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22 janvier, 2012

Je fais souvent ce rêve étrange et familier… par Aline

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:27
Je fais souvent ce rêve étrange et familier… par Aline,  janvier 2012
Il était là !  J’en étais sûre !  Je ne sais pas comment il faisait pour me trouver où que je sois.  Je pouvais le reconnaître entre mille. Pourtant il n’avait pas d’odeur, que je me souvienne…
Je sentais sa présence moite, sa respiration rauque et fétide presque dans mon cou et pourtant il était encore loin. Il devait être grand, très grand.
Je voyais son ombre quand je passais près d’un réverbère.  La lune observait silencieusement la scène.  Le pas dans ma tête résonnait sur le pavé glissant et sombre d’une rue puis d’une ruelle qui n’en finissait pas.  Je n’y voyais goutte et les rayons blafards ne m’aidaient guère à retrouver mon chemin.   Il pleuvait à peine, des gouttes fines telles de longues virgules, juste assez cependant  pour que mes vêtements légers finissent pas coller à ma peau de petite fille maigrichonne.
C’était toujours au moment où je rentrais seule après avoir partagé des rires et des chants avec d’autres enfants de mon âge,  dans un chez moi dont l’image était confuse. Je savais  seulement que c’était un endroit où je pouvais me réfugier. Quant à ce qu’il y avait à l’intérieur… Je ne sais !   La porte ?  Si, je m’en souviens. Elle était haute, très haute et certainement épaisse et lourde.   Et la serrure !   Méchante porte dont la serrure semblait à chaque fois se dérober sous la clef que ma menotte tremblante tentait de trouver parmi d’autres dans ce trousseau trop lourd…  comme si elle était complice des pensées de cet être répugnant qui me poursuivait de cauchemars en cauchemars sans jamais se lasser.
Son pas était lent quand je marchais lentement et se calquait sur le mien quand je commençais à accélérer le rythme de ce qui finissait toujours par être une course éperdue me laissant à bout de souffle, désespérée, désespérément seule, sans jamais personne qui ne puisse empêcher  l’être maléfique de me poursuivre.  J’avais beau tenter d’appeler, de crier, de hurler!  Rien, aucun son ne pouvait sortir de ma gorge sèche.  Personne ne viendrait à mon secours, je le savais.
Je me préparais chaque nuit à l’affronter mais je n’arrivais que rarement à me souvenir qu’il ne s’agissait que d’un mauvais rêve…
Et puis, un jour, il a fini par me tuer.  La lame avait glissé dans mon dos : la sensation était curieuse.  Ca ne faisait aucun mal contrairement à ce que j’avais toujours imaginé et ce qui se racontait. 
J’ai dû glisser sur le sol mouillé et je me disais que finalement je ne comprenais pas pourquoi les gens avaient si peur de mourir… C’était doux, si doux, si doux…

La galette des rois : entre traditions et obligations par Aline

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:49
La galette des rois : entre traditions et obligations par Aline ALIM1845-300x225
Sylvia et Jean-Louis
La galette !  La galette !  C’était tout plat, c’t’affaire ! Et y z’en f’saient tout un plat !  Z’en parlaient tous : avant, pendant, après !  De quoi il en r’tournait…. C’est que je m’demandais !
J’arrivais presque sur la pointe des pieds et j’ouvrais tout grand les yeux !  Des femmes s’agitaient piaillant dans les cuisines et des hommes dans leur coin se racontaient gravement des histoires que je ne comprenais pas…
Les petites filles, leurs frères, leurs cousins, leurs voisins attendaient patiemment en se chuchotant sûrement des secrets à l’oreille.  Le mystère planait.
La tablée était longue, sans fin.  Du haut de mes quatre ans, je n’en voyais pas le bout.  Une grand-mère centenaire sommeillait dans sa barbe.  Un chat roux  ronronnait sur ses genoux.  Un rayon de soleil découpait le sol aux dalles noires et blanches.  Il n’en finissait pas de s’étirer en pianotant sur le lino avant d’aller se coucher.
Un couteau était soudainement brandi.
Tout cela était fort inquiétant ! Il faisait doux malgré la saison.  La Côte d’azur méritait bien son nom.  Je n’arrivais pas à comprendre ce qui nous avait rassemblé.  Mes parents ne m’en avaient touché mot car ma petite voisine leur avait juste demandé si j’étais libre pour les pis Fanny.  Je ne la connaissais pas Fanny.  Je pensais que c’était une vache dont on célébrait dans ce pays les mamelles généreuses… et trouvais que ces coutumes étaient merveilleuses.  Mais dans la maison juchée au flanc de la colline qui regardait la mer, nulle vache.  J’avais vu des photos de ces quadrupèdes que les gens de ce pays trayaient.  Elles étaient noires et blanches… Comme les carreaux de la salle-à-manger des parents de ma petite voisine.
Le silence se fit soudainement.  Tout le monde regardait en direction de la maîtresse de maison… C’est le nom qui avait circulé que j’avais retenu. Elle n’avait pas de prénom.
Le gâteau plat, doré, croustillant, immense, fut découpé religieusement  en autant de parts que de convives…
Quelqu’un se cassa une dent mais il se disait que ce n’était pas grave car une petite souris allait passer lui donner de l’argent la nuit sur son oreiller !  C’était un petit garçon brun, timide, à la mèche rebelle et au regard luisant. Il fut aussitôt couronné et applaudi par la compagnie.  Il lui fallait une reine.  Une autre dent sauta.  La vieille qui mâchouillait sa part grinça de douleur en bavant un petit peu.  Le couple s’embrassa.
Les autres se réjouissaient tous, curieusement.
Je trouvai que le roi et la reine y z ‘étaient pas très bien assortis mais je ne dis rien.
On ne doit pas dire ce qu’on pense quand on est petit, c’est malpoli.
Et pis, Fanny, la vache, je ne l’ai jamais vue!
Elle s’était peut-être  transformée en carreaux, sous la table ?
Aline MORI
 

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