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29 septembre, 2011

Un mot extraordinaire : épectase

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:43

IIs avaient pris un peu de retard. Oh! juste un peu ! Afin de s’affranchir des incontournables mondanités, des poignets de mains de bienséance qu’il ne fallait surtout pas oublier.
Car aujourd’hui, grande réception au palais des connaissances : à l’Université !
Au programme, soutenance de thèse. Sujet : l’épectase.
Sans détour il convenait de cerner cette matière, la définir et convaincre une cohorte d’assesseurs avertis, formuler des orientations précises et scientifiquement fondées.
Le combat n’était pas gagné d’avance. Développé dans son dictionnaire de la musique –l’épectase avait été définie de façon fort nébuleuse par ce génie littéraire et scientifique qu’était Jean-Jacques ROUSSEAU – je cite «élément essentiel favorisant la substitution des expectorations viscérales et pulmonaires par des modulations diaphoniques dont seul les plus grands chanteurs d’opéra ont la maîtrise».
Ce flou préscientifique n’était-il pas rédhibitoire pour amorcer des recherches valables ? Le défi était de taille. Je m’y attelais sans faillir. Il convenait, tout en évoquant l’époque ou le savoir balbutiant s’autorisait les plus libérales hypothèses, se concilier les pouvoirs légitimes de nos académiciens, infléchir les consciences sans les heurter. Mais avant tout, produire un solide corpus de connaissance à l’heuristique féconde.
A mon secours, j’avais invité dans un débat élargi, aussi bien des référant issus de la biologie, des sciences médicales et de la biochimie moléculaire.
L’épectase devait se présenter en ultime analyse comme l’enzyme «favorisant les vibrations phonatoires par le biais de la formation protidique constituant les cordes vocales, intervenant dans l’émission des sons suraiguës».
Un axe de recherche saillant dans le champs de l’ornithologie établissait le lien et la connivence avec les parades nuptiales de certains oiseaux endémiques à la Nouvelle- Calédonie.
De manière plus inattendue, j’avais également mis en relief la pertinence de mes interprétations avec la mécanique ondulatoire du chant des baleines et du langage vibratoire des dauphins du lagon. Cette dernière théorie avait particulièrement attiré l’attention de la communauté scientifique. Ne faisait-elle pas le lien entre le règne du monde animal et celui des hommes ?
Au firmament de mes distinguées hypothèses, au fur et à mesure que je dévoilais devant cette docte assemblée les fruits de mes austères études, je mesurais l’ampleur du chemin parcouru. Entre le cristal et la fumée, se révélaient l’empreinte de mes maîtres et leur fertiles épaulements, un partage sans pareil : une formidable expérience humaine !
Épilogue : toute fiction littéraire mérite d’être dite, toute imposture scientifique mérite d’être dénoncée.

Alain LINCKER

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