Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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29 septembre, 2011

Exercice du 23 mai : histoires communes

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:36

Chacun écrit une phrase, ce qu’il veut. Il fait ensuite passer à son voisin de droite qui écrit un phrase lui aussi. Le tout, fait une histoire. On récupère le texte avec sa phrase du début, on termine l’histoire et on lui donne un titre :

1/ Le monde n’est qu’odeur ! Du moins, depuis ma réincarnation en nez…. Néanmoins, je me targue d’être plutôt une visuelle, voire une voyeuse.
J’aime toucher, me frotter. Toutes les cellules de mon corps frissonnent. Et les couleurs éclatées envahissent mon front qui délire de fragrances visuelles extatiques.
Je dois être en transe, je me transporte dans divers lieux sans en avoir le contrôle. Cerveau embrumé, nez bouché, oreilles sifflantes, gorge nouée, je suis dans un autre univers.
Je détache alors le garrot de mon bras d’une main malhabile. Me vider de mon sang, ainsi, fait délirer les sens, et mon cerveau sans doute, frisait trop la syncope.
Mon retour sur terre me laisse finalement voyeuse : l’infirmier semble ne rien porter sous sa blouse !
Ainsi délivrée de toute pesanteur, je m’envole vers le ciel. Et là-haut, si j’ai de la chance, je serai réincarnée en main, et peut-être l’infirmier aura laissé la place à une infirmière… sur qui je pourrai expérimenter mon nouveau sens du toucher.

2/ Mes voisins devaient être, par principe – le mien – des gens charmants puisque j’habitais désormais Nouméa Sud.
Mais avec leur groupe électrogène qui tourne toute la nuit, je sens qu’à la longue, il va y avoir des morts.
Pour ne pas sombrer dans une agressivité de mauvais aloi, je me contentais, armé d’une pince coupante, de sectionner l’alimentation du quartier. J’attendais la nuit pour ramper sous la haie et taillader ce désagrément.
Mais la haie était touffue et hérissée de piquants coupants, ce qui fait que je la traversais complètement déchiré. Un horrible doute scientifique et électrique à la fois, me submergeait : y avait-il un avantage, raisonnable et sensé, de lacérer ma peau, friser l’électrocution, pour retrouver le vide d’un silence lourd à couper au couteau… ?
Me dégageant de la haie, je me retrouvais nu comme un ver ! Et j’aillais prendre un bain de minuit à la baie des Citrons, espérant y trouver une belle de nuit. Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?
En fait de belle de nuit, ce fut évidemment la ronde de police qui m’embarqua dans son panier à salade et ma première nuit d’habitation des beaux quartiers se finit à Nouville, « en bonne compagnie ».

3/ Mais qui est ce personnage ? C’est notre guide ? Nous sommes mal partis ! Et tant qu’à être mal partis, autant arriver n’importe où ; c’est pourquoi, nous ne fîmes aucun projet et nous mimes en route, sans plus réfléchir.
Il monta dans un autocar aussi délabré que lui, il bégayait dans son micro, je ne compris rien à la destination. L’autocar bringuebalant se dirigea dans la direction du couchant. Evidemment, il était conduit par un noir.
La route, étroite, était moins vieille que le car et, heureusement, il faisait jour. Quand la nuit arriverait, je tremblerai, je le sais. M’enfoncer dans le noir, c’était me transformer….
Déjà, je sentais mes vêtements m’enserrer, ma gorge se crisper, mes mains se raidir…
Nous allons tous sombrer dans le précipice. Ce précipice que notre créateur a construit quelque part, sur la route de notre vie.
Mais c’était avoir oublié le début de l’histoire : le conducteur était un noir, noir sûr !
Lui aussi était un monstre, comme moi. Il avait déjà bien commencé sa métamorphose. Nous allions nous battre avant de tomber dans le sombre précipice…

4/ Françoise avait prévu de réagir, mais elle n’était pas sûre d’en avoir le courage. Elle était lasse d’être passive, ses sentiments devaient exploser au grand jour. De façon à être claire avec la personne qu’elle avait en face d’elle.
Elle se cala dans le fauteuil, espérant que le dossier lui donne du courage. C’était là, maintenant, qu’il fallait se livrer ; trop longtemps, trop souvent qu’elle s’était muselée. « Ecoute-moi… Pamela, ton mari te trompe ! »
Tous ces soupçons, c’était donc cela : il lui fallait agir. Il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle comprenne que la vie, parfois, est cruelle et que peut-être, elle n’était pas complètement étrangère aux maux qui s’abattaient sur elle. Certes, c’était encore la réaction classique de la nénette qui culpabilise, mais après tout, elle décida de regarder la vérité en face, de voir enfin son mec tel qu’il avait toujours été : un homme à femmes, voilà ce qu’il était.
Mais peu importe quelles femmes, pourvu qu’il ne pense pas qu’elle était l’une d’entre elles !

