisaient rarement. Même les hauts talons de ces dames ne me piétinaient pas. Ces dernières restaient le plus souvent à l’intérieur de la grande bâtisse, conformément aux directives de la tenancière du Bonheur des Dames qui faisaient justement le bonheur de ces messieurs.

Mais je restait là, fidèle à mon poste. Je pouvais ainsi voir, ou plutôt entrevoir toutes ces jambes, musclées, velues ou au contraire, affinées, galbées, gainées de soies fines, et qui allaient s’ébattre quelques minutes plus tard dans les étages que jamais je n’ai pu visiter.

Mon royaume s’étalait entre le rez-de-chaussée et l’allée du jardin, là où se mêlaient tous les parfums, les senteurs florales, fruitées, boisées, odeurs aussi de l’encens utilisé pour envoûter le cœur de ces êtres en mal d’amour.

Et c’est ainsi que je coulais des jours tranquilles, tapi sur le pas de la porte, moi le tapis de la porte d’entrée.

Et, toujours sur le même sujet, un texte de Véronique GRATIAN, alias VRO :

Depuis que l’on m’a sorti de la brocante, j’ai une vie trépidante. Celui à qui j’appartiens désormais reçoit énormément. Et qui est la mieux placée dans l’histoire ? Moi ! La table basse du salon. Je suis en plein dans l’action !

On me frôle du genoux et on me caresse de la main, émerveillés par mon bois brut.

Et le plus agréable de la soirée c’est le verre renversé… car discrètement j’absorbe le spiritueux qui m’enivre avec eux.

  

Exercice 2 : dans la peau de « SUPERWOMAN »

Par Marie-Pierre BEAULIER  

Ça y est : ça recommence.

Etape numéro 1 : de bon matin, j’ai dû enfiler la combinaison archi-moulante dans laquelle j’ai du mal à respirer, me coller une couche ahurissante de fond de teint sur le visage, et du fard à paupières « en veux-tu en voilà ». Moi qui n’aime pas me maquiller, c’est une vraie torture. Et le pompon : la cagoule, ridicule, avec ses oreilles pointues. Non mais, j’ai l’air de quoi.

Bon, le plus dur est fait : le déguisement, on n’en parle plus.

Passons à l’étape numéro 2 de la journée : la B .A. du jour, la bonne action, si vous préférez…

Alors, là, le plus difficile, c’est de trouver à chaque fois une nouvelle idée, croyez moi, ce n’est pas une sinécure. C’est comme la ménagère qui doit varier ses menus quotidiens : la  routine, ça use…

Qu’est-ce que je peux bien faire aujourd’hui :
« Le petit garçon enlevé par un pervers, etc… etc… » ? C’est fait. On m’a placée en garde à vue pendant 48 heures, sans boire, ni manger : on croyait que j’étais le coupable qui s’était déguisé pour attirer les petits enfants ; je m’en souviens encore, ce fut très désagréable…

« L’immeuble qui va sauter à cause d’une fuite de gaz » ? J’ai déjà donné : brûlures au deuxième degré, non merci, je ne recommence pas.

Ne tergiversons pas : aujourd’hui, le soleil brille, il fait chaud, je vais bien trouver un malheureux qui veut se noyer. J’irai le secourir, cela me rafraîchira.

Bon, la B.A., c’est dans les tuyaux.

Etape numéro 3, passons à la couverture médiatique.

Est-ce que Harold, mon agent, a bien prévenu Calédonie Première et les Nouvelles Calédoniennes ? Parce que s’il ne l’a pas fait, je ne vais pas me décarcasser inutilement.

Les risques du métier, lui, il ne connaît pas, moi si. Et je n’ai pas de complémentaire santé, donc, pas de risque inutile.

« Allo, Harold ? Allo ? Allo ? …….»

Zut, je n’ai plus de crédit sur ma carte Mobilis.

Bon, tant pis, j’y vais quand même.

Mais sachez-le : c’est bien la dernière fois que je pars au charbon dans ces conditions…

Ah ! le métier de Wonderwoman, ce n’est plus ce que c’était…..

 

Et un quatre mots de Juan Maria MEDINA-GARCIA  : 

COLERIQUE, PARACHUTISME, ENTONOIR, GALEJADE.

Il ne manquait pas de se référer à mon état colérique à chaque fois qu’il croyait en avoir l’occasion. Cette presque admirable soif de domination qui le brûlait au point de dessécher ses entrailles, avait le pouvoir de me plonger dans un état de profonde tristesse duquel je ne ressortais qu’en détournant mon regard sur le galet de Jade.

Cette pierre aux pouvoirs apaisants, redonnait de la lumière à mon cœur et faisait disparaître ma colère. Pendant qu’elle était dans ma main, l’amour que le monstre dominateur ne savait pas me montrer rentrait en moi débordant dans ma poitrine et me donnait le même bonheur palpitant que lorsque je faisais du parachutisme.

C’étaient les seuls moments où je me sentais comme un entonnoir, traversée par cette haine démoniaque que je recevais de lui comme un simple lieu de passage où rien de ce qu’il m’envoyait ne demeurait.

Le galet de ma copine Jade a soulevé le voile de mes yeux. Seulement alors j’ai pu le percevoir, s’éloignant dans l’obscurité : les yeux jaunes, les oreilles pointues et des gouttes de sang noirs tombant de son cœur poreux. 

Juana Maria MEDINA GARCIAS, Nouméa, mars 2012

 

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