5/ Elle vient à moi, décontractée, en passant par le sentie. Ce sentier sinueux, ne l’a pas gênée pour avancer dans la vie.
Comme elle dit souvent : on a le chemin qu’on veut suivre. Enfin, on essaye.
Si entière, si légère, philosophe facile, elle sait comme personne m’imposer ses convictions.
Quant à moi, mon chemin est cahoteux… Moi, je vais droit au but, mais il m’arrive de trébucher. Et chaque fois, je me relève, chute à nouveau, me relève encore et encore, jusqu’à l’épuisement. Alors, je m’affale sur le fameux chemin cahoteux dans l’espoir de devenir philosophe. Mais les théories ne viennent pas. Bon ! avant d’être philosophe, je serai procrastinateur professionnel. Mais n’est-ce pas cela en fait, être philosophe, se demander chaque jour ce à quoi tous ont cru répondre la veille ?
Mais avec elle dans mes bras, je ne peux que refaire le monde.

6/ Elle se grattait la tête et ne savait pas pourquoi. Mais moi, par contre, je le savais, et si… on m’avait gratté la cervelle jusqu’au tréfonds de la moelle. Mes synapses ne me joueraient pas des tours comme j’en ai subi. On m’appelle le maladroit de service.
Mais à force de gratter ma cervelle, elle avait atteint ma substantifique moelle et je la contemplais, assis devant le poêle. Je me décomposais en silence… qui faisait un bruit énorme, quoi le silence ? où le silence parfois peut être insupportable de bruit, ce doit être un délire ?
Pièce de bruit blanc, bruit électronique, casque sur la tête, je réfléchis. Est-ce l’abus de silence, de vide, de solitude… ? ou simplement peut-être l’invasion traître des poux de mes enfants… Ciel, mes enfants ! J’allais oublier de préparer le repas ! Et si je leur faisais une cervelle d’agneau au beurre noir ? Pourquoi noir et pourquoi pas blanc ? et elle se gratta la tête à nouveau…

7/ Nous étions dix, attablés dans la lumière tamisée, autour de quelques friandises . Thomas, le plus gourmand, se leva soudain et goba un gâteau. Goba était le terme, déguster, il ne connaissait pas. Certes, mais tout dépend de votre manque d’éducation, n’est-il pas ? Selon les civilisations, les codes ne sont pas les mêmes.
Gober ou déguster, peu importe, le principal était de se faire plaisir avec ces agapes sucrées. Ensuite, c’était de se remplir la panse. Et la panse remplie, de se penser aussi en écrivaillons lestes autour de nos mots crus, et de se savoir ouï, faire du savoir la geste qui nous mène à autrui.
J’avais plus d’inspiration la panse pleine, et je remplis ma feuille à crier les mots sur le papier. Crier est bien le mot, le ventre plein de maux qui me tordent les tripes et me font remonter la bile.
A me gaver ainsi, de victuailles, de mots, j’en ai jusqu’à la lie, et déjà le cœur gros… la nausée chérie… Pardonnez-moi, je fuis !

8/ Il se pourrait que cette phrase daigne atteindre le tréfonds des pensées, que j’avais autrefois, avant qu’elles ne s’en aillent. Il se pourrait aussi qu’elle survole, qu’elle m’effleure et ne laisse pour toute trace qu’un mot loin de mon cœur.
Et qu’alors, les mots s’envolent…
Il se pourrait qu’elle m’éborgne ou me laisse tout coi. Mais quoi qu’il arrive, elle restera la phrase qui en avait entrainé d’autres. Entrainé d’autres qui s’étaient crus aussi des écrivains et qui attendaient, en vain, leur jour de gloire. La gloire qui ne venait pas. La patience n’était pas leur fort. Et mon courroux… Ouh ! j’y mettais tout mon cœur pour réussir. Pour réussir en fait, à tout rater, mais bon, ce n’est pas mon jour de gloire.

9/ Au détour de la route, après la maison bleue, juste au numéro trois, il y avait du lilas. Elle habitait là, seule avec son chat. Ce chat, un énorme matou, adorait croquer les rats. Mais un jour, il rencontra malencontreusement la route d’Abdoul qui, comme on le sait, n’aimait les chats qu’en civet, en tant que survivant du dernier siège d’Abdelkader.
Il les cuisinait avec des épices de chez lui, les laissant mijoter pendant des heures. Tout le monde pensait à du lapin. Et l’animal aux longues oreilles, tapis au buisson de nos civets prévisibles, se frottait la truffe d’un origan fleuri. Il voyait, de son buisson, le chat mijoter et pensa qu’il l’avait échappé belle. Pour une échappée belle, en effet, elle était belle maintenant, cela dépend des goûts.
Une comptine lui revint, adapté au sujet, parlant d’une mère Michel…

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